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J.W. Ironmonger - Le génie des coïncidencesLes premières phrases

«  La fillette d’à peine trois ans à laquelle on donna le nom d’Azalea Ives fut trouvée un soir de solstice d’été, seule et perdue, sur un champ de foire du Devon. A cette heure déjà tardive, un enfant de son âge aurait dû être sagement bordé dans son lit. Le responsable des lieux garda la fillette dans sa caravane pendant une heure, et même un peu plus, le temps de diffuser des appels par haut-parleur. Le champ de foire accueillait une fête foraine itinérante, alors entre les cris stridents des adolescents, les ferraillements fracassants des montagnes russes, les rugissements du waltzer, les braillements des marchands ambulants et bonimenteurs et le martèlement des basses saturées, on comprend aisément que ces annonces publiques soient passées inaperçues. A 22 heures, le vacarme s’était tu, la plupart des bambocheurs s’étaient dispersés dans la nuit, et personne ne s’était présenté pour réclamer la petite fille. Une voiture de police arriva de Torquay et deux agents, deux grands gaillards qui ne savaient pas vraiment s’y prendre avec les très jeunes enfants, firent de leur mieux pour communiquer avec la fillette. Ils lui demandèrent son nom, l’un des policiers nota scrupuleusement sa réponse – « Azalea Ives » -, et c’est ainsi qu’on l’appela à compter de ce jour.  »

Circonstances de lecture

Un livre choisi grâce à son titre.

Impressions

Quand un maître de conférences, expert dans l’art de démonter les coïncidences,  rencontre une jeune femme affirmant que sa vie est régie par toute une série de coïncidences depuis son enfance, cela donne une bien belle histoire. Les thèmes du hasard, du destin et des coïncidences sont ici explorés par J.W. Ironmonger, nous faisant voyager des confins de l’Ile de Man, à Londres en passant par l’Ouganda. Un livre qui se lit avec plaisir.

Un passage parmi d’autres

 « Il semblerait que je sois accablée par les coïncidences, professeur Post.

– Accablée ?

– Accablée. Harassée. Maudite. Rongée. Choisissez le mot qui vous convient. On dirait qu’elles me poursuivent, ou qu’elles infectent ma vie. Je ne sais pas trop comment l’expliquer. J’espérais que, peut-être, vous pourriez m’aider. »

Thomas haussa les sourcils. « Vous aider ? Mais comment ?

– Pas concrètement, j’imagine. Je ne suis pas à la recherche d’un exorciste. Je n’attends pas que vous enfourchiez un destrier blanc pour donner la charge aux forces de la nature.

– Dommage, dit Thomas. Le destrier blanc, ça me plaît bien.

– Ça ne vous irait pas, trancha Azalea en balayant le fantasme. J’espérais que vous seriez en mesure de m’aider à les comprendre. A leur trouver un sens.

– Je vois. Et maintenant, j’imagine, vous allez ajouter cette rencontre à la liste de vos étranges coïncidences ? »

Azalea hocha la tête. « Je crois qu’elle m’a moins stupéfiée que vous. Je commence à m’habituer aux surprises que l’univers fait surgir sur ma route.

– Cela vous aiderait-il si je vous expliquais pourquoi les coïncidences surviennent ? Pourquoi nous, frêles humains, sommes enclins à déceler des schémas dans la nature ?

– Oui, cela pourrait m’aider.

– Je ne suis pas psychanalyste.

– Je n’ai pas besoin d’un psy. Je ne suis pas en train de perdre la raison, professeur Post.

– Parfait. »

J.W. Ironmonger – Le génie des coïncidences – 2014 (Stock)

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