Étiquettes

, , , , , , , , , , , ,

Les premières phrases

« J’ai couru pendant des heures. J’ai couru, et maintenant, je veux manger. Je cherche quelque chose, un lièvre, un faisan, mais autour de moi tout se dissimule, à l’abri, bien caché. La forêt tout entière sait que je suis là cette nuit. Elle est belle sous la lune sans nuages, mais sa beauté m’indiffère, je n’ai pas faim de beau. J’ai faim de chair, de sang, je veux plonger les dents dans quelque chose de vivant. »

Impressions

J’ai dévoré ce roman ! Il faut dire que la plume de Louise Mey, précise et tranchante, va droit au but tout en parvenant à créer une ambiance et un décor que l’on visualise dans ses moindres détails, et des personnages (y compris secondaires) ayant une réelle substance. En moins de 200 pages, je trouve que c’est un tour de force. On s’attache aux protagonistes et, plus les pages défilent, plus la tension monte, à tel point que je n’arrivais pas à lâcher ma lecture !

Imaginez une petite communauté composée de femmes et d’enfants (le dernier homme du village part se former en ville), vivant à l’abri de la forêt dans un lieu paisible et reculé, caché aux yeux de tous, dans un monde où la société telle que nous la connaissons s’est effondrée. Ici, on vit de peu mais bien. Chacune mange à sa faim, chacune participe au bon fonctionnement du Hameau. C’est ici que vit Mila, une adolescente de 15 ans, avec sa mère. Et puis, un jour, un homme de l’extérieur arrive…

S’il n’y a pas de réelle surprise dans l’histoire, le roman est tellement bien écrit et construit que vous voudrez le lire d’une traite, afin d’évacuer la tension qui monte inexorablement jusqu’à la fin. Comme Mila, vous serrerez les poings. Louise Mey a su créer une histoire – courte et diablement efficace – avec une héroïne attachante, ode à la force des femmes, à la sororité, et au retour à un mode de vie respectueux du vivant, tout en explorant avec justesse la figure du monstre.

L’orage qui vient – Louise Mey – Mars 2025 – Pocket – Illustration de couverture réalisée par Germain Barthélémy