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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: lecture

Phare 23 – Hugh Howey

12 lundi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, idées de lecture, lecture, Livre, Phare 23, quoi lire, rentrée littéraire, roman, SF

hugh-howey-phare-23Les premières phrases

 » On ne vous prépare pas aux petits bruits. On vous colle dans une centrifugeuse jusqu’à l’évanouissement, on vous fait caracoler sur des courbes paraboliques jusqu’à vomir tripes et boyaux, on vous transperce d’aiguilles jusqu’à ce que vous vous sentiez comme un toxico, on vous fait ingurgiter trois domaines de la physique, passer un diplôme de médecine et suivre en même temps un entraînement de triathlon.

Mais on ne vous dit pas ce qu’il en est de vivre avec les cliquetis et les grincements et les petits bips en arrière-plan. Ni comment le vide spatial, des années-lumière à la ronde, peut être ressenti comme un poids énorme, écrasant. Le silence semble constamment gagner du terrain, comme l’obscurité à laquelle j’ai été un jour confronté, dans une grotte de la Virginie-Occidentale. Une obscurité qu’on peut mâcher. Une obscurité qu’on perçoit à des kilomètres alentour. Une obscurité dont on n’est pas certain de pouvoir un jour s’extirper.

Au fin fond de l’espace, le silence est précisément de cette nature. Du coup, les petits bidules qui ronronnent dans ma balise deviennent des enfoirés et leurs cliquetis cauchemardesques me mettent les nerfs en pelote. Je les hais tous jusqu’au dernier. Tout ce qui bouge dans cet endroit.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré la trilogie Silo du même auteur.

Impressions

LA CLAQUE ! Si vous devez lire un livre, un seul, de cette rentrée littéraire, lisez donc Phare 23 de Hugh Howey. Vous n’aimez pas la science fiction, les histoires qui se passent dans l’espace ? Lisez-le quand même ! Et de toute urgence. Car ce livre a une portée universelle, un message de paix et de tolérance dont notre société actuelle a grand besoin…

Le héros de Phare 23 – on ne saura jamais son nom – est gardien de phare. Mais pas un phare en pleine mer, non, un phare (une balise) au milieu de l’espace. Nous sommes au XXIIIème siècle, et sans grande surprise les hommes sont en guerre. Notre héros, médaillé de guerre, a choisi la solitude de l’espace pour y cacher sa souffrance. Il vit donc seul dans son phare. Sa mission : faire en sorte que les vaisseaux traversent sa partie de la Voie lactée en toute sécurité, loin des astéroïdes et des dangers en tout genre. Mais voilà, peut-on rester sain d’esprit au milieu de cette solitude ? Sa « maison » construite par la Nasa est-elle aussi sûre et solide que ce qu’on a bien voulu lui faire croire ? La guerre est-elle si loin que ça ?

Phare 23 est un livre magnifique au suspens haletant. Hugh Howey signe là un superbe roman sur la solitude humaine, la guerre, la différence et la tolérance. LISEZ-LE et peut-être que le message de l’auteur deviendra un jour réalité… Oui, on peut toujours rêver… Encore heureux… « Je sais que c’est pure fiction, mais que se passerait-il si, debout sur les décombres des attaques dirigées contre nous, que ce soit au sens littéral ou métaphorique, physique ou émotionnel, personnel ou politique, nous choisissions le pardon plutôt que l’escalade ? A quoi ressemblerait ce monde ? Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais il me plaît de faire semblant. »

Un passage parmi d’autres

 Les pannes d’EOG ne peuvent pas arriver. Les systèmes de secours ont des systèmes de secours qui ont des systèmes de secours. Tout est incestueux dans les entrailles de la balise 23, moi je vous le dis. Pour que quelque chose se détraque, il faudrait qu’une première alarme soit hors service, ainsi qu’une seconde de sauvegarde et deux différents modules conçus pour effectuer la même opération et contrôlés toutes les quelques secondes pour être sûr qu’ils en sont effectivement capables. Toutes les puces électroniques et les logiciels peuvent se réparer et redémarrer seuls. On pourrait déclencher une impulsion électromagnétique dans cette saleté qu’elle repartirait en moins de deux. Il faudrait deux douzaines de pannes aléatoires et simultanées plus un tas d’autres coïncidences trop ahurissantes pour pouvoir même les envisager.

Une fois, un intello de la Nasa a calculé les probabilités. Elles étaient très très faibles. Ceci dit, la semaine passée, il y avait 1 527 balises Galsat en activité dans la Voie lactée. Alors à mon avis, les chances que quelqu’un ait un problème ne cessent d’augmenter. En particulier quand les balises vieillissent. Et en ce moment, ce quelqu’un, ça doit être moi.

