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12 vendredi Avr 2013
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04 lundi Mar 2013
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Critique de livre, L'Histoire sans fin, Magie, Michael Ende, roman
«
Telle était l’inscription que l’on pouvait lire sur la porte vitrée d’une petite boutique, mais elle ne se présentait de la sorte que pour celui qui, de l’intérieur de la pièce sombre, regardait au-dehors à travers la glace.
Dehors, c’était un matin gris et froid de novembre et il pleuvait à verse. Les gouttes dégoulinaient le long de la paroi de verre, par-dessus les lettres tarabiscotées. Tout ce que l’on parvenait à distinguer à travers la vitre, c’était un mur taché d’eau de l’autre côté de la rue.
Soudain, la porte fut poussée avec tant de violence qu’une petite grappe de clochettes en laiton, qui était suspendue juste au-dessus, en fut ébranlée et tinta un long moment avant de s’immobiliser à nouveau.
Celui qui avait provoqué ce tintamarre était un garçon petit et gros qui pouvait avoir dix ou onze ans. Ses cheveux brun foncé, mouillés, lui pendaient sur le visage, son manteau gouttait, trempé de pluie, et il portait un cartable fixé à l’épaule par une courroie. Il était un peu pâle et hors d’haleine mais, rompant avec la précipitation qu’il avait manifesté jusque-là, il restait planté sur le seuil de la porte ouverte, comme s’il avait pris racine. »
Circonstances de lectureUn livre qui a bercé mon enfance. J’ai eu subitement très envie de le relire, et je ne le regrette pas !
Oubliez le film (qui ne parvient pas à retranscrire la profondeur du roman) et plongez-vous, quel que soit votre âge, dans ce roman fantastique de Michael Ende. Qui n’a jamais désiré lire un roman – passionnant – qui ne se terminerait jamais ? Qui n’a jamais rêvé de pouvoir s’échapper de la réalité et de se retrouver dans un autre monde, plein de créatures étranges et de magie ? Le petit Bastien bascule ainsi dans le livre qu’il tient entre les mains et vit alors une multitude d’aventures. Une quête initiatique qui nous fait également réfléchir sur l’importance de l’imagination, le sens de la vie, le pouvoir des livres et des mots, et la nécessité de garder son âme d’enfant, malgré tout, et de lire !
La passion de Bastien Balthasar Bux, c’était les livres. Qui n’a jamais passé tout un après-midi sur un livre, les oreilles en feu et les cheveux en bataille, à lire et lire encore, oublieux du monde alentour, insensible à la faim et au froid.
Qui n’a jamais lu en cachette, sous sa couverture, à la lueur d’une lampe de poche, parce qu’un père ou une mère, ou quelque personne bien intentionnée avait éteint la lumière, dans l’idée louable que le moment était maintenant venu de dormir puisque demain il faudrait se lever très tôt.
Qui n’a jamais versé, ouvertement ou en secret, des larmes amères en voyant se terminer une merveilleuse histoire et en sachant qu’il allait falloir prendre congé des êtres avec lesquels on avait partagé tant d’aventures, que l’on aimait et admirait, pour qui l’on avait tremblé et espéré, et sans la compagnie desquels la vie allait paraître vide et dénuée de sens.
Celui qui n’a pas fait lui-même l’expérience de tout cela ne comprendra visiblement pas le geste de Bastien.
Il regardait fixement le titre du livre et il se sentait alternativement bouillant et glacé. C’était bien là ce dont il avait tant de fois rêvé, ce qu’il souhaitait trouver depuis le jour où la passion des livres s’était emparée de lui : une histoire qui ne finit jamais ! Le livre des livres !
