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Archives de Tag: Stéphane Arnier

La dernière transhumance – Stéphane Arnier

26 mardi Mai 2026

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Les premières phrases

«  « Invasion ! » criailla une voix de crécelle au-dessus de sa tête.

Kaisu se précipita entre les bouleaux aux feuilles jaunies et les pins aux ramures sombres. Elle arriverait trop tard pour sauver son mari – tout cela s’était déjà joué -, mais elle s’entêta. L’estomac noué d’un désespoir prémonitoire, elle courut jusqu’à repérer le rocher derrière lequel elle trouverait le corps. Elle contourna la masse de granit : Anta reposait là, le dos de sa tunique gorgé de sang. Debout au-dessus du cadavre, un guerrier vark la fixa d’un air éberlué. Une vilaine entaille au front lui empoissait la moitié du visage d’écarlate, imbibait sa barbe et ruisselait jusqu’au col de sa cape bordée d’hermine. »

Impressions

Stéphane Arnier est devenu une valeur sûre pour moi. Après avoir eu un coup de cœur pour son roman La Brume l’emportera, me voici de nouveau happée par son dernier roman, La dernière transhumance, qui m’a fait penser par certains aspects au film Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki. À peine le livre refermé, je n’ai qu’une hâte : que le tome 2 sorte (en septembre a priori) pour pouvoir connaître la fin de l’histoire !

L’auteur y dépeint merveilleusement bien les paysages du grand nord. On ressent parfaitement la beauté des lacs gelés, le souffle des rennes, le son du vent dans les branches. Ici, il nous fait suivre la dernière transhumance de Kaisu, doyenne de sa famille qui confiera bientôt sa place à son fils. Nomades par tradition, les membres de cette famille quittent leur campement d’hiver pour gagner le campement d’été, à la tête d’un vaste troupeau de rennes. Mais voilà que l’arrivée d’un étranger d’un peuple ennemi vient petit à petit fragiliser leur équilibre et faire remonter des souvenirs du passé. Au même moment, des corbeaux rôdent, et les vitaux, sortes d’esprits de la nature que seuls les enfants et certains nomades adultes peuvent voir, semblent s’agiter.

J’ai adoré découvrir les traditions de cette famille de nomades, fortement inspirés par le peuple Sami. Stéphane Arnier montre à quel point le mode de vie des nomades et l’équilibre de la nature se voient mis en danger par l’accaparement des terres à des fins d’exploitations minières notamment. Je me suis attachée à cette famille, aussi bien Kaisu, la doyenne, que son petit-fils Aslak, ou encore son fils Onnari (mon personnage préféré). Vivement la suite cet automne pour pouvoir reprendre le voyage avec eux !

La dernière transhumance – Stéphane Arnier – Avril 2026 – Mnémos – Illustration de couverture réalisée par Josef Barton

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Trois nuits – Stéphane Arnier

09 lundi Mar 2026

Posted by Aurélie in Fantastique, Fantasy, Policiers / Thrillers, Romans français

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Les premières phrases

« La joue collée à la meurtrière du poste-frontière en ruine, Nabintu scruta l’extérieur comme on espionne à travers le trou d’une serrure. Il faisait encore sombre dehors, mais – c’était bien sa crainte – l’horizon pâlissait déjà. La nuit touchait à sa fin et, avec elle, le temps qui leur était imparti. »

Impressions

Avec Trois nuits, Stéphane Arnier nous plonge dans une ambiance mêlant polar poisseux, huis-clos, fantasy et fantastique, autour d’un principe simple : trois personnes choisies par une démone auront trois jugements à rendre, un par nuit. À la moindre erreur, elles seront damnées. Chaque nuit, un suspect leur sera désigné. Chaque nuit, Nabintu, la paysanne, Ishitey, la guerrière, et Melanthius, le vieux prévôt, devront démêler le vrai du faux, avec l’échéance du lever du jour pour rendre leur jugement, gracier le suspect ou le tuer. Mais peut-on juger une personne en si peu de temps ? Et qui sont-ils pour décider du bien et du mal ? Pourquoi ont-ils été choisis par la démone ?

L’atmosphère est lourde, le temps est compté et le lecteur perçoit parfaitement ce compte à rebours oppressant, aussi bien pour les juges que les suspects. Des trois nuits, la troisième m’a le plus happée, peut-être à cause du lieu choisi (un bateau), mais aussi par le côté plus fantastique du récit avec ses créatures nocturnes. Après mon coup de cœur pour le précédent roman de l’auteur, La brume l’emportera, Trois nuits me conforte dans mon envie de découvrir ses prochains textes.

Trois nuits – Stéphane Arnier – Octobre 2025 – Éditions Asynchrone/PVH éditions – Illustration de couverture réalisée par Brookesia Art Studio – Illustrations intérieures par Frédéric Bessy

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La brume l’emportera -Stéphane Arnier

11 lundi Mar 2024

Posted by Aurélie in Fantasy

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Stéphane Arnier - La brume l'emporteraLes premières phrases

«  Azoa Ne !

Je m’appelle Keb Gris-de-pierre, fils de Kahar, et je parle devant vous, détenteur de votre bâton-oiseaux. En me confiant ainsi le sceptre de parole de votre clan, vous m’offrez votre nuit : tant que le soleil dort, tant que je reste dans le cercle de feu, tant que je garde ce symbole en main, aucun de vous ne quittera la plage ni ne m’interrompra. 

On m’a dit que, de mémoire de Ta’moaza, j’étais le premier Dak à en avoir l’honneur. Merci pour cette voix que vous m’accordez. Et merci pour le reste : si vous ne m’aviez pas recueilli quand vous m’avez trouvé, si vous n’aviez pas soigné le vieux bougre que j’étais, si vous ne m’aviez pas nourri, moi, l’ennemi du passé, si vous ne m’aviez pas fait couler de l’eau dedans le gosier, je ne serais pas ici ce soir. 

Alors – foa ! – comme je vous dois ma sombre peau, je suppose que je devrais commencer par vous présenter mes excuses !

Je vous demande pardon, par avance, car ma palabre de cette nuit risque de ne pas vous plaire, oh non, non ! » 

Circonstances de lecture

Honnêtement, à la vue de cette couverture, n’avez-pas envie de vous y plonger ?

Impressions

Je viens de refermer les pages d’une histoire belle et émouvante, celle contée par Keb Gris-de-pierre, un simple berger, qui a vu toute sa vie et tous les êtres qui lui étaient chers disparaître sous la brume. J’ai écouté son histoire jusqu’au bout, respectant ainsi le cérémonial du bâton-oiseaux. Son histoire et celle de la guerrière Maramazoe, détentrice, peut-être, des clés permettant de dissoudre la brume.

Que ce voyage était beau ! Mon petit cœur a vibré avec ces deux êtres que tout semble opposer, et qui voient pour autant leur destin se lier l’un à l’autre. Dans ce roman vibrant de beautés et d’émotions, Stéphane Arnier nous livre un conte autour des regrets et des remords, des liens qui peuvent se tisser entre des peuples ennemis, du passé qui nous rattrape et auquel on se raccroche parfois un peu trop, du deuil et de son acceptation.

Allez, les yeux un brin embués, je vous passe à mon tour le bâton-oiseaux. L’attraperez-vous ?

Stéphane Arnier – La brume l’emportera – Février 2024 – Mnémos

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