Annihilation – Jeff Vandermeer

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Les premières phrases

«  La tour, qui n’était pas censée être là, s’enfonce sous terre tout près de l’endroit où la forêt de pins noirs commence à abandonner le terrain au marécage, puis aux marais avec leurs roseaux et leurs arbres rendus noueux par le vent. Derrière les marais et les canaux naturels, se trouve l’océan et, un peu plus bas sur la côte, un phare abandonné. Toute cette région était désertée depuis des décennies, pour des raisons qui ne sont pas faciles à raconter. Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans et la majeure partie de l’équipement de nos prédécesseurs avait rouillé, leurs tentes et abris ne protégeant plus de grand-chose. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d’entre nous n’en voyait encore la menace.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de poursuivre l’expérience du film diffusé sur Netflix.

Impressions

Pénétrez dans la Zone X, découvrez un monde a priori paisible qui fait la part belle à la nature. Celle-ci semble avoir repris ses droits. Laissez-vous hypnotiser par sa beauté et ses phénomènes inexpliqués, à la fois magnifiques et terriblement dangereux. Voilà, vous vous êtes fait prendre à l’ambiance oppressante d’Annihilation. Un monde fascinant, empli de mystères. Si vous en ressortez, vous ne serez peut-être plus tout à fait vous-mêmes… Vous êtes prévenus…

J’avais beaucoup aimé le film d’Alex Garland avec Nathalie Portman, diffusé sur Netflix. Si encore une fois, l’adaptation prend de nombreuses libertés sur le livre, je vous conseille tout de même de le regarder. Ensuite, plongez-vous dans le livre, puis dans ses deux suites (publiées aux éditions du Diable Vauvert) que je ne manquerai pas de lire sous peu !

Un passage parmi d’autres

 Et je n’ai jamais regardé en arrière, pour le meilleur ou pour le pire. Si un projet épuisait son financement ou si la zone que nous étudions était soudain achetée pour aménagement, je n’y remettais jamais les pieds. Il y a certaines formes de mort qu’on ne devrait pas s’attendre à revivre, certaines formes de liens si profonds que quand ils disparaissent, on sent soudain quelque chose casser en soi.

Au fur et à mesure que nous descendions dans la tour, j’ai senti, pour la première fois depuis longtemps, l’excitation de la découverte que j’avais connue dans mon enfance. Mais je n’ai pas non plus cessé d’attendre que quelque chose casse en moi.

(…)

Quand j’ai vu ces centaines de journaux, j’ai eu un bon moment l’impression d’être devenue malgré tout cette vieille biologiste. C’est ainsi que la folie du monde essaie de vous coloniser : de l’extérieur, en vous forçant à vivre dans sa réalité.

 

 

Jeff Vandermeer – Annihilation – septembre 2017 (Livre de poche)

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La Porte de Cristal – N.K. Jemisin

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Les premières phrases

«  Hum. Non. Je ne raconte pas comme il faut.

Après tout, chacun est à la fois lui-même et d’autres. Ce sont les relations d’une créature qui cisèlent sa forme ultime. Je suis moi et vous. Damaya était elle-même, plus la famille qui l’avait rejetée, plus les gens du Fulcrum qui l’avaient ciselée jusqu’à en faire une lame aiguisée. Syénite était Albâtre et Innon et les malheureux habitants d’Allia et de Meov, les comms disparues. Vous êtes maintenant Tirimo et les gens qui parcourent les routes couvertes de cendre et vos enfants morts… et l’enfant vivante qu’il vous reste. Que vous récupérerez.

Je ne vous apprends rien. Après tout, vous êtes Essun. Vous savez déjà de quoi il retourne. Pas vrai ?  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est le Tome 2 des livres de la Terre Fracturée.

Impressions

Après un premier tome plein de mystères, N.K. Jemisin poursuit ici avec brio son cycle de la Terre Fracturée. Les mystères sont petit à petit dévoilés et on en apprend plus sur l’origine du chaos, sur les mangeurs de pierres, et sur les obélisques planant au-dessus du monde. Difficile de parler de ce second tome sans trop en dévoiler ! Sachez juste que l’on va suivre Essun, là où on l’avait laissée dans « La cinquième Saison », mais aussi sa fille Nassun, aux prises avec ses pouvoirs naissants.

