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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans étrangers

Doctor Sleep – Stephen King

03 vendredi Jan 2014

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Doctor Sleep, Hodder & Stoughton, roman, Stephen King, The Shining

Stephen King - Doctor SleepLes premières phrases

«  On the second day of December in a year when a Georgia peanut farmer was doing business in the White House, one of Colorado’s great resort hotels burned to the ground. The Overlook was declared a total loss. After an investigation, the fire marshal of Jicarilla County ruled the cause had been a defective boiler. The hotel was closed for the winter when the accident occurred, and only four people were present. Three survived. The hotel’s off-season caretaker, John Torrance, was killed during an unsuccessful (and heroic) effort to dump the boiler’s steam pressure, which had mounted to disastrously high levels due to an inoperative relief valve.

Two of the survivors were the caretaker’s wife and young son. The third was the Overlook’s chef, Richard Hallorann, who had left his seasonal job in Florida and come to check on the Torrances because of what he called « a powerful hunch » that the family was in trouble. Both surviving adults were quite badly injured in the explosion. Only the child was unhurt.

Physically, at least. »

Circonstances de lecture

Acheté à Londres chez Hatchards. Parce que c’est la suite de « The Shining » !

Impressions

C’est avec plaisir que l’on retrouve le petit garçon de « The Shining », devenu adulte. Succombera-t-il aux mêmes maux que son père, à commencer par son problème d’alcoolisme ? Parviendra-t-il à vivre avec son don ? Et qu’arrivera-t-il lorsqu’il rencontrera une petite fille encore plus douée que lui ? « Doctor Sleep » n’est pas aussi angoissant que « The Shining ». C’est plutôt un roman fantastique où le mal n’est jamais bien loin…  Une bonne suite cependant, qui se lit d’une traite.

Un passage parmi d’autres

 Two years later, on the day before the Thanksgiving break, halfway up a deserted stairwell in Alafia Elementary, Horace Derwent appeared to Danny Torrance. There was confetti on the shoulders of his suit. A little black mask hung from one decaying hand. He reeked of the grave. « Great party, isn’t it? » he asked.

Danny turned and walked away, very quickly.

When school was over, he called Dick long-distance at the restaurant where Dick worked in Key West. « Another one of the Overlook People found me. How many boxes can I have, Dick? In my head, I mean. »

Dick chuckled. « As many as you need, honey. That’s the beauty of the shining. You think my Black Grampa’s the only one I ever had to lock away? »

« Do they die in there? »

This time there was no chuckle. This time there was a coldness in Dick’s voice the boy had never heard before. « Do you care? »

Danny didn’t.

When the onetime owner of the Overlook showed up again shortly after New Year’s – this time in Danny’s bedroom closet – Danny was ready. He went into the closet and closed the door. Shortly afterward, a second mental lockbox went up on the high mental shelf beside the one that held Mrs Massey. There was more pounding, and some inventive cursing that Danny saved for his own later use. Pretty soon it stopped. There was silence from the Derwent lockbox as well as the Massey lockbox. Whether or not they were alive (in their undead fashion) no longer mattered.

What mattered was they were never getting out. He was safe.

That was what he thought then. Of course, he also thought he would never take a drink, not after seeing what it had done to his father.

Sometimes we just get it wrong.

Doctor Sleep – Stephen King – 2013 (Hodder & Stoughton)

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Silo – Hugh Howey

12 jeudi Déc 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, roman, science fiction, Silo

Hugh Howey - SiloLes premières phrases

«  Les enfants jouaient pendant qu’Holston montait vers sa mort ; il les entendait crier comme seuls crient les enfants heureux. Alors que leurs courses folles tonnaient au-dessus de lui, Holston prenait son temps, et chacun de ses pas se faisait pesant, méthodique, tandis qu’il tournait et tournait dans le colimaçon, ses vieilles bottes sonnant contre les marches.

Les marches, comme  les bottes de son père, présentaient des signes d’usure. La peinture n’y tenait que par maigres écailles, surtout dans les coins et sur l’envers, où elle était hors d’atteinte. Le va-et-vient ailleurs dans l’escalier faisait frémir de petits nuages de poussière. Holston sentait les vibrations dans la rampe luisante, polie jusqu’au métal. Ça l’avait toujours ébahi : comment des siècles de paumes nues et de semelles traînantes pouvaient éroder l’acier massif. Une molécule après l’autre, supposait-il. Peut-être que chaque vie en effaçait une couche pendant que le silo, lui, effaçait cette vie.

