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Love In Books

~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: Critique de livre

La renverse – Olivier Adam

12 mardi Jan 2016

Posted by Aurélie in Romans français

≈ 3 Commentaires

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Critique de livre, Flammarion, idées de lecture, La renverse, lecture, Livre, Olivier Adam, quoi lire, roman

Les premières phrases

Olivier Adam - La renverse«  J’ai pris le sentier longeant les falaises. Quelques fleurs de bruyère résistaient encore, parmi les premiers ajoncs et les restes de fougères brûlées par le froid. Je suis resté un moment là-haut, le temps de griller les cigarettes qui me faisaient office de petit déjeuner, de m’emplir les poumons de goudron et d’iode congelé. Tout était parfaitement figé dans la lumière acidulée du matin. Au loin, un kayak glissait sur les eaux tout à fait lisses, d’un bleu tendre de givre, semées d’îlots où somnolaient des cormorans frigorifiés, luisants et noirs, comme recouverts de pétrole. J’ai regardé l’heure. Jacques était pointilleux sur la question. J’avais beau lui répéter qu’à cette période de l’année il n’était pas rare que personne ne passe le seuil de la librairie de la journée, il n’en démordait pas. On ne savait jamais. Il y avait toujours un petit vieux pour se pointer dès l’ouverture, et il connaissait ce genre d’énergumène, l’œil rivé à la montre et toujours prompt à se plaindre du temps perdu, bien qu’en disposant par camions-bennes. J’ai regagné la voiture, mis le contact et poussé le chauffage à fond. La soufflerie couvrait en partie le son de la radio, rendait presque inaudible le murmure des nouvelles du jour.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Olivier Adam…

Impressions

Dès les premières phrases, Olivier Adam nous transporte dans son univers. Un monde balloté entre les flots de l’océan, l’odeur d’embrun de la Bretagne et de la Normandie, et les petits pavillons de banlieue parisienne où son héros a grandi. Un héros qui a mis sa vie entre parenthèses depuis qu’un scandale a éclaboussé sa mère et détruit du même coup son enfance et celle de son frère. Car lorsqu’un scandale politique éclate sur la place publique, qui pense à la détresse des enfants ? Comment vivre avec et après ça ?

Un beau roman où Olivier Adam fait encore une fois mouche avec sa plume vive et acérée, sans concession.

Un passage parmi d’autres

 Nous avons bu notre café en silence. En fond jouait un vieux Dylan. J’observais Jacques parmi le bois des bibliothèques et des tables couvertes de livres. Être à ses côtés m’apaisait. Dans cet endroit où l’on se sentait toujours protégé de tout, de la bêtise en particulier, comme si les millions de mots enfouis dans ces pages faisaient écran, même quand parfois elle faisait irruption dans la bouche d’un client, croyant bon de donner son opinion sur tel ou tel sujet de société, telle péripétie de la vie politique, important l’emporte-pièce dans cette boutique consacrée au temps long, aux mots qu’on tourne sept fois dans sa bouche avant de les coucher sur la page. Et Jacques lui-même personnifiait ce qui se jouait entre ces murs. Sa tendresse un peu féroce, la lumière de son sourire et la précision de sa pensée, sa lucidité érudite, son empathie lettrée. Il était un genre de père idéal. Un père rêvé. A mes yeux du moins.

Olivier Adam – La renverse – Janvier 2016 (Flammarion)

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Career of evil – Robert Galbraith

11 lundi Jan 2016

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans étrangers

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Career of evil, Critique de livre, idées de lecture, J.K.Rowling, lecture, Livre, policier, quoi lire, Robert Galbraith, roman, sphere, Thriller

Robert Galbraith - Career of EvilLes premières phrases

«  He had not managed to scrub off all her blood. A dark line like a parenthesis lay under the middle fingernail of his left hand. He set to digging it out, although he quite liked seeing it there: a memento of the previous day’s pleasures. After a minute’s fruitless scraping, he put the bloody nail in his mouth and sucked. The ferrous tang recalled the smell of the torrent that had splashed wildly onto the tiled floor, spattering the walls, drenching his jeans and turning the peach-coloured bath towels – fluffly, dry and neatly folded – into blood-soaked rags.

