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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: SF

The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood

30 samedi Sep 2017

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, Margaret Atwood, quoi lire, roman, The Handmaid's Tale, Vintage

Les premières phrases

«  We slept in what had once been the gymnasium. The floor was of varnished wood, with stripes and circles painted on it, for the games that were formerly played there; the hoops for the basketball nets were still in place, though the nets were gone. A balcony ran around the room, for the spectators, and I thought I could smell, faintly like an afterimage, the pungent scent of sweat, shot through with the sweet taint of chewing gum and perfume from the watching girls, felt-skirted as I knew from pictures, later in mini-skirts, then pants, then in one earring, spiky green-streaked hair. Dances would have been held there; the music lingered, a palimpsest of unheard sound, style upon style, an undercurrent of drums, a forlorn wail, garlands made of tissue-paper flowers, cardboard devils, a revolving ball of mirrors, powdering the dancers with a snow of light.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce livre fait énormément parler de lui depuis son adaptation en série TV et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis.

Impressions

Avec « The Handmaid’s Tale » (« La Servante Écarlate »), Margaret Atwood nous entraîne dans une société américaine où les femmes se voient privées de toute liberté. Offred fait partie de la caste des « servantes », autrement dit elle est réduite au rôle de mère porteuse. Tout plaisir sexuel est prohibé. Sa seule « distraction » : sortir faire les courses alimentaires de la maison du Commandant qu’elle sert en compagnie d’une autre servante. Lire, écrire, se divertir sont tout simplement interdits.

J’ai aimé cette dystopie, même si le récit est assez lent et même si j’attendais un peu plus d’action et une conclusion moins ouverte. Un bon roman de SF, publié en 1986, qui fait réfléchir sur l’évolution possible de nos sociétés et de la condition des femmes.

Un passage parmi d’autres

 The Japanese tourists come towards us, twittering, and we turn our heads away too late: our faces have been seen (…)

The interpreter turns back to the group, chatters at them in staccato. I know what he’ll be saying, I know the line. He’ll be telling them that the women here have different customs, that to stare at them through the lens of a camera is, for them, an experience of violation.

I’m looking down, at the sidewalk, mesmerized by the women’s feet. One of them is wearing open-toed sandals, the toenails painted pink. I remember the smell of nail polish, the way it wrinkled if you put the second coat on too soon, the satiny brushing of sheer pantyhose against the skin, the way the toes felt, pushed towards the opening in the shoe by the whole weight of the body. The woman with painted toes shifts from one foot to the other. I can feel her shoes, on my own feet. The smell of nail polish has made me hungry.

« Excuse me, » says the interpreter again, to catch our attention. I nod, to show I’ve heard him.

« He asks, are you happy, » says the interpreter. I can imagine it, their curiosity: Are they happy ? How can they be happy? I can feel their bright black eyes on us, the way they lean a little forward to catch our answers, the women especially, but the men too: we are secret, forbidden, we excite them.

Ofglen says nothing. There is a silence. But sometimes it’s as dangerous not to speak.

« Yes, we are very happy,  » I murmur. I have to say something. What else can I say?

 

Margaret Atwood – The Handmaid’s Tale – 1986 (Vintage)

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Mes Vrais Enfants – Jo Walton

14 jeudi Sep 2017

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Denoël, idées de lecture, Jo Walton, lecture, Livre, Lunes d'Encre, Mes vrais enfants, quoi lire, roman, uchronie

Les premières phrases

«  Aujourd’hui : confuse, lut-elle sur sa feuille de soins. Confuse, moins confuse, vraiment confuse… « Vraiment confuse » : deux mots que les infirmières notaient souvent, en abrégeant : VC. Ça la faisait sourire. « VC » comme « Victoria Cross », la plus haute distinction du pays. Son nom figurait aussi sur la feuille – enfin, son prénom, seulement : Patricia. Comme si en vieillissant elle était redevenue une enfant, comme s’il fallait la priver de toute dignité en la dépouillant à la fois de son patronyme et de son diminutif préféré. Cette feuille de soins, on aurait dit un bulletin scolaire, avec ses petites cases et ses catégories bien définies qui ne permettaient pas d’exprimer la complexité de chaque situation. « Mauvaise prononciation. » « Manque de concentration. » « Aujourd’hui : confuse. » Des termes froids, distants, sans aucune compassion. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Morwenna » du même auteur.

Impressions

Comment décrire ce livre, à la frontière de la littérature classique et de l’uchronie ? Que vous aimiez la SF ou non, ce livre vous plaira, tant les thèmes abordés parlent à tous. Féminisme, homosexualité, pacifisme, altruisme, fin de vie… Ce livre est profondément intéressant et bouleversant.

