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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: lecture

Nous les menteurs – E. Lockhart

30 mercredi Août 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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Critique de livre, E. Lockhart, Gallimard Jeunesse, idées de lecture, lecture, Livre, Nous les menteurs, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.

Chez nous, il n’y a pas de criminels.

Pas de drogués.

Pas de ratés.

Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nos sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.

Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrin ; si les relevés de cartes de crédit impayés traînent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.

Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux. Amoureux au point que des mesures tout aussi désespérées s’imposent.

Nous sommes les Sinclair.

Chez nous, personne n’est dépendant.

Personne n’a tort.

Nous vivons, du moins l’été, sur une île privée au large du Massachusetts.

C’est peut-être tout ce que vous avez besoin de savoir.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’il m’a été chaudement recommandé.

Impressions

J’ai dévoré ce roman d’E. Lockhart ! Une fois terminé, vous n’aurez qu’une envie: le relire de nouveau tant la fin est pleine de surprises !

Une adolescente, Cadence, revient passer l’été sur l’île familiale où un drame qu’elle a oublié l’a plongée dans une profonde dépression. Les migraines sont devenues son quotidien… De retour sur les lieux de l’accident, elle tente petit à petit de rassembler les morceaux, aidée par ses cousins et le garçon dont elle est amoureuse. Une histoire obsédante, poignante, et surtout une fin des plus inattendues. Un roman magnifique.

Un passage parmi d’autres

 Je me souviens maintenant de Johnny, Mirren, Gat et moi, à l’été quinze, nous entassant tous les quatre à l’intérieur du pneu-balançoire de Clairmont. On avait du mal à tenir tous ensemble. On se donnait des coups de coude, on changeait de place. On pouffait de rire, on grommelait. On s’accusait les uns les autres d’avoir de trop grosses fesses. De sentir mauvais. Et on changeait à nouveau de configuration.

On a fini par y arriver. Mais on ne pouvait plus bouger. On s’était tellement enfoncés dans le pneu qu’il n’y avait plus moyen de le faire tourner. On a crié comme des fous pour que quelqu’un vienne nous pousser. Les jumelles, qui passaient par là, ont refusé de nous aider. Enfin, Taft et Will sont sortis de Clairmont et ont volé à notre secours. Grognant sous l’effort, ils nous ont propulsés en un bel arc de cercle. Notre poids était tel que, une fois qu’ils nous ont lâchés, on s’est mis à tourner de plus en plus vite, et on riait tellement fort qu’on en avait mal au ventre et mal au cœur.

Nous les Menteurs, tous les quatre. Je m’en souviens à présent.

 

E. Lockhart – Nous les menteurs – mai 2015 (Gallimard Jeunesse)

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Hold still – Nina LaCour

16 mercredi Août 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, hold still, idées de lecture, lecture, Livre, Nina LaCour, Penguin, quoi lire, roman, Speak

Les premières phrases

 » I watch drops of water fall from the ends of my hair. They streak down my towel, puddle on the sofa cushion. My heart pounds so hard I can feel it in my ears.

“Sweetheart. Listen.”

Mom says Ingrid’s name and I start to hum, not the melody to a song, just one drawn-out note. I know it makes me seem crazy, I know it won’t make anything change, but it’s better than crying, it’s better than screaming, it’s better than listening to what they’re telling me.

Something is smashing my chest—an anchor, gravity. Soon I’ll cave in on myself. I stumble upstairs and yank on the jeans and tank top I wore yesterday. Then I’m out the door, up the street, around the corner to the bus stop. Dad calls my name but I don’t shout back. Instead, I step onto the bus just as its doors are shutting. I find a seat in the back and ride away, through Los Cerros and through the next town, until I’m on an unfamiliar street, and that’s where I get off. I sit on the bench at the bus stop, try to slow my breathing. The light here is different, bluer. A smiling mom with a baby in a stroller glides past me. A tree branch moves in the breeze. I try to be as light as air.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « We are Okay » du même auteur.

