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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Harry Potter and The Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling

26 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Harry Potter, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, J.K.Rowling, Livre, VO

Les premières phrases

«  Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard. 

It was nearly midnight, and he was lying on his front in bed, the blankets drawn right over his head like a tent, a torch in one hand and a large leather-bound book (A History of Magic, by Bathilda Bagshot) propped open against the pillow. Harry moved the tip of his eagle-feather quill down the page, frowning as he looked for something that would help him write his essay, « Witch-Burnin in the Fourteenth Century Was Completely Pointless – discuss ».

The quill paused at the top of a likely-looking paragraph. Harry pushed his round glasses up his nose, moved his torch closer to the book and read:

Non-magic people (more commonly known as Muggles) were particularly afraid of magic in medieval times, but not very good at recognising it. On the rare occasion that they did catch a real witch or wizard, burning had no effect whatsoever. The witch or wizard would perform a basic Flame-Freezing Charm and then pretend to shriek with pain while enjoying a gentle, tickling sensation. Indeed, Wendelin the Weird enjoyed being burnt so much that she allowed herself to be caught no fewer than forty-seven times in various disguises. »

Circonstances de lecture

Relu en une semaine… en anglais, histoire de justifier cette énième relecture des Harry Potter !

Impressions

Comment dire… Ce n’est tout simplement pas possible d’arrêter de lire Harry Potter !  Alors, après avoir lu les 5 premiers tomes en français, les 2 derniers en anglais puis en français… il me fallait bien les relire tous en anglais. Parce que non, impossible de trouver meilleure plume dans ce genre de littérature. Tout simplement impossible ! Alors, à tous ceux qui rechignent encore à se plonger dans l’univers de J.K.Rowling, je ne dirais qu’une chose : foncez ! Pour ne plus jamais en ressortir !

Un passage parmi d’autres

 There was a soft, crackling noise and a shivering light filled the compartment. Professor Lupin appeared to be holding a handful of flames. They illuminated his tired grey face, but his eyes looked alert and wary.

« Stay where you are », he said, in the same hoarse voice, and he got slowly to his feet with his handful of fire held out in front of him.

But the door slid slowly open before Lupin could reach it.

Standing in the doorway, illuminated by the shivering flames in Lupin’s hand, was a cloaked figure that towered to the ceiling. Its face was completely hidden beneath its hood. Harry’s eyes darted downwards, and what he saw made its stomach contract. There was a hand protruding from the cloak and it was glistening, greyish, slimy-looking and scabbed, like something dead that had decayed in water…

It was visible only for a split second. As though the creature beneath the cloak sensed Harry’s gaze, the hand was suddenly withdrawn into the folds of the black material.

And then the thing beneath the hood, whatever it was, drew a long, slow, rattling breath, as though it was trying to suck something more than air from its surroundings.

An intense cold swept over them all. Harry felt his own breath catch in his chest. The cold went deeper than his skin. It was inside his chest, it was inside his very heart…

Harry’s eyes rolled up into his head. He couldn’t see. He was drowning in cold. There was a rushing in his ears as though of water. He was being dragged downwards, the roaring growing louder…

And then, from far away, he heard screaming, terrible, terrified, pleading screams. He wanted to help whoever it was, he tried to move his arms, but couldn’t… a thick white fog was swirling around him, inside him…

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban – J.K.Rowling – 1999 (Bloomsbury)

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Rosa Candida – Audur Ava Olafsdottir

05 samedi Mai 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Audur Ava Olafsdottir, Critique de livre, Rosa Candida, roses, Zulma

Les premières phrases

«  Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman – quelque chose qu’elle aurait pu cuisiner en pareille occasion. 

« J’ai pensé, dit-il, à de l’églefin pané à la poêle et ensuite une soupe au cacao avec de la crème fouettée. » Pendant que papa essaie de trouver comment s’y prendre pour la soupe au cacao, je vais chercher mon frère à son foyer dans la vieille Saab qui va sur ses dix-huit ans. Josef m’attend depuis un moment, planté sur le trottoir et visiblement content de me voir. Il est sapé à bloc parce que c’est ma soirée d’adieu, il porte la chemise que maman lui a achetée en dernier, violette à motifs de papillons.

