• A propos

Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

Love In Books

Archives de Tag: Livre

D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan

29 mardi Sep 2015

Posted by Aurélie in Romans français

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Critique de livre, D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan, idées de lecture, JC Lattès, lecture, Livre, quoi lire, rentrée littéraire, roman

Delphine de Vigan - D'après une histoire vraieLes premières phrases

«  Quelques mois après la parution de mon dernier roman, j’ai cessé d’écrire. Pendant presque trois années, je n’ai pas écrit une ligne. Les expressions figées doivent parfois s’entendre au pied de la lettre : je n’ai pas écrit une lettre administrative, pas un carton de remerciement, pas une carte postale de vacances, pas une liste de courses. Rien qui demande un quelconque effort de rédaction, qui obéisse à quelque préoccupation de forme. Pas une ligne, pas un mot. La vue d’un bloc, d’un carnet, d’une fiche bristol me donnait mal au cœur.

Peu à peu, le geste lui-même est devenu occasionnel, hésitant, ne s’exécutait plus sans appréhension. Le simple fait de tenir un stylo m’est apparu de plus en plus difficile.

Plus tard, j’ai été prise de panique dès que j’ouvrais un document Word.

Je cherchais la bonne position, l’orientation optimale de l’écran, j’étirais mes jambes sous la table. Et puis je restais là, immobile, des heures durant, les yeux rivés sur l’écran.

Plus tard encore, mes mains se sont mises à trembler dès que je les approchais du clavier.

J’ai refusé sans distinction toutes les propositions qui m’ont été adressées : articles, nouvelles de l’été, préfaces et autres participations à des ouvrages collectifs. Le simple mot écrire dans une lettre ou un message suffisait à me nouer l’estomac.

Écrire, je ne pouvais plus.

Écrire, c’était non. »

Circonstances de lecture

Depuis No et Moi, je suis une lectrice inconditionnelle de Delphine de Vigan. J’ai donc acheté ce roman sans même savoir de quoi il parlait.

Impressions

Après l’énorme succès de son précédent roman Rien ne s’oppose à la nuit où Delphine de Vigan nous parlait de sa mère, voilà que l’écrivain se retrouve avec le syndrome de la page blanche. Pire, même, elle ne peut plus tenir un stylo ni écrire une liste de courses, encore moins dédicacer un livre à ses lecteurs assidus ! C’est dans cet état que Delphine rencontre L., une femme dont on ne connaîtra jamais le prénom ni le nom de famille. L. s’immisce dans la vie de Delphine, devient son amie, lui donne des conseils d’écriture, L. la prend sous son emprise, pour le meilleur… comme pour le pire. Mais qui est L.? Delphine de Vigan l’a-t-elle vraiment rencontrée – dans la vraie vie – ou est-ce une pure invention de son imagination ? Bref, D’après une histoire vraie est-il un livre de fiction ou raconte-t-il la réalité ? Et puis, un livre doit-il rester au plus près du réel, retranscrire la vérité, la vraie vie, ou au contraire raconter des histoires, transformer le réel, fuir la réalité ?

Tout au long du roman, on se pose cette question : les événements racontés sont-ils vraiment arrivés à Delphine de Vigan ? En distillant plein de détails véridiques sur sa vie personnelle (elle se met en scène, parle de son compagnon, François B., de ses enfants…), Delphine de Vigan bluffe le lecteur et le maintient ainsi dans le doute pour mieux l’embarquer dans son histoire (dans sa vie ?). J’ai particulièrement adoré la dernière partie du livre, dans la veine de « Misery » de Stephen King ! D’après une histoire vraie devient alors un véritable page turner. A lire !

