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Phare 23 – Hugh Howey

12 lundi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, idées de lecture, lecture, Livre, Phare 23, quoi lire, rentrée littéraire, roman, SF

hugh-howey-phare-23Les premières phrases

 » On ne vous prépare pas aux petits bruits. On vous colle dans une centrifugeuse jusqu’à l’évanouissement, on vous fait caracoler sur des courbes paraboliques jusqu’à vomir tripes et boyaux, on vous transperce d’aiguilles jusqu’à ce que vous vous sentiez comme un toxico, on vous fait ingurgiter trois domaines de la physique, passer un diplôme de médecine et suivre en même temps un entraînement de triathlon.

Mais on ne vous dit pas ce qu’il en est de vivre avec les cliquetis et les grincements et les petits bips en arrière-plan. Ni comment le vide spatial, des années-lumière à la ronde, peut être ressenti comme un poids énorme, écrasant. Le silence semble constamment gagner du terrain, comme l’obscurité à laquelle j’ai été un jour confronté, dans une grotte de la Virginie-Occidentale. Une obscurité qu’on peut mâcher. Une obscurité qu’on perçoit à des kilomètres alentour. Une obscurité dont on n’est pas certain de pouvoir un jour s’extirper.

Au fin fond de l’espace, le silence est précisément de cette nature. Du coup, les petits bidules qui ronronnent dans ma balise deviennent des enfoirés et leurs cliquetis cauchemardesques me mettent les nerfs en pelote. Je les hais tous jusqu’au dernier. Tout ce qui bouge dans cet endroit.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré la trilogie Silo du même auteur.

Impressions

LA CLAQUE ! Si vous devez lire un livre, un seul, de cette rentrée littéraire, lisez donc Phare 23 de Hugh Howey. Vous n’aimez pas la science fiction, les histoires qui se passent dans l’espace ? Lisez-le quand même ! Et de toute urgence. Car ce livre a une portée universelle, un message de paix et de tolérance dont notre société actuelle a grand besoin…

Le héros de Phare 23 – on ne saura jamais son nom – est gardien de phare. Mais pas un phare en pleine mer, non, un phare (une balise) au milieu de l’espace. Nous sommes au XXIIIème siècle, et sans grande surprise les hommes sont en guerre. Notre héros, médaillé de guerre, a choisi la solitude de l’espace pour y cacher sa souffrance. Il vit donc seul dans son phare. Sa mission : faire en sorte que les vaisseaux traversent sa partie de la Voie lactée en toute sécurité, loin des astéroïdes et des dangers en tout genre. Mais voilà, peut-on rester sain d’esprit au milieu de cette solitude ? Sa « maison » construite par la Nasa est-elle aussi sûre et solide que ce qu’on a bien voulu lui faire croire ? La guerre est-elle si loin que ça ?

Phare 23 est un livre magnifique au suspens haletant. Hugh Howey signe là un superbe roman sur la solitude humaine, la guerre, la différence et la tolérance. LISEZ-LE et peut-être que le message de l’auteur deviendra un jour réalité… Oui, on peut toujours rêver… Encore heureux… « Je sais que c’est pure fiction, mais que se passerait-il si, debout sur les décombres des attaques dirigées contre nous, que ce soit au sens littéral ou métaphorique, physique ou émotionnel, personnel ou politique, nous choisissions le pardon plutôt que l’escalade ? A quoi ressemblerait ce monde ? Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais il me plaît de faire semblant. »

Un passage parmi d’autres

 Les pannes d’EOG ne peuvent pas arriver. Les systèmes de secours ont des systèmes de secours qui ont des systèmes de secours. Tout est incestueux dans les entrailles de la balise 23, moi je vous le dis. Pour que quelque chose se détraque, il faudrait qu’une première alarme soit hors service, ainsi qu’une seconde de sauvegarde et deux différents modules conçus pour effectuer la même opération et contrôlés toutes les quelques secondes pour être sûr qu’ils en sont effectivement capables. Toutes les puces électroniques et les logiciels peuvent se réparer et redémarrer seuls. On pourrait déclencher une impulsion électromagnétique dans cette saleté qu’elle repartirait en moins de deux. Il faudrait deux douzaines de pannes aléatoires et simultanées plus un tas d’autres coïncidences trop ahurissantes pour pouvoir même les envisager.