Hugh Howey – Phare 23 – septembre 2016 (Actes Sud)

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L’absente – Lionel Duroy

25 jeudi Août 2016

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, Echapper, idées de lecture, Julliard, L'absente, lecture, Lionel Duroy, Livre, quoi lire, roman

Lionel Duroy - L'absenteLes premières phrases

«  Il ne souffre plus, soudain. Il est bien. Il contemple les sombres vallonnements de la Meuse sous le ciel orageux de cette fin d’été et peut-être même sourit-il. Pour un peu, il s’arrêterait au bord de la nationale, il chercherait sa Traviata dans l’amoncellement de ses affaires et il glisserait le CD dans le lecteur. Il allumerait une cigarette. Où pouvait-elle être, sa Traviata ? Pendant que les déménageurs vidaient la maison, lui avait entassé ses affaires les plus précieuses dans le coffre de la Peugeot, puis sur la banquette arrière. Aussi bien elle était au fond du coffre, avec le contenu de ses tiroirs de bureau et mieux valait racheter le CD qu’espérer remettre la main dessus. Tiens, voilà, en entrant dans Verdun, c’est la première chose qu’il ferait : se racheter La Traviata. Quelle idée stupide il avait eue de partir pour la Bretagne le premier jour… Il avait dormi sur une aire de repos pour camionneurs, du côté de Fougères, plutôt bien dormi d’ailleurs, tandis qu’un autre dans la même situation n’aurait fait qu’arpenter nerveusement le bitume, c’était certain. Oui, mais c’est qu’il avait l’espoir qu’en Bretagne il allait retrouver quelque chose de son enfance qui l’attacherait, qui ferait qu’à cet endroit il aurait du plaisir à se tenir, nourri de ce souvenir. C’était venu au moment de quitter la maison, comme il se demandait vers où se diriger – une image fugace et douce qui l’avait engagé à prendre la direction de la Bretagne.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé son précédent roman Echapper.

Impressions

J’aime la plume de Lionel Duroy. Après Echapper, Lionel Duroy poursuit avec L’Absente l’exploration de l’inspiration littéraire et de la perte. Suite à son divorce, son double, Augustin, est forcé de vendre sa maison de vacances si chère à ses yeux. C’est un crève-cœur. Il entasse ses affaires les plus précieuses dans le coffre de sa voiture, quelques objets que lui avaient offert ses enfants, quelques photos, des papiers, et ses deux vélos sur le toit… Il prend la route sans savoir où se rendre. Cette perte de sa maison lui fait faire un parallèle avec l’expulsion que ses parents – et notamment sa mère – ont vécu alors qu’il était enfant (d’une fratrie de dix enfants). Deviendra-t-il aussi fou que sa mère, une femme qu’il n’a jamais aimée et dont la mort ne lui a pas fait verser une larme ? Afin de se donner une raison de vivre et de retrouver l’inspiration, Augustin décide alors de prendre la route sur la trace de sa mère pour essayer de la comprendre et peut-être de l’aimer – un peu. Il va ainsi replonger dans le passé de sa riche famille bordelaise. L’histoire est belle, touchante et drôle à la fois. Un road-movie à découvrir !

Un passage parmi d’autres

 Comment la mère avait-elle survécu sans l’écriture ? Elle lui semble plus solide qu’il ne l’a cru. Y a-t-elle seulement pensé ? Sinon, Toto ou le commandant auraient pu le lui suggérer. Augustin n’avait que dix ans, mais s’il en avait eu quinze ou vingt de plus, il sait bien qu’il aurait dit à la mère de se mettre à écrire. Ne reste pas là à trembler, maman, quand tu te retrouves seule le soir, allume deux ou trois bougies et mets-toi à écrire. Si tu arrives à transformer ta détresse en une œuvre, tu seras sauvée. Écrire, ce sera comme si tu t’élevais soudain de la lourde terre pour t’accorder une autre vie qui te permettra de regarder de haut la première, celle où tu marches aujourd’hui à tâtons, stupide et aveugle. Écrire te rendra inaccessible à la bêtise et à la cruauté du monde. Ils pourraient bien te piétiner le corps, te couper l’électricité, vendre tes derniers meubles aux enchères, ils n’atteindront pas ton âme et au fil des années tu nourriras ton travail de leur inhumanité. Tu parviendras à énoncer sur le monde quelque chose qu’on ne voit pas et qui nous éclairera sur nous-mêmes. Et  il se peut même qu’un jour, adossée à toutes ces pages que tu auras écrites, tu te réjouisses d’avoir traversé tant de guerres car sinon tu serais passée à côté de la vraie vie, si dense, si inquiétante, si mystérieuse qu’on préfère généralement s’en protéger, n’est-ce pas.

Lionel Duroy – L’absente – août 2016 (Julliard)

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Une putain d’histoire – Bernard Minier

17 mercredi Août 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Bernard Minier, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Pocket, Policiers / Thrillers, quoi lire, roman, Thriller, Une putain d'histoire, XO Editions

Bernard Minier - Une putain d'histoireLes premières phrases

«  Au commencement est la peur.

La peur de se noyer.

La peur des autres – ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau.

La peur de la vérité, aussi.

