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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: Critique de livre

Joyeux Noël – Alexandre Jardin

31 mercredi Oct 2012

Posted by Aurélie in Romans français

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Alexandre Jardin, Critique de livre, Grasset, Joyeux Noël, roman

Les premières phrases

«  Avant de m’élancer dans le toboggan de ce roman qui va couvrir sept années de rebonds, laissez-moi vous présenter ses protagonistes. Sans rien dissimuler de l’étrange liberté de leurs mœurs. Par souci d’honnêteté, j’écaillerai peu à peu leur vernis de cohérence au fil des chapitres. Les personnages ne sont plausibles qu’au cinéma, pour être acceptables aux yeux du public – rarement dans leur vie de famille, cette forme théâtrale du délire.

Libre à vous de sauter cet apéritif et de commencer au chapitre suivant (ou page 45 si vous êtes de ces amants gloutons qui ont horreur des préliminaires) ; mais il me semble préférable de savoir avec qui l’on dîne avant de passer à table. Surtout lorsqu’on s’apprête à trinquer avec les équipes de l’improbable, du culot et du dérèglement. »

Circonstances de lecture

Acheté dès sa parution, parce que c’est un livre d’Alexandre Jardin ! Tout simplement !

Impressions

J’adore le style d’Alexandre Jardin. Son écriture et son humour donnent immédiatement la pêche. Ici, la fiction et la réalité se mélange pour le plus grand bonheur du lecteur. Alexandre Jardin rencontre un jour de dédicaces une jeune femme pour le moins surprenante : elle dit la vérité sans se préoccuper des convenances. Commence alors la découverte de sa famille, un clan improbable de bretons aux mœurs douteuses et aux secrets de famille plus ou moins bien cachés… jusqu’au jour où Norma les a poussés à adhérer à sa philosophie : vivre « sans angle mort ». Dire toute la vérité sur les « angles morts » de chacun, est-ce le chemin vers le bonheur ? Une idée qui se médite. Et qu’Alexandre Jardin semble avoir, pour sa part, adopté.

Un passage parmi d’autres

 Sur les tombes de granit noir et de marbre, nombre d’épitaphes avaient été rectifiées ou plutôt complétées au feutre, à la craie ou avec de la peinture. Une affolante pulsion de vérité semblait avoir saisi les familles de l’île. L’indicible partout écrit, affiché. Le marbre hurlait. Dalle après dalle, on pouvait lire à ciel ouvert l’envers des vérités officielles : catalogue des secrets de famille. C’était à qui avait violé, menti à ses enfants, escroqué un frère, dissimulé une adoption, trahi les intérêts de l’île ou sa moitié. Que portait dans ses flancs une telle profanation de la mémoire ? De quelles dislocations était-elle grosse ? J’étais assailli de questionnements. Le chevillage des clans n’a-t-il pas besoin d’un minimum de mensonges fédérateurs ? Peut-on vivre durablement sans légendes agglutinantes ? Sur ce confetti de France, il semblait que oui. J’étais d’autant plus troublé que, gamin, cerné de légendes jardinesques, j’avais renoncé à croire que la vérité officielle des êtres et la réalité puissent coïncider. Soudain, la vérité et la réalité semblaient se superposer. Ce spectacle d’une communauté s’efforçant de vivre les yeux ouverts était à la fois angoissant et jubilatoire ! Ma tête bouillait. Norma me sourit dans la pluie. Je commençai à saisir pourquoi elle m’avait entraîné dans ces parages. Mon rêve d’une existence sans déni avait peut-être trouvé son lopin.

Joyeux Noël – Alexandre Jardin – octobre 2012 (Grasset)

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Major Pettigrew’s Last Stand – Helen Simonson

27 samedi Oct 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Bloomsbury, Critique de livre, Helen Simonson, Major Pettigrew, Major Pettigrew's Last Stand, roman

Les premières phrases

«  Major Pettigrew was still upset about the phone call from his brother’s wife and so he answered the doorbell without thinking. On the damp bricks of the path stood Mrs Ali from the village shop. She gave only the faintest of starts, the merest arch of an eyebrow. A quick rush of embarrassment flooded to the Major’s cheeks and he smoothed helplessly at the lap of his crimson, clematis-covered housecoat with hands that felt like spades.

« Ah, » he said.

« Major? »

« Mrs Ali? » There was a pause that seemed to expand slowly, like the universe, which, he had just read, was pushing itself apart as it aged. « Semescence », they had called it in the Sunday paper.

« I came for the newspaper money. The paper boy is sick, » said Mrs Ali, drawing up her short frame to its greatest height and assuming a brisk tone, so different from the low, accented roundness of her voice when they discussed the texture and perfume of the teas she blended specially for him.

