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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Le pays sans lune – Simon Jimenez

02 jeudi Jan 2025

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

≈ 2 Commentaires

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British Fantasy Award, conseils de lecture, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, J'ai lu, Le pays sans lune, lecture, Livres, quoi lire, Simon Jimenez

Simon Jimenez - Le pays sans luneLes premières phrases

«  Avant que tu arrives,

tu te souviens de ta lola, en train de fumer. Tu te souviens de l’odeur de son tabac séché, qui ressemblait au foin après l’orage. Le doux froissement du papier à rouler. Le frottement de l’allumette, qu’elle grattait parfois contre la peau de lézard de sa jambe, pour t’impressionner. Tu te souviens de ce rituel. »

Impressions

J’ai tout simplement été bluffée par ce roman qui a obtenu le British Fantasy Award. La maîtrise de la narration ainsi que la beauté de la plume hissent ce livre tout en haut de mes coups de cœur en Fantasy.

L’histoire peut paraître classique : le peuple du Pays sans lune (inspiré de l’Asie) survit tant bien que mal sous le joug d’un empereur cruel et de ses fils tout aussi cruels et sanguinaires, tous dotés de pouvoirs hors normes hérités d’une déesse prisonnière dans les sous-sol du palais. Jusqu’au jour où le vol de l’oiseau de l’empereur conduit à ébranler le pouvoir en place. Deux figures de l’ombre émergent alors : Jun, le soldat masqué, et Keema, le paria manchot. Deux figures que j’ai adoré suivre dans leurs périples !

Là où Simon Jimenez parvient à transformer son histoire en un récit inoubliable, c’est dans sa maîtrise de trois niveaux différents de narration : un homme (vivant dans un présent ressemblant au nôtre) raconte le récit du Pays sans lune narré à la fois par sa grand-mère (sa lola), et par une troupe de théâtre dansé auquel il assiste à la représentation dans un rêve. Le tout est entrecoupé de témoignages à la première personne de fantômes du passé donnant leur point de vue sur le récit. Et, au final, cette richesse narrative transforme ce roman en un texte inoubliable, qui n’est pas sans me rappeler ce que j’avais éprouvé en lisant Confiteor de Jaume Cabré. Lisez donc ce chef d’œuvre de dark fantasy, remarquablement traduit par Patrick Dechesne !

Simon Jimenez – Le pays sans lune – Avril 2024 – J’ai lu (traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Dechesne)

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Les Miracles du bazar Namiya – Keigo Higashino

23 lundi Déc 2024

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Actes Sud, Babel, Keigo Higashino, lecture, Les Miracles du bazar Namiya, Livres, quoi lire, roman

Keigo Higashino - Les Miracles du bazar NamiyaLes premières phrases

«  C’était Shota qui avait proposé qu’ils aillent dans la vieille bicoque. Elle n’était pas loin, et parfaite.

– Comment ça, pas loin et parfaite ? demanda Atsuya en le toisant de haut.

Il était plus grand que Shota dont le visage avait gardé quelque chose d’enfantin.

– Elle est pas loin, et parfaite pour se planquer. Je suis tombé dessus par hasard quand je suis venu en reconnaissance. Même si je n’ai pas du tout pensé qu’on en aurait besoin.

– Je vous demande pardon à tous les deux, dit Kohei, qui regardait en se faisant tout petit la veille Crown arrêtée au bord de la route. Je ne m’attendais pas à ce que la batterie lâche.

Atsuya soupira.

– A quoi bon dire ça maintenant ?

– Quand même, je comprends pas. Elle marchait bien jusqu’à ce qu’on arrive ici, et on n’a pas laissé les phares allumés non plus.

– Elle était en fin de course, fit Shota. T’as vu le compteur ? La bagnole a plus de cent mille kilomètres. Elle était quasi morte. Ça l’a achevée, de venir jusqu’ici. Je t’avais pourtant dit d’en prendre une neuve si t’en volais une. « 

Circonstances de lecture

Parce que cette couverture invite à la lecture.