Au commencement est la peur

Je ne retournerai jamais sur l’île. Même si Jennifer Lawrence en personne venait à sonner à ma porte et me suppliait d’y retourner, je ne le ferais pas.

Autant vous le dire tout de suite : ce que je vais vous raconter va vous paraître incroyable. Ce n’est pas une histoire banale, je lui dis. Ça non. C’est une putain d’histoire. Ouais, une putain d’histoire… 

Une vision à présent, pour vous mettre comme qui dirait en appétit : une main émergeant de l’abîme, tendue vers le ciel, pâle, doigts écartés, avant qu’elle ne s’enfonce définitivement dans les flots. Le vent du large rugit autour de moi, la pluie et les embruns me cinglent tandis que je nage et m’éloigne de cette main spectrale – que je nage, tente de nager, soulevé, emporté par les vagues, les creux de trois mètres, les crêtes écumantes, vers la pointe de l’île, toussant, hoquetant, grelottant, à demi noyé.

Au commencement est la peur.  »

Circonstances de lecture

Un thriller vivement conseillé par un ami.

Impressions

Voilà un thriller qui porte très bien son nom. Car Bernard Minier nous raconte vraiment ici une putain d’histoire ! Attention, si vous commencez à le lire, vous aurez du mal à le lâcher tant le rythme est soutenu. C’est bien simple, j’avais l’impression de le lire sans respirer. « Une putain d’histoire » se dévore le souffle coupé. L’écriture porte le lecteur – haletant comme son héros – jusqu’aux toutes dernières pages. C’est là que l’on reconnait un très très bon thriller.

L’histoire : un ado de 16 ans se voit devenir le principal suspect du meurtre de sa petite amie. Sur une île où tout le monde se connaît, sur laquelle on ne peut entrer et sortir qu’en ferry, pas facile de supporter les regards malveillants et soupçonneux. D’autant qu’Henry a été élevé par un couple de femmes et les préjugés ont la vie dure… Avec ses meilleurs amis, il va tout faire pour prouver son innocence et retrouver le coupable. Au risque de découvrir des secrets des plus sombres…

Un thriller que je vous recommande vivement !

Un passage parmi d’autres

 Ici, tout le monde connaît toute le monde. On est entre soi. C’est une des particularités de notre île : contrairement à Seattle ou à Vancouver, ou même à Bellingham, les gens d’ici laissent leur porte ouverte quand ils vont faire leurs courses, et même parfois quand ils dorment. Bien sûr, les luxueuses résidences secondaires d’Eagle Cliff et de Smugglers Cove – qui sont fermées sept mois sur douze tout en accaparant les anses les plus pittoresques de l’île – sont un peu mieux protégées, mais à peine. Il faut dire que notre île est genre « forteresse naturelle ». Pour commencer, elle n’est pas fastoche d’accès : il faut une bonne heure de ferry à partir d’Anacortes pour rejoindre East Harbor et, à partir de là, il n’y a pas plus d’une dizaine de routes et autant de pistes carrossables interdites aux promeneurs, avec à l’entrée des chaînes rouillées ou des barrières sur lesquelles on peut lire PROPRIÉTÉ PRIVÉE. Ensuite, il n’y a pas tant d’endroits que ça où un bateau peut accoster. Et puis, il est interdit de camper, il n’y a que deux hôtels et, à la belle saison, la plupart des touristes dorment chez l’habitant.

Comme je l’ai dit, tout le monde connaît tout le monde. Les gens d’ici n’ont pas de secrets. Ou alors ils sont contraints de les enfouir au plus profond d’eux-mêmes.

C’est ça, Glass Island. C’est du moins ce que je croyais.

Bernard Minier – Une putain d’histoire – mai 2016 (Pocket)

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Harry Potter and the Cursed Child – Jack Thorne, J.K.Rowling, John Tiffany

06 samedi Août 2016

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Cursed Child, idées de lecture, J.K.Rowling, Jack Thorne, John Tiffany, lecture, Little Brown, Livre, quoi lire, roman

Jack Thorne - Harry Potter and the cursed childLes premières phrases

«  A busy and crowded station, full of people trying to go somewhere. Amongst the hustle and bustle, two large cages rattle on top of two laden trolleys. They’re being pushed by two boys, JAMES POTTER and ALBUS POTTER. Their mother, GINNY, follows after. A thirty-seven-year-old man, HARRY, has his daughter LILY on his shoulders.

ALBUS

Dad. He keeps saying it.

HARRY

James, give it a rest.

JAMES

I only said he might be in Slytherin. And he might, so… (off his dad’s glare) fine.

ALBUS (looking up at his mum)

You’ll write to me, won’t you?

GINNY

Every day if you want us to.

ALBUS

No. Not every day. James says most people only get letters from home about once a month. I don’t want to…

HARRY

We wrote to your brother three times a week last year.

ALBUS

What? James!

ALBUS looks accusingly at JAMES.