Impressions

Nina LaCour sait décrire les émotions avec une grande justesse. Comme dans « We are Okay », on se met très vite à la place de son héroïne et on a bien du mal à lâcher ce roman. Ici, Caitlin essaie de reprendre le chemin du lycée après le suicide de sa meilleure amie, Ingrid. Reprendre goût à la vie après une telle perte relève du parcours du combattant. Et lorsque Caitlin découvre le journal d’Ingrid, caché sous son lit, elle commence petit à petit à entrevoir la face cachée de sa meilleure amie. Une très belle histoire d’amitié et de survie.

Un passage parmi d’autres

I get down on the carpet to look under my bed. I stick my arm under and feel around, find a couple mismatched socks, and something I don’t recognize—hard and flat and dusty. I pull it out, thinking maybe it’s a yearbook from elementary school, and then I see it and my heart stops.

Ingrid’s journal.

For some reason, I feel afraid. It’s like I’m split down the middle and one half of me wants to open it more than I’ve ever wanted to do anything. The other half is so scared. I can’t stop shaking.

Did it get kicked under the bed one night by accident?

Did she hide it?

I stare at it in my hands forever, just feeling its weight, looking at the place where one Wite-Out wing is starting to flake off. Then, once my hands are steadied, I open to the first page. It’s a drawing of her face—yellow hair; blue eyes; small, crooked smile. She’s looking straight ahead. Birds fly across the background. She drew them blurry, to show movement, and across the top she wrote, Me on a Sunday Morning.

I turn the page.

As I read, I can hear Ingrid’s voice, hushed and fast, like she’s telling me secrets.

 

Nina LaCour – Hold still – 2010 (Speak)

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Au fond de l’eau – Paula Hawkins

24 lundi Juil 2017

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers

≈ 2 Commentaires

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Au fond de l'eau, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Paula Hawkins, quoi lire, roman, Sonatine

Les premières phrases

«  Encore ! Encore !

Les hommes l’attachent à nouveau – différemment, cette fois : le pouce gauche au gros orteil droit, le pouce droit au gros orteil gauche. La corde à sa taille. Cette fois, ils l’emmènent dans l’eau.

« S’il vous plaît », supplie-t-elle.

Elle n’est pas sûre de pouvoir affronter cela à nouveau, le noir et le froid. Elle veut retourner dans un foyer qui n’existe plus, à une époque où sa tante et elle s’asseyaient devant l’âtre pour se raconter des histoires. Elle veut retrouver son lit dans leur cottage, elle veut redevenir petite fille, respirer l’odeur du feu de bois, des roses et de la peau tiède de sa tante.

« S’il vous plaît. »

Elle coule. Quand ils la remontent sur la berge, la seconde fois, ses lèvres ont la couleur d’un hématome, et son souffle l’a quittée à jamais. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « La fille du train ».

Impressions

Après le succès de son premier roman « La fille du train » que j’avais beaucoup aimé, Paula Hawkins revient avec un second thriller, « Au fond de l’eau ». L’histoire : Julia revient dans sa ville natale lorsque sa sœur est retrouvée morte, noyée dans la rivière… Une rivière qui attire depuis des siècles meurtres et suicides. Elle doit alors faire face à la colère et à la douleur de sa nièce mais aussi à son passé… et découvrir ce qui est arrivé à sa sœur… J’ai particulièrement aimé l’ambiance de ce thriller, où l’eau est omniprésente, malsaine et belle à la fois. Un bon roman à lire cet été, même si la fin est assez prévisible…

Un passage parmi d’autres

 A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade.

Pourtant, croyez-le ou non, ce n’est pas là que tout a commencé.

Il est des personnes qui sont attirées par l’eau, des personnes qui entretiennent avec elle un rapport presque primal. Je crois en faire partie. C’est près de l’eau que je me sens le plus vivante, et près de cette rivière en particulier. C’est ici que j’ai appris à nager, et que j’ai appris à découvrir ma place dans la nature de la manière la plus douce et la plus agréable qui soit.