Colours seemed brighter this morning, the world a lovelier place. He felt serene and uplifted, as though he had absorbed her, as though her life had been transfused into him. They belonged to you once you had killed them: it was a possession way beyond sex. Even to know how they looked at the moment of death was an intimacy way past anything two living bodies could experience.  »

Circonstances de lecture

Voici la suite des aventures du détective privé Cormoran Strike, sous la plume de Robert Galbraith, alias J.K. Rowling.

Impressions

Décidément, j’adore J.K.Rowling et son nouveau héros, le détective privé Cormoran Strike, ancien soldat mutilé. Quand son assistante, Robin, reçoit par la Poste une jambe de femme, Cormoran sait qu’on le vise personnellement. Il se met aussitôt à enquêter sur quatre personnes de son passé susceptibles de ce genre d’horreur. Reste que le serial killer entend bien parvenir à ses fins…

Ici, J.K.Rowling nous plonge dans une histoire des plus sombres, avec un serial killer entre Hannibal Lecter du Silence des Agneaux et un Jack L’Éventreur moderne. Glaçant… Elle n’en oublie pas pour autant de faire évoluer les relations entre son héros et sa jolie assistante, qui s’apprête à épouser son fiancé… Un thriller glaçant, sanglant, plein de suspens – et d’humour, aussi ! Disponible en version française en mars 2016.

Un passage parmi d’autres

 Up the echoing metal staircase that wound around the broken birdcage lift she walked, her heels clanging on the metal. The glass door flashed as she unlocked and opened it and the engraved legend – C. B. STRIKE, PRIVATE INVESTIGATOR – stood out darkly.

She had arrived deliberately early. They were currently inundated with cases and she wanted to catch up with some paperwork before resuming her daily surveillance of a young Russian lap-dancer. From the sound of heavy footfalls overhead, she deduced that Strike was still upstairs in his flat.

Robin laid her oblong package on the desk, took off her coat and hung it, with her bag, on a peg behing the door, turned on the light, filled and switched on the kettle, then reached for the sharp letter-opener on her desk. Remembering Matthew’s flat refusal to believe that it had been flanker Jacques Burger’s curly mane she had been admiring, rather than Strike’s short and frankly pube-like hair, she made an angry stab on the end of the package, slit it open and pulled the box apart.

A woman’s severed leg had been crammed sideways in the box, the toes of the foot bent back to fit.

Robert Galbraith – Career of Evil – 2015 (Sphere)

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Échapper – Lionel Duroy

04 lundi Jan 2016

Posted by Aurélie in Romans français

≈ 1 Commentaire

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Critique de livre, Echapper, idées de lecture, Julliard, lecture, Lionel Duroy, Livre, quoi lire, roman