Foulée par des générations, chaque marche était légèrement incurvée, son rebord émoussé comme une lèvre boudeuse. Au milieu, il ne restait presque aucune trace de ces petits losanges dont la surface tirait jadis son adhérence. L’absence s’en déduisait seulement du motif visible de chaque côté, où de petites bosses pyramidales, aux arêtes vives et écaillées de peinture, se découpaient sur l’acier.

Holston levait sa veille botte vers une vieille marche, appuyait sur sa jambe et recommençait. Il se perdait dans la contemplation de ce que les années sans nombre avaient fait, cette ablation des molécules et des vies, ces couches et ces couches réduites à l’état de fine poussière. Et il se dit, une fois de plus, que ni les vies ni les escaliers n’étaient faits pour ce genre d’existence. L’espace resserré de cette longue spirale, qui se déroulait dans le silo enterré comme une paille dans un verre, n’avait pas été conçu pour pareil traitement. Comme tant de choses dans leur gîtes cylindrique, il semblait obéir à d’autres fins, répondre à des fonctions depuis longtemps oubliées. Ce qui servait aujourd’hui de voie de communication à des milliers de personnes, dont les montées et descentes quotidiennes se répétaient par cycles, Holston le trouvait plus propre à servir en cas d’urgence et à quelques dizaines de personnes seulement.

Il franchit un palier supplémentaire – un camembert de dortoirs. Alors qu’il gravissait les quelques étages qui restaient, pour sa toute dernière ascension, les bruits de joies enfantines se mirent à pleuvoir plus fort au-dessus de lui. C’était le rire de la jeunesse, d’êtres qui ne s’interrogeaient pas encore sur l’endroit où ils grandissaient, ne sentaient pas encore la terre presser de tous côtés, ne se sentaient pas le moins du monde enterrés, mais en vie. En vie et inusés, ils faisaient ruisseler leurs trilles heureux dans la cage d’escalier, des trilles qui s’accordaient mal aux actions d’Holston, à sa décision, à sa détermination à sortir.  « 

Circonstances de lecture

Quand j’ai vu qu’Actes Sud se lançait dans la science-fiction, je n’ai pas hésité à acheter ce premier roman !

Impressions

Silo de Hugh Howey est un très bon roman de science-fiction. Bien écrit, bien construit, Silo se lit très vite tant le suspens est savamment distillé tout au long de ses 558 pages. Un homme, Holston, le shérif d’un mystérieux lieu souterrain (le silo), s’apprête à mourir. Il veut sortir du silo. Or, ce qui l’attend dehors, c’est une mort certaine : l’air extérieur est irrespirable. Mais avant de mourir, il devra nettoyer les caméras permettant aux hommes et femmes du silo d’apercevoir le paysage dévasté du monde extérieur. Qu’y a-t-il dehors ? Pourquoi les hommes sont-ils obligés de vivre sous terre ? Les images du dehors sont-elles vraiment réelles ? Que s’est-il passé pour que l’humanité en arrive là? Surtout, pourquoi est-il interdit de parler du passé ? Pourquoi est-il interdit d’espérer ?

Vivement la suite !

Un passage parmi d’autres

 La vue projetée dans la cellule n’était pas aussi floue que celle de la cafétéria et Holston passa son dernier jour dans le silo à considérer cette énigme. La caméra était-elle à l’abri du vent toxique, de ce côté ? Est-ce que chaque nettoyeur, condamné à mort, mettait davantage de soin à préserver la vue qui avait accompagné ses derniers instants ? Ou cet effort supplémentaire était-il un cadeau fait au prochain nettoyeur, qui lui aussi passerait son dernier jour dans cette cellule ?

Holston préférait la dernière explication. Elle lui faisait penser à sa femme avec nostalgie. Elle lui rappelait pourquoi il était là, du mauvais côté des barreaux, de son plein gré.