« Of course, I’m awfully sorry. » He had forgotten to put the week’s money in an envelope under the outside doormat. He started fumbling for the pockets of his trousers, which were somewhere under the clematis. He felt his eyes watering. His pockets were inaccessible unless he hoisted the hem of the housecoat. « I’m sorry, » he repeated.

« Oh, not to worry, » she said, backing away. « You can drop it in a the shop later – sometime more convenient. » She was already turning away when he was seized with an urgent need to explain. 

« My brother died, » he said. She turned back. « My brother died, », he repeated. « I got the call this morning. I didn’t have time. »

Circonstances de lecture

Lu juste après le dernier J.K. Rowling, pour rester dans l’atmosphère des petits villages anglais.

Impressions

Un livre résolument optimiste et qui fait du bien au moral. Veuf depuis six ans, le Major Ernest Pettigrew vient d’apprendre la mort de son frère. Ce décès va bouleverser sa vie tranquille de quasi-septuagénaire à Edgecombe St Mary, puisqu’il va apprendre à véritablement connaître Mrs Ali, une Pakistanaise tenant le magasin du village. Mais les préjugés raciaux et sociaux font rage dans ce petit village anglais, et son fils Roger voit d’un mauvais œil la relation se nouant entre son père et cette Mrs Ali. Le Major Pettigrew va devoir choisir entre une nouvelle vie amoureuse et le respect des convenances. Avec ses petites remarques acides et son sens de l’humour très british, on se prend vite d’affectation pour ce vieil homme qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense et à se remettre en cause.

Un passage parmi d’autres

 He acknowledged a notion that he might wish to see Mrs Ali again outside of the shop, and wondered whether this might be proof that he was not as ossified as his sixty-eight years, and the limited opportunities of village life, might suggest.

Bolstered by the tought, he felt he was up to the task of phoning his son, Roger, in London. He wiped his fingertips on a soft yellow rag and peered with concentration at the innumerable chrome buttons and LED displays of the cordless phone, a present from Roger. Its speed dial and voice activation capabilities were, Roger said, useful for the elderly. Major Pettigrew disagreed on both its ease of use and the designation of himself as old. It was frustratingly common that children were no sooner gone from the nest and established in their own homes, in Roger’s case a gleaming black-and-brass-decorated penthouse in a high-rise that blighted the Thames near Putney, than they began to infantilise their own parents and wish them dead, or at least in assisted living.

Major Pettigrew’s Last Stand – Helen Simonson – 2010 (Bloomsbury)

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The Casual Vacancy – J.K.Rowling

16 mardi Oct 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, J.K.Rowling, roman, The Casual Vacancy, Une place à prendre

Les premières phrases

«  Barry Fairbrother did not want to go out to dinner. He had endured a thumping headache for most of the weekend and was struggling to make a deadline for the local newspaper.

However, his wife had been a little stiff and uncommunicative over lunch, and Barry deduced that his anniversary card had not mitigated the crime of shutting himself away in the study all morning. It did not help that he had been writing about Krystal, whom Mary disliked, although she pretended otherwise.

« Mary, I want to take you out to dinner », he had lied, to break the frost. « Nineteen years, kids! Nineteen years, and your mother’s never looked lovelier. »

Mary had softened and smiled, so Barry had telephoned the golf club, because it was nearby and they were sure of getting a table. He tried to give his wife pleasure in little ways, because he had come to realize, after nearly two decades together, how often he disappointed her in the big things. It was never intentional. They simply had very different notions of what ought to take up most space in life.

Barry and Mary’s four children were past the age of needing a babysitter. They were watching television when he said goodbye to them for the last time, and only Declan, the youngest, turned to look at him, and raised his hand in farewell. »

Circonstances de lecture

Lu dès sa parution. In English of course !

Impressions

Acheté les yeux fermés, parce que je suis accro à l’écriture de J.K.Rowling. Avec ce roman (gros de quelque 500 pages), J.K.Rowling tourne radicalement la page Harry Potter avec une histoire ancrée de plain-pied dans la réalité. L’histoire a lieu dans un petit village anglais à l’apparence harmonieuse… jusqu’à ce que Barry Fairbrother meure subitement et laisse un siège vacant au conseil municipal. Débute alors une lutte pour savoir qui prendra sa place. Car l’enjeu est de taille, notamment entre ceux souhaitant continuer son combat pour aider le quartier où se trouvent les logements sociaux, et ceux désirant au contraire s’en débarrasser.

Lutte des classes, problèmes de couples, tourments de l’adolescence, drogue, violence, fossé social, préjugés, égoïsme et indifférence… J.K.Rowling délaisse ici la magie pour traiter de sujets durs et forts. Jusqu’à un final dont on ressort secoué. Un bon gros roman sur la nature humaine.