On y suit Patricia, vieille dame à la mémoire défaillante terminant sa vie en 2015 dans une maison de retraite, qui ne sait plus bien quelle vie elle a menée à partir du moment où un homme la demande en mariage. A-t-elle accepté ou l’a-t-elle éconduit ? De ce choix découlent deux chemins de vie : l’un où Patricia est une femme mariée terriblement malheureuse, l’autre où elle vit le grand amour avec Bee, une femme chercheuse. Dans chacune de ces vies, l’Histoire avec un grand « H » se modifie alors également drastiquement.

Jo Walton nous donne ici à réfléchir sur des thèmes hautement actuels et sensibles. Un roman bouleversant. On n’en ressort pas indemne…

Un passage parmi d’autres

 Elle avait étudié à Oxford. Ses souvenirs de cette époque n’étaient ni dédoublés ni confus. Elle avait appris le vieil anglais avec Tolkien. Elle se rappelait l’avoir entendu déclamer Beowulf à neuf heures, un lundi matin ; il était entré dans la pièce, avait posé son livre avec un grand bang et s’était tourné vers eux : « Hwaet ! » Il n’était pas encore célèbre, à l’époque. C’était bien longtemps avant Le Seigneur des anneaux et tout ce qui allait s’ensuivre. Depuis, quand elle racontait aux gens qu’elle l’avait connu, tout le monde s’extasiait. On ne sait jamais à l’avance qui va devenir célèbre. Et à Oxford, comme l’avait écrit Margaret Drabble, tout le monde pouvait s’imaginer le devenir un jour.

Jo Walton – Mes Vrais Enfants – janvier 2017 (Denoël – Lunes d’Encre)

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Station Eleven – Emily St. John Mandel

20 mardi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Emily St. John Mandel, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Station Eleven

Emily St. John Mandel - Station ElevenLes premières phrases

«  Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes – versions enfantines des filles de Lear – avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie. Le roi titubant essayait de les attraper tandis qu’elles gambadaient çà et là dans les ombres. Il s’appelait Arthur Leander et avait cinquante et un ans. Des fleurs ornaient ses cheveux. 

« Me reconnais-tu ? demanda le comédien qui interprétait Gloucester.

– Je me rappelle assez bien tes yeux », répondit Arthur, distrait par la version enfantine de Cordelia.

Ce fut à ce moment-là que la chose se produisit. Son visage se crispa, il trébucha et tendit le bras vers une colonne, mais, évaluant mal la distance, se cogna durement le tranchant de la main.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’aime les romans post-apocalyptiques (ne me demandez pas pourquoi !).

Impressions

Voici « LE » roman SF post-apocalyptique de la rentrée littéraire. Quand un virus mortel foudroie une bonne partie de l’humanité, il ne reste plus que quelques groupes de survivants. Parmi eux, une troupe de théâtre ambulante brave tous les dangers pour jouer du Shakespeare et ainsi tenter de préserver ce qui fait, à leurs yeux, la force des hommes : leur culture, le goût des mots et de la musique, leur âme d’artistes en somme.

Que ceux qui ne sont pas fans de SF se rassurent, ce livre leur plaira aussi car l’auteur aime nous replonger dans le passé de ses héros, dans le monde d’avant, où l’argent, l’apparence et la soif de pouvoir font loi. On découvre petit à petit le lien entre cet Arthur Leander, acteur célèbre sur le déclin, qui meurt dans le premier chapitre, et certains survivants, dont un homme à la tête d’une secte sanguinaire et une jeune femme aux poignets tatoués.

Station Eleven est un roman à la construction habile, aux personnages attachants. Si le postulat de départ n’est certes pas original, je me suis laissée emportée par le rythme de l’histoire. Un très bon roman de SF en somme.

Un passage parmi d’autres

 Moi, j’avais huit ans… neuf quand nous avons cessé de marcher. Je n’ai aucun souvenir de l’année que nous avons passée sur la route – ce qui signifie, je crois, que j’ai oublié le pire de cette période. Ne croyez-vous pas, en définitive, que les gens qui vivent le plus mal cette… notre époque actuelle, appelez-la comme vous voudrez, le monde d’après la grippe de Géorgie… ne croyez-vous pas que ceux qui ont le plus de difficultés à s’y adapter sont ceux qui se souviennent clairement du monde ancien ?

FD : Je n’y avais pas réfléchi.

KR : Ce que je veux dire, c’est que plus vous avez de souvenirs, plus vous avez perdu.

FD : Vous vous rappelez bien certaines choses…

KR : Si peu. Mes souvenirs d’avant le cataclysme ressemblent aujourd’hui à des rêves. Je me souviens d’avoir regardé par le hublot d’un avion, ce devait être dans le courant de la dernière année, et d’avoir vu du ciel la ville de New York. Vous l’avez vu, ça ?

FD : Oui.

KR : Un océan de lumières électriques. Ça me donne des frissons rien que d’y penser. Je ne me souviens pas vraiment de mes parents… juste des impressions. Je me souviens de conduits qui soufflaient de l’air chaud en hiver et d’appareils qui jouaient de la musique. Je me souviens d’écrans d’ordinateurs allumés. Je me souviens que, quand on ouvrait un frigo, il en sortait de l’air froid et de la lumière. Et les congélateurs encore plus froids, avec des petits cubes de glace dans les bacs. Vous vous en souvenez ?