Pendant que papa fait revenir l’oignon alors que les morceaux de poisson attendent, tout prêts, sur leur lit de chapelure, je vais dans la serre chercher les boutures de rosier que je vais emporter. Papa m’emboîte le pas, ciseaux à la main, pour couper de la ciboulette destinée à l’églefin et Josef, silencieux, le suit comme une ombre. Il n’entre plus dans la serre depuis qu’il a vu les débris de verre causés par la tempête de février qui a réduit en miettes beaucoup de vitres. Il reste dehors, près de la congère, et nous suit du regard. Papa et lui portent le même gilet noisette avec des losanges jaunes. « 

Circonstances de lecture

Lu fin avril, début mai, dans le train. Une jolie lecture.

Impressions

Arnljottur a tout juste 22 ans. Il vient de perdre sa mère, et d’apprendre qu’il va devenir père, après une nuit passée avec une jeune femme qu’il connaît à peine, Anna. Lié à sa mère par la passion des jardins et des fleurs, il décide de partir s’occuper d’une roseraie laissée à l’abandon, au sein d’un monastère, avec pour bagage, des boutures d’une variété de roses uniques : la Rosa Candida à huit pétales. Un très beau livre sur la quête de soi, le deuil et l’apprentissage de la paternité, où l’on se surprend à sentir l’odeur de beurre fondue dans la poêle, de soupe au cacao, et de roses entêtantes.

Un passage parmi d’autres

 Je sens que maman commence à disparaître, j’ai tellement peur de ne plus pouvoir bientôt tout me remémorer. C’est pourquoi j’évoque à nouveau notre dernière conversation au téléphone, lorsqu’elle a appelé de la voiture écrabouillée et je m’attarde sur les plus petits détails imaginables. Maman voulait appeler papa et c’est moi qui ai répondu. Il lui avait donné le portable peu de temps auparavant mais à ma connaissance, elle ne s’en servait jamais ; je ne savais même pas si elle l’emportait avec elle. Pour qu’elle continue d’exister, je m’ingénie à découvrir constamment quelque chose de nouveau à son sujet, à chaque réminiscence j’ajoute de nouveaux renseignements sur ce que j’ignorais avant.

Papa ne lui avait pas dit au revoir différemment ce matin-là ; il avait du mal à me pardonner d’avoir répondu au téléphone et encore plus à se pardonner lui-même de n’avoir pas été à la maison. Il aurait voulu être le dépositaire des derniers mots de maman, qu’elle ne parte pas sans lui avoir dédié ses dernières paroles.

« Elle avait besoin de moi, et j’étais dans une boutique en train d’acheter une rallonge électrique », dit-il.

Rosa Candida – Audur Ava Olafsdottir – 2010 (Editions Zulma)

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1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami

14 samedi Avr 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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1Q84, Critique de livre, Haruki Murakami, Livre, loveinbooks, roman

Les premières phrases

«  « Pourriez-vous vous abstenir de fumer, monsieur Ushikawa ? », dit l’homme le plus petit. 

Ushikawa regarda un moment le visage de son interlocuteur qui lui faisait face de l’autre côté du bureau, puis ses yeux se reportèrent sur la cigarette Seven Stars qu’il tenait entre les doigts. Elle n’était pas allumée.

« Excusez-nous », ajouta l’homme sur un ton très protocolaire.

Ushikawa afficha un certain embarras, comme s’il se demandait comment cette chose-là était arrivée dans sa main.

« Ah, oui, pardon. Ce n’est pas bien. Bien sûr, je ne vais pas l’allumer. Mes mains se sont mises en mouvement toutes seules sans que je n’en sache rien. »

L’homme, dont la mâchoire bougea d’un centimètre environ sur le côté, conserva un regard absolument fixe. Focalisé inexorablement sur les yeux d’Ushikawa. Ce dernier remit sa cigarette dans le paquet, qu’il enferma dans le tiroir de son bureau.