Alors que ses pensées se portaient vers Allison, il s’assit et fixa le monde mort que des peuples anciens avaient laissé. Ce n’était pas la meilleure vue sur le paysage qui environnait leur bunker enterré, mais ce n’était pas non plus la pire. Au loin, des collines basses, onduleuses, mettaient une jolie touche de brun, comme du jus de café contenant juste ce qu’il faut de lait de cochon. Le ciel, au-dessus des collines, était du même gris terne que celui de son enfance, et de l’enfance de son père, et de celle de son grand-père. Le seul trait mouvant du paysage, c’étaient les nuages. Ils planaient pleins et sombres au-dessus des collines. Ils erraient, libres, comme les bêtes en troupeau des albums illustrés.

La vue du monde mort occupait tout le mur de sa cellule, comme elle occupait tous ceux du dernier étage du silo, chacun présentant une partie différente des terres désolées et floues, toujours plus floues, qui s’étendaient dehors. Le petit morceau de monde d’Holston partait du bout de son lit de camp, montait jusqu’au plafond, et s’étendait jusqu’au mur opposé, pour redescendre vers les toilettes. Et malgré le léger flou – comme si on avait huilé l’objectif – on avait l’impression de pouvoir partir en promenade dans ce décor, dans ce trou béant et engageant curieusement placé en face d’infranchissables barreaux de prison.

Silo – Hugh Howey – octobre 2013 (Actes Sud)

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En même temps, toute la terre et tout le ciel – Ruth Ozeki

03 mardi Déc 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, Critique de livre, En même temps toute la terre et tout le ciel, roman, Ruth Ozeki

Ruth Ozeki - En même temps, toute la terre et tout le cielLes premières phrases

«  HELLO ! 

Je m’appelle Nao, et je suis un être-temps. Vous savez ce que c’est, un être-temps ? Non? Eh bien, si vous avez un moment, je vais vous le dire.

Un être-temps, c’est quelqu’un comme vous et moi, comme chacun de nous qui est, a été ou sera un jour. Quelqu’un qui vit dans le temps. Moi, par exemple, je suis en ce moment à Akihabara Electric Town, dans un maid café français. J’écoute une chanson triste, une chanson que vous avez déjà entendue par le passé, qui est également mon présent, où j’écris ces mots, où je m’interroge sur vous qui faites partie de mon futur. Et si vous lisez ces lignes, peut-être que vous aussi vous vous posez des questions sur moi.

Vous vous posez des questions sur moi.

Je me pose des questions sur vous.

Vous êtes qui, et vous faites quoi ?

Etes-vous dans le métro à New York ou dans un jacuzzi à Sunnyvale ?

En train de vous prélasser sur une plage de sable fin à Phuket ou de vous faire faire les ongles à Saint-Tropez ?

Homme ou femme ? Entre les deux peut-être ?

C’est votre copine qui vous prépare un bon petit plat ou est-ce que vous mangez des nouilles froides directement dans la barquette ?

Êtes-vous roulé sous la couette, dos à votre épouse qui ronfle, ou alanguie sur un lit, impatiente que votre bel amant sorte du bain, pour lui faire l’amour avec passion ?

Vous avez un chat, une femelle ? Est-elle installée sur vos genoux ? Quand vous posez le nez sur son front, est-ce que vous sentez le cèdre et l’air frais ?

En fait, on s’en fout un peu, puisque le temps que vous lisiez ce passage, tout aura déjà changé, et le lieu où vous serez n’aura pas grande importance. Vous tournerez avec désinvolture les pages de ce livre qui se trouve être le journal de mes derniers instants sur terre en vous demandant si ça vaut le coup de continuer.

Si vous décidez d’arrêter là, franchement, pas de problème. Vous n’étiez pas la personne que j’attendais, de toute façon. Mais si vous poursuivez votre lecture, alors je vais vous dire : vous êtes tout à fait mon genre d’être-temps, et entre nous ça va être magique ! »

Circonstances de lecture

Acheté un peu au hasard dans ma librairie. Une belle découverte.

Impressions

Il est de ces livres que l’on savoure du début à la fin, à la fois bien écrit, réfléchi et magique. « En même temps, toute la terre et tout le ciel » de Ruth Ozeki fait partie de ces romans-là. Dans la lignée de Haruki Murakami, l’auteur nous transporte entre deux mondes : celui de Ruth, écrivain en panne d’inspiration, habitant sur une île reculée de la baie Désolation au Canada ; et celui de Nao, une ado japonaise mal dans sa peau. Parce qu’un jour Ruth découvre sur la plage le journal intime de cette lycéenne, leurs deux mondes se retrouvent imbriqués.