Depuis que j’ai emménagé à Beckford en 2008, je nage dans la rivière presque chaque jour, été comme hiver, parfois avec ma fille et parfois seule, et je suis peu à peu devenue fascinée par l’idée que cet endroit qui me procure tant de joie puisse être pour d’autres un lieu d’effroi, de terreur, même.

A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade, mais j’étais déjà obsédée par le bassin de Beckford depuis bien longtemps. Mes parents étaient des conteurs, ma mère en particulier : c’est de sa bouche que j’ai entendu pour la première fois l’histoire tragique de Libby, celle de la tuerie au cottage des Ward, et celle du petit garçon qui a vu sa mère sauter dans le vide.

Paula Hawkins – Au fond de l’eau – juin 2017 (Sonatine)

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4 3 2 1 – Paul Auster

26 mercredi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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4 3 2 1, Critique de livre, faber & faber, faber and faber, idées de lecture, lecture, Livre, Paul Auster, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  According to family legend, Ferguson’s grandfather departed on foot from his native city of Minsk with one hundred rubles into the lining of his jacket, traveled west to Hamburg through Warsaw and Berlin, and then booked passage on a ship called the Empress of China, which crossed the Atlantic in rough winter storms and sailed into New York Harbor on the first day of the twentieth century. While waiting to be interviewed by an immigration official at Ellis Island, he struck up a conversation with a fellow Russian Jew. The man said to him: Forget the name Reznikoff. It won’t do you any good here. You need an American name for your new life in America, something with a good American ring to it. Since English was still an alien tongue to Isaac Reznikoff in 1900, he asked his older, more experienced compatriot for a suggestion. Tell them you’re Rockefeller, the man said. You can’t go wrong with that. An hour passed, then another hour, and by the time the nineteen-year-old Reznikoff sat down to be questionned by the immigration official, he had forgotten the name the man had told him to give. Your name? the official asked. Slapping his head in frustration, the weary immigrant blurted out in Yiddish, Ikh hob fargessen (I’ve forgotten)! And so it was that Isaac Reznikoff began his new life in America as Ichabod Ferguson.

He had a hard time of it, especially in the beginning, but even after it was no long the beginning, nothing ever went as he had imagined it would be in his adopted country.  »

Circonstances de lecture

Parce que Paul Auster fait partie de mes auteurs préférés.

Impressions

Le dernier Paul Auster est un pavé de quelque 866 pages… Autant dire qu’il faut avoir une motivation sans faille et une foi inconditionnelle en l’auteur pour se plonger dans « 4 3 2 1 ». Paul Auster y retranscrit l’histoire d’un Américain, petit-fils d’immigrants, de sa naissance en 1947 à son entrée dans la vie adulte dans les années 70, tout en faisant un parallèle avec l’Histoire Américaine de cette partie chargée du 20ème siècle, en particulier la guerre froide, les problèmes de ségrégation raciale et la guerre au Vietnam. Reste que Paul Auster complique encore la chose en nous proposant 4 versions différentes de notre héros, Archie Ferguson (d’où le titre du livre…), selon le chemin qu’il choisit, les rencontres qu’il fait, ou tout simplement le destin plus ou moins tragique de ses proches. Chaque chapitre se divise ainsi en 4, et l’on suit ainsi 4 vies possibles d’Archie. C’est donc une lecture exigeante, mais heureusement passionnante, que nous propose Paul Auster. Venir à bout de ces plus de 800 pages m’aura pris du temps mais je ne le regrette pas (bien qu’il y ait quelques longueurs). La plume de l’auteur y est évidemment pour quelque chose ! Tout comme la retranscription de cette partie de l’histoire américaine.

Un passage parmi d’autres

 The word psyche means two things in Greek, his aunt said. Two very different but interesting things. Butterfly and soul. But when you stop and think about it carefully, butterfly and soul aren’t so different, after all, are they? A butterfly starts out as a caterpillar, an ugly sort of earthbound, wormy thing, and then one day the caterpillar builds a cocoon, and after a certain amount of time the cocoon  opens and out comes the butterfly, the most beautiful creature in the world. That’s what happens to souls as well, Archie. They struggle in the depths of darkness and ignorance, they suffer through trials and misfortunes, and bit by bit they become purified by those sufferings, strengthened by the hard things that happen to them, and one day, if the soul in question is a worthy soul, it will break out of its cocoon and soar through the air like a magnificent butterfly.

