• A propos

Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

Love In Books

Archives de Catégorie: Romans français

On ne verra pas les fleurs le long de la route – Éric Pessan

06 lundi Avr 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Aux Forges de Vulcain, conseils de lecture, Critique de livre, Eric Pessan, idées de lecture, lecture, Livre, On ne verra pas les fleurs le long de la route, quoi lire, roman

Les premières phrases

« Du monde

les braises

nous parcourons

à un telle vitesse

que nous ne savons plus

comment freiner

comment revenir en arrière

et s’il serait souhaitable de faire demi-tour

c’est le piège de la nostalgie

le mal du retour »

Impressions

Ce titre est un ovni littéraire, un road-trip post-apo criant de vérité. Il nous projette dans un futur qui ressemble terriblement à notre présent, à deux différences près : le réchauffement climatique a atteint un niveau (encore plus) critique, et l’écrit a disparu. Comprenez par là que, dans un souci purement écologique bien entendu, la fabrication de livres a été mise à l’arrêt. La pâte à papier est réservée aux emballages, aux cartons, pas à une chose aussi futile que la culture. La consommation de masse avant la magie des mots. Dans ce contexte, pas étonnant que les nouvelles générations ne sachent même plus lire ni écrire. Quant aux anciens, ils ont oublié, pour la plupart, comment lire ou font semblant de ne plus s’en souvenir.

Un homme et une femme, pas vraiment un couple, plutôt deux âmes soeurs se sentant en inadéquation avec la société, parcourent les routes sans destination particulière en tête. Ils longent des forêts incendiées, pénètrent par effraction dans des villas de riches absents. Il détruit des piscines, explose le pare-brise de SUV, tague les murs de graffitis improbables. Tous deux luttent à leur manière : elle écrit des poèmes, lui un journal de route – journal que nous, lecteurices, lisons – parsemé de citations provenant de livres publiés par le passé (1 036 au total !). Albert Camus, Ray Bradbury, Céline Minard, Wajdi Mouawad, Arthur Rimbaud, Ursula K. LeGuin, Jeanne Benameur, Philip Pullman et tant d’autres participent ainsi à l’originalité et à la force de cette histoire où les livres sont interdits. Je me demande juste comment Éric Pessan a choisi ces citations ?

Si la deuxième partie du livre m’a moins transportée que la première, je ne peux que vous recommander la lecture de ce roman. Parce qu’il dénonce, à la manière de Ray Bradbury, la dérive vers une société autoritaire et liberticide. Cette dérive « douce », presque invisible à qui se complaît dans son quotidien tranquille et dans le modèle que les écrans nous vendent à longueur de temps. Alors, de ces deux « intellectuels radicaux », performeurs d’actions artistiques passant quasi-inaperçues, je me dis qu’on pourrait toutes et tous s’en inspirer pour éviter, justement, d’en arriver à oublier comment lire, écrire, réfléchir, penser. « Je rêve encore d’une contamination, d’un soulèvement, d’une révolution, je rêve qu’en apercevant le pare-brise brisé, quelqu’un aura alors envie d’imiter mon geste, il inventera sa façon de faire de l’art, il ira crever des pneus de 4×4 ou dégommer les écrans publicitaires lumineux. Et que peu à peu une insurrection débute, par contamination, à partir d’un acte infime qui transformera le monde en exposition générale joyeuse et bordélique. Je voudrai tant croire à la possibilité d’une action collective. » Peut-être que conserver des livres dans une bibliothèque, les lire, les partager, constitue aussi en soi le début d’un acte de résistance…

On ne verra pas les fleurs le long de la route – Éric Pessan – Janvier 2026 – Aux forges de Vulcain – Illustration de couverture réalisée par Elena Vieillard

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Passer la brume – Julia Colin

02 jeudi Avr 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Aux Forges de Vulcain, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Julia Colin, lecture, Livre, Passer la brume, quoi lire, roman

Les premières phrases

 » Accroupie, penchée en avant sur un gros rocher, appuyée sur un bâton fiché au sol, Vair sentit sa nuque tomber.

