Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

Mots-clefs

, , , , , , , ,

Les premières phrases

«  Le vieil homme avait presque atteint la frontière de la Louisiane quand il les aperçut qui marchaient de l’autre côté de la route, la femme avec un sac-poubelle jeté sur l’épaule et la fillette derrière elle traînant les pieds. Il les regarda quand il les dépassa puis il les regarda dans le rétroviseur et il regarda les autres voitures les ignorer comme de simples panneaux de signalisation. Le soleil était au zénith et le ciel limpide, et s’il ne savait rien d’elles il devinait au moins qu’elles devaient avoir chaud, alors il prit la première sortie, traversa le pont de l’échangeur et reprit l’autoroute I-55 dans l’autre direction, vers le nord. Il les avait vues quelques kilomètres plus tôt et il continua de rouler en se demandant ce qu’elles pouvaient bien fabriquer là. Il espérait qu’elles avaient une foutue bonne raison.

Il ralentit en arrivant à leur hauteur. Elles marchaient dans l’herbe, la fillette donnant des petites claques sur ses jambes nues, la femme voûtée sous le poids du sac-poubelle. Il se déporta sur le bas-côté puis s’arrêta derrière elles, mais ni l’une ni l’autre ne se retournèrent. Alors il coupa le moteur et sortit de la voiture.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’ai été attirée par cette couverture toute simple et ce titre aux allures de fin du monde.

Impressions

J’ai commencé à lire ce livre en pensant « qu’est-ce que c’est glauque et triste et déprimant »… Michael Farris Smith nous immerge en effet dans une Amérique blafarde, sur les pas d’une mère et de sa petite fille, traînant leurs malheurs sur les routes surchauffées de Louisiane. La mère, Maben, espère retrouver un semblant de paix en retournant là où elle a grandi. En vain… En parallèle, on suit Russel, rentrant également chez lui après onze années passées en prison. Pour quel crime ? On ne l’apprendra que bien plus tard… Reste qu’à sa sortie du car, il se fait tabasser par deux gars… Plutôt glauque, non ? Et encore, je ne rentre pas dans les détails ! Alors, oui, le début de ce roman est déprimant, lourd, angoissant, lent. Oui. Mais voilà que l’histoire s’accélère soudain, que les mystères entourant les protagonistes se dévoilent au moment où un crime est commis, et l’on n’arrive plus alors à lâcher ce livre ! J’ai dévoré ce livre entre road trip, roman social et polar, qui questionne sur la frontière entre le bien et le mal. A découvrir.

Un passage parmi d’autres

 Il pensa de nouveau à ses fils. La vitesse à laquelle ils étaient en train de devenir des hommes, et des hommes bien, espérait-il, et il aurait voulu mieux comprendre ce que ça voulait dire au juste, être un homme bien. Il croyait le savoir, jusqu’à ce soir. Croyait pouvoir s’asseoir avec eux dans le salon et leur expliquer ce qu’était un homme bien et comment s’y prendre pour en devenir un soi-même et peut-être en était-il toujours capable mais il savait que la décision qu’il prendrait à propos de cette arme et de ce meurtre, quelle qu’elle soit, infléchirait d’une manière ou d’une autre sa conception de ce qu’était un homme bien. Il savait que quoi qu’il décide, une incertitude demeurerait à jamais en lui qui l’accompagnerait partout, jusque dans son sommeil et au stade et pendant les barbecues dans le jardin derrière la maison, et jusque dans ses vieux jours.

 

Michael Farris Smith – Nulle part sur la terre – août 2017 (Sonatine)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

Daughter of the Burning City – Amanda Foody

Mots-clefs

, , , , , , , , ,

Les premières phrases

«  I peek from behind the tattered velvet curtains at the chattering audience, their mouths full of candied pineapple and kettle corn. With their pale faces flushed from excitement and the heat, they look as gullible as dandelions, much like the patrons in the past five cities. The Gomorrah Festival hasn’t been permitted to travel this far north in the Up-Mountains in over three years, and these people look like they’re attending the opera or the theater rather than our traveling carnival of debauchery.

