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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

La gardienne des ombres

05 lundi Oct 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Les empreintes de pas boueuses commençaient au pied du perron, traversaient l’allée de gravier et disparaissaient dans l’obscurité des bois. David Carnswel n’avait d’autre choix que de les suivre.

Il n’en avait pas envie, cela allait sans dire. Il aurait préféré fermer la porte, pousser les verrous, rejoindre dans leur lit celle qui était son épouse depuis quarante ans et s’endormir comme s’il n’avait jamais entendu résonner ces trois coups. Mais ce qu’aurait préféré David était sans importance. David devait suivre ces traces – la survie de l’humanité était en jeu, rien de moins. »

Impressions

Après avoir eu un coup de cœur pour C’était notre maison, j’attendais avec impatience le second roman de l’auteur canadien Marcus Kliewer et je n’ai pas été déçue. Encore une fois, Marcus Kliewer a réussi à me faire peur ! Quant à son héroïne, Macy, elle m’a bouleversée. Ici, la tension et l’horreur ont un sens (pas comme le dernier Franck Thilliez, La Route du Diable, qui, à mon avis, propose juste de l’horreur et de la violence gratuites). Si La Gardienne des ombres m’a autant captivée, ce n’est pas seulement pour sa tension continue et son ambiance particulièrement angoissante, c’est aussi pour son sujet principal : la santé mentale.

Macy est une jeune femme en souffrance, tentant tant bien que mal de protéger sa petite sœur depuis la mort de leur père, de payer le loyer et de les nourrir. Alors, quand elle tombe sur une annonce très étrange, elle accepte tout de même le poste proposé pour la somme improbable qu’il va lui rapporter. Garder une maison, cela semble si simple, sur le papier… Mais Macy doit suivre des règles absurdes, comme veiller à ce que toutes les lumières de la maison demeurent éteintes entre 3 heures et 4 heures du matin, ne pas laisser entrer de visiteurs aux yeux bleu glacier, se méfier des lapins, surtout si ce sont des lapins blancs…

J’ai adoré avoir peur en lisant ce roman, j’ai également été émue par le mal-être de Macy. Je n’ai qu’un seul bémol : à mon sens, le roman aurait pu s’arrêter page 333, soit une trentaine de pages avant la fin. La fin aurait eu plus d’impact, en nous laissant imaginer la suite. Il n’en demeure pas moins que ce roman d’horreur est une réussite. Si vous avez envie de vous faire peur, si les sujets de la santé mentale et de la dépression vous intéressent, foncez !

La Gardienne des ombres – Marcus Kliewer – Septembre 2026 – Belladone – Traduit de l’anglais (USA) par Laurent Bury – Illustration de couverture réalisée par Arcangel

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Extremophile – Ian Green

04 dimanche Oct 2026

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Argyll, biopunk, conseils de lecture, Critique de livre, cyberpunk, Extremophile, Ian Green, idées de lecture, lecture, Livre, queer, quoi lire, roman, SF

Les premières phrases

«  C’était HORSE THEORY, merci !

Parker hurle dans le micro tandis que les lamentations de ma basse tournée vers les amplis se poursuivent, donc je ne sais pas si qui que ce soit l’entend. Quand j’arrive enfin à percevoir quelque chose d’autre que mes propres battements de coeur et le larsen, il n’y a plus d’applaudissements, s’il y en a seulement eu. Je ne regarde pas le public quand je joue – ça me fait flipper. Je regarde ma basse, ou Parker, ou un point sur le mur, et je ne remarque que bien après, quand j’en ai déjà plein le t-shirt, le sang qui coule de mes doigts là où les cordes ont arraché les cals. Je dégouline de sueur – l’espace derrière la vieille poissonnerie et les appartements abandonnés est ouvert à la nuit, mais l’air est chaud à Londres, même en cette soirée d’hiver. J’ai l’impression qu’il fait plus chaud que l’an dernier. »

Impressions

Extremophile de Ian Green vient de sortir en français et c’est une tuerie ! Du biopunk bien trash, à lire avec du métal dans les oreilles !