Un passage parmi d’autres

 Un matin, alors que je m’apprêtais à quitter mon appartement, j’ai entendu la voix de Gilles Deleuze à la radio. Je reproduis ici les phrases que j’ai notées de mémoire, quelques secondes après la diffusion de cette courte archive sonore :

« Si tu ne saisis pas le petit grain de la folie chez quelqu’un, tu ne peux pas l’aimer. Si tu ne saisis pas son point de démence, tu passes à côté. Le point de démence de quelqu’un, c’est la source de son charme. »

J’ai aussitôt pensé à L.

J’ai pensé que L. avait perçu mon point de démence, et réciproquement.

Peut-être était-ce d’ailleurs cela, une rencontre, qu’elle soit amoureuse ou amicale, deux démences qui se reconnaissent et se captivent.

Delphine de Vigan – D’après une histoire vraie – 2015 (JC Lattès)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

A Game of Thrones – George R.R. Martin

13 jeudi Août 2015

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

A Game of Thrones, A song of ice and fire, Critique de livre, George R.R. Martin, Harper Voyager, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman

George R.R. Martin - A Game of ThronesLes premières phrases

«  We should start back, » Gared urged as the woods began to grow dark around them. « The wildlings are dead. »

« Do the dead frighten you? » Ser Waymar Royce asked with just the hint of a smile.

Gared did not rise to the bait. He was an old man, past fifty, and he had seen the lordlings come and go. « Dead is dead, » he said. « We have no business with the dead. »

« Are they dead? » Royce asked softly. « What proof have we? »

« Will saw them, » Gared said. « If he says they are dead, that’s proof enough for me. »

Will had known they would drag him into the quarrel sooner or later. He wished it had been later rather than sooner. « My mother told me that dead men sing no songs, » he put in.

« My wet nurse said the same thing, Will, » Royce replied. « Never believe anything that you hear at a woman’s tit. There are things to be learned even from the dead. » His voice echoed, too loud in the twilit forest.

« We have a long ride before us, » Gared pointed out. « Eight days, maybe nine. And night is falling. »

Ser Waymar Royce glanced a the sky with disinterest. « It does that every day about this time. Are you unmanned by the dark, Gared? »

Will could see the tightness around Gared’s mouth, the barely suppressed anger in his eyes under the thick black hood of his cloak. Gared had spent forty years in the Night’s Watch, man and boy, and he was not accustomed to being made light of. Yet it was more than that. Under the wounded pride, Will could sense something else in the older man. You could taste it; a nervous tension that came perilously close to fear. »

Circonstances de lecture

Après avoir vu les 5 saisons de la série TV, je ne pouvais que me plonger dans les romans de George R.R. Martin !

Impressions

J’avais eu du mal à rentrer dans la série TV. J’ai adoré d’emblée le premier tome de la saga de George R.R. Martin. Parce que chaque chapitre donne le point de vue d’un des (très) nombreux personnages de l’histoire, on comprend mieux les actions et choix de chacun. Et on se prend davantage d’affection pour certains d’entre eux. Certes, rien que le 1er tome est énorme (près de 800 pages en version originale), mais croyez-moi, cela vaut le coup !

Si vous êtes fan de la série, jetez-vous sur les livres ! Le lien entre les différents protagonistes de Game of Thrones s’éclaire, l’histoire des différentes familles également. Si vous n’avez pas vu la série TV mais que vous êtes fan de fantasy et de jeux de pouvoir, cette saga saura également vous combler.

Un passage parmi d’autres

 Fourteen, and you’re taller than I will ever be. My legs are short and twisted, and I walk with difficulty. I require a special saddle to keep me from falling off my horse. A saddle of my own design, you may be interested to know. It was either that or ride a pony. My arms are strong enough, but again, too short. I will never make a swordsman. Had I been born a peasant, they might have left me out to die, or sold me to some slaver’s grotesquerie. Alas, I was born a Lannister of Castlery Rock, and the grotesqueries are all the poorer. Things are expected of me. My father was the Hand of the King for twenty years. My brother later killed that very same king, as it turns out, but life is full of these little ironies. My sister married the new king and my repulsive nephew will be king after him. I must do my part for the honor of my House, wouldn’t you agree? Yet how? Well, my legs may be too small for my body, but my head is too large, although I prefer to think it is just large enough for my mind. I have a realistic grasp of my own strengths and weaknesses. My mind is my weapon. My brother has his sword, King Robert has his warhammer, and I have my mind… and a mind needs books as a sword needs a whetstone, if it is to keep its edge. » Tyrion tapped the leather cover of the book. « That’s why I read so much, Jon Snow. »