GINNY

Yes. You may not want to believe everything he tells you about Hogwarts. He likes a laugh, your brother.

JAMES (with a grin)

Can we go now please?

ALBUS looks at his dad, and then his mum.

GINNY

All you have to do is walk straight at the wall between platforms nine and ten.

LILY

I’m so excited.

HARRY

Don’t stop and don’t be scared you’ll crash into it, that’s very important. Best to do it at a run if you’re nervous.

ALBUS

I’m ready.

HARRY and LILY put their hands on ALBUS’s trolley – GINNY joins JAMES’s trolley – and together, the family run hard into the barrier.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis une fan inconditionnelle d’HARRY POTTER !!!

Impressions

Inutile de vous dire que je me suis ruée sur « Harry Potter and the Cursed Child » dès sa parution ! Et… j’ai adoré ! On se retrouve dès les toutes premières lignes dans l’univers créé par J.K. Rowling, exactement au même moment que la fin du tome 7 de la saga, avec quasiment les mêmes dialogues. Un pur bonheur! Alors, évidemment, ce n’est pas J.K. Rowling qui a écrit cette pièce de théâtre, mais Jack Thorne, un scénariste et dramaturge anglais. Reste que cette 8ème histoire a été imaginée par J.K. Rowling et on ressent sa patte tout au long de cette lecture.

Je ne veux pas spoiler ceux qui attendent impatiemment la sortie d’Harry Potter et l’Enfant Maudit en français au mois d’octobre. Je dirai donc juste que l’on revoit avec beaucoup de plaisir (et d’émotions) de nombreux personnages des 7 tomes (oui j’avais presque les larmes aux yeux par moment !), et qu’Albus et Scorpius – nos deux nouveaux héros – sont très attachants. Cette pièce de théâtre est pleine d’émotions, à l’image de tous les Harry Potter. En tant que fan, j’ai vraiment adoré me replonger dans le monde magique de J.K.Rowling. Et je n’ai plus qu’une envie : aller à Londres voir la pièce au Palace Theatre !

Une dernière chose : si cette pièce de théâtre pouvait donner envie aux lecteurs de lire d’autres pièces de théâtre, alors ce serait un bel accomplissement.

Un passage parmi d’autres

 Harry, there is never a perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of humankind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison: the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe.

Jack Thorne, J.K. Rowling, Jack Tiffany – Harry Potter and the Cursed Child – July 2016 (Little Brown)

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Les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos

31 dimanche Juil 2016

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

≈ 1 Commentaire

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Christelle Dabos, Critique de livre, folio, idées de lecture, lecture, Les fiancés de l'hiver, Livre, quoi lire, roman

Christelle Dabos - Les fiancés de l'hiverLes premières phrases

«  On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère.

Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. Il passait ses journées à craqueler, à grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. Il n’aimait pas les courants d’air qui faisaient claquer les portes mal fermées en été. Il n’aimait pas les pluies qui encrassaient sa gouttière en automne. Il n’aimait pas l’humidité qui infiltrait ses murs en hiver. Il n’aimait pas les mauvaises herbes qui revenaient envahir sa cour chaque printemps.

Mais, par-dessus tout, le bâtiment des Archives n’aimait pas les visiteurs qui ne respectaient pas les horaires d’ouverture.

C’est sans doute pourquoi, en ce petit matin de septembre, le bâtiment craquelait, grinçait, fuyait et soufflait encore plus que d’habitude. Il sentait venir quelqu’un alors qu’il était encore beaucoup trop tôt pour consulter les archives. Ce visiteur-là ne se tenait même pas devant la porte d’entrée, sur le perron, en visiteur respectable. Non, il pénétrait dans les lieux comme un voleur, directement par le vestiaire des Archives.

Un nez était en train de pousser au beau milieu d’une armoire à glace.  »

Circonstances de lecture

J’étais attirée depuis longtemps par ce livre. Sa sortie en poche m’a fait sauter le pas.

Impressions

J’aime les livres magiques qui transportent le lecteur dans un univers bien à eux, un univers fantastique qui fasse oublier pour un temps la réalité. Et sur ce point, « Les fiancés de l’hiver » de Christelle Dabos ne m’a pas déçue. L’auteur a réussi à créer son propre monde, un univers a priori enchanteur, mais baigné d’illusions. Elle a aussi réussi à créer des personnages attachants, à commencer par Ophélie, son héroïne introvertie au premier abord mais cachant un caractère bien trempé. Habitant sur Anima, une Arche où les hommes ont un rapport particulier avec les objets, Ophélie possède le don de « lire » les objets et de traverser les miroirs. Mais voilà qu’on la force à se fiancer avec un inconnu, habitant sur une Arche lointaine, au Pôle, un lieu de courtisans hypocrites cherchant tous à se faire apprécier du Seigneur Farouk, un lieu au décor de carton pâte, où tout est illusion. Pourquoi a-t-elle été choisie pour ce mariage ? Pourquoi son fiancé, Thorn (digne héritier du Mr Rochester imaginé par  Charlotte Brontë dans Jane Eyre), est-il si froid et distant ? Ces fiançailles, vous l’aurez compris, vont chambouler complètement la vie d’Ophélie.

