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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives d’Auteur: Aurélie

Toute la lumière que nous ne pouvons voir – Anthony Doerr

31 dimanche Mai 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

≈ 2 Commentaires

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Albin Michel, Anthony Doerr, Critique de livre, Prix Pulitzer 2015, roman, Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Anthony Doerr - Toute la lumière que nous ne pouvons voirLes premières phrases

«  A l’aube, ils tombent en masse du ciel, passent par-dessus les remparts, caracolent au-dessus des toits, descendent lentement entre les hautes maisons. Des rues entières en bouillonnent, taches blanches sur les pavés. Message urgent aux habitants de cette ville. Dispersez-vous dans la campagne.

La marée monte. La lune, petite, jaune, est presque toute ronde. Sur les toits des hôtels du front de mer, à l’est, et dans les jardins par-derrière, une demi-douzaine d’unités d’artillerie américaines flanquent des obus incendiaires dans la bouche de mortiers. »

Circonstances de lecture

Attirée par le titre de ce roman.

Impressions

Anthony Doerr raconte la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de deux enfants : Marie-Laure, une jeune aveugle française qui se réfugie avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin allemand, véritable petit génie, que l’on voit enrôler dans les jeunesses hitlériennes. On se retrouve alors avec deux points de vue sur cette guerre qui a déchiré le monde entier.

Intéressant, poignant, ce roman se lit avec avidité. On attend avec impatience ce moment où ces deux êtres se trouveront réunis. L’histoire est belle. Grâce à Marie-Laure, on ressent la force de la mer, les plis des coquillages, l’odeur des pêches en sirop et des petits pois sucrés. Anthony Doerr a su tisser une bien jolie histoire sur fond d’un passé des plus sombres. Ou comment réunir une trame historique, les transmissions électromagnétiques, « Vingt mille lieues sous les mers », et la recherche d’un diamant précieux.

Un passage parmi d’autres

 Que de labyrinthes dans ce monde… Les branches des arbres, les filigranes des racines, les matrices des cristaux, les rues recréées par son père dans ses maquettes. Labyrinthes dans les nodules des murex, dans les textures des écorces de sycomore et à l’intérieur des os creux des aigles. Ce n’est pas plus compliqué que le cerveau humain, dirait Étienne, cerveau qui est sans doute ce qu’il y a de plus complexe au monde : un kilo humide où tournoient des univers.

Elle place le micro dans le pavillon du phonographe, allume, et le disque se met à tourner. Le grenier en grésille. Par la pensée, elle se promène dans une allée du Jardin des plantes. L’air est doré, le vent est vert, les longs doigts des saules glissent sur ses épaules. Son père la précède ; il lui tend la main, l’attend.

Le pianiste se met à jouer.

Marie-Laure récupère son couteau sous le tabouret. Puis elle rampe jusqu’à la petite échelle et s’assoit, les pieds dans le vide, le diamant dans sa poche, caché dans la petite maison. Le couteau dans son poing.

– Viens me chercher…, dit-elle.

Anthony Doerr –  Toute la lumière que nous ne pouvons voir – 2015 (Albin Michel)

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Foundation – Isaac Asimov

23 samedi Mai 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Fondation, Foundation, Foundation and Earth, Foundation and Empire, Foundation's Edge, Isaac Asimov, roman, Secound Foundation, SF

Isaac Asimov - FoundationLes premières phrases

«  His name was Gaal Dornick and he was just a country boy who had never seen Trantor before. That is, not in real life. He had seen it many times on the hypervideo, and occasionally in tremendous three-dimensional newscasts covering an Imperial Coronation or the opening of a Galactic Council. Even though he had lived all his life on the world of Synnax, which circled a star at the edges of the Blue Drift, he was not cut off from civilization, you see. At that time, no place in the Galaxy was.

There were nearly twenty-five million inhabited planets in the Galaxy then, and not one but owed allegiance to the Empire whose seat was on Trantor. It was the last half-century in which that could be said. »

Circonstances de lecture

Un cycle de SF que l’on m’a vivement conseillé.

Impressions

Voici un cycle de SF qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusque-là. Si le premier tome « Foundation » a été publié en 1951, et le dernier « Foundation and Earth » en 1986 (je n’ai pas lu les préquelles), l’aventure intergalactique écrite par Isaac Asimov dégage un souffle résolument actuel.

