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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Kra – John Crowley

05 samedi Sep 2020

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, John Crowley, Ka, Kra, L'Atalante, lecture, Livre, quoi lire, rentrée littéraire 2020, roman

Les premières phrases

«  Une grande montagne s’élève au bout du monde. Cette montagne n’est pas haute mais elle est longue et large – et grande pour la bonne raison qu’elle s’offre toute seule à la vue sur une plaine sans aucune autre à la ronde. Autour d’elle se déploient des routes droites et des terrains meubles – les cailloux y sont même rares, et la montagne n’est pas constituée de roche.

Elle continue de grandir, et elle grandira encore longtemps avant de se stabiliser. A l’approche de l’aube, un bulldozer jaune en parcourt la pente, qui en tremble sous le poids, car le matériau de la montagne est encore mou et branlant. Aux premières lueurs du jour, de gros camions la gravissent à la queue leu leu sur des sentiers transversaux tracés pour leur usage, et, à des emplacements choisis, vident leur chargement par l’arrière en des tas fumants. Que le bulldozer disperse puis étale peu à peu.  »

Circonstances de lecture

Qui pourrait résister à cette couverture ?!

Impressions

« Kra » fait partie de ces livres difficiles à résumer, qui vous marquent d’emblée par leur ambiance particulière. John Crowley propose un roman de fantasy inclassable, dont le héros est une Corneille, baptisée Dar Duchesne, ce qui rappelle un peu le « Watership Down » de Richard Adams pour le point de vue animalier.

Recueilli par un homme près de mourir (le narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom), Dar Duchesne va se confier et lui raconter ses nombreuses aventures. Car cette Corneille a vécu bien des vies. Elle porte ainsi un regard sur la civilisation humaine depuis son apparition, jusqu’à un futur apocalyptique plus ou moins proche de notre époque. La mort, l’immortalité, le deuil, les histoires, tels sont les thèmes centraux traités dans « Kra ». John Crowley y revisite de nombreuses légendes et croyances, tel le mythe d’Orphée. Dar Duchesne nous transporte ainsi du royaume de Kra au royaume d’Ymr, se lie d’amitié avec un chaman, Toque de Renard, un Frère, une médium aveugle… A leur contact, il découvre les habitudes et croyances de cette drôle d’espèce à deux pattes, mais aussi le désir de vengeance et la compassion. « Kra » est un très beau roman, exigeant et simple à la fois. C’est enfin un bel hommage au pouvoir des mots, des histoires et des conteurs, et à l’intelligence des Corneilles.

John Crowley – Kra – 20 août 2020 – L’Atalante

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Nickel Boys – Colson Whitehead

03 jeudi Sep 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Étiquettes

Albin Michel, Colson Whitehead, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Nickel Boys, quoi lire, racisme, rentrée littéraire, rentrée littéraire 2020, roman

Les premières phrases

«  Même morts, les garçons étaient un problème.

Le cimetière clandestin se trouvait dans la partie nord du campus de Nickel, sur un demi-hectare de mauvaises herbes entre l’ancienne grange et la déchetterie de l’école. Ce champ avait servi de pâture à l’époque où l’établissement exploitait une laiterie et en vendait la production dans la région – une des combines de l’État de Floride pour décharger les contribuables du fardeau que représentait l’entretien des garçons. Les promoteurs de la zone d’activités avaient décidé de construire sur ce champ une esplanade dédiée à la restauration, avec quatre pièces d’eau et un kiosque en béton pour des événements occasionnels. La découverte des corps représentait une complication coûteuse pour la société immobilière qui attendait la validation de l’étude environnementale, ainsi que pour le procureur de l’État, qui venait de clore une enquête sur les histoires de maltraitances. Il allait falloir en lancer une nouvelle, établir l’identité des victimes et la cause de leur mort, et personne n’était capable de déterminer quand on pourrait enfin raser, nettoyer et effacer ce lieu des mémoires, même si tout le monde s’accordait à dire qu’il était grand temps.