Impressions

Keigo Higashino est un auteur japonais de romans policiers. C’est ici sa première incursion dans le domaine du roman fantastique et c’est une réussite.

On y suit trois jeunes garçons qui ont commis un méfait et qui décident de se cacher pour la nuit dans un magasin abandonné, le bazar Namiya. Sauf que leur nuit est interrompue par une lettre que quelqu’un glisse dans la fente du rideau métallique du bazar… Une lettre demandant conseil à l’ancien propriétaire des lieux, une lettre du passé écrite quelque 32 ans plus tôt… La première de plusieurs lettres…

Voici une histoire teintée de réalisme magique, un roman touchant, prônant l’écoute, l’entraide et la tolérance. C’est aussi un livre sur la transmission, et la rédemption. Un très beau livre à offrir, à lire et relire pour comprendre toutes les imbrications entre les différents protagonistes.

« J’ai eu pour la première fois de ma vie l’impression que je servais à quelque chose. »

Keigo Higashino – Les Miracles du bazar Namiya – Babel – Octobre 2021

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Archives de l’exode – Becky Chambers

15 dimanche Déc 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Archives de l'exode, Becky Chambers, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, L'Atalante, lecture, Les voyageurs, Livres, quoi lire, SF, Space opera

archives_EXODE_2022_carton_dos34.inddLes premières phrases

«  « Maman, je peux aller voir les étoiles ? »

Tessa se détourna de son petit établi pour regarder sa fille plus petite encore. « Pour le moment, je ne peux pas t’y emmener, ma puce. » Du menton, elle désigna le robot nettoyeur qu’elle s’efforçait de ranimer. « Je veux terminer avant l’appel de ton oncle Ashby. »

Aya sautillait sur place. De toute sa vie, elle n’avait jamais été immobile, ni quand elle dormait, ni quand elle était malade, ni même quand elle était encore dans le ventre de Tessa. « Je n’ai pas besoin de toi, dit Aya. Je peux y aller toute seule. »

L’affirmation débordait d’une assurance qui fit lâcher son tournevis à Tessa. La phrase « Je n’ai pas besoin de toi » lui serra le cœur, mais c’était là pour ça, non, les parents ? Pour aider les enfants à se passer d’eux ? »

Impressions

Tome 3 de la saga des Voyageurs, Archives de l’exode se focalise sur la vie au sein de la Flotte d’exode, infrastructure vieillissante composée de nombreux vaisseaux, à bord desquels les Humains ont fui la Terre il y a des siècles pour trouver refuge dans l’espace. Ici, les Spatiaux font perdurer leurs traditions. S’ils sont nombreux à ne pas s’imaginer quitter la Flotte, beaucoup tentent l’aventure ailleurs, sur une planète notamment, pour essayer de trouver leur place.

Becky Chambers donne le ton dès le premier chapitre. Si vous pensiez vous lover dans une lecture réconfortante, détrompez-vous ! Ce troisième opus est beaucoup plus sombre que les deux premiers tomes de la saga. Il y sera notamment question de traumatismes, d’accidents spatiaux, de migrations, et de la place de la mort dans nos vies. Mais Becky Chambers est une reine en SF et, encore une fois, elle parle comme personne du vivre ensemble, de tolérance et du sens de la vie. Alors, si elle bouscule ses lecteurs, elle le fait avec un humanisme fou. Vous passerez par tout un éventail d’émotions en lisant ce space opera centré sur des gens ordinaires.

