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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: SF

How high we go in the dark – Sequoia Nagamatsu

08 samedi Juin 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, How high we go in the dark, idées de lecture, lecture, Livres, Plus haut dans les ténèbres, quoi lire, science fiction, Sequoia Nagamatsu, SF

Sequoia Nagamatsu - How high we go in the darkLes premières phrases

 » In Siberia, the thawing ground was a ceiling on the verge of collapse, sodden with ice melt and the mammoth detritus of prehistory. The kilometer-long Batagaika Crater had been widening with temperature rise like some god had unzipped the snow-topped marshlands, exposing woolly rhinos and other extinct beasts. » 

Circonstances de lecture

Parce que j’aime le post-apo.

Impressions

Comment parler de ce livre ? En vous disant qu’il prend aux tripes ? Qu’il remue au plus profond ? Qu’il m’a fait pleurer ? Que ce livre est beau mais qu’est-ce qu’il est dur aussi ! J’ai dû le lire par petites touches, un chapitre à la fois. Car Sequoia Nagamatsu dresse un panorama du deuil et des différentes manières d’y faire face en 14 chapitres construits comme des nouvelles, montrant des instants de vie de différents protagonistes, liés entre eux, notamment, par le fil rouge d’une pandémie. Tout part du dérèglement climatique entraînant la fonte des glaces et le réveil d’un virus foudroyant… Suivent ensuite des scènes de vie tout aussi poignantes les unes que les autres. Restera longtemps en moi le chapitre sur un parc d’attractions (City of Laughter) créé pour faire passer la meilleure journée aux enfants malades avant de les euthanasier… Oui, vous voyez l’ambiance… Ce roman percutant entend nous montrer qu’il faut vivre avec la mort, partie intrinsèque de la vie, qu’il faut accepter la fin (la fin de la vie mais aussi celle du monde tel que nous le connaissons), inventer de nouvelles manières de vivre avec nos morts, et de prendre soin des vivants jusqu’au bout. Par certains aspects, ce livre m’a fait penser à Cloud Atlas de David Mitchell. C’est en tout cas un roman d’une richesse incroyable mais à lire en ayant conscience qu’il vous remuera les tripes tant l’écriture est d’une justesse folle quand elle touche à l’intime.

Sequoia Nagamatsu – How high we go in dark  – Janvier 2022 – Bloomsbury (La VF est sortie en mai 2024 au Seuil, sous le titre Plus haut dans les ténèbres) 

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Les étoiles ne fileront plus – Élodie Serrano

06 jeudi Juin 2024

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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baleines, conseils de lecture, Critique de livre, Elodie Serrano, Goater, idées de lecture, lecture, Les étoiles ne fileront plus, Livres, quoi lire, science fiction, SF

Elodie Serrano - Les étoiles ne fileront plusLes premières phrases

« (… Là où les étoiles bougent, d’aucuns s’extasient. Moi, je cherche à comprendre. Et à découvrir ce qui se cache derrière. J’ai toujours été curieuse et, après tout, qu’est-ce que la science, si ce n’est la forme de curiosité la plus absolue ? (…)

Extrait de « Journal intime de Camille Grandbois », éditions La Baleine, 2789. » 

Circonstances de lecture

Parce que cette couverture (et puis Goater) !!

Impressions

C’est marrant comme deux lectures peuvent se suivre et avoir des points communs insoupçonnés. Après « Les Nefs de Pangée » de Christian Chavassieux (un pavé de fantasy épique et maritime mais pas que…), me voilà dont à lire la novella de SF d’Élodie Serrano, publiée aux éditions Goater. Un court texte donc (106 pages), suivi d’une autre nouvelle et d’un essai de l’autrice. Leurs points communs : apporter un regard critique sur la propension des hommes à détruire la nature, et la présence de gigantesques créatures (aquatiques dans Les Nefs de Pangée, célestes dans Les étoiles ne fileront plus).