FD : Bien sûr. Ça fait un moment que je n’ai pas vu de frigo qui ne soit pas transformé en espace de rangement.

KR : Et à l’intérieur, il y avait non seulement du froid, mais aussi de la lumière, c’est ça ? Je ne l’imagine pas ?

FD : Il y avait bien de la lumière à l’intérieur.

Emily St. John Mandel – Station Eleven – août 2016 (Rivages)

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Phare 23 – Hugh Howey

12 lundi Sep 2016

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, idées de lecture, lecture, Livre, Phare 23, quoi lire, rentrée littéraire, roman, SF

hugh-howey-phare-23Les premières phrases

 » On ne vous prépare pas aux petits bruits. On vous colle dans une centrifugeuse jusqu’à l’évanouissement, on vous fait caracoler sur des courbes paraboliques jusqu’à vomir tripes et boyaux, on vous transperce d’aiguilles jusqu’à ce que vous vous sentiez comme un toxico, on vous fait ingurgiter trois domaines de la physique, passer un diplôme de médecine et suivre en même temps un entraînement de triathlon.

Mais on ne vous dit pas ce qu’il en est de vivre avec les cliquetis et les grincements et les petits bips en arrière-plan. Ni comment le vide spatial, des années-lumière à la ronde, peut être ressenti comme un poids énorme, écrasant. Le silence semble constamment gagner du terrain, comme l’obscurité à laquelle j’ai été un jour confronté, dans une grotte de la Virginie-Occidentale. Une obscurité qu’on peut mâcher. Une obscurité qu’on perçoit à des kilomètres alentour. Une obscurité dont on n’est pas certain de pouvoir un jour s’extirper.

Au fin fond de l’espace, le silence est précisément de cette nature. Du coup, les petits bidules qui ronronnent dans ma balise deviennent des enfoirés et leurs cliquetis cauchemardesques me mettent les nerfs en pelote. Je les hais tous jusqu’au dernier. Tout ce qui bouge dans cet endroit.   »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré la trilogie Silo du même auteur.

Impressions

LA CLAQUE ! Si vous devez lire un livre, un seul, de cette rentrée littéraire, lisez donc Phare 23 de Hugh Howey. Vous n’aimez pas la science fiction, les histoires qui se passent dans l’espace ? Lisez-le quand même ! Et de toute urgence. Car ce livre a une portée universelle, un message de paix et de tolérance dont notre société actuelle a grand besoin…

Le héros de Phare 23 – on ne saura jamais son nom – est gardien de phare. Mais pas un phare en pleine mer, non, un phare (une balise) au milieu de l’espace. Nous sommes au XXIIIème siècle, et sans grande surprise les hommes sont en guerre. Notre héros, médaillé de guerre, a choisi la solitude de l’espace pour y cacher sa souffrance. Il vit donc seul dans son phare. Sa mission : faire en sorte que les vaisseaux traversent sa partie de la Voie lactée en toute sécurité, loin des astéroïdes et des dangers en tout genre. Mais voilà, peut-on rester sain d’esprit au milieu de cette solitude ? Sa « maison » construite par la Nasa est-elle aussi sûre et solide que ce qu’on a bien voulu lui faire croire ? La guerre est-elle si loin que ça ?

Phare 23 est un livre magnifique au suspens haletant. Hugh Howey signe là un superbe roman sur la solitude humaine, la guerre, la différence et la tolérance. LISEZ-LE et peut-être que le message de l’auteur deviendra un jour réalité… Oui, on peut toujours rêver… Encore heureux… « Je sais que c’est pure fiction, mais que se passerait-il si, debout sur les décombres des attaques dirigées contre nous, que ce soit au sens littéral ou métaphorique, physique ou émotionnel, personnel ou politique, nous choisissions le pardon plutôt que l’escalade ? A quoi ressemblerait ce monde ? Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais il me plaît de faire semblant. »

Un passage parmi d’autres

 Les pannes d’EOG ne peuvent pas arriver. Les systèmes de secours ont des systèmes de secours qui ont des systèmes de secours. Tout est incestueux dans les entrailles de la balise 23, moi je vous le dis. Pour que quelque chose se détraque, il faudrait qu’une première alarme soit hors service, ainsi qu’une seconde de sauvegarde et deux différents modules conçus pour effectuer la même opération et contrôlés toutes les quelques secondes pour être sûr qu’ils en sont effectivement capables. Toutes les puces électroniques et les logiciels peuvent se réparer et redémarrer seuls. On pourrait déclencher une impulsion électromagnétique dans cette saleté qu’elle repartirait en moins de deux. Il faudrait deux douzaines de pannes aléatoires et simultanées plus un tas d’autres coïncidences trop ahurissantes pour pouvoir même les envisager.

