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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Le restaurant de l’amour retrouvé – Ogawa Ito

07 dimanche Août 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, Le restaurant de l'amour retrouvé, Livres, Ogawa Ito, Picquier poche, quoi lire

Ogawa Ito - Le restaurant de l'amour retrouvéLes premières phrases

«  Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu.

Un instant, j’ai cru que je m’étais trompée de porte. Mais j’avais beau vérifier et revérifier, c’était bien ici, le nid d’amour où je vivais avec mon petit ami indien. La tache en forme de cœur, abandonnée au plafond, en était la preuve irréfutable. 

On aurait dit le jour où l’agent immobilier nous avait montré l’appartement pour la première fois. Seulement, à la différence de jour-là, il flottait dans la pièce un léger parfum de garam masala et, au beau milieu du salon désert, luisait la clé de mon copain.  »

Circonstances de lecture

Parce qu’il m’a été chaudement recommandé par une amie.

Impressions

Lire « Le restaurant de l’amour retrouvé » d’Ogawa Ito, c’est respirer les parfums de la cuisine japonaise, sentir la douceur des fleurs des arbres fruitiers, être saisi par la fraîcheur de l’hiver. Dès les premières phrases, j’ai été emportée par cette belle histoire aux saveurs sucrées salées.

Un soir, Rinco rentre chez elle pour découvrir un appartement entièrement vide, ses meubles, ses ustensiles de cuisine et son amoureux envolés. Elle en perd littéralement la voix. Elle qui avait fui le logement familial, elle revient vivre dans le village de sa mère, avec qui elle entretient des rapports très froids. Bien que muette et bouleversée par le départ subit de l’homme qu’elle aime, Rinco prend son destin en main et décide d’ouvrir son propre restaurant. Pour elle, la cuisine est un art de vivre et elle met tout son talent en œuvre pour changer la vie de ses convives à travers ses petits plats.

Un gros coup de cœur ! La plume poétique de l’auteur se marie à merveille à cette histoire pleine d’émotions.

Un passage parmi d’autres

 Je rangeais toujours la jarre de saumure dans le réduit du compteur à gaz, à côté de la porte d’entrée, où la température et l’humidité étaient idéales. Il y faisait frais même au cœur de l’été, et inversement, en hiver, la température était plus élevée que dans le réfrigérateur, c’était parfait pour la conserver.

C’était un précieux souvenir de ma grand-mère.

Je vous en prie. Faites que la saumure soit encore là…

J’ai ouvert la porte en priant : la chère jarre m’attendait patiemment dans l’obscurité.

J’ai ôté le couvercle et inspecté l’intérieur. Pas de doute, la forme imprimée ce matin par la paume de ma main était toujours visible. Des feuilles de navet vert pâle émergeaient à la surface. Les navet en saumure, épluchés en laissant seulement une petite touffe de feuilles et incisés en croix à l’extrémité, sont doux et juteux.

Ouf !

Instinctivement, j’ai pris la jarre à deux mains et l’ai serrée contre ma poitrine. Elle était toute fraîche. C’était mon ultime planche de salut.

Ogawa Ito – Le restaurant de l’amour retrouvé – 2013 (Philippe Picquier)

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Harry Potter and the Cursed Child – Jack Thorne, J.K.Rowling, John Tiffany

06 samedi Août 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Cursed Child, idées de lecture, J.K.Rowling, Jack Thorne, John Tiffany, lecture, Little Brown, Livre, quoi lire, roman

Jack Thorne - Harry Potter and the cursed childLes premières phrases

«  A busy and crowded station, full of people trying to go somewhere. Amongst the hustle and bustle, two large cages rattle on top of two laden trolleys. They’re being pushed by two boys, JAMES POTTER and ALBUS POTTER. Their mother, GINNY, follows after. A thirty-seven-year-old man, HARRY, has his daughter LILY on his shoulders.

ALBUS

Dad. He keeps saying it.

HARRY

James, give it a rest.

JAMES

I only said he might be in Slytherin. And he might, so… (off his dad’s glare) fine.

ALBUS (looking up at his mum)

You’ll write to me, won’t you?

GINNY

Every day if you want us to.

