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histoires, Imagination, Inspiration, Livres, magie des livres
09 vendredi Mar 2012
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27 lundi Fév 2012
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Critique de livre, Didier van Cauwelaert, Le Journal intime d'un arbre, Michel Lafon, poirier
Les premières phrases« Je suis tombé au lever du jour. Transmise par la lumière sur mes racines et le contact de mes branches avec la terre, l’information m’a été confirmée par le facteur. Je me suis vu gisant dans ses yeux, en travers de l’allée. Sa première pensée a été pour le docteur Lannes. « Le pauvre, quand il rentrera… »
La tristesse que j’allais causer à mon propriétaire s’est mêlée à tous les signaux de détresse que je percevais autour de moi. Insectes, oiseaux, champignons, tous avaient perdu mon repère. Je m’accrochais à l’espoir qu’on allait peut-être me sauver, comme le catalpa derrière le garage qui s’était couché lors de la tempête de 1999. On l’avait redressé avec un treuil, et depuis il survivait de son mieux, maintenu par trois câbles ornés de chiffons.
Mais, à travers les yeux du facteur, j’ai bien vu que mes branches charpentières s’étaient brisées dans la chute. Déraciné, décapité, j’avais en tout cas épargné mes congénères, les voisins, les toitures et la tonnelle où courait la glycine. Je ne laisserais pas de mauvais souvenirs.
On m’appelait Tristan, j’avais un peu moins de trois cents ans, j’étais l’un des deux poiriers du docteur Lannes. Il m’avait fait inscrire sur la liste d’attente des Arbres remarquables de France, et avait obtenu ma grâce au tribunal quand les voisins m’avaient poursuivi pour vieillesse dangereuse. J’étais son bien le plus cher, son devoir de mémoire, sa victoire sur le temps. A son âge, ma mort allait probablement le tuer…
J’ignore si nos liens se renoueront. Y a-t-il un au-delà commun pour les hommes et les arbres? «
Lu en quelques jours. Un très bon livre.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre de Didier van Cauwelaert. Le Journal intime d’un arbre m’a redonné envie de redécouvrir cet auteur. Mêlant humour et émotions, ce livre parvient à nous faire croire que les arbres pensent. Et qui sait ? Peut-être est-ce vrai ? Tristan, ce poirier qui a traversé plus de 300 ans d’histoire, nous montre l’espèce humaine à travers son regard ancestral. Sa chute n’est que le commencement d’une très belle aventure. Surtout, il nous fait réfléchir à la responsabilité des hommes envers la nature. A lire de toute urgence !
Le docteur Lannes s’affaiblissait depuis quelques années, lui aussi, je le sentais bien. Mais lequel de nous deux déteignait sur l’autre ? Quand il s’accrochait à moi pour se recharger, je lui prenais autant d’énergie qu’il m’en demandait : c’est le principe des échanges entre nos espèces, mais vient toujours un moment où l’être humain ne tient plus la charge. J’en ai fait si souvent l’expérience. Cette fois, c’est moi qui me suis épuisé à vouloir le sauver, peut-être. Quand il s’appuyait contre moi, je sentais la flambée de ses cellules. La même exubérance désordonnée qui nous amène à fleurir dix fois plus à l’approche de notre mort, pour augmenter les chances de nous reproduire. Le cancer des fleurs. Mais son organisme à lui se battait sans le savoir ; on ne lui avait décelé qu’une faiblesse cardiaque, et j’étais le seul à percevoir le dérèglement que j’essayais de ralentir, à son contact, en stimulant ce qu’il appelle ses anticorps. Depuis qu’un botaniste anglais m’a révélé mon pouvoir, je m’en sers en connaissance de cause. Tout en sachant bien qu’il ne s’agit, comme dirait le docteur Lannes, que de soins palliatifs.
