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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Fantasy

Neverwhere – Neil Gaiman

02 vendredi Mar 2018

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, headline, idées de lecture, lecture, Livre, Neil Gaiman, Neverwhere, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  She had been running for four days now, a harum-scarum tumbling flight through passages and tunnels. She was hungry, and exhausted, and more tired than a body could stand, and each successive door was proving harder to open. After four days of flight, she had found a hiding place, a tiny stone burrow, under the world, where she would be safe, or so she prayed, and at last she slept.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de relire ce livre, en anglais cette fois.

Impressions

J’ai beaucoup apprécié cette relecture (en anglais) de ce classique de la fantasy urbaine. Neil Gaiman invente un Londres sous-terrain peuplé de rats respectés, de marginaux, d’assassins et autres personnages hauts en couleur. A commencer par Croup et Vandemar, deux assassins particulièrement malsains et drôles à la fois, à la poursuite de Door (Porte), une jeune fille dont la famille vient d’être massacrée. Lorsqu’un Londonien ordinaire, Richard Mayhew, vient à la rescousse de la jeune femme, il ne se doute pas que sa vie va être totalement bouleversée. Devenu transparent aux yeux du monde du dessus, il va devoir apprendre à vivre sous terre, dans le Londres d’en bas. A lire et relire !

Un passage parmi d’autres

 « Well, » said Richard. « How do I get back to normal again? It’s like I’ve walked into a nightmare. Last week everything made sense, and now nothing makes sense… » He trailed off. Swallowed. « I want to know how to get my life back, » he explained.

« You won’t get it back travelling with us, Richard, » said Door. « It’s going to be hard enough for you anyway. I… I really am sorry. »

Hunter, in the lead, knelt down on the pavement. She took a small metal object from her belt, and used it to unlock the cover to a sewer. She pulled up the sewer cover, looked into it, warily, climbed down, then ushered Door into the sewer. Door did not look at Richard as she went down. The Marquis scratched the side of his nose. « Young man, » he said, « understand this : there are two Londons. There’s London Above – that’s where you lived – and then there’s London Below – the Underside – inhabited by the people who fell through the cracks in the world. Now you’re one of them. Good night. « .

 

Neil Gaiman – Neverwhere – 1996 (headline)

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Les Griffes et les Crocs – Jo Walton

11 samedi Nov 2017

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Denoël, Fantasy, idées de lecture, Jo Walton, lecture, Les Griffes et les Crocs, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Bon Agornin se tortilla sur son lit de mort en battant des ailes comme pour s’envoler vers sa nouvelle vie. Les médecins étaient partis, résignés, et même ses filles avaient cessé de lui répéter qu’il irait bientôt mieux. Dans sa grande caverne pleine de courants d’air, il posa la tête sur son maigre tas d’or, tenta de rester immobile, inspira avec difficulté. Il lui restait peu de temps à vivre; peu de temps pour laisser sa marque sur ce qui allait se passer ensuite. Une heure, peut-être moins. Bientôt, la souffrance physique prendrait fin ; mais tant de regrets le taraudaient encore…

Il gémit et remua un peu. Pour connaître une renaissance heureuse, il devait quitter le monde l’esprit tranquille et le cœur pur, lui avait enseigné l’Église. Considérer avec bienveillance tous les événements de sa vie lui permettrait d’atteindre une certaine forme de sérénité. Une tâche ardue, pour laquelle les ailes et le feu ne lui seraient plus d’aucun secours.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup Jo Walton !

Impressions

Jo Walton fait désormais partie de mes auteurs préférés. Après « Morwenna » et « Mes Vrais Enfants« , j’ai dévoré « Les Griffes et les Crocs » (publié en anglais en 2003, et lauréat du World Fantasy Award en 2004). Ici, elle nous plonge au sein d’une histoire de dragons de la bonne société. C’est un peu comme si on retrouvait l’univers d’Orgueil et Préjugés au pays des dragons ! Étonnant, mais ça marche !

Le doyen de la famille Agornin se meurt, et suite à sa mort c’est tout l’avenir de ses enfants qui est remis en cause. A commencer par l’avenir de ses deux filles cadettes, pas encore mariées. Or, comme l’indique Jo Walton, « la dignité n’a aucune valeur sur le marché du mariage ». On se prend d’affection pour cette famille de dragons aux drôles de mœurs : ils dévorent tout de même le cadavre de leurs morts… tout en se coiffant de beaux chapeaux pour se montrer en société. Le nombre de demandes en mariage et de coups bas est incalculable. D’ailleurs un des chapitres se nomme « La narratrice reconnaît qu’elle a perdu le compte des confessions et des demandes en mariage ». Jo Walton a de l’humour, vous l’aurez compris. « Les Griffes et les Crocs » se lit le sourire aux lèvres comme un bon livre de fantasy à l’époque victorienne, mais aussi comme une très bonne satire de cette époque. Car Jo Walton n’en oublie pas pour autant de transmettre des messages sur la condition des femmes, la religion, la position sociale, la servitude et l’ambition. Car comme chez les humains, la société des dragons a bien des travers…

Un passage parmi d’autres

 – Je n’ai pas honte de mon père !