Paul Auster – 4 3 2 1 – 2017 (faber & faber)

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Slade House – David Mitchell

25 mardi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, David Mitchell, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sceptre, Slade House

david-mitchell-slade-houseLes premières phrases

«  Whatever Mum’s saying’s drowned out by the grimy roar of the bus pulling away, revealing a pub called The Fox and Hounds. The sign shows three beagles cornering a fox. They’re about to pounce and rip it apart. A street sign underneath says WESTWOOD ROAD. Lords and ladies are supposed to be rich, so I was expecting swimming pools and Lamborghinis, but Westwood Road looks pretty normal to me. Normal brick houses, detached or semi-detached, with little front gardens and normal cars. The damp sky’s the colour of old hankies. Seven magpies fly by. Seven’s good. Mum’s face is inches away from mine, though I’m not sure if that’s an anrgy face or a worried one. « Nathan? Are you even listening? » Mum’s wearing make-up today. That shade of lipstick’s called Morning Lilac but it smells more like Pritt Stick than lilacs. Mum’s face hasn’t gone away, so I say, « What? »

« It’s « Pardon », or « Excuse me ». Not « What? » »

« Okay, » I say, which often does the trick.

Not today. « Did you hear what I told you? »

« It’s « Pardon » or « Excuse me ». Not « What? » »

« Before that! I said, if anyone at Lady Grayer’s asks how we came here, you’re to tell them we arrived by taxi. »

« I thought lying was wrong ».

« There’s lying, » says Mum, fishing out the enveloppe she wrote the directions on from her handbag, « which is wrong, and there’s creating the right impression, which is necessary. If your father paid what he’s supposed to pay, we really would have arrived by taxi. Now… » Mum squints at her writing. « Slade Alley leads off Westwood Road, about halfway down… » She checks her watch. « Right, it’s ten to three, and we’re due at three. Chop chop. Don’t dawdle. » Off Mum walks.  »

Circonstances de lecture

Encore une fois attirée par la couverture…

Impressions

« Slade House » est un conte horrifique aux allures de conte de fées, digne d’un roman de Stephen King. Après le génial « Cloud Atlas », David Mitchell part donc sur un tout autre style d’histoire. Tous les neuf ans, une maison (Slade House) attire à elle une personne (un enfant, un policier…). Chaque chapitre du livre nous parle ainsi de ce qui est arrivé à cette personne et nous fait voyager de 1979 à 2015. A chaque visite, on en apprend un peu plus sur la maison et ce qui pousse les « invités » à y pénétrer. J’ai dévoré ce livre ! Je le recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 I’ve stopped, because the far end of the garden, the wall with the small black door – it’s gone all faint and dim. Not because of evening. It can’t even be four o’clock yet. Not because it’s misty, either. I look up – the sky’s still bluish, like it was before. It’s the garden itself. The garden’s fading away.

I turn around to tell Jonah to stop the game, something’s wrong, we need a grown-up. Any second now he’ll come hurtling round the far corner. The brambles sway like underwater tentacles. I glance back at the garden. There was a sundial but it’s gone now, and the damson trees too. Am I going blind? I want Dad to tell me it’s fine, I’m not going blind, but Dad’s in Rhodesia, so I want Mum. Where’s Jonah? What if this dissolving’s got him too? Now the lattice tunnel thing’s erased. What do you do when you’re visiting someone’s house and their garden starts vanishing?

David Mitchell – Slade House – 2015 (Sceptre)

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Mind of Winter – Laura Kasischke

02 jeudi Mar 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harper Perennial, idées de lecture, Laura Kasischke, lecture, Livre, Mind of Winter, quoi lire, roman

Laura Kasischke - Mind of WinterLes premières phrases

«  She woke up late that morning, and knew:

Something had followed them home from Russia.