J’ai aimé sa manière de vieillir. Quand il s’approchait de moi, toujours vêtu dans les tons gris, vert sombre ou feuille morte, sa haute stature inclinée de côté, ridé en craquelures comme mon écorce, j’avais l’impression de me regarder marcher. Jamais quelqu’un ne s’était senti aussi lié à moi. Sans doute parce que je conservais dans mon tronc la balle allemande qui avait tué son fils. Le plus jeune résistant de France, pendant la dernière guerre locale. J’étais à la fois son poteau d’exécution et son souvenir vivant. Pour Georges Lannes, persuadé que la mort est une seconde naissance, je portais son enfant comme l’avait fait sa femme. J’étais le gardien d’une âme. Une de plus.
Que vont devenir toutes ces mémoires humaines, quand j’aurai cessé de vivre ?
Le Journal intime d’un arbre – Didier van Cauwelaert – 2011 (Editions Michel Lafon)
24 vendredi Fév 2012
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books, court-métrage, magie des livres, The Fantastic Flying books of Mr. Morris Lessmore, William Joyce
« The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore »… Un magnifique court-métrage réalisé par William Joyce. Tout simplement magique. A recommander à tous les amoureux des livres… et à tous ceux qui ont pu oublier leur magie.
24 vendredi Fév 2012
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Bloomsbury, Harry Potter, Harry Potter and the Deathly Hallows, J.K.Rowling, severus snape
Les premières phrases« The two men appeared out of nowhere, a few yards apart in the narrow, moonlit lane. For a second they stood quite still, wands directed at each other’s chests; then, recognising each other, they stowed their wands beneath their cloaks and started walking briskly in the same direction.
« News? » asked the taller of the two.
« The best », replied Severus Snape.
The lane was bordered on the left by wild, low-growing brambles, on the right by a high, neatly manicured hedge. The men’s long cloaks flapped around their ankles as they marched.
« Thought I might be late », said Yaxley, his blunt features sliding in and out of sight as the branches of overhanging trees broke the moonlight. « It was a little trickier than I expected. But I hope he will be satisfied. You sound confident that your reception will be good? »
Snape nodded, but did not elaborate. They turned right, into a wide driveway that led off the lane. The high hedge curved with them, running off into the distance beyond the pair of impressive wrought-iron gates barring the men’s way. Neither of them broke step: in silence both raised their left arms in a kind of salute and passed straight through as though the dark metal were smoke. »
Je me suis mise assez tard dans la saga Harry Potter, après la sortie en salles des deux premiers volets. Par esprit de contradiction ? Peut-être… En attendant, une fois le premier tome ouvert, je suis devenue complètement accro aux livres !
J.K.Rowling a une plume unique. Elle transporte avec naturel son lecteur dans un monde magique, et sait brosser des portraits de personnages attachants et plein de facettes. Mon préféré : Severus Snape (Rogue en français). Sept tomes que je lis et relis toujours avec le même plaisir. Accro ? Oui, totalement !
« Where’s my wand? »
She reached down beside the bed and held it out to him.
The holly and phoenix wand was nearly severed in two. One fragile strand of phoenix feather kept both pieces hanging together. The wood had splintered apart completely. Harry took it into his hands as though it was a living thing that had suffered a terrible injury. He could not think properly: everything was a blur of panic and fear. Then he held out the wand to Hermione.
« Mend it. Please. »
« Harry, I don’t think, when it’s broken like this… »
« Please, Hermione, try! »
« R…Reparo. »
The dangling half of the wand resealed itself. Harry held it up.
« Lumos! »
The wand sparked feebly, then went out. Harry pointed it at Hermione.
