Walter Kurtz était à pied – Emmanuel Brault

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Les premières phrases

«  « Ce sont les détails qui comptent, insistait mon père. Chaque détail, sans lequel la route ne serait pas la route ». La structure du revêtement par exemple, est composée d’une couche de forme, d’une couche d’assise et d’une couche de surface. A chaque couche, son matériau. Et pour chaque route, son enrobé d’asphalte, la route était un chocolat ! Tout était question de proportion. Un pour cent au bon ou au mauvais endroit pouvait changer la donne. La bonne dose de bitume, la taille des cailloux (30 000 tonnes de cailloux pour 1 k-plat, un de type 0/10 pour le silence d’après mon port-vie, mais je préférais un peu de bruit). »

Circonstances de lecture

Qui ne serait pas attiré par cette couverture ?

Impressions

Tracer la route pour accumuler des points, aller toujours de l’avant, pied au plancher, avancer jour après jour, ne s’arrêter que le soir dans une station service pour manger, boire et acheter. Rouler pour pouvoir consommer. Voici le mode de vie des « Roues », ces hommes et femmes des temps modernes, reliés les uns aux autres via leur « port-vie », mobile moderne regroupant toute leur vie (photos, conversations, informations, porte-monnaie, identité…). Dany fait partie des ces « Roues », assis à la place passager d’une Peugeot 203, son père au volant, sa petite sœur Sarah sur la banquette arrière. Il n’a jamais rien connu d’autre que la route, la voiture comme maison, les stations et leurs galeries marchandes comme lieux de promenade. Bientôt, il prendra lui aussi le volant.

De l’autre côté de la bande d’arrêt d’urgence, il y a les « Pieds », des hommes qui ont refusé de prendre le volant, des marginaux qui vivent comme des bêtes, drapés de vieux vêtements troués, les pieds nus. Ils sont inoffensifs. Personne ne les comprend. On croise parfois sur le bitume leurs corps mutilés par les voitures traçant à vive allure.

Tout va pour le mieux dans ce monde où quasiment tous les hommes vont dans la même direction, les yeux rivés sur l’asphalte. Tout va pour le mieux, semble-t-il…

J’ai dévoré ce livre, qui devrait bientôt sortir aux éditions Mu (après le confinement…). De la SF de qualité, entre « Peste » de Palahniuk et Mad Max. Attention, scènes sensibles avec plein d’hémoglobine et de viscères dedans ! A lire dès qu’il sera disponible !

Emmanuel Brault – Walter Kurtz était à pied – (sortie reportée) (Mu)

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La Piste des Éclairs – Rebecca Roanhorse

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Les premières phrases

«  Le monstre est venu ici. Je sens son odeur.

C’est celle d’un carnivore qui ne se lave pas, qui empeste la sueur et la viande et quelque chose d’autre que je n’arrive pas à identifier. L’air nocturne en est imprégné, mais ça va au-delà de la simple puanteur, ça m’évoque une émotion plus profonde, plus primaire, qui me perturbe. Mon instinct se réveille et hurle un avertissement. Des gouttes de sueur froide perlent sur mon front. Je les essuie du revers de la main.

Je sens aussi l’enfant que le monstre a enlevée. Son odeur à elle est plus légère, plus propre. C’est celle de l’innocence. Si j’en crois mon odorat, cette petite est vivante, ou du moins elle l’était quand il l’a emmenée. Il se peut qu’elle ait une tout autre odeur à présent. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un roman post-apo sans prétention, mais qui se lit d’une traite. Chapitres courts, personnages bien trempés, de l’action à souhait… On ne s’ennuie pas à la lecture de ce premier tome ! Rebecca Roanhorse a en effet réussi à créer une chasseuse de monstres attachante que l’on prend plaisir à suivre. D’autant qu’à l’instar de son partenaire Kai Arviso, un homme-médecine, son héroïne, Maggie Hoskie, possède des dons claniques redoutables. Ici, l’ambiance post-apo se mêle aux légendes navajos, et la magie opère. Rendez-vous donc, vous aussi, à Dinétah, cette réserve indienne préservée de l’apocalypse climatique par les Dieux navajos… au prix du retour de monstres et autres créatures mythologiques d’un autre temps !

