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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: roman

Les mains vides – Elio Possoz

05 mercredi Fév 2025

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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anarchies, conseils de lecture, Critique de livre, Elio Possoz, Eutopia, Eutopie, idées de lecture, La Volte, lecture, Les mains vides, Livre, quoi lire, roman, SF, Utopie, vivre ensemble

Les premières phrases

« Je ne suis plus amoureuz.

Tu le sentais déjà perler depuis des semaines, à goutte de regards plus fuyants, de caresses plus rares, d’une complicité se délitant, imperceptible. Presque à mesure que les sentiments irriguaient de moins en moins votre jardin commun.

El passait de plus en plus de temps dans les assemblées du caracol, faisait plus, bien plus que sa trentaine d’heures communes, el se perdait dans les chantiers co, les formations bonus, les coordos d’ateliers, les préparations artistiques, la danse et la chorale, tout ce qui semblait trésor pour el mais l’éloignait de votre nid, notre cara casa, et l’on n’osa pas, longtemps, te dire que l’on voyait touste. »

Impressions

Ton cœur est brisé : ton amoureuz ne l’est plus… Alors, tu décides d’enfourcher ton vélo, de pédaler pour échapper à cette tristesse qui te ronge, de pédaler loin de ton foyer pourtant chéri, pour retrouver d’autres liens que tu as tissés par le passé et récupérer ta gaieté. Il te faut pédaler dur, car la Torpeur arrive, et tu dois te trouver un nid avant que la chaleur ne soit trop suffocante. En chemin, tu croiseras d’autres communautés, des anarchies comme ton chez toi, mais toutes différentes. Chacune a ses règles, sa manière de vivre en commun, ses façons d’être au monde et au vivant. Elles ne sont pas parfaites mais font du mieux possible, essaient, au moins, d’aller vers le mieux. Parfois, il te faudra faire attention, car des Verticaux existent encore, là où la propriété et la loi du pouvoir résistent, et eux ne voient pas tes manières d’un bon œil. Au contact de ces rencontres et des discussions autour d’une infusion, tu pourras peut-être amoindrir ta peine, regonfler le torse, retrouver l’espoir, et redonner de la place pour d’autres dans ton corazon.

Avec Les mains vides, Elio Possoz propose un voyage unique sur une Terre en proie aux canicules et catastrophes climatiques, tout en gardant foi en l’avenir, au pouvoir du vivant de construire autre chose, des sociétés plus humaines, plus altruistes. Autant de formes de « vivre ensemble » insufflant de l’espoir en l’avenir. Un roman politique, plein d’émotions, riche d’une langue chantante invitant au voyage et au métissage des cultures. Une bouffée d’oxygène !

Elio Possoz – Les mains vides – Janvier 2025 – La Volte

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La cité aux murs incertains – Haruki Murakami

01 samedi Fév 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Belfond, conseils de lecture, Critique de livre, Haruki Murakami, idées de lecture, La cité aux murs incertains, lecture, Livre, quoi lire, réalisme magique, roman

Les premières phrases

« C’est toi qui m’as parlé de la Cité.

Ce soir d’été, respirant les effluves de l’herbe tendre, nous avons marché vers l’amont de la rivière. Nous avons traversé une succession de gradins formant de petites cascades, et nous nous sommes arrêtés de temps en temps pour observer des poissons argentés, filiformes, qui nageaient dans les nappes d’eau. Nous étions tous deux pieds nus depuis un bon moment. L’eau claire lavait et rafraîchissait nos chevilles, le sable fin de la rivière nous enveloppait les pieds, comme un nuage doux dans un rêve. J’avais dix-sept ans, toi, un an de moins. »