Une fois, un intello de la Nasa a calculé les probabilités. Elles étaient très très faibles. Ceci dit, la semaine passée, il y avait 1 527 balises Galsat en activité dans la Voie lactée. Alors à mon avis, les chances que quelqu’un ait un problème ne cessent d’augmenter. En particulier quand les balises vieillissent. Et en ce moment, ce quelqu’un, ça doit être moi.

Hugh Howey – Phare 23 – septembre 2016 (Actes Sud)

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Vongozero – Yana Vagner

20 vendredi Mai 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, idées de lecture, Le Lac, lecture, Livre, quoi lire, roman, SF, Thriller, Vongozero, Yana Vagner

Les premières phrases

Yana Vagner - Vongozero«  Maman est morte le mardi 17 novembre. J’ai appris la nouvelle par une voisine. Quelle ironie : ni maman ni moi n’avons jamais été proches de cette femme acariâtre, toujours maussade, dont le visage ingrat semblait taillé dans la pierre. Nous avons vécu quinze ans sur le même palier et à une époque, pendant plusieurs années, je me dispensais même de la saluer. J’aimais à appuyer avec une joie maligne sur le bouton de l’ascenseur pour l’empêcher de monter dans la cabine ; elle, le pas lourd, soufflant comme un phoque, voyait les portes automatiques se refermer sous son nez et je me souviens encore de l’indignation ridicule qui lui déformait la face. Durant ces quelques années (j’avais alors quatorze ans, peut-être quinze), elle nous offrait la même grimace toutes les fois, nombreuses, où elle sonnait à notre porte – maman ne lui a jamais proposé d’entrer – pour nous exposer ses griefs : nos bottes avaient laissé des traces de neige fondue dans le hall, un individu avait sonné par erreur chez elle à plus de dix heures du soir… « Qu’est-ce qu’elle veut encore, maman ? » criais-je quand je devinais à la voix de ma mère qu’elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette femme. Car maman n’avait jamais appris à se défendre et n’importe quel minuscule conflit dans une file d’attente, de ces incidents qui enflamment l’œil et les joues des protagonistes, suscitait chez elle maux de tête, tachycardie et crises de larmes.  »

Circonstances de lecture

Attirée par l’histoire…

Impressions

Voici un livre multi-facettes, entre la SF, le thriller et le road-movie. Une fois commencé, vous ne pourrez plus le reposer !

Quand une épidémie meurtrière s’abat sur la Russie, Anna, son fils Micha, et son conjoint Sergueï fuient leur village pour trouver refuge dans un endroit coupé du monde. Mais la route sera longue et semée d’obstacles. Au premier rang desquels leurs compagnons de voyage : des personnes qu’Anna n’a jamais appréciées… à commencer par l’ex-femme de Sergueï. Si l’histoire peut paraître classique (fuir une épidémie mortelle), le traitement est original. Car il s’agit aussi bien d’un thriller psychologique que d’un livre de SF au final.

Yana Vagner - Le lac

La suite et fin de « Vongozero », « Le lac », vient de sortir. Et je n’ai pas été déçue. Dans ce deuxième tome, on ressent encore plus les rigueurs de l’hiver russe, la difficulté des hommes à vivre ensemble et le thriller prend des airs de huis clos oppressant.

Je vais suivre cet auteur de près !

Un passage parmi d’autres

 – Anna, tu  vas où ?

Je ne m’arrêtai pas : je ne pus même pas lui répondre, je me contentai d’agiter la main et de faire encore un pas, puis encore un. Je ne vais pas aller loin, c’est juste pour ne plus voir aucun de vous, je ne veux voir personne pour le moment, je suis si fatiguée d’avoir toujours quelqu’un à mes côtés, laissez-moi, donnez-moi ne serait-ce qu’un peu de temps. Je comprenais parfaitement que je n’irais pas loin, ce n’était pas de vraie solitude dont j’avais besoin, mais simplement d’une illusion, d’un ersatz sans danger ; ayant atteint un endroit où la lumière des phares était devenue presque indécelable, et où les sons se fondaient en un bourdonnement homogène, je m’arrêtai et fus aussitôt saisie par le froid. Ils ne vont pas s’apercevoir tout de suite de mon absence, pensai-je. J’ai encore cinq minutes en réserve, voire dix, je vais attendre sans faire de bruit, je ne vais pas bouger d’ici, et quand ils seront prêts ils m’appelleront, je les entendrai et je rebrousserai chemin.

Yana Vagner – Vongozero – Le Lac – 2016 (Pocket / Mirobole Editions)

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L’Oracle de Thanatos – Olivier Demussat

22 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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conseils de lecture, Critique de livre, idées de lecture, L'Oracle de Thanatos, Olivier Demussat, quoi lire, roman

Olivier Demussat - L'Oracle de ThanatosLes premières phrases

«  Ils étaient des milliers à faire la queue, un ticket dans la main comme à la boucherie. Seulement, au temple de Delphes, ce n’était pas de la viande qu’on découpait, c’était de l’avenir. Des petites tranches qui transpiraient le sang et les mauvais présages.

