Étiquettes

, , , , , , , , , , , ,

Les premières phrases

« Une fille se réveille dans le lit de sa sœur.

« Laura ? » dit-elle.

Pas de réponse.

Ah, elle ne devrait pas être là. Celle qui devrait y être n’y est pas.

La fille s’appelle Susannah. Elle est trop grande, lamentablement grande, et elle fait de mauvais rêves. Ses rêves ne devraient-ils pas être réconfortants ? Réparateurs ? Ne devrait-elle pas voir ceux qu’elle aspire de tout son cœur à voir ? Mais de ses rêves aussi, ils ont inexplicablement disparu. »

Impressions

Laura, Daniel et Mo étaient morts pendant un an. Les voilà de nouveau en vie, dans la salle de classe de leur professeur de musique, M. Anabin. Reste qu’au lieu de trois, ils sont revenus quatre. De cette année passée sous le signe du deuil, leurs proches, grâce à la magie de M. Anabin, ne s’en souviendront plus. Pour eux, dorénavant, les trois jeunes gens étaient partis faire leurs études en Irlande. Reste que s’ils veulent rester en vie, ils devront participer à un petit jeu concocté par celui qui les retenait au royaume des morts, Bogomil. Deux resteront. Deux retourneront au néant.

Pour adhérer à ce roman, il faut lâcher prise, se laisser porter par la plume de Kelly Link et ses idées originales et souvent déroutantes. Pour ma part, je me suis laissée porter et, si le roman aurait gagné à être plus court (il fait plus de 700 pages), c’est une lecture que j’ai beaucoup aimé, surtout quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman. Sa principale force : ses personnages fouillés et merveilleusement imparfaits.

Lire The Book of Love, c’est redécouvrir le sentiment d’être en vie à travers le regard de ces ados revenus d’entre les morts. C’est aussi se confronter à l’inexplicable, faire des choix, accepter les règles du jeu ou les combattre, accepter de grandir, de devenir responsable et d’affronter la perte, la solitude et la mort. The Book of Love est, comme son titre l’indique, un livre sur l’amour, sous toutes ses formes (relations familiales, relations amoureuses). Seul bémol : les scènes de sexe bien trop nombreuses à mon goût. Reste que j’ai été transportée par cette histoire faisant la part belle au réalisme magique et à la musique. Certains passages m’ont bouleversée, et j’en garderai longtemps un souvenir ému.

The Book of Love – Kelly Link – Février 2026 – Albin Michel Imaginaire – Illustration de couverture réalisée par Anouck Faure