Impressions

Si j’avais été déçue par Le Meurtre du Commandeur, La cité aux murs incertains me réconcilie avec Haruki Murakami. Cette lecture m’a fait énormément de bien en ce mois de janvier assez éprouvant. J’ai fait durer le plaisir en prenant tout mon temps pour le lire car cette réécriture de La fin des temps se savoure tout doucement. Tout commence par une histoire d’amour platonique entre un jeune homme de dix-sept ans et une jeune fille de seize ans. Elle habite en ville, lui dans une banlieue en bord de mer. Pour se voir, ils doivent faire 1h30 de trajet en train. Et c’est au cours d’une de leurs rencontres qu’elle lui parle d’une Cité, ceinte de hauts murs, traversée par une rivière, dans laquelle trottinent des licornes, et dans laquelle résiderait « son vrai moi », elle n’étant qu’une « ombre ». Là-bas, dans une bibliothèque, travaille tous les soirs un liseur de rêves. Un jour, la jeune fille disparaît…

Haruki Murakami maîtrise encore une fois à la perfection le réalisme magique, en mêlant monde réel et monde imaginaire, et en brouillant la frontière entre les deux. Cette lecture est un véritable baume pour le cœur, tout en abordant avec délicatesse des thèmes forts, comme la dépression, l’autisme ou encore les incertitudes de la vie et les peurs qui nous emprisonnent. Grâce à ce roman, j’ai réalisé que ma mission de vie pouvait tout simplement être la lecture. Et que c’était suffisant.

Haruki Murakami – La cité aux murs incertains – Janvier 2025 – Belfond (traduit du japonais par Hélène Morita, avec la collaboration de Tomoko Oono)

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Survivantes – Cédric Sire

27 lundi Jan 2025

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Cédric Sire, conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Michel Lafon, quoi lire, roman, Survivantes, Thriller

Les premières phrases

« Son sifflotement ne la quitterait jamais.

Cet air familier évident, dont Kate, comme tout le monde, ignorait le nom exact.

Une mélodie si douce…

Kate a mis du temps à accepter qui elle est.

Au début, elle était une proie. Elle agissait comme une proie, comme toutes les autres. N’était-elle pas du « sexe faible » ? Un être fragile, forcément. Blonde, mince, plutôt jolie de l’avis général. Une victime désignée pour tous les porcs, tous les forceurs ayant besoin de se rassurer sur leur virilité. Parce qu’elle était femme, justement, elle a toujours soutenu que la vie est plus précieuse que tout. Que la tolérance doit s’imposer pour sauver le monde. C’est la raison qui l’a poussée à vouloir être psychologue, dès son adolescence. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était aider les autres, leur permettre de surmonter leurs traumatismes par la parole et l’acceptation de leurs propres fantômes.

Au début, oui…

Avant.

Avant le sifflotement.

Toujours ce même air.

Chaque fois qu’il arrivait… »

Impressions

Rares sont les auteurs de thrillers que je lis systématiquement, à chaque nouvelle parution. Cédric Sire en fait partie. Il a la particularité d’écrire des romans diablement bien rythmés, avec des chapitres courts et sans temps mort, tout en dressant un portrait précis de ses personnages, l’aspect psychologique étant une des ses grandes forces.

Avec Survivantes, Cédric Sire nous entraîne dans une histoire de vengeance. Un groupe de femmes ayant toutes subies des atrocités de la part d’hommes sadiques décide de les retrouver pour se venger. Ainsi, espèrent-elles, elles pourront arrêter de juste survivre, et recommencer à vivre, tout simplement. Évidemment, leur plan ne se passe pas comme prévu… Ici, Cédric Sire part de deux constats bien réels : les crimes commis contre les femmes, et le manque de réaction du système judiciaire. Que faire quand la police et la justice se sont avérées inutiles, voire condescendantes ? Que faire pour reprendre sa vie en main quand on est passé tout près de la mort ? Comment dépasser le traumatisme d’actes aussi cruels ? Est-ce au moins possible ?

Voici assurément une lecture dont je ne ressors pas indemne… Le parcours de ces quatre femmes restera longtemps gravé en moi. Lire Survivantes, c’est accepter de se faire malmener. Attention donc si vous êtes sensible ! Ce thriller n’épargne pas ses lecteurs, d’autant que vous vous attacherez forcément à Kate, Farrah, Tanya et Cheryl. Encore une fois, l’auteur toulousain livre un thriller addictif, à la fois sanglant et révoltant.