Après douze mille ans de règne, l’Empire est en plein déclin. Un psycho-historien, Hari Seldon, prédit qu’il sera anéanti d’ici cinq siècles. Suivra une longue période de barbarie, d’anarchie et de violence qui durera trente mille ans… sauf si les hommes suivent son plan consistant, entre autres, à bâtir une première Fondation rassemblant toutes les connaissances humaines… et une autre cachée à l’autre extrémité de la Galaxie. Grâce à ce projet, la période de ténèbres devrait alors être réduite à mille ans. Les hommes réussiront-ils à traverser les siècles et à accomplir la prédiction de Seldon ?

Ce sont tous les avenirs possibles de l’humanité qu’Isaac Asimov explore dans ce cycle de SF. Entre tractations diplomatiques sur le fil, ruses, découvertes de planètes toujours plus lointaines, jeux d’influences et de pouvoir… On ne s’ennuie pas ! Et pourtant, l’action est finalement assez ténue. Tout se joue davantage sur les dialogues que sur les scènes d’action. Et c’est peut-être ça qui fait toute la différence. Ma préférence va pour le 3ème tome de cette saga, « Second Foundation », avec le personnage d’Arcadia Darell, résolument attachant.

A lire si vous aimez la SF, les jeux de pouvoir, les dialogues intelligents, Battlestar Galactica, les robots, la biodiversité, ou si vous vous posez des questions sur l’avenir de l’humanité, tout simplement !

Un passage parmi d’autres

 And then something else occurred to Arcadia, something that had been stirring and moving at the base of her brain ever since the flight began – something that forever killed the fourteen in her.

And she knew that she must escape.

That above all. Though they located every conspirator on the Foundation; though they caught her own father; she could not, dared not, risk a warning. She could not risk her own life – not in the slightest – for the entire realm of Terminus. She was the most important person in the Galaxy. She was the only important person in the Galaxy.

She knew that even as she stood before the ticket-machine and wondered where to go.

Because in all the Galaxy, she and she alone, except for they, themselves, knew the location of the Secound Foundation.

Isaac Asimov – Foundation – 1951 (Spectra)

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A lire !

19 dimanche Avr 2015

Posted by Aurélie in En image

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à lire, Charlaine Harris, Edward Carey, Harper Lee, Heap House, Imagination, Inspiration, Iremonger, Librairie, Livres, Livres en VO, loveinbooks, Magie, Michael Cunningham, Midnight Crossroad, The Leftovers, The Snow Queen, To kill a mocking-bird, Tom Perrotta

 Derniers achats chez Gibert Joseph… De la lecture en VO en perspectives !

Livres en VO

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Les temps sauvages – Ian Manook

19 dimanche Avr 2015

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Albin Michel, Critique de livre, Ian Manook, Les temps sauvages, Policiers / Thrillers, roman, Thriller, Yeruldelgger

Ian Manook - Les temps sauvagesLes premières phrases

«  Engoncée dans sa parka polaire, l’inspecteur Oyun essayait de comprendre l’empilement des choses. Elle s’était accroupie dans la neige qui crissait et s’était penchée pour mieux voir. Le froid lui tailladait les pupilles et l’air glacé lui griffait les sinus à chaque inspiration. C’était comme respirer des brisures de verre. Autour d’elle un autre terrible dzüüd vitrifiait la steppe immaculée. Pour la troisième année consécutive, le malheur blanc frappait le pays. De trop longs hivers polaires qui suivaient de trop courts étés caniculaires. Des blizzards de plusieurs jours à ne plus voir sa yourte, à se perdre pour mourir gelé debout à un mètre près. Puis des ciels bleus comme des laques percés d’un petit soleil blanc au-dessus d’un pays figé dans la glace. Oyun n’avait pas souvenir de tels dzüüd dans son enfance. Le premier dont elle se souvenait était celui de 2001. Un hiver si rude et si long que sept millions de bêtes étaient mortes à travers le pays. Elle gardait en mémoire l’image de ces milliers de nomades encore fiers et solides quelques mois plus tôt, venus s’échouer pour mendier et mourir en silence, transis, dans les égouts d’Oulan-Bator. Les hommes avaient perdu tous leurs chevaux, les femmes tous les yacks et toutes les chèvres, et les enfants tous les agneaux et jusqu’à leurs petits chiots. Cet hiver-là avait tué en Mongolie plus d’âmes que les avions des tours de Manhattan. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « Yeruldelgger », premier volet de Ian Manook.