Une fois, un intello de la Nasa a calculé les probabilités. Elles étaient très très faibles. Ceci dit, la semaine passée, il y avait 1 527 balises Galsat en activité dans la Voie lactée. Alors à mon avis, les chances que quelqu’un ait un problème ne cessent d’augmenter. En particulier quand les balises vieillissent. Et en ce moment, ce quelqu’un, ça doit être moi.

Hugh Howey – Phare 23 – septembre 2016 (Actes Sud)

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Vongozero – Yana Vagner

20 vendredi Mai 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, idées de lecture, Le Lac, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Thriller, Vongozero, Yana Vagner

Les premières phrases

Yana Vagner - Vongozero«  Maman est morte le mardi 17 novembre. J’ai appris la nouvelle par une voisine. Quelle ironie : ni maman ni moi n’avons jamais été proches de cette femme acariâtre, toujours maussade, dont le visage ingrat semblait taillé dans la pierre. Nous avons vécu quinze ans sur le même palier et à une époque, pendant plusieurs années, je me dispensais même de la saluer. J’aimais à appuyer avec une joie maligne sur le bouton de l’ascenseur pour l’empêcher de monter dans la cabine ; elle, le pas lourd, soufflant comme un phoque, voyait les portes automatiques se refermer sous son nez et je me souviens encore de l’indignation ridicule qui lui déformait la face. Durant ces quelques années (j’avais alors quatorze ans, peut-être quinze), elle nous offrait la même grimace toutes les fois, nombreuses, où elle sonnait à notre porte – maman ne lui a jamais proposé d’entrer – pour nous exposer ses griefs : nos bottes avaient laissé des traces de neige fondue dans le hall, un individu avait sonné par erreur chez elle à plus de dix heures du soir… « Qu’est-ce qu’elle veut encore, maman ? » criais-je quand je devinais à la voix de ma mère qu’elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette femme. Car maman n’avait jamais appris à se défendre et n’importe quel minuscule conflit dans une file d’attente, de ces incidents qui enflamment l’œil et les joues des protagonistes, suscitait chez elle maux de tête, tachycardie et crises de larmes.  »

Circonstances de lecture

Attirée par l’histoire…

Impressions

Voici un livre multi-facettes, entre la SF, le thriller et le road-movie. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le reposer !

Quand une épidémie meurtrière s’abat sur la Russie, Anna, son fils Micha, et son conjoint Sergueï fuient leur village pour trouver refuge dans un endroit coupé du monde. Mais la route sera longue et semée d’obstacles. Au premier rang desquels leurs compagnons de voyage : des personnes qu’Anna n’a jamais appréciées… à commencer par l’ex-femme de Sergueï. Si l’histoire peut paraître classique (fuir une épidémie mortelle), le traitement est original. Car il s’agit aussi bien d’un thriller psychologique que d’un livre de SF au final.

Yana Vagner - Le lac

La suite et fin de « Vongozero », « Le lac », vient de sortir. Et je n’ai pas été déçue. Dans ce deuxième tome, on ressent encore plus les rigueurs de l’hiver russe, la difficulté des hommes à vivre ensemble et le thriller prend des airs de huis clos oppressant.

Je vais suivre cet auteur de près !

Un passage parmi d’autres

 – Anna, tu  vas où ?

Je ne m’arrêtai pas : je ne pus même pas lui répondre, je me contentai d’agiter la main et de faire encore un pas, puis encore un. Je ne vais pas aller loin, c’est juste pour ne plus voir aucun de vous, je ne veux voir personne pour le moment, je suis si fatiguée d’avoir toujours quelqu’un à mes côtés, laissez-moi, donnez-moi ne serait-ce qu’un peu de temps. Je comprenais parfaitement que je n’irais pas loin, ce n’était pas de vraie solitude dont j’avais besoin, mais simplement d’une illusion, d’un ersatz sans danger ; ayant atteint un endroit où la lumière des phares était devenue presque indécelable, et où les sons se fondaient en un bourdonnement homogène, je m’arrêtai et fus aussitôt saisie par le froid. Ils ne vont pas s’apercevoir tout de suite de mon absence, pensai-je. J’ai encore cinq minutes en réserve, voire dix, je vais attendre sans faire de bruit, je ne vais pas bouger d’ici, et quand ils seront prêts ils m’appelleront, je les entendrai et je rebrousserai chemin.

