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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: conseils de lecture

Vers ma fin – Sophie White

06 lundi Oct 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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body horror, conseils de lecture, Critique de livre, Fleuve éditions, horreur, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sophie White, Vers ma fin

Les premières phrases

« Ma mère.

La nuit, ma mère grince. La maison grince avec elle. J’entends derrière la mince paroi qui nous sépare les divers éléments de ma mère gargouiller dans son corps comme l’eau circule dans les murs de la maison. Je déteste ce son. Le jour, il se noie dans le bruit de la radio et du vent, le bourdonnement de l’électricité. La nuit en revanche, dans le silence, ses intestins s’animent et elle paraît vivante, d’une manière qui n’est pas celle du jour. Ce regain me force à songer à ses déchets, à ses besoins, aux corvées dont ma grand-mère pour le moment se charge, mais qui bientôt vont m’échoir. Je n’en ai pas envie, et ça me donne mauvaise conscience. Je hais son corps – cette chose hideuse. »

Impressions

Voici l’une des deux premières publications de la nouvelle collection Styx lancée par les éditions Fleuve, une collection dédiée aux romans fantastiques et d’horreur. Avec Vers ma fin, Sophie White, écrivaine irlandaise, propose une lecture malaisante, glauque, poisseuse, tout en étant intrigante et prenante. On y suit une jeune fille, vivant dans la maison la plus reculée d’une petite île (une maison étrange, comme inversée, à moitié barricadée), en compagnie de sa grand-mère et de sa mère, cette « chose » inerte dont elle doit s’occuper et qui rythme ses journées. Ce n’est pas une vie, c’est une prison. Les autres habitants, elle les fuit au maximum, ne comprenant pas pourquoi ils la rejettent depuis toujours. Son seul moment de bonheur : s’échapper quelques heures sur la plage et nager dans l’océan. Le reste de sa vie se résume aux tâches ménagères, aux directives cinglantes de sa grand-mère, aux soins qu’elle doit prodiguer à sa mère, aux visites mensuelles de son père. Jusqu’au jour où une étrangère arrive sur l’île, avec son nourrisson, éveillant des émotions jusque-là inconnues.

Cette histoire m’a vraiment mise mal à l’aise, et c’est en soi signe que ce roman d’horreur est une réussite. Le body horror est omniprésent dans le récit. Le corps de la mère est décrit de manière crue, sans œillères ni pudeur, un corps qui suinte, pue, se creuse et s’abîme. Quant à certains passages évoquant des pulsions sexuelles, je trouve que l’on aurait pu s’en dispenser. Reste qu’il y a ces mystères que l’on souhaite résoudre et qui nous poussent à poursuivre la lecture, aussi dure soit-elle : si la mère est inerte le jour, comment se fait-il qu’elle puisse se retrouver au petit matin, dehors, à quelques pas de la maison ? Pourquoi la grand-mère et le père gardent-ils leur fille cloîtrée dans la maison, la privant de toute éducation et de tout lien social ? Que lui cachent-ils ? Et surtout, qu’est-il arrivé à la mère pour qu’elle se retrouve impotente, incapable de bouger et de parler ?

Ce n’est pas facile de dire si j’ai aimé cette histoire. Ce que je peux cependant affirmer, c’est qu’elle m’a marquée. Un grand nombre de scènes sont perturbantes et dérangeantes, mais elles prennent tout leur sens au fil du récit. Il y est notamment question de maltraitance, de culpabilité, du rejet de l’étranger, des nons-dits familiaux, de dépression post-partum, ou encore du rôle d’aidant (là encore, le propos a de quoi heurter).

Ce roman m’a un peu fait penser à La maison biscornue de Gwen Guilyn, mais avec un degré d’horreur supplémentaire. Si vous aimez les lectures horrifiques oppressantes et malaisantes, venez donc découvrir ce roman qui a remporté le prix Shirley Jackson en 2022. Attention cependant si vous êtes sensibles, de nombreuses scènes pourraient vous heurter.

