Un livre, une phrase…

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Stephen Chbosky - Le monde de Charlie« Il faut d’abord que tu saches que je suis à la fois triste et heureux, et que j’ai toujours pas compris comment ça se fait. »

Stephen Chbosky – Le monde de Charlie

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Quand sort la recluse – Fred Vargas

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Les premières phrases

«  Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur de déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13e arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d’une brebis et la bête l’y avait enfoncé d’un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l’avait appréciée à sa juste valeur.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Fred Vargas.

Impressions

Après « Temps glaciaires » que j’avais beaucoup aimé, revoici Fred Vargas avec son dernier polar. Si « Quand sort la recluse » ne m’a pas autant emballée que le précédent, je l’ai tout de même lu avec plaisir. Lorsque des vieillards meurent après avoir été mordus par des araignées recluses, Adamsberg a des doutes… et commence à enquêter, en dépit du désaccord de Danglard. Un polar bien prenant, parfait pour les vacances d’été. J’ai particulièrement apprécié les relations entre Adamsberg et tous ses collègues du commissariat. C’est à chaque fois comme si on retrouvait une petite famille.

Un passage parmi d’autres

– Trois morts, c’est exact. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.

– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. Ce pourquoi j’ai rendez-vous dès demain avec un spécialiste des araignées, je ne sais plus comment cela s’appelle, un araignologue, un arachonologue, peu importe, au Muséum d’histoire naturelle.

– Je ne veux pas y croire, dit Danglard, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous donc perdu la vue ?

– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. J’y vois même mieux qu’ailleurs. Je vais donc être net, Danglard. Je ne crois pas à une multiplication des recluses. Je ne crois pas à une mutation de leur venin, si grande et si subite. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.

Il y eut un silence avant que Danglard, stupéfait, ne reprenne. Les grandes mains d’Adamsberg n’avaient pas bougé, fermement appliquées sur le bois de la table.

– Assassinés, répéta Danglard. Par des recluses ?

Adamsberg prit un temps avant de répondre. Ses mains quittèrent la table et dansèrent un peu dans l’air.

– En quelque sorte, oui.

Fred Vargas – Quand sort la recluse – mai 2017 (Flammarion)

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Dans la forêt – Jean Hegland

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Les premières phrases

«  C’est étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. Après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. Et je dois avouer que ce cahier, avec ces pages blanches pareilles à une immense étendue vierge, m’apparaît presque plus comme une menace que comme un cadeau – car que pourrais-je y relater dont le souvenir ne sera pas douloureux ?

Tu pourras écrire sur maintenant, a dit Eva, sur l’époque actuelle. J’étais tellement persuadée ce matin que le cahier me servirait à étudier que j’ai dû faire un effort pour ne pas me moquer de sa suggestion. Mais je me rends compte à présent qu’elle a peut-être raison. Tous les sujets auxquels je pense – de l’économie à la météorologie, de l’anatomie à la géographie et à l’histoire – semblent tourner en rond et me ramener inévitablement à maintenant, à ici et aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est Noël. Je ne peux pas l’éviter. Nous avons barré les jours sur le calendrier bien trop consciencieusement pour confondre les dates, même si nous aurions aimé nous tromper. Aujourd’hui, c’est le jour de Noël, et le jour de Noël est une nouvelle journée à passer, une nouvelle journée à endurer afin qu’un jour, bientôt, cette époque soit derrière nous. »

Circonstances de lecture

Parce que j’en avais entendu beaucoup de bien et que la couverture et le titre m’attiraient .

Impressions

C’est un roman sur la fin de notre civilisation et de nos modes de vie. C’est aussi un roman sur deux sœurs, sur ce qui les unit… et les sépare. C’est enfin un roman sur la forêt et ce qu’elle peut offrir aux hommes. C’est en tout cas une très belle lecture que je vous conseille pour cet été – ou après !