Les clients ne pouvaient pas choisir : ils repartaient avec le morceau qui leur était prédestiné. Il était gras et sans saveur, et il faudrait pourtant le manger jusqu’au bout cet avenir dont on ne voulait plus, qui écœurait déjà rien qu’à l’odeur.

Ce fut au tour du Roi de Sparte. Il venait pour son fils. On les fit entrer.

De titanesques colonnes se surveillaient en silence de part et d’autre de la salle. Le plafond s’éloignait vers le ciel, poussé par les prophéties qui tourbillonnaient dans l’air vicié. Au fond de ce vide, une vieille dame était assise sur un tabouret.

Le roi et son fils s’arrêtèrent quelques mètres devant elle. Son tabouret était posé juste au-dessus d’une faille qui courait sur le marbre. Elle fumait une cigarette d’un air fatigué. « 

Circonstances de lecture

Parce que c’est le premier roman d’un ami.

Impressions

Voici un premier roman original, qui nous plonge dans un univers futuriste aux allures de Grèce Antique. Les combats à l’épée côtoient les téléphones mobiles, les hélicoptères et la téléréalité. De quoi perturber au début de la lecture, mais très vite on se prend au jeu. Olivier Demussat imagine à quoi ressemblerait la guerre de Troie si elle avait lieu dans quelques années… au milieu de la course au pétrole, des usines vidant les hommes de toute humanité, du capitalisme et de la quête de la célébrité. A-t-on encore le droit d’aimer ? La justice et la vertu ont-elles encore leur chance ?

Au final, Olivier Demussat nous plonge dans une tragédie grecque parfaitement orchestrée. Avec certaines scènes sanglantes dignes de Game of Thrones ! L’Oracle de Thanatos est donc un très bon premier roman. Une réflexion intéressante sur l’avenir de notre société. A méditer…

Mention spéciale aux belles illustrations présentes dans le livre (réalisées par Reza Bassiri) qui donnent encore plus de profondeur à l’histoire. A découvrir au format numérique, et bientôt au format papier.

Un passage parmi d’autres

 Des enfants s’agitaient de tous les côtés. Ils poussaient déjà un gros chahut vers le ciel avec leurs petites voix criardes, ils auraient poussé les murs s’ils avaient pu. La cour de récré était trop étroite pour leur imagination. Elle était surpeuplée de pirates, de princesses, de cyclopes, de gangsters rappeurs, de guerriers de l’espace et de tout un bestiaire qui s’y entassait comme dans une cage. Et on continuait d’y faire entrer du monde. L’arche de Noé de toutes les rêveries enfantines.

Dehors, c’était le déluge des réalités quotidiennes qui rendaient stérile et bête. On n’avait pas encore dix ans qu’on n’avait déjà plus d’idée. Ici on résistait. On s’inventait des histoires, on se récitait des contes de fées, on se berçait d’illusions tant qu’on pouvait, car on savait qu’on nous les volerait bientôt pour nous vendre autre chose à la place.

Olivier Demussat – L’Oracle de Thanatos –  novembre 2015

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Player One – Ernest Cline

20 samedi Juin 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Ernest Cline, Player One, roman, SF

Ernest Cline - Player OneLes premières phrases

«  Les gens de mon âge se souviennent tous de l’endroit où ils se trouvaient et de ce qu’ils étaient en train de faire lorsqu’ils ont entendu parler du concours pour la première fois. Moi, j’étais dans ma planque et je regardais des dessins animés lorsque le bulletin d’informations était tombé, interrompant mon flux : James Halliday était mort pendant la nuit.

Je savais qui était Halliday. Comme tout le monde. C’était lui qui avait conçu l’OASIS, l’énorme plateforme multijoueur en réseau à l’origine du système de réalité virtuelle mondial dont la plus grande partie de l’humanité se servait désormais au quotidien.

Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi les médias accordaient tant d’importance à la mort du milliardaire. Après tout, les Terriens avaient bien d’autres soucis : la crise énergétique qui n’en finissait pas, le désastre du changement climatique, la famine, partout la pauvreté et la maladie, et puis une bonne demi-douzaine de guerres en cours. Comme on dit, « chiens et chats ne font pas bon ménage… », et c’était l’hystérie générale. D’habitude, les infos n’interrompaient pas les sitcoms et autres séries interactives à moins que quelque chose de vraiment grave soit arrivé, comme une nouvelle épidémie virale mortelle, ou la disparition d’une grande ville sous un champignon atomique. Des trucs énormes dans ce goût-là. Halliday était certes célèbre, mais sa mort ne méritait pas plus qu’un court reportage au journal du soir pour que la plèbe puisse secouer la tête avec envie au moment où les journalistes annonceraient le montant obscène qu’allaient toucher les héritiers du riche défunt. 

