Galeux – Stephen Graham Jones

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Les premières phrases

«  Mon grand-père était un loup-garou.

En tout cas, c’est ce qu’il me disait, et il cherchait sans cesse à entraîner ma tante Libby et mon oncle Darren dans ses histoires, à les pousser à acquiescer quand il racontait qu’une vingtaine d’années plus tôt, il grimpait sur un moulin à vent pour lacérer la pluie de ses griffes. Qu’il courait ventre à terre à la poursuite du train venu de Booneville et le prenait de vitesse. Qu’il battait la campagne, les yeux luisants d’excitation, un poulet vivant entre les crocs, poursuivi par tous les villageois de l’Arkansas. La lune était toujours pleine, et elle l’éclairait à contre-jour comme un projecteur. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est édité par La Volte…

Impressions

Premier roman de Stephen Graham Jones à être traduit en français, Galeux met les loups-garous à l’honneur, mais ici on est loin du mythe généralement véhiculé dans les films et les livres ! Dans Galeux, les loups-garous sont des marginaux, obligés de vivre dans des caravanes miteuses, de faire des petits boulots, et de déménager tous les deux mois en moyenne, dès que le doute s’immisce dans le voisinage, ou dès que leur nature les oblige à accomplir un acte irréparable… Ce quotidien de lycanthrope est raconté à travers les yeux d’un petit garçon, élevé par son grand-père, sa tante et son oncle. Un petit garçon qui observe avec amour les membres de sa drôle de famille lutter pour survivre malgré leur différence.

Un très beau roman fantastique qui porte un regard nouveau sur le mythe du loup-garou, un roman social, surtout, sur tous les parias et les exclus de la société. « Un loup-garou ne se résume pas à ses crocs et à ses griffes, résume un des personnages de l’histoire. C’est à l’intérieur. C’est le regard que tu portes sur le monde. C’est le regard que te renvoie le monde. »

Stephen Graham Jones – Galeux – Mai 2020 (La Volte)

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Une pluie sans fin – Michael Farris Smith

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Les premières phrases

«  Il pleuvait depuis des semaines. Peut-être des mois. Cohen avait oublié à quand remontait le dernier jour sans pluie, quand la tempête avait cédé devant le bleu pâle du ciel marin, les vols d’oiseau, les nuages blancs, l’éclat du soleil sur le paysage détrempé. Il pleuvait, une pluie régulière qui avait perdu son obliquité agressive quand les dernières bourrasques s’étaient éloignées, pendant la nuit. Il avait envie de sortir. Il avait besoin de sortir, de fuir la lumière tressautante de la lampe à pétrole, le jeu de cartes usé, les livres de poche, la radio qui ne captait presque plus rien, la voix qui murmurait dans son sommeil, dans la tempête, dans le moindre recoin de la petite maison de brique. Il pleuvait à verse, très tôt en ce matin trop sombre, mais il fallait qu’il sorte. »

Circonstances de lecture

Parce que j’adore Michael Farris Smith…

Impressions

Michael Farris Smith fait définitivement partie de mes écrivains préférés. Après avoir dévoré « Nulle part sur la terre » et « Le Pays des oubliés« , j’ai enfin pris le temps d’ouvrir « Une pluie sans fin » et j’ai encore une fois été hypnotisée par la plume de l’auteur. C’est une claque que l’on se prend quand on lit du Michael Farris Smith, une claque d’une noirceur terrible, contrebalancée par une profonde et belle humanité. Michael Farris Smith parvient dès les premières lignes à nous agripper pour ne plus nous lâcher avant d’avoir lu la dernière page.

Ici, on suit Cohen, un quarantenaire solitaire, vivant dans le Mississippi dans sa vieille maison de brique, sous la Limite, cette zone laissée à l’abandon par le gouvernement, ravagée quotidiennement par des pluies et des tempêtes sans fin. Il est l’un des seuls à avoir choisi de rester dans sa maison, tapi dans les souvenirs de sa vie passée. Jusqu’au jour où il tend la main à deux jeunes errant sur la route… Il va alors devoir se confronter à la réalité du monde et aux autres.

Voici un roman post-apo magnifique. On en ressort trempé jusqu’aux os, les yeux un brin humides, triste de laisser derrière soi Cohen, Mariposa, Evan et Brisco.