Ici, l’autrice nous propose deux nouvelles de SF à une époque où les hommes ont colonisé la galaxie (et détruit la Terre, cela va sans dire). Son héroïne, Camille Grandbois, vit pour ses deux passions : l’astronomie et la cryptozoologie (comprenez par là l’étude d’animaux dont on ne peut prouver l’existence). Son rêve : prouver l’existence des baleines célestes. Mais sa découverte pourrait bien mettre cette espèce en danger…

Voici un texte court, simple dans son écriture, mais terriblement profond et fort. J’ai très envie maintenant de découvrir d’autres romans d’Élodie Serrano ! J’aime décidément beaucoup la collection Rechute des éditions Goater.

Élodie Serrano – Les étoiles ne fileront plus – Mars 2024 – Goater 

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Vallée du silicium – Alain Damasio

17 mercredi Avr 2024

Posted by Aurélie in Essais, Romans français, SF

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Alain Damasio, Albertine, conseils de lecture, Critique de livre, essai, idées de lecture, lecture, Livres, quoi lire, Seuil, SF, Silicon Valley, Vallée du silicium

Alain Damasio - Vallée du siliciumLes premières phrases

«  Nous sommes un dimanche d’avril et puisqu’il n’y a rien à visiter dans la Silicon Valley le jour du Seigneur, il va bien falloir aller à l’église… Oui, mais laquelle ? Et pour célébrer quelle religion, j’entends : quelle marque ?

J’écris ce texte sur un MacBook Air en aluminium clair si bien que j’ai la réponse : je  vais aller communier dans la Cathédrale d’Apple, son siège social, the Ring, qui est un immense cercle de mille six cents mètres de circonférence posé en vaisseau spatial sur la lune de Cupertino.

Chiche ? Hum… Il se trouve que c’est impossible pour les aliens de ma maigre extraction d’entrer dans le temple, alors je me rabats sur la chapelle : l’Apple Park Visitor Center avec son célèbre Apple Store mondialement connu.

Ce pourrait être un pèlerinage. » 

Circonstances de lecture

Parce que c’est Alain Damasio.

Impressions

Je lis très peu d’essais. Mais, étant une grande fan d’Alain Damasio (La Horde du Contrevent, Les Furtifs…), je n’ai pas résister longtemps (deux jours après parution ?) à l’appel de La Vallée du silicium, premier essai de l’auteur publié dans la collection Albertine du Seuil. Ici, Alain Damasio livre plusieurs chroniques portant sur un voyage qu’il a effectué dans la Silicon Valley en 2022. L’occasion pour lui de se frotter à la réalité de la Silicon Valley, au fossé phénoménal existant entre le siège social d’Apple et le quartier plus que défavorisé de Tenderloin, ou encore aux avancées technologiques dingues présageant de notre avenir à tous. À travers des rencontres avec un anthropologue, un expert en innovation, un programmeur ou encore une historienne, Alain Damasio s’ouvre à d’autres points de vue, tout en portant son regard (critique mais pas que) sur ce que les technologies font de nous. Asservissement au téléphone portable et aux réseaux sociaux, Intelligence artificielle, réalité augmentée, anneau connecté, voiture autonome, transhumanisme, rapport à notre corps, rapport aux autres… les sujets abordés sont passionnants tant ils forment notre quotidien et notre futur. Loin de ne dresser qu’un constat amer de l’existant, Alain Damasio propose des pistes pour retisser du lien, imaginer ensemble un avenir plus humain, envisager une relation plus saine avec les techs, basée notamment sur l’éducation, le vivre ensemble et l’empathie.

L’ouvrage se termine par une nouvelle, « Lavée du silicium », rebondissant sur les thèmes abordés tout au long de l’essai. Et j’ai adoré. C’est intelligent, prenant, stressant, glaçant, beau, et émouvant. J’en redemande ! Je n’ai qu’une hâte, qu’Alain Damasio sorte un nouveau roman.