Becky Chambers – Archives de l’exode – Mars 2023 pour l’édition collector – L’Atalante (traduit de l’anglais par Marie Surgers)

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Le Changelin – Victor LaValle

12 jeudi Déc 2024

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Actusf, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le Changelin, lecture, Livres, prix locus, quoi lire, roman d'horreur, Roman fantastique, Roman social, Victor LaValle

Victor Lavalle - Le ChangelinLes premières phrases

«  Ce conte de fées débute en 1968, pendant la grève des éboueurs. Au mois de février, les agents de propreté de la ville de New York refusèrent huit jours durant de collecter les déchets. Cent mille tonnes d’ordures s’amoncelaient sur les trottoirs et se déversaient sur la chaussée. Les rats accompagnaient les coureurs dans leur jogging matinal. Des feux de poubelles troublaient l’atmosphère. Les cinq arrondissements avaient été laissés pour morts. Pourtant, l’air était imprégné d’une magie singulière, puisque ce fut le moment où Lillian et Brian se rencontrèrent. L’un et l’autre avaient dû quitter leur lointaine contrée pour se retrouver ensemble dans le Queens. Ni l’un ni l’autre n’aurait pu deviner le chaos que leur amour allait engendrer. »

Impressions

Livre d’horreur multiprimé (Prix Locus du meilleur roman d’horreur, World Fantasy Award et British Fantasy du meilleur roman d’horreur), Le Changelin faisait partie de mes grosses attentes en cette fin d’année. Et je dois dire qu’il a répondu parfaitement à mon désir de frissons, même si je le considère au final plus comme un roman social que comme un roman horrifique.

Tout commence comme un conte de fées pour ensuite basculer dans une ambiance de plus en plus sombre, avec des scènes bien glauques, effrayantes et horribles ! Victor LaValle nous embarque dans une histoire fantastique qui fait froid dans le dos. Il entraîne un jeune couple, Apollo et Emma, nouvellement parents, dans une spirale de noirceur infernale. Quand Emma se met à se comporter de plus en plus bizarrement, leur bonheur bascule et Apollo voit sa vie bouleversée.

À travers ce roman fantastique, Victor LaValle dénonce les travers de notre société (racisme, individualisme, place de la femme dans le couple et dans le monde professionnel, les non-dits au sein d’une famille, l’exploitation des réseaux sociaux…). Notre héros (et la figure du père parfait) en prendra également pour son grade, tout comme l’image idéalisée de la parentalité. Jeunes (ou futurs) parents, attention ! Certaines scènes pourraient vous heurter… Maintenant que vous êtes prévenus, foncez lire ce roman ! Une fois commencé, vous aurez bien du mal à le lâcher !

Victor LaValle – Le Changelin – Novembre 2024 – Actusf (traduit de l’anglais par Claire Chevalier)

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Roi Sorcier – Martha Wells

02 lundi Déc 2024

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, L'Atalante, lecture, Livres, Martha Wells, quoi lire, Roi Sorcier

WELLS_ROI-SORCIER_MAKET-CARTON_381x240.inddLes premières phrases

«  Contrairement à ce que Kai s’imaginait, s’éveiller revint à remonter à la surface d’un monde d’eau soyeux. Sondant ces ténèbres, il ne perçut que le flux et reflux d’une froide houle noire qui se dérobait à la manière d’une marée descendante. Son corps ne réagissait pas comme il aurait dû ; tout lui semblait étonnamment lointain. Il émit une pensée : Ziede ?

Elle tarda à réagir, d’une voix curieusement faible. Il ne la voyait pas. Je dors, Kai.

Tu ne dors pas, puisque tu me parles. Il aurait dû pouvoir la localiser, il savait toujours où elle se trouvait grâce à la goutte de sang qu’il lui avait donnée, cristallisée en une perle rouge qu’elle avait enchâssée dans le cœur. »

Circonstances de lecture

Parce que cette couverture signée Cynthia Sheppard m’a tout de suite attirée.