George R.R. Martin – A Game of Thrones – 1996 (Harper Voyager)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

The Leftovers – Tom Perrotta

05 dimanche Juil 2015

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, The Leftovers, Tom Perrotta

Tom Perrotta - The LeftoversLes premières phrases

«  Laurie Garvey hadn’t been raised to believe in the Rapture. She hadn’t been raised to believe in much of anything, except the foolishness of belief itself.

We’re agnostics, she used to tell her kids, back when they were little and needed a way to define themselves to their Catholic and Jewish and Unitarian friends. We don’t know if there’s a God, and nobody else does, either. They might say they do, but they really don’t.

The first time she’d heard about the Rapture, she was a freshman in college, taking a class called Intro to World Religions. The phenomenon the professor described seemed like a joke to her, hordes of Christians floating out of their clothes, rising up through the roofs of their houses and cars to meet Jesus in the sky, everyone else standing around with their mouths hanging open, wondering where all the good people had gone. »

Circonstances de lecture

Après avoir vu la saison 1 de la série TV inspirée du livre de Tom Perrotta, j’avais très envie d’en apprendre un peu plus sur cette histoire énigmatique.

Impressions

Tout commence lorsque 2 % de la population mondiale disparaît du jour au lendemain. Le temps de tourner la tête et ils se sont évanouis, purement et simplement, sans laisser la moindre trace. Comment réagir à un événement aussi inconcevable ? Comment redonner un sens à sa vie ? Les habitants de Mapleton essaient de reprendre le cours de leur vie, malgré tout. Mais tous ne veulent pas oublier… A l’instar d’une secte inquiétante, dont les membres doivent s’habiller uniquement de blanc, ne plus parler, fumer sans arrêt, tout en suivant certains habitants de Mapleton.

J’ai aimé ce livre, dont la série est plutôt fidèle. L’ambiance est certes assez glauque, mais le thème vraiment intéressant. En revanche, j’espère vivement que Tom Perrotta a prévu une suite. Car, malheureusement, les questions que je me posais après avoir regardé la série TV sont majoritairement restées sans réponse. Dommage… Alors, à quand un tome deux ?

Un passage parmi d’autres

 You started seing them around town the following autumn, people in white clothing, traveling in same-sex pairs, always smoking. Laurie recognized a few of them – Barbara Santangelo, whose son was in her daughter’s class; Marty Powers, who used to play softball with her husband, and whose wife had been taken in the Rapture, or whatever it was. Mostly they ignored you, but sometimes they followed you around as it they were private detectives hired to keep track of your movements. If you said hello, they just gave you a blank look, but if you asked a more substantive question, they handed over a business card printed on one side with the following message:

WE ARE MEMBERS OF THE GUILTY REMNANT. WE HAVE TAKEN A VOW OF SILENCE. WE STAND BEFORE YOU AS LIVING REMINDERS OF GOD’S AWESOME POWER. HIS JUDGEMENT IS UPON US.

Tom Perrotta – The Leftovers – 2011 (Fourth Estate)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Un livre, une phrase…

27 jeudi Mar 2014

Posted by Aurélie in Citations

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Alice Ferney, citations, Les Autres, Livre

Alice Ferney - Les Autres« Connaître l’autre c’est avoir saisi le rêve intérieur qu’il fait de lui-même, pas seulement avoir vu qui il se figure être, mais savoir qui il aspire à devenir. »

Alice Ferney – Les Autres

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Un livre, une phrase…

19 mercredi Fév 2014

Posted by Aurélie in Citations

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

citations, Joël Dicker, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, Livre

Joël Dicker - La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert« Au fond, Harry, comment devient-on écrivain ?

