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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: Livre

Mes Vrais Enfants – Jo Walton

14 jeudi Sep 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

≈ 2 Commentaires

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Critique de livre, Denoël, idées de lecture, Jo Walton, lecture, Livre, Lunes d'Encre, Mes vrais enfants, quoi lire, roman, uchronie

Les premières phrases

«  Aujourd’hui : confuse, lut-elle sur sa feuille de soins. Confuse, moins confuse, vraiment confuse… « Vraiment confuse » : deux mots que les infirmières notaient souvent, en abrégeant : VC. Ça la faisait sourire. « VC » comme « Victoria Cross », la plus haute distinction du pays. Son nom figurait aussi sur la feuille – enfin, son prénom, seulement : Patricia. Comme si en vieillissant elle était redevenue une enfant, comme s’il fallait la priver de toute dignité en la dépouillant à la fois de son patronyme et de son diminutif préféré. Cette feuille de soins, on aurait dit un bulletin scolaire, avec ses petites cases et ses catégories bien définies qui ne permettaient pas d’exprimer la complexité de chaque situation. « Mauvaise prononciation. » « Manque de concentration. » « Aujourd’hui : confuse. » Des termes froids, distants, sans aucune compassion. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Morwenna » du même auteur.

Impressions

Comment décrire ce livre, à la frontière de la littérature classique et de l’uchronie ? Que vous aimiez la SF ou non, ce livre vous plaira, tant les thèmes abordés parlent à tous. Féminisme, homosexualité, pacifisme, altruisme, fin de vie… Ce livre est profondément intéressant et bouleversant.

On y suit Patricia, vieille dame à la mémoire défaillante terminant sa vie en 2015 dans une maison de retraite, qui ne sait plus bien quelle vie elle a menée à partir du moment où un homme la demande en mariage. A-t-elle accepté ou l’a-t-elle éconduit ? De ce choix découlent deux chemins de vie : l’un où Patricia est une femme mariée terriblement malheureuse, l’autre où elle vit le grand amour avec Bee, une femme chercheuse. Dans chacune de ces vies, l’Histoire avec un grand « H » se modifie alors également drastiquement.

Jo Walton nous donne ici à réfléchir sur des thèmes hautement actuels et sensibles. Un roman bouleversant. On n’en ressort pas indemne…

Un passage parmi d’autres

 Elle avait étudié à Oxford. Ses souvenirs de cette époque n’étaient ni dédoublés ni confus. Elle avait appris le vieil anglais avec Tolkien. Elle se rappelait l’avoir entendu déclamer Beowulf à neuf heures, un lundi matin ; il était entré dans la pièce, avait posé son livre avec un grand bang et s’était tourné vers eux : « Hwaet ! » Il n’était pas encore célèbre, à l’époque. C’était bien longtemps avant Le Seigneur des anneaux et tout ce qui allait s’ensuivre. Depuis, quand elle racontait aux gens qu’elle l’avait connu, tout le monde s’extasiait. On ne sait jamais à l’avance qui va devenir célèbre. Et à Oxford, comme l’avait écrit Margaret Drabble, tout le monde pouvait s’imaginer le devenir un jour.

Jo Walton – Mes Vrais Enfants – janvier 2017 (Denoël – Lunes d’Encre)

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Neverland – Timothée de Fombelle

06 mercredi Sep 2017

Posted by Aurélie in Romans français

≈ 2 Commentaires

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Critique de livre, idées de lecture, L'iconoclaste, lecture, Livre, Neverland, quoi lire, rentrée littéraire, rentrée littéraire 2017, roman, Timothée de Fombelle

Les premières phrases

«  Il y a dans les hauts territoires de l’enfance, derrière les torrents, les ronces, les forêts, après les granges brûlantes et les longs couloirs de parquet, certains chemins qui s’aventurent plus loin vers le bord du royaume, longent les falaises ou le grillage et laissent voir une plaine tout en bas, c’est le pays des lendemains : le pays adulte.

