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Archives de Catégorie: Fantasy

Les Chants de la Terre – Elspeth Cooper

03 vendredi Fév 2012

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Elspeth Cooper, Fantasy, Les Chants de la Terre

Les premières phrases

«  La magie était libre à nouveau. 

Sa musique résonnait sur les nerfs de Gair comme sur les cordes d’une harpe, promesse de puissance vibrant sous ses doigts. Il n’avait qu’à l’accueillir à bras ouverts, s’il osait. Il appuya son front sur ses genoux et se mit à prier.

– Je Vous salue, Mère pleine de grâce, lumière et vie de ce monde. Heureux les débonnaires, car ils trouveront force en Vous. Heureux les miséricordieux, car ils trouveront justice en Vous. Heureux les égarés, car ils trouveront salut en Vous. Amen.

Phrase après phrase, verset après verset, la prière s’échappait de ses lèvres gercées. Il serra convulsivement ses doigts, cherchant la forme familière des grains de son chapelet pour ne pas perdre le fil, bien que ce soit fait depuis longtemps déjà. Lorsque les mots lui manquèrent, il serra ses genoux encore plus fort sur sa poitrine et recommença.

– Maintenant, je suis égaré dans les ténèbres, ô Mère, je me suis écarté de Votre voie, guidez-moi de nouveau…

La musique chuchotait toujours à son oreille. Rien ne pouvait en couvrir le murmure enjôleur. Ni les prières, ni les supplications, ni même les quelques hymnes dont il se souvenait encore. Elle était partout : dans les murs de fer rouillé de sa cellule, dans la sueur nauséabonde qui luisait sur sa peau, dans les couleurs qu’il voyait dans le noir. A chaque inspiration qu’il prenait, elle devenait un peu plus forte.

Un carillon argentin retentit. Gair ouvrir les yeux et fut ébloui par une lumière si vive, si blanche, qu’il dut se protéger le visage. A travers ses doigts, il vit deux silhouettes vêtues de lumière. Des anges. Sainte Mère, des anges envoyés pour le ramener avec eux.

– … Bénissez-moi maintenant et accueillez-moi à Vos côtés, pardonnez-moi tous mes péchés…

Agenouillé, Gair attendit d’être béni. Un violent coup du revers de la main lui fit perdre l’équilibre.

– Epargne-nous tes psalmodies, sale changelin !

Un autre coup le projeta brutalement contre le mur revêtu de fer. Une douleur fulgurante lui envahit la tempe et, dans un dernier frémissement, la musique se tut.  »

Circonstances de lecture

Lu fin janvier 2012. La présentation que l’éditeur Bragelonne en faisait m’a poussée à l’acheter. Un enchantement.

Impressions

Le livre en lui-même laissait déjà présager d’un bel objet. La lecture des premières pages m’a tout de suite emportée dans l’aventure de Gair, condamné à l’exil parce qu’il est l’un des seuls à entendre le Chant. Aidé par Alderan, il découvre petit à petit ses pouvoirs et la noirceur du monde qui l’entoure. Si vous aimez le Seigneur des Anneaux, La Légende du Peuple Turquoise d’Ange, mais aussi Harry Potter, ce livre est fait pour vous. D’autant qu’Elspeth Cooper a une vraie plume. Ce qui est assez rare en Fantasy. Vivement le prochain Tome !

Un passage parmi d’autres

 – Tu peux le faire, Gair.

Cette voix douce et grave lui emplit les oreilles, plus forte que la tempête, légère comme un murmure. D’énormes vagues s’écrasaient contre la coque de la « Mouette » et bouillonnaient sur son pont en pente, essayant d’emporter hommes et matériel. Les embruns déferlaient à leurs pieds. Au-dessus de leur tête, une corde trop tendue se rompit avec un claquement sonore.

Gair hésita.

– Je… Je ne pense pas. Le Chant est trop puissant.

– Ne pense pas ; aie foi, c’est tout. Aie foi en lui. Confiance en toi.

A ces mots, un bruissement enveloppa l’esprit de Gair comme le battement d’ailes puissantes. En réponse, une note chatoyante résonna là où régnait auparavant le silence. Pâle et ténue au début, elle se renforça à chacune de ses pulsations. D’autres notes suivirent, s’entrelaçant autour de la première pour former une harmonie complexe qui se mit à enfler et à exercer une pression croissante sur sa volonté. Tout ce qu’il avait à faire, c’était s’y ouvrir.