L’Histoire sans fin- Michael Ende – 1984 (Editions Stock)
22 vendredi Fév 2013
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citations, Imagination, Inspiration, Livres, loveinbooks, Magie, Roald Dahl
10 dimanche Fév 2013
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Carlos Ruiz Zafon, Critique de livre, L'Ombre du Vent, Le Jeu de l'Ange, Pocket, Robert Laffont, roman
« Un écrivain n’oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d’argent ou quelques éloges en échange d’une histoire. Il n’oublie jamais la première fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu’il désirait le plus au monde : son nom imprimé sur un misérable bout de papier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est condamné à se souvenir de ce moment, parce que, dès lors, il est perdu : son âme a un prix.
Ce moment, je l’ai connu un jour lointain de décembre 1917. J’avais alors dix-sept ans et travaillais à La Voz de la Industria, un journal au bord de la faillite qui végétait dans une bâtisse caverneuse, jadis siège d’une manufacture d’acide sulfurique, dont les murs sécrétaient encore une vapeur corrosive qui rongeait le mobilier, les vêtements, les cerveaux et jusqu’à la semelle des souliers. Elle se dressait derrière la forêt d’anges et de croix du cimetière du Pueblo Nuevo et, de loin, sa silhouette se confondait avec celle des mausolées se découpant sur un horizon criblé de centaines de cheminées et d’usines qui faisaient régner sur Barcelone un perpétuel crépuscule écarlate et noir. »
Lu parce que j’avais beaucoup aimé L’Ombre du Vent.
Un livre sombre dans une Barcelone étouffante, à la frontière du roman policier, du roman fantastique et de l’histoire d’amour. Le héros, un jeune écrivain, accepte d’écrire un livre pour une somme astronomique… vendant peut-être ainsi son âme au diable. Ici, l’atmosphère est beaucoup plus sombre que dans L’Ombre du Vent. On y retrouve cependant avec plaisir le style de Carlos Ruiz Zafon, le personnage de M. Sempere et le cimetière des livres oubliés. De très beaux passages.
Mes seuls amis d’alors étaient d’encre et de papier. A l’école, j’avais appris à lire et à écrire bien avant les autres gamins du quartier. Là où les camarades voyaient de l’encre semée en chiures de mouche sur des pages incompréhensibles, je voyais de la lumière, des rues et des êtres humains. Les mots et le mystère de leur science cachée me fascinaient et m’apparaissaient comme une clef permettant d’ouvrir un monde infini, bien loin de cette maison, de ces rues et de ces jours opaques où, j’en avais déjà l’intuition, ne m’attendait qu’un avenir sans intérêt. Mon père n’aimait pas voir des livres à la maison. Il y avait chez ceux-ci, outre les lettres qu’il ne pouvait déchiffrer, quelque chose qui l’offensait. Il me répétait qu’il me mettrait au travail dès que j’aurais dix ans, et que mieux valait m’ôter toutes ces lubies de la tête parce que, sinon, je ne serais jamais qu’un pauvre type et un crève-la-faim. Je cachais les livres sous mon matelas et attendais qu’il soit sorti ou endormi pour les lire.
Le Jeu de l’Ange – Carlos Ruiz Zafon – 2009 (Robert Laffont)
28 lundi Jan 2013
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Cirque, Critique de livre, Erin Morgenstern, Flammarion, Le Cirque des Rêves, Magie, roman
Les premières phrases« Le cirque arrive sans crier gare.
Aucune annonce ne précède sa venue, aucun avis, aucune affiche sur les poteaux de la ville, aucune mention, aucune publicité dans les journaux locaux. Simplement il est là, quand la veille il n’y était pas.
Les imposants chapiteaux sont rayés de noir et blanc, aucune trace d’or ou de pourpre. Pas la moindre couleur hormis celle des arbres voisins et de l’herbe des champs environnants. Des rayures noires et blanches sur un ciel gris ; d’innombrables chapiteaux de toutes tailles et de toutes formes, enchâssés dans une grille ouvragée en fer forgé qui se dresse au milieu d’un univers terne. Le peu d’espace au sol que l’on distingue de l’extérieur est noir ou blanc, recouvert de peinture, de poudre ou camouflé par un quelconque artifice.
Mais il n’est pas ouvert au public. Pas encore.