Tout le monde se tourna vers Selendra, qui s’était exprimée avec force. Penn, qui discutait avec la Bienheure à l’autre bout de la pièce, fit un pas dans leur direction.

« Je n’ai pas dit que deviez en avoir honte, reprit l’Exalte d’un ton apaisant.

– Non, vous m’avez dit que je ne devais jamais parler de lui en société ! » Les yeux violets de Selendra tourbillonnaient, à présent. Elle était furieuse. « J’aime mon père, et je suis fière de lui! »

Penn s’approcha. « Selendra », dit-il d’un ton sévère. La Bienheure semblait hébétée. Felin était si embarrassée qu’elle montrait les dents. Dans l’autre pièce, les serviteurs s’étaient figés et observaient sans s’en cacher cette tragédie inattendue.

Gelener tenta d’échanger un regard consterné avec Sher, mais lui aussi semblait furieux. « Elle a raison, mère », affirma-t-il.

Selendra se tourna vers lui, heureuse de trouver auprès de son nouvel ami un soutien qu’elle n’espérait pas.

« Bon était un dragon formidable, insista-t-il.

– Personne ne dit le contraire, répliqua l’Exalte, glaciale. Selendra n’a pas compris le sens de ma remarque. »

La dragonnelle savait que tout le monde la regardait. Elle savait qu’elle allait devoir présenter des excuses à l’Exalte si elle voulait sauver la soirée, mais elle refusait de le faire d’une voix tremblante. On l’avait mise dans une situation détestable. Elle avait parfaitement compris les sous-entendus de l’Exalte. Elle n’avait qu’une envie : qu’on la laisse aller pleurer dans son coin. « Si j’ai mal compris vos propos, j’en suis désolée, chuchota-t-elle, très raide, après un silence bien trop long.

– Ce n’est pas grave, ma chère », murmura l’Exalte. Elle lui pressa le bras, puis traversa la pièce pour échanger quelques mots avec la Bienheure.

 

Jo Walton – Les Griffes et les Crocs – août 2017 (Denoël)

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Fantastic Beasts and where to find them – J.K.Rowling

14 mercredi Déc 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Fantastic Beasts and where to find them, Harry Potter, idées de lecture, J.K.Rowling, lecture, Little Brown, Livre, original screenplay, quoi lire, roman

Fantastic Beasts and Where to Find ThemLes premières phrases

«  A large, isolated, derelict chateau emerges from the darkness. We focus on a cobbled square outside the building shrouded in mist, eerie, silent.

Five Aurors stand, wands aloft, tentative as they edge towards the chateau. A sudden explosion of pure white light sends them flying.

We whip round to find their bodies scattered, lying motionless at the entrance to a large parkland. A figure (GRINDELWALD) enters the frame, his back to the camera; ignoring the bodies, he stares out into the night sky, as we pan up towards the moon.  »

Circonstances de lecture

Parce que je ne peux pas me lasser de l’univers d’Harry Potter !!!

Impressions

Je n’avais pas prévu d’acheter le scénario du film… Et puis, j’ai poussé la porte de la librairie Shakespeare & Company à Paris… et le livre s’est jeté sur moi… Comment résister à une aussi belle couverture ? L’intérieur est tout aussi beau, avec de petits dessins des créatures entre les chapitres. Quant à l’histoire, elle transporte avec bonheur dans l’univers magique de J.K. Rowling. On suit les aventures de Newt Scamander, dont la valise remplie de créatures fantastiques est malencontreusement ouverte… J’ai beaucoup aimé ! Et le livre va trôner en bonne place dans ma bibliothèque.

Un passage parmi d’autres

 TINA : Who are you ?

NEWT : I’m sorry?

TINA : Who are you?

NEWT : Newt Scamander. And you are?

TINA : What’s that thing in your case?

NEWT : That’s my Niffler. (pointing at hot dog mustard still on Tina’s lip). Er, you’ve got something on your…

TINA : Why in the name of Deliverance Dane did you let that thing loose?

NEWT : I didn’t mean to… he’s incorrigible, you see, anything shiny, he’s all over the place…

TINA : You didn’t mean to?

NEWT : No.

TINA : You could not have chosen a worse time to let that creature loose! We’re in the middle of a situation here! I’m taking you in.

NEWT : You’re taking me where?

She produces her official ID card. It bears her moving picture and an impressive symbol of an American eagle: MACUSA.

TINA : Magical Congress of the United States of America.

