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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Fantastique

La gardienne des ombres

05 lundi Oct 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Les empreintes de pas boueuses commençaient au pied du perron, traversaient l’allée de gravier et disparaissaient dans l’obscurité des bois. David Carnswel n’avait d’autre choix que de les suivre.

Il n’en avait pas envie, cela allait sans dire. Il aurait préféré fermer la porte, pousser les verrous, rejoindre dans leur lit celle qui était son épouse depuis quarante ans et s’endormir comme s’il n’avait jamais entendu résonner ces trois coups. Mais ce qu’aurait préféré David était sans importance. David devait suivre ces traces – la survie de l’humanité était en jeu, rien de moins. »

Impressions

Après avoir eu un coup de cœur pour C’était notre maison, j’attendais avec impatience le second roman de l’auteur canadien Marcus Kliewer et je n’ai pas été déçue. Encore une fois, Marcus Kliewer a réussi à me faire peur ! Quant à son héroïne, Macy, elle m’a bouleversée. Ici, la tension et l’horreur ont un sens (pas comme le dernier Franck Thilliez, La Route du Diable, qui, à mon avis, propose juste de l’horreur et de la violence gratuites). Si La Gardienne des ombres m’a autant captivée, ce n’est pas seulement pour sa tension continue et son ambiance particulièrement angoissante, c’est aussi pour son sujet principal : la santé mentale.

Macy est une jeune femme en souffrance, tentant tant bien que mal de protéger sa petite sœur depuis la mort de leur père, de payer le loyer et de les nourrir. Alors, quand elle tombe sur une annonce très étrange, elle accepte tout de même le poste proposé pour la somme improbable qu’il va lui rapporter. Garder une maison, cela semble si simple, sur le papier… Mais Macy doit suivre des règles absurdes, comme veiller à ce que toutes les lumières de la maison demeurent éteintes entre 3 heures et 4 heures du matin, ne pas laisser entrer de visiteurs aux yeux bleu glacier, se méfier des lapins, surtout si ce sont des lapins blancs…

J’ai adoré avoir peur en lisant ce roman, j’ai également été émue par le mal-être de Macy. Je n’ai qu’un seul bémol : à mon sens, le roman aurait pu s’arrêter page 333, soit une trentaine de pages avant la fin. La fin aurait eu plus d’impact, en nous laissant imaginer la suite. Il n’en demeure pas moins que ce roman d’horreur est une réussite. Si vous avez envie de vous faire peur, si les sujets de la santé mentale et de la dépression vous intéressent, foncez !

La Gardienne des ombres – Marcus Kliewer – Septembre 2026 – Belladone – Traduit de l’anglais (USA) par Laurent Bury – Illustration de couverture réalisée par Arcangel

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L’escalier dans les bois – Chuck Wendig

28 lundi Sep 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Chuck Wendig, conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, horrifique, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SFFF, Sonatine

Les premières phrases

«  L’amitié, c’est comme une maison, lui dit-elle, tandis qu’il avait la tête blottie contre ses cuisses. Vous vous installez dans cet endroit ensemble. Tu y trouves ta chambre à toi, eux y trouvent la leur, mais il y a tout cet espace commun, tous ces lieux que vous partagez. Et vous y mettez tout ce que vous aimez, tout ce que vous êtes. L’air que tu respires devient l’air qu’ils respirent. Vous posez vos cœurs, fragiles, beaux, blessés, sur la table basse, à côté de la télécommande. Et cette amitié, cette maison, c’est aussi un lieu de rires, de joie et de complicité. Mais, parfois, il y a de la frustration. De l’agacement. Et parfois, tous ces sentiments terribles, toute cette rancœur, se mettent à grossir, à prendre trop de place, à s’accumuler comme du monoxyde de carbone. L’amitié peut se détériorer, comme une maison. »

Impressions

Après Les Somnambules que j’avais beaucoup aimé, Chuck Wendig revient avec un roman fantastique que j’attendais avec impatience. S’il n’a pas été un coup de cœur, ce fut cependant une très bonne lecture.