Un passage parmi d’autres

 Fats was curiously joyless these days, even though he made everybody else laugh as much as ever. His quest to rid himself of restrictive morality was an attempt to regain something he was sure had been stifled in him, something that he had lost as he had left childhood. What Fats wanted to recover was a kind of innocence, and the route he had chosen back to it was through all the things that were supposed to be bad for you, but which, paradoxically, seemed to Fats to be the one true way to authenticity; to a kind of purity. It was curious how often everything was back to front, the inverse of what they told you; Fats was starting to think that if you flipped every bit of received wisdom on its head you would have the truth. He wanted to journey through dark labyrinths and wrestle with the strangeness that lurked within; he wanted to break taboos and squeeze wisdom from their bloody hearts; he wanted to achieve a state of amoral grace, and be baptized backwards into ignorance and simplicity.

And so he decided to break one of the few school rules he had not yet contravened, and walked away, into the Fields.

The Casual Vacancy – J.K.Rowling – 2012 (Little Brown)

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Winter Journal – Paul Auster

20 jeudi Sep 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Henry Holt and Company, Livre, New York, Paul Auster, roman, Winter Journal

Les premières phrases

«  You think it will never happen to you, that it cannot happen to you, that you are the only person in the world to whom none of these things will ever happen, and then, one by one, they all begin to happen to you, in the same way they happen to everyone else.

Your bare feet on the cold floor as you climb out of bed and walk to the window. You are six years old. Outside, snow is falling, and the branches of the trees in the backyard are turning white.

Speak now before it is too late, and then hope to go on speaking until there is nothing more to be said. Time is running out, after all. Perhaps it is just as well to put aside your stories for now and try to examine what it has felt like to live inside this body from the first day you can remember being alive until this one. A catalogue of sensory data. What one might call a phenomenology of breathing. »

Circonstances de lecture

Paul Auster, encore et toujours. Un de mes auteurs préférés. J’achète ses livres les yeux fermés.

Impressions

A 64 ans, Paul Auster laisse de côté la fiction pour revenir sur sa vie et écrire ce « Winter Journal », avec un objectif : se poser et essayer de comprendre concrètement ce que signifie l’expression « être en vie », ce que signifie vivre dans ce corps qui est le sien. Passant d’un paragraphe à un autre d’une époque de sa vie à une autre, Paul Auster revient sur des événements marquants, des sensations, des rencontres, les différents lieux où il a habité, les décès qu’il a dû surmonter, en utilisant la deuxième personne du singulier. Un très très beau roman qui se lit d’une traite. Vivement sa sortie française pour une autre relecture !

Un passage parmi d’autres

 The inventory of your scars, in particular the ones on your face, which are visible to you each morning when you look into the bathroom mirror to shave or comb your hair. You seldom think about them, but whenever you do, you understand that they are marks of life, that the assorted jagged lines etched into the skin of your face are letters from the secret alphabet that tells the story of who you are, for each scar is the trace of a healed wound, and each wound was caused by an unexpected collision with the world – that is to say, an accident, or something that need not have happened, since by definition an accident is something that need not happen. Contingent facts as opposed to necessary facts, and the realization as you look into the mirror this morning that all life is contingent, except for the one necessary fact that sooner or later it will come to an end.

(…)

In order to do what you do, you need to walk. Walking is what brings the words to you, what allows you to hear the rhythms of the words as you write them in your head. One foot forward, and then the other foot forward, the double drumbeat of your heart. Two eyes, two ears, two arms, two legs, two feet. This, and then that. That, and then this. Writing begins in the body, it is the music of the body, and even if the words have meaning, can sometimes have meaning, the music of the words is where the meanings begin. You sit at your desk in order to write down the words, but in your head you are still walking, and what you hear is the rhythm of your heart, the beating of your heart. Mandelstam : « I wonder how many pairs of sandals Dante wore out while working on the Commedia. » Writing as a lesser form of dance.

Winter Journal – Paul Auster – 2012 (Editions Henry Holt and Company)

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Gallica – Henri Loevenbruck

15 samedi Sep 2012

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Critique de livre, Fantasy, Gallica, Henri Loevenbruck, La Moïra, Livres

Les premières phrases

«  La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges anciens où vivaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent… Ainsi peut-on lire encore aujourd’hui, gravée dans la pierre, l’histoire de Bohem et des Brumes, sur une terre de légende qu’on appelait Gallica.

C’est pendant la nuit de la Saint-Jean de l’an 1150 que, selon la légende, commença cette histoire, dans le castrum de Villiers-Passant.