The women wear frilly dresses in burnt golds and oranges, buckled to the point of suffocation, some with rosy-cheeked children bouncing on their laps, others with cleavage as high as their chins. The men have shoulder pads to seem broader, stilted loafers to seem taller and painted silver pocket watches to seem richer.

If buckles, stilts and paint are enough to hoodwink them, then they won’t notice that the eight « freaks » of my freak show are, in fact, only one.  »

Circonstances de lecture

Livre reçu avec ma première FairyLoot Box !

Impressions

Rien que la couverture donne envie de se plonger dans ce roman Young Adult ! Une belle édition reçue dans ma box FairyLoot. Un véritable plaisir de lecture aussi. Amanda Foody plonge le lecteur dans l’univers déjanté d’un festival itinérant aux allures de ville maléfique. Son héroïne, Sorina, est la fille adoptive du propriétaire du Festival de Gomorrah. Elle est née sans yeux, ce qui ne l’empêche pas de voir le monde aussi bien que tout autre être humain. Et elle possède un don : celui de pouvoir créer des illusions plus vraies que nature. Elle s’est ainsi créée une famille, chaque membre étant doté de particularités dignes d’un « Freak Show ». Tout se passe pour le mieux, jusqu’au jour où l’une de ses illusions est retrouvée assassinée. Mais comment est-il possible de tuer une illusion ? Et qui a commis ce crime ? Commence alors une course poursuite pour déterminer qui en veut à sa famille et pourquoi.

J’ai aimé l’univers immersif empreint de magie qu’a imaginé Amanda Foody. Vivement son deuxième roman !

Un passage parmi d’autres

 Nicoleta jabbers a spiel about the wonders of my sight, as if my lack of eyes allows me to see more than everyone else. Between my forehead and cheekbones is flat skin, but I can see just the same as the rest of the world. I’m an illusion-worker, the rarest form of jynx-worker, gifted in mirages real enough to touch, smell, hear and taste. My most intricate illusions are my family and the other members of the freak show: living figments of my imagination.

I’ve never met another illusion-worker – only read about them – but as far as I know, I am the only one born without eyes who relies on my jynx-work to see. No doctor or medicine man can explain how this works. Maybe I don’t see like everyone else does – it’s not as if I could test that out – but I see, color and all, and I’m not the one to question things I don’t really need answers to.

 

Amanda Foody – Daughter of the Burning City – juin 2017 (Harlequin Teen)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

Mots-clefs

, , , , , , , ,

Les premières phrases

«  We slept in what had once been the gymnasium. The floor was of varnished wood, with stripes and circles painted on it, for the games that were formerly played there; the hoops for the basketball nets were still in place, though the nets were gone. A balcony ran around the room, for the spectators, and I thought I could smell, faintly like an afterimage, the pungent scent of sweat, shot through with the sweet taint of chewing gum and perfume from the watching girls, felt-skirted as I knew from pictures, later in mini-skirts, then pants, then in one earring, spiky green-streaked hair. Dances would have been held there; the music lingered, a palimpsest of unheard sound, style upon style, an undercurrent of drums, a forlorn wail, garlands made of tissue-paper flowers, cardboard devils, a revolving ball of mirrors, powdering the dancers with a snow of light.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce livre fait énormément parler de lui depuis son adaptation en série TV et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis.

Impressions

Avec « The Handmaid’s Tale » (« La Servante Écarlate »), Margaret Atwood nous entraîne dans une société américaine où les femmes se voient privées de toute liberté. Offred fait partie de la caste des « servantes », autrement dit elle est réduite au rôle de mère porteuse. Tout plaisir sexuel est prohibé. Sa seule « distraction » : sortir faire les courses alimentaires de la maison du Commandant qu’elle sert en compagnie d’une autre servante. Lire, écrire, se divertir sont tout simplement interdits.

J’ai aimé cette dystopie, même si le récit est assez lent et même si j’attendais un peu plus d’action et une conclusion moins ouverte. Un bon roman de SF, publié en 1986, qui fait réfléchir sur l’évolution possible de nos sociétés et de la condition des femmes.