L’idée de départ est géniale. Imaginez : vous partez camper avec vos ami.es dans la forêt, quand vous tombez soudain sur un escalier ne menant nulle part. Que feriez-vous ? Passeriez-vous votre chemin ou monteriez-vous les marches ? Ici, forcément, l’un des cinq adolescents décide de grimper. Arrivé tout en haut, Matty disparaît, puis, quelques minutes plus tard, l’escalier s’évanouit à son tour… Vingt ans passent quand Nick invite ses anciens amis d’enfance à venir passer un week-end avec lui, prétexte pour les rassembler et essayer de retrouver Matty.

Ce qui se trouve en haut des marches est un lieu indescriptible, sorte de maison infinie dont chaque pièce porte une souffrance, un trauma, des blessures et secrets enfouis. Il va leur falloir affronter les pièges tendus par ce lieu incompréhensible à l’atmosphère oppressante, essayer de comprendre son fonctionnement, pour espérer pouvoir en sortir.

Si vous aimez vous perdre dans des maisons hantées ou des espaces liminaux, ce livre est fait pour vous. D’autant que Chuck Wendig ne nous propose pas seulement une histoire horrifique de maison hantée, il nous livre une très belle réflexion sur l’amitié et ce que l’on en fait au cours du temps. Connaît-on vraiment bien ses amis ? Prend-on le temps de les écouter et de les comprendre ? Alors, certes, il y a quelques longueurs dans ce roman, mais j’ai tout de même beaucoup apprécié cette lecture pour son ambiance malaisante et les messages véhiculés, notamment sur l’amitié et la santé mentale.

L’escalier dans les bois – Chuck Wendig – Septembre 2026 – Sonatine – Traduit de l’anglais (USA) par Paul Simon Bouffartigue

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The Tainted Cup – Robert Jackson Bennett

21 lundi Sep 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Hodderscape, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, Robert Jackson Bennett, roman, SFFF, The Tainted Cup, Une larme de poison

Les premières phrases

«  The walls of the estate emerged from the morning fog before me, long and dark and rounded like the skin of some beached sea creature. I walked along them, trying to ignore the flutter of my heart and the trickle of sweat down my neck. A faint blue light glimmered in the mist ahead. With each step it calcified into a mai-lantern hanging above the estate’s servants’ gate; and there, leaning against the walls beside the gate, was the figure of a uniformed man in a shining steel cap waiting for me. »

Impressions

Je dois avouer une chose avant de commencer cette chronique : je n’ai jusque-là pas eu de coup de cœur en lisant les précédents livres de Robert Jackson Bennett. J’avais abandonné Les maîtres enlumineurs au bout d’une centaine de pages, American Elsewhere m’avait laissé un sentiment mitigé, quand le premier tome des Cités divines m’avait laissé assez indifférente… Oui, je sais, je dois être une des rares personnes à ne pas avoir apprécié ces lectures. Reste que je ne n’abandonne pas si facilement, et que j’étais très enthousiaste en lisant le pitch de The Tainted Cup, décrit comme un murder mystery à la sauce fantasy. Et je dois dire que j’ai été totalement emballée par cette lecture !

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman et j’ai hâte de me procurer la suite. Dans ce premier tome, on suit un duo d’enquêteurs digne de Sherlock Holmes et Dr Watson : Ana Dolabra, une enquêtrice excentrique, passant la plupart du temps les yeux bandés pour aiguiser ses autres sens, et Dinios Kol, son nouvel assistant aux capacités mémorielles améliorées, plutôt réservé et souffrant d’un complexe d’infériorité. Ils sont envoyés pour résoudre un meurtre mystérieux dans une riche propriété où un officier a été retrouvé mort, un arbre ayant poussé à travers son corps.