Dans un futur plus ou moins proche, ce qui reste de l’humanité, frappée par nombres de crises, tente de survivre sur une Terre surchauffée. Charlie et Parker vivent à Londres, jouent dans un groupe punk, squattent dans un quartier marécageux, paient leur bouffe en faisant du biohacking, en vendant des programmes de bio-augmentations ou en acceptant des contrats totalement illégaux. Si Charlie pense que le monde est foutu, Parker a encore de l’espoir et se traîne de manif en manif pour essayer de changer la société. Quand un groupe d’activistes leur propose une série de missions énigmatiques (Tuer le fantôme, Voler la fleur, Sauver le monde), Parker et Charlie se retrouvent confrontés à des criminels dangereux, mais aussi à leurs propres limites et convictions.

Lire Extremophile, c’est accepter de se prendre de l’hémoglobine, de la sueur et des riffs de métal en pleine figure. La colère, le désespoir, l’horreur des expérimentations génétiques (incarnée par le personnage de Taupe), la violence omniprésente, côtoient l’envie de vivre coûte que coûte, le désir de se rebeller, mais aussi l’amour et l’amitié, et la profonde solidarité qui résiste malgré tout dans les bas fonds de Londres. Et que dire de la relation entre Charlie et Parker, un des couples queers les plus beaux et forts de SF !

Voici un roman cyberpunk particulièrement réussi, à la fois haletant, violent, drôle et émouvant, qui m’aura tenue en haleine jusqu’aux dernières pages de toute beauté.

Extremophile – Ian Green – Octobre 2026 – Argyll – Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marie Koullen – Illustration de couverture réalisée par Xavier Collette

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L’escalier dans les bois – Chuck Wendig

28 lundi Sep 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Chuck Wendig, conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, horrifique, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SFFF, Sonatine

Les premières phrases

«  L’amitié, c’est comme une maison, lui dit-elle, tandis qu’il avait la tête blottie contre ses cuisses. Vous vous installez dans cet endroit ensemble. Tu y trouves ta chambre à toi, eux y trouvent la leur, mais il y a tout cet espace commun, tous ces lieux que vous partagez. Et vous y mettez tout ce que vous aimez, tout ce que vous êtes. L’air que tu respires devient l’air qu’ils respirent. Vous posez vos cœurs, fragiles, beaux, blessés, sur la table basse, à côté de la télécommande. Et cette amitié, cette maison, c’est aussi un lieu de rires, de joie et de complicité. Mais, parfois, il y a de la frustration. De l’agacement. Et parfois, tous ces sentiments terribles, toute cette rancœur, se mettent à grossir, à prendre trop de place, à s’accumuler comme du monoxyde de carbone. L’amitié peut se détériorer, comme une maison. »

Impressions

Après Les Somnambules que j’avais beaucoup aimé, Chuck Wendig revient avec un roman fantastique que j’attendais avec impatience. S’il n’a pas été un coup de cœur, ce fut cependant une très bonne lecture.

L’idée de départ est géniale. Imaginez : vous partez camper avec vos ami.es dans la forêt, quand vous tombez soudain sur un escalier ne menant nulle part. Que feriez-vous ? Passeriez-vous votre chemin ou monteriez-vous les marches ? Ici, forcément, l’un des cinq adolescents décide de grimper. Arrivé tout en haut, Matty disparaît, puis, quelques minutes plus tard, l’escalier s’évanouit à son tour… Vingt ans passent quand Nick invite ses anciens amis d’enfance à venir passer un week-end avec lui, prétexte pour les rassembler et essayer de retrouver Matty.