Alain Damasio – Vallée du silicium – Avril 2024 – Albertine / Seuil

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Superméchant débutant – John Scalzi

23 samedi Mar 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, John Scalzi, L'Atalante, lecture, Livres, quoi lire, science fiction, SF, Superméchant débutant

SCALZI_SUPERMECHANT_dos23.inddLes premières phrases

 » J’ai appris la mort de mon oncle Jake d’une manière très inattendue, c’est-à-dire par la matinale de CNBC.

J’allumais la télévision sur cette chaîne par habitude. Quand j’étais journaliste économique au Chicago Tribune, j’alternais entre CNBC, Bloomberg et Fox Business pendant que ma femme, Jeanine, et moi nous préparions le matin. J’en éprouvais moins le besoin depuis quelque temps : pour les professeurs remplaçants, il est rarement vital de se tenir au courant de l’état des marchés en Asie afin d’assurer la garderie d’une classe de cinquième en cours de littérature anglaise. Néanmoins, les habitudes ont la vie dure, il faut croire.

C’est ainsi, alors que je tartinais mon pain grillé de beurre de cacahuète, que j’ai entendu le nom de Jake Baldwin jaillir du haut-parleur de l’iPad allumé sur l’îlot central de la cuisine. » 

Circonstances de lecture

Parce que j’avais bien envie de rigoler un peu.

Impressions

Je n’avais encore jamais lu de livre de John Scalzi (oui, je sais, c’est mal…). Me voilà donc à ouvrir son dernier roman Superméchant débutant, juste après avoir versé ma petite larme à la lecture des dernières pages de La brume l’emportera de Stéphane Arnier, et avoir frémi d’horreur dans les mains de Claire North et de son terrible Sweet Harmony. Autant vous dire que John Scalzi a parfaitement répondu à mes attentes : passer quelques heures dans la légèreté d’un bon divertissement capable aussi bien de faire rire que de proposer une réflexion critique sur le monde de l’entreprise et le capitalisme. J’ai accroché d’emblée avec Charlie, cet ancien journaliste devenu prof remplaçant afin de payer ses factures, et ayant comme doux rêve de devenir le propriétaire de son pub préféré. Alors, quand son oncle meurt lui léguant son empire, Charlie se sent l’âme ragaillardie jusqu’à ce qu’il découvre le business en question… Commence alors une aventure surréaliste : prenez une base volcanique ultra-secrète, des méchants superméchants, des chats un peu spéciaux et des dauphins augmentés syndiqués et grévistes et vous obtiendrez une histoire totalement délirante, un très bon pastiche de James Bond. Mention spéciale pour les dialogues, les chats et les dauphins !

John Scalzi – Superméchant débutant – Mars 2024 – L’Atalante

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Sweet Harmony – Claire North

18 lundi Mar 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Claire North, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le bélial, lecture, Livres, quoi lire, science fiction, SF, Sweet Harmony, Une Heure Lumière

Claire North - Sweet HarmonyLes premières phrases

 » Le bouton sur son menton fut le premier signe que ses dettes échappaient à tout contrôle.

« Bouton » était gentil. « Bouton » était le mot qu’employa le pharmacien quand Harmony lui demanda, derrière ses lunettes noires et dans un chuchotement, une crème quelconque, de quoi effacer toute trace de cette chose aussi magiquement qu’elle était apparue.. » 

Circonstances de lecture

Parce que Claire North…

Impressions

Un bouton, c’est rien du tout, me direz-vous ? Harmony n’est pas de cet avis… Cette jeune femme à la plastique parfaite ne comprend pas ce qu’il lui arrive lorsqu’elle se réveille un matin, avec un gros bouton sur le menton. Car voyez-vous, elle paie pour que son apparence réponde à tous ses critères. Les nanos présents dans son corps font leur travail pour éviter tout désagrément : une peau parfaite, un corps musclé juste ce qu’il faut, une chevelure de rêve, un réveil sans cerne… Harmony a souscrit une belle liste d’extensions auprès de son fournisseur de santé, grâce à l’appli présente sur son portable. Reste que la jolie agente immobilière a du retard sur le paiement de ses factures… Et petit à petit, jusqu’à ce que ses dettes soient réglées, chaque extension sera désactivée, l’une après l’autre.

