Une rose seule – Muriel Barbery

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Les premières phrases

«  On raconte que dans la Chine ancienne, sous la dynastie des Song du Nord, un prince faisait chaque année cultiver un carré de mille pivoines dont, à l’orée de l’été, les corolles ondulaient dans la brise. Durant six jours, assis sur le sol du pavillon de bois où il avait coutume d’admirer la lune, buvant de temps à autre une tasse de thé clair, il observait celles qu’il appelait ses filles. A l’aube et au couchant, il arpentait le carré.

Au commencement du septième jour, il ordonnait le massacre.

Les serviteurs couchaient les belles assassinées, la tige brisée, la tête allongée vers l’est, jusqu’à ce qu’il ne reste plus sur le champ qu’une unique fleur, les pétales offerts aux premières pluies de mousson.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime la plume de Muriel Barbery.

Impressions

Ce livre est un poème, une ode à l’amour, un pansement de douceur et de larmes. Il a l’amertume du thé matcha, la fraîcheur du saké, le goût sucré des petites pâtisseries japonaises, la beauté des azalées, des fleurs de cerisiers et des bambous célestes. On y ressent toute la complexité de la ville de Kyoto et de l’âme humaine. C’est beau à en pleurer et à en rire. Un petit bijou à savourer lentement, comme un bonbon qui fond sur la langue.

Muriel Barbery – Une rose seule – août 2020 – Actes Sud

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Liv Maria – Julia Kerninon

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Les premières phrases

«  Mes parents font l’amour et je ne suis pas encore là.

Quand ils escaladent l’escalier de leur chambre, juste après le déjeuner, et qu’ils s’enfouissent sous les duvets de leur lit bateau, je regarde les mouvements de reins de mon père et je m’étonne qu’un homme d’un mètre quatre-vingt-dix et de cent vingt kilos puisse onduler comme ça. Seuls les petits pieds de ma mère dépassent du cadre de bois sculpté. Secrètement, je m’imagine que, la nuit, mes parents retrouvent la même taille, que la nuit ils sont égaux.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime cette maison d’édition.

Impressions

« Comment se tenir là, dans cette vie, avec le souvenir de toutes ses autres vies contradictoires ? » Liv Maria, c’est l’histoire d’une femme plurielle, comme chacun d’entre nous finalement. Une petite fille grandissant sur une île bretonne, une jeune fille de 17 ans partant précipitamment pour Berlin, une jeune femme se cherchant, revenant au pays natal pour mieux repartir en voyage, du Chili à l’Irlande. Une amoureuse, une solitaire, une maîtresse, une mère, une femme d’affaires, un être libre faisant des choix, difficiles, vitaux, irréversibles. Mais qui est-on vraiment, au fond ? C’est autour de cette question et du thème de la fuite que tourne le roman de Julia Kerninon. Un très beau portrait de femme.

Julia Kerninon – Liv Maria – août 2020 – L’iconoclaste

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La Géante – Laurence Vilaine

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Les premières phrases

«  Quand elle est arrivée au village, on aurait dit une légende, à cause de son manteau jusqu’aux chevilles et le bord des manches plus loin que les doigts, une légende à cause du brouillard par-dessus, à cause de son bonnet qui ramasse tout, de ses bottines de ville emmaillotées dans des carrés de laine et montées sur des crampons d’un autre siècle – d’où est-ce qu’elle sortait ça ? Quelle sotte, ce n’est pas parce qu’on vient à la montagne qu’il y a de la neige. Le soleil était à deux doigts de tomber derrière la Géante, et on aurait dit qu’elle sortait du soir lui-même, celui de l’hiver avec ses arbres qui craquent, les cris des bêtes qu’on invente et les portes qu’on barre à cause des histoires que les vieux font courir dans les montagnes, les sorcières blanches, les survivantes des cent cascades, le front bleu et du verre à la place des yeux – ça fait des siècles que les enfants ont ça dans leurs cauchemars.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup cette maison d’édition.