Ce qui se trouve en haut des marches est un lieu indescriptible, sorte de maison infinie dont chaque pièce porte une souffrance, un trauma, des blessures et secrets enfouis. Il va leur falloir affronter les pièges tendus par ce lieu incompréhensible à l’atmosphère oppressante, essayer de comprendre son fonctionnement, pour espérer pouvoir en sortir.

Si vous aimez vous perdre dans des maisons hantées ou des espaces liminaux, ce livre est fait pour vous. D’autant que Chuck Wendig ne nous propose pas seulement une histoire horrifique de maison hantée, il nous livre une très belle réflexion sur l’amitié et ce que l’on en fait au cours du temps. Connaît-on vraiment bien ses amis ? Prend-on le temps de les écouter et de les comprendre ? Alors, certes, il y a quelques longueurs dans ce roman, mais j’ai tout de même beaucoup apprécié cette lecture pour son ambiance malaisante et les messages véhiculés, notamment sur l’amitié et la santé mentale.

L’escalier dans les bois – Chuck Wendig – Septembre 2026 – Sonatine – Traduit de l’anglais (USA) par Paul Simon Bouffartigue

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The Tainted Cup – Robert Jackson Bennett

21 lundi Sep 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Hodderscape, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, Robert Jackson Bennett, roman, SFFF, The Tainted Cup, Une larme de poison

Les premières phrases

«  The walls of the estate emerged from the morning fog before me, long and dark and rounded like the skin of some beached sea creature. I walked along them, trying to ignore the flutter of my heart and the trickle of sweat down my neck. A faint blue light glimmered in the mist ahead. With each step it calcified into a mai-lantern hanging above the estate’s servants’ gate; and there, leaning against the walls beside the gate, was the figure of a uniformed man in a shining steel cap waiting for me. »

Impressions

Je dois avouer une chose avant de commencer cette chronique : je n’ai jusque-là pas eu de coup de cœur en lisant les précédents livres de Robert Jackson Bennett. J’avais abandonné Les maîtres enlumineurs au bout d’une centaine de pages, American Elsewhere m’avait laissé un sentiment mitigé, quand le premier tome des Cités divines m’avait laissé assez indifférente… Oui, je sais, je dois être une des rares personnes à ne pas avoir apprécié ces lectures. Reste que je ne n’abandonne pas si facilement, et que j’étais très enthousiaste en lisant le pitch de The Tainted Cup, décrit comme un murder mystery à la sauce fantasy. Et je dois dire que j’ai été totalement emballée par cette lecture !

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman et j’ai hâte de me procurer la suite. Dans ce premier tome, on suit un duo d’enquêteurs digne de Sherlock Holmes et Dr Watson : Ana Dolabra, une enquêtrice excentrique, passant la plupart du temps les yeux bandés pour aiguiser ses autres sens, et Dinios Kol, son nouvel assistant aux capacités mémorielles améliorées, plutôt réservé et souffrant d’un complexe d’infériorité. Ils sont envoyés pour résoudre un meurtre mystérieux dans une riche propriété où un officier a été retrouvé mort, un arbre ayant poussé à travers son corps.

Si Robert Jackson Bennett ne nous donne pas d’emblée les clés de compréhension de son univers, on découvre petit à petit les méandres d’une société ultra-hiérarchisée, tentant de survivre à l’abri de murs géants censés repousser l’attaque d’immenses léviathans marins lors de la saison des pluies. J’ai adoré l’univers imaginé par l’auteur et ce duo de personnages hauts en couleurs. Une totale réussite que vous devriez apprécier si vous aimez les polars et la fantasy.