This scrappy bit of information had been offered up to Holly in a dream, she supposed, a glimpse into a truth she’d carried with her for – how long?

Thirteen years?

Thirteen years!

For thirteen years she’d known this, and not known – or so it seemed to her in her half-awake state on Christmas morning. She rose from bed and went down the hallway to her daughter’s bedroom, anxious to see that she was there, still asleep, perfectly safe.

Yes, there she was, Tatiana, one pale arm thrown over a pale coverlet. Dark hair spilled over a pillow. She was so still she could have been a painting. So peaceful she could have been –

But she wasn’t. She was fine. Holly felt reassured and went back to the bedroom, slipped into bed beside her husband again – but as soon as she did, she thought it once more :

It had followed them home!.  »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un huis clos comme je les aime ! Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part en catastrophe chercher ses parents à l’aéroport. Holly doit donc se dépêcher pour préparer le repas avant l’arrivée des convives. Rien de très grave, sauf que sa fille fait la tête. Et que la tension qui existe entre elles dès les premières pages ne fait que s’amplifier. D’autant qu’une tempête de neige fait rage, et qu’elles se retrouvent toutes les deux en tête à tête…

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre de Laura Kasischke. Un huis clos bien flippant, qui traite des relations mères/filles et de l’adoption. Avec un final des plus inattendus !

Un passage parmi d’autres

 About Tatiana, Theodota had said, « No. Don’t name her Russian. Name her American. Or she’ll be back. »

The nurses had called her Sally. They had explained to Eric and Holly, « We give her American name so that in her life and in her death she will not be restless in America, try to return to Russia. »

« But we want her to be proud of her Russian origins, » Holly had tried, in turn, to explain, not sure if any of her English was being understood. « We want to call her Tatiana because it is a beautiful Russian name for a beautiful little Russian girl. »

The nurse had scowled and shaken her head vehemently. « Nyet, nyet, no, » she said. « Sally. Or »- here she softened, as though sensing that they might be able to compromise – « you name her Bonnie. Bonnie and Clyde, no? »

Holly had been smiling, but she was having a hard time keeping the spirit light. She said, « No. Tatiana. »

« No, » the nurse had said right back to her.

« Oh my God, » Holly had said, later, to Eric. « What is wrong with these people? »

Even Eric, at that point, had regained his sense of humor enough to shake his head in disbelief at the superstitions of these people in Siberia.

Laura Kasischke – Mind of Winter – 2015 (Harper Perennial)

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Trois saisons d’orage – Cécile Coulon

26 jeudi Jan 2017

Posted by Aurélie in Romans français

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Cécile Coulon, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy

Trois saisons d'orage - Cécile CoulonLes premières phrases

«  La maison, ou ce qu’il en reste, surplombe la vallée ; ses fenêtres, quatre grands yeux vides, veillent, à l’est du massif des Trois-Gueules.

Les Fontaines, ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au cœur d’une mer végétale et calcaire. La forêt crache les hommes comme des pépins, les bois bruissent, des traînées de brume couronnent leurs faîtes au lever du soleil, la lumière les habille. A l’automne, des vents furieux secouent les arbres. Les racines émergent alors du sol, les cimes retournent à la poussière, le sable, les branches et la boue séchée  s’enlacent en tourbillons au-dessus des toits. Les fourmis s’abritent dans le ventre des collines, les renards trouent le sol, les cerfs s’enfuient ; les corbeaux, eux, résistent toujours à la violence des éléments.

Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s’y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d’orgueil, qu’elle était là avant eux, qu’elle ne leur appartient pas, mais qu’ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n’a qu’à frémir pour qu’ils disparaissent.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est le dernier Cécile Coulon, et que j’avais beaucoup aimé « Le Cœur du Pélican ».

