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Archives Mensuelles: Mai 2017

Le Rêve de Ryôsuke – Durian Sukegawa

31 mercredi Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Albin Michel, conseils de lecture, Critique de livre, Durian Sukegawa, idées de lecture, Le Rêve de Ryôsuke, Les délices de Tokyo, Livres, quoi lire

Les premières phrases

«  Les nuages s’étaient déchirés après l’averse et le crépuscule ruisselait de lumière. Les goélands qui tournoyaient au-dessus de la digue, les hommes affairés sur les docks, tout était nimbé d’une auréole resplendissante.

Le ferry à destination de l’archipel d’Aburi avait quitté les quais du port de R. et se dirigeait lentement vers le large.

Depuis la cafétéria où il était attablé, Ryôsuke voyait défiler les installations portuaires, et il avait aussi vue sur une partie du pont et de la coursive. Sur le pont brillaient des flaques pareilles à des éclats de soleil, leurs reflets dessinant des motifs évanescents. Au gré du roulis, les taches de lumière s’évanouissaient et fusionnaient, sans cesse changeantes. Ryôsuke, qui suivait leurs frémissements du coin de l’œil, y superposa fugitivement les premières formes de la vie issue de la mer. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré le premier roman de Durian Sukegawa, « Les Délices de Tokyo« .

Impressions

Après « Les Délices de Tokyo« , l’auteur japonais Durian Sukegawa signe un 2ème roman tout aussi beau. Son héros a accepté un job ingrat sur une île isolée : creuser une tranchée d’arrivée d’eau. Mais son véritable objectif est d’accomplir le rêve de son père : fabriquer du fromage de chèvre. Reste que sur une île où les habitants ont comme tradition de manger les chèvres, son projet n’est pas vu d’un très bon œil… Ce roman traite avec justesse des tabous, de l’accomplissement des rêves, du mal être, du poids d’une vie animale comparé à celle des hommes. Petit avertissement : les descriptions des repas à base de poissons et de la confection des fromages de chèvre vous donnera l’eau à la bouche ! Prévoyez un petit encas à côté de vous lorsque vous lirez ce livre !

Un passage parmi d’autres

 Du brocciu tout frais, charnu et luisant.

Le soleil était couché depuis longtemps ; à la lueur de la lanterne, ils remplirent de vin leurs verres dépareillés. Dans la nappe de lumière qui s’échappait de la maison, ils trinquèrent tous les cinq. La première gorgée avalée, il fut temps de goûter le brocciu. Chacun préleva une cuillerée de fromage dans le chinois et la porta à ses lèvres en silence.

Curieusement, ce fut Hashi qui poussa le premier un grognement de plaisir. Kaoru et Tachikawa, avec un soupir émerveillé, laissèrent échapper un petit rire.

L’institutrice fit rouler deux ou trois fois ses grands yeux humides.

« On croirait manger des nuages. »

Un éclat de lumière fugace ourla ses paupières.

Ryôsuke, un sourire accroché aux lèvres, se tourna vers les chèvres. La petite famille était tendrement réunie devant l’étable.

Durian Sukegawa – Le Rêve de Ryôsuke – avril 2017 (Albin Michel)

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We are okay – Nina LaCour

21 dimanche Mai 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Dutton Books, idées de lecture, Livres, Nina LaCour, Penguin Random House, quoi lire, We are okay

Les premières phrases

 » Before Hannah left, she asked if I was sure I’d be okay. She had already waited an hour past when the doors were closed for winter break, until everyone but the custodians were gone. She had folded a load of laundry, written an email, searched her massive psychology textbook for an­swers to the final exam questions to see if she had gotten them right. She had run out of ways to fill time, so when I said, “Yes, I’ll be fine,” she had nothing left to do except try to believe me.

I helped her carry a bag downstairs. She gave me a hug, tight and official, and said, “We’ll be back from my aunt’s on the twenty-eighth. Take the train down and we’ll go to shows.”