Impressions

Laurence Vilaine signe une histoire d’amour majestueuse, digne de la Géante, cette montagne à l’ombre de laquelle vit Noële, cette femme qui ne connaît rien de l’amour. A part les fagots de bois, elle n’a jamais rien serré dans ses bras. C’est grâce aux lettres que reçoit son voisin, qu’elle découvre à travers les mots couchés sur le papier ce à quoi ressemble l’amour, celui qui fait grimper tout en haut d’une montagne pour affronter la vérité.

Impossible d’en dire plus sans trop en révéler. Ce roman se savoure lentement, au gré des saisons, du pépiement des oiseaux, des gentianes qui poussent, et des mains qui se rident.

Ce livre touche en plein cœur à qui sait se laisser porter par la plume de Laurence Vilaine.

Laurence Vilaine – La Géante – août 2020 – Zulma

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Le Lièvre d’Amérique – Mireille Gagné

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Les premières phrases

«  Le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) est un petit mammifère de l’ordre des lagomorphes et de la famille des léporidés. Il est largement répandu au Canada et au Québec. On le différencie du lapin par sa silhouette élancée et ses oreilles plus longues. A l’opposé de son cousin le lapin, le lièvre préfère fuir plutôt que de se cacher pour échapper aux prédateurs. Cette particularité comportementale est liée à certaines différences anatomiques, notamment à son cœur volumineux, qui lui permet de courir rapidement et plus longtemps.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup cette maison d’édition québécoise… et que je devais aller au Québec cet été…

Impressions

« Le Lièvre d’Amérique » est un joli ovni canadien, faisant souffler un vent de fraîcheur et d’originalité sur cette rentrée littéraire. On y croise Diane chez elle, le lendemain d’une opération de métamorphose pour le moins mystérieuse. On la revoit, avant son intervention, vivant exclusivement à travers son travail, cherchant à être la plus productive de son entreprise. On la retrouve, adolescente, subjuguée par Eugène, son nouveau voisin, fasciné quant à lui par les espèces en voie de disparition. On y croise enfin le fameux lièvre d’Amérique.

Un premier roman pas comme les autres, à la lisière du conte et de la fable, qui vous fera sourire, réfléchir et vous permettra de vous évader d’un monde un peu (beaucoup ?) trop terre à terre et mercantile. Une belle découverte !

Mireille Gagné – Le Lièvre d’Amérique – 20 août 2020 (La Peuplade)

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Betty – Tiffany McDaniel

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Les premières phrases

«  Je ne suis encore qu’une enfant, pas plus haute que le fusil de mon père. Papa me demande de le lui apporter, à l’instant où je sors pour le rejoindre, tandis qu’il souffle un peu, assis sur le capot de la voiture. Il me prend le fusil des mains et le pose sur ses genoux. Quand je m’assieds près de lui, je sens la chaleur de l’été qui irradie de son corps comme de la tôle d’un toit brûlant par une journée torride.

Cela ne me gêne pas que les pépins de tomate provenant du déjeuner qu’il a pris dans le jardin tombent de son menton pour atterrir sur mon bras. Les graines minuscules restent collées sur ma peau et y forment un relief. Comme du Braille sur une feuille.

– Mon cœur est en verre, dit-il en roulant une cigarette. Mon cœur est en verre et, tu vois, Betty, si jamais je devais te perdre, il se briserait et la douleur serait si forte que l’éternité ne suffirait pas pour l’apaiser.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce titre me tentait énormément.

Impressions

Lire « Betty », c’est ressentir, une fois les pages refermées, un profond sentiment de bonheur et en même temps une grosse boule au fond de la gorge. Suivez les traces de Betty, cette petite indienne née d’une mère blanche et d’un père Cherokee… Vous n’en ressortirez pas indemne.