J.K. Rowling – Fantastic Beasts and where to find them – 2016 (Little Brown)

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Harry Potter and the Cursed Child – Jack Thorne, J.K.Rowling, John Tiffany

06 samedi Août 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Cursed Child, idées de lecture, J.K.Rowling, Jack Thorne, John Tiffany, lecture, Little Brown, Livre, quoi lire, roman

Jack Thorne - Harry Potter and the cursed childLes premières phrases

«  A busy and crowded station, full of people trying to go somewhere. Amongst the hustle and bustle, two large cages rattle on top of two laden trolleys. They’re being pushed by two boys, JAMES POTTER and ALBUS POTTER. Their mother, GINNY, follows after. A thirty-seven-year-old man, HARRY, has his daughter LILY on his shoulders.

ALBUS

Dad. He keeps saying it.

HARRY

James, give it a rest.

JAMES

I only said he might be in Slytherin. And he might, so… (off his dad’s glare) fine.

ALBUS (looking up at his mum)

You’ll write to me, won’t you?

GINNY

Every day if you want us to.

ALBUS

No. Not every day. James says most people only get letters from home about once a month. I don’t want to…

HARRY

We wrote to your brother three times a week last year.

ALBUS

What? James!

ALBUS looks accusingly at JAMES.

GINNY

Yes. You may not want to believe everything he tells you about Hogwarts. He likes a laugh, your brother.

JAMES (with a grin)

Can we go now please?

ALBUS looks at his dad, and then his mum.

GINNY

All you have to do is walk straight at the wall between platforms nine and ten.

LILY

I’m so excited.

HARRY

Don’t stop and don’t be scared you’ll crash into it, that’s very important. Best to do it at a run if you’re nervous.

ALBUS

I’m ready.

HARRY and LILY put their hands on ALBUS’s trolley – GINNY joins JAMES’s trolley – and together, the family run hard into the barrier.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis une fan inconditionnelle d’HARRY POTTER !!!

Impressions

Inutile de vous dire que je me suis ruée sur « Harry Potter and the Cursed Child » dès sa parution ! Et… j’ai adoré ! On se retrouve dès les toutes premières lignes dans l’univers créé par J.K. Rowling, exactement au même moment que la fin du tome 7 de la saga, avec quasiment les mêmes dialogues. Un pur bonheur! Alors, évidemment, ce n’est pas J.K. Rowling qui a écrit cette pièce de théâtre, mais Jack Thorne, un scénariste et dramaturge anglais. Reste que cette 8ème histoire a été imaginée par J.K. Rowling et on ressent sa patte tout au long de cette lecture.

Je ne veux pas spoiler ceux qui attendent impatiemment la sortie d’Harry Potter et l’Enfant Maudit en français au mois d’octobre. Je dirai donc juste que l’on revoit avec beaucoup de plaisir (et d’émotions) de nombreux personnages des 7 tomes (oui j’avais presque les larmes aux yeux par moment !), et qu’Albus et Scorpius – nos deux nouveaux héros – sont très attachants. Cette pièce de théâtre est pleine d’émotions, à l’image de tous les Harry Potter. En tant que fan, j’ai vraiment adoré me replonger dans le monde magique de J.K.Rowling. Et je n’ai plus qu’une envie : aller à Londres voir la pièce au Palace Theatre !

Une dernière chose : si cette pièce de théâtre pouvait donner envie aux lecteurs de lire d’autres pièces de théâtre, alors ce serait un bel accomplissement.

Un passage parmi d’autres

 Harry, there is never a perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of humankind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison: the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe.

Jack Thorne, J.K. Rowling, Jack Tiffany – Harry Potter and the Cursed Child – July 2016 (Little Brown)

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Les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos

31 dimanche Juil 2016

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Christelle Dabos, Critique de livre, folio, idées de lecture, lecture, Les fiancés de l'hiver, Livre, quoi lire, roman

Christelle Dabos - Les fiancés de l'hiverLes premières phrases

«  On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère.

Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. Il passait ses journées à craqueler, à grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. Il n’aimait pas les courants d’air qui faisaient claquer les portes mal fermées en été. Il n’aimait pas les pluies qui encrassaient sa gouttière en automne. Il n’aimait pas l’humidité qui infiltrait ses murs en hiver. Il n’aimait pas les mauvaises herbes qui revenaient envahir sa cour chaque printemps.

Mais, par-dessus tout, le bâtiment des Archives n’aimait pas les visiteurs qui ne respectaient pas les horaires d’ouverture.

C’est sans doute pourquoi, en ce petit matin de septembre, le bâtiment craquelait, grinçait, fuyait et soufflait encore plus que d’habitude. Il sentait venir quelqu’un alors qu’il était encore beaucoup trop tôt pour consulter les archives. Ce visiteur-là ne se tenait même pas devant la porte d’entrée, sur le perron, en visiteur respectable. Non, il pénétrait dans les lieux comme un voleur, directement par le vestiaire des Archives.

Un nez était en train de pousser au beau milieu d’une armoire à glace.  »

Circonstances de lecture

J’étais attirée depuis longtemps par ce livre. Sa sortie en poche m’a fait sauter le pas.

