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Les premières phrases

«  Les empreintes de pas boueuses commençaient au pied du perron, traversaient l’allée de gravier et disparaissaient dans l’obscurité des bois. David Carnswel n’avait d’autre choix que de les suivre.

Il n’en avait pas envie, cela allait sans dire. Il aurait préféré fermer la porte, pousser les verrous, rejoindre dans leur lit celle qui était son épouse depuis quarante ans et s’endormir comme s’il n’avait jamais entendu résonner ces trois coups. Mais ce qu’aurait préféré David était sans importance. David devait suivre ces traces – la survie de l’humanité était en jeu, rien de moins. »

Impressions

Après avoir eu un coup de cœur pour C’était notre maison, j’attendais avec impatience le second roman de l’auteur canadien Marcus Kliewer et je n’ai pas été déçue. Encore une fois, Marcus Kliewer a réussi à me faire peur ! Quant à son héroïne, Macy, elle m’a bouleversée. Ici, la tension et l’horreur ont un sens (pas comme le dernier Franck Thilliez, La Route du Diable, qui, à mon avis, propose juste de l’horreur et de la violence gratuites). Si La Gardienne des ombres m’a autant captivée, ce n’est pas seulement pour sa tension continue et son ambiance particulièrement angoissante, c’est aussi pour son sujet principal : la santé mentale.

Macy est une jeune femme en souffrance, tentant tant bien que mal de protéger sa petite sœur depuis la mort de leur père, de payer le loyer et de les nourrir. Alors, quand elle tombe sur une annonce très étrange, elle accepte tout de même le poste proposé pour la somme improbable qu’il va lui rapporter. Garder une maison, cela semble si simple, sur le papier… Mais Macy doit suivre des règles absurdes, comme veiller à ce que toutes les lumières de la maison demeurent éteintes entre 3 heures et 4 heures du matin, ne pas laisser entrer de visiteurs aux yeux bleu glacier, se méfier des lapins, surtout si ce sont des lapins blancs…

J’ai adoré avoir peur en lisant ce roman, j’ai également été émue par le mal-être de Macy. Je n’ai qu’un seul bémol : à mon sens, le roman aurait pu s’arrêter page 333, soit une trentaine de pages avant la fin. La fin aurait eu plus d’impact, en nous laissant imaginer la suite. Il n’en demeure pas moins que ce roman d’horreur est une réussite. Si vous avez envie de vous faire peur, si les sujets de la santé mentale et de la dépression vous intéressent, foncez !

La Gardienne des ombres – Marcus Kliewer – Septembre 2026 – Belladone – Traduit de l’anglais (USA) par Laurent Bury – Illustration de couverture réalisée par Arcangel