En quelques heures, toute la ville est au courant. L’après-midi, la nouvelle fait le tour de la région. Le bouche-à-oreille est une technique publicitaire bien plus efficace que les mots et les points d’exclamation imprimés sur des avis et des affiches. C’est un événement inhabituel et marquant, cette apparition soudaine d’un cirque mystérieux. Les gens s’émerveillent devant la hauteur prodigieuse des plus grands chapiteaux. Ils fixent l’horloge installée derrière les grilles.
Et la pancarte suspendue au-dessus de l’entrée qui annonce en lettres blanches sur fond noir :
Ouverture à la tombée de la nuit.
Fermeture à l’aube.
Quel est ce cirque qui n’ouvre que la nuit ? se demandent les gens. Personne ne sait au juste, mais à l’approche du crépuscule, une foule considérable s’est massée devant l’entrée. «
J’ai tout de suite été attirée par l’objet en lui-même : une belle édition dotée d’une couverture en noir et blanc, et d’une tranche rouge.
Un livre féérique que l’on referme avec regret. L’histoire se déroule dans un cirque mystérieux, où vivent illusionnistes, acrobates, contorsionnistes et autres cartomanciennes… Erin Morgenstern parvient à transporter le lecteur dans son monde empli de magie et de mystères, un monde où l’on respire avec bonheur l’odeur du caramel, du chocolat chaud et du feu de cheminée. Une belle histoire d’amour mais aussi un bel hommage au monde du cirque.
Tu pénètres dans une vaste cour lumineuse encerclée de chapiteaux. Des allées qui serpentent tout autour t’éloignent du centre, t’entraînant dans d’invisibles mystères constellés de lueurs scintillantes.
Des vendeurs ambulants circulent parmi la foule qui t’entoure, offrant des rafraîchissements et des curiosités, des créations parfumées à la vanille, au miel, au chocolat ou à la cannelle.
Non loin, une contorsionniste en costume noir étincelant se tord sur une estrade, son corps plié dessinant d’impossibles figures.
Un jongleur lance très haut des globes noirs, blancs et argent qui semblent planer un instant avant de retomber dans ses mains, sous les applaudissements des spectateurs fascinés.
Le tout baigne dans une lumière chatoyante qui émane d’un grand feu de joie brûlant au centre de la cour.
En t’approchant, tu vois qu’il est installé dans un vaste chaudron noir, posé en équilibre sur des pieds griffus. Le haut du chaudron se divise en longues volutes de fer forgé qui semblent avoir été fondues et étirées comme du caramel. Le fer forgé se recourbe sur lui-même et s’entremêle aux autres boucles, formant une cage. Les flammes apparaissent dans les interstices et s’élèvent légèrement au-dessus. Seul le fond est sombre, si bien que l’on ne distingue pas si c’est du bois, du charbon ou tout autre chose que l’on brûle.
Les flammes qui dansent ne sont ni jaunes ni orangées, mais d’une blancheur de neige.
Le Cirque des Rêves – Erin Morgenstern – 2012 (Flammarion)
20 dimanche Jan 2013
Posted in Fantasy, Grands classiques, Romans étrangers
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Critique de livre, Fantasy, La Communauté de l'Anneau, Le Seigneur des Anneaux, roman, Tolkien
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac, annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla.
Bilbon était en même temps très riche et très particulier, et il avait fait l’étonnement de la Comté pendant soixante ans, c’est-à-dire depuis sa remarquable disparition et son retour inattendu. Les richesses qu’il avait rapportées de ses voyages étaient devenues une légende locale, et l’on croyait communément, en dépit des assurances des anciens, que la Colline de Cul-de-Sac était creusée de galeries bourrées de trésors. Et si cela n’eût pas suffit à rassurer sa renommée, sa vigueur prolongée aurait encore fait l’admiration de tous. Le temps s’écoulait, mais il semblait n’avoir aucune prise sur M. Sacquet. A quatre-vingt-dix ans, il était tout semblable à ce qu’il était à cinquante. A quatre-vingt-dix-neuf ans, on commença à le qualifier de bien conservé; mais inchangé aurait été plus près de la vérité. D’aucuns hochaient la tête, pensant que c’était trop d’une bonne chose; il paraissait injuste que quelqu’un pût jouir (visiblement) d’une jeunesse perpétuelle en même temps que (suivant l’opinion commune) d’une opulence inépuisable.