C’était un petit bourg fortifié au sud du comté de Tolsanne, à quelques lieues de la mer et de Nabomar, la cité des hérétiques. On y menait une vie paisible dans la beauté imperturbable des collines méridionales. La plupart des habitants étaient, depuis la nuit des temps, agriculteurs, petits négociants ou, bien sûr, vignerons. Le seigneur qui occupait le château, Maugard de Villiers, était un homme discret, que l’on voyait rarement. Il se contentait de percevoir un péage de la part des étrangers qui devaient traverser le castrum, lieu de passage incontournable quand on remontait de Nabomar. Mais la véritable autorité, dans les remparts du village, était entre les mains du prêtre, protégé de l’archevêque de Tolsanne.

Juin allait bientôt s’éteindre, et, comme chaque année, le père Grimaud avait demandé au louvetier de chasser une Brume afin qu’elle fût sacrifiée le soir sur le bûcher de Villiers-Passant.

En effet, l’Eglise s’accommodait mal de ces animaux de légende. Ces créatures merveilleuses venues d’un âge plus ancien. Chimères, vouivres, bayards, tarannes, loups, piternes, licorne… De moins en moins nombreuses, elles dérangeaient toutefois encore par l’affront qu’elles faisaient à la foi chrétienne, par leur simple présence. Par la vérité de leur existence. Car elles n’étaient pas des créatures de Dieu ; elles étaient les survivantes d’un mythe que l’Eglise préférait oublier. Alors, on les appelait « créatures du démon » et on les chassait à travers le pays. Le roi, soucieux de satisfaire les papes successifs, payait même des hommes pour se charger de cette triste besogne. C’étaient les louvetiers. »

Circonstances de lecture

Lu quelques années après la trilogie de La Moïra du même auteur. Même si les deux trilogies peuvent être lues indépendamment, il est préférable d’avoir lu La Moïra avant Gallica.

Impressions

Les deux premiers tomes se lisent avec plaisir, le dernier s’essouffle cependant un peu. Malgré tout, je recommande Gallica. Notamment pour les thèmes abordés : l’intolérance religieuse, la lutte pour le pouvoir, la peur de l’inconnu, la préservation des loups et de la nature.

Bohem, fils de louvetier, sauve un loup du bûcher. Sa vie s’en voit radicalement bouleversé. Traqué, il s’enfuit de son village et se découvre un destin peu commun, en lien avec les Brumes. Une belle histoire.

Un passage parmi d’autres

 Je suis seul. Le temps s’est arrêté. Autour de moi, une vaste plaine et un beau ciel azuré. Les nuages sont figés. Le vent ne souffle plus. Je ne vois pas mes mains. Je ne vois pas mon corps.

Derrière moi. Une présence. Je me retourne. Lentement. Et je le vois. Le loup. Le loup gris. Je reconnais son pelage. Je crois même que je reconnais ses yeux.

Il est magnifique. Debout sur un rocher. Penché vers moi comme s’il voulait lire dans mon âme. Quelque chose est gravé sur le rocher. Sous ses pattes. Deux phrases. Je ne peux pas les lire. Je ne sais pas.

Le loup se retourne. Je comprends tout de suite. Il veut que je le suive. Il avance. Je flotte. Je traverse l’espace, peut-être le temps. Je ne sais à quelle vitesse nous avançons. Et je parviens à suivre le loup. Mon loup. Sans réfléchir. Comme si je connaissais déjà son chemin. Il est mon guide. Je n’ai qu’à suivre la voie que m’ouvre la Brume.

Soudain elle disparaît. Le monde autour de moi s’éteint et se rallume, plusieurs fois, comme si je clignais lentement des yeux. Il n’y a toujours pas un bruit. A peine le battement de mon cœur. Bat-il vraiment ?

Je suis devant une forêt. Le long tapis d’herbe s’arrête à quelques pas, au pied d’un mur d’arbres touffus. J’attends. Je sais que je ne suis pas là par hasard. C’est mon loup qui m’a guidé. Et il sait où je dois me rendre.

Une silhouette se dessine à la lisière de la forêt. Une figure qui apparaît à l’orée du bois. Un homme. De petite taille. Haut comme un enfant. Fort. Il sort de l’ombre des arbres. Je le distingue mieux à présent. Il a une longue barbe blanche qui descend sur son ventre rond. Sur son dos, il porte un instrument que je ne connais pas. Il est vêtu d’une cotte de maille et d’une armure de cuir. A sa taille, il porte une courte et splendide épée. Et sur sa tête, un chapeau marron orné d’une longue plume d’oie blanche.

Il s’avance. Il sourit. On dirait qu’il me reconnaît. Mais je ne l’ai jamais vu, moi. Pourtant, j’ai l’impression de le connaître aussi. De l’avoir toujours connu. Comme un frère.

