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Les premières phrases

«  – Centrale de la police, quelle est votre urgence?

– Allô ? Mon nom est Deborah Cooper, j’habite à Side Creek Lane. Je crois que je viens de voir une jeune fille poursuivie par un homme dans la forêt.

– Que s’est-il passé exactement ?

– Je ne sais pas ! J’étais à la fenêtre, je regardais en direction des bois et là, j’ai vu cette jeune fille qui courait entre les arbres… Il y avait un homme derrière elle… Je crois qu’elle essayait de lui échapper.

– Où sont-ils à présent ?

– Je… Je ne les vois plus. Ils sont dans la forêt.

– Je vous envoie immédiatement une patrouille, Madame.

C’est par cet appel que débuta le fait divers qui secoua la ville d’Aurora, dans le New Hampshire. Ce jour-là, Nola Kellergan, quinze ans, une jeune fille de la région, disparut. On ne retrouva plus jamais sa trace. « 

Circonstances de lecture

Acheté après avoir regardé La Grande Librairie, où Joël Dicker était invité.

Impressions

Un livre haletant tout au long de ses plus de 660 pages pleines de suspens. Difficile de le classer. C’est à la fois une enquête policière, une histoire d’amitié, une histoire d’amour, une critique de la société américaine et du milieu littéraire. Mais aussi un roman sur l’écriture et la façon dont on devient écrivain. Un livre qui en contient plusieurs aussi… Mon gros coup de cœur de la rentrée ! Et le meilleur de cette année 2012.

Un passage parmi d’autres

 – Vous souvenez-vous de notre conversation, le jour où vous avez obtenu votre diplôme à Burrows ?

– Oui, nous avons fait une longue marche ensemble à travers le campus. Nous sommes allés jusqu’à la salle de boxe. Vous m’avez demandé ce que je comptais faire à présent, j’ai répondu que j’allais écrire un livre. Et là, vous m’avez demandé pourquoi j’écrivais. Je vous ai répondu que j’écrivais parce que j’aimais ça et vous m’avez répondu…

– Oui, que vous ai-je répondu ?

– Que la vie n’avait que peu de sens. Et qu’écrire donnait du sens à la vie.

– C’est cela, Marcus. Et c’est l’erreur que vous avez commise il y a quelques mois, lorsque Barnaski vous a réclamé un nouveau manuscrit. Vous vous êtes mis à écrire parce que vous deviez écrire un livre et non pas pour donner du sens à votre vie. Faire pour faire n’a jamais eu de sens : il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que vous ayez été incapable d’écrire la moindre ligne. Le don de l’écriture est un don non pas parce que vous écrivez correctement, mais parce que vous pouvez donner du sens à votre vie. Tous les jours, des gens naissent, d’autres meurent. Tous les jours, des cohortes de travailleurs anonymes vont et viennent dans de grands buildings gris. Et puis il y a les écrivains. Les écrivains vivent la vie plus intensément que les autres, je crois. N’écrivez pas au nom de notre amitié, Marcus. Ecrivez parce que c’est le seul moyen pour vous de faire de cette minuscule chose insignifiante qu’on appelle « vie » une expérience valable et gratifiante.

Je le fixai longuement. J’avais l’impression d’assister à la dernière leçon du Maître. C’était une sensation insupportable.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joël Dicker – septembre 2012 (Editions de Fallois / L’Age d’Homme)

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