Rebecca Roanhorse – La Piste des Éclairs (Milady)

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Les Sœurs de Blackwater – Alyson Hagy

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Les premières phrases

«  Les chiens tournèrent autour de la maison toute la nuit, poussant des cris, en chasse. Elle savait qu’ils l’appelaient. Lui adressaient des signes. Déroulaient leur manège. Le monde dans lequel elle vivait était devenu un évangile troublé, et les chiens n’allaient pas se priver de le lui rappeler. Au matin, alors qu’elle n’était pas encore descendue chercher du lait dans la cabane fraîche au-dessus de la source, elle vit un homme qui attendait au bout de son jardin. C’est comme ça qu’ils faisaient. »

Circonstances de lecture

Intriguée par l’histoire.

Impressions

L’héroïne de ce roman empreint de réalisme magique fait partie des rares humains qui ont survécu à une mystérieuse épidémie. Dans cette société précaire, elle survit grâce à son don pour l’écriture. Car elle seule arrive encore à coucher des mots sur le papier et à rédiger des lettres pour autrui. Jusqu’à l’arrivée d’un homme qui va remettre en question le fragile équilibre qu’elle a su maintenir depuis la mort de sa sœur.

Ce livre se dévore. On est happé par la plume d’Alyson Hagy qui parvient à nous transporter dans un monde à la fois sombre et magnétique, hanté par des forces magiques, des mythes et des souvenirs. Un beau roman, aussi, sur le pouvoir des mots et l’expiation des fautes. Une belle découverte.

Alyson Hagy – Les Sœurs de Blackwater – janvier 2020 (Zulma)

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Et toujours les Forêts – Sandrine Collette

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Les premières phrases

«  Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon. 

Les vieilles ignoraient alors à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas connaîtrait de malheur et de désastre. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore.

A cet instant, c’était impossible à deviner. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Sandrine Collette et que j’adore le post-apo.

Impressions

« Et toujours les Forêts » se lit le souffle court, les yeux écarquillés, un peu éberlué. Car Sandrine Collette raconte la fin du monde. Un grand souffle brûlant et puis plus rien, que des cendres, des ruines et des cadavres. Mais Corentin, vivant, marchant de la ville au village, là où, peut-être, son arrière-grand-mère aura survécu, à la lisière des Forêts. La seule personne qui l’ait jamais vraiment aimé.

Quelle lecture ! Quelle voix que celle de Sandrine Collette, qui rend ici hommage à la vie qui s’accroche malgré tout, quand tout est mort autour. (Mais, au fond, à quoi bon, et dans quelles conditions…) Un livre qui fait aussi réfléchir sur l’incapacité des hommes à agir lorsqu’il est encore temps (on fera quelque chose, un jour, contre le réchauffement climatique ?).

Un roman magnifique et effroyable tout à la fois, sur la nature humaine, la solitude et une possible renaissance. Avec un clin d’œil hommage à « La Route » de Cormac McCarthy.

Sandrine Collette – Et toujours les Forêts – janvier 2020 (JC Lattès)

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Vita Nostra – Marina et Sergueï Diatchenko

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Les premières phrases

«  Les prix étaient exorbitants ! En désespoir de cause, maman avait loué une chambrette orientée vers l’ouest dans un immeuble de quatre étages à une vingtaine de minutes de la mer. L’autre chambre (l’appartement était un deux-pièces) était occupée par un jeune couple. Aussi, la salle de bains et les toilettes étaient-elles communes.

– Ils passent leurs journées à la plage, avait argué la propriétaire. Qu’est-ce qu’il faut de plus à des jeunes ? Et la mer est à deux pas, on la voit presque de la fenêtre. C’est le paradis.

Elle était partie en laissant deux clés : une pour la porte d’entrée, l’autre pour celle de la chambre. Sacha trouva au fond de la valise son maillot de l’année précédente aux couleurs légèrement passées et se changea rapidement dans la salle de bains où une culotte séchait sur le radiateur. Elle sentit une excitation festive monter en elle : encore un peu de patience et elle plongerait dans la mer. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture et par le thème de la métamorphose.