Cette lecture est captivante, captivante et malsaine. On se prend à attendre la prochaine étape dans le déclin physique d’Harmony, et on se doute que cela va aller de mal en pis… Pas de doute, Claire North appuie là où ça fait mal : car on vit déjà plus ou moins ces travers de notre société basée sur la surconsommation, la réussite sociale et l’apparence. Quant à notre système de santé, il tend à ressembler de plus en plus au modèle américain (si tu as du fric, tu es soigné). Une lecture atrocement addictive, horrible dans sa description des relations humaines et de notre rapport au corps.

Claire North – Sweet Harmony – Janvier 2024 – Une Heure Lumière

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Le Programme Harlow – Louise Carey

05 lundi Fév 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le programme harlow, lecture, Livres, Louise Carey, quoi lire, SF

Louise Carey - Le Programme HarlowLes premières phrases

«  Tanta dort encore quand elle reçoit sa convocation. L’alarme de son scaphe la réveille avec une poussée d’adrénaline artificielle, et elle ouvre son interface pour découvrir la notification qui l’attend au beau milieu. Reet ronfle encore près d’elle, le bras drapé sur le flanc de Tanta. Celle-ci se dégage doucement et regarde alentour en quête d’indications. Une flèche lumineuse de réalité augmentée pointe vers la porte du dortoir du cinquième étage et le couloir. Une flèche rouge – il ne s’agit donc pas d’un exercice.  » 

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup les dystopies.

Impressions

J’ai découvert Louise Carey, avec La Cité de soie et d’acier, co-écrit avec ses parents Linda et Mike Carey. Voici ici son premier roman solo, une dystopie cyberpunk (en trois tomes) menée tambour battant. Dans un monde dominé par des corporations concurrentes, Tanta est une jeune pupille de la corpo InTech, à laquelle elle est totalement dévouée. Jamais elle ne remettrait en question les ordres qu’on lui donne. Jusqu’à ce qu’une mission l’amène à voir le monde dans lequel elle vit sous un autre jour… et à découvrir un mystérieux programme, le programme Harlow.

Ce premier tome regorge d’actions et de rebondissements. La société décrite par Louise Carey fait froid dans le dos, d’autant qu’elle est tout à fait crédible : la ville est découpée en zones dirigées par des grandes entreprises, les ouvriers des usines sont déshumanisés, le « Scaphe » que tout le monde doit porter rappelle notre cher téléphone portable… Cette lecture se dévore. Si j’ai assez vite deviné certains points clés de l’histoire, j’ai passé un très bon moment aux côtés de Tanta et de Cole, son coéquipier scientifique, et j’ai hâte de lire la suite.

Louise Carey – Le Programme Harlow T.1 Aux ordres – Janvier 2024 – L’Atalante

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Migrant – Marina & Sergueï Diatchenko

30 mardi Jan 2024

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Marina & Sergueï Diatchenko - MigrantLes premières phrases

«  Il n’y eut ni éclair ni coup de tonnerre. Un instant plus tôt, la rue s’étirait, humide et brumeuse. Les nuages s’étaient écartés et deux ou trois étoiles brillaient dans le long interstice. Les lampadaires se reflétaient dans les fenêtres éteintes, sur les parebrises des voitures garées, sur l’asphalte mouillé. Krokodile marchait sans regarder son chemin ; des éclaboussures jaillissaient de sous ses semelles ; non pas des gouttes dodues chargées d’une riche terre printanière, mais des gouttelettes frivoles de flaques urbaines rehaussées d’une pellicule arc-en-ciel d’essence.

Puis tout disparut soudain, la rue et les étoiles, les lampadaires et l’asphalte.  » 

Circonstances de lecture

Parce que c’est le dernier tome du triptyque initié avec le formidable Vita Nostra par les auteurs ukrainiens Marina et Sergueï Diatchenko.