J’ai aimé lire « Les fiancés de l’hiver », j’ai aimé le style d’écriture, l’histoire, les personnages et l’univers imaginé par Christelle Dabos. J’attends cependant la sortie poche du tome 2 pour savoir si c’est un coup de cœur ou juste un bon livre (ce qui est déjà pas mal !). Si vous voulez vous évader cet été, mettez donc ce roman fantastique dans votre valise. Évasion garantie.

Un passage parmi d’autres

 – Les Passe-miroir sont rares dans la famille, fille, est-ce que tu sais pourquoi ?

Ophélie souleva les paupières derrière ses lunettes. Elle n’avait jamais abordé la question avec son parrain. Pourtant, tout ce qu’elle savait, elle le tenait de lui.

– Parce que c’est une forme de lecture un peu particulière ? suggéra-t-elle.

Le grand-oncle ébroua ses moustaches et écarquilla ses yeux d’or sous les ailes de ses sourcils.

– Rien à voir ! Lire un objet, ça demande de s’oublier un peu pour laisser la place au passé d’un autre. Passer les miroirs, ça demande de s’affronter soi-même. Il faut des tripes, t’sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir tel qu’on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la face, ceux qui se mentent à eux-mêmes, ceux qui se voient mieux qu’ils sont, il pourront jamais. Alors, crois-moi, ça ne court par les trottoirs !

 

Christelle Dabos – Les fiancés de l’hiver – avril 2016 (folio)

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Libertango – Frédérique Deghelt

19 dimanche Juin 2016

Posted by Aurélie in Romans français

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Actes Sud, Critique de livre, Frédérique Deghelt, idées de lecture, lecture, Libertango, Livre, quoi lire, roman

Frédérique Deghelt - LibertangoLes premières phrases

«  Il y eut les premiers sons désaccordés, tâtonnants, qui semblaient pleurer en attendant que commencent véritablement les choses. Il y eut ce moment calme, quand je me suis avancé dans la salle, les applaudissements de l’assemblée, comme une ultime faveur accordée avant que je ne fasse mes preuves. Avec une main un peu moite, je saluai mon dernier allié, le plus proche, avant de laisser place à ce silence recueilli qui précède l’envol. Je les regardai tous, puisque je tournais le dos aux autres,  et le sourire que je leur offris n’avait rien de bref ou de crispé. Ce sourire était ma dernière chance de les embarquer et je le désirais plus que tout au monde. Nous devions désormais nous faire confiance parce que nous n’avions pas le choix et, surtout, parce que ce serait la dernière fois. Je dirigeai mon regard vers les premiers à intervenir et ils caquetèrent le début de leur discours. Puis, accrochés à leurs cordes, montant et descendant dans la mâture, graves et plus jeunes se mirent à ramper vers moi. C’est dans la pluie de ce qui suivit que je saisis mon énergie. D’une main ferme, je m’appuyai sur ce qui venait d’être envoyé et s’effaçait déjà pour faire place à un déploiement élégant. Je me sentais posé sur le bord de chaque envolée, si bien que, lançant avec force les canons, je pus sentir le frémissement de la salle et sa surprise quand retentirent les coups assénés, parfaitement accompagnés par la douceur des milliers de voix virevoltantes pour répondre à la main qui les encourageait. Je souris et pris la taille de la plus jolie des mariées pour la faire tournoyer sans jamais succomber.  »

Circonstances de lecture

Parce que la couverture est superbe tout comme la plume de Frédérique Deghelt (La grand-mère de Jade, Les brumes de l’apparence…).

Impressions

Dès les premières lignes, je me suis sentie happée par la superbe plume de Frédérique Deghelt. Rarement un début de roman m’a fait cette impression… J’étais sous le charme, envoûtée, émue. Avec Libertango, Frédérique Deghelt offre un magnifique roman sur la puissance de la musique.

A la fin de sa vie, Luis accepte de se confier à une journaliste. Mais Luis n’est pas une personne comme les autres. A plus d’un titre. Il naît handicapé, et est aussitôt rejeté par sa famille qui ne lui prédit aucun avenir. Heureusement, Luis a du caractère et, surtout, un amour passionné pour la musique classique. Malgré son bras gauche qui fonctionne mal, il veut réaliser son rêve : devenir chef d’orchestre.

Libertango est une superbe ode à la différence, à la réalisation des rêves, et au pouvoir de la musique. Car c’est bien la musique qui sauvera Luis, de son handicap, des préjugés, et de son orgueil. Malgré quelques longueurs, Frédérique Deghelt signe là l’un de ses meilleurs romans. Le premier quart est tout simplement magistral, tant l’émotion est présente et le style superbe. Pour tous les amoureux des mots et de  musique. Pour tous ceux qui ont ressenti un jour la musique comme un pansement salvateur.