Vers ma fin – Sophie White – Styx (Fleuve Éditions) – Octobre 2025 – Traduit de l’anglais (Irlande) par Anne-Sylvie Homassel – Couverture réalisée par Nicolas Beaujouan – Illustration par Chris Shehan

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C’était notre maison – Marcus Kliewer

29 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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C'était notre maison, Charleston, conseils de lecture, Critique de livre, horreur, idées de lecture, lecture, Livre, Marcus Kliewer, quoi lire, roman

Les premières phrases

« Sans prévenir, ils avaient sonné à la porte, un vendredi soir glacial.

Les inconnus qu’Eve Palmer découvrit sur son seuil semblaient assez inoffensifs. Pourtant, toujours prudente, Eve regarda à travers les stores, hésitant à ouvrir. C’était une famille de la classe moyenne, cinq personnes en épais manteaux d’hiver. Les parents avaient une petite quarantaine, devina Eve. Le père, grand, large d’épaules, la mâchoire carrée. La mère, petite et blonde, aux yeux d’un bleu froid, un crucifix en argent au cou. Entre eux, trois enfants rangés par taille – une fille, deux garçons. Ils avaient tout l’air du genre de tribu qui va déjeuner chez Applebee après le sermon du dimanche matin. Eve connaissait assez bien cette espèce d’individus.

Comme ils n’avaient rien de bien menaçant, elle leur ouvrit.

Le père sourit.

– Bonjour, mademoiselle. Désolé de vous déranger aussi tard. C’est que… j’ai grandi dans cette maison… »

Impressions

Voici une lecture parfaite pour le début d’automne, à lire de préférence le soir, seule, quand il fait nuit et que le vent souffle dehors. Frissons garantis ! J’ai eu un gros de cœur pour cette lecture horrifique, flippante à souhait.

Imaginez : Eve vient d’emménager dans une vielle maison à retaper entièrement. Le soir tombe, il fait froid dehors, sa compagne n’est pas encore rentrée du travail, et voilà qu’une famille sonne à sa porte : le père, la mère, et leurs trois enfants. Eve est plutôt méfiante, pas très à l’aise avec les gens, mais voilà, le père lui demande s’il pourrait montrer la maison à sa petite famille, car c’est la maison de son enfance, ce serait l’affaire de quelques minutes seulement. Et voici que, sans trop savoir pourquoi, Eve accepte et les laisse entrer chez elle. C’est alors qu’elle se fait la réflexion qu’elle ne voit pas la voiture dans laquelle ils sont arrivés. Et puis, le père a des remarques étranges, la petite fille est bizarre et soudain elle se cache au sous-sol, méandre de couloirs et de coins sombres… Surtout, dehors, la neige se met à tomber… Et une petite voix souffle à l’oreille d’Eve qu’ils ne sont pas prêts de s’en aller…

L’ambiance pesante et angoissante est très réussie. J’ai vraiment eu peur en lisant ce roman ! Et j’ai enchaîné les pages sans m’en rendre compte. C’est une lecture qui fait bien cogiter, notamment avec les documents annexes s’intercalant entre les chapitres, qui invitent le lecteur à se creuser les méninges pour essayer de comprendre ce qui se trame autour de cette vieille maison. Je ne peux que vous recommander cette lecture horrifique, qui paraît le 02 octobre.

Seul bémol : ce bandeau avec la citation de Freida McFadden… Je comprends l’idée d’attirer les lecteurs de La femme de ménage, mais personnellement, je n’ai pas besoin de ça pour avoir envie de le lire (au contraire). Je l’avais déjà repéré en VO et c’est pour cela que je me suis jetée dessus. D’autant que ce roman horrifique n’a rien à voir avec les livres de Freida McFadden.