L’homme le plus grand, dont les cheveux étaient attachés en queue-de-cheval, était debout près de la porte, presque à la frôler. Il examinait Ushikawa comme s’il s’était agi d’une tache sur le mur. Des types vraiment sinistres, se dit Ushikawa.

C’était la troisième fois qu’il rencontrait les deux hommes, et pourtant, il ne se sentait toujours pas à l’aise devant eux.

Dans son bureau pas très vaste, il y avait une table de travail, et le petit homme à la tête rasée avait pris place en face de lui. C’était son rôle de parler. Queue-de-cheval gardait le silence à tout jamais. Il se contentait de conserver les yeux fixés sur Ushikawa, totalement immobile, semblable à l’un de ces chiens de pierre gardiens des sanctuaires shintô.

« Cela fait trois semaines », déclara Tête-de-moine.

Ushikawa prit dans la main le calendrier et eut un petit signe approbateur après avoir vérifié ce qui y était inscrit.

« Vous avez raison. Aujourd’hui, cela fait exactement trois semaines que nous nous sommes vus.

– Et durant tout ce temps, nous n’avons reçu aucun rapport de votre part. Je vous l’ai déjà dit, je crois, mais la situation est extrêmement urgente. Nous n’avons pas de temps à perdre, monsieur Ushikawa.

– J’en suis parfaitement conscient, répondit Ushikawa en faisant tourner dans ses doigts, faute de cigarette, son briquet doré. Pas question de lambiner. Je le sais très bien. »

Circonstances de lecture

Le Livre 3 de la saga 1Q84. Un bonheur de poursuivre l’aventure d’Aomamé et Tengo après les deux premiers tomes.

Impressions

Enfin s’achève 1Q84… Enfin, peut-être… Car Haruki Murakami pourrait bien nous emmener encore plus loin dans son histoire. Cela ne me dérangerait pas ! On se laisse porter par la magie de son univers à la frontière entre le réel et l’imaginaire. On se laisse emporter par les liens unissant depuis l’enfance les deux héros. Vont-ils enfin se retrouver ? … Un style plein de poésie où l’on se plaît à croire qu’il existe bien deux lunes dans le ciel. Envoûtant.

Un passage parmi d’autres

 Malgré tous ses efforts, il ne put distinguer la moindre étoile. En revanche, la lune attira son attention. Une lune grosse aux deux tiers, suspendue à mi-hauteur du ciel. Elle était distinctement visible entre deux nuages, et il pouvait même voir ses motifs sombres qui évoquaient des ecchymoses. La lune d’hiver, froide et blême, peuplée de signes et de mystères immémoriaux. Elle flottait dans le ciel, muette, impavide, comme l’œil d’un mort.

Soudain, Ushikawa retint son souffle. Il en oublia même de respirer un instant. Car dans une trouée entre les nuages, il discerna, pas très loin de la lune de toujours, une seconde lune. Beaucoup plus petite. De couleur verte, comme si elle était couverte de mousse. Et à la silhouette déformée. Pourtant, c’était une lune, il n’y avait aucun doute à cela. Il n’existait pas d’étoile aussi grosse. Ce n’était pas non plus un satellite artificiel. Et elle était là, immobile dans le ciel de la nuit.

Ushikawa ferma les yeux, attendit quelques secondes avant de les rouvrir. Il devait s’agir d’une illusion d’optique. Une chose pareille ne pouvait pas se trouver là. Et pourtant, il eut beau fermer les yeux, les rouvrir, recommencer, la nouvelle petite lune était toujours là. Les nuages qui défilaient la dissimulaient parfois, mais elle réapparaissait ensuite, bien installée à sa place.

1Q84 – Livre 3 – Haruki Murakami – 2012 (Editions Belfond)

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Super triste histoire d’amour – Gary Shteyngart

21 mercredi Mar 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, Editions de l'Olivier, Gary Shteyngart, Livres, romans, Super triste histoire d'amour

Les premières phrases

«  Très cher Journal,

Aujourd’hui, j’ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D’autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne subsistera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères (« Son étoile brillait au firmament », « Nous ne t’oublierons jamais », « Il aimait le jazz »), lesquelles seront à leur tour balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l’avenir génétiquement modifiée.