Yana Vagner – Vongozero – Le Lac – 2016 (Pocket / Mirobole Editions)

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Player One – Ernest Cline

20 samedi Juin 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Ernest Cline, Player One, roman, SF

Ernest Cline - Player OneLes premières phrases

«  Les gens de mon âge se souviennent tous de l’endroit où ils se trouvaient et de ce qu’ils étaient en train de faire lorsqu’ils ont entendu parler du concours pour la première fois. Moi, j’étais dans ma planque et je regardais des dessins animés lorsque le bulletin d’informations était tombé, interrompant mon flux : James Halliday était mort pendant la nuit.

Je savais qui était Halliday. Comme tout le monde. C’était lui qui avait conçu l’OASIS, l’énorme plateforme multijoueur en réseau à l’origine du système de réalité virtuelle mondial dont la plus grande partie de l’humanité se servait désormais au quotidien.

Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi les médias accordaient tant d’importance à la mort du milliardaire. Après tout, les Terriens avaient bien d’autres soucis : la crise énergétique qui n’en finissait pas, le désastre du changement climatique, la famine, partout la pauvreté et la maladie, et puis une bonne demi-douzaine de guerres en cours. Comme on dit, « chiens et chats ne font pas bon ménage… », et c’était l’hystérie générale. D’habitude, les infos n’interrompaient pas les sitcoms et autres séries interactives à moins que quelque chose de vraiment grave soit arrivé, comme une nouvelle épidémie virale mortelle, ou la disparition d’une grande ville sous un champignon atomique. Des trucs énormes dans ce goût-là. Halliday était certes célèbre, mais sa mort ne méritait pas plus qu’un court reportage au journal du soir pour que la plèbe puisse secouer la tête avec envie au moment où les journalistes annonceraient le montant obscène qu’allaient toucher les héritiers du riche défunt. 

Mais c’était justement là que ça coinçait. James Halliday n’avait aucun héritier. »

Circonstances de lecture

Un livre de SF conseillé par mes libraires.

Impressions

« Player One » est un livre de SF rapidement addictif. Lorsque que James Halliday, l’inventeur d’un univers virtuel géant, l’OASIS, meurt, il lègue sa fortune à qui réussira à trouver l’œuf qu’il y a caché ! Débute alors une gigantesque chasse au trésor dans l’univers des jeux vidéos, des séries TV, dessins animés et autres tubes des années 70-90. Alors que les hommes préfèrent s’évader dans cet univers virtuel pour échapper à une réalité des plus dures, cette quête devient vite mondiale.

Pas besoin d’être un geek pour devenir « addict » à ce livre ! Même si, bien entendu, de nombreuses références vous échapperont ! Je ne suis pas une geek et pourtant j’ai beaucoup aimé « Player One ». Ça donne envie, notamment, de rejouer à Pac Man ! Une adaptation au cinéma est prévue… avec Steven Spielberg aux commandes !

Un passage parmi d’autres

 Alors que je me tenais là, sous les néons sinistres de mon minuscule studio, je ne pouvais ignorer la vérité. Dans la vraie vie, je n’étais qu’un ermite asocial, un reclus, un geek au teint pâle obsédé par la culture pop, un agoraphobe qui vivait confiné, sans véritables amis, famille ni autre relation humaine authentique. Je n’étais qu’une de ces âmes tristes, perdues et solitaires qui gâchaient leur vie en la consacrant à un vulgaire jeu vidéo.

Mais pas dans l’OASIS. Là-bas, j’étais le grand Parzival, chassœuf célèbre dans le monde entier. Les gens me demandaient des autographes. J’avais un fanclub. Plusieurs, en fait. On me reconnaissait partout où j’allais (mais seulement quand j’avais envie d’être reconnu). On me payait pour recommander des produits. Les gens m’admiraient. On m’invitait aux soirées les plus fermées. Je fréquentais les clubs les plus branchés sans jamais faire la queue. J’étais une icône de la culture pop, une rock star de la réalité virtuelle. Et dans les cercles de chassœufs, j’étais devenu une légende. Non, un dieu.