The Tainted Cup – Robert Jackson Bennett – Février 2024 – Hodderscape – Illustration de couverture réalisée par Tom Roberts (publié en VF par Albin Michel Imaginaire en Septembre 2026, sous le titre Une larme de poison)

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Le restaurant des robots rêveurs

14 lundi Sep 2026

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Annalee Newitz, Automatic Noodle, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le restaurant des robots rêveurs, lecture, Livre, Nouveaux Millénaires, quoi lire, roman, SF, SFFF

Les premières phrases

«  Interruption

Réveil du processeur

Restauration de la mémoire

Décodage d’une requête de service

« Eau détectée »

Protocole de protection des biens

Test de liaison Commandement en attente

Test de liaison Commandement expiré

Démarrage principal IAI

Transmission de l’alerte d’urgence

Urgence

Urgence

Urgence

Le corps de Staybehind bougea avant même qu’il ne se réveille, poussé par la peur et les algorithmes. Pendant quelques microsecondes, il eut la sensation, plus que la certitude, que le Commandement ne répondait pas. C’était une absence terrifiante. Il allait devoir affronter seul cette menace inconnue. »

Impressions

Si vous trépignez d’impatience de plonger dans le prochain roman de Becky Chambers (sortie le 15 octobre chez L’Atalante), procurez-vous en attendant Le restaurant des robots rêveurs d’Annalee Newitz ! Il vous aidera à calmer votre soif de lecture SF à la fois réconfortante et militante. Ici, quatre robots se réveillent après plusieurs mois de veille, abandonnés par les propriétaires du restaurant dans lequel ils travaillaient. En peu de temps, un rêve émerge : monter un nouveau restaurant spécialisé dans les nouilles chinoises. Mais dans une ville où les robots n’ont que peu de droits, cela ne va pas se faire sans embûches… Reste que nos quatre robots ont des idées à la pelle et surtout l’envie de se créer un endroit sûr où humains et robots puissent coexister et s’entraider.

Cette lecture fait du bien au moral, tout en éveillant en nous l’envie irrépressible de manger des ramens ! Annalee Newitz n’en oublie pas pour autant de glisser des messages militants, autour de l’intolérance, du racisme, ou encore de la transidentité, tout en dénonçant les travers des réseaux sociaux. J’ai passé un très bon moment à lire ce roman.

Seul bémol : son prix, 20€ pour 184 pages…

Le restaurant des robots rêveurs – Annalee Newitz – Août 2026 – Nouveaux Millénaires – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuel Chastellière – Illustration de couverture réalisée par Eric B. Nyquist

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Un sombre été – Vera Buck

24 lundi Août 2026

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Gallmeister, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Thriller, Un sombre été, Vera Buck

Les premières phrases

«  L’air vibre au soleil. L’eau sous le canot est calme, presque huileuse. Je laisse glisser une main dedans. J’ai l’impression de plonger mes doigts dans de la soupe chaude.

Mon t-shirt trempé de sueur me colle au dos. Même ici, en mer, on n’échappe pas à la chaleur accablante. Je laisse mon regard errer sur l’eau bleu turquoise. Une mouette soulève péniblement ses ailes et survole la mer sans élan. Quelques mètres plus loin, un deuxième canot dérive dans la crique déserte. Il se détache sur le soleil ardent telle une silhouette en papier qui se balance. Et quelque chose dans ce canot – ou plutôt chez l’inconnu qui s’y trouve – me le fait regarder par deux fois. Un frisson parcourt ma main sur la barre. »

Impressions

Difficile de lâcher le nouveau thriller de Vera Buck ! Un sombre été m’a totalement happée ! Après la forêt suédoise où se déroulait son précédent roman La cabane dans les arbres, l’autrice allemande Vera Buck nous emmène ici sous la chaleur caniculaire de la Sardaigne. C’est dans un village de montagne abandonné que Tilda décide de refaire sa vie pour faire son deuil d’un passé douloureux. Elle rachète pour un euro symbolique une vieille maison à rénover (avec d’étranges marques sombres au sol et des impacts aux murs), espérant ainsi apaiser son esprit et retrouver un peu de sérénité, au calme. Mais voilà que les cloches de l’église se mettent inexplicablement à sonner, que des bruits étranges lui collent des frissons, tandis que d’aucuns parlent d’un village maudit : un drame s’y serait déroulé, vidant le lieu de tous ses habitants… En alternance du point de vue de Tilda, l’autrice nous plonge également dans le passé de ce village aux côtés de Franca, une jeune fille y ayant grandi et habité par le passé… tandis qu’un journaliste, Enzo, tente de soutirer des informations au dernier résident du village.

