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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives d’Auteur: Aurélie

Déconnectez-vous ! – Rémy Oudghiri

27 samedi Avr 2013

Posted by Aurélie in Essais

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Arléa, Déconnectez-vous, Déconnexion, Essais, Rémy Oudghiri

Les premières phrases

Rémy Oudghiri - Déconnectez-vous !«  Dans quelques années, nos villes seront peut-être jalonnées de bornes de connexion. Celles-ci seront principalement destinées à recharger les batteries de nos véhicules électriques. On pourra également y recharger nos smartphones ainsi que tous les autres petits appareils électroniques de compagnie qui ne nous quitteront plus. Les personnes âgées que nous serons majoritairement devenues trimbaleront avec elles de petits réfrigérateurs de poche pour conserver à l’abri leurs médicaments… A chaque coin de rue, la connexion sera facilitée. L’homme connecté sera devenu réalité.

Faisons un rêve. Imaginons qu’à côté de ces bornes électroniques des bornes de déconnexion soient également installées, où les humains s’arrêteront pour se reposer. Ce sera leur manière à eux de se « débrancher », une occasion, en quelque sorte, de recharger leurs propres « batteries » naturelles. Ces bornes prendront peut-être la forme de petites maisons ou de mini-monastères au milieu des innombrables tours transparentes et high-tech qui accueilleront désormais la majeure partie de la planète. En ces lieux, le silence sera la règle. Un point commun les définira : ici nul n’entrera muni d’un appareil technologique. On les déposera ou on les éteindra avant d’entrer. « 

Circonstances de lecture

Je ne lis quasiment jamais d’essais, sauf dans le cadre professionnel. Ici, c’est pourtant avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture de cet essai. Pour deux raisons : tout d’abord, j’en connais l’auteur ; et, surtout, le thème de la déconnexion ne pouvait me laisser indifférente, moi qui lis des livres justement pour m’évader un temps de la réalité !

Impressions

Un livre qui se lit d’une traite, télé, radio et portable éteints. Pour profiter au maximum de cette réflexion sur la déconnexion.

On a tous été, un jour ou l’autre, passablement frustré et énervé de passer un dîner en compagnie d’un ou plusieurs ami(e)s scotché(s) à leurs mobiles… On a tous été, un jour ou l’autre, stressé par les appels incessants de la petite lumière rouge de notre Blackberry indiquant l’arrivée d’un nouvel e-mail… On a tous été, un jour ou l’autre, tenté d’envoyer valser les nouvelles technologies, si pratiques mais aussi tellement stressantes et contraignantes. Dans son essai, reposant sur de nombreuses lectures, résultats d’études et exemples concrets, Rémy Oudghiri met le doigt là où ça fait mal, tout en apportant des pistes de solutions possibles. Et si, finalement, se déconnecter, c’était tout simplement cela : ne pas oublier de vivre ? Alors, oui, déconnectons et prenons le temps de mieux vivre avec les autres et avec soi. La lecture, évidemment, en est un parfait moyen !

Un passage parmi d’autres

 La déconnexion vécue par Thoreau dans les bois de Walden marque une étape fondatrice dans la vie d’un individu. Elle a une fonction régénératrice. A nous, contemporains, elle enseigne à nous méfier des modes de vie dominants. Elle nous incite à les regarder sous un angle critique et à nous poser une simple question : suis-je vraiment certain que ces modes de vie contribuent à mon épanouissement personnel ? Suis-je vraiment moi-même en les adoptant sans y réfléchir ? Bien sûr, on imagine mal chaque individu retournant aujourd’hui dans les bois pour s’interroger sur le sens de sa vie. Mais l’exemple et la lecture de Thoreau sont là pour nous rappeler, bien des siècles après Sénèque, l’importance qu’il y a, à un moment de notre vie, de faire un pas de côté. Et de déconnecter un peu. C’est une façon de maintenir intacte notre humanité.