Ici, Ruth Ozeki traite de la vie, de la mort, de la philosophie zen, des affres de l’adolescence, du harcèlement à l’école, du suicide, des kamikazes, du tsunami, du 11 septembre, de la mémoire, du temps qui passe… Le tout savamment orchestré pour former une histoire que l’on n’est pas prêt d’oublier. Ruth Ozeki, écrivez vite un nouveau roman ! Je l’attends avec impatience !

Un passage parmi d’autres

 Je n’ai pas vraiment l’âme d’un poète, et tout est question d’images et d’interprétation dans les haïkus. Pourtant, quand j’ai lu le poème de ma Jiko, une vision s’est formée dans mon esprit, celle d’un arbre, un vieux ginkgo gigantesque au pied de son temple. Les feuilles du ginkgo ont la forme de petits éventails. Quand vient l’automne, elles prennent une couleur jaune vif, et en tombant elles recouvrent le sol d’un manteau doré, alors j’ai pensé que ce vieil arbre était sûrement un être-temps, tout comme Jiko est un être temps, et je me suis vue en train de chercher le temps perdu parmi les feuilles tombées au pied de l’arbre comme des mots éparpillés.

En même temps, toute la terre et tout le ciel – Ruth Ozeki – 2013 (Belfond)

 

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Report from the Interior – Paul Auster

30 samedi Nov 2013

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, faber and faber, Paul Auster, Report from the Interior, roman

Paul Auster - Report from the interiorLes premières phrases

«  In the beginning, everything was alive. The smallest objects were endowed with beating hearts, and even the clouds had names. Scissors could walk, telephones and teapots were first cousins, eyes and eyeglasses were brothers. The face of the clock was a human face, each pea in your bowl had a different personality, and the grille on the front of your parents’ car was a grinning mouth with many teeth. Pens were airships. Coins were flying saucers. The branches of trees were arms. Stones could think, and God was everywhere.

There was no problem in believing that the man in the moon was an actual man. You could see his face looking down at you from the night sky, and without question it was the face of a man. Little matter that this man had no body – he was still a man as far as you were concerned, and the possibility that there might be a contradiction in all this never once entered your thoughts. At the same time, it seemed perfectly credible that a cow could jump over the moon. And that a dish could run away with a spoon

Your earliest thoughts, remnants of how you lived inside yourself as a small boy. You can remember only some of it, isolated bits and pieces, brief flashes of recognition that surge up in you unexpectedly at random moments – brought on by the smell of something, or the touch of something, or the way the light falls on something in the here and now of adulthood. At least you think you can remember, you believe you remember, but perhaps you are not remembering at all, or remembering only a later remembrance of what you think you thought in that distant time which is all but lost to you now. « 

Circonstances de lecture

Parce que c’est Paul Auster… Un de mes auteurs préférés.

Impressions

Après « Winter Journal » (Chronique d’hiver), Paul Auster poursuit l’exploration de sa vie non plus à travers son corps mais à travers son esprit : comment pensait-il quand il était enfant ? Comment son enfance et son adolescence l’ont mené à l’homme qu’il est devenu aujourd’hui ? Quels événements l’ont le plus marqué ? Un récit passionnant, construit en quatre parties distinctes, toujours magnifiquement écrit.

Un passage parmi d’autres

 In thinking about where you want to go with this, you have decided not to cross the boundary of twelve, for after the age of twelve you were no longer a child, adolescence was looming, glimmers of adulthood had already begun to flicker in your brain, and you were transformed into a different king of being from the small person whose life was a constant plunge into the new, who every day did something for the first time, even several things, or many things, and it is this slow progress from ignorance toward something less than ignorance that concerns you now. Who were you, little man? How did you become a person who could think, and if you could think, where did your thoughts take you? Dig up the old stories, scratch around for whatever you can find, then hold up the shards to the light and have a look at them. Do that. Try to do that.

Report from the Interior – Paul Auster – 2013 (faber and faber)

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In One Person – John Irving

23 samedi Nov 2013

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Black Swan, Critique de livre, In one person, John Irving, roman

John Irving - in one personLes premières phrases

«  I’m going to begin by telling you about Miss Frost. While I say to everyone that I became a writer because I read a certain novel by Charles Dickens at the formative age of fifteen, the truth is I was younger than that when I first met Miss Frost and imagined having sex with her, and this moment of my sexual awakening also marked the fitful birth of my imagination. We are formed by what we desire. In less than a minute of excited, secretive longing, I desired to become a writer and to have sex with Miss Frost – not necessarily in that order. 