Tous les garçons connaissaient cet endroit de malheur.  »

Circonstances de lecture

Parce que le sujet de la ségrégation raciale est malheureusement toujours d’actualité.

Impressions

« Nickel Boys » est un centre de redressement pour jeunes délinquants, censé, sur le papier, leur inculquer des valeurs, une éducation, et les remettre sur le droit chemin. C’est en réalité un endroit de tortures, aussi bien physiques que psychologiques. Elwood Curtis y atterrit suite à une erreur judiciaire. Porté par les paroles de Martin Luther King, il découvre avec effroi à quel point une vie peut déraper simplement à cause de sa couleur de peau. Mais que doit-il faire ? Se résigner à son sort, courber l’échine, à l’instar de Turner, un de ses compagnons d’infortune, ou se battre et croire en la justice de son pays et au changement des mentalités, quitte à en subir les pires conséquences ?

Cette histoire est d’autant plus révoltante que Colson Whitehead s’est inspiré de faits réels pour brosser le portrait de cette maison de correction dans l’Amérique des années 60. J’ai dévoré ce roman en à peine deux jours. Une lecture indispensable.

Colson Whitehead – Nickel Boys – 19 août 2020 – Albin Michel

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Le Lièvre d’Amérique – Mireille Gagné

16 dimanche Août 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers, Romans français

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Critique de livre, idées de lecture, La Peuplade, Le lièvre d'Amérique, lecture, Livre, Mireille Gagné, quoi lire, rentrée littéraire, rentrée littéraire 2020, roman

Les premières phrases

«  Le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) est un petit mammifère de l’ordre des lagomorphes et de la famille des léporidés. Il est largement répandu au Canada et au Québec. On le différencie du lapin par sa silhouette élancée et ses oreilles plus longues. A l’opposé de son cousin le lapin, le lièvre préfère fuir plutôt que de se cacher pour échapper aux prédateurs. Cette particularité comportementale est liée à certaines différences anatomiques, notamment à son cœur volumineux, qui lui permet de courir rapidement et plus longtemps.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup cette maison d’édition québécoise… et que je devais aller au Québec cet été…

Impressions

« Le Lièvre d’Amérique » est un joli ovni canadien, faisant souffler un vent de fraîcheur et d’originalité sur cette rentrée littéraire. On y croise Diane chez elle, le lendemain d’une opération de métamorphose pour le moins mystérieuse. On la revoit, avant son intervention, vivant exclusivement à travers son travail, cherchant à être la plus productive de son entreprise. On la retrouve, adolescente, subjuguée par Eugène, son nouveau voisin, fasciné quant à lui par les espèces en voie de disparition. On y croise enfin le fameux lièvre d’Amérique.

Un premier roman pas comme les autres, à la lisière du conte et de la fable, qui vous fera sourire, réfléchir et vous permettra de vous évader d’un monde un peu (beaucoup ?) trop terre à terre et mercantile. Une belle découverte !

Mireille Gagné – Le Lièvre d’Amérique – 20 août 2020 (La Peuplade)

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Betty – Tiffany McDaniel

30 jeudi Juil 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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Betty, Critique de livre, enfance, Gallmeister, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, racisme, rentrée littéraire 2020, roman, Tiffany McDaniel

Les premières phrases

«  Je ne suis encore qu’une enfant, pas plus haute que le fusil de mon père. Papa me demande de le lui apporter, à l’instant où je sors pour le rejoindre, tandis qu’il souffle un peu, assis sur le capot de la voiture. Il me prend le fusil des mains et le pose sur ses genoux. Quand je m’assieds près de lui, je sens la chaleur de l’été qui irradie de son corps comme de la tôle d’un toit brûlant par une journée torride.

Cela ne me gêne pas que les pépins de tomate provenant du déjeuner qu’il a pris dans le jardin tombent de son menton pour atterrir sur mon bras. Les graines minuscules restent collées sur ma peau et y forment un relief. Comme du Braille sur une feuille.

– Mon cœur est en verre, dit-il en roulant une cigarette. Mon cœur est en verre et, tu vois, Betty, si jamais je devais te perdre, il se briserait et la douleur serait si forte que l’éternité ne suffirait pas pour l’apaiser.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce titre me tentait énormément.

Impressions

Lire « Betty », c’est ressentir, une fois les pages refermées, un profond sentiment de bonheur et en même temps une grosse boule au fond de la gorge. Suivez les traces de Betty, cette petite indienne née d’une mère blanche et d’un père Cherokee… Vous n’en ressortirez pas indemne.

Vous ne pourrez oublier le parfum des citrons accrochés aux branches des arbres par son père, Landon, pour redonner le sourire à sa femme, Alka. Vous entendrez les rires et les pleurs de ses frères et sœurs, vous mordrez avec eux dans les tomates juteuses du potager, vous écouterez avidement les histoires que raconte le père, comme autant de preuves d’amour envers ses enfants. Certains pères connaissent le montant exact de leur compte en banque, lui connait le nombre d’étoiles qu’il y avait dans le ciel la nuit où ses enfants sont nés.

Lire « Betty », c’est aussi faire face au racisme et aux violences que les hommes infligent aux femmes. Alors, pour surmonter les épreuves, Betty écrit l’histoire de sa famille sur des morceaux de papier qu’elle enfouit ensuite dans des bocaux sous terre, essayant ainsi d’oublier les mauvais souvenirs et de ne garder que les bons.

« Betty » est un roman bouleversant, d’une beauté rare, à la fois poétique, violent, et cruel. Une sublime ode à l’enfance et à la famille, en particulier à l’amour paternel. Vous n’oublierez pas de sitôt la petite Betty, ni son père, Landon Carpenter, deux héros magnifiques que l’on a bien de la peine à quitter.

Tiffany McDaniel – Betty – 20 août 2020 (Gallmeister)

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Girl, Woman, Other – Bernardine Evaristo

27 samedi Juin 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Bernardine Evaristo, Blacklivesmatter, Critique de livre, Girl woman other, Hamish Hamilton, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Amma

is walking along the promenade of the waterway that bisects her city, a few early morning barges cruise slowly by

to her left is the nautical-themed footbridge with its deck-like walkway and sailing mast pylons

to her right is the bend in the river as it heads east past Waterloo Bridge towards the dome of St Paul’s

she feels the sun begin to rise, the air still breezy before the city clogs up with heat and fumes

a violonist plays something suitably uplifting further along the promenade

Amma’s play, « The Last Amazon of Dahomey », opens at the National tonight »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir cette auteur, gagnante du Booker Prize 2019.

Impressions

Bernardine Evaristo dresse ici douze portraits de femmes britanniques, la plupart noires, sur plusieurs décennies. Le livre se découpe en quatre parties, chacune regroupant trois portraits de femmes étroitement liées l’une à l’autre, qu’elles soient mères et filles, amies, amantes, professeure et élève… Reste qu’au final, toutes ces femmes vont finir par se croiser à un moment de leur vie, jusqu’à un épilogue plein d’émotions, qui vous fera sans doute verser une petite larme.

En parlant ainsi de douze femmes ayant vécu du début du 20ème siècle à nos jours, Bernardine Evaristo, d’origine anglo-nigérianne, montre ainsi l’évolution de la société britannique, mais aussi ses paradoxes, et la place qu’y occupent les femmes noires, qu’elles soient hétéros, homos, trans, féministes, artistes, institutrices, femmes au foyer, banquières, femmes de ménage ou encore étudiantes… Comment ont-elles fait (et font-elles encore) pour se forger une identité dans une société dominée par les blancs et par les hommes ? Telle est la principale question soulevée par ce livre polyphonique, écrit quasiment sans la moindre ponctuation, à la manière d’un poème en prose. Étonnamment, ce style ne m’a pas du tout gênée. Et j’ai été très vite portée par ces portraits de femmes si différentes les unes des autres et si semblables au final.

Un très beau roman à mettre entre toutes les mains, pour aider chacun et chacune à trouver sa place dans la vie et la force d’être soi-même, peu importe ses origines sociales, sa couleur de peau et ses préférences sexuelles.

Ce livre sera publié en français en septembre, par les éditions Globe.

Bernardine Evaristo – Girl, Woman, Other – Mai 2019 (Hamish Hamilton)

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Galeux – Stephen Graham Jones

28 jeudi Mai 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Fantastique, Galeux, idées de lecture, La Volte, lecture, Livre, loup-garou, quoi lire, roman, Roman fantastique, Roman social, SF, Stephen Graham Jones

Les premières phrases

«  Mon grand-père était un loup-garou.

En tout cas, c’est ce qu’il me disait, et il cherchait sans cesse à entraîner ma tante Libby et mon oncle Darren dans ses histoires, à les pousser à acquiescer quand il racontait qu’une vingtaine d’années plus tôt, il grimpait sur un moulin à vent pour lacérer la pluie de ses griffes. Qu’il courait ventre à terre à la poursuite du train venu de Booneville et le prenait de vitesse. Qu’il battait la campagne, les yeux luisants d’excitation, un poulet vivant entre les crocs, poursuivi par tous les villageois de l’Arkansas. La lune était toujours pleine, et elle l’éclairait à contre-jour comme un projecteur. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est édité par La Volte…

Impressions

Premier roman de Stephen Graham Jones à être traduit en français, Galeux met les loups-garous à l’honneur, mais ici on est loin du mythe généralement véhiculé dans les films et les livres ! Dans Galeux, les loups-garous sont des marginaux, obligés de vivre dans des caravanes miteuses, de faire des petits boulots, et de déménager tous les deux mois en moyenne, dès que le doute s’immisce dans le voisinage, ou dès que leur nature les oblige à accomplir un acte irréparable… Ce quotidien de lycanthrope est raconté à travers les yeux d’un petit garçon, élevé par son grand-père, sa tante et son oncle. Un petit garçon qui observe avec amour les membres de sa drôle de famille lutter pour survivre malgré leur différence.

Un très beau roman fantastique qui porte un regard nouveau sur le mythe du loup-garou, un roman social, surtout, sur tous les parias et les exclus de la société. « Un loup-garou ne se résume pas à ses crocs et à ses griffes, résume un des personnages de l’histoire. C’est à l’intérieur. C’est le regard que tu portes sur le monde. C’est le regard que te renvoie le monde. »

Stephen Graham Jones – Galeux – Mai 2020 (La Volte)

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Une pluie sans fin – Michael Farris Smith

18 samedi Avr 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Editions 10/18, idées de lecture, lecture, Livre, Michael Farris Smith, post-apo, quoi lire, roman, SF, SF post-apocalyptique, Une pluie sans fin

Les premières phrases

«  Il pleuvait depuis des semaines. Peut-être des mois. Cohen avait oublié à quand remontait le dernier jour sans pluie, quand la tempête avait cédé devant le bleu pâle du ciel marin, les vols d’oiseau, les nuages blancs, l’éclat du soleil sur le paysage détrempé. Il pleuvait, une pluie régulière qui avait perdu son obliquité agressive quand les dernières bourrasques s’étaient éloignées, pendant la nuit. Il avait envie de sortir. Il avait besoin de sortir, de fuir la lumière tressautante de la lampe à pétrole, le jeu de cartes usé, les livres de poche, la radio qui ne captait presque plus rien, la voix qui murmurait dans son sommeil, dans la tempête, dans le moindre recoin de la petite maison de brique. Il pleuvait à verse, très tôt en ce matin trop sombre, mais il fallait qu’il sorte. »

Circonstances de lecture

Parce que j’adore Michael Farris Smith…

Impressions

Michael Farris Smith fait définitivement partie de mes écrivains préférés. Après avoir dévoré « Nulle part sur la terre » et « Le Pays des oubliés« , j’ai enfin pris le temps d’ouvrir « Une pluie sans fin » et j’ai encore une fois été hypnotisée par la plume de l’auteur. C’est une claque que l’on se prend quand on lit du Michael Farris Smith, une claque d’une noirceur terrible, contrebalancée par une profonde et belle humanité. Michael Farris Smith parvient dès les premières lignes à nous agripper pour ne plus nous lâcher avant d’avoir lu la dernière page.

Ici, on suit Cohen, un quarantenaire solitaire, vivant dans le Mississippi dans sa vieille maison de brique, sous la Limite, cette zone laissée à l’abandon par le gouvernement, ravagée quotidiennement par des pluies et des tempêtes sans fin. Il est l’un des seuls à avoir choisi de rester dans sa maison, tapi dans les souvenirs de sa vie passée. Jusqu’au jour où il tend la main à deux jeunes errant sur la route… Il va alors devoir se confronter à la réalité du monde et aux autres.

Voici un roman post-apo magnifique. On en ressort trempé jusqu’aux os, les yeux un brin humides, triste de laisser derrière soi Cohen, Mariposa, Evan et Brisco.

Michael Farris Smith – Une pluie sans fin – octobre 2016 (Éditions 10/18)

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Les Employés – Olga Ravn

10 vendredi Avr 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, idées de lecture, La Peuplade, lecture, Les Employés, Livre, Olga Ravn, quoi lire, roman, SF

Les premières phrases

«  Les dépositions suivantes ont été recueillies pour donner un aperçu des relations entre les employés et les objets dans les salles. Sur une période de dix-huit mois, la commission a entendu tous les employés sur la question de leurs relations avec les salles et les objets qu’elles contenaient. A travers la transcription fidèle des dépositions des sujets, nous avons souhaité donner un aperçu du travail quotidien sur place et examiner à quelles influences possibles les employés avaient pu être exposés, comment ces influences, et possiblement ces relations, ont pu entraîner des changements constants chez les employés, dans quelle mesure on estime que cela a joué sur la baisse ou la hausse de leur implication au travail, sur la compréhension de leur tâche, sur leur aptitude à assimiler de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences et, enfin, quelles en ont été les conséquences sur la production. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais très envie de découvrir cette maison d’édition québécoise…

Impressions

Voici un livre de SF très intrigant, construit autour de témoignages d’employés vivant loin de la Terre, sur un vaisseau. Chaque employé témoigne de sa vie d’exilé, de ses tâches quotidiennes, et notamment de ce qu’il ressent dans les deux salles où se trouvent d’étranges objets découverts sur une planète.

Reste que ces employés ne sont pas tous humains… Certains sont des « ressemblants », conçus par l’homme pour imiter l’espèce humaine.

Cette lecture questionne sur l’exil, la place de l’homme dans l’univers, son rapport à la nature et aux autres, et son statut de mortel. C’est le premier roman que je lis des éditions La Peuplade, et certainement pas le dernier.

Olga Ravn – Les Employés –  février 2020 (La Peuplade)

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The Starless Sea – Erin Morgenstern

08 mercredi Avr 2020

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Erin Morgenstern, Fantasy, harvill secker, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, The Starless Sea

Les premières phrases

«  There is a pirate in the basement.

(The pirate is a metaphor but also a person.)

(The basement could rightly be considered a dungeon.)

The pirate was placed here for numerous acts of of a piratey nature considered criminal enough for punishment by those non-pirates who decide such things.

Someone said to throw away the key, but the key rests on a tarnished ring on a hook that hangs on the wall nearby.

(Close enough to see from behind the bars. Freedom kept in sight but out of reach, left as a reminder to the prisoner. No one remembers that now on the key side of the bars. The careful psychological design forgotten, distilled into habit and convenience.)

(The pirate realizes this but withholds comment.) »

Circonstances de lecture

Reçu en cadeau. 🙂

Impressions

Lire « The Starless Sea », c’est un peu comme pénétrer dans un monde à mi-chemin entre « Alice au pays des Merveilles » de Lewis Carroll, « Neverwhere » de Neil Gaiman, et « L’histoire sans fin » de Michael Ende. C’est surtout – et aussi – une superbe ode aux livres et à l’imaginaire.

Difficile de décrire ce roman tant il fourmille d’idées, d’histoires imbriquées les unes dans les autres, et de mystères ! Un gros coup de cœur, à l’image du précédent roman d’Erin Morgenstern, « Le Cirque des rêves », que j’avais adoré. Alors, oui, j’ai bien du mal à trouver les mots pour résumer « The Starless Sea » et pourtant il m’a beaucoup plu. J’ai même très envie de le relire de nouveau ! C’est dire ! Mais ce livre ne se résume pas, il se ressent. Je vais donc me contenter de vous laisser imaginer une immense bibliothèque souterraine, des gardiens de livres, des portes en trompe-l’œil, un océan de miel, un « roi hibou », ou encore une histoire d’amour intemporelle. Suivez les pas de Zachary Ezra Rawlins, qui découvre, en ouvrant un livre trouvé dans la bibliothèque de son université, des souvenirs de sa propre enfance ! Poussez avec lui une porte menant vers un univers confus, acceptez de ne pas tout comprendre et perdez-vous dans ce labyrinthe de l’imaginaire rempli d’histoires merveilleuses.

Espérons que ce livre sera traduit en français (« Le Cirque des Rêves » n’est malheureusement plus édité en vf…) et que l’objet livre soit aussi beau que la version anglaise, tout simplement magnifique.

Erin Morgenstern – The Starless Sea – novembre 2019 (Harvill Secker)

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La Piste des Éclairs – Rebecca Roanhorse

18 mercredi Mar 2020

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Bragelonne, Critique de livre, idées de lecture, La piste des éclairs, lecture, Livre, milady, post-apo, quoi lire, Rebecca Roanhorse, roman, SF

Les premières phrases

«  Le monstre est venu ici. Je sens son odeur.

C’est celle d’un carnivore qui ne se lave pas, qui empeste la sueur et la viande et quelque chose d’autre que je n’arrive pas à identifier. L’air nocturne en est imprégné, mais ça va au-delà de la simple puanteur, ça m’évoque une émotion plus profonde, plus primaire, qui me perturbe. Mon instinct se réveille et hurle un avertissement. Des gouttes de sueur froide perlent sur mon front. Je les essuie du revers de la main.

Je sens aussi l’enfant que le monstre a enlevée. Son odeur à elle est plus légère, plus propre. C’est celle de l’innocence. Si j’en crois mon odorat, cette petite est vivante, ou du moins elle l’était quand il l’a emmenée. Il se peut qu’elle ait une tout autre odeur à présent. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un roman post-apo sans prétention, mais qui se lit d’une traite. Chapitres courts, personnages bien trempés, de l’action à souhait… On ne s’ennuie pas à la lecture de ce premier tome ! Rebecca Roanhorse a en effet réussi à créer une chasseuse de monstres attachante que l’on prend plaisir à suivre. D’autant qu’à l’instar de son partenaire Kai Arviso, un homme-médecine, son héroïne, Maggie Hoskie, possède des dons claniques redoutables. Ici, l’ambiance post-apo se mêle aux légendes navajos, et la magie opère. Rendez-vous donc, vous aussi, à Dinétah, cette réserve indienne préservée de l’apocalypse climatique par les Dieux navajos… au prix du retour de monstres et autres créatures mythologiques d’un autre temps !

Rebecca Roanhorse – La Piste des Éclairs (Milady)

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