Un passage parmi d’autres

 The Japanese tourists come towards us, twittering, and we turn our heads away too late: our faces have been seen (…)

The interpreter turns back to the group, chatters at them in staccato. I know what he’ll be saying, I know the line. He’ll be telling them that the women here have different customs, that to stare at them through the lens of a camera is, for them, an experience of violation.

I’m looking down, at the sidewalk, mesmerized by the women’s feet. One of them is wearing open-toed sandals, the toenails painted pink. I remember the smell of nail polish, the way it wrinkled if you put the second coat on too soon, the satiny brushing of sheer pantyhose against the skin, the way the toes felt, pushed towards the opening in the shoe by the whole weight of the body. The woman with painted toes shifts from one foot to the other. I can feel her shoes, on my own feet. The smell of nail polish has made me hungry.

« Excuse me, » says the interpreter again, to catch our attention. I nod, to show I’ve heard him.

« He asks, are you happy, » says the interpreter. I can imagine it, their curiosity: Are they happy ? How can they be happy? I can feel their bright black eyes on us, the way they lean a little forward to catch our answers, the women especially, but the men too: we are secret, forbidden, we excite them.

Ofglen says nothing. There is a silence. But sometimes it’s as dangerous not to speak.

« Yes, we are very happy,  » I murmur. I have to say something. What else can I say?

 

Margaret Atwood – The Handmaid’s Tale – 1986 (Vintage)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Mes Vrais Enfants – Jo Walton

Mots-clefs

, , , , , , , , , ,

Les premières phrases

«  Aujourd’hui : confuse, lut-elle sur sa feuille de soins. Confuse, moins confuse, vraiment confuse… « Vraiment confuse » : deux mots que les infirmières notaient souvent, en abrégeant : VC. Ça la faisait sourire. « VC » comme « Victoria Cross », la plus haute distinction du pays. Son nom figurait aussi sur la feuille – enfin, son prénom, seulement : Patricia. Comme si en vieillissant elle était redevenue une enfant, comme s’il fallait la priver de toute dignité en la dépouillant à la fois de son patronyme et de son diminutif préféré. Cette feuille de soins, on aurait dit un bulletin scolaire, avec ses petites cases et ses catégories bien définies qui ne permettaient pas d’exprimer la complexité de chaque situation. « Mauvaise prononciation. » « Manque de concentration. » « Aujourd’hui : confuse. » Des termes froids, distants, sans aucune compassion. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Morwenna » du même auteur.

Impressions

Comment décrire ce livre, à la frontière de la littérature classique et de l’uchronie ? Que vous aimiez la SF ou non, ce livre vous plaira, tant les thèmes abordés parlent à tous. Féminisme, homosexualité, pacifisme, altruisme, fin de vie… Ce livre est profondément intéressant et bouleversant.

On y suit Patricia, vieille dame à la mémoire défaillante terminant sa vie en 2015 dans une maison de retraite, qui ne sait plus bien quelle vie elle a menée à partir du moment où un homme la demande en mariage. A-t-elle accepté ou l’a-t-elle éconduit ? De ce choix découlent deux chemins de vie : l’un où Patricia est une femme mariée terriblement malheureuse, l’autre où elle vit le grand amour avec Bee, une femme chercheuse. Dans chacune de ces vies, l’Histoire avec un grand « H » se modifie alors également drastiquement.

Jo Walton nous donne ici à réfléchir sur des thèmes hautement actuels et sensibles. Un roman bouleversant. On n’en ressort pas indemne…

Un passage parmi d’autres

 Elle avait étudié à Oxford. Ses souvenirs de cette époque n’étaient ni dédoublés ni confus. Elle avait appris le vieil anglais avec Tolkien. Elle se rappelait l’avoir entendu déclamer Beowulf à neuf heures, un lundi matin ; il était entré dans la pièce, avait posé son livre avec un grand bang et s’était tourné vers eux : « Hwaet ! » Il n’était pas encore célèbre, à l’époque. C’était bien longtemps avant Le Seigneur des anneaux et tout ce qui allait s’ensuivre. Depuis, quand elle racontait aux gens qu’elle l’avait connu, tout le monde s’extasiait. On ne sait jamais à l’avance qui va devenir célèbre. Et à Oxford, comme l’avait écrit Margaret Drabble, tout le monde pouvait s’imaginer le devenir un jour.