Ne les laissez pas vous raconter que la vie est un voyage. Un voyage, c’est quand on arrive quelque part. Quand je prends la ligne 6 du métro pour aller voir mon assistante sociale, ça c’est un voyage. Quand je supplie le pilote de l’avion brinquebalant de la UnitedContinentalDeltamerican en plein survol trémulant de l’Atlantique de faire demi-tour vers Rome et les bras volages d’Eunice Park, ça c’est un voyage.

Mais minute. Ce n’est pas tout. Il y a notre héritage. On ne meurt pas, puisque notre progéniture nous survit ! La transmission rituelle de l’ADN, les frisettes maternelles, la lèvre inférieure de son grand-père, « Je crois que les enfants sont notre avenir ». Là, je cite The Greatest Love of All, de la diva pop des années 1980 Whitney Houston, piste 9 de son premier 33 tours éponyme.

Des conneries tout ça. « 

Circonstances de lecture

Pour être tout à fait honnête, ce livre a bien failli ne pas figurer sur ce blog… J’ai eu beaucoup de mal à le finir.

Impressions

J’avais lu de très bonnes critiques sur Super triste histoire d’amour… Peut-être trop… Et j’ai été déçue. Le style d’écriture est pourtant superbe quand le personnage principal Lenny écrit dans son journal intime, mais trop cru et répétitif à d’autres moments, notamment lors des échanges mails d’Eunice… Certes, c’est voulu, mais j’ai eu beaucoup de mal à m’y faire.

Ce livre raconte l’histoire de Lenny, un émigré russe habitant aux Etats-Unis dans un futur proche. Un pays passé sous le joug de la Chine et du yuan. Dans son journal intime, Lenny raconte son malaise face à une société asservie par les nouvelles technologies, l’argent et la recherche de la jeunesse éternelle. Un monde où les « livres papier » sont méprisés, et où les relations humaines sont devenus insipides. Il tombe amoureux d’Eunice, une jeune fille esclave du shopping compulsif et incapable d’être heureuse…

La description de ce futur hypothétique donne des frissons… Les dernières pages sont bouleversantes. A lire donc pour faire en sorte que l’homme ne devienne pas incapable de toute relation humaine.

Un passage parmi d’autres

 Puis j’ai célébré mon mur de livres. J’ai compté les volumes sur mon étagère moderne de six mètres de long pour m’assurer qu’aucun n’avait été déplacé ou utilisé comme petit bois par mon sous-locataire. « Vous êtes mes objets sacrés, j’ai dit aux livres. Personne à part moi ne s’intéresse à vous. Mais je vous garderai avec moi pour toujours. Et un jour, je vous rendrai vos lettres de noblesse. » J’ai pensé à cette terrible calomnie propagée par la nouvelle génération : les livres puent. Et pourtant, en vue de la possible arrivée d’Eunice Park, j’ai pris mes précautions et vaporisé un spray au parfum de fleurs sauvages à proximité de ma bibliothèque, ventilant de mes mains les essences pulvérisées en direction des reliures.

Super triste histoire d’amour – Gary Shteyngart – 2012 (Editions de l’Olivier)

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Harry Potter and the Deathly Hallows – J.K.Rowling

24 vendredi Fév 2012

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Bloomsbury, Harry Potter, Harry Potter and the Deathly Hallows, J.K.Rowling, severus snape

Les premières phrases

«  The two men appeared out of nowhere, a few yards apart in the narrow, moonlit lane. For a second they stood quite still, wands directed at each other’s chests; then, recognising each other, they stowed their wands beneath their cloaks and started walking briskly in the same direction.

« News? » asked the taller of the two.

« The best », replied Severus Snape.

The lane was bordered on the left by wild, low-growing brambles, on the right by a high, neatly manicured hedge. The men’s long cloaks flapped around their ankles as they marched.