C’était notre maison – Marcus Kliewer – Charleston – Octobre 2025 – Traduit de l’anglais par Laurent Bury

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Sintonia – Audrey Pleynet

22 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Audrey Pleynet, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le bélial, lecture, Livre, nanotechnologies, quoi lire, roman, science fiction

Les premières phrases

« C’était devenu commun pour Irene de voir son corps bouger sans qu’elle le lui ait demandé. Un pas après l’autre, dans les couloirs de leur palazzo. La bambina ne parvenait pas à savoir si l’ordre venait de sa mère Talia, de sa grand-mère Alessia, ou de plus haut. Toutes avaient la même teinte, la même saveur. La fillette de cinq ans acceptait. Pas de résistance, pas de questions. Elle obéissait. À ses côtés, sa petite sœur Gia, trois ans. Et des cousines, enfants et adolescentes, qui marchaient comme elle, dans un demi-état de conscience pour les plus jeunes. Les adultes partaient en mission. Une immense mission. Les bambinas devaient attendre, bien sages, bien obéissantes, que leurs mères, tantes, grands-mères, grands-tantes, arrière-grands-mères, arrière-grands-tantes, arrière-arrière-grand-mère reviennent.« 

Impressions

Après le succès de Rossignol, prix Utopiales 2024, Audrey Pleynet était attendue pour son deuxième roman de SF. Et si j’avoue ne pas avoir été transportée par sa novella, j’ai en revanche beaucoup apprécié la lecture de Sintonia.

L’histoire se passe en 2354. Afin de survivre aux nuages de poussières, à la pollution et aux catastrophes climatiques, des villes ont été construites en hauteur, dans les nuages, à l’instar de Venise, ville-tige modèle où vivent différentes guildes puissantes. C’est là que réside la plus importante lignée des Sintonia, une famille de femmes assassins détenant une arme unique de contrôle mental, le diapason. Tout débute dans le sang, avec le massacre de cette famille, dont seuls quelques membres vont survivre, toutes pensant être la seule rescapée.

Audrey Pleynet nous livre un roman de SF de haute volée, où les avancées technologiques ont modifié aussi bien l’architecture des villes que certains humains. Un roman passionnant à découvrir si vous aimez les complots, les réflexions sur les villes de demain, le transhumanisme et la liberté, et les histoires de vengeance.

Sintonia – Audrey Pleynet – Le Bélial – Septembre 2025 – Couverture réalisée par Aurélien Police

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Les Sentiers des Astres – Manesh – Stefan Platteau

15 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, J'ai lu, lecture, Les sentiers des astres, Livre, Manesh, quoi lire, roman, Stefan Platteau

Les premières phrases

« Le vieux Framar s’échappe de ses songes.

Serpent languide, il s’étire dans son lit de terre froide. Peu à peu se réchauffent ses entrailles engourdies ; son échine fourmille de craquements.

Au-dessus de lui, le ciel a basculé, évacuant les étoiles, alors le vieux Framar sait que le temps est venu. Il inspire, bande son souffle, brise le sortilège et lance ses bras argentés à travers le Vyanthryr, sur des milles et des milles de forêt boréale.

Dans un silence immuable s’écoulent ses eaux ; on pourrait entendre respirer les arbres.

Ainsi débute mon chant : par l’éveil du fleuve à la fissure de l’hiver. »

Impressions

J’ai mis du temps à lire ce roman (dédicacé aux Imaginales en 2021). Stefan Platteau m’avait conseillée de choisir le bon moment. Je l’ai finalement dévoré cet été, durant mes vacances. Et dès les premières lignes, j’ai su que le coup de cœur était là. J’ai donc pris mon temps pour savourer l’histoire aussi bien que la plume (superbe). J’ai aussitôt été embarquée sur les courants du fleuve Framar, à bord de deux gabarres, à écouter Fintan Calathynn, capitaine en second et barde de l’équipage, narrer son voyage en quête du Roi-Diseur, puis laisser la place à Manesh, cet homme naufragé qu’ils recueillent et soignent sans savoir qui il est. Que faisait-il si loin sur le fleuve ? D’où vient-il ? Que lui est-il arrivé ? N’aurait-il pas du sang de Géants dans les veines ? Peut-être pourrait-il raconter son histoire ?