ALBUS

No. Not every day. James says most people only get letters from home about once a month. I don’t want to…

HARRY

We wrote to your brother three times a week last year.

ALBUS

What? James!

ALBUS looks accusingly at JAMES.

GINNY

Yes. You may not want to believe everything he tells you about Hogwarts. He likes a laugh, your brother.

JAMES (with a grin)

Can we go now please?

ALBUS looks at his dad, and then his mum.

GINNY

All you have to do is walk straight at the wall between platforms nine and ten.

LILY

I’m so excited.

HARRY

Don’t stop and don’t be scared you’ll crash into it, that’s very important. Best to do it at a run if you’re nervous.

ALBUS

I’m ready.

HARRY and LILY put their hands on ALBUS’s trolley – GINNY joins JAMES’s trolley – and together, the family run hard into the barrier.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis une fan inconditionnelle d’HARRY POTTER !!!

Impressions

Inutile de vous dire que je me suis ruée sur « Harry Potter and the Cursed Child » dès sa parution ! Et… j’ai adoré ! On se retrouve dès les toutes premières lignes dans l’univers créé par J.K. Rowling, exactement au même moment que la fin du tome 7 de la saga, avec quasiment les mêmes dialogues. Un pur bonheur! Alors, évidemment, ce n’est pas J.K. Rowling qui a écrit cette pièce de théâtre, mais Jack Thorne, un scénariste et dramaturge anglais. Reste que cette 8ème histoire a été imaginée par J.K. Rowling et on ressent sa patte tout au long de cette lecture.

Je ne veux pas spoiler ceux qui attendent impatiemment la sortie d’Harry Potter et l’Enfant Maudit en français au mois d’octobre. Je dirai donc juste que l’on revoit avec beaucoup de plaisir (et d’émotions) de nombreux personnages des 7 tomes (oui j’avais presque les larmes aux yeux par moment !), et qu’Albus et Scorpius – nos deux nouveaux héros – sont très attachants. Cette pièce de théâtre est pleine d’émotions, à l’image de tous les Harry Potter. En tant que fan, j’ai vraiment adoré me replonger dans le monde magique de J.K.Rowling. Et je n’ai plus qu’une envie : aller à Londres voir la pièce au Palace Theatre !

Une dernière chose : si cette pièce de théâtre pouvait donner envie aux lecteurs de lire d’autres pièces de théâtre, alors ce serait un bel accomplissement.

Un passage parmi d’autres

 Harry, there is never a perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of humankind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison: the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe.

Jack Thorne, J.K. Rowling, Jack Tiffany – Harry Potter and the Cursed Child – July 2016 (Little Brown)

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Misery – Stephen King

08 mercredi Juin 2016

Posted by Aurélie in En VO, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Misery, quoi lire, roman, Stephen King, Thriller

Stephen King - MiseryLes premières phrases

«  umber whunnnn

yerrrnnn umber whunnnn

fayunnnn

These sounds: even in the haze.

But sometimes the sounds – like the pain – faded, and then there was only the haze. He remembered darkness: solid darkness had come before the haze. Did that mean he was making progress? Let there be light (even of the hazy variety), and the light was good, and so on and so on? Had those sounds existed in the darkness? He didn’t know the answers to any of these questions. Did it make sense to ask them? He didn’t know the answer to that one, either.

The pain was somewhere below the sounds. The pain was east of the sun and south of his ears. That was all he did know.

For some length of time that seemed very long (and so was, since the pain and the stormy haze were the only two things which existed) those sounds were the only outer reality. He had no idea who he was or where he was and cared to know neither. He wished he was dead, but through the pain-soaked haze that filled his mind like a summer storm-cloud, he did not know he wished it.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis fan de Stephen King.

Impressions

Stephen King est définitivement un de mes auteurs préférés. J’ai dévoré « Misery », ce classique que je n’avais pas encore pris le temps de lire. C’est bien simple, une fois les premières pages tournées, j’ai été hantée par ce livre et je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi le soir pour vite connaître la suite !