« Thought I might be late », said Yaxley, his blunt features sliding in and out of sight as the branches of overhanging trees broke the moonlight. « It was a little trickier than I expected. But I hope he will be satisfied. You sound confident that your reception will be good? »

Snape nodded, but did not elaborate. They turned right, into a wide driveway that led off the lane. The high hedge curved with them, running off into the distance beyond the pair of impressive wrought-iron gates barring the men’s way. Neither of them broke step: in silence both raised their left arms in a kind of salute and passed straight through as though the dark metal were smoke. »

Circonstances de lecture

Je me suis mise assez tard dans la saga Harry Potter, après la sortie en salles des deux premiers volets. Par esprit de contradiction ? Peut-être… En attendant, une fois le premier tome ouvert, je suis devenue complètement accro aux livres !

Impressions

J.K.Rowling a une plume unique. Elle transporte avec naturel son lecteur dans un monde magique, et sait brosser des portraits de personnages attachants et plein de facettes. Mon préféré : Severus Snape (Rogue en français). Sept tomes que je lis et relis toujours avec le même plaisir. Accro ? Oui, totalement !

Un passage parmi d’autres

 « Where’s my wand? »

She reached down beside the bed and held it out to him.

The holly and phoenix wand was nearly severed in two. One fragile strand of phoenix feather kept both pieces hanging together. The wood had splintered apart completely. Harry took it into his hands as though it was a living thing that had suffered a terrible injury. He could not think properly: everything was a blur of panic and fear. Then he held out the wand to Hermione.

« Mend it. Please. »

« Harry, I don’t think, when it’s broken like this… »

« Please, Hermione, try! »

« R…Reparo. »

The dangling half of the wand resealed itself. Harry held it up.

« Lumos! »

The wand sparked feebly, then went out. Harry pointed it at Hermione.

« Expelliarmus! »

Hermione’s wand gave a little jerk, but did not leave her hand. The feeble attempt at magic was too much for Harry’s wand, which split into two again. He stared at it, aghast, unable to take in what he was seeing… the wand that had survived so much…

« Harry », Hermione whispered, so quietly he could hardly hear her. « I’m so, so sorry. I think it was me. As we were leaving, you know, the snake was coming for us, and so I cast a Blasting Curse, and it rebounded everywhere, and it must have… must have hit… »

« It was an accident », said Harry mechanically. He felt empty, stunned. « We’ll… we’ll find a way to repair it. »

« Harry, I don’t think we’re going to be able to », said Hermione, the tears trickling down her face. « Remember… remember Ron? When he broke his wand, crashing the car? It was never the same again, he had to get a new one. »

Harry thought of Ollivander, kidnapped and held hostage by Voldemort, of Gregorovitch, who was dead. How was he supposed to find himself a new wand?

« Well », he said, in a falsely matter-of-fact voice, « well, I’ll just borrow yours for now, then. While I keep watch. »

Her face glazed with tears, Hermione handed over her wand, and he left her sitting beside his bed, desiring nothing more than to get away from her.

Harry Potter and the Deathly Hallows – J.K.Rowling – 2007 (Bloomsbury Publishing)

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Les Chants de la Terre – Elspeth Cooper

03 vendredi Fév 2012

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Elspeth Cooper, Fantasy, Les Chants de la Terre

Les premières phrases

«  La magie était libre à nouveau. 

Sa musique résonnait sur les nerfs de Gair comme sur les cordes d’une harpe, promesse de puissance vibrant sous ses doigts. Il n’avait qu’à l’accueillir à bras ouverts, s’il osait. Il appuya son front sur ses genoux et se mit à prier.

– Je Vous salue, Mère pleine de grâce, lumière et vie de ce monde. Heureux les débonnaires, car ils trouveront force en Vous. Heureux les miséricordieux, car ils trouveront justice en Vous. Heureux les égarés, car ils trouveront salut en Vous. Amen.

Phrase après phrase, verset après verset, la prière s’échappait de ses lèvres gercées. Il serra convulsivement ses doigts, cherchant la forme familière des grains de son chapelet pour ne pas perdre le fil, bien que ce soit fait depuis longtemps déjà. Lorsque les mots lui manquèrent, il serra ses genoux encore plus fort sur sa poitrine et recommença.