Nell et sa sœur Eva ont toujours vécu dans la forêt avec leurs parents. Jusqu’au jour où elles se retrouvent seules, toutes les deux, dans cette cabane où elles ont grandi, alors que notre civilisation moderne s’effondre. Plus d’électricité, plus d’essence, plus de supermarchés… Peut-on survivre à l’écart de tout ? L’électricité va-t-elle revenir et quand ? Peut-on continuer à poursuivre ses rêves (passer le concours d’entrée à Harvard pour Nell, devenir une danseuse émérite pour Eva) alors que l’on vit coupé de tout ? Comment savoir ce qui se passe ailleurs ? Les animaux sauvages représentent-ils un plus grand danger que l’espèce humaine ? Comment survivre dans la forêt ? Comment continuer à espérer ? J’ai adoré, d’autant que Jean Hegland écrit remarquablement bien.

Un passage parmi d’autres

 Je n’ai jamais vraiment su combien nous consommions. C’est comme si nous ne sommes tous qu’un ventre affamé, comme si l’être humain n’est qu’un paquet de besoins qui épuisent le monde. Pas étonnant qu’il y ait des guerres, que la terre et l’eau et l’air soient polluées. Pas étonnant que l’économie se soit effondrée, s’il nous en faut autant à Eva et à moi pour rester tout bonnement en vie.

Je me dis parfois que ce serait tellement mieux si l’on devait taire nos désirs, nous débarrasser de notre besoin d’eau et d’abri et de nourriture. Pourquoi s’embête-t-on avec tout ça ? A quoi cela sert-il ? Hormis tenir un peu plus longtemps.

Jean Hegland – Dans la forêt – janvier 2017 (Gallmeister)

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Le Rêve de Ryôsuke – Durian Sukegawa

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Les premières phrases

«  Les nuages s’étaient déchirés après l’averse et le crépuscule ruisselait de lumière. Les goélands qui tournoyaient au-dessus de la digue, les hommes affairés sur les docks, tout était nimbé d’une auréole resplendissante.

Le ferry à destination de l’archipel d’Aburi avait quitté les quais du port de R. et se dirigeait lentement vers le large.

Depuis la cafétéria où il était attablé, Ryôsuke voyait défiler les installations portuaires, et il avait aussi vue sur une partie du pont et de la coursive. Sur le pont brillaient des flaques pareilles à des éclats de soleil, leurs reflets dessinant des motifs évanescents. Au gré du roulis, les taches de lumière s’évanouissaient et fusionnaient, sans cesse changeantes. Ryôsuke, qui suivait leurs frémissements du coin de l’œil, y superposa fugitivement les premières formes de la vie issue de la mer. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré le premier roman de Durian Sukegawa, « Les Délices de Tokyo« .

Impressions

Après « Les Délices de Tokyo« , l’auteur japonais Durian Sukegawa signe un 2ème roman tout aussi beau. Son héros a accepté un job ingrat sur une île isolée : creuser une tranchée d’arrivée d’eau. Mais son véritable objectif est d’accomplir le rêve de son père : fabriquer du fromage de chèvre. Reste que sur une île où les habitants ont comme tradition de manger les chèvres, son projet n’est pas vu d’un très bon œil… Ce roman traite avec justesse des tabous, de l’accomplissement des rêves, du mal être, du poids d’une vie animale comparé à celle des hommes. Petit avertissement : les descriptions des repas à base de poissons et de la confection des fromages de chèvre vous donnera l’eau à la bouche ! Prévoyez un petit encas à côté de vous lorsque vous lirez ce livre !

Un passage parmi d’autres

 Du brocciu tout frais, charnu et luisant.

Le soleil était couché depuis longtemps ; à la lueur de la lanterne, ils remplirent de vin leurs verres dépareillés. Dans la nappe de lumière qui s’échappait de la maison, ils trinquèrent tous les cinq. La première gorgée avalée, il fut temps de goûter le brocciu. Chacun préleva une cuillerée de fromage dans le chinois et la porta à ses lèvres en silence.