– Cela aura sa contrepartie, disait-on. Ce n’est pas naturel, et il en viendra certainement des ennuis !
Mais jusque-là aucun ennui n’était venu, et comme M. Sacquet était généreux de son argent, la plupart des gens lui pardonnaient volontiers ses singularités et sa bonne fortune. »
Après avoir vu Le Hobbit au cinéma, j’ai eu très envie de relire Le Seigneur des Anneaux pour me replonger dans la Terre du Milieu.
« LE » grand classique de Fantasy. Une fois passées les 200 premières pages servant à poser le décor (et, il est vrai, parfois ennuyeuses), on se laisse embarquer avec bonheur dans les aventures de Frodon et de la Communauté de l’Anneau. A lire et à relire. Les personnages sont tous attachants, et le livre regorge de scènes mythiques.
Le Balrog atteignit le pont. Gandalf se tenait au milieu de la travée, appuyé sur le bâton qu’il tenait de la main gauche, tandis que dans l’autre Glamdring luisait, froide et blanche. Son ennemi s’arrêta de nouveau face à lui, et l’ombre qui l’entourait s’étendait comme deux vastes ailes. Il leva le fouet, et les lanières gémirent et claquèrent. Le feu sortait de ses narines. Mais Gandalf demeura ferme.
– Vous ne pouvez passer, dit-il.
Les orques restèrent immobiles, et un silence de mort tomba.
– Je suis un serviteur du Feu Secret, qui détient la flamme d’Anor. Vous ne pouvez passer. Le feu sombre ne vous servira de rien, flamme d’Udûn. Retournez à l’Ombre ! Vous ne pouvez passer.
Le Balrog ne répondit rien. Le feu parut s’éteindre en lui, mais l’obscurité grandit. La forme s’avança lentement sur le pont; elle se redressa soudain jusqu’à une grande stature, et ses ailes s’étendirent d’un mur à l’autre; mais Gandalf était toujours visible, jetant une faible lueur dans les ténèbres; il semblait petit et totalement seul : gris et courbe comme un arbre desséché devant l’assaut d’un orage.
De l’ombre, une épée rouge sortit, flamboyante.
Glamdring répondit par un éclair blanc.
Il y eut un cliquetis retentissant et une estocade de feu blanc. Le Balrog tomba à la renverse, et son épée jaillit en fragments fondus. Le magicien vacilla sur le pont, recula d’un pas, puis se tint de nouveau immobile.
– Vous ne pouvez passer ! dit-il.
D’un bond, le Balrog sauta au milieu du pont. Son fouet tournoya en sifflant.
– Il ne peut résister seul ! cria soudain Aragorn, qui revint en courant sur le pont :
– Elendil ! cria-t-il. Je suis avec vous, Gandalf.
– Gondor ! cria Boromir, s’élançant derrière lui.
A ce moment, Gandalf leva son bâton et, criant d’une voix forte, il frappa le pont devant lui. Le bâton se brisa en deux et tomba de sa main. Un aveuglant rideau de flammes blanches jaillit. Le pont craqua. Il se rompit juste au pied du Balrog, et la pierre sur laquelle il se tenait s’écroula dans le gouffre, tandis que le reste demeurait en un équilibre frémissant comme une langue de rocher projetée dans le vide.
Le Balrog tomba en avant avec un cri terrible; son ombre plongea et disparut. Mais dans sa chute même, il fit tournoyer son fouet, et les lanières fouaillèrent le magicien et s’enroulèrent autour de ses genoux, l’entraînant vers le bord. Il chancela, tomba, et malgré un vain effort pour s’accrocher à la pierre, il glissa dans le gouffre.