Si Robert Jackson Bennett ne nous donne pas d’emblée les clés de compréhension de son univers, on découvre petit à petit les méandres d’une société ultra-hiérarchisée, tentant de survivre à l’abri de murs géants censés repousser l’attaque d’immenses léviathans marins lors de la saison des pluies. J’ai adoré l’univers imaginé par l’auteur et ce duo de personnages hauts en couleurs. Une totale réussite que vous devriez apprécier si vous aimez les polars et la fantasy.

The Tainted Cup – Robert Jackson Bennett – Février 2024 – Hodderscape – Illustration de couverture réalisée par Tom Roberts (publié en VF par Albin Michel Imaginaire en Septembre 2026, sous le titre Une larme de poison)

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The Book of Love – Kelly Link

23 lundi Mar 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Romans étrangers

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Albin Michel Imaginaire, Anouck Faure, conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, Fantasy urbaine, idées de lecture, Kelly Link, lecture, Livre, quoi lire, roman, The book of love

Les premières phrases

« Une fille se réveille dans le lit de sa sœur.

« Laura ? » dit-elle.

Pas de réponse.

Ah, elle ne devrait pas être là. Celle qui devrait y être n’y est pas.

La fille s’appelle Susannah. Elle est trop grande, lamentablement grande, et elle fait de mauvais rêves. Ses rêves ne devraient-ils pas être réconfortants ? Réparateurs ? Ne devrait-elle pas voir ceux qu’elle aspire de tout son cœur à voir ? Mais de ses rêves aussi, ils ont inexplicablement disparu. »

Impressions

Laura, Daniel et Mo étaient morts pendant un an. Les voilà de nouveau en vie, dans la salle de classe de leur professeur de musique, M. Anabin. Reste qu’au lieu de trois, ils sont revenus quatre. De cette année passée sous le signe du deuil, leurs proches, grâce à la magie de M. Anabin, ne s’en souviendront plus. Pour eux, dorénavant, les trois jeunes gens étaient partis faire leurs études en Irlande. Reste que s’ils veulent rester en vie, ils devront participer à un petit jeu concocté par celui qui les retenait au royaume des morts, Bogomil. Deux resteront. Deux retourneront au néant.

Pour adhérer à ce roman, il faut lâcher prise, se laisser porter par la plume de Kelly Link et ses idées originales et souvent déroutantes. Pour ma part, je me suis laissée porter et, si le roman aurait gagné à être plus court (il fait plus de 700 pages), c’est une lecture que j’ai beaucoup aimé, surtout quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman. Sa principale force : ses personnages fouillés et merveilleusement imparfaits.

Lire The Book of Love, c’est redécouvrir le sentiment d’être en vie à travers le regard de ces ados revenus d’entre les morts. C’est aussi se confronter à l’inexplicable, faire des choix, accepter les règles du jeu ou les combattre, accepter de grandir, de devenir responsable et d’affronter la perte, la solitude et la mort. The Book of Love est, comme son titre l’indique, un livre sur l’amour, sous toutes ses formes (relations familiales, relations amoureuses). Seul bémol : les scènes de sexe bien trop nombreuses à mon goût. Reste que j’ai été transportée par cette histoire faisant la part belle au réalisme magique et à la musique. Certains passages m’ont bouleversée, et j’en garderai longtemps un souvenir ému.

The Book of Love – Kelly Link – Février 2026 – Albin Michel Imaginaire – Illustration de couverture réalisée par Anouck Faure

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Trois nuits – Stéphane Arnier

09 lundi Mar 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Policiers / Thrillers, Romans français

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conseils de lecture, Critique de livre, Dark Fantasy, Fantastique, idées de lecture, lecture, Livre, Polar, PVH, quoi lire, roman, Stéphane Arnier, trois nuits

Les premières phrases

« La joue collée à la meurtrière du poste-frontière en ruine, Nabintu scruta l’extérieur comme on espionne à travers le trou d’une serrure. Il faisait encore sombre dehors, mais – c’était bien sa crainte – l’horizon pâlissait déjà. La nuit touchait à sa fin et, avec elle, le temps qui leur était imparti. »

