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Les premières phrases

«  Les nuages s’étaient déchirés après l’averse et le crépuscule ruisselait de lumière. Les goélands qui tournoyaient au-dessus de la digue, les hommes affairés sur les docks, tout était nimbé d’une auréole resplendissante.

Le ferry à destination de l’archipel d’Aburi avait quitté les quais du port de R. et se dirigeait lentement vers le large.

Depuis la cafétéria où il était attablé, Ryôsuke voyait défiler les installations portuaires, et il avait aussi vue sur une partie du pont et de la coursive. Sur le pont brillaient des flaques pareilles à des éclats de soleil, leurs reflets dessinant des motifs évanescents. Au gré du roulis, les taches de lumière s’évanouissaient et fusionnaient, sans cesse changeantes. Ryôsuke, qui suivait leurs frémissements du coin de l’œil, y superposa fugitivement les premières formes de la vie issue de la mer. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré le premier roman de Durian Sukegawa, « Les Délices de Tokyo« .

Impressions

Après « Les Délices de Tokyo« , l’auteur japonais Durian Sukegawa signe un 2ème roman tout aussi beau. Son héros a accepté un job ingrat sur une île isolée : creuser une tranchée d’arrivée d’eau. Mais son véritable objectif est d’accomplir le rêve de son père : fabriquer du fromage de chèvre. Reste que sur une île où les habitants ont comme tradition de manger les chèvres, son projet n’est pas vu d’un très bon œil… Ce roman traite avec justesse des tabous, de l’accomplissement des rêves, du mal être, du poids d’une vie animale comparé à celle des hommes. Petit avertissement : les descriptions des repas à base de poissons et de la confection des fromages de chèvre vous donnera l’eau à la bouche ! Prévoyez un petit encas à côté de vous lorsque vous lirez ce livre !

Un passage parmi d’autres

 Du brocciu tout frais, charnu et luisant.

Le soleil était couché depuis longtemps ; à la lueur de la lanterne, ils remplirent de vin leurs verres dépareillés. Dans la nappe de lumière qui s’échappait de la maison, ils trinquèrent tous les cinq. La première gorgée avalée, il fut temps de goûter le brocciu. Chacun préleva une cuillerée de fromage dans le chinois et la porta à ses lèvres en silence.

Curieusement, ce fut Hashi qui poussa le premier un grognement de plaisir. Kaoru et Tachikawa, avec un soupir émerveillé, laissèrent échapper un petit rire.

L’institutrice fit rouler deux ou trois fois ses grands yeux humides.

« On croirait manger des nuages. »

Un éclat de lumière fugace ourla ses paupières.

Ryôsuke, un sourire accroché aux lèvres, se tourna vers les chèvres. La petite famille était tendrement réunie devant l’étable.

Durian Sukegawa – Le Rêve de Ryôsuke – avril 2017 (Albin Michel)

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