Vous ne pourrez oublier le parfum des citrons accrochés aux branches des arbres par son père, Landon, pour redonner le sourire à sa femme, Alka. Vous entendrez les rires et les pleurs de ses frères et sœurs, vous mordrez avec eux dans les tomates juteuses du potager, vous écouterez avidement les histoires que raconte le père, comme autant de preuves d’amour envers ses enfants. Certains pères connaissent le montant exact de leur compte en banque, lui connait le nombre d’étoiles qu’il y avait dans le ciel la nuit où ses enfants sont nés.

Lire « Betty », c’est aussi faire face au racisme et aux violences que les hommes infligent aux femmes. Alors, pour surmonter les épreuves, Betty écrit l’histoire de sa famille sur des morceaux de papier qu’elle enfouit ensuite dans des bocaux sous terre, essayant ainsi d’oublier les mauvais souvenirs et de ne garder que les bons.

« Betty » est un roman bouleversant, d’une beauté rare, à la fois poétique, violent, et cruel. Une sublime ode à l’enfance et à la famille, en particulier à l’amour paternel. Vous n’oublierez pas de sitôt la petite Betty, ni son père, Landon Carpenter, deux héros magnifiques que l’on a bien de la peine à quitter.

Tiffany McDaniel – Betty – 20 août 2020 (Gallmeister)

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Girl, Woman, Other – Bernardine Evaristo

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Les premières phrases

«  Amma

is walking along the promenade of the waterway that bisects her city, a few early morning barges cruise slowly by

to her left is the nautical-themed footbridge with its deck-like walkway and sailing mast pylons

to her right is the bend in the river as it heads east past Waterloo Bridge towards the dome of St Paul’s

she feels the sun begin to rise, the air still breezy before the city clogs up with heat and fumes

a violonist plays something suitably uplifting further along the promenade

Amma’s play, « The Last Amazon of Dahomey », opens at the National tonight »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir cette auteur, gagnante du Booker Prize 2019.

Impressions

Bernardine Evaristo dresse ici douze portraits de femmes britanniques, la plupart noires, sur plusieurs décennies. Le livre se découpe en quatre parties, chacune regroupant trois portraits de femmes étroitement liées l’une à l’autre, qu’elles soient mères et filles, amies, amantes, professeure et élève… Reste qu’au final, toutes ces femmes vont finir par se croiser à un moment de leur vie, jusqu’à un épilogue plein d’émotions, qui vous fera sans doute verser une petite larme.

En parlant ainsi de douze femmes ayant vécu du début du 20ème siècle à nos jours, Bernardine Evaristo, d’origine anglo-nigérianne, montre ainsi l’évolution de la société britannique, mais aussi ses paradoxes, et la place qu’y occupent les femmes noires, qu’elles soient hétéros, homos, trans, féministes, artistes, institutrices, femmes au foyer, banquières, femmes de ménage ou encore étudiantes… Comment ont-elles fait (et font-elles encore) pour se forger une identité dans une société dominée par les blancs et par les hommes ? Telle est la principale question soulevée par ce livre polyphonique, écrit quasiment sans la moindre ponctuation, à la manière d’un poème en prose. Étonnamment, ce style ne m’a pas du tout gênée. Et j’ai été très vite portée par ces portraits de femmes si différentes les unes des autres et si semblables au final.

Un très beau roman à mettre entre toutes les mains, pour aider chacun et chacune à trouver sa place dans la vie et la force d’être soi-même, peu importe ses origines sociales, sa couleur de peau et ses préférences sexuelles.

Ce livre sera publié en français en septembre, par les éditions Globe.

Bernardine Evaristo – Girl, Woman, Other – Mai 2019 (Hamish Hamilton)

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Cultes – Jonathan Itier

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Les premières phrases

«  On raconte qu’un petit garçon de onze ans marchait tout nu près des Halles à six heures trente ce matin. Des marques de contusions sur son corps laissaient redouter des étreintes criminelles. Il prétendait avoir dévoré froidement sa mère, et toussait et crachait des gerbes de cheveux peroxydés, que l’enquête révéla comme ceux de l’éditorialiste et maître de conférence Françoise Vagran. Un événement d’une plus grande ampleur occulta toutefois ce fait divers insolite : une centaine d’insurgés des départements nord de Paris, armés de fusils d’assaut, avaient tenté la veille de forcer le blocus militaire qui lui était imposé depuis juin dernier, inaugurant la première guerre civile en France au vingt-et-unième siècle. »

Circonstances de lecture

Parce que je connais cet auteur.