Un passage parmi d’autres

 A quel moment ai-je réellement entendu un chant, le filet mélancolique et vibrant qu’il produisait ? Au début, j’ai cru que mon âme me distillait de la musique qui ressemblait à mon chagrin. Ça n’aurait pas été la première fois. Je transpirais de peine et de désespoir et cette mélodie était un mirage produit par mon imagination. Devant moi, il n’y avait que des pêcheurs tenant leurs lignes et surveillant la surface de l’eau, et puis un couple assis côte à côte sur des chaises longues. Pourtant, j’entendais bien des notes et je me rapprochais de cette musique, comme par instinct ; j’allais vers elle comme si elle pouvait m’apaiser, et soudain, j’ai vu un musicien. Debout, un pied posé sur une bitte d’amarrage, tenant entre ses mains une sorte d’accordéon, mais plus petit, et noir. Son chant vibrait à l’unisson de mon cœur dévasté, alors je me suis assis et je l’ai écouté. Longtemps. J’ai laissé couler mes larmes. Je me fichais bien qu’il puisse me voir pleurer. Il devait savoir puisqu’il jouait cette musique qui contenait tous mes chagrins. Je n’entendais plus la vérité ou l’offense, je n’étais plus une gangrène ou un pauvre type inutile. J’étais cette musique, ce chant de tristesse qui rythmait la débâcle de mon existence et distillait dans mes vaisseaux son vibrato. La cadence s’est accélérée et j’ai entendu l’inspiration, le murmure d’une plénitude, l’appel vibrant d’un avenir. Or je n’avais jamais pensé à l’avenir.

Frédérique Deghelt – Libertango – mai 2016 (Actes Sud)

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Misery – Stephen King

08 mercredi Juin 2016

Posted by Aurélie in En VO, Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Misery, quoi lire, roman, Stephen King, Thriller

Stephen King - MiseryLes premières phrases

«  umber whunnnn

yerrrnnn umber whunnnn

fayunnnn

These sounds: even in the haze.

But sometimes the sounds – like the pain – faded, and then there was only the haze. He remembered darkness: solid darkness had come before the haze. Did that mean he was making progress? Let there be light (even of the hazy variety), and the light was good, and so on and so on? Had those sounds existed in the darkness? He didn’t know the answers to any of these questions. Did it make sense to ask them? He didn’t know the answer to that one, either.

The pain was somewhere below the sounds. The pain was east of the sun and south of his ears. That was all he did know.

For some length of time that seemed very long (and so was, since the pain and the stormy haze were the only two things which existed) those sounds were the only outer reality. He had no idea who he was or where he was and cared to know neither. He wished he was dead, but through the pain-soaked haze that filled his mind like a summer storm-cloud, he did not know he wished it.  »

Circonstances de lecture

Parce que je suis fan de Stephen King.

Impressions

Stephen King est définitivement un de mes auteurs préférés. J’ai dévoré « Misery », ce classique que je n’avais pas encore pris le temps de lire. C’est bien simple, une fois les premières pages tournées, j’ai été hantée par ce livre et je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi le soir pour vite connaître la suite !

L’histoire – vous la connaissez peut-être – : un écrivain, Paul Sheldon,  se réveille après un accident de voiture chez une de ses fans inconditionnelles, Annie Wilkes. Celle-ci, au lieu de le conduire à l’hôpital (il a tout de même les deux jambes cassées…), l’a ramené chez elle. Point positif : c’est une ancienne infirmière et elle a une quantité impressionnante de médicaments anti-douleur dans sa salle de bains. Point négatif : elle est complètement folle. Et lorsqu’elle apprend que Paul Sheldon tue l’héroïne de ses bestsellers dans son dernier roman, elle lui ordonne d’écrire la suite et de ressusciter son personnage préféré. Bien sûr, avec Stephen King, on a droit à une bonne dose d’hémoglobine et de scènes bien tordues, mais « Misery » propose aussi une très bonne réflexion sur l’inspiration des écrivains. Tout simplement GÉNIAL !!!

Un passage parmi d’autres

 « Annie, will you tell me one thing?

« Of course, dear! »

« If I write this story for you – « 

« Novel! A nice big one like all the others – maybe even bigger! »

He closed his eyes for a moment, then opened them. « Okay – if I write this novel for you, will you let me go when it’s done? »

For a moment unease slipped cloudily across her face, and then she was looking at him carefully, studiously. « You speak as though I were keeping you prisoner, Paul. »

He said nothing, only looked at her.

« I think that by the time you finish, you should be up to the… up to the strain of meeting people again, » she said. « Is that what you want to hear? »

« That’s what I wanted to hear, yes. »

« Well, honestly! I knew writers were supposed to have big egos, but I guess I didn’t understand that meant ingratitude, too! »

He went on looking at her and after a moment she looked away, impatient and a little flustered.

