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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

Love In Books

Archives d’Auteur: Aurélie

La petite histoire d’un marque-page…

29 vendredi Juin 2012

Posted by Aurélie in En vidéo

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animation, Livres, loveinbooks, magie des livres, marque-page, Studio Alpin, vidéo

Quand un marque-page parvient à s’échapper du carcan d’un livre oublié, cela donne une belle aventure ! Une vidéo (baptisée « Much Better Now ») réalisée par le studio Salon Alpin.

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La magie des livres en image…

22 vendredi Juin 2012

Posted by Aurélie in En image

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Imagination, Inspiration, lecteur, livre préféré, Livres, loveinbooks, Magie

Tout le monde est un lecteur… Certains n’ont simplement pas encore trouvé leur livre préféré.

Source: world-shaker.tumblr.com via Aurélie on Pinterest

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L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert

21 jeudi Juin 2012

Posted by Aurélie in Romans français

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Albin Michel, Critique de livre, Didier van Cauwelaert, L'Evangile de Jimmy, Livre, roman

Les premières phrases

«  Quand on se prend pour Dieu, on ne peut pas douter de soi. L’œil grave et le sourire avalé, ils se dévisagent comme devant un miroir. S’ils n’étaient pas, actuellement, les deux hommes les plus célèbres sur Terre, il serait difficile de dire dans quel camp est la victoire. D’ailleurs, sur le plan des chiffres, on ne le sait toujours pas, même si  politiquement il a bien fallu, à un moment donné, arrêter les opérations de recomptage. A quelques milliers de voix près, on n’allait pas laisser plus longtemps le pays sans Président.

L’élu tend le bras machinalement, comme pour ouvrir une porte. Après les cinq secondes protocolaires, il interrompt la poignée de main. Son prédécesseur lui a remis les codes nucléaires, l’état des lieux, quelques secrets défense gérés directement par la Présidence, qui désormais s’empilent sur la table d’acajou : il peut aller se faire oublier.

L’ancien locataire de la Maison-Blanche referme sa serviette en cuir, avec une expression narquoise que George W.Bush trouve aussitôt parfaitement déplacée. Bill Clinton promène un dernier regard autour de lui, pivote en direction de la porte. Il fait trois pas, se retourne et, tout en rouvrant sa serviette, lance d’un ton soigneusement neutre :

– Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.

Il sort un dossier vert, le dépose au sommet de la pile, et s’en va.  « 

Circonstances de lecture

Après la lecture de son dernier roman, Le Journal intime d’un arbre, j’ai eu très envie de replonger dans les anciens livres de Didier van Cauwelaert. Une très bonne plume.

Impressions

Jimmy est un Américain tout ce qu’il y a de plus moyen. Réparateur de piscines dans le Connecticut, il tente d’oublier un chagrin d’amour dans la bière et les chips. Jusqu’au jour où une prise de sang le fait repérer par la Maison-Blanche… Trois agents lui apprennent alors de but en blanc qu’il est le clone du Christ ! Une histoire pleine de rebondissements, qui décrit parfaitement les manipulations des dirigeants politiques comme des religieux.

Un passage parmi d’autres

 Planté devant mon lit au milieu des miroirs, je me regarde multiplié par trois. Comment croire l’impossible ? Mais comment rejeter l’évidence, lutter contre cinquante pages de preuves scientifiques ? Je suis allé refaire une prise de sang, et c’est le même résultat. Même groupe AB, même empreinte génétique. C’est bien moi, le fils du linge, le clone du crucifié : on ne se trompe pas deux fois dans l’attribution d’une analyse. Et la probabilité pour que des étrangers aient le même ADN, ils disent qu’elle est de 0,09 sur cent. La marge d’erreur légale pour les assurances.

Je prends ma respiration, j’ouvre les bras, je lance à mes reflets : « Je suis celui qui est », pour voir si quelque chose se passe. Et je suis toujours le même, avec l’air con en prime.