Michael Farris Smith – Une pluie sans fin – octobre 2016 (Éditions 10/18)

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Les Employés – Olga Ravn

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Les premières phrases

«  Les dépositions suivantes ont été recueillies pour donner un aperçu des relations entre les employés et les objets dans les salles. Sur une période de dix-huit mois, la commission a entendu tous les employés sur la question de leurs relations avec les salles et les objets qu’elles contenaient. A travers la transcription fidèle des dépositions des sujets, nous avons souhaité donner un aperçu du travail quotidien sur place et examiner à quelles influences possibles les employés avaient pu être exposés, comment ces influences, et possiblement ces relations, ont pu entraîner des changements constants chez les employés, dans quelle mesure on estime que cela a joué sur la baisse ou la hausse de leur implication au travail, sur la compréhension de leur tâche, sur leur aptitude à assimiler de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences et, enfin, quelles en ont été les conséquences sur la production. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir cette maison d’édition québécoise…

Impressions

Voici un livre de SF très intrigant, construit autour de témoignages d’employés vivant loin de la Terre, sur un vaisseau. Chaque employé témoigne de sa vie d’exilé, de ses tâches quotidiennes, et notamment de ce qu’il ressent dans les deux salles où se trouvent d’étranges objets découverts sur une planète.

Reste que ces employés ne sont pas tous humains… Certains sont des « ressemblants », conçus par l’homme pour imiter l’espèce humaine.

Cette lecture questionne sur l’exil, la place de l’homme dans l’univers, son rapport à la nature et aux autres, et son statut de mortel. C’est le premier roman que je lis des éditions La Peuplade, et certainement pas le dernier.

Olga Ravn – Les Employés –  février 2020 (La Peuplade)

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The Starless Sea – Erin Morgenstern

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Les premières phrases

«  There is a pirate in the basement.

(The pirate is a metaphor but also a person.)

(The basement could rightly be considered a dungeon.)

The pirate was placed here for numerous acts of of a piratey nature considered criminal enough for punishment by those non-pirates who decide such things.

Someone said to throw away the key, but the key rests on a tarnished ring on a hook that hangs on the wall nearby.

(Close enough to see from behind the bars. Freedom kept in sight but out of reach, left as a reminder to the prisoner. No one remembers that now on the key side of the bars. The careful psychological design forgotten, distilled into habit and convenience.)

(The pirate realizes this but withholds comment.) »

Circonstances de lecture

Reçu en cadeau. 🙂

Impressions

Lire « The Starless Sea », c’est un peu comme pénétrer dans un monde à mi-chemin entre « Alice au pays des Merveilles » de Lewis Carroll, « Neverwhere » de Neil Gaiman, et « L’histoire sans fin » de Michael Ende. C’est surtout – et aussi – une superbe ode aux livres et à l’imaginaire.

Difficile de décrire ce roman tant il fourmille d’idées, d’histoires imbriquées les unes dans les autres, et de mystères ! Un gros coup de cœur, à l’image du précédent roman d’Erin Morgenstern, « Le Cirque des rêves », que j’avais adoré. Alors, oui, j’ai bien du mal à trouver les mots pour résumer « The Starless Sea » et pourtant il m’a beaucoup plu. J’ai même très envie de le relire de nouveau ! C’est dire ! Mais ce livre ne se résume pas, il se ressent. Je vais donc me contenter de vous laisser imaginer une immense bibliothèque souterraine, des gardiens de livres, des portes en trompe-l’œil, un océan de miel, un « roi hibou », ou encore une histoire d’amour intemporelle. Suivez les pas de Zachary Ezra Rawlins, qui découvre, en ouvrant un livre trouvé dans la bibliothèque de son université, des souvenirs de sa propre enfance ! Poussez avec lui une porte menant vers un univers confus, acceptez de ne pas tout comprendre et perdez-vous dans ce labyrinthe de l’imaginaire rempli d’histoires merveilleuses.

Espérons que ce livre sera traduit en français (« Le Cirque des Rêves » n’est malheureusement plus édité en vf…) et que l’objet livre soit aussi beau que la version anglaise, tout simplement magnifique.