« Expelliarmus! »
Hermione’s wand gave a little jerk, but did not leave her hand. The feeble attempt at magic was too much for Harry’s wand, which split into two again. He stared at it, aghast, unable to take in what he was seeing… the wand that had survived so much…
« Harry », Hermione whispered, so quietly he could hardly hear her. « I’m so, so sorry. I think it was me. As we were leaving, you know, the snake was coming for us, and so I cast a Blasting Curse, and it rebounded everywhere, and it must have… must have hit… »
« It was an accident », said Harry mechanically. He felt empty, stunned. « We’ll… we’ll find a way to repair it. »
« Harry, I don’t think we’re going to be able to », said Hermione, the tears trickling down her face. « Remember… remember Ron? When he broke his wand, crashing the car? It was never the same again, he had to get a new one. »
Harry thought of Ollivander, kidnapped and held hostage by Voldemort, of Gregorovitch, who was dead. How was he supposed to find himself a new wand?
« Well », he said, in a falsely matter-of-fact voice, « well, I’ll just borrow yours for now, then. While I keep watch. »
Her face glazed with tears, Hermione handed over her wand, and he left her sitting beside his bed, desiring nothing more than to get away from her.
Harry Potter and the Deathly Hallows – J.K.Rowling – 2007 (Bloomsbury Publishing)
18 samedi Fév 2012
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Une pièce sans livres… Comme un corps sans âme…
Source: ohhelloyouprettythings.tumblr.com via Aurélie on Pinterest
11 samedi Fév 2012
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Anna Gavalda, Ensemble c'est tout, le dilettante, roman français
Les premières phrases« Paulette Lestafier n’était pas si folle qu’on le disait. Bien sûr qu’elle reconnaissait les jours puisqu’elle n’avait plus que ça à faire désormais. Les compter, les attendre et les oublier. Elle savait très bien que c’était mercredi aujourd’hui. D’ailleurs elle était prête ! Elle avait mis son manteau, pris son panier et réuni ses coupons de réductions. Elle avait même entendu la voiture de la Yvonne au loin… Mais voilà, son chat était devant la porte, il avait faim et c’est en se penchant pour reposer son bol qu’elle était tombée en se cognant la tête contre la première marche de l’escalier.
Paulette Lestafier tombait souvent, mais c’était son secret. Il ne fallait pas en parler, à personne.
« A personne, tu m’entends? » se menaçait-elle en silence. « Ni à Yvonne, ni au médecin et encore moins à ton garçon… »
Il fallait se relever lentement, attendre que les objets redeviennent normaux, se frictionner avec du Synthol et cacher ces maudits bleus.
Les bleus de Paulette n’étaient jamais bleus. Ils étaient jaunes, verts ou violacés et restaient longtemps sur son corps. Bien trop longtemps. Plusieurs mois quelquefois… C’était difficile de les cacher. Les bonnes gens lui demandaient pourquoi elle s’habillait toujours comme en plein hiver, pourquoi elle portait des bas et ne quittait jamais son gilet.
Le petit, surtout, la tourmentait avec ça :
– Alors, Mémé ? C’est quoi ce travail ? Enlève-moi tout ce bazar, tu vas crever de chaud ! »
Non, Paulette Lestafier n’était pas folle du tout. Elle savait que ses bleus énormes qui ne partaient jamais allaient lui causer bien des ennuis un jour… »
Dévoré dès sa sortie en 2004. Un bonheur de lecture.
Anna Gavalda sait transporter ses lecteurs avec des histoires toutes simples qui rendent heureux, et qui émeuvent en même temps. Je ne m’en lasse pas. Ici, des êtres égarés se rencontrent, et, ensemble, arrivent à braver la vie. Les Anna Gavalda sont des romans bien épais, dont on aimerait qu’ils ne se terminent jamais.