Impressions

Migrant est un ovni littéraire. Il m’est d’ailleurs très difficile de le décrire ! Prenez un homme, Krokodile, qui marche tranquillement dans la rue. Faites-le arriver subitement au bureau universel de migration. Sans savoir pourquoi ni comment il est arrivé là, le voilà avec un choix à faire : migrer sur la planète Limbe ou sur Raa. Et tout frais débarqué sur la planète choisie, il doit encore opter entre deux options : devenir un migrant « dépendant » (choix de la majorité des migrants) ou revendiquer le statut de citoyen à part entière. Mais pour ce faire, il devra passer des épreuves, essayer de comprendre le monde qui l’entoure, se faire comprendre dans une nouvelle langue dont il ne maîtrise pas toutes les nuances, s’adapter sans pour autant perdre son identité, réussir à s’affirmer, aussi. C’est clairement une lecture déstabilisante, qui amène à réfléchir notamment sur le statut des migrants et sur l’accès à la citoyenneté.

Avec ce troisième tome, Marina et Sergueï Diatchenko terminent leur cycle inspiré des Métamorphoses d’Ovide, initié avec Vita Nostra que j’avais adoré. Trois tomes qui se lisent indépendamment les uns des autres et que je ne peux que vous inviter à découvrir pour leur originalité, avec une préférence pour Vita Nostra et Migrant. Si vous aimez les lectures originales, déstabilisantes et intelligentes, foncez !

Marina & Sergueï Diatchenko – Migrant – Janvier 2024 – L’Atalante

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Symphonie atomique – Étienne Cunge

23 mardi Jan 2024

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Etienne Cunge - Symphonie AtomiqueLes premières phrases

«  Chers auditrices et auditeurs, nous sommes le 5 juin et nous vous souhaitons la bienvenue sur Radio Collapse, la fréquence de la fin du monde.

Sans transition, un nouvel épisode de notre série culte, « L’Effondrement près de chez vous ».

Je vous rappelle le principe de l’émission : vous nous faites part de votre expérience, que vous soyez #désespéré, #écoeuré, #révolté ou #autresémotionsfortes. Si votre récit nous plaît, nous le diffusons en quatre-vingt-trois langues sur nos ondes, anonymat garanti.

Racontez-nous vos petites histoires et entrez dans la grande avec notre chaîne cent pour cent libre et non censurée.

N’oubliez pas notre baseline : soyez écoresponsable, suicidez-vous.

Mais tout de suite, votre programme.  » 

Circonstances de lecture

Parce que c’est un roman sur la fin du monde !

Impressions

Dès les premières lignes, le ton est donné ! Étienne Cunge nous plonge dans un monde dévasté par le changement climatique, la menace d’une guerre nucléaire, et les joutes entre les grandes puissances mondiales. On sent d’emblée que l’auteur connaît son sujet. Et pour cause, ce biologiste de formation est un expert en développement durable. Les conséquences du bouleversement climatique à l’œuvre sont donc tout à fait plausibles et documentées, ce qui participe à rendre ce roman de SF réaliste et crédible.

Soyez avertis : si vous commencez à lire ce roman, vous n’arriverez pas à le lâcher ! Étienne Cunge vous fera vivre des heures de lecture haletantes. Symphonie atomique est un vrai page-turner, à mi-chemin entre un roman de SF, un roman d’espionnage et un thriller géopolitique. Je l’ai dévoré en un jour et demi… Chaque chapitre commence par un témoignage d’un terrien lambda relayé sur les ondes de Radio Collapse, la radio de la fin du monde. Il se focalise ensuite sur un des personnages principaux du récit. Vous suivrez ainsi alternativement le destin de Juan, astronaute au sein de la station orbitale européenne (station munie d’ogives nucléaires, comme ses consœurs américaine, russe et chinoise), Agathe, une espionne française experte en hacking, ou encore Ashkat, un chef de guerre Kazakh. En alternant les points de vue, en passant du plancher des vaches à des scènes dans l’espace, Étienne Cunge parvient à ce qu’il n’y ait aucun temps mort et à créer une tension maximale tout au long de l’histoire qui se déroule majoritairement sur deux jours. 

