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Les premières phrases

«  L’air vibre au soleil. L’eau sous le canot est calme, presque huileuse. Je laisse glisser une main dedans. J’ai l’impression de plonger mes doigts dans de la soupe chaude.

Mon t-shirt trempé de sueur me colle au dos. Même ici, en mer, on n’échappe pas à la chaleur accablante. Je laisse mon regard errer sur l’eau bleu turquoise. Une mouette soulève péniblement ses ailes et survole la mer sans élan. Quelques mètres plus loin, un deuxième canot dérive dans la crique déserte. Il se détache sur le soleil ardent telle une silhouette en papier qui se balance. Et quelque chose dans ce canot – ou plutôt chez l’inconnu qui s’y trouve – me le fait regarder par deux fois. Un frisson parcourt ma main sur la barre. »

Impressions

Difficile de lâcher le nouveau thriller de Vera Buck ! Un sombre été m’a totalement happée ! Après la forêt suédoise où se déroulait son précédent roman La cabane dans les arbres, l’autrice allemande Vera Buck nous emmène ici sous la chaleur caniculaire de la Sardaigne. C’est dans un village de montagne abandonné que Tilda décide de refaire sa vie pour faire son deuil d’un passé douloureux. Elle rachète pour un euro symbolique une vieille maison à rénover (avec d’étranges marques sombres au sol et des impacts aux murs), espérant ainsi apaiser son esprit et retrouver un peu de sérénité, au calme. Mais voilà que les cloches de l’église se mettent inexplicablement à sonner, que des bruits étranges lui collent des frissons, tandis que d’aucuns parlent d’un village maudit : un drame s’y serait déroulé, vidant le lieu de tous ses habitants… En alternance du point de vue de Tilda, l’autrice nous plonge également dans le passé de ce village aux côtés de Franca, une jeune fille y ayant grandi et habité par le passé… tandis qu’un journaliste, Enzo, tente de soutirer des informations au dernier résident du village.

Les chapitres se succèdent, et avec eux, la tension monte inexorablement. Voici une lecture captivante, avec des révélations qui ont du sens. Une histoire d’autant plus révoltante et nécessaire que l’autrice s’est inspirée de faits réels pour écrire ce roman.

Un sombre été – Vera Buck – Août 2026 – Gallmeister – Traduit de l’allemand par Brice Germain – Illustration de couverture par Yukiko Noritake