Le pilon de la vie lui avait appris à se méfier des certitudes et des projets d’avenir, mais il y avait une chose dont Camille était sûre : un jour, dans très très longtemps, quand elle serait bien vieille, encore plus vieille que maintenant, avec des cheveux blancs, des milliers de rides et des taches brunes sur les mains, elle aurait sa maison à elle. Une vraie maison avec une bassine en cuivre pour faire des confitures et des sablés dans une boîte en fer blanc cachée au fond d’un buffet. Une longue table de ferme, bien épaisse, et des rideaux de cretonne. Elle souriait. Elle n’avait aucune idée de ce qu’était la cretonne, ni même si cela lui plairait, mais elle aimait ces mots : rideaux de cretonne… Elle aurait des chambres d’amis et, qui sait ? peut-être des amis ? Un jardin coquet, des poules qui lui donneraient de bons œufs à la coque, des chats pour courir après les mulots et des chiens pour courir après les chats. Un petit carré de plantes aromatiques, une cheminée, des fauteuils défoncés et des livres tout autour. Des nappes blanches, des ronds et des serviettes chinés dans des brocantes, un appareil à musique pour écouter les mêmes opéras que son papa et une cuisinière à charbon où elle laisserait mijoter de bons œufs carottes toute la matinée…
De bons œufs carottes… n’importe quoi…
Une petite maison comme celles que dessinent les enfants, avec une porte et deux fenêtres de chaque côté. Vieillotte, discrète, silencieuse, envahie par la vigne vierge et les rosiers grimpants. Une maison avec des gendarmes sur le perron, ces petites bêtes noires et rouges qui vont toujours collées deux par deux. Un perron bien chaud qui aurait emmagasiné toute la chaleur du jour et sur lequel elle s’assiérait le soir, pour guetter le retour du héron…
Et puis une vieille serre qui lui tiendrait lieu d’atelier… Enfin ça, ce n’était pas sûr… Jusqu’à présent, ses mains l’avaient toujours trahie et peut-être valait-il mieux ne plus compter sur elles…
Peut-être que l’apaisement ne pouvait pas passer par là finalement ?
Par où alors ? Par où, s’angoissait-elle soudain.
Par où ?
Ensemble, c’est tout – Anna Gavalda – 2004 (Editions le dilettante)
09 jeudi Fév 2012
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Un livre à peine entrouvert… Les mots sortent déjà un à un… La magie de l’histoire se libère…
Source: weheartit.com via Aurélie on Pinterest
03 vendredi Fév 2012
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Les premières phrases« La magie était libre à nouveau.
Sa musique résonnait sur les nerfs de Gair comme sur les cordes d’une harpe, promesse de puissance vibrant sous ses doigts. Il n’avait qu’à l’accueillir à bras ouverts, s’il osait. Il appuya son front sur ses genoux et se mit à prier.
– Je Vous salue, Mère pleine de grâce, lumière et vie de ce monde. Heureux les débonnaires, car ils trouveront force en Vous. Heureux les miséricordieux, car ils trouveront justice en Vous. Heureux les égarés, car ils trouveront salut en Vous. Amen.
Phrase après phrase, verset après verset, la prière s’échappait de ses lèvres gercées. Il serra convulsivement ses doigts, cherchant la forme familière des grains de son chapelet pour ne pas perdre le fil, bien que ce soit fait depuis longtemps déjà. Lorsque les mots lui manquèrent, il serra ses genoux encore plus fort sur sa poitrine et recommença.
– Maintenant, je suis égaré dans les ténèbres, ô Mère, je me suis écarté de Votre voie, guidez-moi de nouveau…
La musique chuchotait toujours à son oreille. Rien ne pouvait en couvrir le murmure enjôleur. Ni les prières, ni les supplications, ni même les quelques hymnes dont il se souvenait encore. Elle était partout : dans les murs de fer rouillé de sa cellule, dans la sueur nauséabonde qui luisait sur sa peau, dans les couleurs qu’il voyait dans le noir. A chaque inspiration qu’il prenait, elle devenait un peu plus forte.
Un carillon argentin retentit. Gair ouvrir les yeux et fut ébloui par une lumière si vive, si blanche, qu’il dut se protéger le visage. A travers ses doigts, il vit deux silhouettes vêtues de lumière. Des anges. Sainte Mère, des anges envoyés pour le ramener avec eux.
– … Bénissez-moi maintenant et accueillez-moi à Vos côtés, pardonnez-moi tous mes péchés…
Agenouillé, Gair attendit d’être béni. Un violent coup du revers de la main lui fit perdre l’équilibre.