– Maintenant, je suis égaré dans les ténèbres, ô Mère, je me suis écarté de Votre voie, guidez-moi de nouveau…

La musique chuchotait toujours à son oreille. Rien ne pouvait en couvrir le murmure enjôleur. Ni les prières, ni les supplications, ni même les quelques hymnes dont il se souvenait encore. Elle était partout : dans les murs de fer rouillé de sa cellule, dans la sueur nauséabonde qui luisait sur sa peau, dans les couleurs qu’il voyait dans le noir. A chaque inspiration qu’il prenait, elle devenait un peu plus forte.

Un carillon argentin retentit. Gair ouvrir les yeux et fut ébloui par une lumière si vive, si blanche, qu’il dut se protéger le visage. A travers ses doigts, il vit deux silhouettes vêtues de lumière. Des anges. Sainte Mère, des anges envoyés pour le ramener avec eux.

– … Bénissez-moi maintenant et accueillez-moi à Vos côtés, pardonnez-moi tous mes péchés…

Agenouillé, Gair attendit d’être béni. Un violent coup du revers de la main lui fit perdre l’équilibre.

– Epargne-nous tes psalmodies, sale changelin !

Un autre coup le projeta brutalement contre le mur revêtu de fer. Une douleur fulgurante lui envahit la tempe et, dans un dernier frémissement, la musique se tut.  »

Circonstances de lecture

Lu fin janvier 2012. La présentation que l’éditeur Bragelonne en faisait m’a poussée à l’acheter. Un enchantement.

Impressions

Le livre en lui-même laissait déjà présager d’un bel objet. La lecture des premières pages m’a tout de suite emportée dans l’aventure de Gair, condamné à l’exil parce qu’il est l’un des seuls à entendre le Chant. Aidé par Alderan, il découvre petit à petit ses pouvoirs et la noirceur du monde qui l’entoure. Si vous aimez le Seigneur des Anneaux, La Légende du Peuple Turquoise d’Ange, mais aussi Harry Potter, ce livre est fait pour vous. D’autant qu’Elspeth Cooper a une vraie plume. Ce qui est assez rare en Fantasy. Vivement le prochain Tome !

Un passage parmi d’autres

 – Tu peux le faire, Gair.

Cette voix douce et grave lui emplit les oreilles, plus forte que la tempête, légère comme un murmure. D’énormes vagues s’écrasaient contre la coque de la « Mouette » et bouillonnaient sur son pont en pente, essayant d’emporter hommes et matériel. Les embruns déferlaient à leurs pieds. Au-dessus de leur tête, une corde trop tendue se rompit avec un claquement sonore.

Gair hésita.

– Je… Je ne pense pas. Le Chant est trop puissant.

– Ne pense pas ; aie foi, c’est tout. Aie foi en lui. Confiance en toi.

A ces mots, un bruissement enveloppa l’esprit de Gair comme le battement d’ailes puissantes. En réponse, une note chatoyante résonna là où régnait auparavant le silence. Pâle et ténue au début, elle se renforça à chacune de ses pulsations. D’autres notes suivirent, s’entrelaçant autour de la première pour former une harmonie complexe qui se mit à enfler et à exercer une pression croissante sur sa volonté. Tout ce qu’il avait à faire, c’était s’y ouvrir.

Il ne pouvait pas.

– N’aie pas peur. Il ne te fera pas de mal.

Gair entendit la voix d’Alderan aussi clairement que si les mots avaient été prononcés à l’intérieur de sa tête. Il en resta éberlué. La vague suivante faillit le faire tomber, et ce ne fut que grâce à la poigne ferme de son aîné qu’il resta debout. Une giclée d’eau de mer lui cingla le visage, l’aveuglant momentanément ; il cligna des paupières et vit qu’Alderan le regardait toujours intensément dans les yeux.

– Touche-le. Accepte-le. Il fait partie de toi, Gair. Il t’appartient.

– J’ai peur, chuchota le jeune homme, avant de s’ouvrir à la magie.