Les enfants qui vont près de cette lisière, au milieu des herbes plus hautes que leurs épaules, surprennent parfois en-dessous d’eux, dans le fond de la plaine, la mort ou des amoureux, par accident. Ces apparitions ressemblent à des éclats de verre au soleil. Elles éblouissent et disparaissent aussitôt, cachées par des nuages bas.

En retournant vers la forêt profonde avec leurs arcs et leurs flèches, les enfants croient oublier cette vision. Mais elle a semé en eux un noyau de cerise qui grandit déjà à l’intérieur.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Le Livre de Perle » du même auteur.

Impressions

« Neverland » est le premier roman dit « adulte » de Timothée de Fombelle (mais à vrai dire, ses livres jeunesse conviennent également très bien aux adultes !). « Neverland » est un véritable enchantement. Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire plutôt rébarbative. Timothée de Fombelle nous entraîne ici dans un voyage plein de poésie sur les traces de son enfance perdue. Il nous donne à lire un texte onirique, tout simplement magnifique. A lire d’une traite (il ne fait qu’une centaine de pages), comme un poème ! Magique.

Un passage parmi d’autres

 Il me semble seulement qu’un matin on se réveille adulte dans le regard des autres. On hésite un instant. On ne se sent ni préparé ni volontaire pour le voyage. Mais il y a ce regard, en face, qui nous considère, et puis cette aspiration lointaine, le vent de la plaine que l’on sent pour la première fois sous sa chemise et un petit tas de noyaux de cerises au fond de nous, qui fait un peu mal.

Ce qui nous attend est déjà là, en pièces détachées. Alors on fait semblant. Cela commence toujours ainsi. On fait semblant d’être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie.

Timothée de Fombelle – Neverland – août 2017 (L’iconoclaste)

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Nous les menteurs – E. Lockhart

30 mercredi Août 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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Critique de livre, E. Lockhart, Gallimard Jeunesse, idées de lecture, lecture, Livre, Nous les menteurs, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.

Chez nous, il n’y a pas de criminels.

Pas de drogués.

Pas de ratés.

Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nos sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.

Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrin ; si les relevés de cartes de crédit impayés traînent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.

Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux. Amoureux au point que des mesures tout aussi désespérées s’imposent.

Nous sommes les Sinclair.

Chez nous, personne n’est dépendant.

Personne n’a tort.

Nous vivons, du moins l’été, sur une île privée au large du Massachusetts.

C’est peut-être tout ce que vous avez besoin de savoir.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’il m’a été chaudement recommandé.

Impressions

J’ai dévoré ce roman d’E. Lockhart ! Une fois terminé, vous n’aurez qu’une envie: le relire de nouveau tant la fin est pleine de surprises !

Une adolescente, Cadence, revient passer l’été sur l’île familiale où un drame qu’elle a oublié l’a plongée dans une profonde dépression. Les migraines sont devenues son quotidien… De retour sur les lieux de l’accident, elle tente petit à petit de rassembler les morceaux, aidée par ses cousins et le garçon dont elle est amoureuse. Une histoire obsédante, poignante, et surtout une fin des plus inattendues. Un roman magnifique.

Un passage parmi d’autres

 Je me souviens maintenant de Johnny, Mirren, Gat et moi, à l’été quinze, nous entassant tous les quatre à l’intérieur du pneu-balançoire de Clairmont. On avait du mal à tenir tous ensemble. On se donnait des coups de coude, on changeait de place. On pouffait de rire, on grommelait. On s’accusait les uns les autres d’avoir de trop grosses fesses. De sentir mauvais. Et on changeait à nouveau de configuration.

On a fini par y arriver. Mais on ne pouvait plus bouger. On s’était tellement enfoncés dans le pneu qu’il n’y avait plus moyen de le faire tourner. On a crié comme des fous pour que quelqu’un vienne nous pousser. Les jumelles, qui passaient par là, ont refusé de nous aider. Enfin, Taft et Will sont sortis de Clairmont et ont volé à notre secours. Grognant sous l’effort, ils nous ont propulsés en un bel arc de cercle. Notre poids était tel que, une fois qu’ils nous ont lâchés, on s’est mis à tourner de plus en plus vite, et on riait tellement fort qu’on en avait mal au ventre et mal au cœur.