Impressions

Roi Sorcier est un texte de Fantasy complexe, dense, et passionnant. Kaiisteron, un prince démon, et son amie sorcière Ziede se réveillent prisonniers d’un tombeau abandonné, les souvenirs les ayant conduits en ce lieu totalement effacés. Commence alors pour eux une quête pour comprendre ce qui leur est arrivé et retrouver l’épouse de Ziede sur un continent en proie à des tractations et complots entre différents peuples. D’un chapitre à l’autre, Martha Wells passe du présent à des époques passées, nous donnant petit à petit des clés pour mieux comprendre ses personnages, les systèmes de magie et la situation politique et diplomatique. C’est passionnant, original, et surtout captivant. Certes, ce roman demande de la concentration, notamment pour ne pas se perdre dans la double temporalité, mais vous serez récompensé pour votre effort, tant le monde imaginé par Martha Wells vaut le détour. Un premier tome qui me donne très envie de lire la suite…

Martha Wells – Roi Sorcier – Septembre 2024 – L’Atalante (traduit de l’anglais par Mathilde Montier)

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Monstres ordinaires – J.M. Miro

18 lundi Nov 2024

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, idées de lecture, JMMiro, lecture, Livres, Monstres, quoi lire

J.M. Miro - Monstres ordinairesLes premières phrases

«  La première fois qu’Eliza Grey posa les yeux sur le bébé, c’était au crépuscule, dans un wagon de marchandises qui avançait au ralenti sur une portion de rail balayée par la pluie, cinq kilomètres à l’ouest de Bury St Edmunds, Suffolk, Angleterre. Elle était âgée de seize ans, illettrée, naïve, les yeux noirs comme la pluie, affamée, car elle n’avait pas mangé depuis deux jours, sans manteau ni chapeau, car elle s’était enfuie dans le noir sans réfléchir à l’endroit où elle irait ni à ce qu’elle ferait. Sa gorge portait toujours la marque des pouces de son employeur ; ses côtes, les hématomes laissés par ses bottes. Dans son ventre grandissait l’enfant dont il était le père, quoiqu’elle ne le sache pas encore. L’homme gisait, mort, dans sa chemise de nuit, une épingle à cheveux plantée dans l’œil. »

Circonstances de lecture

Parce que ce titre m’intriguait.

Impressions

J’avais envie d’une lecture sombre et Monstres ordinaires a parfaitement répondu à mes attentes. Un mystérieux institut recueille des enfants étranges, dotés de talents pour le moins extraordinaires. Deux détectives parcourent le monde pour les retrouver et les ramener à Cairndale, avant que des créatures effrayantes ne s’en emparent.

D’emblée, J.M. Miro nous plonge dans une ambiance poisseuse où la survie de ses personnages ne semblent tenir constamment qu’à un fil. L’auteur, également poète, dépeint parfaitement les lieux, des rues humides et brumeuses de Londres, à la moiteur du Mississippi, en passant par l’Écosse et Tokyo. Monstres Ordinaires a quelque chose de très cinématographique. J.M. Miro prend son temps pour dépeindre les scènes, permettant d’imaginer avec facilité et détails les lieux de son histoire. En 700 pages, il nous embarque dans un grand roman fantastique, à mi-chemin entre Charles Dickens, Ransom Riggs (Miss Peregrine et les enfants particuliers) ou encore Stephen King, avec quelques passages me rappelant Harry Potter (l’enfant miraculé, le pensionnat), mais en une version beaucoup plus sombre et nuancée. Ici, les personnages semblent toujours hésiter entre le bien et le mal, échappant ainsi à tout manichéisme. Et c’est ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, tout comme les personnages particulièrement attachants… ou/et  répugnants. Voici un premier tome qui m’aura transportée dans une ambiance de cauchemars où la frontière entre le monde des vivants et des morts est de plus en plus poreuse. Une lecture marquante à conseiller aux amateurs d’aventures fantastiques et horrifiques.

À noter : le tome 2 sera publié le 12 décembre 2024.