Impressions

Cécile Coulon fait partie de ces écrivains dont j’achète dorénavant les romans les yeux fermés. Parce que j’aime sa plume, son style, la puissance des mots qu’elle couche sur le papier. Ici, Cécile Coulon nous entraîne dans un petit village coincé au milieu des falaises, à la découverte de deux familles : une famille du coin, des paysans, et une famille venue de la ville, une famille de médecins. On va suivre leur destin sur plusieurs générations, un destin rythmé par le travail de la terre, la puissance de la nature, la Force qui régit les lieux, les progrès de la médecine, l’opposition de la ville et de la campagne. Un roman puissant sur ce qui pousse chacun à décider du chemin à suivre, malgré les conventions et les désirs contraires. Une très belle histoire d’amour, aussi.

Un passage parmi d’autres

 Benedict et son père étaient des hommes fabuleux, des gens doux et honnêtes qui protégeaient leur famille, ils ne leur venaient pas à l’idée de sortir d’ici ; descendre dans les Trois-Gueules, passer de l’autre côté, et rouler loin, longtemps. Ils ne voulaient pas voyager. Mais elle, avec ces livres qu’elle recevait, ces histoires, ces découvertes, ces paysages qu’elle décrivait, elle faisait trois fois le tour de la terre, assise sur sa chaise, devant sa grande table de bois, elle bourlinguait à toute vitesse, son esprit affûté formait des souvenirs de lieux où elle n’irait jamais, et parfois, la nuit, quand le sommeil ne venait pas, Agnès était prise d’une nostalgie terrible des lieux qu’elle n’avait pas connus. Quand elle abordait le sujet, Benedict ne lui laissait pas le temps de finir sa phrase :

– Cet endroit, c’est le paradis.

Agnès se repliait un peu plus en elle-même, et, d’une voix moins douce qu’avant, répondait :

– Oui, mais on s’ennuie vite, au paradis.

 

Cécile Coulon – Trois saisons d’orage – janvier 2017 (Viviane Hamy)

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Fantastic Beasts and where to find them – J.K.Rowling

14 mercredi Déc 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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Critique de livre, Fantastic Beasts and where to find them, Harry Potter, idées de lecture, J.K.Rowling, lecture, Little Brown, Livre, original screenplay, quoi lire, roman

Fantastic Beasts and Where to Find ThemLes premières phrases

«  A large, isolated, derelict chateau emerges from the darkness. We focus on a cobbled square outside the building shrouded in mist, eerie, silent.

Five Aurors stand, wands aloft, tentative as they edge towards the chateau. A sudden explosion of pure white light sends them flying.

We whip round to find their bodies scattered, lying motionless at the entrance to a large parkland. A figure (GRINDELWALD) enters the frame, his back to the camera; ignoring the bodies, he stares out into the night sky, as we pan up towards the moon.  »

Circonstances de lecture

Parce que je ne peux pas me lasser de l’univers d’Harry Potter !!!

Impressions

Je n’avais pas prévu d’acheter le scénario du film… Et puis, j’ai poussé la porte de la librairie Shakespeare & Company à Paris… et le livre s’est jeté sur moi… Comment résister à une aussi belle couverture ? L’intérieur est tout aussi beau, avec de petits dessins des créatures entre les chapitres. Quant à l’histoire, elle transporte avec bonheur dans l’univers magique de J.K. Rowling. On suit les aventures de Newt Scamander, dont la valise remplie de créatures fantastiques est malencontreusement ouverte… J’ai beaucoup aimé ! Et le livre va trôner en bonne place dans ma bibliothèque.

Un passage parmi d’autres

 TINA : Who are you ?

NEWT : I’m sorry?

TINA : Who are you?

NEWT : Newt Scamander. And you are?

TINA : What’s that thing in your case?

NEWT : That’s my Niffler. (pointing at hot dog mustard still on Tina’s lip). Er, you’ve got something on your…

TINA : Why in the name of Deliverance Dane did you let that thing loose?

NEWT : I didn’t mean to… he’s incorrigible, you see, anything shiny, he’s all over the place…

TINA : You didn’t mean to?

NEWT : No.

TINA : You could not have chosen a worse time to let that creature loose! We’re in the middle of a situation here! I’m taking you in.

NEWT : You’re taking me where?

She produces her official ID card. It bears her moving picture and an impressive symbol of an American eagle: MACUSA.