Déconnectez-vous ! – Rémy Oudghiri – mars 2013 (Editions Arléa)

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Le Lever des Lunes – Elspeth Cooper

20 samedi Avr 2013

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Critique de livre, Elspeth Cooper, La Chasse Sauvage, Le Lever des Lunes, Magie, roman

Elspeth Cooper - Le Lever des LunesLes premières phrases

«  Des particules de lumière pailletaient l’air, tel un nuage de papillons blafards. Sa coupe en argent à la main, Savin s’avança parmi elles et, d’un geste de son autre main, referma le Voile derrière lui, comme s’il tirait un rideau devant une fenêtre donnant sur un jardin en terrasses baigné de soleil. Un picotement dans les doigts lorsqu’il rapprocha les bords, un frisson sur sa peau, et ce fut comme s’il n’avait jamais touché à la trame. 

Bien pratique, ce petit tour. Ca lui permettait de se déplacer librement dans des endroits où il était imprudent de trop attirer l’attention, et ça impressionnait les nigauds. Comme le savaient bien les forains et les arnaqueurs, parfois, un petit sens de la mise en scène était plus précieux que de l’or.

Une par une, les paillettes s’estompèrent dans l’obscurité qui régnait autour de lui, et il fronça les sourcils. Cette pièce, située dans une des tours du château de Renngald, n’aurait pas dû être aussi sombre, ni froide au point de condenser sa respiration, même après la chaleur estivale de Mesarild. Il ressentait rarement le froid, bien qu’il ait dû apprendre à en faire abstraction au lieu d’y être indifférent de naissance comme ses hôtes, mais l’humidité qui l’accompagnait dans ces contrées nordiques était désastreuse pour une bibliothèque, et c’était pourquoi il y avait laissé brûler un feu. Or celui-ci s’était éteint, et il ne voyait nulle trace de la servante à qui il en avait confié l’entretien. « 

Circonstances de lecture

Il s’agit de la suite des Chants de la Terre, que j’avais adoré.

Impressions

Encore une belle édition de la maison Bragelonne. On retrouve avec plaisir l’univers découvert dans le 1er Tome de cette saga (La Chasse Sauvage) d’Elspeth Cooper. Très bien écrit, le livre nous transporte sur les pas de Gair, forcé de suivre Alderan dans le Sud à la poursuite d’un indice caché qui pourrait l’aider à battre Savin et à sauvegarder le Voile. Mais on découvre aussi de nouveaux personnages, notamment Teia, jeune fille du clan des Loups, porteuse du pouvoir des Diseuses… Elspeth Cooper pose clairement les bases d’une grande saga, pleine de magie et de personnages attachants, mais aussi de réflexions sur le pouvoir des religions et la bêtise des hommes. A l’instar de ce qu’avait réussi Ange avec La Légende du Peuple Turquoise. Vivement la suite !

Un passage parmi d’autres

 Lorsque l’eau eut cessé de clapoter, laissant le disque argenté de la lune vagabonde flotter paisiblement en son centre, Teia plaça les deux mains sur le bord du récipient et ferma les yeux. Puis elle plongea en elle-même, cherchant la musique.

D’abord lente à répondre à son appel, celle-ci jaillit soudainement au premier plan de ses pensées. Teai la dompta rapidement, en réduisit le flot à un filet infime, puis la relâcha. Des étincelles bleuâtres lui enveloppèrent les doigts, se convulsant au-dessus de l’eau. Le reflet de la lune chatoya. Celle-ci avait commencé à décroître et n’était pas aussi puissante que lorsqu’elle était pleine, mais elle promettait encore une bonne divination. Une lumière blanche emplit le cercle décrit par le bord du seau puis se figea, offrant à Teia un parfait reflet de son visage.

Montre-moi.

L’image frémit puis redevint nette. Son visage, encore, mais entouré désormais d’un ciel gris et brumeux. Elle avait la joue maculée de sang et ses cheveux formaient comme un roncier de boucles sombres et mouillées. Son regard était terne comme celui d’un oiseau mort.