Lionel Duroy - EchapperLes premières phrases

 » Ce matin, je me suis réveillé avec l’appréhension de ne pas écrire, de ne pas trouver mon livre. Il était tard, neuf heures dix, et en somme je n’écrivais pas, je ne faisais rien. J’ai ouvert les rideaux et constaté qu’un vent violent secouait les grands pins devant mes fenêtres, charriant des tourbillons de pluie fine. Rapidement, je me suis donné un coup de brosse et suis allé prendre mon café. La cuisine était déserte, tant mieux, quand d’autres locataires y sont présents je suis gêné de ne pas pouvoir échanger un seul mot avec eux – tous parlent l’allemand, tandis que moi, non, ni l’allemand ni le danois. Après avoir bu mon café, je suis allé faire un tour dans la zone industrielle toute proche, dans le vent et la pluie, et c’est au cours de cette promenade que j’ai pris la décision de me mettre à écrire. Écrire quoi ? J’allais répondre que je ne sais pas, rien n’est construit dans ma tête à propos d’Husum, de ce retour à Husum, et cependant, aussitôt que j’y songe, je suis assailli de souvenirs et d’impressions qui me sont nouvelles. Ce sont donc ces souvenirs et ces impressions que je vais écrire. Et puis peut-être le livre apparaîtra-t-il.  »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Je suis tombée sous le charme de ce livre de Lionel Duroy, de son style d’écriture et de son histoire. Son héros, Augustin, un écrivain en panne d’inspiration suite à une rupture, part à la recherche du petit village allemand de Rugbüll, dont il est tombé amoureux à la lecture du roman de Siegfried Lenz, « La Leçon d’allemand ». Il nous emmène avec lui dans cette quête, quête de ce lieu de fiction, quête de lui-même, quête d’inspiration, quête aussi du peintre qui a inspiré le héros de « La Leçon d’allemand », Emil Nolde.

Un livre qui se savoure.

Un passage parmi d’autres

 – J’ai tellement aimé ce livre, Curtis, que j’aimerais habiter dedans, y entrer et ne plus en sortir. Est-ce que vous pouvez comprendre une telle chose ?

– Je crois, oui… Même si je trouve votre enthousiasme un peu suspect. Est-ce que ce n’est pas une façon de vous détourner de la réalité, d’une vie qui vous déçoit, ou vous ennuie, pour trouver une forme de réconfort dans une création artificielle ?

– Bien sûr ! Mais c’est ce que nous faisons en écrivant, non ? Transformer la réalité en une création artificielle, avec une esthétique, une poésie, une musique – à l’intérieur de laquelle nous trouvons une place. Pourquoi écririons-nous, sinon ? Pourquoi écririons-nous si la vie réelle nous satisfaisait ? La vie réelle est affreusement contrariante, Curtis, vous le savez bien, elle ne serait pas supportable sans les livres, ceux que nous lisons et ceux que nous écrivons.

Lionel Duroy – Echapper – 2015 (Julliard)

 

 

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To kill a mocking-bird – Harper Lee

14 lundi Déc 2015

Posted by Aurélie in En VO, Grands classiques, Romans étrangers

≈ 1 Commentaire

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conseils de lecture, Critique de livre, Harper Lee, idées de lecture, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, quoi lire, roman, To kill a mocking-bird

Harper Lee - To kill a mocking-birdLes premières phrases

«  When he was nearly thirteen my brother Jem got his arm badly broken at the elbow. When it healed, and Jem’s fears of never being able to play football were assuaged, he was seldom self-conscious about his injury. His left arm was somewhat shorter than his right; when he stood or walked, the back of his hand was at right-angles to his body, his thumb parallel to his thigh. He couldn’t have cared less, so long as he could pass and punt.

When enough years had gone by to enable us to look back on them, we sometimes discussed the events leading to his accident. I maintain that the Ewells started it all, but Jem, who was four years my senior, said it started long before that. He said it began the summer Dill came to us, when Dill first gave us the idea of making Boo Radley come out. « 

Circonstances de lecture

Un classique que je n’avais pas encore lu.

Impressions

Publié en 1960, ce livre de Harper Lee (« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » en vf) est une ode à la tolérance. On y suit la petite Scout qui nous raconte quelques années de son enfance alors que son père est commis d’office pour défendre un Noir accusé, à tort, d’avoir violé une femme blanche. Le père, intègre et résolument anti-raciste, constitue un véritable modèle pour ses enfants, Scout et Jem. Découvrir cette histoire à travers le point de vue et le regard des deux enfants donne une belle dimension à ce roman.

