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Les premières phrases

«  Cosma hasarda quelques pas dans la pénombre, au milieu des piles de disques durs usagés, des câbles rongés par la rouille, des batteries et des implants abandonnés. Le froid coulait sur ses épaules. Une odeur acide rongeait ses narines et les lueurs blanchâtres des diodes rompaient parfois l’obscurité des lieux. Partout, des données numériques flottaient dans l’air. Désordonnées, incomplètes, corrompues. Chaotiques.

Elle ignorait comment tout cela était possible. Elle ignorait pourquoi. Mais comme tous les habitants de Kelgran qui se risquaient parfois ici, elle le sentait. Les données numériques fuyaient hors de leurs supports silicium, s’échappaient vers… Vers où ? Aucune idée. Dans ce sous-sol fait de métal, de terre, de poussière lourde et d’obscurité, le passé se tordait, se recomposait. »

Impressions

J’ai lu Nos éclats de souvenirs quasiment d’une traite ! Dans la cité de Kelgran où se tassent les derniers Humains, abrutis de données par les élites, deux êtres vont se trouver réunis dans une quête. Le botaniste Ark pleure un passé douloureux – la perte de sa femme et de sa fille. Cosma, quant à elle, a tout oublié de son passé et peine à retenir son présent. Elle travaille pour un petit groupe de résistants, quand elle ne se shoote pas aux données entreposées dans les sous-sols… À Kelgran, chacun doit tenir sa place. Chacun doit travailler pour la survie de la cité, ceinte de glace, et dominée par un énorme datacenter. Chacun porte un implant cérébral.

Données et souvenirs s’entremêlent dans ce roman entre cyberpunk, thriller et quête existentielle. Jean Krug a su camper des personnages profondément attachants, à commencer par Cosma que j’ai adorée ! Le tout se déroule à un rythme endiablé. Un très bon moment de lecture !

Nos éclats de souvenirs – Jean Krug – Août 2026 – Critic – Illustration de couverture réalisée par Aurélien Police