Je me suis assis et j’ai enfilé mes gants, puis ma visière. Après vérification de mon identité, le logo de Gregarious Simulation Systems s’est affiché devant moi, suivi d’un message m’invitant à me connecter.

Salutations, Parzival.

Veuillez fournir votre sésame.

Je me suis éclairci la voix et j’ai récité la phrase secrète. Chaque mot s’affichait au fur et à mesure.

– Personne dans le monde n’accède jamais ni à ses désirs ni à ce qui est beau.

Quelques instants plus tard, j’ai laissé échapper un soupir de soulagement tandis que l’OASIS se matérialisait tout autour de moi.

Ernest Cline – Player One – 2015 (Pocket)

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Foundation – Isaac Asimov

23 samedi Mai 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Fondation, Foundation, Foundation and Earth, Foundation and Empire, Foundation's Edge, Isaac Asimov, roman, Secound Foundation, SF

Isaac Asimov - FoundationLes premières phrases

«  His name was Gaal Dornick and he was just a country boy who had never seen Trantor before. That is, not in real life. He had seen it many times on the hypervideo, and occasionally in tremendous three-dimensional newscasts covering an Imperial Coronation or the opening of a Galactic Council. Even though he had lived all his life on the world of Synnax, which circled a star at the edges of the Blue Drift, he was not cut off from civilization, you see. At that time, no place in the Galaxy was.

There were nearly twenty-five million inhabited planets in the Galaxy then, and not one but owed allegiance to the Empire whose seat was on Trantor. It was the last half-century in which that could be said. »

Circonstances de lecture

Un cycle de SF que l’on m’a vivement conseillé.

Impressions

Voici un cycle de SF qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusque-là. Si le premier tome « Foundation » a été publié en 1951, et le dernier « Foundation and Earth » en 1986 (je n’ai pas lu les préquelles), l’aventure intergalactique écrite par Isaac Asimov dégage un souffle résolument actuel.

Après douze mille ans de règne, l’Empire est en plein déclin. Un psycho-historien, Hari Seldon, prédit qu’il sera anéanti d’ici cinq siècles. Suivra une longue période de barbarie, d’anarchie et de violence qui durera trente mille ans… sauf si les hommes suivent son plan consistant, entre autres, à bâtir une première Fondation rassemblant toutes les connaissances humaines… et une autre cachée à l’autre extrémité de la Galaxie. Grâce à ce projet, la période de ténèbres devrait alors être réduite à mille ans. Les hommes réussiront-ils à traverser les siècles et à accomplir la prédiction de Seldon ?

Ce sont tous les avenirs possibles de l’humanité qu’Isaac Asimov explore dans ce cycle de SF. Entre tractations diplomatiques sur le fil, ruses, découvertes de planètes toujours plus lointaines, jeux d’influences et de pouvoir… On ne s’ennuie pas ! Et pourtant, l’action est finalement assez ténue. Tout se joue davantage sur les dialogues que sur les scènes d’action. Et c’est peut-être ça qui fait toute la différence. Ma préférence va pour le 3ème tome de cette saga, « Second Foundation », avec le personnage d’Arcadia Darell, résolument attachant.

A lire si vous aimez la SF, les jeux de pouvoir, les dialogues intelligents, Battlestar Galactica, les robots, la biodiversité, ou si vous vous posez des questions sur l’avenir de l’humanité, tout simplement !

Un passage parmi d’autres

 And then something else occurred to Arcadia, something that had been stirring and moving at the base of her brain ever since the flight began – something that forever killed the fourteen in her.

And she knew that she must escape.

That above all. Though they located every conspirator on the Foundation; though they caught her own father; she could not, dared not, risk a warning. She could not risk her own life – not in the slightest – for the entire realm of Terminus. She was the most important person in the Galaxy. She was the only important person in the Galaxy.

She knew that even as she stood before the ticket-machine and wondered where to go.

Because in all the Galaxy, she and she alone, except for they, themselves, knew the location of the Secound Foundation.

Isaac Asimov – Foundation – 1951 (Spectra)

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