J.M. Miro – Monstres ordinaires – Mars 2023 – De Saxus – traduit de l’anglais (Canada) par Thibaud Eliroff

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Life L1K3 – Humanité 3.0 – Jay Kristoff

11 lundi Nov 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Android, conseils de lecture, Critique de livre, Humanité 3.0, IA, idées de lecture, Jay Kristoff, lecture, Life L1K3, Livres, lois de la robotique, quoi lire, robots, SF

Jay Kristoff - Life L1K3Les premières phrases

«  They kill my father first.

Shiny boots ring on the stairs as they march into our cell, four of them all in a pretty row. Blank faces and perfect skin, matte gray pistols in red, red hands. A beautiful man with golden hair says they’re here to execute us. No explanations. No apologies.

My father turns toward us, and the terror in his eyes breaks my heart to splinters. I open my mouth to speak to him, but I don’t know what I’ll say. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Jay Kristoff.

Impressions

Après avoir adoré Nevernight et, encore plus, L’Empire du Vampire, je ne pouvais pas résister à cette trilogie SF de Jay Kristoff ! Alors, je ne vais pas vous mentir, ce tome 1 ne vaut pas mes lectures précédentes de Jay Kristoff, mais il n’en demeure pas moins que j’ai passé un très bon moment de lecture, et que je lirai la suite sous peu. Car Jay Kristoff nous plonge dans un monde post-apo cyberpunk très convaincant, avec de l’action, des rebondissements et de l’émotion à revendre. Entre les robots, les méchas ou encore les IA, l’auteur s’amuse à détourner les trois lois de la robotique d’Asimov. Surtout, il traite de l’humanité et du vivant, sous toutes ses formes, et c’est cette réflexion qui rend ce livre vraiment intéressant. Vous vous attacherez forcément à son héroïne Eve, sa meilleure amie Lemon, son grand-père,  l’android Ezekiel ou encore au robot Cricket. Et puis que dire de cette fin, qui donne une toute autre dimension à l’histoire ? Si j’avais vu venir certains rebondissements, j’avoue m’être laissée berner par Jay Kristoff ! C’est en somme un premier tome addictif, qui pâtit juste d’un aspect un peu trop Young Adult à mon goût.

À noter : cette trilogie arrive le 14 novembre en VF chez De Saxus, dans un coffret intégral, sous le titre Humanité 3.0.

Jay Kristoff – Life L1K3 – Mai 2018 – Knopf (chez De Saxus le 14 novembre 2024 en VF)

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La Fille du roi des Elfes – Lord Dunsany

08 mardi Oct 2024

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Callidor, Célia Beauduc, conseils de lecture, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, La Fille du roi des Elfes, lecture, Livres, Lord Dunsany, quoi lire, SFFF

Lord Dunsany - La Fille du roi des ElfesLes premières phrases

«  Vêtus de leurs traditionnelles vestes de cuir, hautes en couleur, qui leur descendaient jusqu’aux genoux, les hommes des Aulnes se présentèrent devant leur souverain, vieillard imposant à la tête chenue. Celui-ci les reçut dans sa longue salle carmin. Confortablement installé sur son trône sculpté, il écouta leur porte-parole.

Tels furent ses propos :

– Pendant sept cents ans, les chefs de votre ascendance nous ont admirablement gouvernés. Leurs hauts faits sont chantés par les jeunes ménestrels qui nous les font revivre dans leurs ballades argentines. Pourtant, les générations se succèdent et rien de nouveau ne se produit.

– Quel est donc votre souhait ? s’enquit le souverain.

– Nous voudrions être gouvernés par un seigneur doté de pouvoirs magiques.

– Qu’il en soit ainsi, reprit le monarque. Cela fait cinq cents ans que le parlement n’a pas adressé de requête et il en sera toujours fait selon la volonté du peuple. Vous vous êtes exprimés. Qu’il en soit donc ainsi. »

Circonstances de lecture

Qui pourrait résister à cette beauté ?