Impressions

J’aime les livres magiques qui transportent le lecteur dans un univers bien à eux, un univers fantastique qui fasse oublier pour un temps la réalité. Et sur ce point, « Les fiancés de l’hiver » de Christelle Dabos ne m’a pas déçue. L’auteur a réussi à créer son propre monde, un univers a priori enchanteur, mais baigné d’illusions. Elle a aussi réussi à créer des personnages attachants, à commencer par Ophélie, son héroïne introvertie au premier abord mais cachant un caractère bien trempé. Habitant sur Anima, une Arche où les hommes ont un rapport particulier avec les objets, Ophélie possède le don de « lire » les objets et de traverser les miroirs. Mais voilà qu’on la force à se fiancer avec un inconnu, habitant sur une Arche lointaine, au Pôle, un lieu de courtisans hypocrites cherchant tous à se faire apprécier du Seigneur Farouk, un lieu au décor de carton pâte, où tout est illusion. Pourquoi a-t-elle été choisie pour ce mariage ? Pourquoi son fiancé, Thorn (digne héritier du Mr Rochester imaginé par  Charlotte Brontë dans Jane Eyre), est-il si froid et distant ? Ces fiançailles, vous l’aurez compris, vont chambouler complètement la vie d’Ophélie.

J’ai aimé lire « Les fiancés de l’hiver », j’ai aimé le style d’écriture, l’histoire, les personnages et l’univers imaginé par Christelle Dabos. J’attends cependant la sortie poche du tome 2 pour savoir si c’est un coup de cœur ou juste un bon livre (ce qui est déjà pas mal !). Si vous voulez vous évader cet été, mettez donc ce roman fantastique dans votre valise. Évasion garantie.

Un passage parmi d’autres

 – Les Passe-miroir sont rares dans la famille, fille, est-ce que tu sais pourquoi ?

Ophélie souleva les paupières derrière ses lunettes. Elle n’avait jamais abordé la question avec son parrain. Pourtant, tout ce qu’elle savait, elle le tenait de lui.

– Parce que c’est une forme de lecture un peu particulière ? suggéra-t-elle.

Le grand-oncle ébroua ses moustaches et écarquilla ses yeux d’or sous les ailes de ses sourcils.

– Rien à voir ! Lire un objet, ça demande de s’oublier un peu pour laisser la place au passé d’un autre. Passer les miroirs, ça demande de s’affronter soi-même. Il faut des tripes, t’sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir tel qu’on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la face, ceux qui se mentent à eux-mêmes, ceux qui se voient mieux qu’ils sont, il pourront jamais. Alors, crois-moi, ça ne court par les trottoirs !

 

Christelle Dabos – Les fiancés de l’hiver – avril 2016 (folio)

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Le Livre de Perle – Timothée de Fombelle

04 lundi Avr 2016

Posted by Aurélie in Fantasy, Jeunesse, Romans français

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Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, Le Livre de Perle, lecture, littérature jeunesse, Livre, livre jeunesse, quoi lire, roman, Timothée de Fombelle

Les premières phrases

Tiomthée de Fombelle - Le livre de Perle«  Qui pouvait deviner qu’elle avait été une fée ? 

Elle s’était échappée par la fenêtre de la tour en déchirant ses vêtements pour en faire une corde. Est-ce que les fées descendent ainsi les remparts ? Elle ne portait maintenant qu’une longue chemise blanche qu’elle avait volée plus tard, sur un fil à linge tendu sous la lune. Elle courait sur le sable dans la nuit. La veille, elle avait renoncé à tous ses pouvoirs. Elle ressemblait maintenant à toutes les filles. Un peu plus perdue, un peu plus fiévreuse, un peu plus belle que toutes les filles de son âge.

La plage était large et blanche. Au-dessus d’elle le noir des forêts, en-dessous les rouleaux de mer, la mousse éclatante, et partout le bruit de cette mer, la tiédeur de la nuit plus lumineuse que le jour.

Elle courait sur le sable mouillé. Ses pieds ne s’enfonçaient pas mais élargissaient atour d’elle, à chaque bond, un cercle d’eau et de petits crabes. Elle était au bord de l’épuisement. Elle ne savait pas l’heure qu’il était, elle savait juste qu’à minuit tout serait fini.

Il serait mort.  »

Circonstances de lecture

Attirée par le titre.

Impressions

« Le Livre de Perle » est un envoûtement. Classé dans la catégorie Jeunesse, il plaira aussi aux adultes comme moi, qui ont su converser leur âme d’enfant. Timothée de Fombelle a une belle plume qui nous transporte du pays des contes de fées à notre monde réel, celui de la seconde guerre mondiale. Une lecture féérique, belle et cruelle à la fois. Une superbe histoire d’amour. Un conte à lire et relire pour sa poésie et les messages qu’il renferme.