– Epargne-nous tes psalmodies, sale changelin !
Un autre coup le projeta brutalement contre le mur revêtu de fer. Une douleur fulgurante lui envahit la tempe et, dans un dernier frémissement, la musique se tut. »
Lu fin janvier 2012. La présentation que l’éditeur Bragelonne en faisait m’a poussée à l’acheter. Un enchantement.
Le livre en lui-même laissait déjà présager d’un bel objet. La lecture des premières pages m’a tout de suite emportée dans l’aventure de Gair, condamné à l’exil parce qu’il est l’un des seuls à entendre le Chant. Aidé par Alderan, il découvre petit à petit ses pouvoirs et la noirceur du monde qui l’entoure. Si vous aimez le Seigneur des Anneaux, La Légende du Peuple Turquoise d’Ange, mais aussi Harry Potter, ce livre est fait pour vous. D’autant qu’Elspeth Cooper a une vraie plume. Ce qui est assez rare en Fantasy. Vivement le prochain Tome !
– Tu peux le faire, Gair.
Cette voix douce et grave lui emplit les oreilles, plus forte que la tempête, légère comme un murmure. D’énormes vagues s’écrasaient contre la coque de la « Mouette » et bouillonnaient sur son pont en pente, essayant d’emporter hommes et matériel. Les embruns déferlaient à leurs pieds. Au-dessus de leur tête, une corde trop tendue se rompit avec un claquement sonore.
Gair hésita.
– Je… Je ne pense pas. Le Chant est trop puissant.
– Ne pense pas ; aie foi, c’est tout. Aie foi en lui. Confiance en toi.
A ces mots, un bruissement enveloppa l’esprit de Gair comme le battement d’ailes puissantes. En réponse, une note chatoyante résonna là où régnait auparavant le silence. Pâle et ténue au début, elle se renforça à chacune de ses pulsations. D’autres notes suivirent, s’entrelaçant autour de la première pour former une harmonie complexe qui se mit à enfler et à exercer une pression croissante sur sa volonté. Tout ce qu’il avait à faire, c’était s’y ouvrir.
Il ne pouvait pas.
– N’aie pas peur. Il ne te fera pas de mal.
Gair entendit la voix d’Alderan aussi clairement que si les mots avaient été prononcés à l’intérieur de sa tête. Il en resta éberlué. La vague suivante faillit le faire tomber, et ce ne fut que grâce à la poigne ferme de son aîné qu’il resta debout. Une giclée d’eau de mer lui cingla le visage, l’aveuglant momentanément ; il cligna des paupières et vit qu’Alderan le regardait toujours intensément dans les yeux.
– Touche-le. Accepte-le. Il fait partie de toi, Gair. Il t’appartient.
– J’ai peur, chuchota le jeune homme, avant de s’ouvrir à la magie.
Elle le submergea entièrement. La tempête, la mer, le bateau sous ses pieds, tout devint secondaire. Il en avait encore conscience, mais vaguement, comme d’une conversation dans une autre pièce. Désormais, c’était une musique palpitante, en plein essor, qui occupait ses sens.
Les Chants de la Terre – Elspeth Cooper – Novembre 2011 (Editions Bragelonne)
29 dimanche Jan 2012
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Bestseller, frissons, Livre en VO, Stephen King, terreur, The Shining
Les premières phrases« Jack Torrance thought: Officious little prick.
Ullman stood five-five, and when he moved, it was with the prissly speed that seems to be the exclusive domain of all small plump men. The part in his hair was exact, and his dark suit was sober but comforting. I am a man you can bring your problems to, that suit said to the paying customer. To the hired help it spoke more curtly: This had better be good, you. There was a red carnation in the lapel, perhaps so that no one on the street would mistake Stuart Ullman for the local undertaker.
As he listened to Ullman speak, Jack admitted to himself that he probably could not have liked any man on that side of the desk – under the circumstances.