– En ne renonçant jamais. Vous savez, Marcus, la liberté, l’aspiration à la liberté est une guerre en soi. Nous vivons dans une société d’employés de bureau résignés, et il faut, pour se sortir de ce mauvais pas, se battre à la fois contre soi-même et contre le monde entier. La liberté est un combat de chaque instant dont nous n’avons que peu conscience. »

 Joël Dicker – La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Winter Journal – Paul Auster

20 jeudi Sep 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Critique de livre, Henry Holt and Company, Livre, New York, Paul Auster, roman, Winter Journal

Les premières phrases

«  You think it will never happen to you, that it cannot happen to you, that you are the only person in the world to whom none of these things will ever happen, and then, one by one, they all begin to happen to you, in the same way they happen to everyone else.

Your bare feet on the cold floor as you climb out of bed and walk to the window. You are six years old. Outside, snow is falling, and the branches of the trees in the backyard are turning white.

Speak now before it is too late, and then hope to go on speaking until there is nothing more to be said. Time is running out, after all. Perhaps it is just as well to put aside your stories for now and try to examine what it has felt like to live inside this body from the first day you can remember being alive until this one. A catalogue of sensory data. What one might call a phenomenology of breathing. »

Circonstances de lecture

Paul Auster, encore et toujours. Un de mes auteurs préférés. J’achète ses livres les yeux fermés.

Impressions

A 64 ans, Paul Auster laisse de côté la fiction pour revenir sur sa vie et écrire ce « Winter Journal », avec un objectif : se poser et essayer de comprendre concrètement ce que signifie l’expression « être en vie », ce que signifie vivre dans ce corps qui est le sien. Passant d’un paragraphe à un autre d’une époque de sa vie à une autre, Paul Auster revient sur des événements marquants, des sensations, des rencontres, les différents lieux où il a habité, les décès qu’il a dû surmonter, en utilisant la deuxième personne du singulier. Un très très beau roman qui se lit d’une traite. Vivement sa sortie française pour une autre relecture !

Un passage parmi d’autres

 The inventory of your scars, in particular the ones on your face, which are visible to you each morning when you look into the bathroom mirror to shave or comb your hair. You seldom think about them, but whenever you do, you understand that they are marks of life, that the assorted jagged lines etched into the skin of your face are letters from the secret alphabet that tells the story of who you are, for each scar is the trace of a healed wound, and each wound was caused by an unexpected collision with the world – that is to say, an accident, or something that need not have happened, since by definition an accident is something that need not happen. Contingent facts as opposed to necessary facts, and the realization as you look into the mirror this morning that all life is contingent, except for the one necessary fact that sooner or later it will come to an end.

(…)

In order to do what you do, you need to walk. Walking is what brings the words to you, what allows you to hear the rhythms of the words as you write them in your head. One foot forward, and then the other foot forward, the double drumbeat of your heart. Two eyes, two ears, two arms, two legs, two feet. This, and then that. That, and then this. Writing begins in the body, it is the music of the body, and even if the words have meaning, can sometimes have meaning, the music of the words is where the meanings begin. You sit at your desk in order to write down the words, but in your head you are still walking, and what you hear is the rhythm of your heart, the beating of your heart. Mandelstam : « I wonder how many pairs of sandals Dante wore out while working on the Commedia. » Writing as a lesser form of dance.