Elle se fit violence, releva la tête, déplaça légèrement le poids de son corps en arrière, cherchant le déséquilibre qui la maintiendrait éveillée.

Elle détourna son regard de la nappe de Brume immobile quelques centaines de mètres plus bas, ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir pour scruter avec attention la vallée devant elle. La journée avançait, et le soleil, en disparaissant derrière la crête, allait laisser les nappes proliférer. »

Impressions

Il va m’être difficile de parler de ce roman tant je l’ai aimé. Cela faisait un moment que je n’avais pas ressenti autant d’émotions en lisant, et cette urgence à poursuivre ma lecture. Difficile alors de rendre justice à ce texte que j’ai trouvé si beau.

Vair est une Passe-Brume : elle fait passer les voyageureuses à travers la montagne qu’elle connaît comme sa poche, jusqu’à l’Esp, cette région que l’on dit épargnée par la Brume. Elle a tout appris de sa mère : les différentes formes de brumes, les plantes qui soignent, celles qui tiennent éveillées, celles qui sont nutritives, celles qui repoussent la Brume. Surtout, elle sait écouter et sentir le danger arriver. Car se retrouver happé par la Brume, c’est la mort assurée. On disparaît, tout simplement. Alors, ceux qui rêvent d’une vie meilleure tentent leur chance avec elle. Ils la paient pour cette traversée. Aujourd’hui, elle doit s’occuper d’un groupe composé de six adultes et trois enfants. Vair parle peu. Elle préfère la solitude de son refuge à la compagnie des autres. Mais c’est son gagne-pain de les faire arriver dans le Sud. Elle reprend donc la route. Et l’on suit leur périple à travers les Pyrènes, fait de journées de marche, de soirées à la dure abrités contre des rochers, de repas frugaux. Elle est la seule à faire la traversée, jusqu’à ce jour où elle aperçoit un feu non loin de leur campement.

Je peux difficilement vous en dire plus sans trop en dévoiler. Cette histoire se ressent, elle se goûte page après page. Petit à petit, on en apprend plus sur le monde dans lequel évolue Vair. Pour ma part, j’aurais aimé continuer à arpenter la montagne avec elle, y déposer mes angoisses en marchant dans ses pas, des mûres et de la sauge au fond de mes poches, une cape sur le dos, un bâton à la main. Julia Colin nous propose un livre de science-fiction pas comme les autres (qui m’a rappelé, par certains aspects et sensations, La Horde du Contrevent d’Alain Damasio). Lisez Passer la brume, un livre empli d’émotions, dédié à celles et ceux qui meurent encore en passant les frontières. Un bijou.

Passer la brume – Julia Colin – Avril 2026 – Aux forges de Vulcain – Illustration de couverture réalisée par Elena Vieillard – Illustrations intérieures par Dari Gatti

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Symbioses – Johan Heliot

30 lundi Mar 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Johan Heliot, L'Atalante, lecture, Livre, quoi lire, roman, Symbioses

Les premières phrases

« – Ils sont très nerveux, ce matin, constate Paula à la lecture des données défilant sur sa manche gauche à l’intérieur de l’avant-bras. Tu as vu ces pics de cortisol ?

Javier pointe la chape sombre des fumées d’incendie au-dessus des collines et des mesas, à l’est de la ville.

– Les feux se rapprochent, dit-il dans son globish encore hésitant. Alors ils sentent le danger.

– Ils ont l’habitude des incendies, depuis le temps. Non, c’est autre chose, cette fois. »

Impressions

Tout commence par un cataclysme : en 2049, le monde s’embrase pour de bon à base d’attaques nucléaires et de tsunamis radioactifs. La Terre devient ainsi quasiment invivable, à part au niveau des Pôles et sur quelques îlots dotés des dernières technologies. Vous me direz, rien de bien surprenant… Mais Johan Heliot nous propulse ensuite en 2094 aux côtés de l’ambassadeur du Pôle Sud, le phoque Spiridon, un animal augmenté, comme quasiment tous les derniers animaux encore en vie, qui va devoir faire preuve de ses talents de diplomate pour peut-être empêcher une nouvelle guerre menée par le Pôle Nord.