Impressions

Avec Trois nuits, Stéphane Arnier nous plonge dans une ambiance mêlant polar poisseux, huis-clos, fantasy et fantastique, autour d’un principe simple : trois personnes choisies par une démone auront trois jugements à rendre, un par nuit. À la moindre erreur, elles seront damnées. Chaque nuit, un suspect leur sera désigné. Chaque nuit, Nabintu, la paysanne, Ishitey, la guerrière, et Melanthius, le vieux prévôt, devront démêler le vrai du faux, avec l’échéance du lever du jour pour rendre leur jugement, gracier le suspect ou le tuer. Mais peut-on juger une personne en si peu de temps ? Et qui sont-ils pour décider du bien et du mal ? Pourquoi ont-ils été choisis par la démone ?

L’atmosphère est lourde, le temps est compté et le lecteur perçoit parfaitement ce compte à rebours oppressant, aussi bien pour les juges que les suspects. Des trois nuits, la troisième m’a le plus happée, peut-être à cause du lieu choisi (un bateau), mais aussi par le côté plus fantastique du récit avec ses créatures nocturnes. Après mon coup de cœur pour le précédent roman de l’auteur, La brume l’emportera, Trois nuits me conforte dans mon envie de découvrir ses prochains textes.

Trois nuits – Stéphane Arnier – Octobre 2025 – Éditions Asynchrone/PVH éditions – Illustration de couverture réalisée par Brookesia Art Studio – Illustrations intérieures par Frédéric Bessy

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L’orage qui vient – Louise Mey

19 lundi Jan 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans français, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, idées de lecture, L'orage qui vient, lecture, Livre, Louise Mey, Pocket, quoi lire, roman, science fiction, SF

Les premières phrases

« J’ai couru pendant des heures. J’ai couru, et maintenant, je veux manger. Je cherche quelque chose, un lièvre, un faisan, mais autour de moi tout se dissimule, à l’abri, bien caché. La forêt tout entière sait que je suis là cette nuit. Elle est belle sous la lune sans nuages, mais sa beauté m’indiffère, je n’ai pas faim de beau. J’ai faim de chair, de sang, je veux plonger les dents dans quelque chose de vivant. »

Impressions

J’ai dévoré ce roman ! Il faut dire que la plume de Louise Mey, précise et tranchante, va droit au but tout en parvenant à créer une ambiance et un décor que l’on visualise dans ses moindres détails, et des personnages (y compris secondaires) ayant une réelle substance. En moins de 200 pages, je trouve que c’est un tour de force. On s’attache aux protagonistes et, plus les pages défilent, plus la tension monte, à tel point que je n’arrivais pas à lâcher ma lecture !

Imaginez une petite communauté composée de femmes et d’enfants (le dernier homme du village part se former en ville), vivant à l’abri de la forêt dans un lieu paisible et reculé, caché aux yeux de tous, dans un monde où la société telle que nous la connaissons s’est effondrée. Ici, on vit de peu mais bien. Chacune mange à sa faim, chacune participe au bon fonctionnement du Hameau. C’est ici que vit Mila, une adolescente de 15 ans, avec sa mère. Et puis, un jour, un homme de l’extérieur arrive…

S’il n’y a pas de réelle surprise dans l’histoire, le roman est tellement bien écrit et construit que vous voudrez le lire d’une traite, afin d’évacuer la tension qui monte inexorablement jusqu’à la fin. Comme Mila, vous serrerez les poings. Louise Mey a su créer une histoire – courte et diablement efficace – avec une héroïne attachante, ode à la force des femmes, à la sororité, et au retour à un mode de vie respectueux du vivant, tout en explorant avec justesse la figure du monstre.

L’orage qui vient – Louise Mey – Mars 2025 – Pocket – Illustration de couverture réalisée par Germain Barthélémy

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Model Home – Rivers Solomon

21 dimanche Déc 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Aux Forges de Vulcain, conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, idées de lecture, lecture, Livre, maison hantée, Model Home, quoi lire, Rivers Solomon, roman

Les premières phrases

« Peut-être que ma mère est Dieu, et c’est pour ça qu’elle n’est jamais satisfaite.