Les chapitres se succèdent, et avec eux, la tension monte inexorablement. Voici une lecture captivante, avec des révélations qui ont du sens. Une histoire d’autant plus révoltante et nécessaire que l’autrice s’est inspirée de faits réels pour écrire ce roman.

Un sombre été – Vera Buck – Août 2026 – Gallmeister – Traduit de l’allemand par Brice Germain – Illustration de couverture par Yukiko Noritake

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Nowhere burning – Catriona Ward

03 lundi Août 2026

Posted by Aurélie in En VO, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Catriona Ward, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Nowhere burning, quoi lire, roman, Thriller

Les premières phrases

«  Some people attract death. It loves them, twines around them like ivy, follows them all their lives. Riley has suspected for some time that death is just a step or two behind her. So when the boy in green follows her down the street that summer day she wonders – if only for a moment – whether he might be death, catching up with her at last.

Riley is on her way home – or back to Cousin’s house anyway – when she feels him in her wake. »

Impressions

Quatrième livre lu de cette autrice et quatrième coup de cœur ! Catriona Ward est définitivement ma Queen du thriller ! Après La dernière maison avant les bois, Mirror Bay, et Un cri dans le désert, la revoilà avec Nowhere burning, un thriller qui m’a tenue en haleine du début à la fin. On suit Riley et son petit frère Oliver, qui vivent chez leur cousin depuis la mort de leurs parents, un homme malveillant qui oblige notamment Oliver à rester à la maison et qui rationne leur nourriture… L’ambiance est glauque et oppressante. Du haut de ses 14 ans, Riley fait tout son possible pour protéger son petit frère. Alors, quand on lui fait miroiter un possible lieu d’asile, Riley n’hésite pas : elle s’enfuit dans la montagne avec Oliver. Sa destination : Nowhere, ancienne propriété d’une star du cinéma, aujourd’hui refuge d’une bande d’enfants souhaitant vivre à l’écart des adultes. Les rumeurs courent autour de ce lieu perdu dans les hauteurs.

Nowhere burning est un thriller émouvant, dérangeant et extrêmement bien construit. Quand tout fait sens, que le puzzle prend forme, on en sort le souffle coupé, avec une boule d’émotions coincée au fond de la gorge. J’ai vraiment hâte qu’il soit traduit en français (chez Sonatine comme ses précédents romans ?) pour pouvoir le conseiller à tout le monde !

Nowhere burning – Catriona Ward – Février 2026 – Viper

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La colonie – Annika Norlin

27 lundi Juil 2026

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Annika Norlin, burn-out, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, La colonie, La Peuplade, lecture, Livre, quoi lire, roman, Utopie, vivre autrement

Les premières phrases

«  Dans le groupe, ils étaient sept. Ils sont arrivés par en haut, probablement depuis la route principale. Puis ils ont tranquillement descendu tout le long du chemin, sans regarder le sol, comme si leurs plantes de pied connaissaient déjà l’emplacement des racines. Il y avait des femmes et des hommes, un jeune, le reste avait la quarantaine, ou plus. Cinquante ans ? Soixante ? Ils marchaient les uns derrière les autres, en ligne. Ils ont bifurqué sur le petit sentier, celui qui mène au lac.

C’était le matin. »

Impressions

Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à lire une utopie, un texte optimiste et joyeux sur le vivre autrement. Après lecture, je peux dire que ça l’est sans l’être vraiment finalement. Mais si avec La colonie, l’autrice suédoise Annika Norlin m’a proposé un roman différent de mes attentes, je n’ai pas été déçue, loin s’en faut. J’ai dévoré les quelque 500 pages de La colonie en deux jours tant j’ai été captivée par l’histoire et émue par ses personnages.