Curieusement, ce fut Hashi qui poussa le premier un grognement de plaisir. Kaoru et Tachikawa, avec un soupir émerveillé, laissèrent échapper un petit rire.

L’institutrice fit rouler deux ou trois fois ses grands yeux humides.

« On croirait manger des nuages. »

Un éclat de lumière fugace ourla ses paupières.

Ryôsuke, un sourire accroché aux lèvres, se tourna vers les chèvres. La petite famille était tendrement réunie devant l’étable.

Durian Sukegawa – Le Rêve de Ryôsuke – avril 2017 (Albin Michel)

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We are okay – Nina LaCour

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Les premières phrases

 » Before Hannah left, she asked if I was sure I’d be okay. She had already waited an hour past when the doors were closed for winter break, until everyone but the custodians were gone. She had folded a load of laundry, written an email, searched her massive psychology textbook for an­swers to the final exam questions to see if she had gotten them right. She had run out of ways to fill time, so when I said, “Yes, I’ll be fine,” she had nothing left to do except try to believe me.

I helped her carry a bag downstairs. She gave me a hug, tight and official, and said, “We’ll be back from my aunt’s on the twenty-eighth. Take the train down and we’ll go to shows.”

I said yes, not knowing if I meant it. When I returned to our room, I found she’d snuck a sealed envelope onto my pillow.

And now I’m alone in the building, staring at my name written in Hannah’s pretty cursive, trying to not let this tiny object undo me. »

Circonstances de lecture

Livre qu’une amie m’a prêté. Merci Alex !

Impressions

J’ai dévoré ce livre en deux jours ! Dès les premières phrases, j’ai été transportée dans la vie de l’héroïne, Marin, une jeune fille qui se retrouve à passer les vacances de Noël seule dans son campus universitaire, à New York. Seule, à l’exception de 3 jours durant lesquels sa meilleure amie, Mabel, sera là, à ses côtés. Mais Mabel vient pour obtenir des réponses et savoir pourquoi Marin a disparu du jour au lendemain, pourquoi Marin s’est enfermée dans une telle solitude… Une histoire bouleversante, superbe, qui vous fera forcément verser quelques larmes. Un GROS coup de cœur. Et quelle jolie couverture !

Un passage parmi d’autres

 I wonder if there’s a secret current that connects people who have lost something. Not in the way that everyone loses something, but in the way that undoes your life, undoes your self, so that when you look at your face it isn’t yours any more.

Nina LaCour – We are okay – février 2017 (Dutton Books)

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Voyage d’hiver – Jaume Cabré

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Les premières phrases

«  Il ajusta le banc, parce qu’il était un peu trop bas. Et pourtant il l’avait réglé à sa hauteur à peine une demi-heure plus tôt. Non, maintenant il est trop haut. Et il bouge un peu, tu vois ? Merde. Là c’est bon. Non. Si. Il tira son mouchoir de la poche de son habit et s’essuya la paume des mains. Il en profita pour passer le mouchoir sur les touches immaculées, comme si elles étaient humides de la sueur d’autres exécutions. Il rajusta les manchettes de sa chemise. Tout mon être est une agonie. J’ai la gorge sèche, le sang plein de piquants et mon cœur est sur le point d’éclater à cause de tant et tant de choses. Je ne veux pas que mes mains tremblent. A ma droite, la froideur mortelle du public. Il ne voulait pas regarder à nouveau pour vérifier qu’il ne s’était pas trompé quand, machinalement, en saluant, il avait regardé les premiers rangs. Bien sûr qu’il s’était trompé. Parce que sinon, autant arrêter tout ça immédiatement. Une toux de femme. Une toux d’homme, très lointaine et puissante, qui lui rappela l’immensité de la salle. Rien, il ne se passe rien à ma droite, il n’y a rien. Rien que de la glace, l’ennemi, la mort. Le banc, un centimètre plus en arrière. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais eu un gros coup de cœur pour « Confiteor« .