TINA : Magical Congress of the United States of America.

J.K. Rowling – Fantastic Beasts and where to find them – 2016 (Little Brown)

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La mort nomade – Ian Manook

17 lundi Oct 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Étiquettes

Albin Michel, Critique de livre, Ian Manook, idées de lecture, La mort nomade, lecture, Livre, quoi lire, roman, Yeruldelgger

ian-manook-la-mort-nomadeLes premières phrases

«  Le petit combi russe bleu tout-terrain crapahutait, en équilibre instable, vers la ligne de crête. En dodelinant dangereusement, sa carcasse peinturlurée écrasait sous ses pneus ramollis des cailloux chauds qui fusaient en cognant sous le châssis. La pente et les soubresauts décidaient de sa trajectoire plus que les efforts du chauffeur, cramponné de ses mains d’ogre au fin volant de bakélite ivoire.

– On va finir par verser et rouler jusque dans la vallée si tu continues comme ça. Et c’est moi qui suis à la place du mort.

Al éclaboussait de Chinggis tiède son T-shirt Yes We Khan à chaque couinement des ressorts à lame de la suspension malmenée.

– Si on verse, tout le monde meurt, philosopha Zorig, son corps de géant voûté pour tenir dans l’habitacle, les genoux dans le volant et la tête contre le pare-brise. Mais ça n’arrivera pas. Ces engins-là c’est comme des tiques. Ça suce la route et ça ne la lâche plus.

– Sauf le jour où tu nous as fait basculer dans le lac Airag, au sud de Khyargas, rappela Naaran, cramponné au skaï de la banquette arrière, la tête cognant contre la tôle de métal brut.   »

Circonstances de lecture

Parce que je suis fan de Yeruldelgger !

Impressions

Après les deux premiers tomes de la saga Yeruldelgger, voilà le chapitre final autour de ce flic peu conventionnel. Un troisième tome qui clôture en toute beauté ce polar de Ian Manook. Yeruldelgger ne fait ici plus partie de la police d’Oulan-Bator. Il vit reclus en pleine steppe, dans une yourte reculée, afin de contenir sa violence intérieure et  renouer avec ses racines. Mais comme on pouvait s’y attendre, sa retraite va être bousculée par l’arrivée de deux femmes à la recherche de son aide. Et il va replonger malgré lui dans un monde d’une rare violence.

On retrouve dans ce dernier volet la même patte qui m’avait tant plu dans les deux premiers tomes (en particulier le premier), ce tiraillement d’un pays entre ses traditions, ses paysages magnifiques, et le progrès, souillant ses terres par la soif du pouvoir et de l’argent. La Mongolie à l’état brut.

Un passage parmi d’autres

 -Tais-toi ! s’emporta Yeruldelgger en effrayant son cheval qu’il dut retenir par la bride. Je ne veux plus entendre parler de combat. Regarde où me battre m’a mené.

– Parce que ne pas te battre t’aurait mené ailleurs ?

– Peut-être bien. Peut-être que j’étais fait pour rester nomade et ne pas me battre. Apprendre à subir, à résister, à endurer, et ne jamais me battre. Tout ton art au contraire m’a poussé dans la colère et la violence, alors ne viens pas pleurer à mes côtés maintenant que ça m’a coûté ce qui me restait de vie.

Puis il garda le silence jusqu’à ce que le spectre de Nerguii disparaisse. Ne resta alors que la tiédeur d’une steppe d’émeraude au pied de la colline. La fraîcheur blanche d’une rivière scintillante emmêlant ses rubans autour de lourdes touffes de roseaux argentés. Un horizon dentelé à l’est de crêtes bleues et crantées, et lissé à l’ouest par la houle irisée d’une prairie échevelée. Quelques chevaux à la crinière blonde, avec le monde entier pour pâture. Et au nord, un ciel qui se chargeait des rouleaux mauves d’un orage électrique.