Elle le submergea entièrement. La tempête, la mer, le bateau sous ses pieds, tout devint secondaire. Il en avait encore conscience, mais vaguement, comme d’une conversation dans une autre pièce. Désormais, c’était une musique palpitante, en plein essor, qui occupait ses sens.

Les Chants de la Terre – Elspeth Cooper – Novembre 2011 (Editions Bragelonne)

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La route – Cormac McCarthy

25 mercredi Jan 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Cormac McCarthy, La route, Prix Pulitzer

Les premières phrases

« Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les couvertures empuantis et regarda vers l’est en quête d’une lumière mais il n’y en avait pas. Dans le rêve dont il venait de s’éveiller il errait dans une caverne où l’enfant le guidait par la main. »

Circonstances de lecture

Lu à sa sortie en 2008. Un choc.

Impressions

On en ressort secoué, choqué… Avec l’espoir que le monde ne finira pas dans l’état que décrit Cormac McCarthy… Car La route décrit un semblant de vie après l’apocalypse, la survie désespérée d’un père et de son fils dans un monde dépeuplé où les survivants sont pour la plupart retombés dans la violence et la barbarie. Glaçant. Indispensable.

Un passage parmi d’autres

 Une heure plus tard ils étaient sur la route. Il poussait le caddie et tous les deux, le petit et lui, ils portaient des sacs à dos. Dans les sacs à dos il y avait le strict nécessaire. Au cas où ils seraient contraints d’abandonner le caddie et de prendre la fuite. Accroché à la barre de poussée du caddie il y avait un rétroviseur de motocyclette chromé dont il se servait pour surveiller la route derrière eux. Il remonta le sac sur ses épaules et balaya du regard la campagne dévastée. La route était déserte. En bas dans la petite vallée l’immobile serpent gris d’une rivière. Inerte et exactement dessiné. Le long de la rive un amoncellement de roseaux morts. Ca va ? dit-il. Le petit opina de la tête. Puis ils repartirent le long du macadam dans la lumière couleur métal du fusil, pataugeant dans la cendre, chacun tout l’univers de l’autre.

La route – Cormac McCarthy – 2008 (Editions de l’Olivier)

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Sunset Park – Paul Auster

14 samedi Jan 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Paul Auster, Sunset Park

Les premières phrases

« Depuis presque un an, maintenant, il prend des photos d’objets abandonnés. Il y a au moins deux chantiers par jour, parfois jusqu’à six ou sept, et chaque fois que ses acolytes et lui pénètrent dans une nouvelle maison, ils se retrouvent face aux objets, aux innombrables objets jetés au rebut que les familles ont laissés en partant. Les absents ont tous fui précipitamment dans la honte et la confusion, et il est certain que, quel que soit le lieu où ils vivent à présent (s’ils ont trouvé un endroit où vivre et ne sont pas en train de camper dans les rues), leur nouveau logement est plus petit que la maison qu’ils ont perdue. Chacune de ces maisons est une histoire d’échec – de faillite, de cessation de paiement, de dette et de saisie – et il s’est chargé personnellement de relever les dernières traces encore perceptibles de ces vies éparpillées afin de prouver que les familles disparues ont jadis vécu là, que les fantômes des gens qu’il ne verra ni ne connaîtra jamais restent présents dans les débris qui jonchent leur maison vide.« 

Circonstances de lecture

Lu en septembre 2011, dans le métro et chez moi. Je lis tous les Paul Auster dès leur parution française, depuis Le Livre des Illusions en 2003. Je ne regarde même pas le sujet avant de l’acheter. C’est l’un de mes auteurs préférés.