L’histoire – vous la connaissez peut-être – : un écrivain, Paul Sheldon,  se réveille après un accident de voiture chez une de ses fans inconditionnelles, Annie Wilkes. Celle-ci, au lieu de le conduire à l’hôpital (il a tout de même les deux jambes cassées…), l’a ramené chez elle. Point positif : c’est une ancienne infirmière et elle a une quantité impressionnante de médicaments anti-douleur dans sa salle de bains. Point négatif : elle est complètement folle. Et lorsqu’elle apprend que Paul Sheldon tue l’héroïne de ses bestsellers dans son dernier roman, elle lui ordonne d’écrire la suite et de ressusciter son personnage préféré. Bien sûr, avec Stephen King, on a droit à une bonne dose d’hémoglobine et de scènes bien tordues, mais « Misery » propose aussi une très bonne réflexion sur l’inspiration des écrivains. Tout simplement GÉNIAL !!!

Un passage parmi d’autres

 « Annie, will you tell me one thing?

« Of course, dear! »

« If I write this story for you – « 

« Novel! A nice big one like all the others – maybe even bigger! »

He closed his eyes for a moment, then opened them. « Okay – if I write this novel for you, will you let me go when it’s done? »

For a moment unease slipped cloudily across her face, and then she was looking at him carefully, studiously. « You speak as though I were keeping you prisoner, Paul. »

He said nothing, only looked at her.

« I think that by the time you finish, you should be up to the… up to the strain of meeting people again, » she said. « Is that what you want to hear? »

« That’s what I wanted to hear, yes. »

« Well, honestly! I knew writers were supposed to have big egos, but I guess I didn’t understand that meant ingratitude, too! »

He went on looking at her and after a moment she looked away, impatient and a little flustered.

Stephen King – Misery – 1987 (Hodder & Stoughton)

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Vongozero – Yana Vagner

20 vendredi Mai 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, idées de lecture, Le Lac, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Thriller, Vongozero, Yana Vagner

Les premières phrases

Yana Vagner - Vongozero«  Maman est morte le mardi 17 novembre. J’ai appris la nouvelle par une voisine. Quelle ironie : ni maman ni moi n’avons jamais été proches de cette femme acariâtre, toujours maussade, dont le visage ingrat semblait taillé dans la pierre. Nous avons vécu quinze ans sur le même palier et à une époque, pendant plusieurs années, je me dispensais même de la saluer. J’aimais à appuyer avec une joie maligne sur le bouton de l’ascenseur pour l’empêcher de monter dans la cabine ; elle, le pas lourd, soufflant comme un phoque, voyait les portes automatiques se refermer sous son nez et je me souviens encore de l’indignation ridicule qui lui déformait la face. Durant ces quelques années (j’avais alors quatorze ans, peut-être quinze), elle nous offrait la même grimace toutes les fois, nombreuses, où elle sonnait à notre porte – maman ne lui a jamais proposé d’entrer – pour nous exposer ses griefs : nos bottes avaient laissé des traces de neige fondue dans le hall, un individu avait sonné par erreur chez elle à plus de dix heures du soir… « Qu’est-ce qu’elle veut encore, maman ? » criais-je quand je devinais à la voix de ma mère qu’elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette femme. Car maman n’avait jamais appris à se défendre et n’importe quel minuscule conflit dans une file d’attente, de ces incidents qui enflamment l’œil et les joues des protagonistes, suscitait chez elle maux de tête, tachycardie et crises de larmes.  »

Circonstances de lecture

Attirée par l’histoire…

Impressions

Voici un livre multi-facettes, entre la SF, le thriller et le road-movie. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le reposer !

Quand une épidémie meurtrière s’abat sur la Russie, Anna, son fils Micha, et son conjoint Sergueï fuient leur village pour trouver refuge dans un endroit coupé du monde. Mais la route sera longue et semée d’obstacles. Au premier rang desquels leurs compagnons de voyage : des personnes qu’Anna n’a jamais appréciées… à commencer par l’ex-femme de Sergueï. Si l’histoire peut paraître classique (fuir une épidémie mortelle), le traitement est original. Car il s’agit aussi bien d’un thriller psychologique que d’un livre de SF au final.

Yana Vagner - Le lac

La suite et fin de « Vongozero », « Le lac », vient de sortir. Et je n’ai pas été déçue. Dans ce deuxième tome, on ressent encore plus les rigueurs de l’hiver russe, la difficulté des hommes à vivre ensemble et le thriller prend des airs de huis clos oppressant.

Je vais suivre cet auteur de près !

Un passage parmi d’autres

 – Anna, tu  vas où ?

Je ne m’arrêtai pas : je ne pus même pas lui répondre, je me contentai d’agiter la main et de faire encore un pas, puis encore un. Je ne vais pas aller loin, c’est juste pour ne plus voir aucun de vous, je ne veux voir personne pour le moment, je suis si fatiguée d’avoir toujours quelqu’un à mes côtés, laissez-moi, donnez-moi ne serait-ce qu’un peu de temps. Je comprenais parfaitement que je n’irais pas loin, ce n’était pas de vraie solitude dont j’avais besoin, mais simplement d’une illusion, d’un ersatz sans danger ; ayant atteint un endroit où la lumière des phares était devenue presque indécelable, et où les sons se fondaient en un bourdonnement homogène, je m’arrêtai et fus aussitôt saisie par le froid. Ils ne vont pas s’apercevoir tout de suite de mon absence, pensai-je. J’ai encore cinq minutes en réserve, voire dix, je vais attendre sans faire de bruit, je ne vais pas bouger d’ici, et quand ils seront prêts ils m’appelleront, je les entendrai et je rebrousserai chemin.

Yana Vagner – Vongozero – Le Lac – 2016 (Pocket / Mirobole Editions)

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Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa

10 dimanche Avr 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, Durian Sukegawa, idées de lecture, lecture, Les délices de Tokyo, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

Durian Sukegawa - Les délices de Tokyo«  Doraharu, marchand de dorayaki.

Sentarô passait ses journées debout derrière la plaque chauffante.

Sa boutique était située en retrait de la route longeant la foie ferrée, dans la rue commerçante baptisée Sakuradôri, « rue des Cerisiers ». La rue se distinguait pourtant plus par le nombre de commerces fermés que par ses cerisiers plantés çà et là. Malgré tout, en cette saison, il semblait y avoir un peu plus de passants que d’habitude, peut-être attirés par les fleurs.

Sentarô remarqua une vieille femme immobile au bord du trottoir sans y attacher d’importance. Il se concentra sur le saladier dans lequel il mélangeait la pâte. Devant la boutique se dressait un cerisier en pleine floraison, pareil à une masse bouillonnante de petits nuages. Sentarô était persuadé que c’était ce qu’elle contemplait.

Néanmoins lorsqu’il releva la tête un peu plus tard, la dame au chapeau blanc n’avait pas bougé. Et ce n’était pas le cerisier qu’elle regardait, mais lui.  »

Circonstances de lecture

Comment ne pas être attiré par cette couverture aux couleurs acidulées ?

Impressions

Attention : ÉNORME coup de cœur !!! L’auteur nous raconte l’histoire de Sentarô, vendeur de dorayaki, aux yeux tristes, et n’aimant pas son travail. Jusqu’à ce qu’il rencontre Tokue, vieille femme aux doigts recourbés, qui lui apprend le goût de la cuisine et des bonnes choses. Mais cette dernière cache un lourd secret…

Ce livre doux et poétique donne envie de manger des beignets, à l’ombre d’un cerisier en fleurs. Un beau roman sur la tolérance et l’acceptation des différences. A savourer…

Un passage parmi d’autres

 L’attitude adoptée par Tokue envers les haricots était étrange. Elle approchait son visage des azuki. Tout près. Exactement comme si elle envoyait des ondes à chaque grain.

Tokue continua à se comporter de la même manière après les avoir mis à cuire.

Dans les pâtisseries japonaises, la bassine en cuivre réservée à la cuisson de la pâte de haricots confits porte un nom spécial : sawari. Sentarô avait tenté d’en confectionner à plusieurs reprises ; il avait toujours laissé le sawari sur le feu jusqu’à ce que les haricots deviennent tendres.

Mais pas Tokue. Sa méthode était tout à fait différente.

D’abord, quand l’eau frémissait, elle y ajoutait immédiatement de l’eau froide. Après avoir répété cette manœuvre plusieurs fois, elle égoutta les haricots et jeta l’eau de cuisson. Puis elle les remit dans le sawari, qu’elle remplit cette fois d’eau tiède. Tokue expliqua que ce procédé permettait de rendre les haricots plus digestes. Leur amertume et leur âpreté étaient ainsi éliminées avec l’eau. Ensuite, en les remuant délicatement avec une cuillère en bois, elle les fit lentement mijoter à feu doux. A chacune de ces étapes, Tokue approchait son visage si près des haricots qu’il baignait dans la vapeur d’eau.

Que regardait-elle donc ? Les haricots azuki subissaient-ils une quelconque transformation ? Sentarô fit lui aussi un pas en avant et examina les haricots disparaissant sous un  nuage de vapeur. Mais il ne discerna aucune évolution significative.

La cuillère en bois entre ses mains handicapées, Tokue s’abîmait dans la contemplation.

Durian Sukegawa – Les délices de Tokyo – 2016 (Albin Michel)

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Career of evil – Robert Galbraith

11 lundi Jan 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Career of evil, Critique de livre, idées de lecture, J.K.Rowling, lecture, Livre, policier, quoi lire, Robert Galbraith, roman, sphere, Thriller

Robert Galbraith - Career of EvilLes premières phrases

«  He had not managed to scrub off all her blood. A dark line like a parenthesis lay under the middle fingernail of his left hand. He set to digging it out, although he quite liked seeing it there: a memento of the previous day’s pleasures. After a minute’s fruitless scraping, he put the bloody nail in his mouth and sucked. The ferrous tang recalled the smell of the torrent that had splashed wildly onto the tiled floor, spattering the walls, drenching his jeans and turning the peach-coloured bath towels – fluffly, dry and neatly folded – into blood-soaked rags.

Colours seemed brighter this morning, the world a lovelier place. He felt serene and uplifted, as though he had absorbed her, as though her life had been transfused into him. They belonged to you once you had killed them: it was a possession way beyond sex. Even to know how they looked at the moment of death was an intimacy way past anything two living bodies could experience.  »

Circonstances de lecture

Voici la suite des aventures du détective privé Cormoran Strike, sous la plume de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

Impressions

Décidément, j’adore J.K.Rowling et son nouveau héros, le détective privé Cormoran Strike, ancien soldat mutilé. Quand son assistante, Robin, reçoit par la Poste une jambe de femme, Cormoran sait qu’on le vise personnellement. Il se met aussitôt à enquêter sur quatre personnes de son passé susceptibles de ce genre d’horreur. Reste que le serial killer entend bien parvenir à ses fins…

Ici, J.K.Rowling nous plonge dans une histoire des plus sombres, avec un serial killer entre Hannibal Lecter du Silence des Agneaux et un Jack L’Éventreur moderne. Glaçant… Elle n’en oublie pas pour autant de faire évoluer les relations entre son héros et sa jolie assistante, qui s’apprête à épouser son fiancé… Un thriller glaçant, sanglant, plein de suspens – et d’humour, aussi ! Disponible en version française en mars 2016.

Un passage parmi d’autres

 Up the echoing metal staircase that wound around the broken birdcage lift she walked, her heels clanging on the metal. The glass door flashed as she unlocked and opened it and the engraved legend – C. B. STRIKE, PRIVATE INVESTIGATOR – stood out darkly.

She had arrived deliberately early. They were currently inundated with cases and she wanted to catch up with some paperwork before resuming her daily surveillance of a young Russian lap-dancer. From the sound of heavy footfalls overhead, she deduced that Strike was still upstairs in his flat.

Robin laid her oblong package on the desk, took off her coat and hung it, with her bag, on a peg behing the door, turned on the light, filled and switched on the kettle, then reached for the sharp letter-opener on her desk. Remembering Matthew’s flat refusal to believe that it had been flanker Jacques Burger’s curly mane she had been admiring, rather than Strike’s short and frankly pube-like hair, she made an angry stab on the end of the package, slit it open and pulled the box apart.

A woman’s severed leg had been crammed sideways in the box, the toes of the foot bent back to fit.

Robert Galbraith – Career of Evil – 2015 (Sphere)

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To kill a mocking-bird – Harper Lee

14 lundi Déc 2015

Posted by Aurélie in En VO, Grands classiques, Romans étrangers

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conseils de lecture, Critique de livre, Harper Lee, idées de lecture, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, quoi lire, roman, To kill a mocking-bird

Harper Lee - To kill a mocking-birdLes premières phrases

«  When he was nearly thirteen my brother Jem got his arm badly broken at the elbow. When it healed, and Jem’s fears of never being able to play football were assuaged, he was seldom self-conscious about his injury. His left arm was somewhat shorter than his right; when he stood or walked, the back of his hand was at right-angles to his body, his thumb parallel to his thigh. He couldn’t have cared less, so long as he could pass and punt.

When enough years had gone by to enable us to look back on them, we sometimes discussed the events leading to his accident. I maintain that the Ewells started it all, but Jem, who was four years my senior, said it started long before that. He said it began the summer Dill came to us, when Dill first gave us the idea of making Boo Radley come out. « 

Circonstances de lecture

Un classique que je n’avais pas encore lu.

Impressions

Publié en 1960, ce livre de Harper Lee (« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » en vf) est une ode à la tolérance. On y suit la petite Scout qui nous raconte quelques années de son enfance alors que son père est commis d’office pour défendre un Noir accusé, à tort, d’avoir violé une femme blanche. Le père, intègre et résolument anti-raciste, constitue un véritable modèle pour ses enfants, Scout et Jem. Découvrir cette histoire à travers le point de vue et le regard des deux enfants donne une belle dimension à ce roman.

A lire, alors que l’intolérance et la bêtise humaine sont malheureusement toujours d’actualité…

Un passage parmi d’autres

 « What are you going to do, then? »

« Before I’m through, I intend to jar the jury a bit – I think we’ll have a reasonable chance on appeal, though. I really can’t tell at this stage, Jack. You know, I’d hoped to get through life without a case of this kind, but John Taylor pointed at me and said, « You’re It. »

« Let this cup pass from you, eh? »

« Right. But do you think I could face my children otherwise? You know what’s going to happen as well as I do, Jack, and I hope and pray I can get Jem and Scout through it without bitterness, and most of all, without catching Maycomb’s usual disease. Why reasonable people go stark raving mad when anything involving a Negro comes up, is something I don’t pretend to understand… I just hope that Jem and Scout come to me for their answers instead of listening to the town. I hope they trust me enough… Jean Louise?

My scalp jumped. I stucked my head around the corner.

« Sir? »

« Go to bed. »

I scurried to my room and went to bed. Uncle Jack was a prince of a fellow not to let me down. But I never figured out how Atticus knew I was listening, and it was not until many years later that I realized he wanted me to hear every word he said.

Harper Lee – To kill a mocking-bird –  1960 (Arrow Books)

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Les amants du Spoutnik – Haruki Murakami

13 dimanche Déc 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, Critique de livre, Editions 10/18, Haruki Murakami, idées de lecture, lecture, Les amants du Spoutnik, Livre, quoi lire, roman

Haruki Murakami - Les amants du SpoutnikLes premières phrases

 » Au printemps de sa vingt-deuxième année, Sumire tomba amoureuse pour la première fois de sa vie. Cet amour aussi dévastateur qu’une tornade dans une vaste plaine ravagea tout sur son passage, lançant des choses dans les airs, les réduisant en menus morceaux, les écrabouillant sans ménagement. Avec une violence qui ne connaissait pas un instant de relâchement, la tornade souffla sur les océans, réduisit sans pitié le site d’Angkor Vat à néant, incendia la jungle indienne et les malheureux tigres qui y vivaient encore, se mua au-dessus des déserts de Perse en une tempête de sable qui engloutit toute une ville fortifiée au charme exotique. L’objet de cet amour absolument mémorable était marié, avait dix-sept ans de plus que Sumire et, surtout, était une femme. C’est de là que partit toute cette histoire, et là aussi qu’elle s’acheva (ou presque). »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami…

Impressions

J’adore Haruki Murakami et c’est avec un grand plaisir que je me suis replongée dans son univers, avec ce roman, « Les amants du Spoutnik » que je n’avais pas encore lu. On y retrouve Sumire, une jeune fille qui, n’étant encore jamais tombée amoureuse, se met à aimer passionnément une femme plus âgée qu’elle de 17 ans. Son meilleur ami l’écoute raconter cette rencontre et l’histoire qui s’ensuivit. Jusqu’à ce que Sumire disparaisse subitement, comme envolée en fumée, sur une petite île grecque…

Avec « Les amants du Spoutnik », on sent qu’Haruki Murakami avait déjà posé les bases de ce qui deviendrait sa trilogie « 1Q84 » : une lune mystérieuse, un amour ravageur, et cette frontière si ténue entre la réalité et le monde du rêve.

Un passage parmi d’autres

 Comment puis-je éviter la collision (boum) sans pour autant réfléchir sérieusement (c’est-à-dire en restant allongée dans mon champ, à regarder les nuages passer, à écouter l’herbe pousser) ? Difficile ? Mais non mais non. D’une façon purement logique, rien de plus facile. C’est simple. Il suffit de rêver. Rêver sans cesse. Entrer dans le monde des songes, et ne plus en ressortir. Vivre éternellement dedans.

Car, dans les rêves, il n’est pas nécessaire d’établir des distinctions entre les choses. Pas du tout nécessaire. Les frontières n’existent pas. Et du coup, dans les rêves, les collisions se produisent rarement. Même quand il y en a, elles ne sont pas douloureuses. La réalité, c’est différent. La réalité, ça mord.

Haruki Murakami – Les amants du Spoutnik – 2003 (10/18, Belfond)

 

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Le silence de l’étoile – Christiane Félip Vidal

30 lundi Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Christiane Félip Vidal, Critique de livre, idées de lecture, L'Harmattan, Le silence de l'étoile, lecture, Livre, quoi lire, roman

Christiane Félip Vidal - Le silence de l'étoileLes premières phrases

 » – Marylin, pourquoi t’as pas d’amies ? Pourquoi tu joues seulement avec moi et tu veux pas jouer avec les filles de la classe ?

Marylin s’est arrêtée de caresser Frida, elle m’a regardée, puis elle a regardé Frida et elle a haussé les épaules…

– Elles sont bêtes, alors pourquoi tu veux que je joue avec elles ?

Moi, ça m’a bien fait plaisir, mais je me demande quand même pourquoi Marylin se dispute toujours avec les autres. Au fond, c’est normal qu’elle n’ait pas d’amies, parce que la seule qui la supporte, c’est moi, mais ça, c’est normal, parce que Marylin, c’est ma sœur…  »

Circonstances de lecture

Attirée par le titre, si beau, et parce que c’est le premier roman publié en France de la tante d’une amie.

Impressions

Si vous avez aimé « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, où elle parlait de ses relations avec sa mère, vous ne pourrez qu’aimer « Le silence de l’étoile » de Christiane Félip Vidal. Un beau roman sur les relations entre sœurs. S’il n’est pas autobiographique, on sent que l’auteur partage les émotions qu’elle a réellement ressenties enfant.

Tout commence lorsque Brigitte tombe sur des vieilles photos de famille qui font remonter en elle les souvenirs de son enfance et de son adolescence. Surtout, elle se rappelle de sa sœur, Marylin, si joyeuse et si vive, qui, à la suite d’un événement tragique, changea de comportement, se replia sur elle-même et ainsi s’éloigna de sa sœur. Elle se souvient aussi de son père, amoureux de cinéma, et de sa mère, si distante et froide… Une histoire chargée d’émotions sur l’amour filiale, une jolie plume. A lire !

Un passage parmi d’autres

 Quel est mon âge, sur cette photo ? Quel mois, de quelle année ? Où sommes-nous ? Qui regardait-elle quand elle s’est retournée vers l’objectif pendant que moi, à ses côtés, légèrement en arrière, je la regarde sans savoir que nous allons rester à jamais attrapées dans le temps ? Est-ce mon père qu’elle regarde ou quelqu’un d’autre ? Je ne puis trouver ni l’avant ni l’après de la photo, ni me souvenir de ce que nous avons dit ou tu ; ce que nous avons tu, surtout, parce que c’était l’époque où elle se murait dans le silence et où je souffrais de la sentir m’échapper. Ses périodes de mutisme arrivaient par rafales et disparaissaient subitement, d’un jour à l’autre, tandis que moi je vivais dans l’attente du son de sa voix, seul indice du retour à la normale, une sorte de plage où reposer après la tension que son comportement provoquait, parce que c’était sur ces plages que je la retrouvais pour fonctionner à l’unisson :

– Mary, écoute cette définition : Amour : Mot composé de cinq lettres, trois voyelles, deux consonnes et deux fous.

– Pas mal ! Et si on faisait pareil, un truc dans le genre dictionnaire ? Ça te dit ?

Et nous avions ainsi commencé ce dictionnaire qui, caché entre mes feuilles de cours, avait échappé à l’opération nettoyage que ma mère entreprit peu de temps après la mort de Marylin.

Gonzalo : Nom attribué aux pères aimants.

Malena : sorte de sorcière familiale.

Marylin : nom donné à certaines étoiles filantes.

Fallait-il y voir une définition prémonitoire ? Car c’est bien ce qu’elle fut dans le ciel de mon enfance : une étoile filante.

Christiane Félip Vidal – Le silence de l’étoile – Octobre 2015 (L’Harmattan)

 

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Etta et Otto (et Russel et James) – Emma Hooper

08 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Emma Hooper - Etta et Otto (Et Russel et James)Les premières phrases

 » Otto,

Débutait la lettre, encre bleue.

Je suis partie. Je n’ai jamais vu l’eau, alors je suis partie là-bas. Rassure-toi, je t’ai laissé le pick-up. Je peux marcher. J’essaierai de ne pas oublier de rentrer.

A toi (toujours),

Etta.

Sous la lettre, elle avait laissé une pile de recettes de cuisine. Toutes celles qu’elle faisait depuis toujours. A l’encre bleue, aussi. Pour qu’il sache comment et de quoi se nourrir pendant son absence. Otto s’assit à la table et les disposa de telle sorte qu’aucune ne se chevauche. Il fit des colonnes et des rangées. Il hésita à enfiler son manteau et ses chaussures pour partir à sa recherche en demandant aux voisins de quel côté elle était partie, mais il renonça. Il demeura assis face à la lettre et aux recettes. Ses mains tremblaient. Il les posa l’une sur l’autre pour les contenir.

Au bout d’un moment, Otto se leva et alla chercher leur globe terrestre. Il avait une lumière, au centre, qui brillait sous les lignes de longitude et de latitude. Il l’alluma et éteignit les lampes habituelles de la cuisine. Il le plaça au bout de la table, loin de la lettre et des recettes et traça un chemin du bout du doigt. Halifax. Si elle choisissait l’est, Etta aurait trois mille deux cent trente-deux kilomètres à parcourir. Si c’était  l’ouest, vers Vancouver, mille deux cent kilomètres. Mais elle irait à l’est, Otto le savait. Il sentait la peau sur sa poitrine se tendre de ce côté. Il manquait encore une heure environ avant que le soleil ne se lève. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un livre qui se savoure lentement, au rythme des pas d’Etta. A 83 ans, elle décide un beau matin d’aller voir la mer à pied… à plus de 3 000 km de chez elle! Elle laisse derrière elle son mari, Otto, et Russel, le meilleur ami de toujours. Emma Hooper dessine son récit au fil des lettres qu’Etta envoie à son mari, de leurs souvenirs d’enfance, de sa mémoire à elle, vacillante.

Avec ce premier roman, Emma Hooper nous livre une belle histoire d’amour, de mémoire et d’amitié, au Canada, avec comme toile de fond la Seconde guerre mondiale. Vous ne pourrez que tomber sous le charme d’Etta et d’Otto.

Un passage parmi d’autres

 Quelques mois auparavant, elle avait commencé à se sentir entraînée dans les rêves d’Otto à la place des siens, la nuit. Elle se retrouvait dedans, comme ça, se retrouvait dans l’eau, en pantalon, debout sur une plage grise, du sang clapotant sur ses genoux et des hommes hurlant autour d’elle et elle se retrouvait là parfois avec une cuillère ou une serviette dans la main et parfois avec rien. Nuit après nuit.

Elle essayait de dormir sans qu’aucune partie de son corps ne touche celui d’Otto afin que ses souvenirs à lui ne trouvent aucun point de contact pour se glisser dans les siens.

Emma Hooper – Etta et Otto (et Russel et James) – Octobre 2015 (Les Escales)

 

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