Cédric Sire – Survivantes – Janvier 2025 – Michel Lafon

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La Migration annuelle des nuages – Premee Mohamed

20 lundi Jan 2025

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, L'Atalante, La migration annuelle des oiseaux, lecture, Livre, Premee Mohamed, quoi lire, roman, SF

Les premières phrases

« On ne le nomme pas et on ne lui donne pas de nom. Entre eux, ils doivent utiliser des noms. Je ne sais pas comment se fait appeler le mien et, s’il me le disait, j’essaierais d’oublier, je le jure. Ce ne serait pas comme le nom secret des chiens, qu’enfant je souhaitais si fort apprendre.

Mais le nom sur cette enveloppe est le mien, indéniablement, imprimé en noir, bien net, sur le papier immaculé qui tremble entre mes doigts tétanisés. Imprimé par une machine. Dedans, la lettre et la sphère. Exactement comme dans les histoires. »

Impressions

Vous connaissez mon amour pour les romans post-apo. Alors, quand c’est en plus L’Atalante aux manettes, et dans un format novella, je ne peux qu’être conquise !

Au cœur du Canada, vit une communauté de survivants, et c’est là que réside Reid, une jeune fille porteuse, comme sa mère et d’autres humains, d’un parasite – un « cad » – vivant en symbiose avec son corps et ayant une influence plus ou moins consciente sur son comportement. Son quotidien se voit bouleversé par l’arrivée d’une lettre d’admission dans une mystérieuse université. Si l’envie d’y aller est forte, comment pourrait-elle abandonner sa mère ? Et puis, cette université existe-t-elle vraiment ? Ne serait-ce pas un piège pour l’attirer en dehors de la communauté où elle vit en sécurité ? À moins que ça ne soit l’unique occasion de trouver un remède pour contrer le parasite ? Ce premier tome est une jolie mise en bouche dans cet univers post-apo esquissé avec justesse par l’autrice indo-caribéenne Premee Mohamed. Vivement la suite en mars !

Premee Mohamed – La Migration annuelle des nuages – Janvier 2025 – L’Atalante (traduit de l’anglais par Marie Surgers)

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La maison biscornue – Gwen Guilyn

15 mercredi Jan 2025

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans français

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, Gwen Guilyn, idées de lecture, La maison biscornue, lecture, Les éditions du Panseur, Livre, quoi lire, roman

Les premières phrases

« Pas qu’ils l’utilisent souvent, cette porte. Mais quand même. Où est-que la maison a pu la fourrer, encore ? Normalement, le Pahr s’inquièterait pas. La maison, elle aime turlupiner. C’est jamais bien méchant, hein. Les godillots qui disparaissent de là où ils étaient rangés. L’eau qui sort un peu fort du robinet et tape sur la figure. Des enfanteries. Bon, parfois quand l’est grogneuse, là, elle mord méchant, d’accord, mais c’est pas commun non plus. Faut bien que la maison cultive son respect.

Mais là, le Pahr a regardé, et la porte est nulle part. »

Impressions

Voici un roman surprenant. Attirée tout d’abord par la couverture (signée Anouck Faure), j’ai décidé d’en lire les premières lignes et ce langage bizarre m’a aussitôt happée. Et me voilà à dévorer ce roman écrit d’une plume originale par Gwen Gwilyn.

Tout commence par le Pahr qui n’arrive plus à mettre la main sur la porte de la maison. La Mahrgrand, elle le prend pour un bon à rien. Pas capable de retenir le Fils qui est parti, pas capable de bien élever ses Filles. Et parlons-en d’ailleurs de ses Filles. Normalement, il devrait y en avoir qu’une. À quoi elle sert l’aut’ Fille ? Et l’Ongre là, qui fait que donner des coups de pieds aux murs, à rire bêtement, il sert pas à grand chose non plus. Et maintenant qu’il n’y a plus de porte, qu’est-ce qu’on va faire ? C’est que la maison, elle déblatère sans arrêt, elle a la bougeotte de ses murs, elle hésite pas à tout tarabiscoter de l’intérieur. Faudrait pas que la famille, elle fasse n’importe quoi, sinon la maison pourrait bien avoir envie de les bouffer tout cru !