Il parle mais je ne l’entends pas. Je vois ses lèvres qui bougent, mais aucun son n’en sort. Il est tout près maintenant. Il tend son bras vers moi, le poing fermé. Il serre quelque chose dans le creux de sa main. Quelque chose qu’il veut me donner.

Lentement, il tourne sa main vers moi.

Et il ouvre les doigts.

Gallica – Henri Loevenbruck – 2008 (Editions Bragelonne)

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Les Lisières – Olivier Adam

11 mardi Sep 2012

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, Flammarion, Les Lisières, Olivier Adam, rentrée littéraire

Les premières phrases

«  Je me suis garé sur le trottoir d’en face. J’ai jeté un œil dans le rétroviseur. Sur la banquette arrière, Manon rassemblait ses affaires, le visage caché derrière un long rideau de cheveux noirs. A ses côtés, Clément s’extirpait lentement du sommeil. Six mois n’avaient pas suffi à m’habituer à ça. Cette vie en pointillés. Ces week-ends volés une semaine sur deux. Ces dimanches soir. Ces douze jours à attendre avant de les revoir. Douze jours d’un vide que le téléphone et les messages électroniques ne parvenaient pas à combler. Comment était-ce seulement possible ? Comment avions-nous pu en arriver là ? J’ai tendu ma main vers ma fille et elle l’a serrée avant d’y poser un baiser.

– Ca va aller, papa ?

J’ai haussé les épaules, esquissé un de ces sourires qui ne trompaient personne. Elle est sortie de la voiture, suivie de son frère. J’ai attrapé leurs sacs à dos dans le coffre et je les ai suivis. De l’autre côté de la rue, la maison de Sarah n’était plus la mienne. Pourtant rien ou presque n’y avait changé. Je n’avais emporté que mes vêtements, mon ordinateur et quelques livres. Chaque dimanche, quand je ramenais les enfants, il me semblait absurde de repartir, je ne comprenais pas que ma vie puisse ne plus s’y dérouler. J’avais le sentiment d’avoir été expulsé de moi-même. Depuis six mois je n’étais plus qu’un fantôme, une écorce molle, une enveloppe vide. Et quelque chose s’acharnait à me dire qu’une part de moi continuait à vivre normalement dans cette maison, sans que j’en sache rien. »

Circonstances de lecture

Premier livre de la rentrée littéraire que je lis. Émotions garanties.

Impressions

C’est un livre encore une fois plein d’émotions que nous livre Olivier Adam. Son narrateur, Paul Steiner (son double romancé ?), lutte pour reprendre sa vie en main. Après son divorce, la dépression revient le hanter, tout comme la douleur d’être séparé de ses enfants. Quand sa mère est hospitalisée, il revient en banlieue parisienne (région qu’il a fuie pour la Bretagne) afin de s’occuper de son père. Il y découvre un secret de famille soigneusement caché…

Ce livre met le doigt là où ça fait mal : le divorce et ses conséquences sur les enfants, les relations familiales souvent difficiles, la vie en banlieue, les classes moyennes, le sentiment de n’être à sa place nulle part… Tout en revenant sur des faits d’actualité de l’année passée : la montée du FN, la campagne électorale, la crise, le tsunami au Japon, Fukushima… Un très beau livre sur notre époque et ses contradictions, sans concession, superbement écrit.

Un passage parmi d’autres

 J’ai claqué la porte et dévalé les escaliers, au sens premier du terme, le bois glissait et je me suis retrouvé sur le cul, endolori, mais à bon port. J’ai marché jusqu’à République. Les rues grouillaient de monde. Que pouvaient bien foutre tous ces gens un jeudi soir à quatre heures du matin dans les rues du dixième arrondissement de Paris, je n’en savais plus rien, j’avais quitté cette ville depuis trop longtemps maintenant, et quitter cette ville c’était quitter la nuit. Paris était à mes yeux une ville fondamentalement nocturne et il me revenait combien l’hiver, quand nous y vivions, Sarah et moi attendions la nuit avec impatience, qui heureusement tombait à dix-sept heures, gommant la lumière grise et laide, repeinte tout à coup d’éclairage municipal et de vitrines allumées, soudain tout brillait, tout luisait, tout sortait neuf et clinquant d’une gangue terne et poussiéreuse. En nous établissant en Bretagne, il nous avait fallu vivre en sens inverse, le matin il nous arrivait de nous lever avant le jour, et nous guettions les lumières roses qui nimbaient la pointe fermant la baie. Parfois à l’aube nous prenions la voiture et roulions vers le soleil levant, le jour pointait sur la presqu’île, les bruyères, les genêts, les arméries, les dunes piquées d’oyats, les falaises couvertes de fougères, et nous ne voulions pas en perdre une miette. La nuit engloutissait tout ça sous un voile de satin noir, d’anthracite et d’acier mat et la ville s’endormait silencieuse et saoulée de vent.

