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« Je m’appelle Mawukana na-Vdnaze et je suis une très mauvaise copie de moi-même.
D’après la commandante, il est important que je canalise ma curiosité dans de grandes choses. Elle se donne beaucoup de mal pour m’occuper en permanence. Me réguler. C’est pourquoi j’ai rédigé plusieurs essais sur des sujets tels que la botanique extra-planétaire, la linguistique xéno-archéologique, la sociologie inter-espèces ou l’histoire de l’art, plus un article assez fantaisiste sur la jonglerie qui a suscité un intérêt surprenant. »
Impressions
Avec Les Dieux lents, l’autrice britannique Claire North signe un space opera ambitieux et réussi. Elle nous conte l’histoire de Mawukana na-Vdnaze, cet homme revenu d’entre les morts, être étrange instillant la peur, seul pilote capable de s’interfacer avec un vaisseau voguant en espace courbe plus d’une fois sans devenir fou. Alors qu’il aurait dû mourir lors d’une traversée, il est retrouvé vivant, sans pour autant être totalement lui-même. Depuis, il vit reclus sur une île, jusqu’au jour où il est envoyé en mission sur Adjumir, première planète devant être touchée par une supernova, selon les dires d’une étrange entité, laq Lent.
Vous l’aurez compris, ce roman est exigeant. Pour l’apprécier, lisez-le à tête reposée. Ici, Claire North nous parle de multiculturalité, de la richesse de l’univers, de la peur du vide, de la folie, de la guerre, de l’art, de l’effondrement, des langues, de la petitesse de chaque être vivant au sein de cet univers immense, et du sens de la vie. Les réflexions abordées sont passionnantes, et le tout forme un grand texte de SF.
Son héros, à l’identité trouble, plus vraiment humain depuis qu’il a côtoyé le vide de la nuit, dispose d’un côté attentiste et passif, et d’une absence quasi-totale d’émotions, caractéristiques pouvant créer une certaine distance avec les lecteurices, ce qui a été mon cas. C’est là le seul bémol à cette lecture remarquable. À noter : Claire North a réalisé un travail sur la langue et l’écriture inclusive particulièrement intéressant, en fonction par exemple des habitudes culturelles des peuples rencontrés sur différentes planètes, ou encore du genre des êtres, qu’ils soient organiques ou numériques. Un travail d’écriture, comme de traduction (bravo à Michelle Charrier !), qui participe grandement au plaisir de lecture et à l’immersion.
Les Dieux lents – Claire North – Avril 2026 – Le Bélial – Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Michelle Charrier – Illustration de couverture réalisée par Nico Taylor