Ce livre marie SF et Fantasy, pour un résultat passionnant. C’est tout simplement ma trilogie préférée du moment ! Vivement la sortie du dernier tome en septembre !

Un passage parmi d’autres

 « C’est étonnant, quand on y pense. Tout le monde est comme ça, dans le Fixe. On ne s’occupe pas de ce que contient l’océan, on ne s’occupe pas de ce que contient le ciel, on ne regarde pas l’horizon, on ne se demande pas ce qu’il y a au-delà. On a passé des siècles à se moquer des astromestres et de leurs théories farfelues, mais en fait, ce qu’on trouvait incroyable, c’était qu’ils prennent la peine de lever les yeux pour les formuler. »

Vous aviez presque oublié cette facette-là de sa personnalité : le rêveur, le rebelle, toujours porté à reconsidérer l’ordre immuable des choses parce qu’elles n’auraient peut-être jamais dû s’y trouver soumises. Il n’en a pas moins raison. La vie dans le Fixe tend à décourager la remise en question, la réorientation. Après tout, la sagesse est gravée dans la pierre. Voilà pourquoi nul ne se fie à la mutabilité du métal. Si Albâtre a été autrefois le pôle magnétique de votre petite famille, ce n’est pas par hasard.

N.K. Jemisin – La Porte de Cristal – avril 2018 (Nouveaux Millénaires)

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One Of Us is Lying – Karen M. McManus

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Les premières phrases

«  A sex tape. A pregnancy scare. Two cheating scandals. And that’s just this week’s update. If all you knew of Bayview High was Simon Kelleher’s gossip app, you’d wonder how anyone found time to go to class.

« Old news, Bronwyn, » says a voice over my shoulder. « Wait till you see tomorrow’s post. »

Damn. I hate getting caught reading About That, especially by its creator. I lower my phone and slam my locker shut. « Whose lives are you ruining next, Simon? »

Simon falls into step beside me as I move against the flow of students heading for the exit. « It’s a public service, » he says with a dismissive wave. « You tutor Reggie Crawley, don’t you? Wouldn’t you rather know he has a camera in his bedroom? »

I don’t bother answering. Me getting anywhere near the bedroom of perpetual stoner Reggie Crawley is about as likely as Simon growing a conscience.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’une amie me l’a recommandé.

Impressions

Cinq lycéens se retrouvent en heure de colle. L’un d’eux meurt empoisonné, Simon, le créateur d’une appli dévoilant les secrets de ses camarades de classe. Les quatre autres deviennent automatiquement les suspects numéro un. Car chacun aurait bien une raison de le voir mort…

Karen M. McManus nous entraîne ici dans une enquête pleine de suspens. Chaque chapitre dévoile le point de vue d’un des suspects. Une lecture addictive jusqu’aux toutes dernières pages. A lire !

Un passage parmi d’autres

 « She’s a princess and you’re a jock, »he says. He thrusts his chin toward Bronwyn, then at Nate. « And you’re a brain. And you’re a criminal. You’re all walking teen-movie stereotypes. »

« What about you? » Bronwyn asks. She’s been hovering near the window, but now goes to her desk and perches on top of it. She crosses her legs and pulls her dark ponytail over one shoulder. Something about her is cuter this year. New glasses, maybe? Longer hair? All of a sudden, she’s kind of working this sexy-nerd thing.

« I’m the omniscient narrator, » Simon says.

Bronwyn’s brows rise above her black frames. « There’s no such thing in teen movies. »

« Ah, but Bronwyn. » Simon winks and chugs his water in one long gulp. « There is such a thing in life. »

Karen M. McManus – One Of Us is Lying – mai 2017 (Penguin Books)

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Carbone modifié – Richard Morgan

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Les premières phrases

«  L’aube allait pointer dans deux heures. J’attendais dans la cuisine dont les murs s’écaillaient en fumant une des cigarettes de Sarah, bercé par le rythme du cyclone. Millsport dormait depuis longtemps, mais dehors, dans le Reach, les courants s’accrochaient aux bancs de sable et le chant du ressac hantait les rues désertes. Une fine brume flottait dans la tempête, retombant sur la ville comme un voile de mousseline et brouillant la vue des fenêtres de la cuisine.