Nous les Menteurs, tous les quatre. Je m’en souviens à présent.

 

E. Lockhart – Nous les menteurs – mai 2015 (Gallimard Jeunesse)

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Hold still – Nina LaCour

16 mercredi Août 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, hold still, idées de lecture, lecture, Livre, Nina LaCour, Penguin, quoi lire, roman, Speak

Les premières phrases

 » I watch drops of water fall from the ends of my hair. They streak down my towel, puddle on the sofa cushion. My heart pounds so hard I can feel it in my ears.

“Sweetheart. Listen.”

Mom says Ingrid’s name and I start to hum, not the melody to a song, just one drawn-out note. I know it makes me seem crazy, I know it won’t make anything change, but it’s better than crying, it’s better than screaming, it’s better than listening to what they’re telling me.

Something is smashing my chest—an anchor, gravity. Soon I’ll cave in on myself. I stumble upstairs and yank on the jeans and tank top I wore yesterday. Then I’m out the door, up the street, around the corner to the bus stop. Dad calls my name but I don’t shout back. Instead, I step onto the bus just as its doors are shutting. I find a seat in the back and ride away, through Los Cerros and through the next town, until I’m on an unfamiliar street, and that’s where I get off. I sit on the bench at the bus stop, try to slow my breathing. The light here is different, bluer. A smiling mom with a baby in a stroller glides past me. A tree branch moves in the breeze. I try to be as light as air.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « We are Okay » du même auteur.

Impressions

Nina LaCour sait décrire les émotions avec une grande justesse. Comme dans « We are Okay », on se met très vite à la place de son héroïne et on a bien du mal à lâcher ce roman. Ici, Caitlin essaie de reprendre le chemin du lycée après le suicide de sa meilleure amie, Ingrid. Reprendre goût à la vie après une telle perte relève du parcours du combattant. Et lorsque Caitlin découvre le journal d’Ingrid, caché sous son lit, elle commence petit à petit à entrevoir la face cachée de sa meilleure amie. Une très belle histoire d’amitié et de survie.

Un passage parmi d’autres

I get down on the carpet to look under my bed. I stick my arm under and feel around, find a couple mismatched socks, and something I don’t recognize—hard and flat and dusty. I pull it out, thinking maybe it’s a yearbook from elementary school, and then I see it and my heart stops.

Ingrid’s journal.

For some reason, I feel afraid. It’s like I’m split down the middle and one half of me wants to open it more than I’ve ever wanted to do anything. The other half is so scared. I can’t stop shaking.

Did it get kicked under the bed one night by accident?

Did she hide it?

I stare at it in my hands forever, just feeling its weight, looking at the place where one Wite-Out wing is starting to flake off. Then, once my hands are steadied, I open to the first page. It’s a drawing of her face—yellow hair; blue eyes; small, crooked smile. She’s looking straight ahead. Birds fly across the background. She drew them blurry, to show movement, and across the top she wrote, Me on a Sunday Morning.

I turn the page.

As I read, I can hear Ingrid’s voice, hushed and fast, like she’s telling me secrets.

 

Nina LaCour – Hold still – 2010 (Speak)

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Au fond de l’eau – Paula Hawkins

24 lundi Juil 2017

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers

≈ 2 Commentaires

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Au fond de l'eau, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Paula Hawkins, quoi lire, roman, Sonatine

Les premières phrases

«  Encore ! Encore !

Les hommes l’attachent à nouveau – différemment, cette fois : le pouce gauche au gros orteil droit, le pouce droit au gros orteil gauche. La corde à sa taille. Cette fois, ils l’emmènent dans l’eau.

« S’il vous plaît », supplie-t-elle.