Winter Journal – Paul Auster – 2012 (Editions Henry Holt and Company)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert

21 jeudi Juin 2012

Posted by Aurélie in Romans français

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Albin Michel, Critique de livre, Didier van Cauwelaert, L'Evangile de Jimmy, Livre, roman

Les premières phrases

«  Quand on se prend pour Dieu, on ne peut pas douter de soi. L’œil grave et le sourire avalé, ils se dévisagent comme devant un miroir. S’ils n’étaient pas, actuellement, les deux hommes les plus célèbres sur Terre, il serait difficile de dire dans quel camp est la victoire. D’ailleurs, sur le plan des chiffres, on ne le sait toujours pas, même si  politiquement il a bien fallu, à un moment donné, arrêter les opérations de recomptage. A quelques milliers de voix près, on n’allait pas laisser plus longtemps le pays sans Président.

L’élu tend le bras machinalement, comme pour ouvrir une porte. Après les cinq secondes protocolaires, il interrompt la poignée de main. Son prédécesseur lui a remis les codes nucléaires, l’état des lieux, quelques secrets défense gérés directement par la Présidence, qui désormais s’empilent sur la table d’acajou : il peut aller se faire oublier.

L’ancien locataire de la Maison-Blanche referme sa serviette en cuir, avec une expression narquoise que George W.Bush trouve aussitôt parfaitement déplacée. Bill Clinton promène un dernier regard autour de lui, pivote en direction de la porte. Il fait trois pas, se retourne et, tout en rouvrant sa serviette, lance d’un ton soigneusement neutre :

– Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.

Il sort un dossier vert, le dépose au sommet de la pile, et s’en va.  « 

Circonstances de lecture

Après la lecture de son dernier roman, Le Journal intime d’un arbre, j’ai eu très envie de replonger dans les anciens livres de Didier van Cauwelaert. Une très bonne plume.

Impressions

Jimmy est un Américain tout ce qu’il y a de plus moyen. Réparateur de piscines dans le Connecticut, il tente d’oublier un chagrin d’amour dans la bière et les chips. Jusqu’au jour où une prise de sang le fait repérer par la Maison-Blanche… Trois agents lui apprennent alors de but en blanc qu’il est le clone du Christ ! Une histoire pleine de rebondissements, qui décrit parfaitement les manipulations des dirigeants politiques comme des religieux.

Un passage parmi d’autres

 Planté devant mon lit au milieu des miroirs, je me regarde multiplié par trois. Comment croire l’impossible ? Mais comment rejeter l’évidence, lutter contre cinquante pages de preuves scientifiques ? Je suis allé refaire une prise de sang, et c’est le même résultat. Même groupe AB, même empreinte génétique. C’est bien moi, le fils du linge, le clone du crucifié : on ne se trompe pas deux fois dans l’attribution d’une analyse. Et la probabilité pour que des étrangers aient le même ADN, ils disent qu’elle est de 0,09 sur cent. La marge d’erreur légale pour les assurances.

Je prends ma respiration, j’ouvre les bras, je lance à mes reflets : « Je suis celui qui est », pour voir si quelque chose se passe. Et je suis toujours le même, avec l’air con en prime.

L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert – 2004 (Editions Albin Michel)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

Harry Potter and The Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling

26 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, J.K.Rowling, Livre, VO

Les premières phrases

«  Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard. 

It was nearly midnight, and he was lying on his front in bed, the blankets drawn right over his head like a tent, a torch in one hand and a large leather-bound book (A History of Magic, by Bathilda Bagshot) propped open against the pillow. Harry moved the tip of his eagle-feather quill down the page, frowning as he looked for something that would help him write his essay, « Witch-Burnin in the Fourteenth Century Was Completely Pointless – discuss ».

The quill paused at the top of a likely-looking paragraph. Harry pushed his round glasses up his nose, moved his torch closer to the book and read:

Non-magic people (more commonly known as Muggles) were particularly afraid of magic in medieval times, but not very good at recognising it. On the rare occasion that they did catch a real witch or wizard, burning had no effect whatsoever. The witch or wizard would perform a basic Flame-Freezing Charm and then pretend to shriek with pain while enjoying a gentle, tickling sensation. Indeed, Wendelin the Weird enjoyed being burnt so much that she allowed herself to be caught no fewer than forty-seven times in various disguises. »

Circonstances de lecture

Relu en une semaine… en anglais, histoire de justifier cette énième relecture des Harry Potter !