Jo Walton – Mes Vrais Enfants – janvier 2017 (Denoël – Lunes d’Encre)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Neverland – Timothée de Fombelle

Mots-clefs

, , , , , , , , , ,

Les premières phrases

«  Il y a dans les hauts territoires de l’enfance, derrière les torrents, les ronces, les forêts, après les granges brûlantes et les longs couloirs de parquet, certains chemins qui s’aventurent plus loin vers le bord du royaume, longent les falaises ou le grillage et laissent voir une plaine tout en bas, c’est le pays des lendemains : le pays adulte.

Les enfants qui vont près de cette lisière, au milieu des herbes plus hautes que leurs épaules, surprennent parfois en-dessous d’eux, dans le fond de la plaine, la mort ou des amoureux, par accident. Ces apparitions ressemblent à des éclats de verre au soleil. Elles éblouissent et disparaissent aussitôt, cachées par des nuages bas.

En retournant vers la forêt profonde avec leurs arcs et leurs flèches, les enfants croient oublier cette vision. Mais elle a semé en eux un noyau de cerise qui grandit déjà à l’intérieur.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Le Livre de Perle » du même auteur.

Impressions

« Neverland » est le premier roman dit « adulte » de Timothée de Fombelle (mais à vrai dire, ses livres jeunesse conviennent également très bien aux adultes !). « Neverland » est un véritable enchantement. Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire plutôt rébarbative. Timothée de Fombelle nous entraîne ici dans un voyage plein de poésie sur les traces de son enfance perdue. Il nous donne à lire un texte onirique, tout simplement magnifique. A lire d’une traite (il ne fait qu’une centaine de pages), comme un poème ! Magique.

Un passage parmi d’autres

 Il me semble seulement qu’un matin on se réveille adulte dans le regard des autres. On hésite un instant. On ne se sent ni préparé ni volontaire pour le voyage. Mais il y a ce regard, en face, qui nous considère, et puis cette aspiration lointaine, le vent de la plaine que l’on sent pour la première fois sous sa chemise et un petit tas de noyaux de cerises au fond de nous, qui fait un peu mal.

Ce qui nous attend est déjà là, en pièces détachées. Alors on fait semblant. Cela commence toujours ainsi. On fait semblant d’être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie.

Timothée de Fombelle – Neverland – août 2017 (L’iconoclaste)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Nous les menteurs – E. Lockhart

Mots-clefs

, , , , , , , ,

Les premières phrases

«  Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.

Chez nous, il n’y a pas de criminels.

Pas de drogués.

Pas de ratés.

Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nos sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.

Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrin ; si les relevés de cartes de crédit impayés traînent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.

Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux. Amoureux au point que des mesures tout aussi désespérées s’imposent.

Nous sommes les Sinclair.

Chez nous, personne n’est dépendant.

Personne n’a tort.

Nous vivons, du moins l’été, sur une île privée au large du Massachusetts.

C’est peut-être tout ce que vous avez besoin de savoir.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’il m’a été chaudement recommandé.

Impressions

J’ai dévoré ce roman d’E. Lockhart ! Une fois terminé, vous n’aurez qu’une envie: le relire de nouveau tant la fin est pleine de surprises !

Une adolescente, Cadence, revient passer l’été sur l’île familiale où un drame qu’elle a oublié l’a plongée dans une profonde dépression. Les migraines sont devenues son quotidien… De retour sur les lieux de l’accident, elle tente petit à petit de rassembler les morceaux, aidée par ses cousins et le garçon dont elle est amoureuse. Une histoire obsédante, poignante, et surtout une fin des plus inattendues. Un roman magnifique.