Impressions

Cette lecture hors du temps fait un bien fou ! Ce roman merveilleux, édité pour la première fois il y a tout juste cent ans, n’a pas pris une ride. D’autant que les éditions Callidor ont eu la très bonne idée de le rééditer en lui offrant un écrin superbe, illustré par Célia Beauduc.

Lord Dunsany, grâce à sa magie des mots, nous embarque dans un conte de fées intemporel situé au Val des Aulnes, un pays d’Hommes jouxtant le pays des Elfes. Grâce à la plume onirique de Lord Dunsany, on ressent la beauté des paysages de la campagne anglaise, la fraîcheur du vent soufflant sur les champs, le souffle des renards courant aux côtés d’une licorne échappée du monde enchanté, les pas légers du jeune chasseur intrépide, la ténacité et la folie d’un roi n’aspirant qu’à retrouver l’être aimé, la magie de la sorcière et celle du roi des Elfes, la frontière crépusculaire séparant les deux mondes, et la tristesse de la princesse Lirazel.

Surtout, on ressent le pouvoir du temps, ce temps si différent d’un monde à l’autre : trop pressé dans le monde des Hommes (nos contrées familières), quasiment à l’arrêt au royaume des Elfes. Lord Dunsany nous entraîne au pays des rêves, tout en nous faisant réfléchir à la tyrannie du temps, au passage à l’âge adulte, à la peur de l’inconnu et de l’étranger, ou encore au pouvoir de l’imagination et à la magie de la nature que l’on a malheureusement tendance à ne plus contempler.

Cette lecture merveilleuse m’aura touchée en plein cœur, me faisant vivre une parenthèse enchantée au ralenti, loin du temps accéléré et de l’urgence de notre monde moderne. Une pépite de la Fantasy !

À noter : Outre la couverture, Célia Beauduc a réalisé 15 illustrations qui parsèment le roman. À la fin de l’ouvrage, un cahier graphique présente  les différentes couvertures qu’a arboré au fil du temps ce classique de la Fantasy.

Lord Dunsany – La Fille du roi des Elfes – Octobre 2024 – Callidor (traduit de l’anglais par Brigitte Mariot)

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L’homme superflu – Mary Robinette Kowal

04 mercredi Sep 2024

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, cosy crime, Critique de livre, Denoël, idées de lecture, L'homme superflu, lecture, Livres, Lunes d'Encre, Mary Robinette Kowal, quoi lire, roman policier, SF, SFFF

Mary Robinette Kowal - L'homme superfluLes premières phrases

«  Agenouillée sur le sol de sa suite, Tesla Crane percevait distraitement les vibrations de l’anneau centrifuge qui pivotait autour du Lindgren, le navire de croisière interplanétaire. Ou probablement s’agissait-il plutôt du ronron de l’air conditionné. L’anneau du niveau terrien était suffisamment vaste pour qu’on ne perçoive même pas la force de Coriolis, à moins qu’on propulse un objet.« 

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir Mary Robinette Kowal.

Impressions

Envie d’une lecture légère et prenante à la fois ? Lisez donc « L’homme superflu » de Mary Robinette Kowal! Embarquez à bord du Lindgren, ce vaisseau de croisière interplanétaire en route pour Mars. À bord, vous suivrez les aventures d’un couple de jeunes mariés, la célèbre (et richissime) Tesla Crane et son époux (et ancien détective) Shal, dont la lune de miel va être quelque peu entachée par un meurtre dont Shal apparaît comme le suspect tout désigné.

Mélangez une bonne dose de « La croisière s’amuse » avec un soupçon de cosy crime et un filet de space opera à la sauce huis clos,  le tout bien secoué d’humour noir, et vous obtiendrez un très bon cocktail ! D’autant que vous ne pourrez que tomber en adoration devant la véritable héroïne de ce roman, j’ai nommé : Gimlet, la petite chienne Westie d’assistance de Tesla, laquelle souffre de mobilité réduite et de trouble de stress post-traumatique depuis qu’elle a subi un grave accident. Un sujet très bien traité par l’autrice.

