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« C’était HORSE THEORY, merci !
Parker hurle dans le micro tandis que les lamentations de ma basse tournée vers les amplis se poursuivent, donc je ne sais pas si qui que ce soit l’entend. Quand j’arrive enfin à percevoir quelque chose d’autre que mes propres battements de coeur et le larsen, il n’y a plus d’applaudissements, s’il y en a seulement eu. Je ne regarde pas le public quand je joue – ça me fait flipper. Je regarde ma basse, ou Parker, ou un point sur le mur, et je ne remarque que bien après, quand j’en ai déjà plein le t-shirt, le sang qui coule de mes doigts là où les cordes ont arraché les cals. Je dégouline de sueur – l’espace derrière la vieille poissonnerie et les appartements abandonnés est ouvert à la nuit, mais l’air est chaud à Londres, même en cette soirée d’hiver. J’ai l’impression qu’il fait plus chaud que l’an dernier. »
Impressions
Extremophile de Ian Green vient de sortir en français et c’est une tuerie ! Du biopunk bien trash, à lire avec du métal dans les oreilles !
Dans un futur plus ou moins proche, ce qui reste de l’humanité, frappée par nombres de crises, tente de survivre sur une Terre surchauffée. Charlie et Parker vivent à Londres, jouent dans un groupe punk, squattent dans un quartier marécageux, paient leur bouffe en faisant du biohacking, en vendant des programmes de bio-augmentations ou en acceptant des contrats totalement illégaux. Si Charlie pense que le monde est foutu, Parker a encore de l’espoir et se traîne de manif en manif pour essayer de changer la société. Quand un groupe d’activistes leur propose une série de missions énigmatiques (Tuer le fantôme, Voler la fleur, Sauver le monde), Parker et Charlie se retrouvent confrontés à des criminels dangereux, mais aussi à leurs propres limites et convictions.
Lire Extremophile, c’est accepter de se prendre de l’hémoglobine, de la sueur et des riffs de métal en pleine figure. La colère, le désespoir, l’horreur des expérimentations génétiques (incarnée par le personnage de Taupe), la violence omniprésente, côtoient l’envie de vivre coûte que coûte, le désir de se rebeller, mais aussi l’amour et l’amitié, et la profonde solidarité qui résiste malgré tout dans les bas fonds de Londres. Et que dire de la relation entre Charlie et Parker, un des couples queers les plus beaux et forts de SF !
Voici un roman cyberpunk particulièrement réussi, à la fois haletant, violent, drôle et émouvant, qui m’aura tenue en haleine jusqu’aux dernières pages de toute beauté.
Extremophile – Ian Green – Octobre 2026 – Argyll – Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marie Koullen – Illustration de couverture réalisée par Xavier Collette