I met Miss Frost in a library. I like libraries, though I have difficulty pronouncing the word – both the plural and the singular. It seems there are certain words I have considerable trouble pronouncing: nouns, for the most part – people, places, and things that have caused me preternatural excitement, irresolvable conflict, or utter panic. Well, that is the opinion of various voice teachers and speech therapists and psychiatrists who’ve treated me – alas, without success. In elementary school, I was held back a grade due to ‘severe speech impairments’ – an overstatement. I’m now in my late sixties, almost seventy; I’ve ceased to be interested in the cause of my mispronunciations. (Not to put too fine a point on it, but fuck the etiology).

I don’t even try to say the etiology word, but I can manage to struggle through a comprehensible mispronunciation of library and libraries – the botched word emerging as an unknown fruit. (‘libery’, or ‘liberries’, I say – the way children do.)

It’s all the more ironic that my first library was undistinguished. This was the public library in the small town of First Sister, Vermont – a compact red-brick building on the same street where my grandparents lived. I lived in their house on River Street – until I was fifteen, when my mom remarried. My mother met my stepfather in a play. « 

Circonstances de lecture

Parce que j’aime beaucoup les romans de John Irving, notamment « Le Monde selon Garp ».

Impressions

« In One Person » (« A moi seul bien des personnages ») retrace la vie de William Abbott, un bisexuel qui essaie de trouver sa place – et de se trouver lui-même – dans une société américaine pour le moins puritaine. Un grand roman sur la tolérance, l’identité sexuelle, la différence, le travestissement, mais aussi le théâtre de Shakespeare, les premiers émois amoureux, le rôle de l’écrivain et de la lecture, sans oublier de très beaux (et durs) passages sur le sida.

Dans ce roman, John Irving révèle beaucoup de lui-même. Un grand roman prônant la tolérance et la différence.

Un passage parmi d’autres

 « But why doesn’t Bill choose what books he likes for himself? » Richard Abbott asked my mother. « Bill, you’re thirteen, right? What are you interested in? »

Except for Grandpa Harry and my ever-friendly uncle Bob (the accused drinker), no one has asked me this question before. All I liked to read were the plays that were in rehearsal at the First Sister Players; I imagined that I could learn these scripts as word-for-word as my mother always learned them. One day, if my mom were sick, or in an automobile accident – there were car crashes galore in Vermont – I imagined I might be able to replace her as the prompter.

« Billy! » my mother said, laughing in that seemingly innocent way she had. « Tell Richard what you’re interested in. »

« I’m interested in me, » I said. « What books are there about someone like me? » I asked Richard Abbott.

« Oh, you would be surprised, Bill, » Richard told me. « The subject of childhood giving way to early adolescence – well, there are many marvelous novels that have explored this pivotal coming-of-age territory! Come on – let’s go have a look. »

« At this hour? Have a look where? » my grandmother said with alarm. This was after an early school-night supper – it was not quite dark outside, but it soon would be. We were all sitting at the dining-room table.

« Surely Richard can take Bill to our town’s little library, Vicky, » Grandpa Harry said. Nana looked as if she’d been slapped; she was so very much a Victoria (if only in our own mind) that no one but my grandpa ever called her « Vicky », and when he did, she reacted with resentment every time. « I’m bettin’ that Miss Frost keeps the library open till nine most nights, » Harry added.

« Miss Frost! » my grandmother declared, with evident distate.

« Now, now – tolerance, Vicky, tolerance, » my grandfather said.

« Come on, » Richard Abbott said again to me. « Let’s go get you your own library card – that’s a start. The books will come later; if I had a guess, the books will soon flow. »

« Flow! » my mom cried happily, but with no small measure of disbelief. « You don’t know Billy, Richard – he’s just not much of a reader. »

« We’ll see, Jewel, » Richard said to her, but he winked at me. I had a growingly incurable crush on him; if my mother was already falling in love with Richard Abbott, she wasn’t alone.