Humains, animaux augmentés et IA se côtoient pour essayer de trouver un terrain d’entente et éviter le pire. Car les humains font toujours la course aux dernières richesses de la planète, et en particulier à l’eau. Et c’est cette confrontation avec toutes ces formes de vie dotées de conscience et du langage qui fait tout l’intérêt et l’originalité de ce roman d’anticipation. Les personnages sont attachants et on prend un plaisir fou à voir les animaux augmentés prendre en mains le destin de la planète. Entre ces pages, vous côtoierez un ours guerrier et poète en herbe, une jeune humaine embrigadée dès son plus jeune âge dans les milices du Nord portant la puce mémorielle de son grand-père, des IA malicieuses, un phoque optimiste, ou encore le dernier rhinocéros blanc. Le vivre ensemble et l’empathie sont au cœur de ce roman qui se plaît à nous balader entre les époques. Si l’auteur se veut lucide sur l’état du monde, il apporte des pistes de réflexion et d’espoir pour le futur, en misant sur l’empathie, sur notre rapport au vivant sous toutes ses formes, et sur l’utilisation, à bon escient, des nouvelles technologies. La phrase mise en exergue à la fin du roman représente parfaitement l’esprit de Symbioses : »À quoi sert la conscience de soi si on ne l’utilise qu’au bénéfice de sa propre espèce ? ».

Symbioses – Johan Heliot – Mars 2026 – L’Atalante – Illustration de couverture réalisée par Thomas Dambreville

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Heureux comme jamais – Guillaume Chamanadjian

18 mercredi Mar 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Aux Forges de Vulcain, capitalisme, conseils de lecture, Critique de livre, Guillaume Chamanadjian, Heureux comme jamais, IA, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Space opera

Les premières phrases

« Lorsque Noah entre dans le monte-charge, le bourdonnement des moteurs s’estompe en laissant la place à l’habituel bruit blanc qui la désoriente toujours pendant quelques secondes.

« Tu as pris le jeu de grosses clefs Allen ? »

Il paraît que tous les pères s’inquiètent lors du premier jour de travail de leur fille. Noah ne saurait dire si c’est vrai, Papa est le seul père qu’elle a jamais fréquenté. Elle tapote ses écouteurs. Deux fois pour oui. »

Impressions

Décidément, j’aime beaucoup ce qu’écrit Guillaume Chamanadjian. Après Une valse pour les grotesques, ou encore sa novella NoirPunk dans Derrière le grillage, je suis à nouveau conquise par son dernier livre en date, Heureux comme jamais.

Ici, l’auteur nous propulse dans un univers SF particulièrement jouissif. Imaginez : la crème de la crème des ultra-riches (dont un ancien président américain dénommé Mickey Clarke Jr.) a quitté la Terre qu’ils ont en partie eux-mêmes détruite à bord d’un vaisseau spatial dirigé par un milliardaire à l’égo surdimensionné (et à l’intelligence diamétralement opposée). Tout parallèle avec la vie réelle serait tout à fait fortuite, bien sûr !

Noah, fille du seul prolétaire du vaisseau et seul ingénieur de maintenance à bord, se voit confier la lourde tâche de remplacer son père malade, alors qu’un message provenant de la Terre vient d’être capté par le vaisseau, pouvant remettre en cause leur projet de terraformer une nouvelle planète. Dans ce huis-clos où les riches continuent de se regarder allègrement le nombril, Noah n’a qu’une échappatoire : la musique d’un monde passé, et ses conversations avec son IA de compagnie Bins-42, à la langue bien pendue et à l’ironie mordante. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce court space opera (moins de 200 pages) mené tambour battant. Vous l’aurez compris : j’ai adoré cette lecture portant un regard terriblement réaliste (mais toujours plein d’humour) sur notre société actuelle dominée par le capitalisme et les ultra-riches. Si vous avez le moral en compote, lisez ce roman ! Il devrait même être remboursé par la Sécu tellement il fait du bien !

