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Archives de Tag: écologie

Lucioles – Collectif

20 lundi Juil 2026

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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écologie, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, La Volte, lecture, Livre, Lucioles, nouvelles, quoi lire, roman, SF

Les premières phrases

«  Nous avions dû partir deux jours avant pour arriver à temps et la route n’avait pas été une partie de plaisir, mais enfin j’étais là, le cœur battant, devant l’abridôme qui hébergeait la Convention.

J’avais quinze ans et c’était la première fois que j’allais y assister. Une immense banderole « Tulpa is the new IA » flottait sur le fronton. Le vaste hall était bordé de fanions colorés, les rues étaient bondées. Devant moi, le dôme jouxtait une ancienne gare routière, jonchée d’épaves de cars. il y avait du monde partout sur les trottoirs. À cette saison, la chaussée était interdite à la circulation : de longs rubans verts parcouraient la ville, couverts de fraisiers en fleurs, de premières pousses de patates et de bouquets de soucis orange vif. Cette vue me redonna un peu d’assurance. La foule qui m’entourait me donnait le vertige. J’avais grandi dans une communauté rurale autonome et je ne venais en ville qu’une fois par an. »

Impressions

15 nouvelles comme autant de petites graines d’optimisme et de futurs désirables à semer et à faire germer dans nos esprits. Voici ce que nous proposent les éditions La Volte avec ce recueil de nouvelles, préalablement publiées sur le site du média Reporterre et retravaillées pour la publication de cet ouvrage.

Sabrina Calvo, Patrick K. Dewdney, Wendy Delorme, Catherine Dufour, Sylvie Lainé, Hélène Laurain, Jean-Marc Ligny, Li-Cam, Luvan, Vincent Message, Corinne Morel Darleux, Elio Possoz, Juliette Rousseau, Stéphane Servant et Ketty Steward se sont ainsi prêté au jeu en nous donnant à voir des bribes de futurs écologiques.

Ici, les rats grignotent le plastique et la fibre, des humaines parviennent à communiquer avec la nature, des habitants creusent le béton pour essayer de redonner vie à une rivière enterrée, les apiculteurs se font itinérants, les anciens gros industriels et décisionnaires politiques vivent au Nuclear Park (je vous laisse le plaisir de découvrir leur punition), une fusée abritant des milliardaires se fait hacker, la puissance des livres prend tout son sens, les fées résistent au nouveau monde… Le recueil se termine par une expérience d’histoire dont vous êtes le héros (écrite par Elio Possoz, auteur du très bon roman Les mains vides), qui nous confronte à nos propres choix. À lire également : la postface de Vincent Lucchese, journaliste à Reporterre, expliquant la genèse de ce projet et la façon dont les fictions façonnent le monde.

Imaginer la fin du capitalisme, sortir du bourbier dystopique, montrer que d’autres futurs sont possibles, souhaitables et réalisables, voici tous les bienfaits de ce recueil qui fait du bien à l’âme.

Pour poursuivre l’expérience, d’autres nouvelles sont disponibles ici : https://reporterre.net/Les-fictions-de-Reporterre.

Lucioles – Collectif – Mai 2026 – La Volte – Illustration de couverture réalisée par Aline Zalko

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Les champs de la Lune – Catherine Dufour

09 samedi Nov 2024

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Ailleurs & Demain, écologie, Catherine Dufour, conseils de lecture, Critique de livre, Dystopie, idées de lecture, jardin, lecture, Les champs de la Lune, Livres, quoi lire, Robert Laffont, robots, SF, Utopie

Catherine Dufour - Les champs de la luneLes premières phrases

«  Longtemps, les rapports de la ferme Lalande ont commencé par :

RFL 26/12/2324 – TI + 8 ∂° C – TE + 123 ∂° C – TR 1.3 mSv/h – AS 237 20

Dernièrement, on m’a demandé d' »améliorer le confort de lecture des destinataires » de mes rapports. On m’a demandé de « télécharger une bibliothèque » et de m’en inspirer « pour rédiger davantage, en apportant un soin particulier à la contextualisation ».

Trym m’a expliqué :

– Tes rapports sont trop techniques. En plus, on n’y comprend rien si on n’a pas tout lu depuis le début. Miaou.

Ce chat est meilleur que moi en relationnel. Je vais donc essayer, dans mes rapports, d’aller au-delà des faits. Il est vrai que les faits sont répétitifs. Mais je dois en user, car je ne dispose de rien d’autre. »

Circonstances de lecture

Parce que cette couverture signée Aurélien Police m’a immédiatement attirée, tout comme l’idée de s’occuper d’un jardin sur la lune !