Un passage parmi d’autres

 – Alors il faut que tu partes pour la laisser derrière toi.

– Laisser qui ?

Je venais enfin de remarquer son accent et la forme si particulière de ses phrases. Il a voulu dire un mot qui est resté dans sa gorge.

Il l’articula une seconde fois :

– La tristesse.

J’avais compris le mot avant qu’il le répète.

– C’est quelque chose qui peut remplir la vie. Et tourner dans toi jusqu’à ta mort.

J’écoutais.

– Mais si on peut laisser la tristesse dans l’herbe derrière soi, il faut le faire. On la tient couchée dans l’herbe. On lui explique doucement qu’on veut autre chose, que ce n’est pas contre elle, mais qu’on s’en va.

J’imaginais un petit animal tapi dans la prairie. Et des pas qui s’éloignaient en écrasant les herbes.

– Et vous ? Vous en faites quoi ?

Il s’est approché en souriant. Il baissait les yeux.

– De qui ?

– De la tristesse.

– Moi, je ne suis pas un exemple.

– Moi non plus, répliquai-je.

– Mais toi…

Il interrompit sa phrase et dit :

– Moi, il n’y a que ma tristesse qui pourra me faire rentrer chez moi.

– Chez vous ?

Il a alors prononcé ces paroles que je crois encore entendre vingt-six ans plus tard :

– Il faut que je garde ma tristesse vivante.

Les chiens se sont approchés pour lui faire leur fête des moments sombres.

– Où est-ce, chez vous ?

Timothée de Fombelle – Le Livre de Perle – 2014 (Gallimard Jeunesse)

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A Game of Thrones – George R.R. Martin

13 jeudi Août 2015

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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A Game of Thrones, A song of ice and fire, Critique de livre, George R.R. Martin, Harper Voyager, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman

George R.R. Martin - A Game of ThronesLes premières phrases

«  We should start back, » Gared urged as the woods began to grow dark around them. « The wildlings are dead. »

« Do the dead frighten you? » Ser Waymar Royce asked with just the hint of a smile.

Gared did not rise to the bait. He was an old man, past fifty, and he had seen the lordlings come and go. « Dead is dead, » he said. « We have no business with the dead. »

« Are they dead? » Royce asked softly. « What proof have we? »

« Will saw them, » Gared said. « If he says they are dead, that’s proof enough for me. »

Will had known they would drag him into the quarrel sooner or later. He wished it had been later rather than sooner. « My mother told me that dead men sing no songs, » he put in.

« My wet nurse said the same thing, Will, » Royce replied. « Never believe anything that you hear at a woman’s tit. There are things to be learned even from the dead. » His voice echoed, too loud in the twilit forest.

« We have a long ride before us, » Gared pointed out. « Eight days, maybe nine. And night is falling. »

Ser Waymar Royce glanced a the sky with disinterest. « It does that every day about this time. Are you unmanned by the dark, Gared? »

Will could see the tightness around Gared’s mouth, the barely suppressed anger in his eyes under the thick black hood of his cloak. Gared had spent forty years in the Night’s Watch, man and boy, and he was not accustomed to being made light of. Yet it was more than that. Under the wounded pride, Will could sense something else in the older man. You could taste it; a nervous tension that came perilously close to fear. »

Circonstances de lecture

Après avoir vu les 5 saisons de la série TV, je ne pouvais que me plonger dans les romans de George R.R. Martin !

Impressions

J’avais eu du mal à rentrer dans la série TV. J’ai adoré d’emblée le premier tome de la saga de George R.R. Martin. Parce que chaque chapitre donne le point de vue d’un des (très) nombreux personnages de l’histoire, on comprend mieux les actions et choix de chacun. Et on se prend davantage d’affection pour certains d’entre eux. Certes, rien que le 1er tome est énorme (près de 800 pages en version originale), mais croyez-moi, cela vaut le coup !

Si vous êtes fan de la série, jetez-vous sur les livres ! Le lien entre les différents protagonistes de Game of Thrones s’éclaire, l’histoire des différentes familles également. Si vous n’avez pas vu la série TV mais que vous êtes fan de fantasy et de jeux de pouvoir, cette saga saura également vous combler.

Un passage parmi d’autres

 Fourteen, and you’re taller than I will ever be. My legs are short and twisted, and I walk with difficulty. I require a special saddle to keep me from falling off my horse. A saddle of my own design, you may be interested to know. It was either that or ride a pony. My arms are strong enough, but again, too short. I will never make a swordsman. Had I been born a peasant, they might have left me out to die, or sold me to some slaver’s grotesquerie. Alas, I was born a Lannister of Castlery Rock, and the grotesqueries are all the poorer. Things are expected of me. My father was the Hand of the King for twenty years. My brother later killed that very same king, as it turns out, but life is full of these little ironies. My sister married the new king and my repulsive nephew will be king after him. I must do my part for the honor of my House, wouldn’t you agree? Yet how? Well, my legs may be too small for my body, but my head is too large, although I prefer to think it is just large enough for my mind. I have a realistic grasp of my own strengths and weaknesses. My mind is my weapon. My brother has his sword, King Robert has his warhammer, and I have my mind… and a mind needs books as a sword needs a whetstone, if it is to keep its edge. » Tyrion tapped the leather cover of the book. « That’s why I read so much, Jon Snow. »