Erin Morgenstern – The Starless Sea – novembre 2019 (Harvill Secker)

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Walter Kurtz était à pied – Emmanuel Brault

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Les premières phrases

«  « Ce sont les détails qui comptent, insistait mon père. Chaque détail, sans lequel la route ne serait pas la route ». La structure du revêtement par exemple, est composée d’une couche de forme, d’une couche d’assise et d’une couche de surface. A chaque couche, son matériau. Et pour chaque route, son enrobé d’asphalte, la route était un chocolat ! Tout était question de proportion. Un pour cent au bon ou au mauvais endroit pouvait changer la donne. La bonne dose de bitume, la taille des cailloux (30 000 tonnes de cailloux pour 1 k-plat, un de type 0/10 pour le silence d’après mon port-vie, mais je préférais un peu de bruit). »

Circonstances de lecture

Qui ne serait pas attiré par cette couverture ?

Impressions

Tracer la route pour accumuler des points, aller toujours de l’avant, pied au plancher, avancer jour après jour, ne s’arrêter que le soir dans une station service pour manger, boire et acheter. Rouler pour pouvoir consommer. Voici le mode de vie des « Roues », ces hommes et femmes des temps modernes, reliés les uns aux autres via leur « port-vie », mobile moderne regroupant toute leur vie (photos, conversations, informations, porte-monnaie, identité…). Dany fait partie des ces « Roues », assis à la place passager d’une Peugeot 203, son père au volant, sa petite sœur Sarah sur la banquette arrière. Il n’a jamais rien connu d’autre que la route, la voiture comme maison, les stations et leurs galeries marchandes comme lieux de promenade. Bientôt, il prendra lui aussi le volant.

De l’autre côté de la bande d’arrêt d’urgence, il y a les « Pieds », des hommes qui ont refusé de prendre le volant, des marginaux qui vivent comme des bêtes, drapés de vieux vêtements troués, les pieds nus. Ils sont inoffensifs. Personne ne les comprend. On croise parfois sur le bitume leurs corps mutilés par les voitures traçant à vive allure.

Tout va pour le mieux dans ce monde où quasiment tous les hommes vont dans la même direction, les yeux rivés sur l’asphalte. Tout va pour le mieux, semble-t-il…

J’ai dévoré ce livre, qui devrait bientôt sortir aux éditions Mu (après le confinement…). De la SF de qualité, entre « Peste » de Palahniuk et Mad Max. Attention, scènes sensibles avec plein d’hémoglobine et de viscères dedans ! A lire dès qu’il sera disponible !

Emmanuel Brault – Walter Kurtz était à pied – (sortie reportée) (Mu)

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La Piste des Éclairs – Rebecca Roanhorse

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Les premières phrases

«  Le monstre est venu ici. Je sens son odeur.

C’est celle d’un carnivore qui ne se lave pas, qui empeste la sueur et la viande et quelque chose d’autre que je n’arrive pas à identifier. L’air nocturne en est imprégné, mais ça va au-delà de la simple puanteur, ça m’évoque une émotion plus profonde, plus primaire, qui me perturbe. Mon instinct se réveille et hurle un avertissement. Des gouttes de sueur froide perlent sur mon front. Je les essuie du revers de la main.

Je sens aussi l’enfant que le monstre a enlevée. Son odeur à elle est plus légère, plus propre. C’est celle de l’innocence. Si j’en crois mon odorat, cette petite est vivante, ou du moins elle l’était quand il l’a emmenée. Il se peut qu’elle ait une tout autre odeur à présent. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un roman post-apo sans prétention, mais qui se lit d’une traite. Chapitres courts, personnages bien trempés, de l’action à souhait… On ne s’ennuie pas à la lecture de ce premier tome ! Rebecca Roanhorse a en effet réussi à créer une chasseuse de monstres attachante que l’on prend plaisir à suivre. D’autant qu’à l’instar de son partenaire Kai Arviso, un homme-médecine, son héroïne, Maggie Hoskie, possède des dons claniques redoutables. Ici, l’ambiance post-apo se mêle aux légendes navajos, et la magie opère. Rendez-vous donc, vous aussi, à Dinétah, cette réserve indienne préservée de l’apocalypse climatique par les Dieux navajos… au prix du retour de monstres et autres créatures mythologiques d’un autre temps !