Mais c’était justement là que ça coinçait. James Halliday n’avait aucun héritier. »

Circonstances de lecture

Un livre de SF conseillé par mes libraires.

Impressions

« Player One » est un livre de SF rapidement addictif. Lorsque que James Halliday, l’inventeur d’un univers virtuel géant, l’OASIS, meurt, il lègue sa fortune à qui réussira à trouver l’œuf qu’il y a caché ! Débute alors une gigantesque chasse au trésor dans l’univers des jeux vidéos, des séries TV, dessins animés et autres tubes des années 70-90. Alors que les hommes préfèrent s’évader dans cet univers virtuel pour échapper à une réalité des plus dures, cette quête devient vite mondiale.

Pas besoin d’être un geek pour devenir « addict » à ce livre ! Même si, bien entendu, de nombreuses références vous échapperont ! Je ne suis pas une geek et pourtant j’ai beaucoup aimé « Player One ». Ça donne envie, notamment, de rejouer à Pac Man ! Une adaptation au cinéma est prévue… avec Steven Spielberg aux commandes !

Un passage parmi d’autres

 Alors que je me tenais là, sous les néons sinistres de mon minuscule studio, je ne pouvais ignorer la vérité. Dans la vraie vie, je n’étais qu’un ermite asocial, un reclus, un geek au teint pâle obsédé par la culture pop, un agoraphobe qui vivait confiné, sans véritables amis, famille ni autre relation humaine authentique. Je n’étais qu’une de ces âmes tristes, perdues et solitaires qui gâchaient leur vie en la consacrant à un vulgaire jeu vidéo.

Mais pas dans l’OASIS. Là-bas, j’étais le grand Parzival, chassœuf célèbre dans le monde entier. Les gens me demandaient des autographes. J’avais un fanclub. Plusieurs, en fait. On me reconnaissait partout où j’allais (mais seulement quand j’avais envie d’être reconnu). On me payait pour recommander des produits. Les gens m’admiraient. On m’invitait aux soirées les plus fermées. Je fréquentais les clubs les plus branchés sans jamais faire la queue. J’étais une icône de la culture pop, une rock star de la réalité virtuelle. Et dans les cercles de chassœufs, j’étais devenu une légende. Non, un dieu.

Je me suis assis et j’ai enfilé mes gants, puis ma visière. Après vérification de mon identité, le logo de Gregarious Simulation Systems s’est affiché devant moi, suivi d’un message m’invitant à me connecter.

Salutations, Parzival.

Veuillez fournir votre sésame.

Je me suis éclairci la voix et j’ai récité la phrase secrète. Chaque mot s’affichait au fur et à mesure.

– Personne dans le monde n’accède jamais ni à ses désirs ni à ce qui est beau.

Quelques instants plus tard, j’ai laissé échapper un soupir de soulagement tandis que l’OASIS se matérialisait tout autour de moi.

Ernest Cline – Player One – 2015 (Pocket)

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Foundation – Isaac Asimov

23 samedi Mai 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Fondation, Foundation, Foundation and Earth, Foundation and Empire, Foundation's Edge, Isaac Asimov, roman, Secound Foundation, SF

Isaac Asimov - FoundationLes premières phrases

«  His name was Gaal Dornick and he was just a country boy who had never seen Trantor before. That is, not in real life. He had seen it many times on the hypervideo, and occasionally in tremendous three-dimensional newscasts covering an Imperial Coronation or the opening of a Galactic Council. Even though he had lived all his life on the world of Synnax, which circled a star at the edges of the Blue Drift, he was not cut off from civilization, you see. At that time, no place in the Galaxy was.

There were nearly twenty-five million inhabited planets in the Galaxy then, and not one but owed allegiance to the Empire whose seat was on Trantor. It was the last half-century in which that could be said. »

Circonstances de lecture

Un cycle de SF que l’on m’a vivement conseillé.

Impressions

Voici un cycle de SF qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusque-là. Si le premier tome « Foundation » a été publié en 1951, et le dernier « Foundation and Earth » en 1986 (je n’ai pas lu les préquelles), l’aventure intergalactique écrite par Isaac Asimov dégage un souffle résolument actuel.

Après douze mille ans de règne, l’Empire est en plein déclin. Un psycho-historien, Hari Seldon, prédit qu’il sera anéanti d’ici cinq siècles. Suivra une longue période de barbarie, d’anarchie et de violence qui durera trente mille ans… sauf si les hommes suivent son plan consistant, entre autres, à bâtir une première Fondation rassemblant toutes les connaissances humaines… et une autre cachée à l’autre extrémité de la Galaxie. Grâce à ce projet, la période de ténèbres devrait alors être réduite à mille ans. Les hommes réussiront-ils à traverser les siècles et à accomplir la prédiction de Seldon ?