En état d’alerte chimique, j’ai fait l’inventaire du matériel posé sur le panneau éraflé de la table en bois. Le pistolet à éclats Heckler & Koch de Sarah brillait dans la pénombre, béant, attendant qu’on lui enfile son chargeur. Une arme d’assassin, compacte et parfaitement silencieuse. Les chargeurs étaient posés à côté. Sarah les avait entourés de bande adhésive pour reconnaître les munitions : vert pour les somnifères, noir pour le venin d’araignée. La plupart des chargeurs étaient noirs. Sarah avait épuisé beaucoup de verts contre les gardes de la sécurité de Gemini Biosys la nuit dernière.  »

Circonstances de lecture

Parce que que j’avais très envie de lire le livre après avoir vu la série sur Netflix.

Impressions

A quoi ressemblerait la société si la mort n’était pas définitive ? Si l’on pouvait vous faire revenir à la vie dans le corps d’un autre, pourvu que vous en ayez les moyens financiers évidemment… C’est en partant de ce postulat de départ que Richard Morgan nous embarque dans un monde futuriste proche de celui de Blade Runner. Notre héros, Takeshi Kovacs, se voit ramener à la vie pour enquêter sur la « mort » d’un milliardaire, pas convaincu de la conclusion de la police qui pense à un suicide. En effet, pourquoi se suicider quand on sait que l’on sera de nouveau en vie quelques heures plus tard ?

Un récit de SF riche et intense, violent aussi. J’ai beaucoup aimé. Si la série proposée sur Netflix prend de nombreuses libertés par rapport au roman de Richard Morgan, elle n’en est pas moins également intéressante à regarder. L’atmosphère du livre y est parfaitement retranscrite. Vivement la réédition ce mois-ci des deux suites, chez Bragelonne !

Un passage parmi d’autres

 S’ils vous veulent, tôt ou tard, ils vous trouveront, comme un grain de poussière sur un artefact martien, avait écrit une jeune Quell à propos de l’élite de Harlan. Traversez l’abîme entre les étoiles et ils vous suivront. Faites-vous stocker durant des siècles et ils seront là à vous attendre, dans de nouveaux clones. Ce sont les dieux dont nous rêvions, les agents mythiques du destin. Aussi implacable que l’était la Mort, mais ce pauvre laboureur appuyé sur sa faux ne l’est plus aujourd’hui… Pauvre Mort, elle n’était pas de taille, elle n’a pu lutter contre la puissance du carbone modifié et les technologies de stockage et de récupération des données. Il fut un temps où nous vivions avec la crainte de son arrivée. A présent, nous flirtons avec sa sombre dignité, et des êtres comme ceux-là ne la laissent même pas passer par l’entrée de service…

Richard Morgan – Carbone modifié – octobre 2008 (Bragelonne)

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La Trilogie du Subtil Changement – Jo Walton

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Les premières phrases

«  Tout a commencé quand David est revenu du parc dans une fureur noire. Nous séjournions à Farthing à l’occasion d’un des épouvantables raouts politiques de Mère. Si nous avions trouvé un moyen de nous y dérober, nous serions allés n’importe où ailleurs, mais Mère n’avait rien voulu entendre et nous étions donc là, lui en jaquette et moi en petite robe Chanel beige, dans mon ancienne chambre de jeune fille à laquelle j’avais été si soulagée de dire adieu quand j’avais épousé David.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis fan de Jo Walton.

Impressions

J’adore Jo Walton ! Et je dois dire encore une fois que j’ai  dévoré sa trilogie du « Subtil changement ». Elle se situe entre uchronie et roman policier, et part du postulat de départ suivant : et si l’Angleterre avait signé un pacte avec l’Allemagne nazie d’Hitler ? Quel serait alors le visage de l’Empire britannique ? Ces trois romans (Le Cercle de Farthing, Hamlet au Paradis, et Une demi-couronne) sont passionnants. Ils sauront combler aussi bien les passionnés de SF que les amoureux de polar « so british ». Je les recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 « Le vrai problème, c’est que la plupart des gens sont parfaitement satisfaits de la situation telle qu’elle est, ou bien alors trop effrayés pour se révolter. Parfois, je me dis qu’il nous faudrait un gouvernement encore pire qui obligerait nos concitoyens à se secouer .