In One Person – John Irving – 2012 (Black Swan)

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L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet – Reif Larsen

01 vendredi Nov 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Critique de livre, L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, Livre de Poche, Reif Larsen, roman, T.S. Spivet

Reif Larsen - L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. SpivetLes premières phrases

«  Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que ma sœur Gracie et moi étions sur la véranda en train d’éplucher le maïs doux dans les grands seaux en fer-blanc. Les seaux étaient criblés de petites marques de crocs qui dataient du printemps dernier, quand Merveilleux, notre chien de ranch, avait fait une dépression et s’était mis à manger du métal.

Peut-être devrais-je m’exprimer de manière un peu plus claire. Quand je dis que Gracie et moi épluchions le maïs doux, ce que je veux dire, en fait, c’est que Gracie épluchait le maïs doux tandis que moi, de mon côté, je schématisais dans l’un de mes petits carnets bleus les différentes étapes de cet épluchage.

J’avais des carnets de trois couleurs. Les BLEUS, soigneusement alignés contre le mur sud de ma chambre, étaient réservés aux « Schémas de gens en train de faire des choses », à la différence des VERTS, sur le mur est, qui contenaient des croquis zoologiques, géologiques et topographiques, et des ROUGES, sur le mur ouest, que je remplissais de dessins d’insectes pour le cas où ma mère, le Dr Clair Linneaker Spivet, aurait eu besoin de mes services. »

Circonstances de lecture

J’avais envie de lire ce livre avant de voir son adaptation au cinéma par Jean-Pierre Jeunet.

Impressions

T.S. Spivet, 12 ans, est un petit garçon pas comme les autres. Passionné de cartographie, il passe son temps à dessiner le monde qui l’entoure. Jusqu’au jour où ses dessins attirent l’attention de l’illustre musée Smithsonian… et lui valent de remporter le Prix Baird. Il est alors attendu à Washington pour faire un discours. Commence alors un long périple du ranch du Montana où il habite avec ses parents, jusqu’à Washington.

Ce livre est unique. Parce qu’il se veut le carnet de voyage de ce petit prodige de 12 ans, on est happé par son histoire et par les croquis, schémas, apartés et cartes griffonnés dans la marge. Une lecture pas comme les autres, pleine du parfum de l’enfance, de questions philosophiques, et d’émotions. Car T.S. Spivet garde en lui un lourd secret…

Un passage parmi d’autres

 Le lendemain, pour me distraire, j’ai essayé de me lancer dans la cartographie de Moby Dick.

Cartographier un roman est une tâche délicate. Parfois, les paysages imaginaires m’offraient un refuge, un répit dans la mission que je m’étais assignée de cartographier le monde réel dans sa totalité. Mais ce répit était toujours assorti d’un sentiment de vacuité : je savais que je me leurrais, que l’œuvre de fiction n’était qu’une illusion. Sans doute certains parviennent-ils à justifier le plaisir de l’évasion par la conscience du leurre, peut-être est-ce précisément là tout l’intérêt des romans, mais pour ma part j’ai toujours trouvé difficile d’accepter cette cohabitation de la réalité et de la fiction. Peut-être faut-il simplement être adulte pour réaliser ce numéro d’équilibriste qui consiste à croire tout en ne croyant pas.

En fin d’après-midi, je suis sorti pour chasser de mon esprit les fantômes de Melville. J’ai suivi le chemin sinueux que mon père avait tracé dans les hautes herbes avec la tondeuse. En cette fin d’été, les hautes herbes étaient presque plus hautes que moi. Elles se couchaient sous le vent en vagues lentes et la lumière du couchant, bleu et saumon, pénétrait la treille ondulante formée par les tiges et les pédoncules.

Il y avait tout un monde caché dans ces hautes herbes. Si l’on s’allongeait par terre, la nuque appuyée sur les tiges rugueuses, les yeux rivés sur le grand ciel bleu découpé par les lames immenses des herbes dressées, le ranch et tous ceux qui y vivaient disparaissaient dans un rêve lointain. Etendu ainsi sur le dos, on pouvait se téléporter n’importe où : je fermais les yeux, j’écoutais le bruissement des herbes et j’imaginais que j’étais dans la gare de Grand Central Terminal, où les hommes se bousculaient dans un froissement de pardessus, pressés d’avoir leur express et de rentrer dans le Connecticut.