Impressions

« Vita Nostra » est un ovni russe, mystérieux du début à la fin. Contrainte d’intégrer une école connue de personne, Sacha y étudie des enseignements spéciaux, à première vue dénués de sens. Les élèves doivent ingurgiter des leçons incompréhensibles et les réciter par cœur… Jusqu’à ce qu’un déclic se produise et que soudain tout fasse sens. Reste que le sens a un prix…

Qu’apprend-on réellement à Torpa ? A quel métier destine-t-on ses étudiants ? Les non-dits irritent les élèves, obligés malgré tout de suivre des enseignements absurdes, et des enseignants particuliers…

Oubliez tous vos repères et plongez dans « Vita Nostra »! En revisitant les thèmes de l’adolescence, de la métamorphose, du verbe, et de la magie, Marina et Sergueï Diatchenko insufflent un nouveau souffle à la fantasy et au fantastique. Gros coup de cœur !

Marina et Sergueï Diatchenko – Vita Nostra – octobre 2019 (L’Atalante)

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Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer

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Les premières phrases

«  Ah, lecteur ; vous allez me reprocher d’écrire dans un style que six longs siècles séparent des événements relatés, mais vous êtes venus à moi afin d’obtenir des éclaircissements sur les jours de transformation qui ont laissé notre monde tel qu’il est. Or la récente révolution est née du renouveau abrupt de la philosophie du XVIIIème siècle, grosse d’optimisme et d’ambition ; aussi n’est-il possible de décrire notre époque que dans la langue des Lumières, empreinte d’opinion et de sentiment. Il faut me pardonner mes vouvoiements, mes « il » et »elle », mon renoncements aux termes et à l’objectivité modernes. Les débuts vont être difficiles, mais que vous soyez mon contemporain, toujours en proie à la stupeur devant l’ordre d’aujourd’hui, ou un historien considérant mon vingt-cinquième siècle d’aussi loin que je considère le dix-huitième, vous allez vous découvrir plus à l’aise avec la langue du passé que vous ne l’imaginez ; il en va ainsi de nous tous.  »

Circonstances de lecture

Qui pourrait résister à cette couverture ?!

Impressions

Difficile de résumer un livre tel « Trop semblable à l’éclair » d’Ada Palmer… De plus de 600 pages, ce pavé pourrait pourtant bien devenir le début d’un cycle de SF dont on parlera longtemps. En nous propulsant en 2454 dans une société a priori utopique où toutes majorités (et donc minorités) ont disparu au profit de sept « Ruches » multi-ethniques basées sur les affinités et la liberté, Ada Palmer mêle un monde futuriste aux idées des philosophes des Lumières. Plus de guerres ni de meurtres (enfin, presque). Plus de genre féminin ou masculin. Le « il » et le « elle » sont remplacés par le « on », les personnages ne se réduisant pas à leur sexe (difficile du coup pour le lecteur de savoir qui est une femme et qui est un homme !). Les religions sont bannies. Place à une spiritualité à la carte et à une écoute attentive et régulière des « sensayers », sortes de guides spirituels et de psy, permettant à chacun de s’exprimer librement (mais en petit comité) et d’exorciser ses idées sombres et ses questionnements. Le tout est raconté par Mycroft Canner, un meurtrier, narrateur dont le passé tourmenté n’est révélé que dans la seconde moitié du livre. Un personnage pour le moins complexe, lié à un enfant de 13 ans aux pouvoirs quasi-divins… dans une société qui refuse l’idée d’un Dieu. Ajoutez-y une intrigue policière : le vol de la liste des dix plus gros influenceurs mondiaux, risquant de mettre à mal l’équilibre de cette société pacifiste, et vous obtenez une histoire captivante.

Difficile d’en dire plus sans trop en révéler. Sachez juste que la lecture de ce pavé est ardue mais terriblement intéressante, addictive et prenante. Prenez le risque de ne pas tout comprendre, les enjeux politiques et philosophiques étant particulièrement complexes et les protagonistes nombreux. Tout se dévoile petit à petit au fil des pages. Une chose est sûre : Ada Palmer sait mener son lecteur par le bout du nez, le menant de surprise en surprise.