Elle avait beau l’avoir déjà vue dix fois, cette vision ne manquait jamais de la consterner, par la prédiction qu’elle offrait d’un avenir qu’aucune femme ne pouvait désirer. Agrippant le bord du seau, elle inspira profondément pour se calmer avant sa vision suivante, au cas où il s’agirait de nouveau du guerrier ténébreux.

Montre-moi.

Son visage laissa place à celui du garçon. Les cheveux noirs, les yeux bleus, il lui rendait solennellement son regard, les mains d’une femme posées sur ses épaules. Un geste de protection ou de fierté ? Teia n’avait jamais réussi à le déterminer. Ses traits carrés et massifs, son corps trapu ne laissaient aucun doute quant à sa filiation, même sans le reflet d’or au col de sa chemise.

Montre-moi.

Cette fois, ce fut une vue depuis le ciel qui s’offrit à elle, d’abord des flancs de montagne boisés, puis des plaines vallonnées d’un beige argenté, filetées de rivières scintillantes. Le paysage rappelait les plaines au sud du campement, près de l’an-Archéen, mais cette vision ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait vu là-bas lors des hivers qu’elle y avait passés. Par ailleurs, cela semblait être l’été, ou au moins le printemps, parce que le soleil brillait et qu’il y avait des fleurs parmi les herbes. Au loin, presque à la limite de ce qu’elle pouvait distinguer, des silhouettes minuscules comme des fourmis s’éloignaient.

– Qu’est-ce que tu fais, petite ?

Ytha ! La Diseuse était juste derrière elle, approchant à travers les hautes herbes avec la discrétion d’une chasseresse. Relâchant la musique, Teia remua l’eau du bout des doigts pour dissiper l’image et se releva précipitamment pour lui faire face.

Le Lever des Lunes – Elspeth Cooper – janvier 2013 (Bragelonne)

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La magie des livres en image…

12 vendredi Avr 2013

Posted by Aurélie in En image

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évasion, Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie

Un livre, le meilleur moyen pour s’évader…

La magie des livres... by Guada

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L’Histoire sans fin – Michael Ende

04 lundi Mar 2013

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, L'Histoire sans fin, Magie, Michael Ende, roman

Les premières phrases

«  premières lignes  Telle était l’inscription que l’on pouvait lire sur la porte vitrée d’une petite boutique, mais elle ne se présentait de la sorte que pour celui qui, de l’intérieur de la pièce sombre, regardait au-dehors à travers la glace.

Dehors, c’était un matin gris et froid de novembre et il pleuvait à verse. Les gouttes dégoulinaient le long de la paroi de verre, par-dessus les lettres tarabiscotées. Tout ce que l’on parvenait à distinguer à travers la vitre, c’était un mur taché d’eau de l’autre côté de la rue.

Soudain, la porte fut poussée avec tant de violence qu’une petite grappe de clochettes en laiton, qui était suspendue juste au-dessus, en fut ébranlée et tinta un long moment avant de s’immobiliser à nouveau.

Celui qui avait provoqué ce tintamarre était un garçon petit et gros qui pouvait avoir dix ou onze ans. Ses cheveux brun foncé, mouillés, lui pendaient sur le visage, son manteau gouttait, trempé de pluie, et il portait un cartable fixé à l’épaule par une courroie. Il était un peu pâle et hors d’haleine mais, rompant avec la précipitation qu’il avait manifesté jusque-là, il restait planté sur le seuil de la porte ouverte, comme s’il avait pris racine. »

Michael Ende - L'Histoire sans finCirconstances de lecture

Un livre qui a bercé mon enfance. J’ai eu subitement très envie de le relire, et je ne le regrette pas !