A lire, alors que l’intolérance et la bêtise humaine sont malheureusement toujours d’actualité…

Un passage parmi d’autres

 « What are you going to do, then? »

« Before I’m through, I intend to jar the jury a bit – I think we’ll have a reasonable chance on appeal, though. I really can’t tell at this stage, Jack. You know, I’d hoped to get through life without a case of this kind, but John Taylor pointed at me and said, « You’re It. »

« Let this cup pass from you, eh? »

« Right. But do you think I could face my children otherwise? You know what’s going to happen as well as I do, Jack, and I hope and pray I can get Jem and Scout through it without bitterness, and most of all, without catching Maycomb’s usual disease. Why reasonable people go stark raving mad when anything involving a Negro comes up, is something I don’t pretend to understand… I just hope that Jem and Scout come to me for their answers instead of listening to the town. I hope they trust me enough… Jean Louise?

My scalp jumped. I stucked my head around the corner.

« Sir? »

« Go to bed. »

I scurried to my room and went to bed. Uncle Jack was a prince of a fellow not to let me down. But I never figured out how Atticus knew I was listening, and it was not until many years later that I realized he wanted me to hear every word he said.

Harper Lee – To kill a mocking-bird –  1960 (Arrow Books)

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Les amants du Spoutnik – Haruki Murakami

13 dimanche Déc 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, Critique de livre, Editions 10/18, Haruki Murakami, idées de lecture, lecture, Les amants du Spoutnik, Livre, quoi lire, roman

Haruki Murakami - Les amants du SpoutnikLes premières phrases

 » Au printemps de sa vingt-deuxième année, Sumire tomba amoureuse pour la première fois de sa vie. Cet amour aussi dévastateur qu’une tornade dans une vaste plaine ravagea tout sur son passage, lançant des choses dans les airs, les réduisant en menus morceaux, les écrabouillant sans ménagement. Avec une violence qui ne connaissait pas un instant de relâchement, la tornade souffla sur les océans, réduisit sans pitié le site d’Angkor Vat à néant, incendia la jungle indienne et les malheureux tigres qui y vivaient encore, se mua au-dessus des déserts de Perse en une tempête de sable qui engloutit toute une ville fortifiée au charme exotique. L’objet de cet amour absolument mémorable était marié, avait dix-sept ans de plus que Sumire et, surtout, était une femme. C’est de là que partit toute cette histoire, et là aussi qu’elle s’acheva (ou presque). »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami…

Impressions

J’adore Haruki Murakami et c’est avec un grand plaisir que je me suis replongée dans son univers, avec ce roman, « Les amants du Spoutnik » que je n’avais pas encore lu. On y retrouve Sumire, une jeune fille qui, n’étant encore jamais tombée amoureuse, se met à aimer passionnément une femme plus âgée qu’elle de 17 ans. Son meilleur ami l’écoute raconter cette rencontre et l’histoire qui s’ensuivit. Jusqu’à ce que Sumire disparaisse subitement, comme envolée en fumée, sur une petite île grecque…

Avec « Les amants du Spoutnik », on sent qu’Haruki Murakami avait déjà posé les bases de ce qui deviendrait sa trilogie « 1Q84 » : une lune mystérieuse, un amour ravageur, et cette frontière si ténue entre la réalité et le monde du rêve.

Un passage parmi d’autres

 Comment puis-je éviter la collision (boum) sans pour autant réfléchir sérieusement (c’est-à-dire en restant allongée dans mon champ, à regarder les nuages passer, à écouter l’herbe pousser) ? Difficile ? Mais non mais non. D’une façon purement logique, rien de plus facile. C’est simple. Il suffit de rêver. Rêver sans cesse. Entrer dans le monde des songes, et ne plus en ressortir. Vivre éternellement dedans.

Car, dans les rêves, il n’est pas nécessaire d’établir des distinctions entre les choses. Pas du tout nécessaire. Les frontières n’existent pas. Et du coup, dans les rêves, les collisions se produisent rarement. Même quand il y en a, elles ne sont pas douloureuses. La réalité, c’est différent. La réalité, ça mord.