L’Evangile de Jimmy – Didier van Cauwelaert – 2004 (Editions Albin Michel)

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Harry Potter and The Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling

26 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, J.K.Rowling, Livre, VO

Les premières phrases

«  Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard. 

It was nearly midnight, and he was lying on his front in bed, the blankets drawn right over his head like a tent, a torch in one hand and a large leather-bound book (A History of Magic, by Bathilda Bagshot) propped open against the pillow. Harry moved the tip of his eagle-feather quill down the page, frowning as he looked for something that would help him write his essay, « Witch-Burnin in the Fourteenth Century Was Completely Pointless – discuss ».

The quill paused at the top of a likely-looking paragraph. Harry pushed his round glasses up his nose, moved his torch closer to the book and read:

Non-magic people (more commonly known as Muggles) were particularly afraid of magic in medieval times, but not very good at recognising it. On the rare occasion that they did catch a real witch or wizard, burning had no effect whatsoever. The witch or wizard would perform a basic Flame-Freezing Charm and then pretend to shriek with pain while enjoying a gentle, tickling sensation. Indeed, Wendelin the Weird enjoyed being burnt so much that she allowed herself to be caught no fewer than forty-seven times in various disguises. »

Circonstances de lecture

Relu en une semaine… en anglais, histoire de justifier cette énième relecture des Harry Potter !

Impressions

Comment dire… Ce n’est tout simplement pas possible d’arrêter de lire Harry Potter !  Alors, après avoir lu les 5 premiers tomes en français, les 2 derniers en anglais puis en français… il me fallait bien les relire tous en anglais. Parce que non, impossible de trouver meilleure plume dans ce genre de littérature. Tout simplement impossible ! Alors, à tous ceux qui rechignent encore à se plonger dans l’univers de J.K.Rowling, je ne dirais qu’une chose : foncez ! Pour ne plus jamais en ressortir !

Un passage parmi d’autres

 There was a soft, crackling noise and a shivering light filled the compartment. Professor Lupin appeared to be holding a handful of flames. They illuminated his tired grey face, but his eyes looked alert and wary.

« Stay where you are », he said, in the same hoarse voice, and he got slowly to his feet with his handful of fire held out in front of him.

But the door slid slowly open before Lupin could reach it.

Standing in the doorway, illuminated by the shivering flames in Lupin’s hand, was a cloaked figure that towered to the ceiling. Its face was completely hidden beneath its hood. Harry’s eyes darted downwards, and what he saw made its stomach contract. There was a hand protruding from the cloak and it was glistening, greyish, slimy-looking and scabbed, like something dead that had decayed in water…

It was visible only for a split second. As though the creature beneath the cloak sensed Harry’s gaze, the hand was suddenly withdrawn into the folds of the black material.

And then the thing beneath the hood, whatever it was, drew a long, slow, rattling breath, as though it was trying to suck something more than air from its surroundings.

An intense cold swept over them all. Harry felt his own breath catch in his chest. The cold went deeper than his skin. It was inside his chest, it was inside his very heart…

Harry’s eyes rolled up into his head. He couldn’t see. He was drowning in cold. There was a rushing in his ears as though of water. He was being dragged downwards, the roaring growing louder…

And then, from far away, he heard screaming, terrible, terrified, pleading screams. He wanted to help whoever it was, he tried to move his arms, but couldn’t… a thick white fog was swirling around him, inside him…

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling – 1999 (Bloomsbury)

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La magie des livres en image…

10 jeudi Mai 2012

Posted by Aurélie in En image

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Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie, read

Il n’y a jamais de mauvais moment pour lire.

READ

Source: imaginemeandyou.tumblr.com via Aurélie on Pinterest

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Rosa Candida – Audur Ava Olafsdottir

05 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Audur Ava Olafsdottir, Critique de livre, Rosa Candida, roses, Zulma

Les premières phrases

«  Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman – quelque chose qu’elle aurait pu cuisiner en pareille occasion. 