– Et que se passerait-il s’ils se secouaient enfin sous ce nouveau gouvernement ? demanda Abby. Ils ne pourraient plus agir, ce serait trop tard. On peut rendre les gens plus courageux, plus lucides, on peut leur ouvrir les yeux. Je le fais avec mes élèves. Mais je le fais au cas par cas. Et c’est un travail difficile qui prend des années. Comment procéder,  pour tout un pays ? Pour que la population entière s’intéresse à ce que son gouvernement fait en son nom, au lieu de l’ignorer ? Puis pour qu’elle le rejette au lieu de lui trouver des excuses? Le jour où notre peuple prendra enfin conscience de ce qu’il subit, il faudra qu’il ait le pouvoir de rejeter ses dirigeants. Aujourd’hui, l’inertie et les institutions peuvent encore le permettre. Mais si nous les malmenons comme elles ont été malmenées en Allemagne, si nous cautionnons un roi de droit divin, quelles seraient les conséquences d’un réveil de la population ? Ce serait un massacre, forcément, comme ce qui s’est produit il y a deux ans à Vienne… ».

 

Jo Walton – La trilogie du Subtil Changement (Folio SF)

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La Disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

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Les premières phrases

«  Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’État de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan. 

Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important. Dès la fin de l’après-midi, les touristes et la population locale avaient  commencé à se masser sur la rue principale pour assister aux nombreuses festivités organisées par la mairie. Les quartiers résidentiels s’étaient vidés de leurs habitants, au point de prendre des allures de ville fantôme : plus de promeneurs sur les trottoirs, plus de couples sous les porches, plus d’enfants en patins à roulettes dans la rue, personne dans les jardins. Tout le monde était dans la rue principale. 

Vers 20 heures, dans le quartier totalement déserté de Penfield, la seule trace de vie était une voiture qui sillonnait lentement les rues abandonnées. Au volant, un homme scrutait les trottoirs, avec des lueurs de panique dans le regard. Il ne s’était jamais senti aussi seul au monde. Personne pour l’aider. Il ne savait plus quoi faire. Il cherchait désespérément sa femme : elle était partie courir et n’était jamais revenue.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Joël Dicker.

Impressions

J’avais adoré « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert », et également beaucoup aimé « Le Livre des Baltimore ». C’est dire que j’attendais avec une certaine impatience ce nouveau roman de Joël Dicker. Je l’ai dévoré en une semaine, pendant mes vacances. Ce thriller est efficace, les pages se tournent à toute vitesse, et la lecture est plaisante. Donc, oui, c’est un bon roman policier… Reste que je ne retrouve pas ce qui m’avait emporté dans les précédents romans de Joël Dicker. L’histoire est prenante, mais les indices trop évidents parfois et une clé du thriller m’a sauté très rapidement aux yeux… bien avant que le policier émérite du livre ne la découvre à son tour… C’est vraiment dommage. J’espère que le prochain livre de l’auteur aura un peu plus de profondeur.

Un passage parmi d’autres

 – La réponse était juste sous vos yeux, capitaine Rosenberg. Vous ne l’avez simplement pas vue.

J’étais à la fois intrigué et agacé.

– Je ne suis pas sûr de vous suivre Stephanie.

Elle leva alors sa main et la plaça à hauteur de mes yeux.

– Que voyez-vous, capitaine ?

– Votre main.

– Je vous montrais mes doigts, corrigea-t-elle.

– Mais moi je vois votre main, rétorquai-je sans comprendre.

– C’est bien le problème, me dit-elle. Vous avez vu ce que vous vouliez voir, et non pas ce que l’on vous montrait. C’est ce que vous avez raté il y a vingt ans.

Ce furent ses dernières paroles. Elle s’en alla, me laissant avec son énigme, sa carte de visite et la photocopie de l’article.

Avisant au buffet Derek Scott, mon ancien coéquipier qui végétait aujourd’hui au sein de la brigade administrative, je m’empressai de le rejoindre et lui montrai la coupure de presse.

– T’as toujours la même tête, Jesse, me dit-il en souriant, s’amusant de retrouver cette vieille archive. Que te voulait cette fille ?

– C’est une journaliste. Selon elle, on s’est planté en 1994. Elle affirme qu’on est passé à côté de l’enquête et qu’on s’est trompé de coupable.

– Quoi ? s’étrangla Derek, mais c’est insensé.

– Je sais.

– Qu’a-t-elle dit exactement ?

– Que la réponse se trouvait sous nos yeux et qu’on ne l’a pas vue.

Derek resta perplexe. Il semblait troublé lui aussi, mais il décida de chasser cette idée de son esprit.