Haruki Murakami – Les amants du Spoutnik – 2003 (10/18, Belfond)

 

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Le silence de l’étoile – Christiane Félip Vidal

30 lundi Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Christiane Félip Vidal, Critique de livre, idées de lecture, L'Harmattan, Le silence de l'étoile, lecture, Livre, quoi lire, roman

Christiane Félip Vidal - Le silence de l'étoileLes premières phrases

 » – Marylin, pourquoi t’as pas d’amies ? Pourquoi tu joues seulement avec moi et tu veux pas jouer avec les filles de la classe ?

Marylin s’est arrêtée de caresser Frida, elle m’a regardée, puis elle a regardé Frida et elle a haussé les épaules…

– Elles sont bêtes, alors pourquoi tu veux que je joue avec elles ?

Moi, ça m’a bien fait plaisir, mais je me demande quand même pourquoi Marylin se dispute toujours avec les autres. Au fond, c’est normal qu’elle n’ait pas d’amies, parce que la seule qui la supporte, c’est moi, mais ça, c’est normal, parce que Marylin, c’est ma sœur…  »

Circonstances de lecture

Attirée par le titre, si beau, et parce que c’est le premier roman publié en France de la tante d’une amie.

Impressions

Si vous avez aimé « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, où elle parlait de ses relations avec sa mère, vous ne pourrez qu’aimer « Le silence de l’étoile » de Christiane Félip Vidal. Un beau roman sur les relations entre sœurs. S’il n’est pas autobiographique, on sent que l’auteur partage les émotions qu’elle a réellement ressenties enfant.

Tout commence lorsque Brigitte tombe sur des vieilles photos de famille qui font remonter en elle les souvenirs de son enfance et de son adolescence. Surtout, elle se rappelle de sa sœur, Marylin, si joyeuse et si vive, qui, à la suite d’un événement tragique, changea de comportement, se replia sur elle-même et ainsi s’éloigna de sa sœur. Elle se souvient aussi de son père, amoureux de cinéma, et de sa mère, si distante et froide… Une histoire chargée d’émotions sur l’amour filiale, une jolie plume. A lire !

Un passage parmi d’autres

 Quel est mon âge, sur cette photo ? Quel mois, de quelle année ? Où sommes-nous ? Qui regardait-elle quand elle s’est retournée vers l’objectif pendant que moi, à ses côtés, légèrement en arrière, je la regarde sans savoir que nous allons rester à jamais attrapées dans le temps ? Est-ce mon père qu’elle regarde ou quelqu’un d’autre ? Je ne puis trouver ni l’avant ni l’après de la photo, ni me souvenir de ce que nous avons dit ou tu ; ce que nous avons tu, surtout, parce que c’était l’époque où elle se murait dans le silence et où je souffrais de la sentir m’échapper. Ses périodes de mutisme arrivaient par rafales et disparaissaient subitement, d’un jour à l’autre, tandis que moi je vivais dans l’attente du son de sa voix, seul indice du retour à la normale, une sorte de plage où reposer après la tension que son comportement provoquait, parce que c’était sur ces plages que je la retrouvais pour fonctionner à l’unisson :

– Mary, écoute cette définition : Amour : Mot composé de cinq lettres, trois voyelles, deux consonnes et deux fous.

– Pas mal ! Et si on faisait pareil, un truc dans le genre dictionnaire ? Ça te dit ?

Et nous avions ainsi commencé ce dictionnaire qui, caché entre mes feuilles de cours, avait échappé à l’opération nettoyage que ma mère entreprit peu de temps après la mort de Marylin.

Gonzalo : Nom attribué aux pères aimants.

Malena : sorte de sorcière familiale.

Marylin : nom donné à certaines étoiles filantes.

Fallait-il y voir une définition prémonitoire ? Car c’est bien ce qu’elle fut dans le ciel de mon enfance : une étoile filante.

