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Les premières phrases

«  Il y a dans les hauts territoires de l’enfance, derrière les torrents, les ronces, les forêts, après les granges brûlantes et les longs couloirs de parquet, certains chemins qui s’aventurent plus loin vers le bord du royaume, longent les falaises ou le grillage et laissent voir une plaine tout en bas, c’est le pays des lendemains : le pays adulte.

Les enfants qui vont près de cette lisière, au milieu des herbes plus hautes que leurs épaules, surprennent parfois en-dessous d’eux, dans le fond de la plaine, la mort ou des amoureux, par accident. Ces apparitions ressemblent à des éclats de verre au soleil. Elles éblouissent et disparaissent aussitôt, cachées par des nuages bas.

En retournant vers la forêt profonde avec leurs arcs et leurs flèches, les enfants croient oublier cette vision. Mais elle a semé en eux un noyau de cerise qui grandit déjà à l’intérieur.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Le Livre de Perle » du même auteur.

Impressions

« Neverland » est le premier roman dit « adulte » de Timothée de Fombelle (mais à vrai dire, ses livres jeunesse conviennent également très bien aux adultes !). « Neverland » est un véritable enchantement. Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire plutôt rébarbative. Timothée de Fombelle nous entraîne ici dans un voyage plein de poésie sur les traces de son enfance perdue. Il nous donne à lire un texte onirique, tout simplement magnifique. A lire d’une traite (il ne fait qu’une centaine de pages), comme un poème ! Magique.

Un passage parmi d’autres

 Il me semble seulement qu’un matin on se réveille adulte dans le regard des autres. On hésite un instant. On ne se sent ni préparé ni volontaire pour le voyage. Mais il y a ce regard, en face, qui nous considère, et puis cette aspiration lointaine, le vent de la plaine que l’on sent pour la première fois sous sa chemise et un petit tas de noyaux de cerises au fond de nous, qui fait un peu mal.

Ce qui nous attend est déjà là, en pièces détachées. Alors on fait semblant. Cela commence toujours ainsi. On fait semblant d’être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie.

Timothée de Fombelle – Neverland – août 2017 (L’iconoclaste)

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