« J’ai pensé, dit-il, à de l’églefin pané à la poêle et ensuite une soupe au cacao avec de la crème fouettée. » Pendant que papa essaie de trouver comment s’y prendre pour la soupe au cacao, je vais chercher mon frère à son foyer dans la vieille Saab qui va sur ses dix-huit ans. Josef m’attend depuis un moment, planté sur le trottoir et visiblement content de me voir. Il est sapé à bloc parce que c’est ma soirée d’adieu, il porte la chemise que maman lui a achetée en dernier, violette à motifs de papillons.

Pendant que papa fait revenir l’oignon alors que les morceaux de poisson attendent, tout prêts, sur leur lit de chapelure, je vais dans la serre chercher les boutures de rosier que je vais emporter. Papa m’emboîte le pas, ciseaux à la main, pour couper de la ciboulette destinée à l’églefin et Josef, silencieux, le suit comme une ombre. Il n’entre plus dans la serre depuis qu’il a vu les débris de verre causés par la tempête de février qui a réduit en miettes beaucoup de vitres. Il reste dehors, près de la congère, et nous suit du regard. Papa et lui portent le même gilet noisette avec des losanges jaunes. « 

Circonstances de lecture

Lu fin avril, début mai, dans le train. Une jolie lecture.

Impressions

Arnljottur a tout juste 22 ans. Il vient de perdre sa mère, et d’apprendre qu’il va devenir père, après une nuit passée avec une jeune femme qu’il connaît à peine, Anna. Lié à sa mère par la passion des jardins et des fleurs, il décide de partir s’occuper d’une roseraie laissée à l’abandon, au sein d’un monastère, avec pour bagage, des boutures d’une variété de roses uniques : la Rosa Candida à huit pétales. Un très beau livre sur la quête de soi, le deuil et l’apprentissage de la paternité, où l’on se surprend à sentir l’odeur de beurre fondue dans la poêle, de soupe au cacao, et de roses entêtantes.

Un passage parmi d’autres

 Je sens que maman commence à disparaître, j’ai tellement peur de ne plus pouvoir bientôt tout me remémorer. C’est pourquoi j’évoque à nouveau notre dernière conversation au téléphone, lorsqu’elle a appelé de la voiture écrabouillée et je m’attarde sur les plus petits détails imaginables. Maman voulait appeler papa et c’est moi qui ai répondu. Il lui avait donné le portable peu de temps auparavant mais à ma connaissance, elle ne s’en servait jamais ; je ne savais même pas si elle l’emportait avec elle. Pour qu’elle continue d’exister, je m’ingénie à découvrir constamment quelque chose de nouveau à son sujet, à chaque réminiscence j’ajoute de nouveaux renseignements sur ce que j’ignorais avant.

Papa ne lui avait pas dit au revoir différemment ce matin-là ; il avait du mal à me pardonner d’avoir répondu au téléphone et encore plus à se pardonner lui-même de n’avoir pas été à la maison. Il aurait voulu être le dépositaire des derniers mots de maman, qu’elle ne parte pas sans lui avoir dédié ses dernières paroles.

« Elle avait besoin de moi, et j’étais dans une boutique en train d’acheter une rallonge électrique », dit-il.

Rosa Candida – Audur Ava Olafsdottir – 2010 (Editions Zulma)

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La magie des livres en image…

03 jeudi Mai 2012

Posted by Aurélie in En image

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Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie

Un livre transporte dans un autre univers. Des paysages prennent forme. Des personnages prennent vie. La magie emporte le lecteur à chaque page.

Ici, saurez-vous reconnaître le livre ? Je vous laisse deviner…

Harry Potter

Source: flickr.com via Aurélie on Pinterest

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La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

17 mardi Avr 2012

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, euro millions, Grégoire Delacourt, JC Lattès, La liste de mes envies, loveinbooks

Les premières phrases

«  On se ment toujours. 

Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n’ai pas des yeux bleus dans lesquels les hommes se contemplent ; dans lesquels ils ont envie de se noyer pour qu’on plonge les sauver. Je n’ai pas la taille mannequin ; je suis du genre pulpeuse, enrobée même. Du genre qui occupe une place et demie. J’ai un corps dont les bras d’un homme de taille moyenne ne peuvent pas tout à fait faire le tour. Je n’ai pas la grâce de celles à qui l’on murmure de longues phrases, avec des soupirs en guise de ponctuation ; non. J’appelle plutôt la phrase courte. La formule brutale. L’os du désir, sans la couenne ; sans le gras confortable.