Christiane Félip Vidal – Le silence de l’étoile – Octobre 2015 (L’Harmattan)

 

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La Fille du train – Paula Hawkins

29 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers

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Paula Hawkins - La Fille du trainLes premières phrases

«  Elle est enterrée sous un bouleau argenté, en bas, près de l’ancienne voie ferrée, sa tombe indiquée par un cairn. Ce n’est guère plus qu’une pile de cailloux, au fond. Je ne voulais pas attirer l’attention sur sa dernière demeure, mais je ne pouvais pas la laisser disparaître. Ici, elle dormira en paix, personne ne viendra la déranger, rien que le chant des oiseaux et le grondement des trains qui passent. »

Circonstances de lecture

Un livre que mon libraire m’a vivement conseillé.

Impressions

« La fille du train » est fait pour ceux qui aiment les thrillers gardant leur suspens jusqu’aux toutes dernières pages. Pour tous ceux aussi prenant le train tous les jours pour se rendre au travail et jetant un œil de temps à autre à travers la vitre pour observer les maisons bordant les voies et leurs occupants. C’est le cas de Rachel, le personnage principal de ce roman, qui prend le train de 08h04 tous les matins, direction Londres… Elle s’est prise d’affection pour un couple qu’elle aperçoit régulièrement, sur la terrasse de leur maison, et s’est prise au jeu d’imaginer leur vie… jusqu’au jour où la femme disparaît… Rachel n’a plus alors qu’une obsession : retrouver le coupable. Mas voilà, Rachel n’est pas le témoin idéal… loin de là…

Ruez-vous sur ce premier roman de Paula Hawkins si vous ne l’avez pas déjà lu ! Vous ne serez pas déçu !

Un passage parmi d’autres

 Quel soulagement d’être de retour dans le train de 8h04. Ce n’est pas que je sois particulièrement impatiente d’arriver à Londres pour commencer ma semaine – je n’ai même pas vraiment envie d’être à Londres du tout. Non, j’ai juste envie de me caler au fond du siège en velours doux, avec la tiédeur du soleil à travers la vitre, la voiture qui balance d’avant en arrière et d’arrière en avant, le rythme rassurant des roues sur les rails. Quand je suis là, à regarder les maisons qui bordent la voie, il n’y a presque nulle part où je préférerais être.

Sur ce tronçon, il y a un feu de signalisation défectueux, à la moitié du trajet. Enfin, j’imagine qu’il doit être défectueux, parce qu’il est presque toujours rouge ; on s’y arrête quasiment tous les jours, parfois quelques secondes, parfois plusieurs minutes d’affilée. Si je suis installée dans la voiture D (comme presque à chaque fois) et si le train s’arrête au feu (comme presque à chaque fois), j’ai une vue parfaite sur ma maison favorite près des rails : celle qui se trouve au numéro quinze.

Paula Hawkins – La Fille du train –  2015 (Sonatine Editions)

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L’Oracle de Thanatos – Olivier Demussat

22 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans français, SF

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Olivier Demussat - L'Oracle de ThanatosLes premières phrases

«  Ils étaient des milliers à faire la queue, un ticket dans la main comme à la boucherie. Seulement, au temple de Delphes, ce n’était pas de la viande qu’on découpait, c’était de l’avenir. Des petites tranches qui transpiraient le sang et les mauvais présages.

Les clients ne pouvaient pas choisir : ils repartaient avec le morceau qui leur était prédestiné. Il était gras et sans saveur, et il faudrait pourtant le manger jusqu’au bout cet avenir dont on ne voulait plus, qui écœurait déjà rien qu’à l’odeur.

Ce fut au tour du Roi de Sparte. Il venait pour son fils. On les fit entrer.

De titanesques colonnes se surveillaient en silence de part et d’autre de la salle. Le plafond s’éloignait vers le ciel, poussé par les prophéties qui tourbillonnaient dans l’air vicié. Au fond de ce vide, une vieille dame était assise sur un tabouret.