Impressions

Après le dernier Haruki Murakami (« Des hommes sans femmes« ), me voilà à me replonger dans un recueil de nouvelles, cette fois de l’auteur Jaume Cabré. D’habitude, je ne lis pas de nouvelles… Mais après ces deux recueils, je sens que j’en lirai davantage, tant j’ai été conquise ! Jaume Cabré a une écriture magnifique qui transporte son lecteur. Ici, il nous livre 14 histoires courtes bouleversantes. Un pianiste sur le point de tout plaquer, un homme attendant le verdict a priori fatal de son médecin, un prisonnier organisant son évasion pour pouvoir revoir sa fille, un collectionneur de livres inconnus, deux amants s’aimant 28 jours puis se cherchant pendant 20 ans… Et là où « Voyage d’hiver » prend soudain une autre dimension, c’est quand on découvre les fils rouges reliant toutes ces histoires.

Un passage parmi d’autres

 Et Margherita, toujours avec l’écho de Gute Nacht dans les oreilles, lui expliqua qu’elle devait quitter Vienne à trois heures, que son train partait à cette heure-là et qu’elle ne voulait pas qu’il l’accompagne à la gare car elle ne le supporterait pas. Et elle lui dit aussi pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, comme ça, comme une mitraillette. Et elle ajouta, disons-nous adieu ici, Zoltan. Il resta bouche bée de surprise. Tout était possible sauf ça. Cela faisait vingt-huit jours qu’il vivait dans la bulle d’un rêve et il avait été assez bête pour ne jamais penser que les bulles de bonheur finissent toujours par éclater en multiples déceptions.

Jaume Cabré – Voyage d’hiver – février 2017 (Actes Sud)

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Des hommes sans femmes – Haruki Murakami

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Les premières phrases

«  Kafuku était monté un certain nombre de fois dans des voitures conduites par des femmes et son expérience l’amenait à classer les conductrices en deux catégories : celles qui étaient un peu trop agressives et celles qui étaient un peu trop prudentes. Les dernières étaient infiniment plus nombreuses que les premières – de quoi sans nul doute se réjouir. En somme, les femmes étaient en général plus polies et conduisaient leur véhicule avec plus de prudence que les hommes. Bien entendu, on n’allait pas se plaindre de la politesse ou de la prudence d’un chauffeur, même si ce style de conduite pouvait irriter les autres conducteurs. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami.

Impressions

Ce recueil de nouvelles d’un de mes auteurs préférés est un petit délice de lecture. Ne vous fiez pas aux premières phrases (vive les généralités sur les femmes et leur conduite !), elles ne sont pas représentatives du reste du livre ! Dans chacune des nouvelles, Haruki Murakami nous plonge dans des moments de vie d’hommes seuls, amoureux, nostalgiques… Les relations hommes / femmes sont à chaque fois différentes et émouvantes. La solitude est encore une fois au cœur de ces histoires. Ma préférée : « Yesterday ». Un vrai bonheur de lecture !

Un passage parmi d’autres

 – Rêves-tu encore aujourd’hui à la lune de glace ? lui demandai-je.

Elle releva la tête d’un geste brusque et me regarda. Puis un sourire s’épanouit sur son visage. Très lentement. Un merveilleux sourire, totalement naturel.

 » Tu te souviens encore de mon rêve ?

– Je ne sais pas pourquoi, mais oui.

– Alors que c’est le rêve de quelqu’un d’autre ?

– Les rêves, c’est le genre de choses que l’on peut emprunter ou prêter, si besoin est. J’en suis persuadé. »

Haruki Murakami – Des hommes sans femmes – mars 2017 (Belfond)

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Perfect World – Rie Aruga

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Circonstances de lecture

Perfect World Attirée par la couverture et le thème de ce manga.