– J’y crois pas un instant, finit-il par maugréer. C’est juste une journaliste de seconde zone qui veut se faire de la pub à bon compte.

– Peut-être, répondis-je, songeur. Peut-être pas.

Balayant le parking du regard, j’aperçus Stephanie qui montait dans sa voiture. Elle me fit signe et me cria : « A bientôt, capitaine Rosenberg. »

Mais il n’y eut pas de « bientôt ».

Parce que ce jour-là fut le jour de sa disparition.

 

 

Joël Dicker – La Disparition de Stephanie Mailer – mars 2018 (Éditions de Fallois)

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Neverwhere – Neil Gaiman

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Les premières phrases

«  She had been running for four days now, a harum-scarum tumbling flight through passages and tunnels. She was hungry, and exhausted, and more tired than a body could stand, and each successive door was proving harder to open. After four days of flight, she had found a hiding place, a tiny stone burrow, under the world, where she would be safe, or so she prayed, and at last she slept.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de relire ce livre, en anglais cette fois.

Impressions

J’ai beaucoup apprécié cette relecture (en anglais) de ce classique de la fantasy urbaine. Neil Gaiman invente un Londres sous-terrain peuplé de rats respectés, de marginaux, d’assassins et autres personnages hauts en couleur. A commencer par Croup et Vandemar, deux assassins particulièrement malsains et drôles à la fois, à la poursuite de Door (Porte), une jeune fille dont la famille vient d’être massacrée. Lorsqu’un Londonien ordinaire, Richard Mayhew, vient à la rescousse de la jeune femme, il ne se doute pas que sa vie va être totalement bouleversée. Devenu transparent aux yeux du monde du dessus, il va devoir apprendre à vivre sous terre, dans le Londres d’en bas. A lire et relire !

Un passage parmi d’autres

 « Well, » said Richard. « How do I get back to normal again? It’s like I’ve walked into a nightmare. Last week everything made sense, and now nothing makes sense… » He trailed off. Swallowed. « I want to know how to get my life back, » he explained.

« You won’t get it back travelling with us, Richard, » said Door. « It’s going to be hard enough for you anyway. I… I really am sorry. »

Hunter, in the lead, knelt down on the pavement. She took a small metal object from her belt, and used it to unlock the cover to a sewer. She pulled up the sewer cover, looked into it, warily, climbed down, then ushered Door into the sewer. Door did not look at Richard as she went down. The Marquis scratched the side of his nose. « Young man, » he said, « understand this : there are two Londons. There’s London Above – that’s where you lived – and then there’s London Below – the Underside – inhabited by the people who fell through the cracks in the world. Now you’re one of them. Good night. « .

 

Neil Gaiman – Neverwhere – 1996 (headline)

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Juste après la vague – Sandrine Collette

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Les premières phrases

«  Louie se pencha pour ramasser la petite chose mouillée que la mer avait poussée jusqu’à la rive et qui se tenait là, inerte, à peine agitée par l’eau, se heurtant à la terre. C’était une mésange, une bleue, de celles qu’ils essayaient de préserver, avant, parce qu’elles se faisaient rares. Il la prit entre ses mains et la tendit à son père. 

– Tiens, Pata. Encore une.

Le père hocha la tête et la garda contre lui. Les autres regardaient en silence. Ils iraient l’enterrer plus tard, là où ils avaient mis les oiseaux morts. Ce serait le cent trente-quatrième – Louie connaissait le chiffre par cœur.

Et comme les autres, il se remit à contempler l’océan en rage. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais depuis longtemps envie de découvrir l’univers de Sandrine Collette.

Impressions

Un roman qui prend aux tripes… Sandrine Collette nous tient en haleine tout au long de ce livre aux allures de fin du monde. Un raz-de-marée a eu lieu, recouvrant toutes les terres à perte de vue. Seule une maison résiste, en haut d’une colline. En son sein, une famille : le père, la mère, leurs neuf enfants. Mais voilà, l’océan continue de monter, le niveau de l’eau va bientôt atteindre la maison… Il faut fuir, sur une barque… qui ne peut contenir que huit personnes. Le père le sait : il va falloir faire un choix. Quels enfants les parents doivent-ils emporter avec eux sur la barque, quels enfants doivent-ils laisser derrière eux ? Bouleversant et terriblement stressant, ce roman se dévore, le souffle coupé.

Un passage parmi d’autres

 Et puis il sait.