Elle n’est pas sûre de pouvoir affronter cela à nouveau, le noir et le froid. Elle veut retourner dans un foyer qui n’existe plus, à une époque où sa tante et elle s’asseyaient devant l’âtre pour se raconter des histoires. Elle veut retrouver son lit dans leur cottage, elle veut redevenir petite fille, respirer l’odeur du feu de bois, des roses et de la peau tiède de sa tante.

« S’il vous plaît. »

Elle coule. Quand ils la remontent sur la berge, la seconde fois, ses lèvres ont la couleur d’un hématome, et son souffle l’a quittée à jamais. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « La fille du train ».

Impressions

Après le succès de son premier roman « La fille du train » que j’avais beaucoup aimé, Paula Hawkins revient avec un second thriller, « Au fond de l’eau ». L’histoire : Julia revient dans sa ville natale lorsque sa sœur est retrouvée morte, noyée dans la rivière… Une rivière qui attire depuis des siècles meurtres et suicides. Elle doit alors faire face à la colère et à la douleur de sa nièce mais aussi à son passé… et découvrir ce qui est arrivé à sa sœur… J’ai particulièrement aimé l’ambiance de ce thriller, où l’eau est omniprésente, malsaine et belle à la fois. Un bon roman à lire cet été, même si la fin est assez prévisible…

Un passage parmi d’autres

 A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade.

Pourtant, croyez-le ou non, ce n’est pas là que tout a commencé.

Il est des personnes qui sont attirées par l’eau, des personnes qui entretiennent avec elle un rapport presque primal. Je crois en faire partie. C’est près de l’eau que je me sens le plus vivante, et près de cette rivière en particulier. C’est ici que j’ai appris à nager, et que j’ai appris à découvrir ma place dans la nature de la manière la plus douce et la plus agréable qui soit.

Depuis que j’ai emménagé à Beckford en 2008, je nage dans la rivière presque chaque jour, été comme hiver, parfois avec ma fille et parfois seule, et je suis peu à peu devenue fascinée par l’idée que cet endroit qui me procure tant de joie puisse être pour d’autres un lieu d’effroi, de terreur, même.

A dix-sept ans, j’ai sauvé ma petite sœur de la noyade, mais j’étais déjà obsédée par le bassin de Beckford depuis bien longtemps. Mes parents étaient des conteurs, ma mère en particulier : c’est de sa bouche que j’ai entendu pour la première fois l’histoire tragique de Libby, celle de la tuerie au cottage des Ward, et celle du petit garçon qui a vu sa mère sauter dans le vide.

Paula Hawkins – Au fond de l’eau – juin 2017 (Sonatine)

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Un livre, une phrase…

22 jeudi Juin 2017

Posted by Aurélie in Citations

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citations, Le monde de Charlie, Livre, Stephen Chbosky

Stephen Chbosky - Le monde de Charlie« Il faut d’abord que tu saches que je suis à la fois triste et heureux, et que j’ai toujours pas compris comment ça se fait. »

Stephen Chbosky – Le monde de Charlie

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4 3 2 1 – Paul Auster

26 mercredi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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4 3 2 1, Critique de livre, faber & faber, faber and faber, idées de lecture, lecture, Livre, Paul Auster, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  According to family legend, Ferguson’s grandfather departed on foot from his native city of Minsk with one hundred rubles into the lining of his jacket, traveled west to Hamburg through Warsaw and Berlin, and then booked passage on a ship called the Empress of China, which crossed the Atlantic in rough winter storms and sailed into New York Harbor on the first day of the twentieth century. While waiting to be interviewed by an immigration official at Ellis Island, he struck up a conversation with a fellow Russian Jew. The man said to him: Forget the name Reznikoff. It won’t do you any good here. You need an American name for your new life in America, something with a good American ring to it. Since English was still an alien tongue to Isaac Reznikoff in 1900, he asked his older, more experienced compatriot for a suggestion. Tell them you’re Rockefeller, the man said. You can’t go wrong with that. An hour passed, then another hour, and by the time the nineteen-year-old Reznikoff sat down to be questionned by the immigration official, he had forgotten the name the man had told him to give. Your name? the official asked. Slapping his head in frustration, the weary immigrant blurted out in Yiddish, Ikh hob fargessen (I’ve forgotten)! And so it was that Isaac Reznikoff began his new life in America as Ichabod Ferguson.