Impressions

Si vous avez aimé « Yeruldelgger », vous aimerez ce deuxième livre de Ian Manook. On y retrouve avec plaisir Yeruldelgger, ce flic rongé par un passé douloureux et par le désir de vengeance, mais aussi Solongo, Oyun et Gantulga. Sans oublier l’esprit des steppes, les moines Shaolin, et cette même confrontation entre Oulan-Bator, ville moderne ultra-polluée, et les contrées sauvages des steppes à perte de vue, où les nomades tentent de conserver leurs traditions et leur honneur.

Tout commence par la découverte de cadavres étranges… Puis par la mort d’une personne proche de Yeruldelgger. L’ombre de son beau-père, Erdenbat, n’est évidemment pas loin… L’enquête mènera Yeruldelgger et son équipe de la Mongolie à la France pour découvrir la vérité.

J’ai aimé ce livre, à l’exception des pages où l’histoire se déroule en France… Là, on s’y perd un peu et on est bien loin de ce qui fait le vrai charme de ce roman policier : le fait qu’il se passe dans les steppes enneigées d’Asie. Car Ian Manook décrit comme personne la rudesse et la beauté du paysage mongole. On ressent le froid mordant du vent, la douce chaleur du poêle sous la yourte, le goût du thé brûlant sur la langue, la puissance et la sagesse des loups. Vivement la suite!

Un passage parmi d’autres

 Il est le seul survivant de la tribu des Huns décimée par l’armée de l’empire Khan. Il a échappé à la mort enseveli sous tant de morts que leur poids l’a enfoncé dans la terre. Jusqu’à tomber dans les galeries obscures de la tanière des grands loups où la louve impérieuse l’a adopté. C’est d’elle qu’il a appris le hurlement de la meute et qu’il a fait de cette plainte un langage chanté devenu le chant long des Mongols. Le lien invisible qui le retient à la vie lumineuse, loin, très loin au-dessus des entrailles noires de la terre.

Il est le descendant de Borte-Tchino, le Loup Bleu, et il a grandi sur le dos d’un cheval. Il hurle depuis quatre ans dans les montagnes un chant céleste que sa mère louve a appris du vent et qui fait pleurer ses frères de meute. Il est l’homme enfoncé dans la terre par les guerriers morts et que le chant long tire depuis des éternités pour le remonter à la lumière. Pour retrouver le monde des hommes. Une princesse. Pour lui dire qui il est et enlever pour elle sa peau de loup et redevenir un homme. L’esprit soudain ensoleillé par la mélopée, il surgit enfin, déchire sa fourrure animale, et glisse ses épaules nues et tout son corps hors de sa dépouille de loup, jaillissant des entrailles de la terre pour s’éblouir de lumière.

Ian Manook –  Les temps sauvages – 2015 (Albin Michel)

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Un livre, une phrase…

11 samedi Avr 2015

Posted by Aurélie in Citations

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citations, La vie des elfes, Muriel Barbery

« La vie des elfes » de Muriel Barbery… Pour les lecteurs qui aiment la Fantasy et les contes de fées.  

Citation Muriel Barbery - La vie des elfes

 

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Un livre, une phrase…

05 dimanche Avr 2015

Posted by Aurélie in Citations, En image

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citations, Katarina Bivald, La bibliothèque des coeurs cabossés

« La bibliothèque des cœurs cabossés » de Katarina Bivald, à lire sous la couette, pour ceux qui croient encore au pouvoir des livres et des librairies.

Citation Katarina Bivald - La bibliothèque des coeurs cabossés

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La bibliothèque des cœurs cabossés – Katarina Bivald

04 samedi Avr 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, Denoël, Katarina Bivald, La bibliothèque des coeurs cabossés, roman

Katarina Bivald - La bibliothèque des coeurs cabossésLes premières phrases

«  Chère Sara,

J’espère qu’Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott te plaira. C’est une histoire charmante, même si elle est peut-être un soupçon plus moralisatrice que Les Quatre Filles du docteur March.

