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Les premières phrases

« À mesure que les gens commençaient à mourir, le désespoir nous a entraînés dans les profondeurs en quête de remèdes. Nous avons exploité les monts hydrothermaux jusqu’à causer l’extinction des vers tubicoles, mis à nu les champs de nodules polymétalliques, essoré les éponges pour les vider de leurs déchets, et ce afin de traiter les nouvelles maladies, ces monstrueuses pestes incurables nées de notre nouveau climat, qui se répondaient dans notre atmosphère. Mais les gens continuaient de mourir. Alors, nous avons creusé encore plus profond… »

Impressions

J’avais peur que l’aspect scientifique de cette novella me perde, l’autrice, neuroscientifique, se basant fortement sur ses recherches en matière de développement neurologique pour alimenter son histoire. Mais j’ai très vite compris que cet aspect n’allait pas gêner ma lecture. Ce texte m’a bouleversée, Arula Ratnakar mêlant parfaitement les neurosciences et la biologie marine à une émotion à fleur de peau. Imaginez qu’une innovation mémorielle permette de revivre les souvenirs d’une personne décédée. Comment démêler la mémoire d’une autre de ses souvenirs personnels ? À partir de quel moment les souvenirs peuvent-ils s’enchevêtrer ? Ne risque-t-on pas de se perdre soi-même et de se laisser submerger ?

Ce n’est qu’une novella, et pourtant Arula Ratnakar parvient à aborder avec justesse de nombreux thèmes, tels le changement climatique et ses conséquences sur la santé des êtres vivants, l’éthique scientifique, ou encore la destruction des fonds marins. Autre point que j’ai trouvé particulièrement intéressant : le moyen d’action trouvé par les enfants pour dénoncer l’inaction des adultes en matière de préservation de l’environnement. J’attendrai avec impatience un autre texte de l’autrice, tant celui-ci m’a séduite, combinant parfaitement réflexions scientifiques, enquête mémorielle, et histoires d’amour.

Submergée – Arula Ratnakar – Février 2026 – Argyll (collection RéciFs) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Daniel Brèque – Illustration de couverture réalisée par Anouck Faure