Heureux comme jamais – Guillaume Chamanadjian – Mars 2026 – Aux Forges de Vulcain – Illustration de couverture réalisée par Elena Vieillard

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Trois nuits – Stéphane Arnier

09 lundi Mar 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Policiers / Thrillers, Romans français

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, Dark Fantasy, Fantastique, idées de lecture, lecture, Livre, Polar, PVH, quoi lire, roman, Stéphane Arnier, trois nuits

Les premières phrases

« La joue collée à la meurtrière du poste-frontière en ruine, Nabintu scruta l’extérieur comme on espionne à travers le trou d’une serrure. Il faisait encore sombre dehors, mais – c’était bien sa crainte – l’horizon pâlissait déjà. La nuit touchait à sa fin et, avec elle, le temps qui leur était imparti. »

Impressions

Avec Trois nuits, Stéphane Arnier nous plonge dans une ambiance mêlant polar poisseux, huis-clos, fantasy et fantastique, autour d’un principe simple : trois personnes choisies par une démone auront trois jugements à rendre, un par nuit. À la moindre erreur, elles seront damnées. Chaque nuit, un suspect leur sera désigné. Chaque nuit, Nabintu, la paysanne, Ishitey, la guerrière, et Melanthius, le vieux prévôt, devront démêler le vrai du faux, avec l’échéance du lever du jour pour rendre leur jugement, gracier le suspect ou le tuer. Mais peut-on juger une personne en si peu de temps ? Et qui sont-ils pour décider du bien et du mal ? Pourquoi ont-ils été choisis par la démone ?

L’atmosphère est lourde, le temps est compté et le lecteur perçoit parfaitement ce compte à rebours oppressant, aussi bien pour les juges que les suspects. Des trois nuits, la troisième m’a le plus happée, peut-être à cause du lieu choisi (un bateau), mais aussi par le côté plus fantastique du récit avec ses créatures nocturnes. Après mon coup de cœur pour le précédent roman de l’auteur, La brume l’emportera, Trois nuits me conforte dans mon envie de découvrir ses prochains textes.

Trois nuits – Stéphane Arnier – Octobre 2025 – Éditions Asynchrone/PVH éditions – Illustration de couverture réalisée par Brookesia Art Studio – Illustrations intérieures par Frédéric Bessy

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

L’orage qui vient – Louise Mey

19 lundi Jan 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, idées de lecture, L'orage qui vient, lecture, Livre, Louise Mey, Pocket, quoi lire, roman, science fiction, SF

Les premières phrases

« J’ai couru pendant des heures. J’ai couru, et maintenant, je veux manger. Je cherche quelque chose, un lièvre, un faisan, mais autour de moi tout se dissimule, à l’abri, bien caché. La forêt tout entière sait que je suis là cette nuit. Elle est belle sous la lune sans nuages, mais sa beauté m’indiffère, je n’ai pas faim de beau. J’ai faim de chair, de sang, je veux plonger les dents dans quelque chose de vivant. »

Impressions

J’ai dévoré ce roman ! Il faut dire que la plume de Louise Mey, précise et tranchante, va droit au but tout en parvenant à créer une ambiance et un décor que l’on visualise dans ses moindres détails, et des personnages (y compris secondaires) ayant une réelle substance. En moins de 200 pages, je trouve que c’est un tour de force. On s’attache aux protagonistes et, plus les pages défilent, plus la tension monte, à tel point que je n’arrivais pas à lâcher ma lecture !

Imaginez une petite communauté composée de femmes et d’enfants (le dernier homme du village part se former en ville), vivant à l’abri de la forêt dans un lieu paisible et reculé, caché aux yeux de tous, dans un monde où la société telle que nous la connaissons s’est effondrée. Ici, on vit de peu mais bien. Chacune mange à sa faim, chacune participe au bon fonctionnement du Hameau. C’est ici que vit Mila, une adolescente de 15 ans, avec sa mère. Et puis, un jour, un homme de l’extérieur arrive…

S’il n’y a pas de réelle surprise dans l’histoire, le roman est tellement bien écrit et construit que vous voudrez le lire d’une traite, afin d’évacuer la tension qui monte inexorablement jusqu’à la fin. Comme Mila, vous serrerez les poings. Louise Mey a su créer une histoire – courte et diablement efficace – avec une héroïne attachante, ode à la force des femmes, à la sororité, et au retour à un mode de vie respectueux du vivant, tout en explorant avec justesse la figure du monstre.