Impressions

Comment dire… Ce n’est tout simplement pas possible d’arrêter de lire Harry Potter !  Alors, après avoir lu les 5 premiers tomes en français, les 2 derniers en anglais puis en français… il me fallait bien les relire tous en anglais. Parce que non, impossible de trouver meilleure plume dans ce genre de littérature. Tout simplement impossible ! Alors, à tous ceux qui rechignent encore à se plonger dans l’univers de J.K.Rowling, je ne dirais qu’une chose : foncez ! Pour ne plus jamais en ressortir !

Un passage parmi d’autres

 There was a soft, crackling noise and a shivering light filled the compartment. Professor Lupin appeared to be holding a handful of flames. They illuminated his tired grey face, but his eyes looked alert and wary.

« Stay where you are », he said, in the same hoarse voice, and he got slowly to his feet with his handful of fire held out in front of him.

But the door slid slowly open before Lupin could reach it.

Standing in the doorway, illuminated by the shivering flames in Lupin’s hand, was a cloaked figure that towered to the ceiling. Its face was completely hidden beneath its hood. Harry’s eyes darted downwards, and what he saw made its stomach contract. There was a hand protruding from the cloak and it was glistening, greyish, slimy-looking and scabbed, like something dead that had decayed in water…

It was visible only for a split second. As though the creature beneath the cloak sensed Harry’s gaze, the hand was suddenly withdrawn into the folds of the black material.

And then the thing beneath the hood, whatever it was, drew a long, slow, rattling breath, as though it was trying to suck something more than air from its surroundings.

An intense cold swept over them all. Harry felt his own breath catch in his chest. The cold went deeper than his skin. It was inside his chest, it was inside his very heart…

Harry’s eyes rolled up into his head. He couldn’t see. He was drowning in cold. There was a rushing in his ears as though of water. He was being dragged downwards, the roaring growing louder…

And then, from far away, he heard screaming, terrible, terrified, pleading screams. He wanted to help whoever it was, he tried to move his arms, but couldn’t… a thick white fog was swirling around him, inside him…

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling – 1999 (Bloomsbury)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami

14 samedi Avr 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

1Q84, Critique de livre, Haruki Murakami, Livre, loveinbooks, roman

Les premières phrases

«  « Pourriez-vous vous abstenir de fumer, monsieur Ushikawa ? », dit l’homme le plus petit. 

Ushikawa regarda un moment le visage de son interlocuteur qui lui faisait face de l’autre côté du bureau, puis ses yeux se reportèrent sur la cigarette Seven Stars qu’il tenait entre les doigts. Elle n’était pas allumée.

« Excusez-nous », ajouta l’homme sur un ton très protocolaire.

Ushikawa afficha un certain embarras, comme s’il se demandait comment cette chose-là était arrivée dans sa main.

« Ah, oui, pardon. Ce n’est pas bien. Bien sûr, je ne vais pas l’allumer. Mes mains se sont mises en mouvement toutes seules sans que je n’en sache rien. »

L’homme, dont la mâchoire bougea d’un centimètre environ sur le côté, conserva un regard absolument fixe. Focalisé inexorablement sur les yeux d’Ushikawa. Ce dernier remit sa cigarette dans le paquet, qu’il enferma dans le tiroir de son bureau.

L’homme le plus grand, dont les cheveux étaient attachés en queue-de-cheval, était debout près de la porte, presque à la frôler. Il examinait Ushikawa comme s’il s’était agi d’une tache sur le mur. Des types vraiment sinistres, se dit Ushikawa.

C’était la troisième fois qu’il rencontrait les deux hommes, et pourtant, il ne se sentait toujours pas à l’aise devant eux.