Stephen King – Misery – 1987 (Hodder & Stoughton)

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Vongozero – Yana Vagner

20 vendredi Mai 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers, SF

≈ 2 Commentaires

Étiquettes

Critique de livre, idées de lecture, Le Lac, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Thriller, Vongozero, Yana Vagner

Les premières phrases

Yana Vagner - Vongozero«  Maman est morte le mardi 17 novembre. J’ai appris la nouvelle par une voisine. Quelle ironie : ni maman ni moi n’avons jamais été proches de cette femme acariâtre, toujours maussade, dont le visage ingrat semblait taillé dans la pierre. Nous avons vécu quinze ans sur le même palier et à une époque, pendant plusieurs années, je me dispensais même de la saluer. J’aimais à appuyer avec une joie maligne sur le bouton de l’ascenseur pour l’empêcher de monter dans la cabine ; elle, le pas lourd, soufflant comme un phoque, voyait les portes automatiques se refermer sous son nez et je me souviens encore de l’indignation ridicule qui lui déformait la face. Durant ces quelques années (j’avais alors quatorze ans, peut-être quinze), elle nous offrait la même grimace toutes les fois, nombreuses, où elle sonnait à notre porte – maman ne lui a jamais proposé d’entrer – pour nous exposer ses griefs : nos bottes avaient laissé des traces de neige fondue dans le hall, un individu avait sonné par erreur chez elle à plus de dix heures du soir… « Qu’est-ce qu’elle veut encore, maman ? » criais-je quand je devinais à la voix de ma mère qu’elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette femme. Car maman n’avait jamais appris à se défendre et n’importe quel minuscule conflit dans une file d’attente, de ces incidents qui enflamment l’œil et les joues des protagonistes, suscitait chez elle maux de tête, tachycardie et crises de larmes.  »

Circonstances de lecture

Attirée par l’histoire…

Impressions

Voici un livre multi-facettes, entre la SF, le thriller et le road-movie. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le reposer !

Quand une épidémie meurtrière s’abat sur la Russie, Anna, son fils Micha, et son conjoint Sergueï fuient leur village pour trouver refuge dans un endroit coupé du monde. Mais la route sera longue et semée d’obstacles. Au premier rang desquels leurs compagnons de voyage : des personnes qu’Anna n’a jamais appréciées… à commencer par l’ex-femme de Sergueï. Si l’histoire peut paraître classique (fuir une épidémie mortelle), le traitement est original. Car il s’agit aussi bien d’un thriller psychologique que d’un livre de SF au final.

Yana Vagner - Le lac

La suite et fin de « Vongozero », « Le lac », vient de sortir. Et je n’ai pas été déçue. Dans ce deuxième tome, on ressent encore plus les rigueurs de l’hiver russe, la difficulté des hommes à vivre ensemble et le thriller prend des airs de huis clos oppressant.

Je vais suivre cet auteur de près !

Un passage parmi d’autres

 – Anna, tu  vas où ?

Je ne m’arrêtai pas : je ne pus même pas lui répondre, je me contentai d’agiter la main et de faire encore un pas, puis encore un. Je ne vais pas aller loin, c’est juste pour ne plus voir aucun de vous, je ne veux voir personne pour le moment, je suis si fatiguée d’avoir toujours quelqu’un à mes côtés, laissez-moi, donnez-moi ne serait-ce qu’un peu de temps. Je comprenais parfaitement que je n’irais pas loin, ce n’était pas de vraie solitude dont j’avais besoin, mais simplement d’une illusion, d’un ersatz sans danger ; ayant atteint un endroit où la lumière des phares était devenue presque indécelable, et où les sons se fondaient en un bourdonnement homogène, je m’arrêtai et fus aussitôt saisie par le froid. Ils ne vont pas s’apercevoir tout de suite de mon absence, pensai-je. J’ai encore cinq minutes en réserve, voire dix, je vais attendre sans faire de bruit, je ne vais pas bouger d’ici, et quand ils seront prêts ils m’appelleront, je les entendrai et je rebrousserai chemin.

Yana Vagner – Vongozero – Le Lac – 2016 (Pocket / Mirobole Editions)

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Trois jours et une vie – Pierre Lemaitre

27 mercredi Avr 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

≈ 1 Commentaire

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Au revoir là-haut, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Pierre Lemaitre, quoi lire, roman, Trois jours et une vie

Pierre Lemaitre - Trois jours et une vieLes premières phrases

«  A la fin de décembre 1999 une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse. Ne cherchez pas la raison pour laquelle son propriétaire, M. Desmedt, avait donné à ce bâtard blanc et fauve, maigre comme un clou et haut sur pattes, le nom d’un héros grec, ce sera un mystère de plus dans cette histoire.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Au revoir là-haut » et « Alex ».

Impressions

Après « Au revoir là-haut », Pierre Lemaitre revient avec un roman noir captivant autour du thème de la culpabilité.