Peut-être que ma mère est Dieu, et c’est pourquoi je prie pour qu’elle vienne me sauver, même si elle ne l’a encore jamais fait.

Je suis Chava dans le jardin, qui prend soudain conscience de sa nudité. Je ne veux pas que maman voie la chose ignoble que je suis désormais. »

Impressions

Avec Model Home, Rivers Solomon s’empare du thème de la maison hantée pour le réinventer avec brio. J’ai dévoré ce roman en deux jours tellement j’étais happée par la plume de l’auteurice.

Alors que trois sœurs ont fui la demeure familiale il y a des années, les voilà contraintes d’y retourner : en effet, elles sont sans nouvelles de leurs parents. Leur serait-il arrivé quelque chose ? Traumatisées par une enfance passée dans une maison qu’elles considèrent hantée, Ezri, Eve et Emmanuelle ont essayé de laisser le passé derrière elles. En vain évidemment… Que s’est-il réellement passé durant leur enfance dans cette maison qui semblait les rejeter, tout comme leurs voisins, ne voyant pas d’un bon œil l’emménagement d’une famille noire dans leur quartier modèle huppée de bourgeois blancs.

Rivers Solomon crée un climat hypnotisant et angoissant, pour mieux dénoncer le racisme toujours à l’œuvre dans nos sociétés, les secrets familiaux que l’on cache, et les traumatismes que l’on traîne toute sa vie et que l’on transmet malgré soi à ses enfants. C’est bouleversant d’humanité et de cruauté. Lisez donc ce roman fantastique. Mention spéciale au personnage non binaire d’Ezri, particulièrement touchant, auquel vous ne pourrez que vous attacher.

Model Home – Rivers Solomon – Septembre 2025 – Aux Forges de Vulcain – Traduit de l’anglais (USA) par Francis Guévremont

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Dans l’ombre de Paris – Morgan of Glencoe

24 lundi Nov 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Romans français

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Les premières phrases

« Assise bien droite dans son fauteuil tendu de velours blanc, Yuri replaça sa mèche rebelle derrière son oreille. Du haut de ses douze ans juste sonnés, elle tenait son rang de princesse avec autant de dignité que n’importe quelle adulte.

– Dites-moi, Père, demanda-t-elle de sa voix réfléchie, quel spectacle allons-nous voir qui nécessite si étrange scène ? Je ne connais nul acteur, nul musicien qui puisse jouer sur l’eau…

– C’est qu’il ne s’agit ni d’une pièce, ni d’un concert, et encore moins d’un opéra, Yuri, répondit le seigneur Nekohaima en posant une main rassurante sur l’épaule de sa fille. Mais d’une leçon pour toi, une leçon sur certaines créatures et leur nature. Hmm. Et sans doute aussi sur la nature du vulgaire. »

Impressions

Cette lecture fut une très bonne surprise. Mélange d’uchronie et d’urban fantasy, Dans l’ombre de Paris nous transporte dans un univers moderne original où la Monarchie française règne en maître sur le monde au côté de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman. Mais surtout, c’est un univers où les fées existent ! Des fées loin du cliché des contes : ici, ces créatures sont fortement inspirées des légendes celtes, à l’instar des Selkies et des feux follets. Craintes par les humains, elles sont cependant obligées de vivre cachées… Y sont abordés avec justesse des thèmes qui me sont chers : tolérance, consentement, droit à la différence, orientations sexuelles, richesse des cultures.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir les lieux (en particulier l’Orient Express et les égouts de Paris) et les personnages (Yuri, Bran, Sir Edward…) créés par l’autrice bretonne Morgan of Glencoe. Je me suis d’ailleurs un peu trop attachée à certains… Quant à la fin, elle m’aura brisé le cœur…

Attention : n’oubliez pas de lire les pages se trouvant juste après les remerciements de l’autrice. En effet, il ne s’agit pas des premières lignes du tome 2 mais d’un véritable épilogue, à ne surtout pas rater !