– Fuyez, fous que vous êtes ! cria-t-il, disparaissant.
La Communauté de l’Anneau – Le Seigneur des Anneaux Tome 1 – J.R.R. Tolkien – 1972 (Pocket)
23 dimanche Déc 2012
Posted in Policiers / Thrillers, Romans français
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24h Chrono, Critique de livre, Editions J'ai Lu, Fabrice Mazza, Fringe, Henri Loevenbruck, Policiers / Thrillers, roman, Série TV, Sérum, Thriller
Les premières phrases« Vous avez bien fait de venir me voir.
Maintenant, détendez-vous.
Détendez-vous et laissez votre conscience s’ouvrir. Laissez-la vous guider.
Le sérum qui va vous être injecté facilite l’induction hypnotique. Il n’altère en rien votre personnalité ni votre volonté, mais il vous débarrasse de ce qui vous éloigne de votre conscience.
Votre conscience voit plus de choses, entend plus de choses, connaît plus de choses que vous ne pouvez l’imaginer.
Ici, maintenant, votre conscience est reine.
Il y a, quelque part dans un coin de votre tête, un petit train. Un petit train qui peut vous emmener en voyage.
La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles ; l’homme y passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent, dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Oubliez le monde autour de vous. Ses bruits. Ses nuisances. N’écoutez que l’écho de votre âme.
Le plus important, c’est vous.
N’ayez crainte. Je suis là, à vos côtés.
Il ne peut rien vous arriver… «
Après avoir terminé le livre de Joël Dicker que j’avais adoré, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier mes lectures suivantes… Jusqu’à ce que je me plonge dans Sérum.
J’aime beaucoup les romans d’Henri Loevenbruck. Celui-ci, écrit en collaboration avec le maître des énigmes Fabrice Mazza, ne déroge pas à la règle. La forme est originale puisque ce livre est construit sur le même principe qu’une série TV (je suis fan de séries TV) : chaque livre correspond à un épisode. Pour le moment, seule la saison 1 (découpée en 6 livres de poche) est disponible. Et j’attends déjà avec impatience la saison 2 ! Si vous aimez Fringe et 24h Chrono, vous ne pourrez qu’aimer Sérum. Du suspens du début à la fin. Des personnages à la fois attachants et intrigants, en particulier le détective Lola Gallagher, son fils Adam, et le psychiatre très borderline Arthur Draken. Plongez dans cette série, vous en deviendrez forcément accro !
Les premières images de la vieille VHS vacillent avant de se stabiliser. Quelques interruptions dans le son brouillent le début de la vidéo.
Le grain est épais, la couleur bave.
Le visage d’une femme emplit tout l’écran. Le plan est si serré qu’on ne voit que ses yeux – qui sont mi-clos – son nez et sa bouche. Difficile de reconnaître qui que ce soit. Mais lui sait de qui il s’agit. Il sait très bien.
D’une voix apaisée, elle parle. Elle raconte une histoire. Cela ressemble à un rêve.
« Au milieu des flots, je vois un homme, un homme seul qui se tient debout. Il porte une couronne et des habits de roi. Il est blessé à la jambe, il semble souffrir, ne plus pouvoir avancer. La main tendue vers l’arbre, il tente désespérément d’attraper une pomme. Mais dès que ses doigts approchent du fruit, il est frappé par la foudre.
Je lève les yeux et je comprends alors que ce n’est pas vraiment la foudre. C’est un oiseau, haut dans le ciel, avec un long cou, un bec d’aigle et de grandes ailes rouges déployées : il crache des éclairs de feu sur le pauvre roi immobilisé dans la rivière.
Soudain, l’oiseau aux ailes rouges plonge vers moi, il me frôle et il va se poser de l’autre côté de la rivière, sur les épaules d’un grand épouvantail.
L’épouvantail se tourne lentement vers moi. Je frémis : il n’a pas de visage.