Vous l’aurez compris, ce roman a son parler bien à lui et c’est un régal ! C’est une lecture étrange, malaisante par moments, qui flirte avec l’horrifique pour nous proposer au final une très bonne critique des carcans familiaux. C’est en tout cas comme cela que je l’ai compris. Cette lecture va assurément rester longtemps dans ma mémoire.

Gwen Guilyn – La maison biscornue – Octobre 2024 – Les éditions du Panseur

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Les Miracles du bazar Namiya – Keigo Higashino

23 lundi Déc 2024

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

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Actes Sud, Babel, Keigo Higashino, lecture, Les Miracles du bazar Namiya, Livres, quoi lire, roman

Keigo Higashino - Les Miracles du bazar NamiyaLes premières phrases

«  C’était Shota qui avait proposé qu’ils aillent dans la vieille bicoque. Elle n’était pas loin, et parfaite.

– Comment ça, pas loin et parfaite ? demanda Atsuya en le toisant de haut.

Il était plus grand que Shota dont le visage avait gardé quelque chose d’enfantin.

– Elle est pas loin, et parfaite pour se planquer. Je suis tombé dessus par hasard quand je suis venu en reconnaissance. Même si je n’ai pas du tout pensé qu’on en aurait besoin.

– Je vous demande pardon à tous les deux, dit Kohei, qui regardait en se faisant tout petit la veille Crown arrêtée au bord de la route. Je ne m’attendais pas à ce que la batterie lâche.

Atsuya soupira.

– A quoi bon dire ça maintenant ?

– Quand même, je comprends pas. Elle marchait bien jusqu’à ce qu’on arrive ici, et on n’a pas laissé les phares allumés non plus.

– Elle était en fin de course, fit Shota. T’as vu le compteur ? La bagnole a plus de cent mille kilomètres. Elle était quasi morte. Ça l’a achevée, de venir jusqu’ici. Je t’avais pourtant dit d’en prendre une neuve si t’en volais une. « 

Circonstances de lecture

Parce que cette couverture invite à la lecture.

Impressions

Keigo Higashino est un auteur japonais de romans policiers. C’est ici sa première incursion dans le domaine du roman fantastique et c’est une réussite.

On y suit trois jeunes garçons qui ont commis un méfait et qui décident de se cacher pour la nuit dans un magasin abandonné, le bazar Namiya. Sauf que leur nuit est interrompue par une lettre que quelqu’un glisse dans la fente du rideau métallique du bazar… Une lettre demandant conseil à l’ancien propriétaire des lieux, une lettre du passé écrite quelque 32 ans plus tôt… La première de plusieurs lettres…

Voici une histoire teintée de réalisme magique, un roman touchant, prônant l’écoute, l’entraide et la tolérance. C’est aussi un livre sur la transmission, et la rédemption. Un très beau livre à offrir, à lire et relire pour comprendre toutes les imbrications entre les différents protagonistes.

« J’ai eu pour la première fois de ma vie l’impression que je servais à quelque chose. »

Keigo Higashino – Les Miracles du bazar Namiya – Babel – Octobre 2021

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Piranèse – Susanna Clarke

10 dimanche Mar 2024

Posted by Aurélie in En VO, Fantastique, Fantasy

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Bloomsbury, Fantastique, lecture, Livres, Piranèse, Piranesi, quoi lire, Robert Laffont, roman, Susanna Clarke

Susanna Clarke - PiranesiLes premières phrases

«  When the moon rose in the Third Northern Hall I went to the Ninth Vestibule to witness the joining of three Tides. This is something that happens only once every eight years.

The Ninth Vestibule is remarkable for the three great Staircases it contains. Its Walls are lined with marble Statues, hundreds upon hundreds of them, Tier upon Tier, rising into the distant heights. »

Circonstances de lecture

Parce que… cette couverture !!!

Impressions

Si vous aimez « Narnia », « Alice au pays des merveilles » ou encore « La mer sans étoiles » d’Erin Morgenstern, ce livre devrait vous plaire. 