L’orage qui vient – Louise Mey – Mars 2025 – Pocket – Illustration de couverture réalisée par Germain Barthélémy

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Brèche – Li-Cam

06 mardi Jan 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Brèche, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, La Volte, lecture, Li-Cam, Livre, quoi lire, roman, Science-fiction, SF, Visite

Les premières phrases

« Nous avons tous besoin d’une oasis.

À la place des potagers permacoles émerge lentement la vision des parkings qui les ont précédés, le bitume assombri par des taches d’huile de moteur, des lignes dont la peinture s’estompe en raison du manque d’entretien, et quelques arbres fatigués dispensant une ombre maigrelette. Je ne saurais dire si je me souviens ou si l’araignée me joue des tours. Mais à y réfléchir plus avant, en admettant que j’en sois capable aujourd’hui, je n’habite le bat que depuis quelques années ; les potagers étaient déjà là à mon arrivée, j’en suis presque certaine.

Ce n’est donc pas un souvenir. C’est autre chose. Et cette autre chose m’angoisse. »

Impressions

Comment commencer l’année en beauté ? En lisant ce roman de Li-Cam, édité par La Volte ! L’autrice revient dans son univers des Écoumes (déjà abordé dans son précédent livre Visite que j’avais adoré). Mais nul besoin d’avoir lu Visite pour pénétrer dans Brèche et savourer ce texte.

Ici, l’autrice dépeint notre société telle qu’elle tend à devenir : une société gangrénée par les Ogres, ces multimilliardaires bien décidés à exploiter la moindre ressource restante sur Terre, et à exploiter du même coup les hommes et femmes en-dessous d’eux, en les asservissant via des implants, des algos et des IA. Reste que dans ce monde à moitié décérébré et détruit, une petite communauté vivant dans des HLM (les laissés-pour-compte de la société) a réussi à sortir de la misère et à trouver le bonheur en repensant la vie en collectivité. Figurez-vous de vieilles barres HLM où les couloirs regorgent de plantes, et où les potagers extérieurs embaument l’air d’odeur de menthe et de basilic. Tout n’est pas rose, loin s’en faut, mais les habitants sont parvenus à créer une société où chacun mange à sa faim, et où le calme règne la plupart du temps. C’est ici que vivent Nati, Ouarda, Mono, la Courge, Sibi, mais aussi Sandro et sa femme Bella, une « vieille folle » souffrant de psychose et d’hallucinations dont le cerveau semble comme encombré d’une immense toile d’araignée. Non loin de là, Walter, Mira ou encore Pablo travaillent dans un centre de recherche décrépie, sur un calculateur quantique. La jeune Rivière, quant à elle, donne de la voix sur le Verse pour dénoncer la pestilence des Ogres en train de piller la Vivante.

Je n’ai pas les mots pour vous décrire la portée de ce texte dans lequel souffle un vent de révolte certain, mais aussi un vent de renouveau et d’espoir. Li-Cam nous fait envisager l’avenir sous un jour heureux et positif. Un vrai baume au cœur dont on ferait bien toutes et tous de s’inspirer ! Et si, cette année, nous sortions de notre torpeur pour créer une société plus juste, respectueuse de l’humain, du vivant sous toutes ses formes, et de l’environnement ? Et si, pour commencer, vous lisiez Brèche ?

Merci à La Volte de nous proposer des textes aussi originaux et forts.

Brèche – Li-Cam – 15 Janvier 2026 – La Volte – Illustration de couverture réalisée par Philippe Aureille

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Derrière le grillage – Guillaume Chamanadjian, luvan, Sébastien Juillard

26 vendredi Déc 2025

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, cyberpunk, Derrière le grillage, Guillaume Chamanadjian, idées de lecture, lecture, Livre, luvan, novellas, post-apo, quoi lire, roman, Sébastien Juillard, scylla, SF

Les premières phrases

« Cet endroit d’enfance existe. Du moins a existé, c’est une certitude. Il reste mon souvenir d’enfance le plus marquant. »