Dans son bureau pas très vaste, il y avait une table de travail, et le petit homme à la tête rasée avait pris place en face de lui. C’était son rôle de parler. Queue-de-cheval gardait le silence à tout jamais. Il se contentait de conserver les yeux fixés sur Ushikawa, totalement immobile, semblable à l’un de ces chiens de pierre gardiens des sanctuaires shintô.

« Cela fait trois semaines », déclara Tête-de-moine.

Ushikawa prit dans la main le calendrier et eut un petit signe approbateur après avoir vérifié ce qui y était inscrit.

« Vous avez raison. Aujourd’hui, cela fait exactement trois semaines que nous nous sommes vus.

– Et durant tout ce temps, nous n’avons reçu aucun rapport de votre part. Je vous l’ai déjà dit, je crois, mais la situation est extrêmement urgente. Nous n’avons pas de temps à perdre, monsieur Ushikawa.

– J’en suis parfaitement conscient, répondit Ushikawa en faisant tourner dans ses doigts, faute de cigarette, son briquet doré. Pas question de lambiner. Je le sais très bien. »

Circonstances de lecture

Le Livre 3 de la saga 1Q84. Un bonheur de poursuivre l’aventure d’Aomamé et Tengo après les deux premiers tomes.

Impressions

Enfin s’achève 1Q84… Enfin, peut-être… Car Haruki Murakami pourrait bien nous emmener encore plus loin dans son histoire. Cela ne me dérangerait pas ! On se laisse porter par la magie de son univers à la frontière entre le réel et l’imaginaire. On se laisse emporter par les liens unissant depuis l’enfance les deux héros. Vont-ils enfin se retrouver ? … Un style plein de poésie où l’on se plaît à croire qu’il existe bien deux lunes dans le ciel. Envoûtant.

Un passage parmi d’autres

 Malgré tous ses efforts, il ne put distinguer la moindre étoile. En revanche, la lune attira son attention. Une lune grosse aux deux tiers, suspendue à mi-hauteur du ciel. Elle était distinctement visible entre deux nuages, et il pouvait même voir ses motifs sombres qui évoquaient des ecchymoses. La lune d’hiver, froide et blême, peuplée de signes et de mystères immémoriaux. Elle flottait dans le ciel, muette, impavide, comme l’œil d’un mort.

Soudain, Ushikawa retint son souffle. Il en oublia même de respirer un instant. Car dans une trouée entre les nuages, il discerna, pas très loin de la lune de toujours, une seconde lune. Beaucoup plus petite. De couleur verte, comme si elle était couverte de mousse. Et à la silhouette déformée. Pourtant, c’était une lune, il n’y avait aucun doute à cela. Il n’existait pas d’étoile aussi grosse. Ce n’était pas non plus un satellite artificiel. Et elle était là, immobile dans le ciel de la nuit.

Ushikawa ferma les yeux, attendit quelques secondes avant de les rouvrir. Il devait s’agir d’une illusion d’optique. Une chose pareille ne pouvait pas se trouver là. Et pourtant, il eut beau fermer les yeux, les rouvrir, recommencer, la nouvelle petite lune était toujours là. Les nuages qui défilaient la dissimulaient parfois, mais elle réapparaissait ensuite, bien installée à sa place.

1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami – 2012 (Editions Belfond)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…

No et moi – Delphine de Vigan

20 vendredi Jan 2012

Posted by Aurélie in Romans français

≈ Poster un commentaire

Étiquettes

Delphine de Vigan, Livre, No et moi

Les premières phrases

«  – Mademoiselle Bertignac, je ne vois pas votre nom sur la liste des exposés.

De loin Monsieur Marin m’observe, le sourcil levé, les mains posées sur son bureau. C’était compter sans son radar longue portée. J’espérais le sursis, c’est le flagrant délit. Vingt-cinq paires d’yeux tournées vers moi attendent ma réponse. « Le cerveau » pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préférerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Martin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de sa classe, asociale et muette.  »

Circonstances de lecture

Dévoré dès sa parution en 2007, ce livre, le 4ème de Delphine de Vigan, est l’un de mes plus gros coups de cœur.