Un passage parmi d’autres

 Je me souviens maintenant de Johnny, Mirren, Gat et moi, à l’été quinze, nous entassant tous les quatre à l’intérieur du pneu-balançoire de Clairmont. On avait du mal à tenir tous ensemble. On se donnait des coups de coude, on changeait de place. On pouffait de rire, on grommelait. On s’accusait les uns les autres d’avoir de trop grosses fesses. De sentir mauvais. Et on changeait à nouveau de configuration.

On a fini par y arriver. Mais on ne pouvait plus bouger. On s’était tellement enfoncés dans le pneu qu’il n’y avait plus moyen de le faire tourner. On a crié comme des fous pour que quelqu’un vienne nous pousser. Les jumelles, qui passaient par là, ont refusé de nous aider. Enfin, Taft et Will sont sortis de Clairmont et ont volé à notre secours. Grognant sous l’effort, ils nous ont propulsés en un bel arc de cercle. Notre poids était tel que, une fois qu’ils nous ont lâchés, on s’est mis à tourner de plus en plus vite, et on riait tellement fort qu’on en avait mal au ventre et mal au cœur.

Nous les Menteurs, tous les quatre. Je m’en souviens à présent.

 

E. Lockhart – Nous les menteurs – mai 2015 (Gallimard Jeunesse)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Hold still – Nina LaCour

Mots-clefs

, , , , , , , , ,

Les premières phrases

 » I watch drops of water fall from the ends of my hair. They streak down my towel, puddle on the sofa cushion. My heart pounds so hard I can feel it in my ears.

“Sweetheart. Listen.”

Mom says Ingrid’s name and I start to hum, not the melody to a song, just one drawn-out note. I know it makes me seem crazy, I know it won’t make anything change, but it’s better than crying, it’s better than screaming, it’s better than listening to what they’re telling me.

Something is smashing my chest—an anchor, gravity. Soon I’ll cave in on myself. I stumble upstairs and yank on the jeans and tank top I wore yesterday. Then I’m out the door, up the street, around the corner to the bus stop. Dad calls my name but I don’t shout back. Instead, I step onto the bus just as its doors are shutting. I find a seat in the back and ride away, through Los Cerros and through the next town, until I’m on an unfamiliar street, and that’s where I get off. I sit on the bench at the bus stop, try to slow my breathing. The light here is different, bluer. A smiling mom with a baby in a stroller glides past me. A tree branch moves in the breeze. I try to be as light as air.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « We are Okay » du même auteur.

Impressions

Nina LaCour sait décrire les émotions avec une grande justesse. Comme dans « We are Okay », on se met très vite à la place de son héroïne et on a bien du mal à lâcher ce roman. Ici, Caitlin essaie de reprendre le chemin du lycée après le suicide de sa meilleure amie, Ingrid. Reprendre goût à la vie après une telle perte relève du parcours du combattant. Et lorsque Caitlin découvre le journal d’Ingrid, caché sous son lit, elle commence petit à petit à entrevoir la face cachée de sa meilleure amie. Une très belle histoire d’amitié et de survie.

Un passage parmi d’autres

I get down on the carpet to look under my bed. I stick my arm under and feel around, find a couple mismatched socks, and something I don’t recognize—hard and flat and dusty. I pull it out, thinking maybe it’s a yearbook from elementary school, and then I see it and my heart stops.

Ingrid’s journal.

For some reason, I feel afraid. It’s like I’m split down the middle and one half of me wants to open it more than I’ve ever wanted to do anything. The other half is so scared. I can’t stop shaking.

Did it get kicked under the bed one night by accident?

Did she hide it?

I stare at it in my hands forever, just feeling its weight, looking at the place where one Wite-Out wing is starting to flake off. Then, once my hands are steadied, I open to the first page. It’s a drawing of her face—yellow hair; blue eyes; small, crooked smile. She’s looking straight ahead. Birds fly across the background. She drew them blurry, to show movement, and across the top she wrote, Me on a Sunday Morning.

I turn the page.

As I read, I can hear Ingrid’s voice, hushed and fast, like she’s telling me secrets.

 

Nina LaCour – Hold still – 2010 (Speak)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Au fond de l’eau – Paula Hawkins

Mots-clefs

, , , , , , , ,

Les premières phrases

«  Encore ! Encore !