Pénétrez dans un labyrinthe de halls, de salles immenses, et de vestibules où les vagues viennent s’écraser au gré des marées et où les statues et les oiseaux semblent veiller sur Piranèse, cet homme solitaire qui connaît les lieux comme sa poche, mais qui ne connaît qu’un seul être humain : l’Autre.

Acceptez de vous perdre dans les pensées de Piranèse, dans les méandres de sa Maison, et dans sa quête de savoirs. Une lecture envoûtante et onirique, pleine de mystères. 

Susanna Clarke – Piranèse – Octobre 2021 – Robert Laffont (Bloomsburry pour la VO) et depuis mars 2024 au Livre de Poche 

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La mer de la tranquillité – Emily St. John Mandel

10 dimanche Sep 2023

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, Emily St. John Mandel, genre, idées de lecture, La mer de la tranquillité, lecture, Livres, quoi lire, Rivages, roman, SF, voyage dans le temps

Emily St. John Mandel - La mer de la tranquilité

Les premières phrases

«  Edwin St. John St. Andrew, eighteen years old, hauling the weight of his double-sainted name across the Atlantic by steamship, eyes narrowed against the wind on the upper deck : he holds the railing with gloved hands, impatient for a glimpse of the unknown, trying to discern something – anything! – beyond sea and sky, but all he sees are shades of endless gray. He’s on his way to a different world. He’s more or less at the halfway point between England and Canada. « I have been sent into exile », he tells himself, and he knows he’s being melodramatic, but nonetheless there’s a ring of truth to it .  » 

Circonstances de lecture

Parce que ce titre m’intriguait et que j’avais adoré Station Eleven.

Impressions

Paru en 2022 en VO, La mer de la tranquillité est sorti fin août en France, aux éditions Rivages. Impossible de résumer ce livre sans trop en dévoiler… Sachez juste qu’Emily St. John Mandel revisite ici les thèmes du voyage dans le temps et des mondes parallèles. Chapitre après chapitre, elle nous fait voyager au fil des siècles, allant de 1912 à 2401, de la Terre aux colonies lunaires, à travers le destin de personnes sans lien apparent les unes avec les autres : un fils de la bonne société anglaise exilé au Canada, une écrivaine en pleine tournée promotionnelle alors qu’une pandémie approche, un jeune homme désireux de travailler pour l’institut du temps…

À travers sa plume onirique, l’autrice délivre un texte mélancolique de toute beauté, maîtrisé de bout en bout.

On retrouve ici des personnages de son précédent roman, L’Hôtel de verre (Rivages Noirs). Vous pouvez d’ailleurs lire les deux indépendamment. J’ai lu L’Hôtel de verre juste après, et cela n’a pas du tout gêné ma lecture de La mer de la tranquillité. L’Hôtel de verre nous fait suivre le destin de plusieurs personnes, notamment Vincent et son frère Paul, deux êtres paumés dont la vie va être chamboulée notamment par un mystérieux graffiti, « Et si vous avaliez du verre brisé« , apparu sur la paroi vitrée du hall de l’hôtel Caiette dans lequel ils travaillent. Et l’arrivée de Jonathan Alkaitis, un milliardaire, double romanesque de Bernard Madoff. Un vrai puzzle que ce livre inclassable, un texte mélancolique, un roman social, saupoudré d’un soupçon de fantastique. Emily St John Mandel dresse une critique du milieu financier et de la société contemporaine, tout en parlant de réalités alternatives (la contre-vie), de fantômes, et de culpabilité. Une grande autrice.

Emily St. John Mandel – Sea of tranquility (La mer de la tranquillité) – Août 2023 – Rivages

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La vie invisible d’Addie Larue – V.E. Schwab

31 lundi Juil 2023

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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conseils de lecture, Critique de livre, Fantastique, idées de lecture, la vie invisible d'Addie Larue, lecture, Livres, Lumen, pacte avec le diable, quoi lire, roman, V.E.Schwab

 

V.E. Schwab - La vie invisible d'Addie Larue

Les premières phrases

«  Une jeune fille court pour échapper à la mort. 