Ainsi, de chapitre en chapitre, Fintan et Manesh se passent le flambeau de la narration. Et le résultat est magique. Stefan Platteau est un conteur et on se laisse subjuguer par sa plume, l’ambiance à la fois celtique et hindoue tellement bien retranscrite, la description des Antiques, des esprits solaires et lunaires, les personnages auxquels on ne peut que s’attacher, et ces secrets qu’il nous dévoile petit à petit. Il y a au final assez peu d’action, mais on ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman de plus de 700 pages. Au contraire, on n’a qu’une envie : percer les secrets de Manesh, et ceux de la compagnie, jusqu’à ce final qui m’a laissée sans voix… tellement désireuse de poursuivre l’aventure. Pour ma part, je lirai le tome deux l’été prochain, durant mes vacances, pour le savourer comme il se doit.

Sachez que les deux premiers tomes vont être réédités en grand format en octobre au Diable Vauvert, et que les couvertures sont superbes.

Les Sentiers des Astres – Manesh – Stefan Platteau – Avril 2014 en grand format (Les Moutons électriques), Mai 2016 en poche (J’ai lu) – Couverture réalisée par Johan Camou

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Échos stellaires – David Bry

08 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, David Bry, Echos stellaires, IA, idées de lecture, lecture, Livre, Outrefleuve, quoi lire, roman, science fiction, SF, Star Wars

Les premières phrases

« Les étoiles blanches, rouges, jaunes ou bleues, innombrables, illuminent l’infini de l’espace. Entre elles, des nuages de gaz et de poussières créent de colossales créatures de mille couleurs, de gigantesques spirales pâles, de titanesques doigts autour de soleils depuis longtemps éteints, autour de milliers de milliards de mondes hors d’atteinte pour l’homme.

Le silence, au cœur de tout cela, est abyssal. »

Impressions

Enfant, j’étais fan de Star Wars, les trois films sortis entre 1977 et 1983. Je les regardais en boucle tellement j’adorais ça (en VHS à l’époque, oui oui…). Et je me souviens encore du bonheur que c’était de les visionner encore et encore. Et bien, figurez-vous que la lecture d’Échos stellaires m’a fait éprouver les mêmes sensations !

Prenez une planète vivant sous le joug d’un milliardaire tyrannique, exploitant les habitants pour extraire les précieux « chronons », d’étranges particules aussi belles que dangereuses. Ajoutez à cela une troupe de rebelles bien décidés à renverser la situation, des IA ultra-performantes, et une histoire d’amour bouleversante, et vous obtenez un space opera totalement addictif, bourré d’actions et d’émotions.

Pour sa première incursion en SF, David Bry s’en sort avec brio. Que ce soient les réflexions autour des chronons et de leurs mystérieuses propriétés, celles sur l’utilisation des IA, ou encore celles sur le deuil et la recherche de liberté, le propos est passionnant. C’est au final un livre qui devrait également plaire aux personnes ne lisant pas habituellement de SF, l’histoire se vivant comme une aventure ultra-divertissante dans l’espace . Mais attention aux émotions ! Car, comme à son habitude, David Bry a le don d’écrire avec justesse des scènes bouleversantes, qui, je dois l’avouer, m’ont de nouveau fait verser une petite larme… Signe qu’Échos stellaires m’a beaucoup plu.

Échos stellaires – David Bry – 25 septembre 2025 – Outrefleuve – Couverture réalisée par Pascal Casolari

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Et que désirez-vous ce soir – Premee Mohamed

07 dimanche Sep 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, cyberpung, Et que désirez-vous ce soir, idées de lecture, L'Atalante, lecture, Livre, Premee Mohamed, quoi lire, SFFF

Les premières phrases

« La morte s’est réveillée, a demandé son parfum, nous le lui avons donné et elle s’est rendormie.