Les hommes l’attachent à nouveau – différemment, cette fois : le pouce gauche au gros orteil droit, le pouce droit au gros orteil gauche. La corde à sa taille. Cette fois, ils l’emmènent dans l’eau.

« S’il vous plaît », supplie-t-elle.

Elle n’est pas sûre de pouvoir affronter cela à nouveau, le noir et le froid. Elle veut retourner dans un foyer qui n’existe plus, à une époque où sa tante et elle s’asseyaient devant l’âtre pour se raconter des histoires. Elle veut retrouver son lit dans leur cottage, elle veut redevenir petite fille, respirer l’odeur du feu de bois, des roses et de la peau tiède de sa tante.

« S’il vous plaît. »

Elle coule. Quand ils la remontent sur la berge, la seconde fois, ses lèvres ont la couleur d’un hématome, et son souffle l’a quittée à jamais. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « La fille du train ».

Impressions

Après le succès de son premier roman « La fille du train » que j’avais beaucoup aimé, Paula Hawkins revient avec un second thriller, « Au fond de l’eau ». L’histoire : Julia revient dans sa ville natale lorsque sa sœur est retrouvée morte, noyée dans la rivière… Une rivière qui attire depuis des siècles meurtres et suicides. Elle doit alors faire face à la colère et à la douleur de sa nièce mais aussi à son passé… et découvrir ce qui est arrivé à sa sœur… J’ai particulièrement aimé l’ambiance de ce thriller, où l’eau est omniprésente, malsaine et belle à la fois. Un bon roman à lire cet été, même si la fin est assez prévisible…

Un passage parmi d’autres

 A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade.

Pourtant, croyez-le ou non, ce n’est pas là que tout a commencé.

Il est des personnes qui sont attirées par l’eau, des personnes qui entretiennent avec elle un rapport presque primal. Je crois en faire partie. C’est près de l’eau que je me sens le plus vivante, et près de cette rivière en particulier. C’est ici que j’ai appris à nager, et que j’ai appris à découvrir ma place dans la nature de la manière la plus douce et la plus agréable qui soit.

Depuis que j’ai emménagé à Beckford en 2008, je nage dans la rivière presque chaque jour, été comme hiver, parfois avec ma fille et parfois seule, et je suis peu à peu devenue fascinée par l’idée que cet endroit qui me procure tant de joie puisse être pour d’autres un lieu d’effroi, de terreur, même.

A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade, mais j’étais déjà obsédée par le bassin de Beckford depuis bien longtemps. Mes parents étaient des conteurs, ma mère en particulier : c’est de sa bouche que j’ai entendu pour la première fois l’histoire tragique de Libby, celle de la tuerie au cottage des Ward, et celle du petit garçon qui a vu sa mère sauter dans le vide.

Paula Hawkins – Au fond de l’eau – juin 2017 (Sonatine)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Our summer Holiday – Kaori Ozaki

Mots-clefs

, , , , , , , ,

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

« Our summer Holiday » n’est pas un manga ordinaire. S’il raconte l’amour naissant entre deux collégiens, il aborde surtout des thèmes d’une profondeur rare. Émotions garanties… Ce one shot est une petite merveille qui ne saura vous laisser indifférent. Un gros coup de cœur…

Kaori Ozaki – Our summer Holiday – Juin 2017 (Delcourt Tonkam)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Sherlock – Jay, Steven Moffat, Mark Gatiss

Mots-clefs

, , , , , , , , , , ,

Circonstances de lecture

Parce que je suis fan de la série Sherlock de la BBC.

Impressions

Si vous êtes fans de la série Sherlock, vous ne pourrez qu’adhérer à cette version manga hyper fidèle à la série de la BBC. C’est juste génial !! Bravo à Jay et aux éditions Kurokawa pour cette adaptation ! Déjà deux tomes disponibles… Vivement la suite !

Steven Moffat, Mark Gatiss, Jay. – Sherlock – février et juin 2017 (Kurokawa)

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer