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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Le Rêve de Ryôsuke – Durian Sukegawa

31 mercredi Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Albin Michel, conseils de lecture, Critique de livre, Durian Sukegawa, idées de lecture, Le Rêve de Ryôsuke, Les délices de Tokyo, Livres, quoi lire

Les premières phrases

«  Les nuages s’étaient déchirés après l’averse et le crépuscule ruisselait de lumière. Les goélands qui tournoyaient au-dessus de la digue, les hommes affairés sur les docks, tout était nimbé d’une auréole resplendissante.

Le ferry à destination de l’archipel d’Aburi avait quitté les quais du port de R. et se dirigeait lentement vers le large.

Depuis la cafétéria où il était attablé, Ryôsuke voyait défiler les installations portuaires, et il avait aussi vue sur une partie du pont et de la coursive. Sur le pont brillaient des flaques pareilles à des éclats de soleil, leurs reflets dessinant des motifs évanescents. Au gré du roulis, les taches de lumière s’évanouissaient et fusionnaient, sans cesse changeantes. Ryôsuke, qui suivait leurs frémissements du coin de l’œil, y superposa fugitivement les premières formes de la vie issue de la mer. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré le premier roman de Durian Sukegawa, « Les Délices de Tokyo« .

Impressions

Après « Les Délices de Tokyo« , l’auteur japonais Durian Sukegawa signe un 2ème roman tout aussi beau. Son héros a accepté un job ingrat sur une île isolée : creuser une tranchée d’arrivée d’eau. Mais son véritable objectif est d’accomplir le rêve de son père : fabriquer du fromage de chèvre. Reste que sur une île où les habitants ont comme tradition de manger les chèvres, son projet n’est pas vu d’un très bon œil… Ce roman traite avec justesse des tabous, de l’accomplissement des rêves, du mal être, du poids d’une vie animale comparé à celle des hommes. Petit avertissement : les descriptions des repas à base de poissons et de la confection des fromages de chèvre vous donnera l’eau à la bouche ! Prévoyez un petit encas à côté de vous lorsque vous lirez ce livre !

Un passage parmi d’autres

 Du brocciu tout frais, charnu et luisant.

Le soleil était couché depuis longtemps ; à la lueur de la lanterne, ils remplirent de vin leurs verres dépareillés. Dans la nappe de lumière qui s’échappait de la maison, ils trinquèrent tous les cinq. La première gorgée avalée, il fut temps de goûter le brocciu. Chacun préleva une cuillerée de fromage dans le chinois et la porta à ses lèvres en silence.

Curieusement, ce fut Hashi qui poussa le premier un grognement de plaisir. Kaoru et Tachikawa, avec un soupir émerveillé, laissèrent échapper un petit rire.

L’institutrice fit rouler deux ou trois fois ses grands yeux humides.

« On croirait manger des nuages. »

Un éclat de lumière fugace ourla ses paupières.

Ryôsuke, un sourire accroché aux lèvres, se tourna vers les chèvres. La petite famille était tendrement réunie devant l’étable.

Durian Sukegawa – Le Rêve de Ryôsuke – avril 2017 (Albin Michel)

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We are okay – Nina LaCour

21 dimanche Mai 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Dutton Books, idées de lecture, Livres, Nina LaCour, Penguin Random House, quoi lire, We are okay

Les premières phrases

 » Before Hannah left, she asked if I was sure I’d be okay. She had already waited an hour past when the doors were closed for winter break, until everyone but the custodians were gone. She had folded a load of laundry, written an email, searched her massive psychology textbook for an­swers to the final exam questions to see if she had gotten them right. She had run out of ways to fill time, so when I said, “Yes, I’ll be fine,” she had nothing left to do except try to believe me.

I helped her carry a bag downstairs. She gave me a hug, tight and official, and said, “We’ll be back from my aunt’s on the twenty-eighth. Take the train down and we’ll go to shows.”

I said yes, not knowing if I meant it. When I returned to our room, I found she’d snuck a sealed envelope onto my pillow.

And now I’m alone in the building, staring at my name written in Hannah’s pretty cursive, trying to not let this tiny object undo me. »

Circonstances de lecture

Livre qu’une amie m’a prêté. Merci Alex !

Impressions

J’ai dévoré ce livre en deux jours ! Dès les premières phrases, j’ai été transportée dans la vie de l’héroïne, Marin, une jeune fille qui se retrouve à passer les vacances de Noël seule dans son campus universitaire, à New York. Seule, à l’exception de 3 jours durant lesquels sa meilleure amie, Mabel, sera là, à ses côtés. Mais Mabel vient pour obtenir des réponses et savoir pourquoi Marin a disparu du jour au lendemain, pourquoi Marin s’est enfermée dans une telle solitude… Une histoire bouleversante, superbe, qui vous fera forcément verser quelques larmes. Un GROS coup de cœur. Et quelle jolie couverture !

Un passage parmi d’autres

 I wonder if there’s a secret current that connects people who have lost something. Not in the way that everyone loses something, but in the way that undoes your life, undoes your self, so that when you look at your face it isn’t yours any more.

Nina LaCour – We are okay – février 2017 (Dutton Books)

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Voyage d’hiver – Jaume Cabré

18 jeudi Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Actes Sud, Confiteor, conseils de lecture, Critique de livre, Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, idées de lecture, Jaume Cabré, Livres, nouvelles, quoi lire, Voyage d'hiver

Les premières phrases

«  Il ajusta le banc, parce qu’il était un peu trop bas. Et pourtant il l’avait réglé à sa hauteur à peine une demi-heure plus tôt. Non, maintenant il est trop haut. Et il bouge un peu, tu vois ? Merde. Là c’est bon. Non. Si. Il tira son mouchoir de la poche de son habit et s’essuya la paume des mains. Il en profita pour passer le mouchoir sur les touches immaculées, comme si elles étaient humides de la sueur d’autres exécutions. Il rajusta les manchettes de sa chemise. Tout mon être est une agonie. J’ai la gorge sèche, le sang plein de piquants et mon cœur est sur le point d’éclater à cause de tant et tant de choses. Je ne veux pas que mes mains tremblent. A ma droite, la froideur mortelle du public. Il ne voulait pas regarder à nouveau pour vérifier qu’il ne s’était pas trompé quand, machinalement, en saluant, il avait regardé les premiers rangs. Bien sûr qu’il s’était trompé. Parce que sinon, autant arrêter tout ça immédiatement. Une toux de femme. Une toux d’homme, très lointaine et puissante, qui lui rappela l’immensité de la salle. Rien, il ne se passe rien à ma droite, il n’y a rien. Rien que de la glace, l’ennemi, la mort. Le banc, un centimètre plus en arrière. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais eu un gros coup de cœur pour « Confiteor« .

Impressions

Après le dernier Haruki Murakami (« Des hommes sans femmes« ), me voilà à me replonger dans un recueil de nouvelles, cette fois de l’auteur Jaume Cabré. D’habitude, je ne lis pas de nouvelles… Mais après ces deux recueils, je sens que j’en lirai davantage, tant j’ai été conquise ! Jaume Cabré a une écriture magnifique qui transporte son lecteur. Ici, il nous livre 14 histoires courtes bouleversantes. Un pianiste sur le point de tout plaquer, un homme attendant le verdict a priori fatal de son médecin, un prisonnier organisant son évasion pour pouvoir revoir sa fille, un collectionneur de livres inconnus, deux amants s’aimant 28 jours puis se cherchant pendant 20 ans… Et là où « Voyage d’hiver » prend soudain une autre dimension, c’est quand on découvre les fils rouges reliant toutes ces histoires.

Un passage parmi d’autres

 Et Margherita, toujours avec l’écho de Gute Nacht dans les oreilles, lui expliqua qu’elle devait quitter Vienne à trois heures, que son train partait à cette heure-là et qu’elle ne voulait pas qu’il l’accompagne à la gare car elle ne le supporterait pas. Et elle lui dit aussi pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, comme ça, comme une mitraillette. Et elle ajouta, disons-nous adieu ici, Zoltan. Il resta bouche bée de surprise. Tout était possible sauf ça. Cela faisait vingt-huit jours qu’il vivait dans la bulle d’un rêve et il avait été assez bête pour ne jamais penser que les bulles de bonheur finissent toujours par éclater en multiples déceptions.

Jaume Cabré – Voyage d’hiver – février 2017 (Actes Sud)

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Des hommes sans femmes – Haruki Murakami

14 dimanche Mai 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, conseils de lecture, Critique de livre, Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, idées de lecture, Livres, nouvelles, quoi lire

Les premières phrases

«  Kafuku était monté un certain nombre de fois dans des voitures conduites par des femmes et son expérience l’amenait à classer les conductrices en deux catégories : celles qui étaient un peu trop agressives et celles qui étaient un peu trop prudentes. Les dernières étaient infiniment plus nombreuses que les premières – de quoi sans nul doute se réjouir. En somme, les femmes étaient en général plus polies et conduisaient leur véhicule avec plus de prudence que les hommes. Bien entendu, on n’allait pas se plaindre de la politesse ou de la prudence d’un chauffeur, même si ce style de conduite pouvait irriter les autres conducteurs. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami.

Impressions

Ce recueil de nouvelles d’un de mes auteurs préférés est un petit délice de lecture. Ne vous fiez pas aux premières phrases (vive les généralités sur les femmes et leur conduite !), elles ne sont pas représentatives du reste du livre ! Dans chacune des nouvelles, Haruki Murakami nous plonge dans des moments de vie d’hommes seuls, amoureux, nostalgiques… Les relations hommes / femmes sont à chaque fois différentes et émouvantes. La solitude est encore une fois au cœur de ces histoires. Ma préférée : « Yesterday ». Un vrai bonheur de lecture !

Un passage parmi d’autres

 – Rêves-tu encore aujourd’hui à la lune de glace ? lui demandai-je.

Elle releva la tête d’un geste brusque et me regarda. Puis un sourire s’épanouit sur son visage. Très lentement. Un merveilleux sourire, totalement naturel.

 » Tu te souviens encore de mon rêve ?

– Je ne sais pas pourquoi, mais oui.

– Alors que c’est le rêve de quelqu’un d’autre ?

– Les rêves, c’est le genre de choses que l’on peut emprunter ou prêter, si besoin est. J’en suis persuadé. »

Haruki Murakami – Des hommes sans femmes – mars 2017 (Belfond)

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4 3 2 1 – Paul Auster

26 mercredi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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4 3 2 1, Critique de livre, faber & faber, faber and faber, idées de lecture, lecture, Livre, Paul Auster, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  According to family legend, Ferguson’s grandfather departed on foot from his native city of Minsk with one hundred rubles into the lining of his jacket, traveled west to Hamburg through Warsaw and Berlin, and then booked passage on a ship called the Empress of China, which crossed the Atlantic in rough winter storms and sailed into New York Harbor on the first day of the twentieth century. While waiting to be interviewed by an immigration official at Ellis Island, he struck up a conversation with a fellow Russian Jew. The man said to him: Forget the name Reznikoff. It won’t do you any good here. You need an American name for your new life in America, something with a good American ring to it. Since English was still an alien tongue to Isaac Reznikoff in 1900, he asked his older, more experienced compatriot for a suggestion. Tell them you’re Rockefeller, the man said. You can’t go wrong with that. An hour passed, then another hour, and by the time the nineteen-year-old Reznikoff sat down to be questionned by the immigration official, he had forgotten the name the man had told him to give. Your name? the official asked. Slapping his head in frustration, the weary immigrant blurted out in Yiddish, Ikh hob fargessen (I’ve forgotten)! And so it was that Isaac Reznikoff began his new life in America as Ichabod Ferguson.

He had a hard time of it, especially in the beginning, but even after it was no long the beginning, nothing ever went as he had imagined it would be in his adopted country.  »

Circonstances de lecture

Parce que Paul Auster fait partie de mes auteurs préférés.

Impressions

Le dernier Paul Auster est un pavé de quelque 866 pages… Autant dire qu’il faut avoir une motivation sans faille et une foi inconditionnelle en l’auteur pour se plonger dans « 4 3 2 1 ». Paul Auster y retranscrit l’histoire d’un Américain, petit-fils d’immigrants, de sa naissance en 1947 à son entrée dans la vie adulte dans les années 70, tout en faisant un parallèle avec l’Histoire Américaine de cette partie chargée du 20ème siècle, en particulier la guerre froide, les problèmes de ségrégation raciale et la guerre au Vietnam. Reste que Paul Auster complique encore la chose en nous proposant 4 versions différentes de notre héros, Archie Ferguson (d’où le titre du livre…), selon le chemin qu’il choisit, les rencontres qu’il fait, ou tout simplement le destin plus ou moins tragique de ses proches. Chaque chapitre se divise ainsi en 4, et l’on suit ainsi 4 vies possibles d’Archie. C’est donc une lecture exigeante, mais heureusement passionnante, que nous propose Paul Auster. Venir à bout de ces plus de 800 pages m’aura pris du temps mais je ne le regrette pas (bien qu’il y ait quelques longueurs). La plume de l’auteur y est évidemment pour quelque chose ! Tout comme la retranscription de cette partie de l’histoire américaine.

Un passage parmi d’autres

 The word psyche means two things in Greek, his aunt said. Two very different but interesting things. Butterfly and soul. But when you stop and think about it carefully, butterfly and soul aren’t so different, after all, are they? A butterfly starts out as a caterpillar, an ugly sort of earthbound, wormy thing, and then one day the caterpillar builds a cocoon, and after a certain amount of time the cocoon  opens and out comes the butterfly, the most beautiful creature in the world. That’s what happens to souls as well, Archie. They struggle in the depths of darkness and ignorance, they suffer through trials and misfortunes, and bit by bit they become purified by those sufferings, strengthened by the hard things that happen to them, and one day, if the soul in question is a worthy soul, it will break out of its cocoon and soar through the air like a magnificent butterfly.

Paul Auster – 4 3 2 1 – 2017 (faber & faber)

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Slade House – David Mitchell

25 mardi Avr 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, David Mitchell, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sceptre, Slade House

david-mitchell-slade-houseLes premières phrases

«  Whatever Mum’s saying’s drowned out by the grimy roar of the bus pulling away, revealing a pub called The Fox and Hounds. The sign shows three beagles cornering a fox. They’re about to pounce and rip it apart. A street sign underneath says WESTWOOD ROAD. Lords and ladies are supposed to be rich, so I was expecting swimming pools and Lamborghinis, but Westwood Road looks pretty normal to me. Normal brick houses, detached or semi-detached, with little front gardens and normal cars. The damp sky’s the colour of old hankies. Seven magpies fly by. Seven’s good. Mum’s face is inches away from mine, though I’m not sure if that’s an anrgy face or a worried one. « Nathan? Are you even listening? » Mum’s wearing make-up today. That shade of lipstick’s called Morning Lilac but it smells more like Pritt Stick than lilacs. Mum’s face hasn’t gone away, so I say, « What? »

« It’s « Pardon », or « Excuse me ». Not « What? » »

« Okay, » I say, which often does the trick.

Not today. « Did you hear what I told you? »

« It’s « Pardon » or « Excuse me ». Not « What? » »

« Before that! I said, if anyone at Lady Grayer’s asks how we came here, you’re to tell them we arrived by taxi. »

« I thought lying was wrong ».

« There’s lying, » says Mum, fishing out the enveloppe she wrote the directions on from her handbag, « which is wrong, and there’s creating the right impression, which is necessary. If your father paid what he’s supposed to pay, we really would have arrived by taxi. Now… » Mum squints at her writing. « Slade Alley leads off Westwood Road, about halfway down… » She checks her watch. « Right, it’s ten to three, and we’re due at three. Chop chop. Don’t dawdle. » Off Mum walks.  »

Circonstances de lecture

Encore une fois attirée par la couverture…

Impressions

« Slade House » est un conte horrifique aux allures de conte de fées, digne d’un roman de Stephen King. Après le génial « Cloud Atlas », David Mitchell part donc sur un tout autre style d’histoire. Tous les neuf ans, une maison (Slade House) attire à elle une personne (un enfant, un policier…). Chaque chapitre du livre nous parle ainsi de ce qui est arrivé à cette personne et nous fait voyager de 1979 à 2015. A chaque visite, on en apprend un peu plus sur la maison et ce qui pousse les « invités » à y pénétrer. J’ai dévoré ce livre ! Je le recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 I’ve stopped, because the far end of the garden, the wall with the small black door – it’s gone all faint and dim. Not because of evening. It can’t even be four o’clock yet. Not because it’s misty, either. I look up – the sky’s still bluish, like it was before. It’s the garden itself. The garden’s fading away.

I turn around to tell Jonah to stop the game, something’s wrong, we need a grown-up. Any second now he’ll come hurtling round the far corner. The brambles sway like underwater tentacles. I glance back at the garden. There was a sundial but it’s gone now, and the damson trees too. Am I going blind? I want Dad to tell me it’s fine, I’m not going blind, but Dad’s in Rhodesia, so I want Mum. Where’s Jonah? What if this dissolving’s got him too? Now the lattice tunnel thing’s erased. What do you do when you’re visiting someone’s house and their garden starts vanishing?

David Mitchell – Slade House – 2015 (Sceptre)

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Mind of Winter – Laura Kasischke

02 jeudi Mar 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harper Perennial, idées de lecture, Laura Kasischke, lecture, Livre, Mind of Winter, quoi lire, roman

Laura Kasischke - Mind of WinterLes premières phrases

«  She woke up late that morning, and knew:

Something had followed them home from Russia.

This scrappy bit of information had been offered up to Holly in a dream, she supposed, a glimpse into a truth she’d carried with her for – how long?

Thirteen years?

Thirteen years!

For thirteen years she’d known this, and not known – or so it seemed to her in her half-awake state on Christmas morning. She rose from bed and went down the hallway to her daughter’s bedroom, anxious to see that she was there, still asleep, perfectly safe.

Yes, there she was, Tatiana, one pale arm thrown over a pale coverlet. Dark hair spilled over a pillow. She was so still she could have been a painting. So peaceful she could have been –

But she wasn’t. She was fine. Holly felt reassured and went back to the bedroom, slipped into bed beside her husband again – but as soon as she did, she thought it once more :

It had followed them home!.  »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un huis clos comme je les aime ! Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part en catastrophe chercher ses parents à l’aéroport. Holly doit donc se dépêcher pour préparer le repas avant l’arrivée des convives. Rien de très grave, sauf que sa fille fait la tête. Et que la tension qui existe entre elles dès les premières pages ne fait que s’amplifier. D’autant qu’une tempête de neige fait rage, et qu’elles se retrouvent toutes les deux en tête à tête…

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre de Laura Kasischke. Un huis clos bien flippant, qui traite des relations mères/filles et de l’adoption. Avec un final des plus inattendus !

Un passage parmi d’autres

 About Tatiana, Theodota had said, « No. Don’t name her Russian. Name her American. Or she’ll be back. »

The nurses had called her Sally. They had explained to Eric and Holly, « We give her American name so that in her life and in her death she will not be restless in America, try to return to Russia. »

« But we want her to be proud of her Russian origins, » Holly had tried, in turn, to explain, not sure if any of her English was being understood. « We want to call her Tatiana because it is a beautiful Russian name for a beautiful little Russian girl. »

The nurse had scowled and shaken her head vehemently. « Nyet, nyet, no, » she said. « Sally. Or »- here she softened, as though sensing that they might be able to compromise – « you name her Bonnie. Bonnie and Clyde, no? »

Holly had been smiling, but she was having a hard time keeping the spirit light. She said, « No. Tatiana. »

« No, » the nurse had said right back to her.

« Oh my God, » Holly had said, later, to Eric. « What is wrong with these people? »

Even Eric, at that point, had regained his sense of humor enough to shake his head in disbelief at the superstitions of these people in Siberia.

Laura Kasischke – Mind of Winter – 2015 (Harper Perennial)

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Fantastic Beasts and where to find them – J.K.Rowling

14 mercredi Déc 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Fantastic Beasts and where to find them, Harry Potter, idées de lecture, J.K.Rowling, lecture, Little Brown, Livre, original screenplay, quoi lire, roman

Fantastic Beasts and Where to Find ThemLes premières phrases

«  A large, isolated, derelict chateau emerges from the darkness. We focus on a cobbled square outside the building shrouded in mist, eerie, silent.

Five Aurors stand, wands aloft, tentative as they edge towards the chateau. A sudden explosion of pure white light sends them flying.

We whip round to find their bodies scattered, lying motionless at the entrance to a large parkland. A figure (GRINDELWALD) enters the frame, his back to the camera; ignoring the bodies, he stares out into the night sky, as we pan up towards the moon.  »

Circonstances de lecture

Parce que je ne peux pas me lasser de l’univers d’Harry Potter !!!

Impressions

Je n’avais pas prévu d’acheter le scénario du film… Et puis, j’ai poussé la porte de la librairie Shakespeare & Company à Paris… et le livre s’est jeté sur moi… Comment résister à une aussi belle couverture ? L’intérieur est tout aussi beau, avec de petits dessins des créatures entre les chapitres. Quant à l’histoire, elle transporte avec bonheur dans l’univers magique de J.K. Rowling. On suit les aventures de Newt Scamander, dont la valise remplie de créatures fantastiques est malencontreusement ouverte… J’ai beaucoup aimé ! Et le livre va trôner en bonne place dans ma bibliothèque.

Un passage parmi d’autres

 TINA : Who are you ?

NEWT : I’m sorry?

TINA : Who are you?

NEWT : Newt Scamander. And you are?

TINA : What’s that thing in your case?

NEWT : That’s my Niffler. (pointing at hot dog mustard still on Tina’s lip). Er, you’ve got something on your…

TINA : Why in the name of Deliverance Dane did you let that thing loose?

NEWT : I didn’t mean to… he’s incorrigible, you see, anything shiny, he’s all over the place…

TINA : You didn’t mean to?

NEWT : No.

TINA : You could not have chosen a worse time to let that creature loose! We’re in the middle of a situation here! I’m taking you in.

NEWT : You’re taking me where?

She produces her official ID card. It bears her moving picture and an impressive symbol of an American eagle: MACUSA.

TINA : Magical Congress of the United States of America.

J.K. Rowling – Fantastic Beasts and where to find them – 2016 (Little Brown)

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Station Eleven – Emily St. John Mandel

20 mardi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Emily St. John Mandel, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Station Eleven

Emily St. John Mandel - Station ElevenLes premières phrases

«  Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes – versions enfantines des filles de Lear – avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie. Le roi titubant essayait de les attraper tandis qu’elles gambadaient çà et là dans les ombres. Il s’appelait Arthur Leander et avait cinquante et un ans. Des fleurs ornaient ses cheveux. 

« Me reconnais-tu ? demanda le comédien qui interprétait Gloucester.

– Je me rappelle assez bien tes yeux », répondit Arthur, distrait par la version enfantine de Cordelia.

Ce fut à ce moment-là que la chose se produisit. Son visage se crispa, il trébucha et tendit le bras vers une colonne, mais, évaluant mal la distance, se cogna durement le tranchant de la main.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime les romans post-apocalyptiques (ne me demandez pas pourquoi !).

Impressions

Voici « LE » roman SF post-apocalyptique de la rentrée littéraire. Quand un virus mortel foudroie une bonne partie de l’humanité, il ne reste plus que quelques groupes de survivants. Parmi eux, une troupe de théâtre ambulante brave tous les dangers pour jouer du Shakespeare et ainsi tenter de préserver ce qui fait, à leurs yeux, la force des hommes : leur culture, le goût des mots et de la musique, leur âme d’artistes en somme.

Que ceux qui ne sont pas fans de SF se rassurent, ce livre leur plaira aussi car l’auteur aime nous replonger dans le passé de ses héros, dans le monde d’avant, où l’argent, l’apparence et la soif de pouvoir font loi. On découvre petit à petit le lien entre cet Arthur Leander, acteur célèbre sur le déclin, qui meurt dans le premier chapitre, et certains survivants, dont un homme à la tête d’une secte sanguinaire et une jeune femme aux poignets tatoués.

Station Eleven est un roman à la construction habile, aux personnages attachants. Si le postulat de départ n’est certes pas original, je me suis laissée emportée par le rythme de l’histoire. Un très bon roman de SF en somme.

Un passage parmi d’autres

 Moi, j’avais huit ans… neuf quand nous avons cessé de marcher. Je n’ai aucun souvenir de l’année que nous avons passée sur la route – ce qui signifie, je crois, que j’ai oublié le pire de cette période. Ne croyez-vous pas, en définitive, que les gens qui vivent le plus mal cette… notre époque actuelle, appelez-la comme vous voudrez, le monde d’après la grippe de Géorgie… ne croyez-vous pas que ceux qui ont le plus de difficultés à s’y adapter sont ceux qui se souviennent clairement du monde ancien ?

FD : Je n’y avais pas réfléchi.

KR : Ce que je veux dire, c’est que plus vous avez de souvenirs, plus vous avez perdu.

FD : Vous vous rappelez bien certaines choses…

KR : Si peu. Mes souvenirs d’avant le cataclysme ressemblent aujourd’hui à des rêves. Je me souviens d’avoir regardé par le hublot d’un avion, ce devait être dans le courant de la dernière année, et d’avoir vu du ciel la ville de New York. Vous l’avez vu, ça ?

FD : Oui.

KR : Un océan de lumières électriques. Ça me donne des frissons rien que d’y penser. Je ne me souviens pas vraiment de mes parents… juste des impressions. Je me souviens de conduits qui soufflaient de l’air chaud en hiver et d’appareils qui jouaient de la musique. Je me souviens d’écrans d’ordinateurs allumés. Je me souviens que, quand on ouvrait un frigo, il en sortait de l’air froid et de la lumière. Et les congélateurs encore plus froids, avec des petits cubes de glace dans les bacs. Vous vous en souvenez ?

FD : Bien sûr. Ça fait un moment que je n’ai pas vu de frigo qui ne soit pas transformé en espace de rangement.

KR : Et à l’intérieur, il y avait non seulement du froid, mais aussi de la lumière, c’est ça ? Je ne l’imagine pas ?

FD : Il y avait bien de la lumière à l’intérieur.

Emily St. John Mandel – Station Eleven – août 2016 (Rivages)

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Phare 23 – Hugh Howey

12 lundi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, idées de lecture, lecture, Livre, Phare 23, quoi lire, rentrée littéraire, roman, SF

hugh-howey-phare-23Les premières phrases

 » On ne vous prépare pas aux petits bruits. On vous colle dans une centrifugeuse jusqu’à l’évanouissement, on vous fait caracoler sur des courbes paraboliques jusqu’à vomir tripes et boyaux, on vous transperce d’aiguilles jusqu’à ce que vous vous sentiez comme un toxico, on vous fait ingurgiter trois domaines de la physique, passer un diplôme de médecine et suivre en même temps un entraînement de triathlon.

Mais on ne vous dit pas ce qu’il en est de vivre avec les cliquetis et les grincements et les petits bips en arrière-plan. Ni comment le vide spatial, des années-lumière à la ronde, peut être ressenti comme un poids énorme, écrasant. Le silence semble constamment gagner du terrain, comme l’obscurité à laquelle j’ai été un jour confronté, dans une grotte de la Virginie-Occidentale. Une obscurité qu’on peut mâcher. Une obscurité qu’on perçoit à des kilomètres alentour. Une obscurité dont on n’est pas certain de pouvoir un jour s’extirper.

Au fin fond de l’espace, le silence est précisément de cette nature. Du coup, les petits bidules qui ronronnent dans ma balise deviennent des enfoirés et leurs cliquetis cauchemardesques me mettent les nerfs en pelote. Je les hais tous jusqu’au dernier. Tout ce qui bouge dans cet endroit.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré la trilogie Silo du même auteur.

Impressions

LA CLAQUE ! Si vous devez lire un livre, un seul, de cette rentrée littéraire, lisez donc Phare 23 de Hugh Howey. Vous n’aimez pas la science fiction, les histoires qui se passent dans l’espace ? Lisez-le quand même ! Et de toute urgence. Car ce livre a une portée universelle, un message de paix et de tolérance dont notre société actuelle a grand besoin…

Le héros de Phare 23 – on ne saura jamais son nom – est gardien de phare. Mais pas un phare en pleine mer, non, un phare (une balise) au milieu de l’espace. Nous sommes au XXIIIème siècle, et sans grande surprise les hommes sont en guerre. Notre héros, médaillé de guerre, a choisi la solitude de l’espace pour y cacher sa souffrance. Il vit donc seul dans son phare. Sa mission : faire en sorte que les vaisseaux traversent sa partie de la Voie lactée en toute sécurité, loin des astéroïdes et des dangers en tout genre. Mais voilà, peut-on rester sain d’esprit au milieu de cette solitude ? Sa « maison » construite par la Nasa est-elle aussi sûre et solide que ce qu’on a bien voulu lui faire croire ? La guerre est-elle si loin que ça ?

Phare 23 est un livre magnifique au suspens haletant. Hugh Howey signe là un superbe roman sur la solitude humaine, la guerre, la différence et la tolérance. LISEZ-LE et peut-être que le message de l’auteur deviendra un jour réalité… Oui, on peut toujours rêver… Encore heureux… « Je sais que c’est pure fiction, mais que se passerait-il si, debout sur les décombres des attaques dirigées contre nous, que ce soit au sens littéral ou métaphorique, physique ou émotionnel, personnel ou politique, nous choisissions le pardon plutôt que l’escalade ? A quoi ressemblerait ce monde ? Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais il me plaît de faire semblant. »

Un passage parmi d’autres

 Les pannes d’EOG ne peuvent pas arriver. Les systèmes de secours ont des systèmes de secours qui ont des systèmes de secours. Tout est incestueux dans les entrailles de la balise 23, moi je vous le dis. Pour que quelque chose se détraque, il faudrait qu’une première alarme soit hors service, ainsi qu’une seconde de sauvegarde et deux différents modules conçus pour effectuer la même opération et contrôlés toutes les quelques secondes pour être sûr qu’ils en sont effectivement capables. Toutes les puces électroniques et les logiciels peuvent se réparer et redémarrer seuls. On pourrait déclencher une impulsion électromagnétique dans cette saleté qu’elle repartirait en moins de deux. Il faudrait deux douzaines de pannes aléatoires et simultanées plus un tas d’autres coïncidences trop ahurissantes pour pouvoir même les envisager.

Une fois, un intello de la Nasa a calculé les probabilités. Elles étaient très très faibles. Ceci dit, la semaine passée, il y avait 1 527 balises Galsat en activité dans la Voie lactée. Alors à mon avis, les chances que quelqu’un ait un problème ne cessent d’augmenter. En particulier quand les balises vieillissent. Et en ce moment, ce quelqu’un, ça doit être moi.

Hugh Howey – Phare 23 – septembre 2016 (Actes Sud)

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