George R.R. Martin – A Game of Thrones – 1996 (Harper Voyager)

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La vie des elfes – Muriel Barbery

01 mercredi Avr 2015

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Critique de livre, Fantasy, Gallimard, La vie des elfes, Muriel Barbery, roman

Muriel Barbery - La vie des elfesLes premières phrases

«  La petite passait l’essentiel de ses heures de loisir dans les branches. Quand on ne savait pas où la trouver, on allait aux arbres, d’abord au grand hêtre qui dominait l’appentis nord et où elle aimait à rêver en observant le mouvement dans la ferme, ensuite au vieux tilleul du jardin de curé après le petit muret de pierres fraîches, et enfin, et c’était le plus souvent en hiver, aux chênes de la combe ouest du champ attenant, un ressac du terrain planté de trois spécimens comme on n’en avait pas de plus beaux au pays. La petite nichait dans les arbres tout le temps qu’elle pouvait dérober à une vie de village faite d’étude, de repas et de messes, et il arrivait qu’elle y invitât certains camarades qui s’émerveillaient des esplanades légères qu’elle y avait aménagées et passaient là de fiers jours à causer et à rire. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « L’élégance du hérisson », son précédent roman. Et parce que j’aime les histoires d’elfes et de fées.

Impressions

Que les lecteurs qui s’attendent à retrouver la même ambiance et la même plume que « L’élégance du hérisson » se détrompent tout de suite : avec « La vie des elfes« , Muriel Barbery s’essaie à un tout autre style. Ici, son écriture est à la fois poétique et lyrique. C’est beau mais exigeant. Cela se prête en tout cas parfaitement à son histoire, à la frontière du monde réel et fantastique. Que ceux qui n’adhèrent pas à la Fantasy passent également leur chemin. Car, comme le nom du roman l’indique d’emblée, « La vie des elfes » raconte l’histoire de deux petites filles – Clara et Maria – dotées de dons exceptionnelles, et capables de relier le monde des humains au monde mystérieux des elfes. Muriel Barbery parle ici de l’éternel combat du bien contre le mal, mais aussi de magie et de créatures fantastiques. Elle rend également un bel hommage à ces paysans, amoureux de la terre et durs au labeur, pour qui les mots sont souvent moins importants que les regards et les gestes d’affection.

Au final, si « La vie des elfes » surprend par son style, il donne une jolie dimension à la Fantasy. Une lecture déroutante, peut-être, exigeante, sans doute… Mais si vous vous laissez porter par l’écriture poétique et lyrique, si vous aimez les histoires fantastiques, vous aimerez ce roman. Certes, il faut s’accrocher par moment (l’écriture est vraiment particulière, propre peut-être aux elfes) mais l’histoire est belle. Je lirai donc la suite.

Un passage parmi d’autres

 Mais que voit-on au-dedans de la vie ? On voit des arbres, du bois, de la neige, un pont peut-être, et des paysages qui passent sans que l’œil ne puisse les retenir. On voit le labeur et la brise, les saisons et les peines, et chacun voit un tableau qui n’appartient qu’à son cœur, une courroie de cuir dans une boîte en fer-blanc, un coin de champ où il y a des aubépines par légions, le visage ridé d’une femme aimée et le sourire de la petite qui conte une histoire de rainettes. Puis on ne voit plus rien. Les hommes se souviendront que le monde a brusquement retombé sur ses pieds dans une déflagration qui les a laissés tout ballants – après quoi ils ont vu que la clairière était lavée de brumes, qu’il y neigeait à se noyer et que la petite se tenait seule au centre du cercle où il n’y avait d’autres traces que les siennes. Alors tout le monde est redescendu jusqu’à la ferme où on a installé l’enfant devant un bol de lait brûlant et où les hommes ont débarrassé leurs fusils à la hâte parce qu’il y avait là une fricassée de bolets avec un pâté de museau et dix bouteilles de vin de garde.

Voilà l’histoire de la petite fille qui tenait bien serrée une patte de sanglier géante. Au vrai, personne ne saurait tout à fait en expliquer le sens.