La réponse à la question résignée de la mère la veille : Pourquoi on ne voit pas encore de terres ?

Oui, il sait. L’a pas dit, bien sûr. Lui aussi pensait qu’avec un peu de chance, dès le dixième jour, ils commenceraient à trouver des îles. Rien vu – ou presque. Parce que les eaux ont continué à monter. La voilà, la réponse : la mer a recouvert de nouvelles terres et les niveaux sont toujours plus hauts. Alors, revenir ? Le père a la gorge nouée. Il ignore ce qu’il reste de leur monticule. Presse ses mains sur son visage pour ne pas penser aux trois petiots abandonnés là-bas et qui sont peut-être déjà noyés. Depuis des jours, le mot flotte dans sa tête, revient quand il ne l’attend pas. Assassin. Mais ce n’est pas lui qui y a pensé tout seul : c’est le mot qu’il a vu dans les yeux de Madie lorsqu’ils ont embarqué leurs six gamins en laissant les autres sur l’île, il y a onze jours – et cela pourrait être mille que ça serait pareil, depuis cette aube-là, il est devenu un assassin. La question est – de combien d’entre eux ? Un, deux. Quatre. Tous. Il le saura en arrivant.

 

Sandrine Collette – Juste après la vague – janvier 2018 (Denoël)

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milk and honey – Rupi Kaur

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Les premières phrases

«  how is it so easy for you

to be kind to people, he asked

milk and honey dripped

from my lips as I answered

cause people have not

been kind to me. »

Circonstances de lecture

Un livre que j’avais envie d’acheter depuis des mois et que j’ai reçu à Noël.

Impressions

Voici un recueil de poésie qui touche au cœur. Simples, durs et émouvants, les poèmes de Rupi Kaur devraient parler à toutes les femmes. Elle y traite du statut de la femme, de l’amour et de ses désenchantements, de souffrances infligées par les autres, de ruptures et de guérison. A mettre entre toutes les mains ! A lire et à relire…

Un passage parmi d’autres

 i don’t know what living a balanced life feels like

when i am sad

i don’t cry i pour

when i am happy

i don’t smile i glow

when i am angry

i don’t yell i burn

 

the good thing about feeling in extremes is

when i love i give them wings

but perhaps that isn’t

such a good thing cause

they always tend to leave

and you should see me

when my heart is broken

i don’t grieve

i shatter

 

Rupi Kaur – milk and honey – novembre 2015 (Andrews McMeel)

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Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

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Les premières phrases

«  Parce que leur histoire ne s’était pas achevée au bon endroit, au bon moment,

parce qu’ils avaient contrarié leurs sentiments

il était écrit, me semble-t-il, qu’Eugène et Tatiana se retrouvent dix ans plus tard,

sous terre,

dans le Meteor, ligne 14 (violet clair), un matin d’hiver.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce livre m’a été offert en cadeau d’anniversaire.

Impressions

Que dire sur « Songe à la douceur » ? Comment le résumer ? Commencé un soir, terminé le jour suivant… c’est un véritable coup de cœur… Écrite en vers libres, cette libre adaptation du roman « Eugène Onéguine » d’Alexandre Pouchkine m’a littéralement transportée aux côtés d’Eugène et Tatiana. Clémentine Beauvais sait trouver les mots pour faire sourire, rire et frissonner tout au long de cette histoire d’amour, à la fois si ordinaire et si belle. J’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce roman et ce que j’ai éprouvé en le lisant… On a tous envie après ça de s’ennuyer ensemble, avec la personne qu’on aime… Et aussi de lire la version originale d’Alexandre Pouchkine.

Un passage parmi d’autres

 La porte du jardin pirouette,

et te voilà avec Lensky.

En attendant que ça arrive, je suis distraite.

J’ai du mal à me concentrer.

Je patiente,

mais quand on patiente, on ne fait que frôler la réalité.

Ça fait plusieurs semaines que je la frôle sans la toucher,

attendant que la porte du jardin m’y projette.

C’est bête

mais c’est seulement quand tu es là que j’ai l’impression

d’être là où je dois être.

Le reste du temps, je suis comme quelqu’un à la fenêtre

qui se regarderait vivre dehors

et qui aurait l’impression que ça arrive

à quelqu’un d’autre.

 

Clémentine Beauvais – Songe à la douceur – août 2016 (Sarbacane)

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