Dans l’ombre de Paris – Morgan of Glencoe – Réédition en Mars 2025 par Goater – Couverture par Aliciane

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Vers ma fin – Sophie White

06 lundi Oct 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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body horror, conseils de lecture, Critique de livre, Fleuve éditions, horreur, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sophie White, Vers ma fin

Les premières phrases

« Ma mère.

La nuit, ma mère grince. La maison grince avec elle. J’entends derrière la mince paroi qui nous sépare les divers éléments de ma mère gargouiller dans son corps comme l’eau circule dans les murs de la maison. Je déteste ce son. Le jour, il se noie dans le bruit de la radio et du vent, le bourdonnement de l’électricité. La nuit en revanche, dans le silence, ses intestins s’animent et elle paraît vivante, d’une manière qui n’est pas celle du jour. Ce regain me force à songer à ses déchets, à ses besoins, aux corvées dont ma grand-mère pour le moment se charge, mais qui bientôt vont m’échoir. Je n’en ai pas envie, et ça me donne mauvaise conscience. Je hais son corps – cette chose hideuse. »

Impressions

Voici l’une des deux premières publications de la nouvelle collection Styx lancée par les éditions Fleuve, une collection dédiée aux romans fantastiques et d’horreur. Avec Vers ma fin, Sophie White, écrivaine irlandaise, propose une lecture malaisante, glauque, poisseuse, tout en étant intrigante et prenante. On y suit une jeune fille, vivant dans la maison la plus reculée d’une petite île (une maison étrange, comme inversée, à moitié barricadée), en compagnie de sa grand-mère et de sa mère, cette « chose » inerte dont elle doit s’occuper et qui rythme ses journées. Ce n’est pas une vie, c’est une prison. Les autres habitants, elle les fuit au maximum, ne comprenant pas pourquoi ils la rejettent depuis toujours. Son seul moment de bonheur : s’échapper quelques heures sur la plage et nager dans l’océan. Le reste de sa vie se résume aux tâches ménagères, aux directives cinglantes de sa grand-mère, aux soins qu’elle doit prodiguer à sa mère, aux visites mensuelles de son père. Jusqu’au jour où une étrangère arrive sur l’île, avec son nourrisson, éveillant des émotions jusque-là inconnues.

Cette histoire m’a vraiment mise mal à l’aise, et c’est en soi signe que ce roman d’horreur est une réussite. Le body horror est omniprésent dans le récit. Le corps de la mère est décrit de manière crue, sans œillères ni pudeur, un corps qui suinte, pue, se creuse et s’abîme. Quant à certains passages évoquant des pulsions sexuelles, je trouve que l’on aurait pu s’en dispenser. Reste qu’il y a ces mystères que l’on souhaite résoudre et qui nous poussent à poursuivre la lecture, aussi dure soit-elle : si la mère est inerte le jour, comment se fait-il qu’elle puisse se retrouver au petit matin, dehors, à quelques pas de la maison ? Pourquoi la grand-mère et le père gardent-ils leur fille cloîtrée dans la maison, la privant de toute éducation et de tout lien social ? Que lui cachent-ils ? Et surtout, qu’est-il arrivé à la mère pour qu’elle se retrouve impotente, incapable de bouger et de parler ?

Ce n’est pas facile de dire si j’ai aimé cette histoire. Ce que je peux cependant affirmer, c’est qu’elle m’a marquée. Un grand nombre de scènes sont perturbantes et dérangeantes, mais elles prennent tout leur sens au fil du récit. Il y est notamment question de maltraitance, de culpabilité, du rejet de l’étranger, des nons-dits familiaux, de dépression post-partum, ou encore du rôle d’aidant (là encore, le propos a de quoi heurter).