Impressions

Oubliez le film (qui ne parvient pas à retranscrire la profondeur du roman) et plongez-vous, quel que soit votre âge, dans ce roman fantastique de Michael Ende. Qui n’a jamais désiré lire un roman – passionnant – qui ne se terminerait jamais ? Qui n’a jamais rêvé de pouvoir s’échapper de la réalité et de se retrouver dans un autre monde, plein de créatures étranges et de magie ? Le petit Bastien bascule ainsi dans le livre qu’il tient entre les mains et vit alors une multitude d’aventures. Une quête initiatique qui nous fait également réfléchir sur l’importance de l’imagination, le sens de la vie, le pouvoir des livres et des mots, et la nécessité de garder son âme d’enfant, malgré tout, et de lire !

Un passage parmi d’autres

 La passion de Bastien Balthasar Bux, c’était les livres. Qui n’a jamais passé tout un après-midi sur un livre, les oreilles en feu et les cheveux en bataille, à lire et lire encore, oublieux du monde alentour, insensible à la faim et au froid.

Qui n’a jamais lu en cachette, sous sa couverture, à la lueur d’une lampe de poche, parce qu’un père ou une mère, ou quelque personne bien intentionnée avait éteint la lumière, dans l’idée louable que le moment était maintenant venu de dormir puisque demain il faudrait se lever très tôt.

Qui n’a jamais versé, ouvertement ou en secret, des larmes amères en voyant se terminer une merveilleuse histoire et en sachant qu’il allait falloir prendre congé des êtres avec lesquels on avait partagé tant d’aventures, que l’on aimait et admirait, pour qui l’on avait tremblé et espéré, et sans la compagnie desquels la vie allait paraître vide et dénuée de sens.

Celui qui n’a pas fait lui-même l’expérience de tout cela ne comprendra visiblement pas le geste de Bastien.

Il regardait fixement le titre du livre et il se sentait alternativement bouillant et glacé. C’était bien là ce dont il avait tant de fois rêvé, ce qu’il souhaitait trouver depuis le jour où la passion des livres s’était emparée de lui : une histoire qui ne finit jamais ! Le livre des livres !

L’Histoire sans fin- Michael Ende – 1984 (Editions Stock)

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La magie des livres en image…

22 vendredi Fév 2013

Posted by Aurélie in En image

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citations, Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie, Roald Dahl

Une idée…

Roald Dahl

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Le Jeu de l’Ange – Carlos Ruiz Zafon

10 dimanche Fév 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Carlos Ruiz Zafon, Critique de livre, L'Ombre du Vent, Le Jeu de l'Ange, Pocket, Robert Laffont, roman

Les premières phrases

Carlos Ruiz Zafon - Le Jeu de l'Ange«  Un écrivain n’oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d’argent ou quelques éloges en échange d’une histoire. Il n’oublie jamais la première fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu’il désirait le plus au monde : son nom imprimé sur un misérable bout de papier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est condamné à se souvenir de ce moment, parce que, dès lors, il est perdu : son âme a un prix.

Ce moment, je l’ai connu un jour lointain de décembre 1917. J’avais alors dix-sept ans et travaillais à La Voz de la Industria, un journal au bord de la faillite qui végétait dans une bâtisse caverneuse, jadis siège d’une manufacture d’acide sulfurique, dont les murs sécrétaient encore une vapeur corrosive qui rongeait le mobilier, les vêtements, les cerveaux et jusqu’à la semelle des souliers. Elle se dressait derrière la forêt d’anges et de croix du cimetière du Pueblo Nuevo et, de loin, sa silhouette se confondait avec celle des mausolées se découpant sur un horizon criblé de centaines de cheminées et d’usines qui faisaient régner sur Barcelone un perpétuel crépuscule écarlate et noir. »

Circonstances de lecture

Lu parce que j’avais beaucoup aimé L’Ombre du Vent.