Le roi et son fils s’arrêtèrent quelques mètres devant elle. Son tabouret était posé juste au-dessus d’une faille qui courait sur le marbre. Elle fumait une cigarette d’un air fatigué. « 

Circonstances de lecture

Parce que c’est le premier roman d’un ami.

Impressions

Voici un premier roman original, qui nous plonge dans un univers futuriste aux allures de Grèce Antique. Les combats à l’épée côtoient les téléphones mobiles, les hélicoptères et la téléréalité. De quoi perturber au début de la lecture, mais très vite on se prend au jeu. Olivier Demussat imagine à quoi ressemblerait la guerre de Troie si elle avait lieu dans quelques années… au milieu de la course au pétrole, des usines vidant les hommes de toute humanité, du capitalisme et de la quête de la célébrité. A-t-on encore le droit d’aimer ? La justice et la vertu ont-elles encore leur chance ?

Au final, Olivier Demussat nous plonge dans une tragédie grecque parfaitement orchestrée. Avec certaines scènes sanglantes dignes de Game of Thrones ! L’Oracle de Thanatos est donc un très bon premier roman. Une réflexion intéressante sur l’avenir de notre société. A méditer…

Mention spéciale aux belles illustrations présentes dans le livre (réalisées par Reza Bassiri) qui donnent encore plus de profondeur à l’histoire. A découvrir au format numérique, et bientôt au format papier.

Un passage parmi d’autres

 Des enfants s’agitaient de tous les côtés. Ils poussaient déjà un gros chahut vers le ciel avec leurs petites voix criardes, ils auraient poussé les murs s’ils avaient pu. La cour de récré était trop étroite pour leur imagination. Elle était surpeuplée de pirates, de princesses, de cyclopes, de gangsters rappeurs, de guerriers de l’espace et de tout un bestiaire qui s’y entassait comme dans une cage. Et on continuait d’y faire entrer du monde. L’arche de Noé de toutes les rêveries enfantines.

Dehors, c’était le déluge des réalités quotidiennes qui rendaient stérile et bête. On n’avait pas encore dix ans qu’on n’avait déjà plus d’idée. Ici on résistait. On s’inventait des histoires, on se récitait des contes de fées, on se berçait d’illusions tant qu’on pouvait, car on savait qu’on nous les volerait bientôt pour nous vendre autre chose à la place.

Olivier Demussat – L’Oracle de Thanatos –  novembre 2015

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Etta et Otto (et Russel et James) – Emma Hooper

08 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, Emma Hooper, Etta et Otto, Etta et Otto et Russel et James, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, rentrée littéraire, roman

Emma Hooper - Etta et Otto (Et Russel et James)Les premières phrases

 » Otto,

Débutait la lettre, encre bleue.

Je suis partie. Je n’ai jamais vu l’eau, alors je suis partie là-bas. Rassure-toi, je t’ai laissé le pick-up. Je peux marcher. J’essaierai de ne pas oublier de rentrer.

A toi (toujours),

Etta.

Sous la lettre, elle avait laissé une pile de recettes de cuisine. Toutes celles qu’elle faisait depuis toujours. A l’encre bleue, aussi. Pour qu’il sache comment et de quoi se nourrir pendant son absence. Otto s’assit à la table et les disposa de telle sorte qu’aucune ne se chevauche. Il fit des colonnes et des rangées. Il hésita à enfiler son manteau et ses chaussures pour partir à sa recherche en demandant aux voisins de quel côté elle était partie, mais il renonça. Il demeura assis face à la lettre et aux recettes. Ses mains tremblaient. Il les posa l’une sur l’autre pour les contenir.