Impressions

Ce roman commence tout doucement, comme un livre de Becky Chambers. Catherine Dufour nous décrit le quotidien d’El-Jarline, une fermière prenant soin d’un écosystème abrité sous un dôme sur la Lune. Sa ferme est la dernière avant la cité soulunaire de Mut qu’elle approvisionne en légumes et fleurs. El-Jarline y travaille avec son chat amélioré Prym, des robots de jardinage et des drones d’entretien. Chaque jour, elle envoie un rapport minutieux à la Commanderie, signalant l’état de santé de ses plantes, la menace de propagation d’une plante invasive (la minicola), ou encore l’apparition d’une fissure d’étanchéité sur une plaque du dôme. Sa vie est rythmée par son travail, l’aube solaire, les marées thermiques et les tremblements de Lune. Elle aime à discuter avec son chat Prym, au sujet des citadins vivant en sous-terrain, de la fièvre aspic qui y sévit et pour laquelle nul remède n’a encore été trouvé, ou encore des robots fous qui parcourent la surface lunaire. Et puis, un jour, un petit grain de sable, sous l’apparence d’une fillette, vient rompre la monotonie de son quotidien. El-Jarline va commencer à voir le monde différemment. Et petit à petit, la douceur des premières pages va laisser place à des réflexions plus graves et plus profondes.

Catherine Dufour aura su m’attirer dans ses filets. J’en ressors un peu ébranlée, tiraillée entre la douceur du jardin d’El-Jarline, le soin qu’elle porte à ses plantes, et la noirceur de certains passages. Un travail d’équilibriste parfaitement maîtrisé. Je ne peux que vous inviter à vous rendre sur la Lune, au côté de cette Jardinière au calme apaisant dont les réflexions ne pourront que trouver écho en vous si vous êtes sensibles au passage du temps, à la contemplation de la nature, et à l’avenir du vivant.

Catherine Dufour – Les champs de la Lune – Septembre 2024 – Robert Laffont, Ailleurs & Demain

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Pour ne rien regretter – Henri Loevenbruck

03 dimanche Nov 2024

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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écologie, conseils de lecture, Critique de livre, Dystopie, Henri Loevenbruck, idées de lecture, lecture, Livres, Nous revions juste de liberté, Pour ne rien regretter, quoi lire, roman militant, SF, XO Editions

RAS7_POUR_NE_RIEN_REGRETTER.inddLes premières phrases

«  Je m’appelle Véra et je voulais vous parler du bruit de la pluie sur la tôle ondulée, qui fait drôlement de peine, comme bon souvenir. Vous savez, ces premiers ploc, ploc, qui cognent contre le zinc, l’un après l’autre, et puis qui deviennent de plus en plus rapprochés, de plus en plus forts, clapotent joliment au-dessus de nos têtes jusqu’à former un bourdonnement continu qui nous berce et nous protège et nous borde pour nous endormir. Chaque fois que j’entends le bruit de la pluie sur la tôle ondulée, chaque fois que je respire cette odeur de poussière mouillée, ça me fait comme si je mordais dans la fameuse madeleine de monsieur Proust : je suis transportée dans ma petite chambre sous les toits, et j’ai toutes mes années de quand j’étais jeune qui me reviennent, avec bonheur et mauvaise compagnie.

Je m’appelle Véra parce que mes parents m’ont donné le nom d’une petite fille qui était morte, et c’est pas toujours évident de porter le nom d’une morte, au niveau du devoir. Mais c’est un joli prénom, tout de même, et avec seulement quatre lettres, en plus. Véra, c’est « voir » au futur, ce qui est déjà pas mal, comme ambition. À l’envers, ça fait « a rev », et c’est encore mieux pour l’espérance. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « Nous rêvions juste de liberté » du même auteur.

Impressions

Lire Pour ne rien regretter, c’est voir le monde à travers les yeux de Véra, une petite fille qui se coltine un certain monsieur Asperger, qui lui fait voir le monde sous un angle un peu différent, avec des mots qui sonnent bon la poésie, l’enfance, la nature et l’honnêteté. Véra, pour ceux qui ont lu Nous rêvions juste de liberté, c’est la fille spirituelle de Bohem, ce héros épris de liberté dont le destin m’avait écorché le cœur, l’enfant de Mélaine et Mani – pour ceux qui savent – celle que Freddy a pris sous son aile et qu’il considère comme sa nièce. Véra, elle a le parler juste des gens qui se fichent bien du regard des autres. Véra, elle invente des expressions qui font sourire et qui donnent du baume au cœur même quand dehors comme dedans tout va mal. Véra, elle comprend pas pourquoi les grosses multinationales elles ont le droit de tout détruire, les beaux paysages comme les gens qui travaillent pour elles. Et cette incompréhension va se muer au fil du temps en rébellion, à travers la rencontre d’un petit groupe de militants écolos.