Impressions

Un livre sombre dans une Barcelone étouffante, à la frontière du roman policier, du roman fantastique et de l’histoire d’amour. Le héros, un jeune écrivain, accepte d’écrire un livre pour une somme astronomique… vendant peut-être ainsi son âme au diable. Ici, l’atmosphère est beaucoup plus sombre que dans L’Ombre du Vent. On y retrouve cependant avec plaisir le style de Carlos Ruiz Zafon, le personnage de M. Sempere et le cimetière des livres oubliés. De très beaux passages.

Un passage parmi d’autres

 Mes seuls amis d’alors étaient d’encre et de papier. A l’école, j’avais appris à lire et à écrire bien avant les autres gamins du quartier. Là où les camarades voyaient de l’encre semée en chiures de mouche sur des pages incompréhensibles, je voyais de la lumière, des rues et des êtres humains. Les mots et le mystère de leur science cachée me fascinaient et m’apparaissaient comme une clef permettant d’ouvrir un monde infini, bien loin de cette maison, de ces rues et de ces jours opaques où, j’en avais déjà l’intuition, ne m’attendait qu’un avenir sans intérêt. Mon père n’aimait pas voir des livres à la maison. Il y avait chez ceux-ci, outre les lettres qu’il ne pouvait déchiffrer, quelque chose qui l’offensait. Il me répétait qu’il me mettrait au travail dès que j’aurais dix ans, et que mieux valait m’ôter toutes ces lubies de la tête parce que, sinon, je ne serais jamais qu’un pauvre type et un crève-la-faim. Je cachais les livres sous mon matelas et attendais qu’il soit sorti ou endormi pour les lire.

Le Jeu de l’Ange – Carlos Ruiz Zafon – 2009 (Robert Laffont)

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Le Cirque des Rêves – Erin Morgenstern

28 lundi Jan 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Cirque, Critique de livre, Erin Morgenstern, Flammarion, Le Cirque des Rêves, Magie, roman

Erin Morgenstern - Le Cirque des RêvesLes premières phrases

«  Le cirque arrive sans crier gare.

Aucune annonce ne précède sa venue, aucun avis, aucune affiche sur les poteaux de la ville, aucune mention, aucune publicité dans les journaux locaux. Simplement il est là, quand la veille il n’y était pas.

Les imposants chapiteaux sont rayés de noir et blanc, aucune trace d’or ou de pourpre. Pas la moindre couleur hormis celle des arbres voisins et de l’herbe des champs environnants. Des rayures noires et blanches sur un ciel gris ; d’innombrables chapiteaux de toutes tailles et de toutes formes, enchâssés dans une grille ouvragée en fer forgé qui se dresse au milieu d’un univers terne. Le peu d’espace au sol que l’on distingue de l’extérieur est noir ou blanc, recouvert de peinture, de poudre ou camouflé par un quelconque artifice.

Mais il n’est pas ouvert au public. Pas encore.

En quelques heures, toute la ville est au courant. L’après-midi, la nouvelle fait le tour de la région. Le bouche-à-oreille est une technique publicitaire bien plus efficace que les mots et les points d’exclamation imprimés sur des avis et des affiches. C’est un événement inhabituel et marquant, cette apparition soudaine d’un cirque mystérieux. Les gens s’émerveillent devant la hauteur prodigieuse des plus grands chapiteaux. Ils fixent l’horloge installée derrière les grilles.

Et la pancarte suspendue au-dessus de l’entrée qui annonce en lettres blanches sur fond noir :

Ouverture à la tombée de la nuit.

Fermeture à l’aube.

Quel est ce cirque qui n’ouvre que la nuit ? se demandent les gens. Personne ne sait au juste, mais à l’approche du crépuscule, une foule considérable s’est massée devant l’entrée. « 

Circonstances de lecture

J’ai tout de suite été attirée par l’objet en lui-même : une belle édition dotée d’une couverture en noir et blanc, et d’une tranche rouge.