He had a hard time of it, especially in the beginning, but even after it was no long the beginning, nothing ever went as he had imagined it would be in his adopted country.  »

Circonstances de lecture

Parce que Paul Auster fait partie de mes auteurs préférés.

Impressions

Le dernier Paul Auster est un pavé de quelque 866 pages… Autant dire qu’il faut avoir une motivation sans faille et une foi inconditionnelle en l’auteur pour se plonger dans « 4 3 2 1 ». Paul Auster y retranscrit l’histoire d’un Américain, petit-fils d’immigrants, de sa naissance en 1947 à son entrée dans la vie adulte dans les années 70, tout en faisant un parallèle avec l’Histoire Américaine de cette partie chargée du 20ème siècle, en particulier la guerre froide, les problèmes de ségrégation raciale et la guerre au Vietnam. Reste que Paul Auster complique encore la chose en nous proposant 4 versions différentes de notre héros, Archie Ferguson (d’où le titre du livre…), selon le chemin qu’il choisit, les rencontres qu’il fait, ou tout simplement le destin plus ou moins tragique de ses proches. Chaque chapitre se divise ainsi en 4, et l’on suit ainsi 4 vies possibles d’Archie. C’est donc une lecture exigeante, mais heureusement passionnante, que nous propose Paul Auster. Venir à bout de ces plus de 800 pages m’aura pris du temps mais je ne le regrette pas (bien qu’il y ait quelques longueurs). La plume de l’auteur y est évidemment pour quelque chose ! Tout comme la retranscription de cette partie de l’histoire américaine.

Un passage parmi d’autres

 The word psyche means two things in Greek, his aunt said. Two very different but interesting things. Butterfly and soul. But when you stop and think about it carefully, butterfly and soul aren’t so different, after all, are they? A butterfly starts out as a caterpillar, an ugly sort of earthbound, wormy thing, and then one day the caterpillar builds a cocoon, and after a certain amount of time the cocoon  opens and out comes the butterfly, the most beautiful creature in the world. That’s what happens to souls as well, Archie. They struggle in the depths of darkness and ignorance, they suffer through trials and misfortunes, and bit by bit they become purified by those sufferings, strengthened by the hard things that happen to them, and one day, if the soul in question is a worthy soul, it will break out of its cocoon and soar through the air like a magnificent butterfly.

Paul Auster – 4 3 2 1 – 2017 (faber & faber)

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Slade House – David Mitchell

25 mardi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, David Mitchell, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sceptre, Slade House

david-mitchell-slade-houseLes premières phrases

«  Whatever Mum’s saying’s drowned out by the grimy roar of the bus pulling away, revealing a pub called The Fox and Hounds. The sign shows three beagles cornering a fox. They’re about to pounce and rip it apart. A street sign underneath says WESTWOOD ROAD. Lords and ladies are supposed to be rich, so I was expecting swimming pools and Lamborghinis, but Westwood Road looks pretty normal to me. Normal brick houses, detached or semi-detached, with little front gardens and normal cars. The damp sky’s the colour of old hankies. Seven magpies fly by. Seven’s good. Mum’s face is inches away from mine, though I’m not sure if that’s an anrgy face or a worried one. « Nathan? Are you even listening? » Mum’s wearing make-up today. That shade of lipstick’s called Morning Lilac but it smells more like Pritt Stick than lilacs. Mum’s face hasn’t gone away, so I say, « What? »

« It’s « Pardon », or « Excuse me ». Not « What? » »

« Okay, » I say, which often does the trick.

Not today. « Did you hear what I told you? »

« It’s « Pardon » or « Excuse me ». Not « What? » »

« Before that! I said, if anyone at Lady Grayer’s asks how we came here, you’re to tell them we arrived by taxi. »

« I thought lying was wrong ».