Tout commence avec Emelie, jeune citadine menant une vie normale, jusqu’à ce que son corps la lâche. Incapable de sortir de son lit un matin, elle comprend qu’elle fait un burn-out. Elle fuit alors la ville pour se réfugier loin de la cacophonie de la société dans l’arrière-pays suédois, en pleine nature. Là, elle plante sa tente et laisse ses pensées s’apaiser, s’octroie le droit de ne rien faire, juste observer les arbres, les montagnes, le lac. Elle croit que la solitude constitue la réponse à son mal-être jusqu’à ce qu’elle croise les membres d’un groupe étrange, aux habitudes bizarres, vivant en quasi autarcie dans une ferme à l’écart de tout. Auraient-ils réussi à créer une autre forme de vie en communauté plus apaisée et heureuse ? Petit à petit, Emelie en apprend plus sur ces sept individus, leur mode de vie, leur passé et ce qui les a poussés à vivre ainsi.

Tout n’est pas tout rose dans cette communauté… On ressent les failles, les doutes de chacun. La colonie n’est pas un roman joyeux, Annika Norlin ne nous propose pas un modèle parfait de société utopique. Reste que je suis ressortie de cette lecture avec de l’espoir, avec cette idée notamment que l’on n’est pas forcés de se contraindre (se limiter) à vivre comme les autres, à paraître « normale » : « En tant qu’être humain, on fait tellement de petits choix au quotidien, on en oublie qu’on a également la possibilité de faire de grands choix. On n’est pas obligés de vivre là où tous les autres vivent. On n’est pas obligés de vivre comme tous les autres vivent. On peut faire une pause et se demander : en quoi est-ce que je crois, au fond ? Et alors on essaye de vivre de cette manière-là, entouré de personnes avec qui on a réellement envie de vivre.« 

La colonie – Annika Norlin – Septembre 2025 – La Peuplade – Traduit du suédois par Isabelle Chéreau – Illustration de couverture réalisée par Ginevra Rapisardi

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Dieu.O – Sigridur Hagalin Björnsdottir

19 dimanche Juil 2026

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, Dieu.0, IA, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Sigridur Hagalin Björnsdottir

Les premières phrases

«  Sigfus Helgason rencontre Dieu à la station de bus de Mjodd pendant qu’il attend que la pendule affiche 8h03 pour démarrer au volant du numéro 24 vers le quartier de Grafarvogur. Assis sur le siège du conducteur, il regarde droit devant lui et se rappelle un vieux poème,

Splendeur et silence règne sur

les sommets,

lorsque soudain, le ciel se déchire et la lumière le submerge. Il croit d’abord que c’est la fin du monde, que la bombe nucléaire a fini par tomber, il se prend le visage dans les mains et hurle de terreur, puis comprend que cette clarté vient de son for intérieur, le monde est le même qu’avant. Les abribus parsemés de tags sont semblables, les immeubles en béton identiques, la circulation matinale se déverse, aussi bruyante que de coutume, sur le boulevard de Reykjanes.

Sigfus est le seul qui ait changé, il déborde de lumière, d’espoir et d’une étrange gaieté, il a comme retrouvé son âme d’enfant. »

Impressions

J’avais acheté ce roman après l’avoir feuilleté et avoir gloussé trois fois en lisant quelques phrases par-ci par-là. Je n’avais aucune attente, ne l’ayant vu passer nulle part. Et j’adore ça : ne pas savoir à quoi m’attendre quand je commence à lire un roman (je ne lis quasiment jamais les quatrièmes de couverture qui en disent souvent beaucoup trop) ! J’avais juste lu un précédent roman de Sigridur Hagalin Björnsdottir, L’île, que j’avais bien aimé, sans être un coup de cœur. Conclusion : Dieu.0 fut un régal de lecture, et gagne à être plus connu et lu.