Ullman had asked a question that he hadn’t caught. That was bad; Ullman was the type of man who would file such lapses away in a mental Rolodex for later consideration.
« I’m sorry? »
« I asked if your wife fully understood what you would be taking on here. And there’s your son, of course. » He glanced down at the application in front of him. « Daniel. Your wife isn’t a bit intimidated by the idea? »
« Wendy is an extraordinary woman. »
« And your son is also extraordinary? »
Jack smiled, a big wide PR smile. « We like to think so, I suppose. He’s quite self-reliant for a five-year-old. »
Lu il y a plus de dix ans… Le meilleur Stephen King à mon goût.
Jack et sa femme Wendy s’installent avec leur petit garçon de 5 ans, Danny, dans un hôtel à l’écart de tout… Un enfant loin d’être ordinaire… Car c’est un « shiner » et il a un compagnon de jeu imaginaire. Dans ce lieu coupé du monde extérieur, son don devient un enfer. L’hôtel vide semble prendre vie, pour le pire… Flippant.
The first time he had been out in the back yard and nothing much had happened. Just Tony beckoning and then darkness and a few minutes later he had come back to real things with a few vague fragments of memory, like a jumbled dream. The second time, two weeks ago, had been more interesting. Tony, beckoning, calling from four yards over: « Danny… come see… » It seemed that he was getting up, then falling into a deep hole, like Alice into Wonderland. Then he had been in the basement of the apartment house and Tony had been beside him, pointing into the shadows at the trunk his daddy carried all his important papers in, especially « THE PLAY. »
« See? » Tony had said in his distant, musical voice. « It’s under the stairs. Right under the stairs. The movers put it right… under… the stairs. »
Danny had stepped forward to look more closely at this marvel and then he was falling again, this time out of the backyard swing, where he had been sitting all along. He had gotten the wind knocked out of himself, too.
Three or four days later his daddy had been stomping around, telling Mommy furiously that he had been all over the goddam basement and the trunk wasn’t there and he was going to sue the goddam movers who had left it somewhere between Vermont and Colorado. How was he supposed to be able to finish « THE PLAY » if things like this kept cropping up?
Danny said, « No, Daddy. It’s under the stairs. The movers put it right under the stairs. »
Daddy had given him a strange look and had gone down to see. The trunk had been there, just where Tony had shown him.
The Shining – Stephen King – 1977
25 mercredi Jan 2012
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« Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les couvertures empuantis et regarda vers l’est en quête d’une lumière mais il n’y en avait pas. Dans le rêve dont il venait de s’éveiller il errait dans une caverne où l’enfant le guidait par la main. »
Lu à sa sortie en 2008. Un choc.
On en ressort secoué, choqué… Avec l’espoir que le monde ne finira pas dans l’état que décrit Cormac McCarthy… Car La route décrit un semblant de vie après l’apocalypse, la survie désespérée d’un père et de son fils dans un monde dépeuplé où les survivants sont pour la plupart retombés dans la violence et la barbarie. Glaçant. Indispensable.
Une heure plus tard ils étaient sur la route. Il poussait le caddie et tous les deux, le petit et lui, ils portaient des sacs à dos. Dans les sacs à dos il y avait le strict nécessaire. Au cas où ils seraient contraints d’abandonner le caddie et de prendre la fuite. Accroché à la barre de poussée du caddie il y avait un rétroviseur de motocyclette chromé dont il se servait pour surveiller la route derrière eux. Il remonta le sac sur ses épaules et balaya du regard la campagne dévastée. La route était déserte. En bas dans la petite vallée l’immobile serpent gris d’une rivière. Inerte et exactement dessiné. Le long de la rive un amoncellement de roseaux morts. Ca va ? dit-il. Le petit opina de la tête. Puis ils repartirent le long du macadam dans la lumière couleur métal du fusil, pataugeant dans la cendre, chacun tout l’univers de l’autre.
La route – Cormac McCarthy – 2008 (Editions de l’Olivier)