Il ne pouvait pas.

– N’aie pas peur. Il ne te fera pas de mal.

Gair entendit la voix d’Alderan aussi clairement que si les mots avaient été prononcés à l’intérieur de sa tête. Il en resta éberlué. La vague suivante faillit le faire tomber, et ce ne fut que grâce à la poigne ferme de son aîné qu’il resta debout. Une giclée d’eau de mer lui cingla le visage, l’aveuglant momentanément ; il cligna des paupières et vit qu’Alderan le regardait toujours intensément dans les yeux.

– Touche-le. Accepte-le. Il fait partie de toi, Gair. Il t’appartient.

– J’ai peur, chuchota le jeune homme, avant de s’ouvrir à la magie.

Elle le submergea entièrement. La tempête, la mer, le bateau sous ses pieds, tout devint secondaire. Il en avait encore conscience, mais vaguement, comme d’une conversation dans une autre pièce. Désormais, c’était une musique palpitante, en plein essor, qui occupait ses sens.

Les Chants de la Terre – Elspeth Cooper – Novembre 2011 (Editions Bragelonne)

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Ayesha – La Légende du Peuple turquoise – Ange

14 samedi Jan 2012

Posted by Aurélie in Fantasy

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Ange, Ayesha, La légende du peuple turquoise

Les premières phrases

« La galère coulait lentement, comme à regret. Les membres d’équipage avaient été tués dès les premières minutes ; la bataille s’était ensuite éloignée vers la rive sud du lac, abandonnant le vaisseau et les prisonniers à leur sort.

L’eau avait envahi l’embarcation par petites vagues, l’une après l’autre, déséquilibrant la coque, jusqu’à ce que la galère décide de s’enfoncer par l’arrière. Le plus surprenant, avait pensé Arekh en contemplant le lac, c’était le calme. Les cris des officiers des autres vaisseaux, les hurlements des marins agonisants, le bruit des voiles ravagées par les flammes étaient maintenant très loin. Les vaisseaux de l’émir et de ses ennemis avaient disparu derrière une avancée rocheuse.

Là-bas, le massacre continuait, mais autour de la galère, l’eau était redevenue paisible. Le cadavre du grand Mérinide qui marquait le rythme de son tambour flottait à quelques mètres des quarante galériens entravés à leurs bancs. Le niveau de l’eau montait, atteignant maintenant la poitrine des prisonniers des derniers rangs.

Les rayons chauffaient les visages, murmurant des promesses de printemps.

Puis la galère se renversa et Arekh se retrouva sous l’eau. »

Circonstances de lecture

Une véritable découverte. Pioché un peu au hasard dans les rayons de Gibert, cette trilogie d’Ange (pseudonyme des deux auteurs : Anne et Gérard) est un petit bijou de la Fantasy française.

Impressions

Une pépite de la Fantasy française. Loin des livres plaqués sur Tolkien, ici Ange nous transporte dans une histoire originale, sur le thème des méfaits des religions, de l’esclavage et de la libération de tout un peuple : le peuple Turquoise. J’ai été transportée par les personnages : l’histoire de Marikani, héritière des rois sorciers d’Harabec, et du galérien Arekh est bouleversante. A lire et relire sans hésitation !

Un passage parmi d’autres

 Sans un mot, sans un geste d’adieu, Arehk s’engagea sur le sentier et commença son ascension. Il ne se retourna pas, ne vit pas si les deux femmes s’étaient arrêtées pour le regarder s’éloigner, ou si Mîn avait fait un geste pour le retenir. Il se contenta de faire un pas après l’autre, sentant la pente l’éloigner à chaque seconde un peu plus du coeur du péril.

Il n’était que temps.

Un étrange froid descendit le long de sa colonne vertébrale. Une impression qu’il connaissait bien, un signal personnel qui lui annonçait que quelque chose n’allait pas… Ses sens avaient repéré un imperceptible changement dans son environnement et son corps le lui faisait savoir.