Inutile d’envisager de me le rembourser. J’avais ce livre en double depuis des années. Je suis ravie qu’il ait trouvé un nouveau foyer et qu’en plus, il fasse tout le chemin jusqu’en Europe. Moi, je ne suis jamais allée en Suède, mais je suis sûre que ce doit être un très beau pays.

N’est-ce pas amusant qu’un livre voyage davantage que sa propriétaire ? Je ne sais pas si cela est réconfortant ou inquiétant.

Salutations amicales,

Amy Harris »

Circonstances de lecture

Acheté après avoir entendu beaucoup d’avis positifs sur ce livre.

Impressions

L’histoire : une jeune Suédoise, Sara Lindqvist, débarque dans un petit village de l’Iowa pour y passer des vacances chez une vieille dame, Amy Harris, avec qui elle correspond depuis quelques temps sur leur passion commune pour la littérature. Mais voilà, lorsqu’elle arrive sur place, rien ne se passe comme prévu. La vieille dame est décédée, et Sara se retrouve seule dans la maison de la défunte. Évidemment, sous la pression des proches d’Amy, elle décide tout de même de rester à Broken Wheel pour ses vacances… et d’y ouvrir une librairie afin de s’occuper et de transmettre son goût pour la lecture aux habitants du village.

Je vais être franche : oui, j’ai bien aimé ce livre, mais non ce n’est pas un grand livre. Pour être plus claire, si vous souhaitez, comme moi, oublier votre mal de gorge et cocooner tout un week-end sous un plaid, alors ce livre est parfait. Je l’ai commencé le vendredi soir et l’ai terminé le dimanche soir. Il donne le sourire, sème quelques jolies phrases sur l’amour des livres et le pouvoir de la lecture, et vous promet d’emblée un pur happy end à l’américaine. On en ressort avec le sourire.

Reste que si vous souhaitez lire un roman sur la puissance des livres avec un peu plus de profondeur, achetez plutôt « Morwenna » de Jo Walton (du même éditeur d’ailleurs). Ou bien lisez les deux ! Vous vous ferez ainsi votre opinion tout seul. Les deux sont destinés aux amoureux des livres et sont une ode aux librairies et aux bibliothèques.

Un passage parmi d’autres

 Les livres ou les gens, me demandes-tu. Choix difficile, je dois dire. J’ignore si les gens signifient plus que les livres – en tout cas, ils ne sont ni plus sympathiques, ni plus drôles, ni source de davantage de consolation… Pourtant, j’ai beau tourner et retourner la question, au bout du compte, je me vois quand même contrainte de choisir les gens. J’espère que cet aveu ne te fera pas perdre toute confiance en moi.

Même si ma vie était en jeu, je ne saurais expliquer pourquoi j’ai le mauvais goût de préférer les gens. Quand on considère les chiffres bruts, les livres gagnent sans contestation possible – de toute ma vie, j’ai peut-être aimé une poignée de gens en comparaison aux dizaines ou centaines de livres (et là, je ne compte que les livres que j’ai vraiment adorés, ceux dont la simple vue vous réjouit, qui vous font toujours sourire malgré les aléas, ceux qui reviennent sans cesse comme un vieil ami et dont on se souvient où on les a « rencontrés » pour la première fois, je suis certaine que tu sais de quoi je parle). Mais cette poignée de gens qu’on aime… en fait, ils valent tous ces livres.

Katarina Bivald – La bibliothèque des cœurs cabossés – 2015 (Denoël)

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La vie des elfes – Muriel Barbery

01 mercredi Avr 2015

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Critique de livre, Fantasy, Gallimard, La vie des elfes, Muriel Barbery, roman

Muriel Barbery - La vie des elfesLes premières phrases

«  La petite passait l’essentiel de ses heures de loisir dans les branches. Quand on ne savait pas où la trouver, on allait aux arbres, d’abord au grand hêtre qui dominait l’appentis nord et où elle aimait à rêver en observant le mouvement dans la ferme, ensuite au vieux tilleul du jardin de curé après le petit muret de pierres fraîches, et enfin, et c’était le plus souvent en hiver, aux chênes de la combe ouest du champ attenant, un ressac du terrain planté de trois spécimens comme on n’en avait pas de plus beaux au pays. La petite nichait dans les arbres tout le temps qu’elle pouvait dérober à une vie de village faite d’étude, de repas et de messes, et il arrivait qu’elle y invitât certains camarades qui s’émerveillaient des esplanades légères qu’elle y avait aménagées et passaient là de fiers jours à causer et à rire. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « L’élégance du hérisson », son précédent roman. Et parce que j’aime les histoires d’elfes et de fées.

Impressions

Que les lecteurs qui s’attendent à retrouver la même ambiance et la même plume que « L’élégance du hérisson » se détrompent tout de suite : avec « La vie des elfes« , Muriel Barbery s’essaie à un tout autre style. Ici, son écriture est à la fois poétique et lyrique. C’est beau mais exigeant. Cela se prête en tout cas parfaitement à son histoire, à la frontière du monde réel et fantastique. Que ceux qui n’adhèrent pas à la Fantasy passent également leur chemin. Car, comme le nom du roman l’indique d’emblée, « La vie des elfes » raconte l’histoire de deux petites filles – Clara et Maria – dotées de dons exceptionnelles, et capables de relier le monde des humains au monde mystérieux des elfes. Muriel Barbery parle ici de l’éternel combat du bien contre le mal, mais aussi de magie et de créatures fantastiques. Elle rend également un bel hommage à ces paysans, amoureux de la terre et durs au labeur, pour qui les mots sont souvent moins importants que les regards et les gestes d’affection.

Au final, si « La vie des elfes » surprend par son style, il donne une jolie dimension à la Fantasy. Une lecture déroutante, peut-être, exigeante, sans doute… Mais si vous vous laissez porter par l’écriture poétique et lyrique, si vous aimez les histoires fantastiques, vous aimerez ce roman. Certes, il faut s’accrocher par moment (l’écriture est vraiment particulière, propre peut-être aux elfes) mais l’histoire est belle. Je lirai donc la suite.

Un passage parmi d’autres

 Mais que voit-on au-dedans de la vie ? On voit des arbres, du bois, de la neige, un pont peut-être, et des paysages qui passent sans que l’œil ne puisse les retenir. On voit le labeur et la brise, les saisons et les peines, et chacun voit un tableau qui n’appartient qu’à son cœur, une courroie de cuir dans une boîte en fer-blanc, un coin de champ où il y a des aubépines par légions, le visage ridé d’une femme aimée et le sourire de la petite qui conte une histoire de rainettes. Puis on ne voit plus rien. Les hommes se souviendront que le monde a brusquement retombé sur ses pieds dans une déflagration qui les a laissés tout ballants – après quoi ils ont vu que la clairière était lavée de brumes, qu’il y neigeait à se noyer et que la petite se tenait seule au centre du cercle où il n’y avait d’autres traces que les siennes. Alors tout le monde est redescendu jusqu’à la ferme où on a installé l’enfant devant un bol de lait brûlant et où les hommes ont débarrassé leurs fusils à la hâte parce qu’il y avait là une fricassée de bolets avec un pâté de museau et dix bouteilles de vin de garde.

Voilà l’histoire de la petite fille qui tenait bien serrée une patte de sanglier géante. Au vrai, personne ne saurait tout à fait en expliquer le sens.

Muriel Barbery –  La vie des elfes – 2015 (Gallimard)

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Temps glaciaires – Fred Vargas

29 dimanche Mar 2015

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Critique de livre, Flammarion, Fred Vargas, Polar, roman, Temps glaciaires

Fred Vargas - Temps glaciairesLes premières phrases

«  Plus que vingt mètres, vingt petits mètres à parcourir avant d’atteindre la boîte aux lettres, c’était plus difficile que prévu. C’est ridicule, se dit-elle, il n’existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu’aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu’on suppose qu’on énoncera quelque formule d’importance, qui s’inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l’humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci de-là: « Savez-vous quelles furent les dernières paroles d’Alice Gauthier ? »

Si elle n’avait rien à déclarer de mémorable, elle avait néanmoins un message décisif à porter, qui s’inscrirait dans les annales ignobles de l’humanité, infiniment plus vastes que celles de la sagesse. Elle regarda la lettre qui tremblait dans sa main.