Rebecca Roanhorse – La Piste des Éclairs (Milady)

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Les Sœurs de Blackwater – Alyson Hagy

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Les premières phrases

«  Les chiens tournèrent autour de la maison toute la nuit, poussant des cris, en chasse. Elle savait qu’ils l’appelaient. Lui adressaient des signes. Déroulaient leur manège. Le monde dans lequel elle vivait était devenu un évangile troublé, et les chiens n’allaient pas se priver de le lui rappeler. Au matin, alors qu’elle n’était pas encore descendue chercher du lait dans la cabane fraîche au-dessus de la source, elle vit un homme qui attendait au bout de son jardin. C’est comme ça qu’ils faisaient. »

Circonstances de lecture

Intriguée par l’histoire.

Impressions

L’héroïne de ce roman empreint de réalisme magique fait partie des rares humains qui ont survécu à une mystérieuse épidémie. Dans cette société précaire, elle survit grâce à son don pour l’écriture. Car elle seule arrive encore à coucher des mots sur le papier et à rédiger des lettres pour autrui. Jusqu’à l’arrivée d’un homme qui va remettre en question le fragile équilibre qu’elle a su maintenir depuis la mort de sa sœur.

Ce livre se dévore. On est happé par la plume d’Alyson Hagy qui parvient à nous transporter dans un monde à la fois sombre et magnétique, hanté par des forces magiques, des mythes et des souvenirs. Un beau roman, aussi, sur le pouvoir des mots et l’expiation des fautes. Une belle découverte.

Alyson Hagy – Les Sœurs de Blackwater – janvier 2020 (Zulma)

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Et toujours les Forêts – Sandrine Collette

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Les premières phrases

«  Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon. 

Les vieilles ignoraient alors à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas connaîtrait de malheur et de désastre. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore.

A cet instant, c’était impossible à deviner. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Sandrine Collette et que j’adore le post-apo.

Impressions

« Et toujours les Forêts » se lit le souffle court, les yeux écarquillés, un peu éberlué. Car Sandrine Collette raconte la fin du monde. Un grand souffle brûlant et puis plus rien, que des cendres, des ruines et des cadavres. Mais Corentin, vivant, marchant de la ville au village, là où, peut-être, son arrière-grand-mère aura survécu, à la lisière des Forêts. La seule personne qui l’ait jamais vraiment aimé.

Quelle lecture ! Quelle voix que celle de Sandrine Collette, qui rend ici hommage à la vie qui s’accroche malgré tout, quand tout est mort autour. (Mais, au fond, à quoi bon, et dans quelles conditions…) Un livre qui fait aussi réfléchir sur l’incapacité des hommes à agir lorsqu’il est encore temps (on fera quelque chose, un jour, contre le réchauffement climatique ?).

Un roman magnifique et effroyable tout à la fois, sur la nature humaine, la solitude et une possible renaissance. Avec un clin d’œil hommage à « La Route » de Cormac McCarthy.

Sandrine Collette – Et toujours les Forêts – janvier 2020 (JC Lattès)

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Vita Nostra – Marina et Sergueï Diatchenko

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Les premières phrases

«  Les prix étaient exorbitants ! En désespoir de cause, maman avait loué une chambrette orientée vers l’ouest dans un immeuble de quatre étages à une vingtaine de minutes de la mer. L’autre chambre (l’appartement était un deux-pièces) était occupée par un jeune couple. Aussi, la salle de bains et les toilettes étaient-elles communes.

– Ils passent leurs journées à la plage, avait argué la propriétaire. Qu’est-ce qu’il faut de plus à des jeunes ? Et la mer est à deux pas, on la voit presque de la fenêtre. C’est le paradis.

Elle était partie en laissant deux clés : une pour la porte d’entrée, l’autre pour celle de la chambre. Sacha trouva au fond de la valise son maillot de l’année précédente aux couleurs légèrement passées et se changea rapidement dans la salle de bains où une culotte séchait sur le radiateur. Elle sentit une excitation festive monter en elle : encore un peu de patience et elle plongerait dans la mer. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture et par le thème de la métamorphose.