Muriel Barbery –  La vie des elfes – 2015 (Gallimard)

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Morwenna – Jo Walton

21 samedi Mar 2015

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Denoël, Jo Walton, Morwenna, roman

Jo Walton - MorwennaLes premières phrases

«  L’usine Phurnacite d’Abercwmboi avait tué tous les arbres à des kilomètres à la ronde. Nous avions mesuré avec le compteur de la voiture. On l’aurait dit sortie des profondeurs de l’enfer, sombre et menaçante, avec ses cheminées cracheuses de flammes se reflétant dans une mare noire qui tuait tout animal qui se risquait à y boire. La puanteur était indescriptible. Nous remontions les vitres de la voiture au maximum quand nous devions passer par là et essayions de ne pas respirer, mais Grampar disait que personne ne pouvait retenir sa respiration si longtemps, et il avait raison. Dans cette odeur se mêlaient le souffre, produit de l’enfer, comme chacun sait, et bien pire, des métaux innommables surchauffés et de l’œuf pourri.

Ma sœur et moi appelions cet endroit Mordor, et nous n’y étions encore jamais allées seules. Nous avions dix ans et étions donc de grandes filles, mais, dès que nous avons commencé à la regarder, à notre descente du bus, nous nous sommes donné la main.

C’était le soir et, plus nous approchions, plus elle se dressait noire et terrifiante. Six de ses cheminées étaient éclairées ; quatre crachaient une fumée délétère.

« Certainement une ruse de l’Ennemi », ai-je murmuré.

Mor n’avait pas envie de jouer. « Tu crois vraiment que ça va marcher?

– Les fées en sont sûres, ai-je répondu de mon ton le plus rassurant.

– Je sais, mais par moments je me demande ce qu’elles comprennent au monde réel.

– Leur monde est réel, ai-je objecté. Il est juste différent, c’est une question de point de vue.

– Oui. » Elle ne pouvait détacher les yeux de l’usine, de plus en plus grosse et effrayante à mesure que nous approchions. « Mais je me demande d’où elles voient notre monde. Et c’est incontestablement le nôtre. Les arbres sont morts. Il n’y a pas de fée à des kilomètres à la ronde.

– C’est pour ça que nous sommes là », ai-je dit. »

Circonstances de lecture

Intriguée par la couverture, pleine de fraîcheur et de féérie.

Impressions

Vous aimez les livres et les contes de fées, vous avez passé votre enfance et votre adolescence à dévorer les romans de SF et de Fantasy ? Alors, ce livre est fait pour vous. On se prend d’emblée d’affection pour la petite Morwenna, 15 ans. Sa sœur jumelle est morte dans un mystérieux accident. Morwenna en est ressortie avec une jambe qui la fait souffrir en permanence. Heureusement, les livres de SF et de Fantasy sont là pour la sauver. Elle les dévore comme d’autres engloutissent des anti-dépresseurs. Avec Tolkien sur le haut du podium. « J’avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j’en ai », nous glisse Morwenna.

Jo Walton nous transporte dans le quotidien de cette jeune ado résolument pas comme les autres. Parce qu’elle préfère la compagnie des livres à celle des filles de son âge, parce que sa mère est, selon elle, une sorcière, parce qu’elle se dit capable de voir les fées et la magie du monde qui l’entoure, parce qu’elle passe tout son temps libre dans les librairies et les bibliothèques, Morwenna détonne et émeut le lecteur. J’ai adoré. Un livre inclassable sur la puissance de la littérature et de l’imaginaire.

Un passage parmi d’autres

 Il y a un banc près de l’étang, avec de l’herbe qui pousse autour, et des saules qui se penchent sur l’eau. Les feuilles de leurs branches tombantes jaunissent. Je me dis toujours que saules pleureurs est un nom qui leur va bien, mais « saules rieurs » l’est aussi. Les saules aiment l’eau et les aulnes la détestent. Il y a une route au-dessus du marais de Croggin appelée Heol y Gwern, la voie des Aulnes, parce que les gens en ont planté le long de la route pour marquer le chemin le plus sûr. On pense que c’était au néolithique. En tout cas, c’était avant les Romains. Ç’a été un choc de lire l’histoire de la vallée. Quand je rentrerai, je ne sais pas si je pourrai la regarder de la même façon.

Assise sur le banc près des saules, j’ai mangé mon gâteau au miel en lisant Triton. Il y a des choses affreuses dans le monde, c’est vrai, mais il y a aussi des livres magnifiques. Quand je serai grande, je voudrais écrire quelque chose que quelqu’un pourra lire assis sur un banc par une journée pas trop chaude et qui lui fera complètement oublier le lieu et l’heure. J’aimerais écrire comme Delany, Heinlein ou Le Guin.

Jo Walton – Morwenna – 2014 (Denoël)

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La Guilde des Magiciens – Trudi Canavan

09 lundi Juin 2014

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Critique de livre, La Guilde des Magiciens, roman, Trilogie du Magicien Noir, Trudi Canavan

Trudi Canavan - La Guilde des MagiciensLes premières phrases

«  A Imardin, on dit que le vent a une âme et qu’il gémit le long des rues étroites, désolé par ce qu’il y voit. Le jour de la Purge, il grondait au creux des voiles affalées du port, s’engouffrait sous les portes Ouest et hurlait contre les flancs des maisons. Là, comme attristé par les âmes en peine qu’il y rencontrait, il se faisait aussi doux qu’un murmure.

