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Archives Mensuelles: avril 2013

Déconnectez-vous ! – Rémy Oudghiri

27 samedi Avr 2013

Posted by Aurélie in Essais

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Arléa, Déconnectez-vous, Déconnexion, Essais, Rémy Oudghiri

Les premières phrases

Rémy Oudghiri - Déconnectez-vous !«  Dans quelques années, nos villes seront peut-être jalonnées de bornes de connexion. Celles-ci seront principalement destinées à recharger les batteries de nos véhicules électriques. On pourra également y recharger nos smartphones ainsi que tous les autres petits appareils électroniques de compagnie qui ne nous quitteront plus. Les personnes âgées que nous serons majoritairement devenues trimbaleront avec elles de petits réfrigérateurs de poche pour conserver à l’abri leurs médicaments… A chaque coin de rue, la connexion sera facilitée. L’homme connecté sera devenu réalité.

Faisons un rêve. Imaginons qu’à côté de ces bornes électroniques des bornes de déconnexion soient également installées, où les humains s’arrêteront pour se reposer. Ce sera leur manière à eux de se « débrancher », une occasion, en quelque sorte, de recharger leurs propres « batteries » naturelles. Ces bornes prendront peut-être la forme de petites maisons ou de mini-monastères au milieu des innombrables tours transparentes et high-tech qui accueilleront désormais la majeure partie de la planète. En ces lieux, le silence sera la règle. Un point commun les définira : ici nul n’entrera muni d’un appareil technologique. On les déposera ou on les éteindra avant d’entrer. « 

Circonstances de lecture

Je ne lis quasiment jamais d’essais, sauf dans le cadre professionnel. Ici, c’est pourtant avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture de cet essai. Pour deux raisons : tout d’abord, j’en connais l’auteur ; et, surtout, le thème de la déconnexion ne pouvait me laisser indifférente, moi qui lis des livres justement pour m’évader un temps de la réalité !

Impressions

Un livre qui se lit d’une traite, télé, radio et portable éteints. Pour profiter au maximum de cette réflexion sur la déconnexion.

On a tous été, un jour ou l’autre, passablement frustré et énervé de passer un dîner en compagnie d’un ou plusieurs ami(e)s scotché(s) à leurs mobiles… On a tous été, un jour ou l’autre, stressé par les appels incessants de la petite lumière rouge de notre Blackberry indiquant l’arrivée d’un nouvel e-mail… On a tous été, un jour ou l’autre, tenté d’envoyer valser les nouvelles technologies, si pratiques mais aussi tellement stressantes et contraignantes. Dans son essai, reposant sur de nombreuses lectures, résultats d’études et exemples concrets, Rémy Oudghiri met le doigt là où ça fait mal, tout en apportant des pistes de solutions possibles. Et si, finalement, se déconnecter, c’était tout simplement cela : ne pas oublier de vivre ? Alors, oui, déconnectons et prenons le temps de mieux vivre avec les autres et avec soi. La lecture, évidemment, en est un parfait moyen !

Un passage parmi d’autres

 La déconnexion vécue par Thoreau dans les bois de Walden marque une étape fondatrice dans la vie d’un individu. Elle a une fonction régénératrice. A nous, contemporains, elle enseigne à nous méfier des modes de vie dominants. Elle nous incite à les regarder sous un angle critique et à nous poser une simple question : suis-je vraiment certain que ces modes de vie contribuent à mon épanouissement personnel ? Suis-je vraiment moi-même en les adoptant sans y réfléchir ? Bien sûr, on imagine mal chaque individu retournant aujourd’hui dans les bois pour s’interroger sur le sens de sa vie. Mais l’exemple et la lecture de Thoreau sont là pour nous rappeler, bien des siècles après Sénèque, l’importance qu’il y a, à un moment de notre vie, de faire un pas de côté. Et de déconnecter un peu. C’est une façon de maintenir intacte notre humanité.

Déconnectez-vous ! – Rémy Oudghiri – mars 2013 (Editions Arléa)

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Le Lever des Lunes – Elspeth Cooper

20 samedi Avr 2013

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Critique de livre, Elspeth Cooper, La Chasse Sauvage, Le Lever des Lunes, Magie, roman

Elspeth Cooper - Le Lever des LunesLes premières phrases

«  Des particules de lumière pailletaient l’air, tel un nuage de papillons blafards. Sa coupe en argent à la main, Savin s’avança parmi elles et, d’un geste de son autre main, referma le Voile derrière lui, comme s’il tirait un rideau devant une fenêtre donnant sur un jardin en terrasses baigné de soleil. Un picotement dans les doigts lorsqu’il rapprocha les bords, un frisson sur sa peau, et ce fut comme s’il n’avait jamais touché à la trame. 

Bien pratique, ce petit tour. Ca lui permettait de se déplacer librement dans des endroits où il était imprudent de trop attirer l’attention, et ça impressionnait les nigauds. Comme le savaient bien les forains et les arnaqueurs, parfois, un petit sens de la mise en scène était plus précieux que de l’or.