Ce sont tous les avenirs possibles de l’humanité qu’Isaac Asimov explore dans ce cycle de SF. Entre tractations diplomatiques sur le fil, ruses, découvertes de planètes toujours plus lointaines, jeux d’influences et de pouvoir… On ne s’ennuie pas ! Et pourtant, l’action est finalement assez ténue. Tout se joue davantage sur les dialogues que sur les scènes d’action. Et c’est peut-être ça qui fait toute la différence. Ma préférence va pour le 3ème tome de cette saga, « Second Foundation », avec le personnage d’Arcadia Darell, résolument attachant.

A lire si vous aimez la SF, les jeux de pouvoir, les dialogues intelligents, Battlestar Galactica, les robots, la biodiversité, ou si vous vous posez des questions sur l’avenir de l’humanité, tout simplement !

Un passage parmi d’autres

 And then something else occurred to Arcadia, something that had been stirring and moving at the base of her brain ever since the flight began – something that forever killed the fourteen in her.

And she knew that she must escape.

That above all. Though they located every conspirator on the Foundation; though they caught her own father; she could not, dared not, risk a warning. She could not risk her own life – not in the slightest – for the entire realm of Terminus. She was the most important person in the Galaxy. She was the only important person in the Galaxy.

She knew that even as she stood before the ticket-machine and wondered where to go.

Because in all the Galaxy, she and she alone, except for they, themselves, knew the location of the Secound Foundation.

Isaac Asimov – Foundation – 1951 (Spectra)

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Morwenna – Jo Walton

21 samedi Mar 2015

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Denoël, Jo Walton, Morwenna, roman

Jo Walton - MorwennaLes premières phrases

«  L’usine Phurnacite d’Abercwmboi avait tué tous les arbres à des kilomètres à la ronde. Nous avions mesuré avec le compteur de la voiture. On l’aurait dit sortie des profondeurs de l’enfer, sombre et menaçante, avec ses cheminées cracheuses de flammes se reflétant dans une mare noire qui tuait tout animal qui se risquait à y boire. La puanteur était indescriptible. Nous remontions les vitres de la voiture au maximum quand nous devions passer par là et essayions de ne pas respirer, mais Grampar disait que personne ne pouvait retenir sa respiration si longtemps, et il avait raison. Dans cette odeur se mêlaient le souffre, produit de l’enfer, comme chacun sait, et bien pire, des métaux innommables surchauffés et de l’œuf pourri.

Ma sœur et moi appelions cet endroit Mordor, et nous n’y étions encore jamais allées seules. Nous avions dix ans et étions donc de grandes filles, mais, dès que nous avons commencé à la regarder, à notre descente du bus, nous nous sommes donné la main.

C’était le soir et, plus nous approchions, plus elle se dressait noire et terrifiante. Six de ses cheminées étaient éclairées ; quatre crachaient une fumée délétère.

« Certainement une ruse de l’Ennemi », ai-je murmuré.

Mor n’avait pas envie de jouer. « Tu crois vraiment que ça va marcher?

– Les fées en sont sûres, ai-je répondu de mon ton le plus rassurant.

– Je sais, mais par moments je me demande ce qu’elles comprennent au monde réel.

– Leur monde est réel, ai-je objecté. Il est juste différent, c’est une question de point de vue.

– Oui. » Elle ne pouvait détacher les yeux de l’usine, de plus en plus grosse et effrayante à mesure que nous approchions. « Mais je me demande d’où elles voient notre monde. Et c’est incontestablement le nôtre. Les arbres sont morts. Il n’y a pas de fée à des kilomètres à la ronde.

– C’est pour ça que nous sommes là », ai-je dit. »

Circonstances de lecture

Intriguée par la couverture, pleine de fraîcheur et de féérie.

Impressions

Vous aimez les livres et les contes de fées, vous avez passé votre enfance et votre adolescence à dévorer les romans de SF et de Fantasy ? Alors, ce livre est fait pour vous. On se prend d’emblée d’affection pour la petite Morwenna, 15 ans. Sa sœur jumelle est morte dans un mystérieux accident. Morwenna en est ressortie avec une jambe qui la fait souffrir en permanence. Heureusement, les livres de SF et de Fantasy sont là pour la sauver. Elle les dévore comme d’autres engloutissent des anti-dépresseurs. Avec Tolkien sur le haut du podium. « J’avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j’en ai », nous glisse Morwenna.

Jo Walton nous transporte dans le quotidien de cette jeune ado résolument pas comme les autres. Parce qu’elle préfère la compagnie des livres à celle des filles de son âge, parce que sa mère est, selon elle, une sorcière, parce qu’elle se dit capable de voir les fées et la magie du monde qui l’entoure, parce qu’elle passe tout son temps libre dans les librairies et les bibliothèques, Morwenna détonne et émeut le lecteur. J’ai adoré. Un livre inclassable sur la puissance de la littérature et de l’imaginaire.