Alors je me suis félicitée de n’avoir laissé personne fouiller dans ses affaires, comme ça arrive souvent avant les obsèques. Quelqu’un aurait pu porter son parfum pendant la cérémonie, mais ça ne s’est pas produit.

Et maintenant elle est sur mon lit, sa main d’un blanc bleuté fermée sur la fiole brillante. La seule chose qu’elle désirait. »

Impressions

J’aime décidément beaucoup les novellas de Premee Mohamed. Après La migration annuelle des oiseaux, sa suite Ce qui se dit par la montagne, et le très bon Comme l’exigeait la forêt, la voici qui nous propose une novella entre cyberpunk et fantastique avec Et que désirez-vous ce soir.

Tout commence par un événement a priori impossible : une morte qui se réveille à son enterrement ! Aussitôt, ses collègues entendent bien la cacher, à commencer par Joyau, la narratrice de cette histoire, courtisane de luxe dans la Maison la plus huppée de la ville. Mais c’est sans compter la soif de vengeance de la ressuscitée, menaçant le quotidien plus ou moins paisible de cette prison à la fois dorée et opprimante.

À travers cette histoire, Premee Mohamed rappelle comment les puissants arrivent à ôter toute liberté aux plus faibles en leur promettant protection, argent, et sécurité. Elle propose ainsi une histoire de rébellion différente de ce que l’on a l’habitude de lire, en prenant le partie de se placer du point de vue de celles qui n’osent pas enfreindre les règles ni risquer leur quotidien pour un meilleur aléatoire.

Si j’aurais aimé que l’univers cyberpunk et le contexte sociétal soient plus détaillés, ce fut au final une bonne lecture.

Et que désirez-vous ce soir – Premee Mohamed – Août 2025 – L’Atalante – traduit de l’anglais par Marie Surgers – Couverture réalisée par Thomas Dambreville

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Baignades – Andrée A. Michaud

03 mercredi Sep 2025

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Andrée A. Michaud, Baignades, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, Rivages, roman, Roman noir, Thriller

Les premières phrases

« Ils avaient laissé la petite se baigner nue. Cinq ans. Ils n’y voyaient pas de mal. Le soleil tapait dur, le mercure atteignait les vingt-huit degrés et la plupart des campeurs faisaient la sieste sous les arbres et les auvents. Puis le propriétaire de la place avait surgi, une masse de muscles aux bras tatoués, pour leur dire qu’on ne voulait pas de ça ici, pas de nudité, vous avez pas honte, vous habillez cette enfant immédiatement ou vous décampez.

Ils étaient demeurés interdits, tous deux arrêtés dans leur mouvement, Laurence tenant du bout des doigts le bouchon du tube d’écran solaire qu’elle s’apprêtait à refermer, Max le corps penché vers le magazine déposé à ses pieds, puis Laurence avait senti ses joues rougir pendant que Max se redressait et se mordait la langue pour ne pas engueuler le propriétaire à son tour, elle a cinq ans, bordel, pas vingt-deux! Ils avaient tout de même rappelé la petite, Charlie, viens mettre un maillot. »

Impressions

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi angoissée en lisant un roman ! C’est la première fois que je lis un livre d’Andrée A. Michaud et ce ne sera certainement pas la dernière. J’ai été happée dès les premières lignes par cette lecture, oscillant entre thriller et roman noir.

Tout commence dans un camping en bord de lac. Max et Laurence sont enfin en vacances et ils comptent bien en profiter avec leur petite fille de cinq ans, Charlie. Mais voilà qu’un incident a priori anodin va transformer leur été en véritable enfer. Très vite, tout s’enchaîne, jusqu’à une nuit d’orage en forêt où l’horreur les engloutit en plein cauchemar. Chaque décision prise semble être la mauvaise, les amenant en un lieu qu’ils n’auraient jamais dû atteindre, à une scène qu’il n’aurait jamais dû voir. J’ai frémi tout du long aux côtés de ce couple et de leur enfant jusqu’à la fin d’une première partie dont je n’ai pas vu les pages défiler.