Une par une, les paillettes s’estompèrent dans l’obscurité qui régnait autour de lui, et il fronça les sourcils. Cette pièce, située dans une des tours du château de Renngald, n’aurait pas dû être aussi sombre, ni froide au point de condenser sa respiration, même après la chaleur estivale de Mesarild. Il ressentait rarement le froid, bien qu’il ait dû apprendre à en faire abstraction au lieu d’y être indifférent de naissance comme ses hôtes, mais l’humidité qui l’accompagnait dans ces contrées nordiques était désastreuse pour une bibliothèque, et c’était pourquoi il y avait laissé brûler un feu. Or celui-ci s’était éteint, et il ne voyait nulle trace de la servante à qui il en avait confié l’entretien. « 

Circonstances de lecture

Il s’agit de la suite des Chants de la Terre, que j’avais adoré.

Impressions

Encore une belle édition de la maison Bragelonne. On retrouve avec plaisir l’univers découvert dans le 1er Tome de cette saga (La Chasse Sauvage) d’Elspeth Cooper. Très bien écrit, le livre nous transporte sur les pas de Gair, forcé de suivre Alderan dans le Sud à la poursuite d’un indice caché qui pourrait l’aider à battre Savin et à sauvegarder le Voile. Mais on découvre aussi de nouveaux personnages, notamment Teia, jeune fille du clan des Loups, porteuse du pouvoir des Diseuses… Elspeth Cooper pose clairement les bases d’une grande saga, pleine de magie et de personnages attachants, mais aussi de réflexions sur le pouvoir des religions et la bêtise des hommes. A l’instar de ce qu’avait réussi Ange avec La Légende du Peuple Turquoise. Vivement la suite !

Un passage parmi d’autres

 Lorsque l’eau eut cessé de clapoter, laissant le disque argenté de la lune vagabonde flotter paisiblement en son centre, Teia plaça les deux mains sur le bord du récipient et ferma les yeux. Puis elle plongea en elle-même, cherchant la musique.

D’abord lente à répondre à son appel, celle-ci jaillit soudainement au premier plan de ses pensées. Teai la dompta rapidement, en réduisit le flot à un filet infime, puis la relâcha. Des étincelles bleuâtres lui enveloppèrent les doigts, se convulsant au-dessus de l’eau. Le reflet de la lune chatoya. Celle-ci avait commencé à décroître et n’était pas aussi puissante que lorsqu’elle était pleine, mais elle promettait encore une bonne divination. Une lumière blanche emplit le cercle décrit par le bord du seau puis se figea, offrant à Teia un parfait reflet de son visage.

Montre-moi.

L’image frémit puis redevint nette. Son visage, encore, mais entouré désormais d’un ciel gris et brumeux. Elle avait la joue maculée de sang et ses cheveux formaient comme un roncier de boucles sombres et mouillées. Son regard était terne comme celui d’un oiseau mort.

Elle avait beau l’avoir déjà vue dix fois, cette vision ne manquait jamais de la consterner, par la prédiction qu’elle offrait d’un avenir qu’aucune femme ne pouvait désirer. Agrippant le bord du seau, elle inspira profondément pour se calmer avant sa vision suivante, au cas où il s’agirait de nouveau du guerrier ténébreux.

Montre-moi.

Son visage laissa place à celui du garçon. Les cheveux noirs, les yeux bleus, il lui rendait solennellement son regard, les mains d’une femme posées sur ses épaules. Un geste de protection ou de fierté ? Teia n’avait jamais réussi à le déterminer. Ses traits carrés et massifs, son corps trapu ne laissaient aucun doute quant à sa filiation, même sans le reflet d’or au col de sa chemise.

Montre-moi.

Cette fois, ce fut une vue depuis le ciel qui s’offrit à elle, d’abord des flancs de montagne boisés, puis des plaines vallonnées d’un beige argenté, filetées de rivières scintillantes. Le paysage rappelait les plaines au sud du campement, près de l’an-Archéen, mais cette vision ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait vu là-bas lors des hivers qu’elle y avait passés. Par ailleurs, cela semblait être l’été, ou au moins le printemps, parce que le soleil brillait et qu’il y avait des fleurs parmi les herbes. Au loin, presque à la limite de ce qu’elle pouvait distinguer, des silhouettes minuscules comme des fourmis s’éloignaient.

– Qu’est-ce que tu fais, petite ?

Ytha ! La Diseuse était juste derrière elle, approchant à travers les hautes herbes avec la discrétion d’une chasseresse. Relâchant la musique, Teia remua l’eau du bout des doigts pour dissiper l’image et se releva précipitamment pour lui faire face.

Le Lever des Lunes – Elspeth Cooper – janvier 2013 (Bragelonne)

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La magie des livres en image…

12 vendredi Avr 2013

Posted by Aurélie in En image

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évasion, Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie

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