Impressions

No et moi  raconte – mais qui n’a pas encore lu ce roman aujourd’hui ? – la rencontre entre une adolescente surdouée asociale et une jeune femme sans-abri, prénommée No. Une histoire d’amitié qui laisse forcément des traces. Et cette question qui court tout au long du livre : la petite Lou parviendra-t-elle à aider No ? Un roman comme il en sort peu.

Un passage parmi d’autres

 Je vois souvent ce qui se passe dans la tête des gens, c’est comme un jeu de pistes, un fil noir qu’il suffit de faire glisser entre ses doigts, fragile, un fil qui conduit à la vérité du Monde, celle qui ne sera jamais révélée. Mon père un jour il m’a dit que ça lui faisait peur, qu’il ne fallait pas jouer avec ça, qu’il fallait savoir baisser les yeux pour préserver son regard d’enfant. Mais moi les yeux je n’arrive pas à les fermer, ils sont grands ouverts et parfois je mets mes mains devant pour ne pas voir.

Le serveur revient, il pose les verres devant nous, No attrape le sien d’un geste impatient. Alors je découvre ses mains noires, ses ongles rongés jusqu’au sang, et les traces de griffures sur ses poignets. Ca me fait mail au ventre.

On boit comme ça, en silence, je cherche quelque chose à dire mais rien ne vient, je la regarde, elle a l’air si fatiguée, pas seulement à cause des cernes sous ses yeux, ni de ses cheveux emmêlés, retenus par un vieux chouchou, ni de ses vêtements défraîchis, il y a ce mot qui me vient à l’esprit, « abîmée », ce mot qui fait mal, je ne sais plus si elle était déjà comme ça, la première fois, peut-être n’avais-je pas remarqué, il me semble plutôt qu’en l’espace de quelques jours elle a changé, elle est plus pâle ou plus sale, et son regard plus difficile à attraper.

C’est elle qui parle en premier.

– T’habites dans le quartier?

– Non. A Filles du Calvaire. Près du Cirque d’Hiver. Et toi ?

Elle sourit. Elle ouvre ses mains devant elle, ses mains noires et vides, dans un geste d’impuissance qui veut dire : rien, nulle part, ici… ou je ne sais pas.

No et moi – Delphine de Vigan – 2007 (Editions Jean-Claude Lattès)

Partager :

  • Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
  • Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
  • Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
  • Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
J’aime chargement…
Articles Plus Récents →

Catégories

  • BD
  • Citations
  • En image
  • En vidéo
  • En VO
  • Essais
  • Fantastique
  • Fantasy
  • Grands classiques
  • Jeunesse
  • Mangas
  • Poésie
  • Policiers / Thrillers
  • Romans étrangers
  • Romans français
  • SF
  • Sondages

Articles récents

  • On ne verra pas les fleurs le long de la route – Éric Pessan
  • Passer la brume – Julia Colin
  • Symbioses – Johan Heliot
  • The Book of Love – Kelly Link
  • Heureux comme jamais – Guillaume Chamanadjian

Archives

En train de lire

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et recevoir des notifications à chaque publication de nouveaux posts par mail.

Mes réseaux sociaux

  • Voir le profil de aurecha22 sur Instagram

En train de lire

Jonathan Strange et Mr Norrell

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Confidentialité & Cookies : Ce site utilise des cookies. En continuant à utiliser ce site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir davantage, y compris comment contrôler les cookies, voir : Politique relative aux cookies
  • S'abonner Abonné
    • Love In Books
    • Rejoignez 169 autres abonnés
    • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
    • Love In Books
    • S'abonner Abonné
    • S’inscrire
    • Connexion
    • Signaler ce contenu
    • Voir le site dans le Lecteur
    • Gérer les abonnements
    • Réduire cette barre
 

Chargement des commentaires…
 

    %d