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Les premières phrases

«  Enfant, j’aimais m’imaginer concombre. Le soir, couchée les bras le long du corps, sous ma couette « dinosaures », les jambes bien à plat ou un peu ramenées vers mon ventre, je tentais de prendre pendant quelques instants la forme de mon légume préféré. J’suis un concombre, j’suis un concombre, j’suis un concombre, chuchotais-je à mon moi de huit ans, jusqu’au moment où je me disais qu’un concombre, ça ne chuchote pas. Alors, je me mettais à réciter mentalement mon mantra, jusqu’à ce que je me rende compte qu’un concombre, ça ne se parle pas non plus à soi-même. Mais en général, au moment en question, j’avais déjà sombré dans un profond sommeil.  »

Circonstances de lecture

Parce que le titre m’a attirée.

Impressions

L’héroïne de ce roman, Ida, vit aux Pays-Bas. Elle nous livre ses réflexions sur son enfance, sa vie d’adulte, ses relations amoureuses (notamment celle avec sa petite amie Robin), la dépression, mais aussi le réchauffement climatique et sa vision de l’être humain. A travers cette introspection, Lieke Marsman signe un roman singulier.  On y  parle sentiments, philosophie et environnement. C’est intrigant et passionnant ! Entrez donc dans la tête d’Ida : vous vous confronterez à la vision d’une personne qui se pose beaucoup de questions sur elle-même, sur les autres, sur les enjeux de notre époque, et l’impact de l’homme sur la planète. Le tout sous une forme mêlant citations d’auteurs et de philosophes (Naomi Klein, Kierkegaard…), journal intime, listes d’idées, interviews ou encore questionnaires. Un livre qui fait travailler les méninges.

Un passage parmi d’autres

 Ma propre apathie est une conséquence de la façon dont la génération de mes parents nous transmet le monde ; mon cynisme une expression de désarroi : je recours à des blagues cyniques pour me tenir debout dans un monde que je n’ai pas choisi, que je n’aurais jamais choisi, mais auquel je ne vois aucun moyen d’échapper. Car quoi que nous reprochions à la génération qui nous précède, ses dirigeants ont, nom d’un chien, tout réglé comme du papier à musique. Élaboré un système tellement bien ficelé qu’il élimine par avance ses adversaires en élevant toute forme de contradiction au rang de produit de luxe. Ceux qui ont le temps de manifester ne travaillent pas assez dur. Ceux qui sont au chômage sont paresseux. Encore un petit effort et ceux qui n’ont pas à manger seront coupables.

Lieke Marsman – Le contraire d’une personne – mai 2019 (Rue de l’échiquier)

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