Impressions

Un livre féérique que l’on referme avec regret. L’histoire se déroule dans un cirque mystérieux, où vivent illusionnistes, acrobates, contorsionnistes et autres cartomanciennes… Erin Morgenstern parvient à transporter le lecteur dans son monde empli de magie et de mystères, un monde où l’on respire avec bonheur l’odeur du caramel, du chocolat chaud et du feu de cheminée. Une belle histoire d’amour mais aussi un bel hommage au monde du cirque.

Un passage parmi d’autres

 Tu pénètres dans une vaste cour lumineuse encerclée de chapiteaux. Des allées qui serpentent tout autour t’éloignent du centre, t’entraînant dans d’invisibles mystères constellés de lueurs scintillantes.

Des vendeurs ambulants circulent parmi la foule qui t’entoure, offrant des rafraîchissements et des curiosités, des créations parfumées à la vanille, au miel, au chocolat ou à la cannelle.

Non loin, une contorsionniste en costume noir étincelant se tord sur une estrade, son corps plié dessinant d’impossibles figures.

Un jongleur lance très haut des globes noirs, blancs et argent qui semblent planer un instant avant de retomber dans ses mains, sous les applaudissements des spectateurs fascinés.

Le tout baigne dans une lumière chatoyante qui émane d’un grand feu de joie brûlant au centre de la cour.

En t’approchant, tu vois qu’il est installé dans un vaste chaudron noir, posé en équilibre sur des pieds griffus. Le haut du chaudron se divise en longues volutes de fer forgé qui semblent avoir été fondues et étirées comme du caramel. Le fer forgé se recourbe sur lui-même et s’entremêle aux autres boucles, formant une cage. Les flammes apparaissent dans les interstices et s’élèvent légèrement au-dessus. Seul le fond est sombre, si bien que l’on ne distingue pas si c’est du bois, du charbon ou tout autre chose que l’on brûle.

Les flammes qui dansent ne sont ni jaunes ni orangées, mais d’une blancheur de neige.

Le Cirque des Rêves – Erin Morgenstern – 2012 (Flammarion)

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La Communauté de l’Anneau – J.R.R. Tolkien

20 dimanche Jan 2013

Posted by Aurélie in Fantasy, Grands classiques, Romans étrangers

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Critique de livre, Fantasy, La Communauté de l'Anneau, Le Seigneur des Anneaux, roman, Tolkien

Les premières phrases

J.R.R. Tolkien - La communauté de l'Anneau«  Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac, annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla.

Bilbon était en même temps très riche et très particulier, et il avait fait l’étonnement de la Comté pendant soixante ans, c’est-à-dire depuis sa remarquable disparition et son retour inattendu. Les richesses qu’il avait rapportées de ses voyages étaient devenues une légende locale, et l’on croyait communément, en dépit des assurances des anciens, que la Colline de Cul-de-Sac était creusée de galeries bourrées de trésors. Et si cela n’eût pas suffit à rassurer sa renommée, sa vigueur prolongée aurait encore fait l’admiration de tous. Le temps s’écoulait, mais il semblait n’avoir aucune prise sur M. Sacquet. A quatre-vingt-dix ans, il était tout semblable à ce qu’il était à cinquante. A quatre-vingt-dix-neuf ans, on commença à le qualifier de bien conservé; mais inchangé aurait été plus près de la vérité. D’aucuns hochaient la tête, pensant que c’était trop d’une bonne chose; il paraissait injuste que quelqu’un pût jouir (visiblement) d’une jeunesse perpétuelle en même temps que (suivant l’opinion commune) d’une opulence inépuisable. 

– Cela aura sa contrepartie, disait-on. Ce n’est pas naturel, et il en viendra certainement des ennuis !

Mais jusque-là aucun ennui n’était venu, et comme M. Sacquet était généreux de son argent, la plupart des gens lui pardonnaient volontiers ses singularités et sa bonne fortune. »

Circonstances de lecture

Après avoir vu Le Hobbit au cinéma, j’ai eu très envie de relire Le Seigneur des Anneaux pour me replonger dans la Terre du Milieu.