« There’s lying, » says Mum, fishing out the enveloppe she wrote the directions on from her handbag, « which is wrong, and there’s creating the right impression, which is necessary. If your father paid what he’s supposed to pay, we really would have arrived by taxi. Now… » Mum squints at her writing. « Slade Alley leads off Westwood Road, about halfway down… » She checks her watch. « Right, it’s ten to three, and we’re due at three. Chop chop. Don’t dawdle. » Off Mum walks.  »

Circonstances de lecture

Encore une fois attirée par la couverture…

Impressions

« Slade House » est un conte horrifique aux allures de conte de fées, digne d’un roman de Stephen King. Après le génial « Cloud Atlas », David Mitchell part donc sur un tout autre style d’histoire. Tous les neuf ans, une maison (Slade House) attire à elle une personne (un enfant, un policier…). Chaque chapitre du livre nous parle ainsi de ce qui est arrivé à cette personne et nous fait voyager de 1979 à 2015. A chaque visite, on en apprend un peu plus sur la maison et ce qui pousse les « invités » à y pénétrer. J’ai dévoré ce livre ! Je le recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 I’ve stopped, because the far end of the garden, the wall with the small black door – it’s gone all faint and dim. Not because of evening. It can’t even be four o’clock yet. Not because it’s misty, either. I look up – the sky’s still bluish, like it was before. It’s the garden itself. The garden’s fading away.

I turn around to tell Jonah to stop the game, something’s wrong, we need a grown-up. Any second now he’ll come hurtling round the far corner. The brambles sway like underwater tentacles. I glance back at the garden. There was a sundial but it’s gone now, and the damson trees too. Am I going blind? I want Dad to tell me it’s fine, I’m not going blind, but Dad’s in Rhodesia, so I want Mum. Where’s Jonah? What if this dissolving’s got him too? Now the lattice tunnel thing’s erased. What do you do when you’re visiting someone’s house and their garden starts vanishing?

David Mitchell – Slade House – 2015 (Sceptre)

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Mind of Winter – Laura Kasischke

02 jeudi Mar 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harper Perennial, idées de lecture, Laura Kasischke, lecture, Livre, Mind of Winter, quoi lire, roman

Laura Kasischke - Mind of WinterLes premières phrases

«  She woke up late that morning, and knew:

Something had followed them home from Russia.

This scrappy bit of information had been offered up to Holly in a dream, she supposed, a glimpse into a truth she’d carried with her for – how long?

Thirteen years?

Thirteen years!

For thirteen years she’d known this, and not known – or so it seemed to her in her half-awake state on Christmas morning. She rose from bed and went down the hallway to her daughter’s bedroom, anxious to see that she was there, still asleep, perfectly safe.

Yes, there she was, Tatiana, one pale arm thrown over a pale coverlet. Dark hair spilled over a pillow. She was so still she could have been a painting. So peaceful she could have been –

But she wasn’t. She was fine. Holly felt reassured and went back to the bedroom, slipped into bed beside her husband again – but as soon as she did, she thought it once more :

It had followed them home!.  »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un huis clos comme je les aime ! Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part en catastrophe chercher ses parents à l’aéroport. Holly doit donc se dépêcher pour préparer le repas avant l’arrivée des convives. Rien de très grave, sauf que sa fille fait la tête. Et que la tension qui existe entre elles dès les premières pages ne fait que s’amplifier. D’autant qu’une tempête de neige fait rage, et qu’elles se retrouvent toutes les deux en tête à tête…

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre de Laura Kasischke. Un huis clos bien flippant, qui traite des relations mères/filles et de l’adoption. Avec un final des plus inattendus !