Impressions

« Perfect World », je l’attendais depuis un moment ce manga ! Et je n’ai pas été déçue. C’est un gros coup de cœur. Ce manga aborde avec délicatesse le thème du handicap. Comment réagir quand on retrouve son premier amour et que l’on découvre que suite à un accident il est devenu handicapé ? C’est ce que Tsugumi Kawana vit lorsqu’elle tombe par hasard sur Itsuki Ayukawa. Ce dernier refuse d’ailleurs toute relation amoureuse, ne voulant être un fardeau pour personne…

Je conseille vivement ce manga car, en plus d’une sublime histoire d’amour, on découvre ce que vivent au quotidien les handicapés dans notre société. Les deux autres tomes disponibles sont également très prenants.

Perfect World Perfect World Perfect World

Rie Aruga – Perfect World – Octobre 2016 (Akata)

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4 3 2 1 – Paul Auster

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Les premières phrases

«  According to family legend, Ferguson’s grandfather departed on foot from his native city of Minsk with one hundred rubles into the lining of his jacket, traveled west to Hamburg through Warsaw and Berlin, and then booked passage on a ship called the Empress of China, which crossed the Atlantic in rough winter storms and sailed into New York Harbor on the first day of the twentieth century. While waiting to be interviewed by an immigration official at Ellis Island, he struck up a conversation with a fellow Russian Jew. The man said to him: Forget the name Reznikoff. It won’t do you any good here. You need an American name for your new life in America, something with a good American ring to it. Since English was still an alien tongue to Isaac Reznikoff in 1900, he asked his older, more experienced compatriot for a suggestion. Tell them you’re Rockefeller, the man said. You can’t go wrong with that. An hour passed, then another hour, and by the time the nineteen-year-old Reznikoff sat down to be questionned by the immigration official, he had forgotten the name the man had told him to give. Your name? the official asked. Slapping his head in frustration, the weary immigrant blurted out in Yiddish, Ikh hob fargessen (I’ve forgotten)! And so it was that Isaac Reznikoff began his new life in America as Ichabod Ferguson.

He had a hard time of it, especially in the beginning, but even after it was no long the beginning, nothing ever went as he had imagined it would be in his adopted country.  »

Circonstances de lecture

Parce que Paul Auster fait partie de mes auteurs préférés.

Impressions

Le dernier Paul Auster est un pavé de quelque 866 pages… Autant dire qu’il faut avoir une motivation sans faille et une foi inconditionnelle en l’auteur pour se plonger dans « 4 3 2 1 ». Paul Auster y retranscrit l’histoire d’un Américain, petit-fils d’immigrants, de sa naissance en 1947 à son entrée dans la vie adulte dans les années 70, tout en faisant un parallèle avec l’Histoire Américaine de cette partie chargée du 20ème siècle, en particulier la guerre froide, les problèmes de ségrégation raciale et la guerre au Vietnam. Reste que Paul Auster complique encore la chose en nous proposant 4 versions différentes de notre héros, Archie Ferguson (d’où le titre du livre…), selon le chemin qu’il choisit, les rencontres qu’il fait, ou tout simplement le destin plus ou moins tragique de ses proches. Chaque chapitre se divise ainsi en 4, et l’on suit ainsi 4 vies possibles d’Archie. C’est donc une lecture exigeante, mais heureusement passionnante, que nous propose Paul Auster. Venir à bout de ces plus de 800 pages m’aura pris du temps mais je ne le regrette pas (bien qu’il y ait quelques longueurs). La plume de l’auteur y est évidemment pour quelque chose ! Tout comme la retranscription de cette partie de l’histoire américaine.