Antoine, 12 ans, commet un geste irréparable en tuant un petit garçon de 6 ans, sous le coup de la colère. Doit-il fuir ? Doit-il se rendre à la police ? Surtout, comment vivre avec ce poids sur la conscience ? Voici un livre qui se dévore jusqu’à un final surprenant. Une belle réflexion sur le thème de la culpabilité.

Un passage parmi d’autres

 Il regarde sa montre. 14h30, midi au soleil. Antoine est en nage.

Il doit prendre une décision, mais quelque chose lui dit que c’est déjà fait : il va rentrer à la maison, ne rien dire, monter dans sa chambre comme s’il n’en était jamais sorti, qui pourra deviner que c’est lui ? On ne s’apercevra pas de la disparition de Rémi avant… Il calcule mentalement, mais tout s’embrouille, il compte sur ses doigts, mais compter quoi ? Combien de temps faudra-t-il pour retrouver Rémi ? Des heures, des jours ? Et puis, Rémi a été vu si souvent avec Antoine et ses copains, ils seront interrogés par la police… Si ça se trouve, en ce moment, ils sont tous ensemble chez Kevin, sur la PlayStation, il ne manque que lui, Antoine, et du coup, tous les regards vont se tourner vers lui.

Non, ce qu’il faut, c’est faire en sorte qu’on ne retrouve pas Rémi.

La vision du sac-poubelle contenant le chien lui traverse l’esprit.

S’en débarrasser.

Rémi a disparu, personne ne sait ce qu’il est devenu, voilà, c’est ça la solution, on va le chercher et personne ne va imaginer…

Antoine continue de marcher de long en large près du corps qu’il ne veut plus regarder, ça le panique, ça l’empêche de penser.

Pierre Lemaitre – Trois jours et une vie – 2016 (Albin Michel)

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Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

22 vendredi Avr 2016

Posted by Aurélie in Romans français

≈ 2 Commentaires

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Critique de livre, David Foenkinos, Gallimard, idées de lecture, Le mystère Henri Pick, lecture, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

David Foenkinos - Le mystère Henri Pick«  En 1971, l’écrivain américain Richard Brautigan a publié L’Avortement. Il s’agit d’une intrigue amoureuse assez particulière entre un bibliothécaire et une jeune femme au corps spectaculaire. Un corps dont elle est victime en quelque sorte, comme s’il existait une malédiction de la beauté. Vida, tel est le prénom de l’héroïne, raconte qu’un homme s’est tué au volant à cause d’elle ; subjugué par cette passante inouïe, le conducteur a tout simplement oublié la route. Après le crash, la jeune femme s’est précipitée vers la voiture. Le conducteur en sang, agonisant, a juste eu le temps de lui dire avant de mourir : « Ce que vous êtes belle, mademoiselle. »

A vrai dire, l’histoire de Vida nous intéresse moins que celle du bibliothécaire. Car il s’agit là de la particularité de ce roman. Le héros est employé dans une bibliothèque qui accepte tous les livres refusés par les éditeurs.  »

Circonstances de lecture

Attirée par le thème du livre.

Impressions

C’est bien simple : j’ai dévoré le dernier roman de David Foenkinos. Dès le départ, j’ai été happée par l’intrigue. Un bibliothécaire a l’idée d’accepter les manuscrits refusés par les éditeurs. Ils finissent sous la poussière, rangés au fond de la bibliothèque. Jusqu’au jour où une jeune éditrice en vacances tombe sur un  de ces manuscrits et découvre un chef d’œuvre. Son auteur a pourtant un profil atypique : c’était un pizzaiolo qui, selon sa veuve, n’avait jamais lu un seul livre… Aussitôt publié, le roman connaît un immense succès. Mais voilà, qui était Henri Pick ? Est-il vraiment l’auteur de ce livre ? David Foenkinos ne donne la réponse que dans les toutes dernières pages, comme dans une enquête policière. Un très bon roman.

Un passage parmi d’autres

 Pick avait ainsi été sur toutes les lèvres, symbolisant le rêve d’être un jour reconnu pour son talent. Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir. Si le roman de Pick plaisait, c’était surtout l’histoire de sa vie qui touchait les gens. Elle faisait écho à ce fantasme d’être un autre, le super-héros dont personne ne sait les capacités extraordinaires, cet homme si discret dont le secret est de posséder une sensibilité littéraire imperceptible. Et moins on en savait sur lui, plus il fascinait. Sa biographie ne laissait rien paraître d’autre qu’une vie banale, linéaire. Cela renforçait l’admiration, pour ne pas dire le mythe. De plus en plus de lecteurs voulurent aller sur ses traces, et se recueillir sur sa tombe. Le cimetière de Crozon accueillait ses admirateurs les plus fervents. Madeleine les croisait parfois. Ne comprenant pas leur démarche, elle n’hésitait pas à leur demander de partir et de laisser son mari tranquille. Était-elle du genre à penser qu’on pouvait réveiller un mort ? En tout cas, il était possible de troubler ses secrets.

David Foenkinos – Le mystère Henri Pick – 2016 (Gallimard)

 

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