Et, histoire de bien vous mettre dans l’ambiance très chic du vaisseau, l’autrice commence chaque chapitre par une recette de cocktail (avec ou sans alcool). L’homme superflu s’avère être une lecture rafraichissante, drôle, cynique aussi, forte en rebondissements, avec des personnages attachants, et surtout une petite chienne adorable. 

Mary Robinette Kowal – L’homme superflu – Février 2024 – Denoël / Lunes d’encre – traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Imbert

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Solarpunk, vers des futurs radieux – Anthologie

31 samedi Août 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, Romans français, SF

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Anthologie, Basile Cendre, Chloé Chevalier, Christine Luce, conseils de lecture, Critique de livre, Dominique Warfa, idées de lecture, lecture, Livres, Mélanie Fievet, nouvelles, quoi lire, Roland C.Wagner, Silène Edgar, Solarpunk, Thomas Geha, Vers des futurs radieux, Xavier Dollo

Anthologie - Solarpunk vers des futurs radieuxLes premières phrases

«  L’idée n’est pas exactement nouvelle, au sein de la maison Moutons électriques, selon laquelle la science-fiction nécessite de nos jours, après tant d’années d’une sorte de « chape dystopique » et de space operas plus ou moins militaristes, de se parer de qualités positives, écologistes et optimistes. »

Circonstances de lecture

Parce qu’on a tous grand besoin d’entrevoir des futurs meilleurs.

Impressions

Tout est dans le titre : « Solarpunk, vers des futurs radieux« . Ne vous méprenez donc pas : les mondes que vont vous dépeindre les différents auteurs et autrices de cette anthologie de nouvelles ne sont pas utopiques. Ils sont en chemin « VERS » des avenirs radieux. Passé ce premier avertissement, vous aurez toutes les cartes en main pour profiter de ce recueil. Car, c’est une fois que je me suis fait cette remarque, que j’ai pleinement apprécié ma lecture.

Si, comme d’habitude dans une anthologie, toutes les nouvelles ne m’ont pas autant plu, j’ai eu de très beaux coups de cœur. Mélanie Fievet m’a remué le cœur avec « Un point au large », un très beau texte sur les réfugiés climatiques et les îles de déchets. Tout comme Dominique Warfa, avec « Sur des langueurs océanes » qui a su créer une belle alchimie au sein de l’équipage de cette île/usine (avec un petit air de Becky Chambers). J’aurais volontiers continuer le voyage sur encore plusieurs centaines de pages !

J’ai ressenti également beaucoup d’émotions à la lecture de « Premier mai » de Silène Edgar. Je ne suis pas prête d’oublier non plus « La gueule sans crocs » de Basile Cendre et sa version de Totoro. Et que dire de « La pluie coule entre nos doigts » de Christine Luce ? Là aussi, j’aurais aimé rester sur Commune. Coup de cœur aussi pour « La succulente » de Chloé Chevalier, faisant s’entremêler la vie d’une petite fille avec celle d’une plante. Roland C. Wagner aborde avec justesse l’impact des mots et de la connaissance sur le monde dans sa nouvelle « Ce qui n’est pas nommé ». Quant à Xavier Dollo (ou/et Thomas Geha), il délivre deux textes des plus émouvants avec « Voyageuse » et « Une île (et quart) sous la lune rouge », qui m’ont beaucoup touchés. 

Vous l’aurez compris, si j’ai eu un peu de mal à m’immerger dans cette anthologie, une fois lancée, j’ai adoré cette lecture. Et j’attends maintenant avec impatience la sortie d’un recueil pour le coup totalement utopique, pour ressentir les mêmes vibrations qu’à la lecture d’Eutopia de Camille Leboulanger et de L’espace d’un an de Becky Chambers.

Anthologie – Solarpunk, vers des futurs radieux – Juin 2024 – Les Moutons électriques

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