Le train s’approche encore de la rivière, et je vois à présent que l’eau est rouge. Rouge sang. Je crois d’abord que c’est la blessure à la jambe du roi qui teinte les flots, mais non. Non, ce n’est pas ça. Le sang coule plus haut. Je suis du regard cette traînée écarlate dans l’eau, et je vois, au loin, un rhinocéros, étendu sur la berge. Il meurt lentement. Il a les entrailles ouvertes, et son sang s’écoule dans le fleuve.
Cette vision me fait peur…
Sérum – Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza – février 2012 (Editions J’ai Lu)
20 jeudi Déc 2012
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11 dimanche Nov 2012
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Critique de livre, Editions de Fallois, Joël Dicker, L'Age d'Homme, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, roman, Thriller
« – Centrale de la police, quelle est votre urgence?
– Allô ? Mon nom est Deborah Cooper, j’habite à Side Creek Lane. Je crois que je viens de voir une jeune fille poursuivie par un homme dans la forêt.
– Que s’est-il passé exactement ?
– Je ne sais pas ! J’étais à la fenêtre, je regardais en direction des bois et là, j’ai vu cette jeune fille qui courait entre les arbres… Il y avait un homme derrière elle… Je crois qu’elle essayait de lui échapper.
– Où sont-ils à présent ?
– Je… Je ne les vois plus. Ils sont dans la forêt.
– Je vous envoie immédiatement une patrouille, Madame.
C’est par cet appel que débuta le fait divers qui secoua la ville d’Aurora, dans le New Hampshire. Ce jour-là, Nola Kellergan, quinze ans, une jeune fille de la région, disparut. On ne retrouva plus jamais sa trace. «
Acheté après avoir regardé La Grande Librairie, où Joël Dicker était invité.
Un livre haletant tout au long de ses plus de 660 pages pleines de suspens. Difficile de le classer. C’est à la fois une enquête policière, une histoire d’amitié, une histoire d’amour, une critique de la société américaine et du milieu littéraire. Mais aussi un roman sur l’écriture et la façon dont on devient écrivain. Un livre qui en contient plusieurs aussi… Mon gros coup de cœur de la rentrée ! Et le meilleur de cette année 2012.
– Vous souvenez-vous de notre conversation, le jour où vous avez obtenu votre diplôme à Burrows ?
– Oui, nous avons fait une longue marche ensemble à travers le campus. Nous sommes allés jusqu’à la salle de boxe. Vous m’avez demandé ce que je comptais faire à présent, j’ai répondu que j’allais écrire un livre. Et là, vous m’avez demandé pourquoi j’écrivais. Je vous ai répondu que j’écrivais parce que j’aimais ça et vous m’avez répondu…
– Oui, que vous ai-je répondu ?
– Que la vie n’avait que peu de sens. Et qu’écrire donnait du sens à la vie.
– C’est cela, Marcus. Et c’est l’erreur que vous avez commise il y a quelques mois, lorsque Barnaski vous a réclamé un nouveau manuscrit. Vous vous êtes mis à écrire parce que vous deviez écrire un livre et non pas pour donner du sens à votre vie. Faire pour faire n’a jamais eu de sens : il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que vous ayez été incapable d’écrire la moindre ligne. Le don de l’écriture est un don non pas parce que vous écrivez correctement, mais parce que vous pouvez donner du sens à votre vie. Tous les jours, des gens naissent, d’autres meurent. Tous les jours, des cohortes de travailleurs anonymes vont et viennent dans de grands buildings gris. Et puis il y a les écrivains. Les écrivains vivent la vie plus intensément que les autres, je crois. N’écrivez pas au nom de notre amitié, Marcus. Ecrivez parce que c’est le seul moyen pour vous de faire de cette minuscule chose insignifiante qu’on appelle « vie » une expérience valable et gratifiante.
Je le fixai longuement. J’avais l’impression d’assister à la dernière leçon du Maître. C’était une sensation insupportable.
La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joël Dicker – septembre 2012 (Editions de Fallois / L’Age d’Homme)
04 dimanche Nov 2012
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