Impressions

« Vita Nostra » est un ovni russe, mystérieux du début à la fin. Contrainte d’intégrer une école connue de personne, Sacha y étudie des enseignements spéciaux, à première vue dénués de sens. Les élèves doivent ingurgiter des leçons incompréhensibles et les réciter par cœur… Jusqu’à ce qu’un déclic se produise et que soudain tout fasse sens. Reste que le sens a un prix…

Qu’apprend-on réellement à Torpa ? A quel métier destine-t-on ses étudiants ? Les non-dits irritent les élèves, obligés malgré tout de suivre des enseignements absurdes, et des enseignants particuliers…

Oubliez tous vos repères et plongez dans « Vita Nostra »! En revisitant les thèmes de l’adolescence, de la métamorphose, du verbe, et de la magie, Marina et Sergueï Diatchenko insufflent un nouveau souffle à la fantasy et au fantastique. Gros coup de cœur !

Marina et Sergueï Diatchenko – Vita Nostra – octobre 2019 (L’Atalante)

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Trop semblable à l’éclair – Ada Palmer

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Les premières phrases

«  Ah, lecteur ; vous allez me reprocher d’écrire dans un style que six longs siècles séparent des événements relatés, mais vous êtes venus à moi afin d’obtenir des éclaircissements sur les jours de transformation qui ont laissé notre monde tel qu’il est. Or la récente révolution est née du renouveau abrupt de la philosophie du XVIIIème siècle, grosse d’optimisme et d’ambition ; aussi n’est-il possible de décrire notre époque que dans la langue des Lumières, empreinte d’opinion et de sentiment. Il faut me pardonner mes vouvoiements, mes « il » et »elle », mon renoncements aux termes et à l’objectivité modernes. Les débuts vont être difficiles, mais que vous soyez mon contemporain, toujours en proie à la stupeur devant l’ordre d’aujourd’hui, ou un historien considérant mon vingt-cinquième siècle d’aussi loin que je considère le dix-huitième, vous allez vous découvrir plus à l’aise avec la langue du passé que vous ne l’imaginez ; il en va ainsi de nous tous.  »

Circonstances de lecture

Qui pourrait résister à cette couverture ?!

Impressions

Difficile de résumer un livre tel « Trop semblable à l’éclair » d’Ada Palmer… De plus de 600 pages, ce pavé pourrait pourtant bien devenir le début d’un cycle de SF dont on parlera longtemps. En nous propulsant en 2454 dans une société a priori utopique où toutes majorités (et donc minorités) ont disparu au profit de sept « Ruches » multi-ethniques basées sur les affinités et la liberté, Ada Palmer mêle un monde futuriste aux idées des philosophes des Lumières. Plus de guerres ni de meurtres (enfin, presque). Plus de genre féminin ou masculin. Le « il » et le « elle » sont remplacés par le « on », les personnages ne se réduisant pas à leur sexe (difficile du coup pour le lecteur de savoir qui est une femme et qui est un homme !). Les religions sont bannies. Place à une spiritualité à la carte et à une écoute attentive et régulière des « sensayers », sortes de guides spirituels et de psy, permettant à chacun de s’exprimer librement (mais en petit comité) et d’exorciser ses idées sombres et ses questionnements. Le tout est raconté par Mycroft Canner, un meurtrier, narrateur dont le passé tourmenté n’est révélé que dans la seconde moitié du livre. Un personnage pour le moins complexe, lié à un enfant de 13 ans aux pouvoirs quasi-divins… dans une société qui refuse l’idée d’un Dieu. Ajoutez-y une intrigue policière : le vol de la liste des dix plus gros influenceurs mondiaux, risquant de mettre à mal l’équilibre de cette société pacifiste, et vous obtenez une histoire captivante.

Difficile d’en dire plus sans trop en révéler. Sachez juste que la lecture de ce pavé est ardue mais terriblement intéressante, addictive et prenante. Prenez le risque de ne pas tout comprendre, les enjeux politiques et philosophiques étant particulièrement complexes et les protagonistes nombreux. Tout se dévoile petit à petit au fil des pages. Une chose est sûre : Ada Palmer sait mener son lecteur par le bout du nez, le menant de surprise en surprise.

A très vite pour le 2ème volet de cette tétralogie !

Ada Palmer – Trop semblable à l’éclair – octobre 2019 (Le Bélial)

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