1Q84 – Haruki Murakami

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Les premières phrases

« La radio du taxi diffusait une émission de musique classique en stéréo. C’était la Sinfonietta de Janácek. Etait-ce un morceau approprié quand on est coincé dans des embouteillages ? Ce serait trop dire. D’ailleurs, le chauffeur lui-même ne semblait pas y prêter une oreille attentive. L’homme, d’un âge moyen, se contentait de contempler l’alignement sans fin des voitures devant lui, la bouche serrée, tel un vieux marin aguerri, debout à la proue de son bateau, appliqué à déchiffrer quelque sinistre pressentiment dans la jonction des courants marins. Aomamé, profondément enfoncée dans le siège arrière du véhicule, écoutait, les yeux mi-clos. « 

Circonstances de lecture

Lu en décembre 2011, dans le métro et chez moi. Les premières critiques de ce livre m’ont tout de suite donné envie de l’acheter. Je n’ai pas été déçue. J’ai enchaîné les deux tomes avec plaisir. Vivement la parution du 3ème tome en mars !

Impressions

Un style propre à Murakami. La réalité côtoie des scènes de pure fiction. L’histoire flirte avec la magie, et baigne dans la poésie. Pleine de mystères, elle tient en haleine. Aomamé et Tengo, deux âmes soeurs séparées, sauront-ils se retrouver et affronter leurs destins, dans le monde bien réel ou dans celui pour le moins énigmatique de 1Q84 ? Qui sont les Little People ? Pourquoi y a-t-il soudain deux lunes dans le ciel ? Qu’est-ce que la chrysalide de l’air ? …

Un passage parmi d’autres

 – Et puis, poursuivit le chauffeur en regardant dans le rétroviseur, j’aimerais que vous vous souveniez d’un point, c’est que les choses et l’apparence, c’est différent. »

Les choses et l’apparence, c’est différent, se répéta Aomamé mentalement. Puis elle fronça légèrement les sourcils.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »

Le chauffeur répondit en pesant ses mots :

« Eh bien, qu’en quelque sorte vous allez accomplir des choses pas ordinaires, n’est-ce pas ? Comme de descendre en plein jour un escalier de secours depuis une voie express. Des gens normaux ne le feraient pour rien au monde. Encore moins une femme.

– Non, sans doute pas…, dit Aomamé.

– Et une fois que vous aurez agi de la sorte, il n’est pas impossible qu’ensuite le paysage vous paraisse, comment dire, assez différent de celui de tous les jours. Moi aussi j’ai eu ce type d’expérience. Mais il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n’y a toujours qu’une réalité.

1Q84 Livres 1 & 2 – Haruki Murakami – 2009 (parution japonaise) – 2011 (parution française – Editions Belfond)

Orgueil et préjugés – Jane Austen

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La première phrase

« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles. « 

Circonstances de lecture

Lu dans le RER et le métro entre le 02 et le 12 janvier 2012. J’ai eu très envie de relire ce livre après avoir vu le film de Joe Wright de 2006 avec Keira Knightley et Matthew McFadyen dans les rôles d’Elizabeth et Darcy. Une version très fidèle au livre.

Impressions

Des dialogues savoureux, de la galanterie à souhait, des personnages drôles et touchants. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant à relire ce classique de Jane Austen, moi qui lis généralement très peu de classiques.

Un passage parmi d’autres

– Arrivez ici, mademoiselle, lui cria son père dès qu’elle parut. Je vous ai envoyé chercher pour une affaire d’importance. Mr Collins, me dit-on, vous aurait demandée en mariage. Est-ce exact ?

– Très exact, répondit Elizabeth.

– Vous avez repoussé cette demande ?

– Oui, mon père.

– Fort bien. Votre mère insiste pour que vous l’acceptiez. C’est bien cela, Mrs. Bennet ?

– Parfaitement ; si elle s’obstine dans son refus, je ne la reverrai de ma vie.

– Ma pauvre enfant, vous voilà dans une cruelle alternative. A partir de ce jour, vous allez devenir étrangère à l’un de nous deux. Votre mère refuse de vous revoir si vous n’épousez pas Mr. Collins, et je vous défends de reparaître devant moi si vous l’épousez.

Elizabeth ne put s’empêcher de sourire à cette conclusion inattendue…

Orgueil et préjugés – Jane Austen – 1813 (parution anglais ) – 1932 (parution française)