A très vite pour le 2ème volet de cette tétralogie !

Ada Palmer – Trop semblable à l’éclair – octobre 2019 (Le Bélial)

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A crier dans les ruines – Alexandra Koszelyk

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Les premières phrases

«  Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps. Quand elle remonte le col de sa veste, un homme lui fait signe de l’autre côté de la rue puis s’approche. A quelques mètres d’elle, il découvre son erreur : il l’a prise pour une autre. Elle comprend à peine ses excuses en russe. Léna  regarde la silhouette, celle-ci n’est déjà plus qu’un point à l’horizon.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’il s’agit d’un livre sur Tchernobyl.

Impressions

 » A crier dans les ruines » revient sur le désastre de Tchernobyl. D’une écriture délicate, Alexandra Koszelyk nous parle de cette catastrophe à travers les yeux de deux enfants, Léna et Ivan, puis à travers leurs yeux d’adolescents et d’adultes. Séparés l’un de l’autre, la famille de Léna ayant fui l’Ukraine pour la France, et celle d’Ivan étant restée au pays, les deux inséparables vont suivre des chemins bien différents. Jusqu’à ce que Léna décide de retourner sur les lieux de son enfance à  Pripiat…

Un livre fort et émouvant, sur l’exil, la séparation, et la folie des hommes, le tout entrecoupé de références à la mythologie et aux ruines du passé. Un très beau premier roman.

Alexandra Koszelyk – A crier dans les ruines – 23 août 2019 (Aux Forges de Vulcain)

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Rosewater – Tade Thompson

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Les premières phrases

«  Je travaille depuis quarante minutes dans Integrity Bank lorsque l’angoisse commence. En général, c’est comme cela que ma journée débute. Cette fois, c’est à cause d’un mariage et d’un examen de dernière année – bien qu’il ne s’agisse ni de mon mariage ni de mon examen. De mon siège, près de la fenêtre, je vois la ville mais ne l’entends pas. A cette hauteur, tout semble en ordre dans Rosewater. Les blocs d’habitations, les routes, les rues, le trafic tournant lentement autour du dôme. D’ici, je peux même apercevoir la cathédrale. La fenêtre est située à ma gauche et je suis assis au bout d’une table ovale, en compagnie de quatre autres contractants. Nous sommes au quinzième étage, tout en haut. Une lucarne d’un mètre de côté est ouverte au-dessus de nous ; la grille de sécurité est à la seule chose qui nous sépare du ciel matinal. Bleu, avec un moutonnement de nuages blancs. Le soleil n’est pas encore éblouissant, mais cela va venir. Malgré la lucarne, la pièce est climatisée ; un gaspillage d’énergie pour lequel Integrity Bank doit payer une amende hebdomadaire. La dépense ne les gêne pas.  »

Circonstances de lecture

J’ai, encore une fois, été attirée par la couverture.

Impressions

Avec « Rosewater », Tade Thompson revisite le mythe de l’extraterrestre avec brio. Ici, nul petit bonhomme vert, mais un dôme mystérieux autour duquel gravite la ville de Rosewater, et dont les habitants attendent avec impatience l’ouverture annuelle engendrant des guérisons miraculeuses, plus ou moins réussies. Karoo fait partie de ces quelques êtres humains ayant acquis, sans doute au contact du dôme, la faculté de pénétrer l’esprit d’autrui, faisant de lui un parfait agent de la répression de la cyberfraude, mais aussi un agent secret au service de l’État.

Tade Thompson parle ici des extraterrestres, mais aussi de colonialisme, de religion et de protectionnisme. Le tout se passe au Nigéria, à un rythme ahurissant. Un livre de SF intelligent et très prenant. Il mérite amplement son Arthur C Clarke Award. Le deuxième tome est déjà sorti, et le troisième devrait suivre en mars 2020.