Impressions

« LE » grand classique de Fantasy. Une fois passées les 200 premières pages servant à poser le décor (et, il est vrai, parfois ennuyeuses), on se laisse embarquer avec bonheur dans les aventures de Frodon et de la Communauté de l’Anneau. A lire et à relire. Les personnages sont tous attachants, et le livre regorge de scènes mythiques.

Un passage parmi d’autres

  Le Balrog atteignit le pont. Gandalf se tenait au milieu de la travée, appuyé sur le bâton qu’il tenait de la main gauche, tandis que dans l’autre Glamdring luisait, froide et blanche. Son ennemi s’arrêta de nouveau face à lui, et l’ombre qui l’entourait s’étendait comme deux vastes ailes. Il leva le fouet, et les lanières gémirent et claquèrent. Le feu sortait de ses narines. Mais Gandalf demeura ferme.

– Vous ne pouvez passer, dit-il.

Les orques restèrent immobiles, et un silence de mort tomba.

– Je suis un serviteur du Feu Secret, qui détient la flamme d’Anor. Vous ne pouvez passer. Le feu sombre ne vous servira de rien, flamme d’Udûn. Retournez à l’Ombre ! Vous ne pouvez passer.

Le Balrog ne répondit rien. Le feu parut s’éteindre en lui, mais l’obscurité grandit. La forme s’avança lentement sur le pont; elle se redressa soudain jusqu’à une grande stature, et ses ailes s’étendirent d’un mur à l’autre; mais Gandalf était toujours visible, jetant une faible lueur dans les ténèbres; il semblait petit et totalement seul : gris et courbe comme un arbre desséché devant l’assaut d’un orage.

De l’ombre, une épée rouge sortit, flamboyante.

Glamdring répondit par un éclair blanc.

Il y eut un cliquetis retentissant et une estocade de feu blanc. Le Balrog tomba à la renverse, et son épée jaillit en fragments fondus. Le magicien vacilla sur le pont, recula d’un pas, puis se tint de nouveau immobile.

– Vous ne pouvez passer ! dit-il.

D’un bond, le Balrog sauta au milieu du pont. Son fouet tournoya en sifflant.

– Il ne peut résister seul ! cria soudain Aragorn, qui revint en courant sur le pont :

– Elendil ! cria-t-il. Je suis avec vous, Gandalf.

– Gondor ! cria Boromir, s’élançant derrière lui.

A ce moment, Gandalf leva son bâton et, criant d’une voix forte, il frappa le pont devant lui. Le bâton se brisa en deux et tomba de sa main. Un aveuglant rideau de flammes blanches jaillit. Le pont craqua. Il se rompit juste au pied du Balrog, et la pierre sur laquelle il se tenait s’écroula dans le gouffre, tandis que le reste demeurait en un équilibre frémissant comme une langue de rocher projetée dans le vide.

Le Balrog tomba en avant avec un cri terrible; son ombre plongea et disparut. Mais dans sa chute même, il fit tournoyer son fouet, et les lanières fouaillèrent le magicien et s’enroulèrent autour de ses genoux, l’entraînant vers le bord. Il chancela, tomba, et malgré un vain effort pour s’accrocher à la pierre, il glissa dans le gouffre.

– Fuyez, fous que vous êtes ! cria-t-il, disparaissant.

La Communauté de l’Anneau – Le Seigneur des Anneaux Tome 1 – J.R.R. Tolkien – 1972 (Pocket)

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Sérum – Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

23 dimanche Déc 2012

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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24h Chrono, Critique de livre, Editions J'ai Lu, Fabrice Mazza, Fringe, Henri Loevenbruck, Policiers / Thrillers, roman, Série TV, Sérum, Thriller

Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza - SérumLes premières phrases

«  Vous avez bien fait de venir me voir.

Maintenant, détendez-vous.

Détendez-vous et laissez votre conscience s’ouvrir. Laissez-la vous guider.