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture. Cynique, réaliste, parfois optimiste, Symphonie atomique nous entraîne dans un futur où l’apocalypse nucléaire plane sur une Terre déjà mise à mal par les changements climatiques. C’est glaçant, passionnant, perturbant, captivant. Gros coup de cœur !

 

Étienne Cunge – Symphonie atomique – Février 2023 – Pocket (Octobre 2021 en grand format chez Critic)

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Les Hygialogues de Ty Petersen – Saul Pandelakis

27 lundi Nov 2023

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Saul Pandelakis - Les Hygialogues de Ty PetersenLes premières phrases

«  J’étais un corps céleste parmi les autres et ma trajectoire n’était pas claire.

Je parle de trajectoire globale, car celle que mon corps suivait ce matin-là avait le mérite d’être déterminée. C’était celle du bus X27. Il traversait la ville pour m’emmener au travail, moi, et beaucoup d’autres encore tout pleins de sommeil, la tête dans les écrans en attendant la caféine.  » 

Circonstances de lecture

Parce que La Séquence Aardtman de Saul Pandelakis avait été un gros coup de cœur !

Impressions

Après mon énorme coup de cœur pour le précédent roman de l’auteur, La Séquence Aardtman, je ne pouvais que me ruer sur le deuxième roman de Saul Pandelakis, acheté en avant-première (et dédicacé avec mon prénom en sunduz) aux Utopiales. Ici, Saul Pandelakis nous plonge dans le quotidien de Ty, jeune Française vivant à New York, jonglant avec sa langue natale, l’anglais, et le sunduz, langue des extra-terrestres ayant atterri en plein Central Park à bord de leur vaisseau aujourd’hui cerné par un énorme bâtiment administratif, le Centre. C’est là que Ty travaille, en tant que Médiautrice. Sa tâche : dialoguer avec un Médiauteur sunduz, Akarnasasari, le tout sous l’écoute attentive du Documentaliste Mohr Corbyn. Chaque jour, ils doivent échanger sur un thème précis. Chaque jour, ils se voient, se parlent, essaient plus ou moins de se comprendre, l’un et l’autre séparé par la barrière de la langue, les travers de la traduction… et une vitre épaisse. Il y a de la frustration dans ces dialogues, de l’incompréhension, de la gêne, de la curiosité, de l’énervement, de la méfiance aussi, de la lassitude… Il y a enfin la rencontre de deux êtres brisés, et de deux cultures. 

Ce roman est court, trop peut-être, tellement j’aurais aimé rester encore un petit moment aux côtés de Ty et d’Akarnasasari, à les écouter échanger moitié en sunduz, moitié en français, tout en grignotant les cookies de Corbyn, et peut-être même franchir la porte du vaisseau pour apercevoir ce qu’il y a derrière. J’ai beaucoup aimé cette lecture. Encore une fois, j’ai adoré le style de Saul Pandelakis, et toutes les réflexions qu’il émet à travers son histoire et ses personnages. Le choix qu’il a fait de créer le langage sunduz et d’écrire les dialogues en sunduz, en sunduz latinisé (pour avoir la phonétique) et en français est juste génial. Tout comme son choix d’écrire les dialogues en anglais (avec leur traduction en français). Cela crée un véritable sentiment d’immersion dans le cadre multiculturel dans lequel évolue Ty. La difficulté qu’ont Ty et Akarnasasari à se faire comprendre l’un de l’autre montre bien à quel point la traduction peut être inexacte, incomplète, et belle tout à la fois. L’émotion déborde de ce court roman, car si Ty et Akarnasasari ne peuvent se toucher physiquement à cause de la vitre qui les sépare, leurs échanges touchent au plus profond d’eux-mêmes. Leurs émotions percent dans les termes qu’ils choisissent d’employer, dans les non-dits aussi, dans leurs sautes d’humeurs.