Impressions

Paul Auster dépeint l’Amérique d’après la crise des subprimes. Les premières pages sont saisissantes. Perpétuellement en fuite, Miles, le personnage principal, est amené à squatter une maison abandonnée avec un ancien ami, Nathan, et deux jeunes femmes. Tous sont en marge de la société. Les relations père-fils sont encore une fois au coeur du roman. J’aurais cependant apprécié une fin plus fermée…

Un passage parmi d’autres

 Il a vingt-huit ans et, pour autant qu’il sache, pas la moindre ambition. Pas d’ambition dévorante, en tout cas, et aucune idée claire de ce que pourrait impliquer pour lui la construction d’un avenir plausible. Il sait qu’il ne va pas rester en Floride beaucoup plus longtemps, que le moment est proche où il va éprouver le besoin de repartir, mais tant que ce besoin n’a pas mûri en nécessité d’agir, il se satisfait de demeurer dans le présent sans penser à l’avenir. S’il y a quelque chose qu’il a accompli pendant les sept années et demie qui se sont écoulées depuis qu’il a quitté l’université et qu’il se débrouille tout seul, c’est bien d’être capable de vivre dans le présent, de se limiter à l’ici et maintenant ; et même si l’on peut imaginer des réalisations davantage dignes d’éloges, il lui a fallu, pour y parvenir, une discipline et un contrôle de soi considérables. Ne pas avoir de projets, c’est-à-dire n’avoir ni envies ni espoirs, se satisfaire de son lot, accepter ce que le monde vous octroie chaque jour d’un coucher de soleil au suivant – pour vivre de cette manière, il faut désirer très peu, aussi peu qu’il est humainement possible.

Sunset Park – Paul Auster- 2010 (parution US) – 2011 (parution française – Actes Sud)

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1Q84 – Haruki Murakami

14 samedi Jan 2012

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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1Q84, Haruki Murakami

Les premières phrases

« La radio du taxi diffusait une émission de musique classique en stéréo. C’était la Sinfonietta de Janácek. Etait-ce un morceau approprié quand on est coincé dans des embouteillages ? Ce serait trop dire. D’ailleurs, le chauffeur lui-même ne semblait pas y prêter une oreille attentive. L’homme, d’un âge moyen, se contentait de contempler l’alignement sans fin des voitures devant lui, la bouche serrée, tel un vieux marin aguerri, debout à la proue de son bateau, appliqué à déchiffrer quelque sinistre pressentiment dans la jonction des courants marins. Aomamé, profondément enfoncée dans le siège arrière du véhicule, écoutait, les yeux mi-clos. « 

Circonstances de lecture

Lu en décembre 2011, dans le métro et chez moi. Les premières critiques de ce livre m’ont tout de suite donné envie de l’acheter. Je n’ai pas été déçue. J’ai enchaîné les deux tomes avec plaisir. Vivement la parution du 3ème tome en mars !

Impressions

Un style propre à Murakami. La réalité côtoie des scènes de pure fiction. L’histoire flirte avec la magie, et baigne dans la poésie. Pleine de mystères, elle tient en haleine. Aomamé et Tengo, deux âmes soeurs séparées, sauront-ils se retrouver et affronter leurs destins, dans le monde bien réel ou dans celui pour le moins énigmatique de 1Q84 ? Qui sont les Little People ? Pourquoi y a-t-il soudain deux lunes dans le ciel ? Qu’est-ce que la chrysalide de l’air ? …

Un passage parmi d’autres

 – Et puis, poursuivit le chauffeur en regardant dans le rétroviseur, j’aimerais que vous vous souveniez d’un point, c’est que les choses et l’apparence, c’est différent. »

Les choses et l’apparence, c’est différent, se répéta Aomamé mentalement. Puis elle fronça légèrement les sourcils.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? »

Le chauffeur répondit en pesant ses mots :

« Eh bien, qu’en quelque sorte vous allez accomplir des choses pas ordinaires, n’est-ce pas ? Comme de descendre en plein jour un escalier de secours depuis une voie express. Des gens normaux ne le feraient pour rien au monde. Encore moins une femme.

– Non, sans doute pas…, dit Aomamé.

– Et une fois que vous aurez agi de la sorte, il n’est pas impossible qu’ensuite le paysage vous paraisse, comment dire, assez différent de celui de tous les jours. Moi aussi j’ai eu ce type d’expérience. Mais il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n’y a toujours qu’une réalité.

1Q84 Livres 1 & 2 – Haruki Murakami – 2009 (parution japonaise) – 2011 (parution française – Editions Belfond)

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