Tade Thompson – Rosewater – avril 2019 – Nouveaux Millénaires

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The Binding (Les Livres d’Emmett Farmer) – Bridget Collins

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Les premières phrases

«  When the letter came I was out in the fields, binding up my last sheaf of wheat with hands that were shaking so much I could hardly tie the knot. It was my fault we’d had to do it the old-fashioned way, and I’d be damned if I was going to give up now; I had battled through the heat of the afternoon, blinking away the patches of darkness that flickered at the sides of my vision, and now it was nightfall and I was almost finished. The others had left when the sun set, calling goodbyes over their shoulders, and I was glad. At least now I was alone I didn’t have to pretend I could work at the same pace as them. »

Circonstances de lecture

Parce que  : cette couverture (bien plus belle dans la version originale que dans la version française) !!!!!

Impressions

Voici un roman poétique, empreint de magie, qui délivre petit à petit ses secrets. Tout commence quand le jeune Emmett Farmer reçoit une lettre au retour d’une journée passée à travailler dans les champs, le contraignant à commencer son apprentissage d’ « enlivreur » auprès d’une vieille femme, Seredith. Sortant d’une maladie qui a considérablement réduit ses forces, Emmett n’a pas le choix, il doit accepter de devenir « enlivreur », un métier dont tout le monde se méfie. Car dans les livres qu’il relie, se cachent les souvenirs que les clients de Seredith veulent oublier, en même temps que leurs souffrances, leurs remords ou encore leur sentiment de culpabilité.

Construit en trois parties, ce roman à tiroirs prend une toute autre tournure dans son second volet, prenant le lecteur par surprise et remettant en cause tout ce qu’il a lu jusque-là. Mais je ne vous en dis pas plus au risque de trop en dévoiler ! Une belle lecture, autour de la magie, de la culpabilité, de l’oubli et aussi une très belle histoire d’amour.

Bridget Collins – The Binding – janvier 2019 (The Borough Press) / Les Livres d’Emmett Farmer – 16 octobre 2019 (JC Lattès)

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La petite sonneuse de cloches – Jérôme Attal

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Les premières phrases

«  Pas un shilling en poche. Dormi en coups de sabre et rien avalé de solide depuis la veille au soir (une demi-brioche trempée dans un verre de thé). La saleté qui torpille dans Soho l’aveugle un court instant ; le passage d’une voiture de poste attelée de deux chevaux lancés à plein galop et qui racle l’effort de trottoir le projette contre une façade en briques; il comprend que ce qui le condamne le sauve à la fois : n’être qu’un corps réduit à un cœur qui bat.  »

Circonstances de lecture

Parce que le titre m’attirait.

Impressions

Voici un roman charmant, romantique, drôle, qui nous fait traverser le temps sur les pas de Chateaubriand en 1793. Le baiser avec une petite sonneuse de cloches à Westminster, que Chateaubriand évoque dans ses Mémoires d’outre-tombe, a-t-il réellement existé ? C’est sur les traces de ce baiser que Jérôme Attal nous invite à le suivre, sillonnant les rues de Londres, de 1793 à nos jours. Car Joachim, fils d’un éminent professeur de littérature, entend poursuivre la thèse de son père, décédé brusquement, autour des amours du célèbre écrivain. On se plaît à errer dans le Londres d’aujourd’hui et d’hier, sur les traces de ce baiser fugace.

Un passage parmi d’autres

 J’aurais voulu que le monde s’éteigne lentement dehors, par degrés. Extinction du monde à l’exception de nous deux. Qu’il s’éteigne lentement ou d’un coup sec, comme la minuterie au sous-sol de la bibliothèque à l’angle de Marylebone High Street et de New Cavendish Street. Toute ma vie, il me semblait avoir recherché des êtres qui me feraient vivre des « instants maison ». Ce que j’appelle des « instants maison » sont des instants où l’on se sent soi-même, à une distance la plus infime possible entre ce qu’on est et l’image qu’on se fait de sa présence sur terre, sans vouloir toujours chercher ailleurs, comme une âme errante, une personne de plus, prompte à nous réinventer.

Jérôme Attal – La petite sonneuse de cloches – 22 août 2019 (Robert Laffont)

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