Les Lisières – Olivier Adam – 2012 (Editions Flammarion)

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The House at Tyneford – Natasha Solomons

10 vendredi Août 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Downton Abbey, Natasha Solomons, Plume, romans, The House at Tyneford

Les premières phrases

«  When I close my eyes I see Tyneford House. In the darkness as I lay down to sleep, I see the Purbeck stone frontage in the glow of late afternoon. The sunlight glints off the upper windows, and the air is heavy with the scents of magnolia and salt. Ivy clings to the porch archway, and a magpie pecks at the lichen coating a limestone roof tile. Smoke seeps from one of the great chimneystacks, and the leaves on the unfelled lime avenue are May green and cast mottled patterns on the driveway. There are no weeds yet tearing through the lavender and thyme borders, and the lawn is velvet cropped and rolled in verdant stripes. No bullet holes pockmark the ancient garden wall and the drawing room windows are thrown open, the glass not shattered by shellfire. I see the house as it was then, on that first afternoon. « 

Circonstances de lecture

Fan de la série TV « Downton Abbey », je n’ai pas pu résister à l’envie de lire ce livre. On y retrouve la même ambiance que la série.

Impressions

Tout commence en 1938 lorsque l’imminence de la guerre pousse la jeune Elise Landau à quitter l’Autriche pour l’Angleterre. Elle laisse derrière elle ses parents, en attente de visas pour quitter à leur tour le pays, tandis que sa sœur aînée part pour les USA. Loin de son foyer natal, elle devient servante à Tyneford, au service de la famille Rivers. Là, elle découvre un mode de vie typiquement british, et tombe amoureuse du fils de la maison, et de la campagne anglaise.

Un passage parmi d’autres

 My hair was sticky with sweat and clung to my face and I decided that I would wash, despite the cold. An old-fashioned water pump with an iron handle stood in the middle of the yard. I’d watched the stable boy use it earlier before scrubbing Mr. Bobbin, and I mimicked his movement, pushing the handle up and down until a steady stream of water sluiced my feet and gushed over the cobbles. Kneeling, I shoved my head under the flow, trying to pump at the same time, and managed to rinse my hair as well as spray myself with freezing water. The cold took my breath away, emptying my mind of all thought save for the sensation of icy liquid down my neck. It was not unpleasant, and the rush of water crowded out my tumbling worries. The pump squealed and whined, filling the empty yard with the sound, so that it took me a moment to realise someone was speaking to me.

« Hullo? »

I scrambled to my feet, banging my head against the pump. A pain exploded above my eye and I crouched, rubbing my forehead. The next moment, a man was kneeling beside me, pushing my wet hair out of my face with his fingers.

« Are you bleeding? Or is this water? I can’t see. Come into the light. »

I allowed myself to be led into the corner of the yard, where a yellow oil lamp rested on a mounting block. The man touched my forehead where I’d cracked it against the pump. I was too embarrassed to look into his face, so I stared at my bare, slightly grimy toes.

« No, you’re all right. I’m sorry. Didn’t mean to frighten you like that. »

I looked up and saw in the gloom a man of about forty with dark hair and a slight smile playing around his eyes. Anna would have called him handsome, but I knew that men of forty were far too old to be considered any such thing.

« Christopher Rivers, » he said.

« Elise Landau, » I said, offering him my hand.

The House at Tyneford – Nastasha Solomons – 2011 (Editions Plume)

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Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

08 dimanche Juil 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, Gaïa Editions, Les oreilles de Buster, Livres, Maria Ernestam, roman

Les premières phrases

«  Je t’ai raconté l’histoire des baleines ? Dans l’océan Arctique ? Non ? Ah bon… Alors je vais t’expliquer comment ça se passe là-bas. Comment les baleines font l’amour. 

Nous, les hommes, nous marchons debout. Pour commencer, nous levons les yeux vers le ciel bleu qui se déploie au-dessus de nous, en nous tenant aussi droit que possible. Puis nous posons un pied devant l’autre, puis l’autre, puis l’autre, et ainsi de suite, indéfiniment. C’est notre manière à nous d’atteindre notre but – enfin, si nous nous en sommes fixés un. Il nous arrive aussi de nous promener au petit bonheur la chance, insouciants et joyeux. Finalement, ça n’a pas d’importance. Le mouvement est le même. Un pied devant l’autre, debout. Ne l’oublie jamais.

