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« On avait huit ans le jour où papa m’a coupée en deux, de la gorge jusqu’au bas du ventre. »
Impressions
Le titre est déjà magnifique… Je pleure encore la beauté du monde m’a émue aux larmes. Charlotte McConaghy m’a conquise dès les premières lignes avec son héroïne, Inti, cette biologiste à l’empathie hors norme, tentant de réintroduire le loup en Écosse, dans les Highlands, tout en veillant sur sa sœur jumelle Aggie.
Il y a une telle douceur dans ce roman, contrebalancée par une violence crue qui vous sert les tripes. La plume est superbe, aussi bien pour décrire les paysages écossais d’une beauté et d’une rudesse à couper le souffle, que pour décrire les meutes de loups et les êtres écorchés par la vie et en particulier par la cruauté des hommes.
Et puis il y a ces phrases qui résonnent tellement avec l’actualité : « Ce qui est dangereux, c’est la propagation de la peur. Si vous pensez réellement que les loups sont des bêtes sanguinaires, c’est que vous êtes aveugles. Parce que c’est nous qui sommes comme ça. C’est nous qui tuons les gens, les enfants. C’est nous les monstres. » Et : « Mon père disait souvent que le monde avait déraillé quand nous avions commencé à nous détacher du sauvage, quand nous avions cessé de ne faire qu’un avec le reste de la nature, que nous nous étions installés à l’écart. Il disait que nous pourrions survivre à cette erreur si nous trouvions le moyen de nous réensauvager. Mais comment doit-on s’y prendre, sachant que notre existence terrorise les créatures avec lesquelles nous sommes censés nous reconnecter ? »
Un conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop sur l’intrigue (notamment sur un événement qui n’arrive qu’assez tard dans le roman). Sachez juste que si vous aimez les histoires autour de la préservation de la nature, les loups, les liens entre sœurs, et la définition des monstres, vous ne pourrez qu’être happés par ce livre, oscillant entre nature writing, littérature et thriller.
Je pleure encore la beauté du monde – Charlotte McConaghy – Janvier 2026 – Babel – Traduit de l’anglais (Australie) par Marie Chabin – Illustration de couverture réalisée par Marc Martin

C’est presque convaincant, j’ai peur simplement que cela soit contemplatif, trop pour moi ?
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Non, je n’ai pas trouvé que c’était contemplatif.
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