Un passage parmi d’autres

 About Tatiana, Theodota had said, « No. Don’t name her Russian. Name her American. Or she’ll be back. »

The nurses had called her Sally. They had explained to Eric and Holly, « We give her American name so that in her life and in her death she will not be restless in America, try to return to Russia. »

« But we want her to be proud of her Russian origins, » Holly had tried, in turn, to explain, not sure if any of her English was being understood. « We want to call her Tatiana because it is a beautiful Russian name for a beautiful little Russian girl. »

The nurse had scowled and shaken her head vehemently. « Nyet, nyet, no, » she said. « Sally. Or »- here she softened, as though sensing that they might be able to compromise – « you name her Bonnie. Bonnie and Clyde, no? »

Holly had been smiling, but she was having a hard time keeping the spirit light. She said, « No. Tatiana. »

« No, » the nurse had said right back to her.

« Oh my God, » Holly had said, later, to Eric. « What is wrong with these people? »

Even Eric, at that point, had regained his sense of humor enough to shake his head in disbelief at the superstitions of these people in Siberia.

Laura Kasischke – Mind of Winter – 2015 (Harper Perennial)

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Trois saisons d’orage – Cécile Coulon

26 jeudi Jan 2017

Posted by Aurélie in Romans français

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Cécile Coulon, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy

Trois saisons d'orage - Cécile CoulonLes premières phrases

«  La maison, ou ce qu’il en reste, surplombe la vallée ; ses fenêtres, quatre grands yeux vides, veillent, à l’est du massif des Trois-Gueules.

Les Fontaines, ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au cœur d’une mer végétale et calcaire. La forêt crache les hommes comme des pépins, les bois bruissent, des traînées de brume couronnent leurs faîtes au lever du soleil, la lumière les habille. A l’automne, des vents furieux secouent les arbres. Les racines émergent alors du sol, les cimes retournent à la poussière, le sable, les branches et la boue séchée  s’enlacent en tourbillons au-dessus des toits. Les fourmis s’abritent dans le ventre des collines, les renards trouent le sol, les cerfs s’enfuient ; les corbeaux, eux, résistent toujours à la violence des éléments.

Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s’y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d’orgueil, qu’elle était là avant eux, qu’elle ne leur appartient pas, mais qu’ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n’a qu’à frémir pour qu’ils disparaissent.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est le dernier Cécile Coulon, et que j’avais beaucoup aimé « Le Cœur du Pélican ».

Impressions

Cécile Coulon fait partie de ces écrivains dont j’achète dorénavant les romans les yeux fermés. Parce que j’aime sa plume, son style, la puissance des mots qu’elle couche sur le papier. Ici, Cécile Coulon nous entraîne dans un petit village coincé au milieu des falaises, à la découverte de deux familles : une famille du coin, des paysans, et une famille venue de la ville, une famille de médecins. On va suivre leur destin sur plusieurs générations, un destin rythmé par le travail de la terre, la puissance de la nature, la Force qui régit les lieux, les progrès de la médecine, l’opposition de la ville et de la campagne. Un roman puissant sur ce qui pousse chacun à décider du chemin à suivre, malgré les conventions et les désirs contraires. Une très belle histoire d’amour, aussi.

Un passage parmi d’autres

 Benedict et son père étaient des hommes fabuleux, des gens doux et honnêtes qui protégeaient leur famille, ils ne leur venaient pas à l’idée de sortir d’ici ; descendre dans les Trois-Gueules, passer de l’autre côté, et rouler loin, longtemps. Ils ne voulaient pas voyager. Mais elle, avec ces livres qu’elle recevait, ces histoires, ces découvertes, ces paysages qu’elle décrivait, elle faisait trois fois le tour de la terre, assise sur sa chaise, devant sa grande table de bois, elle bourlinguait à toute vitesse, son esprit affûté formait des souvenirs de lieux où elle n’irait jamais, et parfois, la nuit, quand le sommeil ne venait pas, Agnès était prise d’une nostalgie terrible des lieux qu’elle n’avait pas connus. Quand elle abordait le sujet, Benedict ne lui laissait pas le temps de finir sa phrase :

– Cet endroit, c’est le paradis.

Agnès se repliait un peu plus en elle-même, et, d’une voix moins douce qu’avant, répondait :

– Oui, mais on s’ennuie vite, au paradis.

 

Cécile Coulon – Trois saisons d’orage – janvier 2017 (Viviane Hamy)

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