Au bout d’un moment, Otto se leva et alla chercher leur globe terrestre. Il avait une lumière, au centre, qui brillait sous les lignes de longitude et de latitude. Il l’alluma et éteignit les lampes habituelles de la cuisine. Il le plaça au bout de la table, loin de la lettre et des recettes et traça un chemin du bout du doigt. Halifax. Si elle choisissait l’est, Etta aurait trois mille deux cent trente-deux kilomètres à parcourir. Si c’était  l’ouest, vers Vancouver, mille deux cent kilomètres. Mais elle irait à l’est, Otto le savait. Il sentait la peau sur sa poitrine se tendre de ce côté. Il manquait encore une heure environ avant que le soleil ne se lève. »

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Voici un livre qui se savoure lentement, au rythme des pas d’Etta. A 83 ans, elle décide un beau matin d’aller voir la mer à pied… à plus de 3 000 km de chez elle! Elle laisse derrière elle son mari, Otto, et Russel, le meilleur ami de toujours. Emma Hooper dessine son récit au fil des lettres qu’Etta envoie à son mari, de leurs souvenirs d’enfance, de sa mémoire à elle, vacillante.

Avec ce premier roman, Emma Hooper nous livre une belle histoire d’amour, de mémoire et d’amitié, au Canada, avec comme toile de fond la Seconde guerre mondiale. Vous ne pourrez que tomber sous le charme d’Etta et d’Otto.

Un passage parmi d’autres

 Quelques mois auparavant, elle avait commencé à se sentir entraînée dans les rêves d’Otto à la place des siens, la nuit. Elle se retrouvait dedans, comme ça, se retrouvait dans l’eau, en pantalon, debout sur une plage grise, du sang clapotant sur ses genoux et des hommes hurlant autour d’elle et elle se retrouvait là parfois avec une cuillère ou une serviette dans la main et parfois avec rien. Nuit après nuit.

Elle essayait de dormir sans qu’aucune partie de son corps ne touche celui d’Otto afin que ses souvenirs à lui ne trouvent aucun point de contact pour se glisser dans les siens.

Emma Hooper – Etta et Otto (et Russel et James) – Octobre 2015 (Les Escales)

 

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Daisy – Reiko Momochi

01 dimanche Nov 2015

Posted by Aurélie in Mangas

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conseils de lecture, Critique de livre, Daisy, idées de lecture, Mangas, quoi lire, Reiko Momochi, roman, shôjo

Reiko Momochi - Daisy - Lycéennes à FukushimaLes premières phrases

«  Un an et demi après la triple catastrophe qui a touché le Japon en mars 2011, à la télévision, peu d’émissions parlaient encore des zones sinistrées. C’est à cette époque que je suis tombée sur le roman « Pierrot », et que j’ai eu l’idée de recueillir les témoignages de nombreux étudiants, de leurs parents et enseignants.

Ils m’ont raconté ce qui s’était passé ce jour-là.

Ils m’ont dit dans quel état d’esprit ils vivaient depuis…

Toutes ces choses à ne jamais oublier. »

Circonstances de lecture

Ma troisième lecture de manga.

Impressions

« Daisy » de Reiko Momochi est un manga poignant, autour de l’après Fukushima. Comment vivre après ça ? Faut-il fuir ou rester ? Comment faire face ? Comment construire sa vie et avoir espoir en l’avenir ? Autant de questions posées par Reiko Momochi alors que les médias ont depuis longtemps perdu tout intérêt pour cette région du monde… et que les problèmes sont toujours là… indélébiles.

Si vous voulez savoir ce qui se passe aujourd’hui encore dans la région de Fukushima, lisez donc ce manga. Et faites le lire aux ados !

Un passage parmi d’autres

 – Arrête, arrête avec tes jolies phrases…

– Laisse-moi t’aider, papa !

– Pourquoi te compliquer la vie inutilement ?

– C’est toi qui disais toujours qu’on n’a rien sans effort.

– Oui, mais faire des efforts ne suffit pas à garantir le bonheur ! Qui sait ce qui nous attend, demain ? Le monde d’aujourd’hui est comme ça, incertain. Alors fais ce qui te plaît vraiment… Vis ta vie !

Reiko Momochi – Daisy, Lycéennes à Fukushima –  2014 (Akata)

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