Allons, seize petits mètres. Depuis la porte de son immeuble, Noémie la surveillait, prête à intervenir au premier vacillement. Noémie avait tout tenté pour empêcher sa patiente de s’aventurer seule dans la rue, mais le très impérieux caractère d’Alice Gauthier l’avait vaincue.

– Pour que vous lisiez l’adresse postale par-dessus mon épaule ?

Noémie avait été offensée, ce n’était pas son genre.

– C’est le genre de tout le monde, Noémie. Un de mes amis – un vieux truand par ailleurs -, me disait toujours : « Si tu veux garder un secret, eh bien garde-le. » Moi j’en ai gardé un longtemps, mais il m’embarrasserait pour grimper au ciel. Encore que, même ainsi, mon ciel n’est pas gagné. Débarrassez-moi le plancher, Noémie, et laissez-moi aller. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais beaucoup aimé « Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas.

Impressions

Un bon polar comme je les aime. Intelligent, bien écrit, avec des dialogues plein d’humour, des personnages attachants, et un meurtrier dont on n’apprend l’identité qu’à la toute fin du livre. Le dernier Fred Vargas ne m’a pas déçu. On y retrouve avec plaisir le commissaire Adamsberg et son équipe. Tout commence à Paris avec des suicides suspects, un mystérieux signe tracé sur les scènes de crime, puis on embarque pour l’Islande et une île terrifiant les locaux, avant de plonger en pleine Révolution Française pour côtoyer Robespierre, Danton et d’innombrables guillotinés. Mélangez tout ça et vous obtenez un très bon Fred Vargas !

Un passage parmi d’autres

 – Eh bien, je me suis un peu amusé avec ce costume. Je me suis regardé dans la glace. Et à cet instant, en même temps, quelque chose n’allait pas. Donc ça avait dû se passer avant, dans Le Creux. Pas quand je marchais dans le gratteron. Non, après. Céleste dans sa vieille cabane avec son sanglier ? Pelletier qui puait le cheval ? Je ne sais pas. Ou quand j’ai dessiné sur le pare-brise ?

Dessiné quoi ? Lucio s’en foutait.

– S’est passé combien d’heures entre le gratteron et le pare-brise ?

– Environ huit heures.

– Ben c’est pas trop long, tu devrais trouver. Creuse. C’est une pensée que t’as pensée et t’as pas fini de penser. Faut pas perdre ses pensées comme ça, hombre. Faut faire attention où on range ses affaires. Ton adjoint, le commandant, ça le gratte aussi ? Et l’autre, avec les cheveux roux ?

– Non. Ni l’un ni l’autre.

– C’est que c’est bien une pensée à toi. C’est dommage, quand t’y réfléchis, que les pensées n’aient pas de nom. On les appellerait, et elles viendraient se coucher à nos pieds ventre à terre.

– Je crois qu’on a dix mille pensées par jour. Ou des milliards sans s’en rendre compte.

– Oui, dit Lucio en ouvrant sa seconde bière. Ce serait le bazar.

Adamsberg traversa la cuisine, croisant son fils qui travaillait sur de futurs bijoux, muni de pain et de fromage.

– Tu montes déjà ?

– Je dois aller chercher des pensées que j’ai pensées et que j’ai oublié de penser.

– Je vois, dit Zerk avec la plus parfaite sincérité.

Allongé sur son lit, Adamsberg gardait les yeux ouverts dans l’obscurité. La bière de Lucio lui disloquait un peu la nuque. Il s’obligea à rouvrir les yeux. « Creuse », il a dit. Cherche. Réfléchis. Sois capable.

Et il s’endormit, sans penser.

Fred Vargas –  Temps glaciaires – 2015 (Flammarion)

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Un livre, une phrase… ou deux !

21 samedi Mar 2015

Posted by Aurélie in Citations

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citations, Jo Walton, Morwenna

« Morwenna » de Jo Walton… Des citations inspirantes et tellement vraies… Ce livre est une ode à la lecture et à la magie des livres.  Citation Jo Walton - Morwenna 1 Citation Jo Walton - Morwenna 2

 

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