Impressions

Après sa nouvelle « Les Maudits du Bajaur », Jonathan Itier signe ici son premier recueil de nouvelles aux éditions Persée. « Cultes » rassemble trois histoires tirées au cordeau, imprégnées chacune d’une atmosphère qui lui est propre.

La première, « Météorite », flirte du côté du fantastique, en revisitant le mythe du loup garou, un peu à la manière du « Galeux » de Stephen Graham Jones. Ici, on s’éloigne de la vision idéaliste généralement véhiculée dans les romans et les films pour montrer la violence et la souffrance de la métamorphose, le tout arrosé d’une bonne dose d’hémoglobine et d’humour, et d’une forte critique sociale.

On retrouve cette même critique de la société, et notamment des classes sociales, dans sa deuxième nouvelle, « Un domestique ». Ici, Jonathan Itier raconte comment un domestique en est arrivé à tuer la famille qu’il servait depuis des années, sur fond d’ésotérisme et de messes noires.

Changement de ton avec sa troisième nouvelle « La passion de Miguel Ortiz » où je me suis surprise à comparer son style à celui de Gabriel Garcia Marquez (excusez du peu…). L’Espagne Franquiste réunit trois protagonistes autour d’une histoire d’amour tragique, faisant se croiser un prêtre, un fils de contre-révolutionnaires et une prostituée.

J’ai dévoré ce recueil de nouvelles dont j’ai particulièrement apprécié la noirceur des histoires et de l’humour, et ne peux que vous en recommander la lecture. Jonathan Itier sait transporter son lecteur sur des chemins inattendus, suscitant frissons, questionnements et réflexions. On en redemande !

Jonathan Itier – Cultes – Juin 2020 (Éditions Persée)

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Galeux – Stephen Graham Jones

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Les premières phrases

«  Mon grand-père était un loup-garou.

En tout cas, c’est ce qu’il me disait, et il cherchait sans cesse à entraîner ma tante Libby et mon oncle Darren dans ses histoires, à les pousser à acquiescer quand il racontait qu’une vingtaine d’années plus tôt, il grimpait sur un moulin à vent pour lacérer la pluie de ses griffes. Qu’il courait ventre à terre à la poursuite du train venu de Booneville et le prenait de vitesse. Qu’il battait la campagne, les yeux luisants d’excitation, un poulet vivant entre les crocs, poursuivi par tous les villageois de l’Arkansas. La lune était toujours pleine, et elle l’éclairait à contre-jour comme un projecteur. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est édité par La Volte…

Impressions

Premier roman de Stephen Graham Jones à être traduit en français, Galeux met les loups-garous à l’honneur, mais ici on est loin du mythe généralement véhiculé dans les films et les livres ! Dans Galeux, les loups-garous sont des marginaux, obligés de vivre dans des caravanes miteuses, de faire des petits boulots, et de déménager tous les deux mois en moyenne, dès que le doute s’immisce dans le voisinage, ou dès que leur nature les oblige à accomplir un acte irréparable… Ce quotidien de lycanthrope est raconté à travers les yeux d’un petit garçon, élevé par son grand-père, sa tante et son oncle. Un petit garçon qui observe avec amour les membres de sa drôle de famille lutter pour survivre malgré leur différence.