Avance, se dit-il, avance, et il marcha encore une bonne minute sur le sentier qui montait en pente de plus en plus raide.

Puis la sensation d’alerte devenue irrésistible, il s’arrêta et tourna son regard vers la route en contrebas.

Le groupe composé maintenant des deux femmes et de Mîn était à une vingtaine de mètres sous lui, séparé d’Arekh par une pente rocheuse assez raide.

Les chiens étaient six. Ils descendaient vers Marikani du côté opposé de la montagne, venant du sud, laissant une longue trace dans la neige en marchant dans un silence parfait, irréel. Ce n’était pas des loups, la différence était subtile mais évidente ; elle se voyait dans le pelage légèrement plus clair, la tête massive et leur manière d’avancer.

Marikani et Liénor s’étaient figées sur place. Mîn fit quelques pas avant de s’apercevoir du danger et de s’arrêter à son tour et de regarder les bêtes en silence.

La scène ne manquait pas d’une certaine beauté, réalisa Arekh qui avait l’impression que le temps était suspendu. La lumière des trois lunes éclairait la neige et la route d’une lueur laiteuse. L’air glacé sentait la montagne, parlait de pins, de vent, d’eau glacée et joyeuse courant sur les rochers. Et les chiens approchaient, comme une métaphore silencieuse.

Ayesha ou La Légende du Peuple turquoise – Ange – 2001 (Bragelonne)

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Dead until dark – Charlaine Harris

14 samedi Jan 2012

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy

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Charlaine Harris, Dead until dark, Sookie Stackhouse, True Blood

Les premières phrases

« I’d been waiting for the vampire for years when he walked into the bar.

Ever since vampires came out of the coffin (as they laughingly put it) two years ago, I’d hoped one would come to Bon Temps. We had all the other minorities in our little town – why not the newest, the legally recognized undead? But rural northern Lousiana wasn’t too tempting to vampires apparently; on the other hand, New Orleans was a real center for them – the whole Anne Rice thing, right?

It’s not that long a drive from Bon Temps to New Orleans, and everyone who came into the bar said that if you threw a rock on a street corner you’d hit one. Though you better not.

But I was waiting for my own vampire.« 

Circonstances de lecture

Depuis un peu plus d’un an, je lis – en anglais – la série des Sookie Stackhouse, aussi bien en vacances sur la plage, que dans le métro ou chez moi. J’en suis arrivée au 10ème tome (Dead in the family), et je ne m’en lasse pas.

Impressions

Pas prise de tête pour deux sous, la lecture de cette série est rafraîchissante. Après la lecture de romans un peu déprimants, c’est parfait ! C’est une lecture drôle (très second degré) et sans prétention, où humains, vampires, loups-garous, et fées se côtoient. L’héroïne, américaine moyenne dotée du don de lire dans les pensées des gens, est attachante. Moi qui aime l’univers de la fantasy et des vampires, j’apprécie beaucoup cette série. Ce n’est certes pas un chef d’oeuvre, loin de là, mais la lecture de cette série donne le sourire et fait rire. Ce qui n’est déjà pas si mal !

Un passage parmi d’autres

 Oh, Sookie, who is the man?

Uh-Oh. « Um, well, he’s not… »

« Not local? You dating one of those servicemen from Bossier City? »

« No, » I said hesitantly.

« Sam? I’ve seen him looking at you. »

« No. »

« Who, then? »

I was acting like I was ashamed. Straighten your spine, Sookie Stackhouse, I told myself sternly. Pay the piper.

« Bill, » I said, hoping against hope that she’d just say, « Oh, yeah. »

« Bill, » Arlene said blankly. I noticed Sam had drifted up and was listening. So was Charlsie Tooten. Even Lafayette stuck his head through the hatch.

« Bill, » I said, trying to sound firm. « You know, Bill. »

« Bill Auberjunois? »

« No. »

« Bill…? »

« Bill Compton, » Sam said flatly, just as I opened my mouth to say the same thing. « Vampire Bill. »

Arlene was flabbergasted, Charlsie Tooten immediately gave a little shriek, and Lafayette about dropped his bottom jaw.

« Honey, couldn’t you just date a regular human fella? » Arlene asked when she got her voice back.

Dead until dark – Charlaine Harris – 2001 (Ace Book)

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