Le sérum qui va vous être injecté facilite l’induction hypnotique. Il n’altère en rien votre personnalité ni votre volonté, mais il vous débarrasse de ce qui vous éloigne de votre conscience.

Votre conscience voit plus de choses, entend plus de choses, connaît plus de choses que vous ne pouvez l’imaginer.

Ici, maintenant, votre conscience est reine.

Il y a, quelque part dans un coin de votre tête, un petit train. Un petit train qui peut vous emmener en voyage.

La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles ; l’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent, dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Oubliez le monde autour de vous. Ses bruits. Ses nuisances. N’écoutez que l’écho de votre âme.

Le plus important, c’est vous.

N’ayez crainte. Je suis là, à vos côtés.

Il ne peut rien vous arriver… « 

Circonstances de lecture

Après avoir terminé le livre de Joël Dicker que j’avais adoré, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier mes lectures suivantes… Jusqu’à ce que je me plonge dans Sérum.

Impressions

J’aime beaucoup les romans d’Henri Loevenbruck. Celui-ci, écrit en collaboration avec le maître des énigmes Fabrice Mazza, ne déroge pas à la règle. La forme est originale puisque ce livre est construit sur le même principe qu’une série TV (je suis fan de séries TV) : chaque livre correspond à un épisode. Pour le moment, seule la saison 1 (découpée en 6 livres de poche) est disponible. Et j’attends déjà avec impatience la saison 2 ! Si vous aimez Fringe et 24h Chrono, vous ne pourrez qu’aimer Sérum. Du suspens du début à la fin. Des personnages à la fois attachants et intrigants, en particulier le détective Lola Gallagher, son fils Adam, et le psychiatre très borderline Arthur Draken. Plongez dans cette série, vous en deviendrez forcément accro !

Un passage parmi d’autres

 Les premières images de la vieille VHS vacillent avant de se stabiliser. Quelques interruptions dans le son brouillent le début de la vidéo.

Le grain est épais, la couleur bave.

Le visage d’une femme emplit tout l’écran. Le plan est si serré qu’on ne voit que ses yeux – qui sont mi-clos – son nez et sa bouche. Difficile de reconnaître qui que ce soit. Mais lui sait de qui il s’agit. Il sait très bien.

D’une voix apaisée, elle parle. Elle raconte une histoire. Cela ressemble à un rêve.

« Au milieu des flots, je vois un homme, un homme seul qui se tient debout. Il porte une couronne et des habits de roi. Il est blessé à la jambe, il semble souffrir, ne plus pouvoir avancer. La main tendue vers l’arbre, il tente désespérément d’attraper une pomme. Mais dès que ses doigts approchent du fruit, il est frappé par la foudre.

Je lève les yeux et je comprends alors que ce n’est pas vraiment la foudre. C’est un oiseau, haut dans le ciel, avec un long cou, un bec d’aigle et de grandes ailes rouges déployées : il crache des éclairs de feu sur le pauvre roi immobilisé dans la rivière.

Soudain, l’oiseau aux ailes rouges plonge vers moi, il me frôle et il va se poser de l’autre côté de la rivière, sur les épaules d’un grand épouvantail.

L’épouvantail se tourne lentement vers moi. Je frémis : il n’a pas de visage.

Le train s’approche encore de la rivière, et je vois à présent que l’eau est rouge. Rouge sang. Je crois d’abord que c’est la blessure à la jambe du roi qui teinte les flots, mais non. Non, ce n’est pas ça. Le sang coule plus haut. Je suis du regard cette traînée écarlate dans l’eau, et je vois, au loin, un rhinocéros, étendu sur la berge. Il meurt lentement. Il a les entrailles ouvertes, et son sang s’écoule dans le fleuve.

Cette vision me fait peur…

Sérum – Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza – février 2012 (Editions J’ai Lu)

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20 jeudi Déc 2012

Posted by Aurélie in En image

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