Je sais tout ça. « 

Circonstances de lecture

Lu en deux jours à peine. Un livre qui se lit trop vite.

Impressions

L’histoire est toute simple : Jocelyne remporte la cagnotte de l’Euro Millions… Mais voilà, l’argent fait-il le bonheur ? Doit-elle encaisser ce chèque inespéré, elle qui est, malgré tout, satisfaite de sa petite vie de mercière ? Un roman émouvant, qui parle aussi bien du couple, que de la perte d’êtres chers, ou encore du bonheur. Attention cependant aux critiques et publicités vendant ce livre comme un livre qui rend heureux ! Je ne suis vraiment pas d’accord ! Ce livre émeut avant tout, loin de tout optimisme.

Un passage parmi d’autres

 La dernière fois où nous la vîmes, c’était à Noël dernier.

Quand son père lui a demandé ce qu’elle faisait, elle a sorti une petite caméra de son sac et l’a branchée sur le Radiola. Nadine n’aime pas les mots. Elle parle très peu depuis qu’elle parle. Elle ne m’a jamais dit maman j’ai faim, par exemple. Elle se levait et prenait alors quelque chose à manger. Jamais dit : fais-moi réciter mon poème, ma leçon, mes tables de multiplication. Elle gardait les mots en elle, comme s’ils étaient rares. Nous conjuguions le silence elle et moi : regards, gestes, soupirs en lieu et place de sujets, verbes, compléments.

Sur l’écran sont apparues des images en noir et blanc de trains, de rails, d’aiguillages ; au début, c’était très lent, puis tout s’est accéléré lentement, les images se sont superposées, le rythme devenait envoûtant, fascinant ; Jo s’est levé, a été prendre une bière sans alcool dans le frigo ; je ne pouvais pas détacher mes yeux de l’écran, ma main a pris celle de ma fille, sujet, des ondes ont parcouru mon corps, verbe, Nadine a souri, complément. Jo bâillait. Je pleurais.

Quand le film a été fini, Jo a dit qu’en couleurs, avec du son et sur un écran plat, ça serait pas mal ton film fillette, et moi je lui ai dit merci, merci Nadine, je ne sais pas ce que tu as voulu dire avec ton film, mais j’ai réellement ressenti quelque chose. Elle a débranché la petite caméra du Radiola et elle a chuchoté en me regardant : j’ai écrit le Boléro de Ravel en images maman, pour que les sourds puissent l’entendre.

La liste de mes envies – Grégoire Delacourt – 2012 (Editions Jean-Claude Lattès)

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1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami

14 samedi Avr 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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1Q84, Critique de livre, Haruki Murakami, Livre, loveinbooks, roman

Les premières phrases

«  « Pourriez-vous vous abstenir de fumer, monsieur Ushikawa ? », dit l’homme le plus petit. 

Ushikawa regarda un moment le visage de son interlocuteur qui lui faisait face de l’autre côté du bureau, puis ses yeux se reportèrent sur la cigarette Seven Stars qu’il tenait entre les doigts. Elle n’était pas allumée.

« Excusez-nous », ajouta l’homme sur un ton très protocolaire.

Ushikawa afficha un certain embarras, comme s’il se demandait comment cette chose-là était arrivée dans sa main.

« Ah, oui, pardon. Ce n’est pas bien. Bien sûr, je ne vais pas l’allumer. Mes mains se sont mises en mouvement toutes seules sans que je n’en sache rien. »

L’homme, dont la mâchoire bougea d’un centimètre environ sur le côté, conserva un regard absolument fixe. Focalisé inexorablement sur les yeux d’Ushikawa. Ce dernier remit sa cigarette dans le paquet, qu’il enferma dans le tiroir de son bureau.