Tout commence avec un chauffeur de bus et ancien poète : il connaît subitement une illumination divine, qui ne lui apporte que des ennuis. En parallèle, une jeune fille décide de quitter le lycée où elle est harcelée. Et un journaliste au chômage se voit embaucher par une start-up ayant créé une IA de confession en ligne, une sorte de ChatGPT spirituelle. Le tout est entrecoupé de fausses coupures de journaux relatant des faits scientifiques observés, telles l’attaque d’orques contre des voiliers ou encore la mort inexpliquée de centaines d’oiseaux.

Dans Dieu.0, l’autrice arrive à aborder des thèmes d’actualité sur un ton à la fois sérieux et décalé : harcèlement scolaire, dérives liées à l’IA, destruction de notre écosystème… Rien de réjouissant… D’ailleurs, la société qu’elle décrit pourrait être la nôtre d’ici quelques années (mois ?). Les articles de presse sont ici majoritairement écrits par des IA, les sujets traités dans les médias véhiculent une fausse réalité, les emplois créatifs n’existent quasiment plus. Et avec l’application Dieu.0, une entreprise tente de prendre le contrôle des âmes des personnes déprimées, dépressives et des laissés pour compte. Reste que si l’autrice dénonce, elle propose également des pistes d’espoir, basée sur l’empathie, la solidarité, et… la poésie. Si la société actuelle vous révolte, si l’utilisation de l’IA vous met hors de vous, lisez ce roman !

Dieu.0 – Sigridur Hagalin Björnsdottir – Avril 2026 – Gaïa / Actes Sud – Traduit de l’islandais par Eric Boury

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Gogmagog – Jeff Noon & Steve Beard

11 samedi Juil 2026

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantasy, Gogmagog, idées de lecture, Jeff Noon, La Volte, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Steve Beard

Les premières phrases

«  Cady s’éveilla à six heures, par une vieille habitude, et s’assit en poussant un grognement. Ses yeux étaient tout collés et sa gorge tapissée de sable. Mais elle n’avait qu’à tâtonner pour trouver son petit-déjeuner, posé sur la table de chevet : un verre de vinaigre de malt dans lequel avait été cassé un oeuf cru. Elle le vida avec plaisir. Puis elle se leva, rota et réussit à atteindre les toilettes juste à temps pour faire pipi et caca. La journée promettait d’être belle : les rivages lointains l’appelaient.

Elle n’allait nulle part. »

Impressions

Mais que ça fait du bien de lire un roman où l’héroïne a plus de vingt ans ! Arcadia Meade, plus communément appelée Cady, traîne ses 78 ans (Hum hum…) dans un repaire pour marins sans le sous. Finie pour elle, l’époque où elle était capitaine de navire. Aujourd’hui, elle passe le temps en buvant du rhum, en entonnant des chansons grivoises, en se bagarrant et en fumant. Jusqu’au jour où une petite fille et un être artificiel viennent lui demander son aide pour traverser le fleuve, réputé dangereux, et rejoindre la ville de Ludwich.

Mélange de SF et de Fantasy, Gogmagog est une lecture originale que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Le personnage de Cady y est évidemment pour beaucoup ! Mais c’est aussi grâce au style des deux auteurs, fluide et pleine d’humour, qui nous entraînent page après page dans les aventures d’une petite troupe hétéroclite, dont les membres sont issus de différents peuples. A l’instar de Cady, pas tout à fait humaine… Mais je ne vous en dirai pas plus. Le mieux est de découvrir petit à petit les mystères de cet univers. Ici, légendes, mythes et magie, côtoient des carcasses rouillées de véhicules d’un autre temps le long d’un fleuve regorgeant de dangers. Vivement le tome 2 pour découvrir la suite des aventures de Cady et son équipe !

Gogmagog – Jeff Noon & Steve Beard – Mars 2026 – La Volte – Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marie Surgers – Illustration de couverture réalisée par Anna Parraguette

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