Impressions

Parfois, un souvenir d’enfance devient une obsession. Et de cette obsession peut émerger un projet littéraire et artistique peu commun. C’est ce que nous propose Xavier Vernet, éditeur et libraire chez Scylla, avec Derrière le grillage, recueil de trois novellas reposant sur son souvenir d’enfance le plus marquant : un moment partagé avec son père (aujourd’hui à la mémoire déclinante), dans un lieu a priori ordinaire mais qui a sans doute contribué à son amour de l’imaginaire. Il s’agit d’une cour conçue pour nettoyer et réparer une voiture, dotée de boxs fermés, d’un bac à sable, et délimité par un grillage d’où émerge un jardin abandonné peuplé d’étranges statues. Ce souvenir obsédant, Xavier Vernet a eu envie de lui redonner vie. Résultat : ce premier recueil de novellas (il y en aura d’autres) auquel ont participé Guillaume Chamanadjian, luvan et Sébastien Juillard. Avec deux contraintes : écrire un texte de 111 111 signes et y inclure le souvenir du jardin et des statues.

Le résultat est bluffant. Et si Xavier Vernet vous laisse le choix de lire ou de ne pas lire la préface avant, je vous conseille grandement de la lire tant elle permet de comprendre le projet et de lier les trois textes. Je l’ai également trouvée particulièrement touchante.

Passée la préface, les trois novellas vous embarqueront dans trois univers de SF : deux cyberpunk (avec NoirPunk de Guillaume Chamanadjian et Kawaakari de Sébastien Juillard) et un mêlant post-apo à la plume inventive, décalée et poétique de luvan avec CANT (qui m’a parfois un peu perdue). J’ai adoré découvrir ces trois textes, créés à partir du même souvenir d’enfance de l’éditeur. Je ne vous en dirai pas plus car le mieux est de plonger dans ce recueil pour en découvrir par vous-même tout le merveilleux. Une expérience de lecture touchante, passionnante, et réussie. Vivement le tome 2 !

Derrière le grillage – Guillaume Chamanadjian, luvan, Sébastien Juillard – Octobre 2025 – Scylla – Couverture réalisée par Arnaud Maniak – Illustrations intérieures réalisées par Lise L., Lia Vesperale, Elvire de Cock

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Dans l’ombre de Paris – Morgan of Glencoe

24 lundi Nov 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Romans français

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, Dans l'ombre de Paris, Fantasy, Fées, Goater, idées de lecture, Japon, La dernière geste, lecture, Livre, Monarchie, Morgan of Glencoe, quoi lire, roman, uchronie, Urban fantasy

Les premières phrases

« Assise bien droite dans son fauteuil tendu de velours blanc, Yuri replaça sa mèche rebelle derrière son oreille. Du haut de ses douze ans juste sonnés, elle tenait son rang de princesse avec autant de dignité que n’importe quelle adulte.

– Dites-moi, Père, demanda-t-elle de sa voix réfléchie, quel spectacle allons-nous voir qui nécessite si étrange scène ? Je ne connais nul acteur, nul musicien qui puisse jouer sur l’eau…

– C’est qu’il ne s’agit ni d’une pièce, ni d’un concert, et encore moins d’un opéra, Yuri, répondit le seigneur Nekohaima en posant une main rassurante sur l’épaule de sa fille. Mais d’une leçon pour toi, une leçon sur certaines créatures et leur nature. Hmm. Et sans doute aussi sur la nature du vulgaire. »

Impressions

Cette lecture fut une très bonne surprise. Mélange d’uchronie et d’urban fantasy, Dans l’ombre de Paris nous transporte dans un univers moderne original où la Monarchie française règne en maître sur le monde au côté de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman. Mais surtout, c’est un univers où les fées existent ! Des fées loin du cliché des contes : ici, ces créatures sont fortement inspirées des légendes celtes, à l’instar des Selkies et des feux follets. Craintes par les humains, elles sont cependant obligées de vivre cachées… Y sont abordés avec justesse des thèmes qui me sont chers : tolérance, consentement, droit à la différence, orientations sexuelles, richesse des cultures.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir les lieux (en particulier l’Orient Express et les égouts de Paris) et les personnages (Yuri, Bran, Sir Edward…) créés par l’autrice bretonne Morgan of Glencoe. Je me suis d’ailleurs un peu trop attachée à certains… Quant à la fin, elle m’aura brisé le cœur…

Attention : n’oubliez pas de lire les pages se trouvant juste après les remerciements de l’autrice. En effet, il ne s’agit pas des premières lignes du tome 2 mais d’un véritable épilogue, à ne surtout pas rater !