Un très beau roman fantastique qui porte un regard nouveau sur le mythe du loup-garou, un roman social, surtout, sur tous les parias et les exclus de la société. « Un loup-garou ne se résume pas à ses crocs et à ses griffes, résume un des personnages de l’histoire. C’est à l’intérieur. C’est le regard que tu portes sur le monde. C’est le regard que te renvoie le monde. »

Stephen Graham Jones – Galeux – Mai 2020 (La Volte)

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Une pluie sans fin – Michael Farris Smith

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Les premières phrases

«  Il pleuvait depuis des semaines. Peut-être des mois. Cohen avait oublié à quand remontait le dernier jour sans pluie, quand la tempête avait cédé devant le bleu pâle du ciel marin, les vols d’oiseau, les nuages blancs, l’éclat du soleil sur le paysage détrempé. Il pleuvait, une pluie régulière qui avait perdu son obliquité agressive quand les dernières bourrasques s’étaient éloignées, pendant la nuit. Il avait envie de sortir. Il avait besoin de sortir, de fuir la lumière tressautante de la lampe à pétrole, le jeu de cartes usé, les livres de poche, la radio qui ne captait presque plus rien, la voix qui murmurait dans son sommeil, dans la tempête, dans le moindre recoin de la petite maison de brique. Il pleuvait à verse, très tôt en ce matin trop sombre, mais il fallait qu’il sorte. »

Circonstances de lecture

Parce que j’adore Michael Farris Smith…

Impressions

Michael Farris Smith fait définitivement partie de mes écrivains préférés. Après avoir dévoré « Nulle part sur la terre » et « Le Pays des oubliés« , j’ai enfin pris le temps d’ouvrir « Une pluie sans fin » et j’ai encore une fois été hypnotisée par la plume de l’auteur. C’est une claque que l’on se prend quand on lit du Michael Farris Smith, une claque d’une noirceur terrible, contrebalancée par une profonde et belle humanité. Michael Farris Smith parvient dès les premières lignes à nous agripper pour ne plus nous lâcher avant d’avoir lu la dernière page.

Ici, on suit Cohen, un quarantenaire solitaire, vivant dans le Mississippi dans sa vieille maison de brique, sous la Limite, cette zone laissée à l’abandon par le gouvernement, ravagée quotidiennement par des pluies et des tempêtes sans fin. Il est l’un des seuls à avoir choisi de rester dans sa maison, tapi dans les souvenirs de sa vie passée. Jusqu’au jour où il tend la main à deux jeunes errant sur la route… Il va alors devoir se confronter à la réalité du monde et aux autres.

Voici un roman post-apo magnifique. On en ressort trempé jusqu’aux os, les yeux un brin humides, triste de laisser derrière soi Cohen, Mariposa, Evan et Brisco.

Michael Farris Smith – Une pluie sans fin – octobre 2016 (Éditions 10/18)

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Les Employés – Olga Ravn

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Les premières phrases

«  Les dépositions suivantes ont été recueillies pour donner un aperçu des relations entre les employés et les objets dans les salles. Sur une période de dix-huit mois, la commission a entendu tous les employés sur la question de leurs relations avec les salles et les objets qu’elles contenaient. A travers la transcription fidèle des dépositions des sujets, nous avons souhaité donner un aperçu du travail quotidien sur place et examiner à quelles influences possibles les employés avaient pu être exposés, comment ces influences, et possiblement ces relations, ont pu entraîner des changements constants chez les employés, dans quelle mesure on estime que cela a joué sur la baisse ou la hausse de leur implication au travail, sur la compréhension de leur tâche, sur leur aptitude à assimiler de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences et, enfin, quelles en ont été les conséquences sur la production. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir cette maison d’édition québécoise…

Impressions

Voici un livre de SF très intrigant, construit autour de témoignages d’employés vivant loin de la Terre, sur un vaisseau. Chaque employé témoigne de sa vie d’exilé, de ses tâches quotidiennes, et notamment de ce qu’il ressent dans les deux salles où se trouvent d’étranges objets découverts sur une planète.

Reste que ces employés ne sont pas tous humains… Certains sont des « ressemblants », conçus par l’homme pour imiter l’espèce humaine.

Cette lecture questionne sur l’exil, la place de l’homme dans l’univers, son rapport à la nature et aux autres, et son statut de mortel. C’est le premier roman que je lis des éditions La Peuplade, et certainement pas le dernier.

Olga Ravn – Les Employés –  février 2020 (La Peuplade)

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