Pour les grandes baleines de l’océan Arctique, c’est différent. Elles affrontent les vagues en y plongeant leurs nageoires, elles ondulent dans l’océan infini, chatouillées par des tourbillons d’eau sur toute la surface de leur peau. Contrairement à nous, elles ne sont pas obligées de poser un pied devant l’autre sans arrêt. Grâce à leur nageoire caudale, elles vont où elles veulent, et leurs corps gigantesques décrivent des courbes magnifiques. Quand une baleine se propulse en avant, ce n’est donc pas en posant deux minuscules pieds devant le reste de son corps, mais en fendant l’eau de son énorme tête. Les baleines sont allongées quand elles se déplacent, ne l’oublie pas non plus. « 

Circonstances de lecture

Lu dans le train et le métro en juin 2012. J’ai été attirée par la couverture et ce titre, pour le moins énigmatique, Les oreilles de Buster.

Impressions

Eva vient de fêter ses 56 ans. Elle passe une retraite tranquille à s’occuper de son jardin, notamment de ses rosiers, en compagnie de son compagnon Sven. Quand sa petite fille lui offre un journal intime, Eva se met à y retranscrire sa vie. Elle relate alors comment, à l’âge de 7 ans, elle a décidé de tuer sa mère… Projet qu’elle mettra à exécution à 17 ans.

Très bien écrit, ce roman décrit avec justesse comment une petite fille a réussi malgré tout à se construire et à survivre, blessée en permanence par sa mère. Entre Alice au pays des merveilles et la série Dexter, l’histoire d’Eva et de sa mère tient en haleine. Jusqu’à un final qui recèle bien des surprises…

Un passage parmi d’autres

 J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.

A travers ce simple constat, je viens de m’exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n’ai pas l’habitude. A vrai dire, je n’ai jamais été aussi franche. Cela fait un moment que je n’écris plus de cartes postales, sans parler de lettres, et je n’ai jamais tenu de journal intime. Les mots m’ont toujours narguée, tournoyant sans répit dans ma tête. Des pensées qui me paraissaient révélatrices, originales tant que je les gardais prisonnières, s’effritaient durant leur brève course dans l’atmosphère et mouraient dès qu’elles touchaient le papier. Comme si le simple passage de mon for intérieur au dehors suffisait à les flétrir.

L’écart impitoyable entre inspiration et insignifiance qu’ont cruellement révélé mes rares tentatives d’écriture, m’a incitée à délaisser la plume, hormis pour consigner des faits purs et durs. Beurre, œufs, tomates, radis. Dentistes, ne pas oublier d’appeler. Il peut donc sembler pathétique de se mettre ainsi à rédiger un journal intime à l’âge de cinquante-six ans, mais je m’en arroge le droit. Ce cadeau doit bien avoir un sens, surtout venant d’Anna-Clara. Il implique un engagement de ma part – cela fait si longtemps que je ne me suis pas sentie redevable de quoi que ce soit… Les obligations ont cessé de dicter mon comportement bien avant que je n’arrête d’écrire des lettres. Mais je m’égare.

Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – 2011 (Gaïa Editions)

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L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert

21 jeudi Juin 2012

Posted by Aurélie in Romans français

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Albin Michel, Critique de livre, Didier van Cauwelaert, L'Evangile de Jimmy, Livre, roman

Les premières phrases

«  Quand on se prend pour Dieu, on ne peut pas douter de soi. L’œil grave et le sourire avalé, ils se dévisagent comme devant un miroir. S’ils n’étaient pas, actuellement, les deux hommes les plus célèbres sur Terre, il serait difficile de dire dans quel camp est la victoire. D’ailleurs, sur le plan des chiffres, on ne le sait toujours pas, même si  politiquement il a bien fallu, à un moment donné, arrêter les opérations de recomptage. A quelques milliers de voix près, on n’allait pas laisser plus longtemps le pays sans Président.

L’élu tend le bras machinalement, comme pour ouvrir une porte. Après les cinq secondes protocolaires, il interrompt la poignée de main. Son prédécesseur lui a remis les codes nucléaires, l’état des lieux, quelques secrets défense gérés directement par la Présidence, qui désormais s’empilent sur la table d’acajou : il peut aller se faire oublier.

L’ancien locataire de la Maison-Blanche referme sa serviette en cuir, avec une expression narquoise que George W.Bush trouve aussitôt parfaitement déplacée. Bill Clinton promène un dernier regard autour de lui, pivote en direction de la porte. Il fait trois pas, se retourne et, tout en rouvrant sa serviette, lance d’un ton soigneusement neutre :

– Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.

Il sort un dossier vert, le dépose au sommet de la pile, et s’en va.  « 

Circonstances de lecture

Après la lecture de son dernier roman, Le Journal intime d’un arbre, j’ai eu très envie de replonger dans les anciens livres de Didier van Cauwelaert. Une très bonne plume.