I said yes, not knowing if I meant it. When I returned to our room, I found she’d snuck a sealed envelope onto my pillow.

And now I’m alone in the building, staring at my name written in Hannah’s pretty cursive, trying to not let this tiny object undo me. »

Circonstances de lecture

Livre qu’une amie m’a prêté. Merci Alex !

Impressions

J’ai dévoré ce livre en deux jours ! Dès les premières phrases, j’ai été transportée dans la vie de l’héroïne, Marin, une jeune fille qui se retrouve à passer les vacances de Noël seule dans son campus universitaire, à New York. Seule, à l’exception de 3 jours durant lesquels sa meilleure amie, Mabel, sera là, à ses côtés. Mais Mabel vient pour obtenir des réponses et savoir pourquoi Marin a disparu du jour au lendemain, pourquoi Marin s’est enfermée dans une telle solitude… Une histoire bouleversante, superbe, qui vous fera forcément verser quelques larmes. Un GROS coup de cœur. Et quelle jolie couverture !

Un passage parmi d’autres

 I wonder if there’s a secret current that connects people who have lost something. Not in the way that everyone loses something, but in the way that undoes your life, undoes your self, so that when you look at your face it isn’t yours any more.

Nina LaCour – We are okay – février 2017 (Dutton Books)

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Voyage d’hiver – Jaume Cabré

18 jeudi Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Actes Sud, Confiteor, conseils de lecture, Critique de livre, Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, idées de lecture, Jaume Cabré, Livres, nouvelles, quoi lire, Voyage d'hiver

Les premières phrases

«  Il ajusta le banc, parce qu’il était un peu trop bas. Et pourtant il l’avait réglé à sa hauteur à peine une demi-heure plus tôt. Non, maintenant il est trop haut. Et il bouge un peu, tu vois ? Merde. Là c’est bon. Non. Si. Il tira son mouchoir de la poche de son habit et s’essuya la paume des mains. Il en profita pour passer le mouchoir sur les touches immaculées, comme si elles étaient humides de la sueur d’autres exécutions. Il rajusta les manchettes de sa chemise. Tout mon être est une agonie. J’ai la gorge sèche, le sang plein de piquants et mon cœur est sur le point d’éclater à cause de tant et tant de choses. Je ne veux pas que mes mains tremblent. A ma droite, la froideur mortelle du public. Il ne voulait pas regarder à nouveau pour vérifier qu’il ne s’était pas trompé quand, machinalement, en saluant, il avait regardé les premiers rangs. Bien sûr qu’il s’était trompé. Parce que sinon, autant arrêter tout ça immédiatement. Une toux de femme. Une toux d’homme, très lointaine et puissante, qui lui rappela l’immensité de la salle. Rien, il ne se passe rien à ma droite, il n’y a rien. Rien que de la glace, l’ennemi, la mort. Le banc, un centimètre plus en arrière. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais eu un gros coup de cœur pour « Confiteor« .

Impressions

Après le dernier Haruki Murakami (« Des hommes sans femmes« ), me voilà à me replonger dans un recueil de nouvelles, cette fois de l’auteur Jaume Cabré. D’habitude, je ne lis pas de nouvelles… Mais après ces deux recueils, je sens que j’en lirai davantage, tant j’ai été conquise ! Jaume Cabré a une écriture magnifique qui transporte son lecteur. Ici, il nous livre 14 histoires courtes bouleversantes. Un pianiste sur le point de tout plaquer, un homme attendant le verdict a priori fatal de son médecin, un prisonnier organisant son évasion pour pouvoir revoir sa fille, un collectionneur de livres inconnus, deux amants s’aimant 28 jours puis se cherchant pendant 20 ans… Et là où « Voyage d’hiver » prend soudain une autre dimension, c’est quand on découvre les fils rouges reliant toutes ces histoires.