Ian Manook – La mort nomade – octobre 2016 (Albin Michel)

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Station Eleven – Emily St. John Mandel

20 mardi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Emily St. John Mandel, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Station Eleven

Emily St. John Mandel - Station ElevenLes premières phrases

«  Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes – versions enfantines des filles de Lear – avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie. Le roi titubant essayait de les attraper tandis qu’elles gambadaient çà et là dans les ombres. Il s’appelait Arthur Leander et avait cinquante et un ans. Des fleurs ornaient ses cheveux. 

« Me reconnais-tu ? demanda le comédien qui interprétait Gloucester.

– Je me rappelle assez bien tes yeux », répondit Arthur, distrait par la version enfantine de Cordelia.

Ce fut à ce moment-là que la chose se produisit. Son visage se crispa, il trébucha et tendit le bras vers une colonne, mais, évaluant mal la distance, se cogna durement le tranchant de la main.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime les romans post-apocalyptiques (ne me demandez pas pourquoi !).

Impressions

Voici « LE » roman SF post-apocalyptique de la rentrée littéraire. Quand un virus mortel foudroie une bonne partie de l’humanité, il ne reste plus que quelques groupes de survivants. Parmi eux, une troupe de théâtre ambulante brave tous les dangers pour jouer du Shakespeare et ainsi tenter de préserver ce qui fait, à leurs yeux, la force des hommes : leur culture, le goût des mots et de la musique, leur âme d’artistes en somme.

Que ceux qui ne sont pas fans de SF se rassurent, ce livre leur plaira aussi car l’auteur aime nous replonger dans le passé de ses héros, dans le monde d’avant, où l’argent, l’apparence et la soif de pouvoir font loi. On découvre petit à petit le lien entre cet Arthur Leander, acteur célèbre sur le déclin, qui meurt dans le premier chapitre, et certains survivants, dont un homme à la tête d’une secte sanguinaire et une jeune femme aux poignets tatoués.

Station Eleven est un roman à la construction habile, aux personnages attachants. Si le postulat de départ n’est certes pas original, je me suis laissée emportée par le rythme de l’histoire. Un très bon roman de SF en somme.

Un passage parmi d’autres

 Moi, j’avais huit ans… neuf quand nous avons cessé de marcher. Je n’ai aucun souvenir de l’année que nous avons passée sur la route – ce qui signifie, je crois, que j’ai oublié le pire de cette période. Ne croyez-vous pas, en définitive, que les gens qui vivent le plus mal cette… notre époque actuelle, appelez-la comme vous voudrez, le monde d’après la grippe de Géorgie… ne croyez-vous pas que ceux qui ont le plus de difficultés à s’y adapter sont ceux qui se souviennent clairement du monde ancien ?

FD : Je n’y avais pas réfléchi.

KR : Ce que je veux dire, c’est que plus vous avez de souvenirs, plus vous avez perdu.

FD : Vous vous rappelez bien certaines choses…

KR : Si peu. Mes souvenirs d’avant le cataclysme ressemblent aujourd’hui à des rêves. Je me souviens d’avoir regardé par le hublot d’un avion, ce devait être dans le courant de la dernière année, et d’avoir vu du ciel la ville de New York. Vous l’avez vu, ça ?

FD : Oui.

KR : Un océan de lumières électriques. Ça me donne des frissons rien que d’y penser. Je ne me souviens pas vraiment de mes parents… juste des impressions. Je me souviens de conduits qui soufflaient de l’air chaud en hiver et d’appareils qui jouaient de la musique. Je me souviens d’écrans d’ordinateurs allumés. Je me souviens que, quand on ouvrait un frigo, il en sortait de l’air froid et de la lumière. Et les congélateurs encore plus froids, avec des petits cubes de glace dans les bacs. Vous vous en souvenez ?

FD : Bien sûr. Ça fait un moment que je n’ai pas vu de frigo qui ne soit pas transformé en espace de rangement.

KR : Et à l’intérieur, il y avait non seulement du froid, mais aussi de la lumière, c’est ça ? Je ne l’imagine pas ?

FD : Il y avait bien de la lumière à l’intérieur.

Emily St. John Mandel – Station Eleven – août 2016 (Rivages)

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