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Les premières phrases

« La joue collée à la meurtrière du poste-frontière en ruine, Nabintu scruta l’extérieur comme on espionne à travers le trou d’une serrure. Il faisait encore sombre dehors, mais – c’était bien sa crainte – l’horizon pâlissait déjà. La nuit touchait à sa fin et, avec elle, le temps qui leur était imparti. »

Impressions

Avec Trois nuits, Stéphane Arnier nous plonge dans une ambiance mêlant polar poisseux, huis-clos, fantasy et fantastique, autour d’un principe simple : trois personnes choisies par une démone auront trois jugements à rendre, un par nuit. À la moindre erreur, elles seront damnées. Chaque nuit, un suspect leur sera désigné. Chaque nuit, Nabintu, la paysanne, Ishitey, la guerrière, et Melanthius, le vieux prévôt, devront démêler le vrai du faux, avec l’échéance du lever du jour pour rendre leur jugement, gracier le suspect ou le tuer. Mais peut-on juger une personne en si peu de temps ? Et qui sont-ils pour décider du bien et du mal ? Pourquoi ont-ils été choisis par la démone ?

L’atmosphère est lourde, le temps est compté et le lecteur perçoit parfaitement ce compte à rebours oppressant, aussi bien pour les juges que les suspects. Des trois nuits, la troisième m’a le plus happée, peut-être à cause du lieu choisi (un bateau), mais aussi par le côté plus fantastique du récit avec ses créatures nocturnes. Après mon coup de cœur pour le précédent roman de l’auteur, La brume l’emportera, Trois nuits me conforte dans mon envie de découvrir ses prochains textes.

Trois nuits – Stéphane Arnier – Octobre 2025 – Éditions Asynchrone/PVH éditions – Illustration de couverture réalisée par Brookesia Art StudioIllustrations intérieures par Frédéric Bessy