Un passage parmi d’autres

 The word psyche means two things in Greek, his aunt said. Two very different but interesting things. Butterfly and soul. But when you stop and think about it carefully, butterfly and soul aren’t so different, after all, are they? A butterfly starts out as a caterpillar, an ugly sort of earthbound, wormy thing, and then one day the caterpillar builds a cocoon, and after a certain amount of time the cocoon  opens and out comes the butterfly, the most beautiful creature in the world. That’s what happens to souls as well, Archie. They struggle in the depths of darkness and ignorance, they suffer through trials and misfortunes, and bit by bit they become purified by those sufferings, strengthened by the hard things that happen to them, and one day, if the soul in question is a worthy soul, it will break out of its cocoon and soar through the air like a magnificent butterfly.

Paul Auster – 4 3 2 1 – 2017 (faber & faber)

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Slade House – David Mitchell

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david-mitchell-slade-houseLes premières phrases

«  Whatever Mum’s saying’s drowned out by the grimy roar of the bus pulling away, revealing a pub called The Fox and Hounds. The sign shows three beagles cornering a fox. They’re about to pounce and rip it apart. A street sign underneath says WESTWOOD ROAD. Lords and ladies are supposed to be rich, so I was expecting swimming pools and Lamborghinis, but Westwood Road looks pretty normal to me. Normal brick houses, detached or semi-detached, with little front gardens and normal cars. The damp sky’s the colour of old hankies. Seven magpies fly by. Seven’s good. Mum’s face is inches away from mine, though I’m not sure if that’s an anrgy face or a worried one. « Nathan? Are you even listening? » Mum’s wearing make-up today. That shade of lipstick’s called Morning Lilac but it smells more like Pritt Stick than lilacs. Mum’s face hasn’t gone away, so I say, « What? »

« It’s « Pardon », or « Excuse me ». Not « What? » »

« Okay, » I say, which often does the trick.

Not today. « Did you hear what I told you? »

« It’s « Pardon » or « Excuse me ». Not « What? » »

« Before that! I said, if anyone at Lady Grayer’s asks how we came here, you’re to tell them we arrived by taxi. »

« I thought lying was wrong ».

« There’s lying, » says Mum, fishing out the enveloppe she wrote the directions on from her handbag, « which is wrong, and there’s creating the right impression, which is necessary. If your father paid what he’s supposed to pay, we really would have arrived by taxi. Now… » Mum squints at her writing. « Slade Alley leads off Westwood Road, about halfway down… » She checks her watch. « Right, it’s ten to three, and we’re due at three. Chop chop. Don’t dawdle. » Off Mum walks.  »

Circonstances de lecture

Encore une fois attirée par la couverture…

Impressions

« Slade House » est un conte horrifique aux allures de conte de fées, digne d’un roman de Stephen King. Après le génial « Cloud Atlas », David Mitchell part donc sur un tout autre style d’histoire. Tous les neuf ans, une maison (Slade House) attire à elle une personne (un enfant, un policier…). Chaque chapitre du livre nous parle ainsi de ce qui est arrivé à cette personne et nous fait voyager de 1979 à 2015. A chaque visite, on en apprend un peu plus sur la maison et ce qui pousse les « invités » à y pénétrer. J’ai dévoré ce livre ! Je le recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 I’ve stopped, because the far end of the garden, the wall with the small black door – it’s gone all faint and dim. Not because of evening. It can’t even be four o’clock yet. Not because it’s misty, either. I look up – the sky’s still bluish, like it was before. It’s the garden itself. The garden’s fading away.

I turn around to tell Jonah to stop the game, something’s wrong, we need a grown-up. Any second now he’ll come hurtling round the far corner. The brambles sway like underwater tentacles. I glance back at the garden. There was a sundial but it’s gone now, and the damson trees too. Am I going blind? I want Dad to tell me it’s fine, I’m not going blind, but Dad’s in Rhodesia, so I want Mum. Where’s Jonah? What if this dissolving’s got him too? Now the lattice tunnel thing’s erased. What do you do when you’re visiting someone’s house and their garden starts vanishing?

David Mitchell – Slade House – 2015 (Sceptre)

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