Puis commence la deuxième partie et j’ai mis quelques secondes avant de comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une autre histoire mais bien de la suite de la première partie, quelques années plus tard. Le rythme et l’ambiance sont radicalement différents : ici, la forêt sombre laisse place à une jolie maison au bord d’un lac, lieu idyllique pour une réunion de famille…

J’ai adoré me sentir transportée d’angoisse du début à la fin de ce roman, totalement stressant, prenant et glaçant. Un très bon roman noir.

Baignades – Andrée A. Michaud – Août 2025 – Rivages/Noir

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Graveyard Shift – M.L. Rio

01 lundi Sep 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Bragelonne, conseils de lecture, Critique de livre, Dark Academia, Fantastique, Graveyard Shift, idées de lecture, lecture, Livre, M.L. Rio, novella, quoi lire, roman, Thriller

Les premières phrases

« Ils se retrouvaient au cimetière tous les soirs à minuit. Ce n’était pas vraiment prémédité, mais pas tout à fait par hasard non plus. Le règlement de l’université interdisait de fumer à moins de trente mètres d’un bâtiment du campus, et, du côté ouest où les frontières entre l’école de médecine et la communauté au sens large étaient particulièrement poreuses, le seul endroit où une personne avide d’une cigarette pouvait se poster sans crainte était le cimetière mal entretenu derrière l’église Saint-Antoine-l’Anachorète. »

Impressions

J’ai dévoré cette novella, écrite par l’autrice de If We Were Villains, M.L. Rio. L’histoire gravite autour d’un campus universitaire, d’un cimetière, d’une église à l’abandon, et d’un bar. Cinq personnes se retrouvent régulièrement dans le cimetière pour y fumer en paix, le plus souvent en pleine nuit, sur les coups de minuit. Et puis, un soir, elles découvrent un trou fraichement creusé dans la terre du cimetière abandonné…

Chaque chapitre nous donne le point de vue d’un des cinq protagonistes, nous permettant d’avancer dans l’enquête autour de ce trou et de son mystérieux fossoyeur, alors même que des incidents étranges et violents ont lieu sur le campus.

L’ambiance est glauque, macabre, sombre comme il faut. La tension est omniprésente, et les personnages fouillés. Cette novella à mi-chemin entre thriller et fantastique est une totale réussite. À tel point que je me laisserai peut-être tenter par la lecture du titre qui a fait connaître M.L. Rio, If We Were Villains.

Graveyard Shift – M.L. Rio – Août 2025 – Bragelonne – Traduit de l’anglais (USA) par Clémentine Curie – Couverture réalisée par Teagan White

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L’homme qui lisait des livres – Rachid Benzine

25 lundi Août 2025

Posted by Aurélie in Romans français

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Les premières phrases

« Journée ordinaire. Hier, deux frappes ont tué quatre gamins dont le seul crime avait été de jouer au foot sur la plage. Tu te réveilles dans la chambre où tu t’es installé la veille. L’hôtel concentre une partie de la presse internationale. Tu aurais préféré loger chez l’habitant. Mais ton agence t’a convaincu de privilégier la sécurité. Peu de quartiers sont vraiment épargnés. Des familles entières disparaissent parce qu’elles habitent, sans le savoir ou en tout conscience, à proximité d’un bureau clandestin. Les frappes chirurgicales relèvent souvent de l’erreur médicale.

Une énième trêve devrait t’offrir quelques jours pour capturer ces instants de vie quotidienne, les photos que tu affectionnes, loin du sensationnalisme. »

Impressions

Je savais, en commençant ce roman, qu’il allait me mettre le cœur en miettes. Je le savais, mais je me devais de le lire, pour son sujet d’actualité, cette actualité que je suis sur les écrans, impuissante, sidérée, horrifiée. Alors, je l’ai lu, presque d’une traite – le roman est court, une centaine de pages – en sachant pertinemment qu’à la fin j’aurais les yeux mouillés de larmes et évidemment, ça n’a pas loupé.