Un passage parmi d’autres

 Et Margherita, toujours avec l’écho de Gute Nacht dans les oreilles, lui expliqua qu’elle devait quitter Vienne à trois heures, que son train partait à cette heure-là et qu’elle ne voulait pas qu’il l’accompagne à la gare car elle ne le supporterait pas. Et elle lui dit aussi pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, comme ça, comme une mitraillette. Et elle ajouta, disons-nous adieu ici, Zoltan. Il resta bouche bée de surprise. Tout était possible sauf ça. Cela faisait vingt-huit jours qu’il vivait dans la bulle d’un rêve et il avait été assez bête pour ne jamais penser que les bulles de bonheur finissent toujours par éclater en multiples déceptions.

Jaume Cabré – Voyage d’hiver – février 2017 (Actes Sud)

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Des hommes sans femmes – Haruki Murakami

14 dimanche Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, conseils de lecture, Critique de livre, Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, idées de lecture, Livres, nouvelles, quoi lire

Les premières phrases

«  Kafuku était monté un certain nombre de fois dans des voitures conduites par des femmes et son expérience l’amenait à classer les conductrices en deux catégories : celles qui étaient un peu trop agressives et celles qui étaient un peu trop prudentes. Les dernières étaient infiniment plus nombreuses que les premières – de quoi sans nul doute se réjouir. En somme, les femmes étaient en général plus polies et conduisaient leur véhicule avec plus de prudence que les hommes. Bien entendu, on n’allait pas se plaindre de la politesse ou de la prudence d’un chauffeur, même si ce style de conduite pouvait irriter les autres conducteurs. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami.

Impressions

Ce recueil de nouvelles d’un de mes auteurs préférés est un petit délice de lecture. Ne vous fiez pas aux premières phrases (vive les généralités sur les femmes et leur conduite !), elles ne sont pas représentatives du reste du livre ! Dans chacune des nouvelles, Haruki Murakami nous plonge dans des moments de vie d’hommes seuls, amoureux, nostalgiques… Les relations hommes / femmes sont à chaque fois différentes et émouvantes. La solitude est encore une fois au cœur de ces histoires. Ma préférée : « Yesterday ». Un vrai bonheur de lecture !

Un passage parmi d’autres

 – Rêves-tu encore aujourd’hui à la lune de glace ? lui demandai-je.

Elle releva la tête d’un geste brusque et me regarda. Puis un sourire s’épanouit sur son visage. Très lentement. Un merveilleux sourire, totalement naturel.

 » Tu te souviens encore de mon rêve ?

– Je ne sais pas pourquoi, mais oui.

– Alors que c’est le rêve de quelqu’un d’autre ?

– Les rêves, c’est le genre de choses que l’on peut emprunter ou prêter, si besoin est. J’en suis persuadé. »

Haruki Murakami – Des hommes sans femmes – mars 2017 (Belfond)

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Perfect World – Rie Aruga

12 vendredi Mai 2017

Posted by Aurélie in Mangas

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Akata, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Mangas, Perfect World, quoi lire, Rie Aruga

Circonstances de lecture

Perfect World Attirée par la couverture et le thème de ce manga.

Impressions

« Perfect World », je l’attendais depuis un moment ce manga ! Et je n’ai pas été déçue. C’est un gros coup de cœur. Ce manga aborde avec délicatesse le thème du handicap. Comment réagir quand on retrouve son premier amour et que l’on découvre que suite à un accident il est devenu handicapé ? C’est ce que Tsugumi Kawana vit lorsqu’elle tombe par hasard sur Itsuki Ayukawa. Ce dernier refuse d’ailleurs toute relation amoureuse, ne voulant être un fardeau pour personne…

Je conseille vivement ce manga car, en plus d’une sublime histoire d’amour, on découvre ce que vivent au quotidien les handicapés dans notre société. Les deux autres tomes disponibles sont également très prenants.

Perfect World Perfect World Perfect World

Rie Aruga – Perfect World – Octobre 2016 (Akata)

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