Saul Pandelakis parvient à renouveler le genre du premier contact extra-terrestre. Ici, ce n’est pas une énième histoire d’invasion, non, il s’agit plutôt d’une histoire sur la découverte et la compréhension de l’autre, sur le choc culturel, sur l’altérité, sur les barrières (de la langue, des frontières, des identités…) et la manière de traiter l’étranger. Des thèmes hautement d’actualité…

Ce roman est suivi d’une nouvelle Suntown qui se déroule quelque temps après l’histoire du roman, et qui est également vibrante d’émotions. Suivent un essai sur le thème de la vitre en SF, une interview de l’auteur par Antoine Mottier (passionnante), ainsi qu’une annexe sur le travail de création de la langue sunduz. J’ai particulièrement apprécié d’en apprendre plus sur le procédé créatif de Saul et sur ses inspirations, sa façon de travailler. Vous l’aurez compris, j’ai adoré ma lecture. J’attends maintenant avec impatience le troisième roman de l’auteur.

Saul Pandelakis – Les Hygialogues de Ty Petersen – Novembre 2023 – Goater

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Cimqa – Auriane Velten

23 lundi Oct 2023

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Auriane Velten, Cimqa, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Imagination, lecture, Livres, Mnémos, quoi lire, SF

Auriane Velten - CimqaLes premières phrases

«  Quelqu’un crie dans le rêve de Sarah.

Ensuite, elle est dans sa chambre.

Les aiguilles du réveil pointent « en bas, en bas », et Sarah sait que cela veut dire qu’elle doit rester encore un peu au lit. Cela signifie aussi que maman vient de se lever et d’allumer la bouilloire. L’eau est toujours chaude pile au moment où elle finit de se maquiller. Quand elle vient réveiller Sarah, elle sent bon le parfum et est déjà toute prête pour le travail, sauf qu’elle a encore ses chaussons-lapins roses, parce que les chaussures à talons, celles qui « font un peu mal aux pieds, ma chérie », attendent le dernier moment, sur le paillasson de l’entrée.

L’enfant tend l’oreille, à l’affût des bruits qui doivent maintenant s’élever de la salle de bain et de la cuisine. Elle n’entend rien. Mais, dans la chambre d’à côté, il y a un, oui, un grognement.

« Maman ? »

Elle n’a pas peur. Elle ne craint plus les monstres du noir, plus depuis le dernier Noël et la veilleuse aux dinosaures emballée dans le papier bleu et or. Et, à six ans, elle croit encore que les adultes ont toujours une solution.  » 

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré le premier roman d’Auriane Velten, After®.

Impressions

Imaginez qu’un matin le monde ne soit plus tout à fait le même au réveil, qu’une autre dimension, la cinquième, se soit immiscée subitement dans votre vie. Et qu’elle vous permette de faire apparaître, pendant quelques secondes, des choses sorties de votre imagination. Comment réagiriez-vous ?

C’est de ce postulat que part Auriane Velten dans son deuxième roman, publié encore une fois aux éditions Mnémos. J’avais adoré After®, je me suis régalée dès les premières lignes de Cimqa. Les personnages sont attachants et on prend un intérêt croissant à les suivre tout au long de l’histoire. D’autant que les chapitres alternent entre deux époques et points de vue différents : pendant l’apparition de cette nouvelle dimension, et quelques années après.

Avec Cimqa, Auriane Velten nous interroge sur le pouvoir de l’art et de l’imagination, leur beauté, et leur monétisation. Car tout se chiffre dans une société basée sur le profit. Que deviennent nos rêves d’enfant une fois l’âge adulte atteint ? Quelles concessions acceptons-nous de faire pour travailler de notre passion ? Pourquoi acceptons-nous de nous couler dans un moule, au risque d’en subir des conséquences physiques et mentales (stress, fatigue, angoisse, psoriasis, burn-out) ? L’imagination doit-elle être réglementée, limitée, bridée, et monétisée ? Voici un roman passionnant invitant à la réflexion sur notre propre créativité.

Auriane Velten – Cimqa – Octobre 2023 – Mnémos

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