Impressions

Jimmy est un Américain tout ce qu’il y a de plus moyen. Réparateur de piscines dans le Connecticut, il tente d’oublier un chagrin d’amour dans la bière et les chips. Jusqu’au jour où une prise de sang le fait repérer par la Maison-Blanche… Trois agents lui apprennent alors de but en blanc qu’il est le clone du Christ ! Une histoire pleine de rebondissements, qui décrit parfaitement les manipulations des dirigeants politiques comme des religieux.

Un passage parmi d’autres

 Planté devant mon lit au milieu des miroirs, je me regarde multiplié par trois. Comment croire l’impossible ? Mais comment rejeter l’évidence, lutter contre cinquante pages de preuves scientifiques ? Je suis allé refaire une prise de sang, et c’est le même résultat. Même groupe AB, même empreinte génétique. C’est bien moi, le fils du linge, le clone du crucifié : on ne se trompe pas deux fois dans l’attribution d’une analyse. Et la probabilité pour que des étrangers aient le même ADN, ils disent qu’elle est de 0,09 sur cent. La marge d’erreur légale pour les assurances.

Je prends ma respiration, j’ouvre les bras, je lance à mes reflets : « Je suis celui qui est », pour voir si quelque chose se passe. Et je suis toujours le même, avec l’air con en prime.

L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert – 2004 (Editions Albin Michel)

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Harry Potter and The Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling

26 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, J.K.Rowling, Livre, VO

Les premières phrases

«  Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard. 

It was nearly midnight, and he was lying on his front in bed, the blankets drawn right over his head like a tent, a torch in one hand and a large leather-bound book (A History of Magic, by Bathilda Bagshot) propped open against the pillow. Harry moved the tip of his eagle-feather quill down the page, frowning as he looked for something that would help him write his essay, « Witch-Burnin in the Fourteenth Century Was Completely Pointless – discuss ».

The quill paused at the top of a likely-looking paragraph. Harry pushed his round glasses up his nose, moved his torch closer to the book and read:

Non-magic people (more commonly known as Muggles) were particularly afraid of magic in medieval times, but not very good at recognising it. On the rare occasion that they did catch a real witch or wizard, burning had no effect whatsoever. The witch or wizard would perform a basic Flame-Freezing Charm and then pretend to shriek with pain while enjoying a gentle, tickling sensation. Indeed, Wendelin the Weird enjoyed being burnt so much that she allowed herself to be caught no fewer than forty-seven times in various disguises. »

Circonstances de lecture

Relu en une semaine… en anglais, histoire de justifier cette énième relecture des Harry Potter !

Impressions

Comment dire… Ce n’est tout simplement pas possible d’arrêter de lire Harry Potter !  Alors, après avoir lu les 5 premiers tomes en français, les 2 derniers en anglais puis en français… il me fallait bien les relire tous en anglais. Parce que non, impossible de trouver meilleure plume dans ce genre de littérature. Tout simplement impossible ! Alors, à tous ceux qui rechignent encore à se plonger dans l’univers de J.K.Rowling, je ne dirais qu’une chose : foncez ! Pour ne plus jamais en ressortir !

Un passage parmi d’autres

 There was a soft, crackling noise and a shivering light filled the compartment. Professor Lupin appeared to be holding a handful of flames. They illuminated his tired grey face, but his eyes looked alert and wary.

« Stay where you are », he said, in the same hoarse voice, and he got slowly to his feet with his handful of fire held out in front of him.

But the door slid slowly open before Lupin could reach it.

Standing in the doorway, illuminated by the shivering flames in Lupin’s hand, was a cloaked figure that towered to the ceiling. Its face was completely hidden beneath its hood. Harry’s eyes darted downwards, and what he saw made its stomach contract. There was a hand protruding from the cloak and it was glistening, greyish, slimy-looking and scabbed, like something dead that had decayed in water…

It was visible only for a split second. As though the creature beneath the cloak sensed Harry’s gaze, the hand was suddenly withdrawn into the folds of the black material.

And then the thing beneath the hood, whatever it was, drew a long, slow, rattling breath, as though it was trying to suck something more than air from its surroundings.

An intense cold swept over them all. Harry felt his own breath catch in his chest. The cold went deeper than his skin. It was inside his chest, it was inside his very heart…

Harry’s eyes rolled up into his head. He couldn’t see. He was drowning in cold. There was a rushing in his ears as though of water. He was being dragged downwards, the roaring growing louder…

And then, from far away, he heard screaming, terrible, terrified, pleading screams. He wanted to help whoever it was, he tried to move his arms, but couldn’t… a thick white fog was swirling around him, inside him…

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling – 1999 (Bloomsbury)

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