L’homme le plus grand, dont les cheveux étaient attachés en queue-de-cheval, était debout près de la porte, presque à la frôler. Il examinait Ushikawa comme s’il s’était agi d’une tache sur le mur. Des types vraiment sinistres, se dit Ushikawa.

C’était la troisième fois qu’il rencontrait les deux hommes, et pourtant, il ne se sentait toujours pas à l’aise devant eux.

Dans son bureau pas très vaste, il y avait une table de travail, et le petit homme à la tête rasée avait pris place en face de lui. C’était son rôle de parler. Queue-de-cheval gardait le silence à tout jamais. Il se contentait de conserver les yeux fixés sur Ushikawa, totalement immobile, semblable à l’un de ces chiens de pierre gardiens des sanctuaires shintô.

« Cela fait trois semaines », déclara Tête-de-moine.

Ushikawa prit dans la main le calendrier et eut un petit signe approbateur après avoir vérifié ce qui y était inscrit.

« Vous avez raison. Aujourd’hui, cela fait exactement trois semaines que nous nous sommes vus.

– Et durant tout ce temps, nous n’avons reçu aucun rapport de votre part. Je vous l’ai déjà dit, je crois, mais la situation est extrêmement urgente. Nous n’avons pas de temps à perdre, monsieur Ushikawa.

– J’en suis parfaitement conscient, répondit Ushikawa en faisant tourner dans ses doigts, faute de cigarette, son briquet doré. Pas question de lambiner. Je le sais très bien. »

Circonstances de lecture

Le Livre 3 de la saga 1Q84. Un bonheur de poursuivre l’aventure d’Aomamé et Tengo après les deux premiers tomes.

Impressions

Enfin s’achève 1Q84… Enfin, peut-être… Car Haruki Murakami pourrait bien nous emmener encore plus loin dans son histoire. Cela ne me dérangerait pas ! On se laisse porter par la magie de son univers à la frontière entre le réel et l’imaginaire. On se laisse emporter par les liens unissant depuis l’enfance les deux héros. Vont-ils enfin se retrouver ? … Un style plein de poésie où l’on se plaît à croire qu’il existe bien deux lunes dans le ciel. Envoûtant.

Un passage parmi d’autres

 Malgré tous ses efforts, il ne put distinguer la moindre étoile. En revanche, la lune attira son attention. Une lune grosse aux deux tiers, suspendue à mi-hauteur du ciel. Elle était distinctement visible entre deux nuages, et il pouvait même voir ses motifs sombres qui évoquaient des ecchymoses. La lune d’hiver, froide et blême, peuplée de signes et de mystères immémoriaux. Elle flottait dans le ciel, muette, impavide, comme l’œil d’un mort.

Soudain, Ushikawa retint son souffle. Il en oublia même de respirer un instant. Car dans une trouée entre les nuages, il discerna, pas très loin de la lune de toujours, une seconde lune. Beaucoup plus petite. De couleur verte, comme si elle était couverte de mousse. Et à la silhouette déformée. Pourtant, c’était une lune, il n’y avait aucun doute à cela. Il n’existait pas d’étoile aussi grosse. Ce n’était pas non plus un satellite artificiel. Et elle était là, immobile dans le ciel de la nuit.

Ushikawa ferma les yeux, attendit quelques secondes avant de les rouvrir. Il devait s’agir d’une illusion d’optique. Une chose pareille ne pouvait pas se trouver là. Et pourtant, il eut beau fermer les yeux, les rouvrir, recommencer, la nouvelle petite lune était toujours là. Les nuages qui défilaient la dissimulaient parfois, mais elle réapparaissait ensuite, bien installée à sa place.

1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami – 2012 (Editions Belfond)

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Comment s’imprime un livre ?

12 jeudi Avr 2012

Posted by Aurélie in En vidéo

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Daily Telegraph, impression d'un livre, imprimerie, Livres, loveinbooks, magie des livres, Slightly Foxed

L’impression d’un livre… Une vidéo réalisée par le Daily Telegraph chez Slightly Foxed.

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