Avec L’homme qui lisait des livres, Rachid Benzine nous fait suivre les pas d’un journaliste, missionné en 2014 à Gaza. Là-bas, entre quartiers en ruine et quartiers moins touchés par les bombardements, il s’apprête à photographier un vieil homme en train de lire un roman au pied de sa librairie, quand son geste est arrêté par une remarque du libraire : « Vous savez, ce n’est pas rien une photographie. Je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez pas. Il serait peut-être plus aimable que nous prenions le temps d’abord de nous rencontrer. » Alors, Nabil va raconter à Julien l’histoire qui se cache derrière la simple photo d’un homme en train de lire. Il va lui raconter sa vie, celle de sa famille, de ses amis, une vie de souffrances, d’exil, de résignation, de révolte, mais aussi d’amitiés, d’amour et de moments de joie. Et puis il va lui confier tout ce que la lecture a pu lui apporter : l’évasion, la compréhension, les mots comme une bouée de sauvetage, l’espoir, parfois. « L’angoisse était partout, dit-il. Elle imprégnait l’air que nous respirions, elle pesait sur nos cœurs, elle s’insinuait même dans nos rêves. Chaos, humiliation, destruction. Toute leur vie, bien des Palestiniens n’auront connu que ce traitement. Et toute leur vie également, bien des Israéliens ne se seront représentés les Palestiniens que comme des terroristes. Ces images inversées expliquent l’impossible réconciliation. Alors comment a-t-on fait pour tenir ainsi tant d’années ? On s’habitue à tout peut-être. »

Lisez ce livre, témoignage profondément humain de l’histoire du peuple palestinien.

L’homme qui lisait des livres – Rachid Benzine – Août 2025 – Julliard

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Entre autres univers – Emet North

18 lundi Août 2025

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Les premières phrases

« Voici ce dont je me souviens le mieux des mois que j’ai passés à chercher la matière noire : il est des choses dans l’univers qu’on ne peut percevoir qu’en en détournant les yeux. C’est ce que m’a dit le professeur qui dirigeait le laboratoire lorsqu’il m’y a accueillie le premier jour, et je me rappelle avoir pensé : oui, évidemment, et ç’a été une révélation pour moi parce que, à l’époque, le monde me semblait n’avoir aucun sens. »

Impressions

J’aime les ovnis littéraires, et Entre autres univers en est un parfait exemple. Résumer ce roman kaléidoscope reviendrait à trop vous en dire et à vous ôter le plaisir de la découverte. Sachez juste avant de l’ouvrir que ce livre est original, déroutant, fascinant et planant, qu’il vous conduira sur les pas d’une jeune femme, Raffi, pas bien ni dans sa tête ni dans son corps (mais qui l’est vraiment ?). Vous la suivrez d’une ligne temporelle à une autre, chapitre après chapitre.

Ce livre parle de nos choix, des regrets et des remords qui pèsent lourds sur les épaules, d’identité, de deuil, de dépression, de destruction et de reconstruction, du pardon, de courage et de résilience, d’amitié et d’amour. Vous y croiserez Britt, Alice, Caleb, Graham, Miko ou encore Kay, telles des étoiles dans les vies de Raffi. Vous y lirez des phrases qui resteront longtemps en vous : « Peut-être devrions-nous construire à la tristesse un endroit où vivre » ; « Peut-être que si je comprends la matière noire et le ciel nocturne, je comprendrai aussi comment me lever le matin. » Laissez-vous à votre tour envoûter par ce premier roman déroutant !

Entre autres univers – Emet North – Mai 2025 – Denoël – Traduit de l’anglais (USA) par Gilles Goullet – Couverture réalisée par Pascal Guédin

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Jonathan Strange et Mr Norrell

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