Elle sent la chaleur de l’été lui cuire le dos à travers ses vêtements, mais il n’y a ni torches ni foule en colère, seulement les lanternes du mariage qui brillent au loin et la lueur rougeâtre du soleil couchant qui s’évanouit à l’horizon pour se répandre sur les collines. La jeune fille court et ses jupons se prennent dans les herbes tandis qu’elle se précipite vers les bois pour tenter de battre à son propre jeu la lumière déclinante.  » 

Circonstances de lecture

Parce que cela faisait trop longtemps que ce titre était dans ma PAL !

Impressions

Pour échapper au mariage, Addie Larue conclut un pacte avec le diable : son âme pour pouvoir vivre libre à tout jamais, et n’appartenir à personne. Libre, elle le sera, mais jamais personne ne se souviendra d’elle, jamais personne ne retiendra son nom. La voilà maudite. Libre, mais seule, elle voit l’histoire défiler, du 18ème au 21ème siècle, sans que personne ne s’attache à elle.

« La vie invisible d’Addie Larue » est un roman qui prend son temps, alternant les époques à chaque chapitre, nous faisant voyager à travers le monde au gré de la vie d’Addie, de ses rencontres avec le Ténébreux, et de ses passages fugaces dans la vie des hommes et femmes qu’elle croise sans jamais pouvoir leur laisser le moindre souvenir… jusqu’à ce jour de mars 2014 où un libraire lève les yeux sur elle et la reconnaît.

Ce roman m’a happée. J’ai aimé me perdre dans les pensées et les souvenirs d’Addie. En partant d’un pacte avec le diable, V.E. Schwab construit une histoire bien plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord, en éveillant de multiples réflexions sur la solitude, la liberté, l’indépendance, le regard et le jugement des autres, le temps qui passe, la dépression, l’amour, la valeur de la vie, la mortalité, l’oubli, mais aussi la littérature et l’art. Voici un roman plein d’émotions, que je ne suis pas prête d’oublier.

V.E. Schwab – La vie invisible d’Addie Larue – Octobre 2022 – Lumen

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Babel – R.F. Kuang

27 jeudi Juil 2023

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

≈ 2 Commentaires

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Babel, Fantasy, Harper Voyager, lecture, Livres, quoi lire, RF Kuang, roman, translation

Babel - R.F. KuangLes premières phrases

«  By the time Professor Richard Lovell found his way through Canton’s narrow alleys to the faded address in his diary, the boy was the only one in the house left alive.  » 

Circonstances de lecture

Parce que ce livre a fait tellement parler de lui à sa sortie ! Et puis, cette couverture…

Impressions

R.F. Kuang impose sa patte dans le monde de la Fantasy en le revisitant avec brio. Ici, elle nous ouvre les portes du prestigieux institut de traduction, Babel, situé en plein cœur de l’Université d’Oxford. Seuls les étudiants ayant un don pour les langues peuvent y étudier, pour peut-être réussir à transformer ce don en magie.

C’est dans ce lieu de la haute société britannique que Robin est propulsé, orphelin chinois recueilli par un mystérieux professeur. Une société aux prises avec la révolution industrielle et le colonialisme. Car R.F. Kuang utilise la fantasy pour nous faire voir l’envers du décor de la réussite de l’Empire britannique de l’époque victorienne.  L’occasion également d’évoquer l’intolérance et le racisme, et d’analyser le pouvoir – et les failles – de la traduction et de la maîtrise des langues. Un travail remarquable ! Seuls bémols :  quelques longueurs dans la dernière partie du roman, et un personnage dont le caractère évolue un peu trop brusquement sur la fin… Deux aspects qui n’entament en rien le plaisir que j’ai eu à lire Babel.

A noter : la version française devrait sortir en novembre 2023, chez De Saxus, grâce à la traduction de Michel Pagel (qui a notamment traduit American Gods de Neil Gaiman). Un travail de titan, pour ce livre basé sur le sens des mots et la traduction.

R.F. Kuang – Babel – Harper Voyager – août 2022 

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