C’était en tout cas ce que s’imaginait Sonea. Alors qu’une autre rafale de vent froid la fouettait, elle serra encore plus son manteau râpé contre ses flancs. Baissant les yeux, elle grimaça en voyant la boue qui éclaboussait ses chaussures à chaque pas. Les chiffons dont elle avait rempli ses bottes trop grandes étaient déjà saturés d’eau, et ses orteils la brûlaient.

Un mouvement vif, sur sa droite, attira son attention, et elle fit un pas de côté pour éviter un homme qui titubait. Sortant d’une allée, il tomba à genoux dans la boue juste devant elle. Sonea s’arrêta et lui tendit la main, mais le vieil homme ne parut pas la voir. Il se releva et rejoignit le flot de silhouettes voûtées qui descendaient la rue.

En secouant la tête à l’abri de sa capuche, Sonea regarda autour d’elle. Un soldat montait nonchalamment la garde à l’entrée de la ruelle. Sa bouche s’ourlait d’un sourire dédaigneux, et son regard sautait de passant en passant. Elle posa les yeux sur lui, mais lorsqu’il tourna la tête dans sa direction, elle regarda vivement ailleurs.

Maudits soient les gardes, pensa-t-elle. Puissent-ils trouver des farens venimeux cachés dans leurs bottes.

Quelques noms de gardes gentils et serviables lui vinrent à l’esprit, mais elle n’était pas d’humeur à faire des exceptions.

Emboîtant le pas aux silhouettes qui avançaient en traînant les pieds, Sonea se fendit dans la foule et déboucha bientôt sur une artère plus large. Des maisons à deux ou trois étages se dressaient de chaque côté ; des visages étaient collés à leurs fenêtres les plus hautes. Sonea vit un homme aux riches vêtements qui tenait un enfant à bout de bras pour qu’il puisse mieux regarder la foule. L’homme pinçait les narines de dégoût, et, quand il tendit le doigt vers le bas, le petit garçon grimaça comme s’il avait goûté quelque chose de répugnant.

Sonea les défia du regard. »

Circonstances de lecture

Trois tomes lus sur les conseils de ma libraire, en trois semaines.

Impressions

L’histoire peut paraître assez classique : une jeune fille, Sonea, se découvre soudain des pouvoirs magiques inattendus et doit apprendre à les maîtriser. Originaire des Taudis, elle obtient ainsi son ticket d’entrée à la Guilde, d’ordinaire réservée aux enfants des nobles de la ville. Rien de très original, donc. Mais, petit à petit, on se laisse happer par l’histoire, très rythmée, et ses personnages, très attachants. Et, sans même s’en rendre compte, on ferme les pages du premier, puis du deuxième et enfin du troisième et dernier tome (le meilleur)… en l’espace de trois semaines ! Preuve que, malgré une trame plutôt classique et une écriture qui ne m’a pas emballée d’emblée, la Trilogie du Magicien Noir m’a bel et bien transportée dans l’univers de Trudi Canavan.

Un passage parmi d’autres

 Le soleil s’était levé sur les tours du palais et inondait les jardins de la Guilde d’une lumière dorée.

Sonea déambulait le long du chemin et ne disait pas un mot. Elle boudait. Rothen savait que la jeune fille n’était pas dupe : s’ils se promenaient aussi souvent, c’était parce que la Guilde était magnifique. Le mage avait compris que Sonea se surveillait et s’empêchait de trouver l’ombre d’une raison de rester.

Rothen sourit. Sonea critiquait tout ce qu’on lui montrait, mais le mage avait décidé de lui faire visiter tout le domaine. Si elle voulait rejeter la Guilde, au moins, qu’elle sache ce qu’elle allait rater !

A force de l’entendre jurer ses grands dieux qu’elle voulait partir, Rothen avait remis en question sa propre vie. Comme il était d’usage chez les enfants des Maisons, on avait testé ses capacités magiques dès qu’il avait eu dix ans. Il se rappelait encore l’excitation de ses parents, lorsqu’on leur avait annoncé le résultat. Son père et sa mère lui avait dit et répété à quel point il était chanceux et hors du commun. Depuis ce jour-là, Rothen travaillait pour se faire une place à la Guilde.

Sonea n’avait pas été élevée dans l’optique de devenir mage. Son éducation lui avait appris à craindre les magiciens, à les haïr, à les critiquer et les accuser de tous les maux du monde. Dans un tel climat, Rothen devinait sans mal pourquoi s’installer à la Guilde ressemblait à une trahison pour elle.

Mais s’il parvenait à lui faire comprendre qu’elle pourrait utiliser ses pouvoirs pour le bien des habitants des Taudis, elle accepterait peut-être de rester.

Trudi Canavan – La Guilde des Magiciens (La Trilogie du Magicien Noir) – 2007 (Bragelonne)

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