Un passage parmi d’autres

 Il y a un banc près de l’étang, avec de l’herbe qui pousse autour, et des saules qui se penchent sur l’eau. Les feuilles de leurs branches tombantes jaunissent. Je me dis toujours que saules pleureurs est un nom qui leur va bien, mais « saules rieurs » l’est aussi. Les saules aiment l’eau et les aulnes la détestent. Il y a une route au-dessus du marais de Croggin appelée Heol y Gwern, la voie des Aulnes, parce que les gens en ont planté le long de la route pour marquer le chemin le plus sûr. On pense que c’était au néolithique. En tout cas, c’était avant les Romains. Ç’a été un choc de lire l’histoire de la vallée. Quand je rentrerai, je ne sais pas si je pourrai la regarder de la même façon.

Assise sur le banc près des saules, j’ai mangé mon gâteau au miel en lisant Triton. Il y a des choses affreuses dans le monde, c’est vrai, mais il y a aussi des livres magnifiques. Quand je serai grande, je voudrais écrire quelque chose que quelqu’un pourra lire assis sur un banc par une journée pas trop chaude et qui lui fera complètement oublier le lieu et l’heure. J’aimerais écrire comme Delany, Heinlein ou Le Guin.

Jo Walton – Morwenna – 2014 (Denoël)

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The Maze Runner – James Dashner

29 lundi Déc 2014

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers, SF

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Chicken House, Critique de livre, James Dashner, roman, The Maze Runner

James Dashner - The Maze RunnerLes premières phrases

«  He began his new life standing up, surrounded by cold darkness and stale, dusty air.

Metal ground against metal; a lurching shudder shook the floor beneath him. He fell down at the sudden movement and shuffled backwards on his hands and feet, drops of sweat beading on his forehead despite the cool air. His back struck a hard metal wall; he slid along it until he hit the corner of the room. Sinking to the floor, he pulled his legs up tight against his body, hoping his eyes would soon adjust to the darkness.

With another jolt, the room jerked upwards like an old lift in a mine shaft.

Harsh sounds of chains and pulleys, like the workings of an ancient steel factory, echoed through the room, bouncing off the walls with a hollow, tinny whine. The lightless lift swayed back and forth as it ascended, turning the boy’s stomach sour with nausea; a smell like burnt oil invaded his senses, making him feel worse. He wanted to cry, but no tears came; he could only sit there, alone, waiting.

My name is Thomas, he thought.

That… that was the only thing he could remember about his life. »

Circonstances de lecture

Une trilogie lue après avoir vu le premier volet au cinéma.

Impressions

Une trilogie dévorée en trois semaines. Si vous avez aimé « Divergent » de Veronica Roth, vous devriez également accrocher avec cette trilogie de James Dashner. Imaginez-vous vous réveiller dans un ascenseur puis émerger au beau milieu d’un labyrinthe. Vous ne vous souvenez de rien, à part votre prénom… Entouré d’un groupe d’adolescents, vous n’avez qu’une obsession : trouver la sortie du labyrinthe et comprendre pourquoi vous y avez été enfermé. Intrigant, non ?

J’ai lu avec plaisir cette trilogie… Mais malheureusement, si James Dashner arrive à tenir son lecteur en haleine, passé le premier tome, l’univers se fait moins mystérieux et tombe dans une histoire bien classique… Dommage, car l’idée de départ était vraiment intéressante.

Un passage parmi d’autres

 « I want to be one of those guys that goes out there, » he said aloud, not knowing if Chuck was still awake. « Inside the Maze. »

« Huh? » was the response from Chuck. Thomas could hear a tinge of annoyance in his voice.

« Runners, » Thomas said, whishing he knew where this was coming from. « Whatever they’re doing out there, I want in. »

« You don’t even know what you’re talking about, » Chuck grumbled, and rolled over. « Go to sleep. »

Thomas felt a new surge of confidence, even though he truly didn’t know what he was talking about. « I want to be a Runner. »

Chuck turned back and got up on his elbow. « You can forget that little thought right now. »

Thomas wondererd at Chuck’s reaction, but pressed on. « Don’t try to… »

« Thomas. Newbie. My new friend. Forget it. »

« I’ll tell Alby tomorrow. » A Runner, Thomas thought. I don’t even know what that means. Have I gone completely insane?

Chuck lay down with a laugh. « You’re a piece of klunk. Go to sleep. »

But Thomas couldn’t quit. « Something out there – it feels familiar. »

« Go…to…sleep. »

Then it hit Thomas – he felt like several pieces of a puzzle had been put together. He didn’t know what the ultimate picture would be, but his next words almost felt like they were coming from someone else. « Chuck, I… I think I’ve been here before. »

He heard his friend sit up, heard the intake of breath. But Thomas rolled over and refused to say another word, worried he’d mess up this new sense of being encouraged, eradicate the reassuring calm that filled his heart.

Sleep came much more easily than he’d expected.

James Dashner – The Maze Runner – 2010 (Chicken House)

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