Ce roman m’a un peu fait penser à La maison biscornue de Gwen Guilyn, mais avec un degré d’horreur supplémentaire. Si vous aimez les lectures horrifiques oppressantes et malaisantes, venez donc découvrir ce roman qui a remporté le prix Shirley Jackson en 2022. Attention cependant si vous êtes sensibles, de nombreuses scènes pourraient vous heurter.

Vers ma fin – Sophie White – Styx (Fleuve Éditions) – Octobre 2025 – Traduit de l’anglais (Irlande) par Anne-Sylvie Homassel – Couverture réalisée par Nicolas Beaujouan – Illustration par Chris Shehan

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C’était notre maison – Marcus Kliewer

29 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Les premières phrases

« Sans prévenir, ils avaient sonné à la porte, un vendredi soir glacial.

Les inconnus qu’Eve Palmer découvrit sur son seuil semblaient assez inoffensifs. Pourtant, toujours prudente, Eve regarda à travers les stores, hésitant à ouvrir. C’était une famille de la classe moyenne, cinq personnes en épais manteaux d’hiver. Les parents avaient une petite quarantaine, devina Eve. Le père, grand, large d’épaules, la mâchoire carrée. La mère, petite et blonde, aux yeux d’un bleu froid, un crucifix en argent au cou. Entre eux, trois enfants rangés par taille – une fille, deux garçons. Ils avaient tout l’air du genre de tribu qui va déjeuner chez Applebee après le sermon du dimanche matin. Eve connaissait assez bien cette espèce d’individus.

Comme ils n’avaient rien de bien menaçant, elle leur ouvrit.

Le père sourit.

– Bonjour, mademoiselle. Désolé de vous déranger aussi tard. C’est que… j’ai grandi dans cette maison… »

Impressions

Voici une lecture parfaite pour le début d’automne, à lire de préférence le soir, seule, quand il fait nuit et que le vent souffle dehors. Frissons garantis ! J’ai eu un gros de cœur pour cette lecture horrifique, flippante à souhait.

Imaginez : Eve vient d’emménager dans une vielle maison à retaper entièrement. Le soir tombe, il fait froid dehors, sa compagne n’est pas encore rentrée du travail, et voilà qu’une famille sonne à sa porte : le père, la mère, et leurs trois enfants. Eve est plutôt méfiante, pas très à l’aise avec les gens, mais voilà, le père lui demande s’il pourrait montrer la maison à sa petite famille, car c’est la maison de son enfance, ce serait l’affaire de quelques minutes seulement. Et voici que, sans trop savoir pourquoi, Eve accepte et les laisse entrer chez elle. C’est alors qu’elle se fait la réflexion qu’elle ne voit pas la voiture dans laquelle ils sont arrivés. Et puis, le père a des remarques étranges, la petite fille est bizarre et soudain elle se cache au sous-sol, méandre de couloirs et de coins sombres… Surtout, dehors, la neige se met à tomber… Et une petite voix souffle à l’oreille d’Eve qu’ils ne sont pas prêts de s’en aller…

L’ambiance pesante et angoissante est très réussie. J’ai vraiment eu peur en lisant ce roman ! Et j’ai enchaîné les pages sans m’en rendre compte. C’est une lecture qui fait bien cogiter, notamment avec les documents annexes s’intercalant entre les chapitres, qui invitent le lecteur à se creuser les méninges pour essayer de comprendre ce qui se trame autour de cette vieille maison. Je ne peux que vous recommander cette lecture horrifique, qui paraît le 02 octobre.

Seul bémol : ce bandeau avec la citation de Freida McFadden… Je comprends l’idée d’attirer les lecteurs de La femme de ménage, mais personnellement, je n’ai pas besoin de ça pour avoir envie de le lire (au contraire). Je l’avais déjà repéré en VO et c’est pour cela que je me suis jetée dessus. D’autant que ce roman horrifique n’a rien à voir avec les livres de Freida McFadden.

C’était notre maison – Marcus Kliewer – Charleston – Octobre 2025 – Traduit de l’anglais par Laurent Bury

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Jonathan Strange et Mr Norrell

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