Avec cette suite indirecte de Nous rêvions juste de liberté, Henri Loevenbruck livre un roman dystopique tellement réaliste qu’on se dit que c’est là que nous nous dirigeons allègrement, les bras grands ouverts, les yeux bien clos, la tête enfoncée dans les réseaux sociaux et le déni pour ne surtout pas voir qu’on va droit dans le mur, qu’on y est même déjà un peu, beaucoup. Un roman coup de gueule, mais le tout délivré avec de l’émotion à fleur de peau, à travers les yeux de Véra, cette héroïne ordinaire absolument inoubliable. Alors, oui, lisez ce livre avec le risque de sentir les larmes glisser sur vos joues et de vous faire dresser les poings, signes qu’il y a encore de l’espoir. Il suffit « juste » de réagir.

Henri Loevenbruck – Pour ne rien regretter – Octobre 2024 – XO Editions

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Ecowarriors – Jean-Marc Ligny

25 vendredi Oct 2024

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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écologie, conseils de lecture, Critique de livre, ecowarriors, idées de lecture, Jean-Marc Ligny, lecture, Livres, Mu, pacifisme, quoi lire, roman militant, SF, violence

Jean-Marc Ligny - EcowarriorsLes premières phrases

«  Au début, tout se passe plutôt bien. Ce sont près de trois mille manifestants, issus de multiples organisations, qui parviennent à bloquer l’autoroute A7 au niveau du chantier de la future bretelle de contournement sud de Lyon. La fameuse bretelle qui devrait permettre de gagner un quart d’heure de trajet pour l’aéroport Saint-Exupéry et qui, pour cette raison « d’intérêt public », va détruire des milliers d’hectares de terres agricoles, de bois et forêts, de marais et prairies. Le chantier n’en est qu’à ses débuts, telle une métastase terreuse qui enfle aux abords de l’A7, mais nul doute qu’il va rapidement éventrer la campagne si personne ne l’arrête.
Il sont là pour l’arrêter, justement. »

Circonstances de lecture

Parce que ce texte de SF parle d’écologie et de révoltes.

Impressions

Voici un livre militant, violent, terriblement réaliste, qui montre notamment comment des citoyens ordinaires peuvent soudain se transformer en militants violents et prêts à tout pour défendre une cause qui leur paraît juste. Car comment réussir à faire passer un message et à transformer la société quand la seule réponse provenant des instances gouvernementales est la violence policière ? Les manifestations non violentes peuvent-elles suffire ? Les discours (qu’ils soient oraux ou tagués sur les murs) sont-ils suffisants pour changer les mentalités et modifier en profondeur nos façons d’appréhender le présent pour construire un avenir meilleur ?

C’est de cette thématique ô combien actuelle que traite Jean-Marc Ligny dans ce roman profondément militant, mené à cent à l’heure. Alors, si certains passages peuvent paraître un peu trop manichéens, si les scènes de sexe m’ont souvent fait lever les yeux au ciel, si le changement d’un des protagonistes m’a paru bien soudain, je ne peux que conseiller la lecture de cet ouvrage. Car il a le mérite de montrer de manière réaliste l’impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, l’immobilisme de notre société capitaliste et des décisionnaires. Surtout, il questionne sur le recours à la violence comme moyen de révolte, que l’on soit un militant écolo ou un jeune de banlieue. Quand tout a été essayé, comment répondre à la manipulation médiatique, à l’indifférence des politiques, à la violence physique des forces de l’ordre ? Jusqu’où peut-on aller pour faire triompher ses idéaux ? Jusqu’où peut-on aller pour assouvir sa soif de vengeance ? La violence peut-elle être acceptable ? Jusqu’où faudra-t-il aller pour changer notre société au lieu de la voir sombrer dans le chaos et le non-sens ? Je vous laisse y réfléchir. Le débat est ouvert, urgent, et d’intérêt général.

Jean-Marc Ligny – Ecowarriors – Octobre 2024 – Mu

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