Dans l’ombre de Paris – Morgan of Glencoe – Réédition en Mars 2025 par Goater – Couverture par Aliciane

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Sintonia – Audrey Pleynet

22 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Romans français, SF

≈ 1 Commentaire

Étiquettes

Audrey Pleynet, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le bélial, lecture, Livre, nanotechnologies, quoi lire, roman, science fiction

Les premières phrases

« C’était devenu commun pour Irene de voir son corps bouger sans qu’elle le lui ait demandé. Un pas après l’autre, dans les couloirs de leur palazzo. La bambina ne parvenait pas à savoir si l’ordre venait de sa mère Talia, de sa grand-mère Alessia, ou de plus haut. Toutes avaient la même teinte, la même saveur. La fillette de cinq ans acceptait. Pas de résistance, pas de questions. Elle obéissait. À ses côtés, sa petite sœur Gia, trois ans. Et des cousines, enfants et adolescentes, qui marchaient comme elle, dans un demi-état de conscience pour les plus jeunes. Les adultes partaient en mission. Une immense mission. Les bambinas devaient attendre, bien sages, bien obéissantes, que leurs mères, tantes, grands-mères, grands-tantes, arrière-grands-mères, arrière-grands-tantes, arrière-arrière-grand-mère reviennent.« 

Impressions

Après le succès de Rossignol, prix Utopiales 2024, Audrey Pleynet était attendue pour son deuxième roman de SF. Et si j’avoue ne pas avoir été transportée par sa novella, j’ai en revanche beaucoup apprécié la lecture de Sintonia.

L’histoire se passe en 2354. Afin de survivre aux nuages de poussières, à la pollution et aux catastrophes climatiques, des villes ont été construites en hauteur, dans les nuages, à l’instar de Venise, ville-tige modèle où vivent différentes guildes puissantes. C’est là que réside la plus importante lignée des Sintonia, une famille de femmes assassins détenant une arme unique de contrôle mental, le diapason. Tout débute dans le sang, avec le massacre de cette famille, dont seuls quelques membres vont survivre, toutes pensant être la seule rescapée.

Audrey Pleynet nous livre un roman de SF de haute volée, où les avancées technologiques ont modifié aussi bien l’architecture des villes que certains humains. Un roman passionnant à découvrir si vous aimez les complots, les réflexions sur les villes de demain, le transhumanisme et la liberté, et les histoires de vengeance.

Sintonia – Audrey Pleynet – Le Bélial – Septembre 2025 – Couverture réalisée par Aurélien Police

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…
← Articles Précédents

Catégories

  • BD
  • Citations
  • En image
  • En vidéo
  • En VO
  • Essais
  • Fantastique
  • Fantasy
  • Grands classiques
  • Jeunesse
  • Mangas
  • Poésie
  • Policiers / Thrillers
  • Romans étrangers
  • Romans français
  • SF
  • Sondages

Articles récents

  • On ne verra pas les fleurs le long de la route – Éric Pessan
  • Passer la brume – Julia Colin
  • Symbioses – Johan Heliot
  • The Book of Love – Kelly Link
  • Heureux comme jamais – Guillaume Chamanadjian

Archives

En train de lire

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et recevoir des notifications à chaque publication de nouveaux posts par mail.

Mes réseaux sociaux

  • Voir le profil de aurecha22 sur Instagram

En train de lire

Jonathan Strange et Mr Norrell

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Confidentialité & Cookies : Ce site utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir davantage, y compris comment contrôler les cookies, voir : Politique relative aux cookies
  • S'abonner Abonné
    • Love In Books
    • Rejoignez 176 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Love In Books
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…
 

    %d