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet – Reif Larsen – 2009 (Le Livre de Poche)

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Under the Dome – Stephen King

23 mercredi Oct 2013

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers

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Critique de livre, Gallery Books, roman, Stephen King, Under the dome

Stephen King - Under the DomeLes premières phrases

«  From two thousand feet, where Claudette Sanders was taking a flying lesson, the town of Chester’s Mill gleamed in the morning light like something freshly made and just set down. Cars trundled along Main Street, flashing up winks of sun. The steeple of the Congo Church looked sharp enough to pierce the unblemished sky. The sun raced along the surface of Prestile Stream as the Seneca V overflew it, both plane and water cutting the town on the same diagonal course. 

« Chuck, I think I see two boys beside the Peace Bridge! Fishing! » Her very delight made her laugh. The flying lessons were courtesy of her husband, who was the town’s First Selectman. Although of the opinion that if God had wanted man to fly, He would have given him wings, Andy was an extremely coaxable man, and eventually Claudette had gotten her way. She had enjoyed the experience from the first. But this wasn’t mere enjoyment; it was exhiliration. Today was the first time she had really understood what made flying great. What made it cool. »

Circonstances de lecture

J’avais très envie de me replonger dans un Stephen King.

Impressions

« Under the Dome » est un de ces livres de plus de 1 000 pages qu’on lit à toute vitesse. Stephen King aime délayer son histoire. Ici, il scrute toute une flopée d’habitants d’une petite ville du Maine emprisonnée subitement sous un dôme transparent. Le départ de l’intrigue est bien posé : on découvre petit à petit tous les personnages (très nombreux !) de ce gros roman. Et on s’y attache.

Reste que les « méchants » de l’histoire sont vraiment trop caricaturaux. Ils semblent avoir tous les vices… Dommage car sinon « Under the Dome » est vraiment prenant. Surtout, Stephen King montre à quel point la part d’ombre des hommes peut très rapidement prendre le dessus dans des situations inhabituelles.  De quoi faire froid dans le dos ! De ce côté-là, Stephen King parvient à nous plonger dans une ambiance de plus en plus noire, glauque et violente, et à tenir en haleine jusqu’aux dernières pages. Même si l’origine du dôme manque d’originalité, ce n’est peut-être pas l’objectif premier de l’auteur. En revanche, s’il a voulu démontrer à quel point la nature humaine peut vite sombrer dans la cruauté, l’égoïsme exacerbée et la bêtise, alors oui « Under the Dome » est une réussite.

Un passage parmi d’autres

 Later on – much too late to do any good – Julia Shumway would piece together most of how the Food City riot started, although she never got a chance to print it. Even if she had, she would have done so as a pure news story : the five Ws and the H. If asked to write about the emotional heart of the event, she would have been lost. How to explain that people she’d known all her life – people she respected, people she loved – had turned into a mob? She told herself « I could’ve gotten a better handle on it if I’d been there from the very beginning and seen how it started », but that was pure rationalization, a refusal to face the orderless, reasonless beast that can arise when frightened people are provoked. She had seen such beasts on the TV news, usually in foreign countries. She never expected to see one in her own town.

And there was no need for it. This was what she kept coming back to. The town had been cut off for only seventy hours, and it was stuffed with provisions of almost every kind; only propane gas was in mysteriously short supply.

Later she would say, « It was the moment when this town finally realized what was happening ». There was probably truth in the idea, but it didn’t satisfy her. All she could say with complete certainty (and she said it only to herself) was that she watched her town lose its mind, and afterward she would never be the same person.

Under the Dome – Stephen King – 2009 (Gallery Books)

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Le Passage – Justin Cronin

30 vendredi Août 2013

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Justin Cronin, Le Passage, Pocket, roman

Justin Cronin - Le PassageLes premières phrases

«  Avant de devenir la Fille de nulle part – Celle qui vint en marchant, la Première, la Dernière et la Seule, et qui vécut mille ans -, ce n’était qu’une petite fille appelée Amy. Amy Harper Bellafonte, née dans l’Iowa. 

A sa naissance, sa mère, Jeannette, avait dix-neuf ans. Jeannette lui donna le prénom de sa propre mère, Amy, morte quand elle était tout bébé, et pour deuxième prénom Harper, à cause de Harper Lee, la femme qui avait écrit « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », le livre préféré de Jeannette – à vrai dire, le seul livre qu’elle ait lu jusqu’au bout à l’école. Elle aurait pu l’appeler Scout, comme l’héroïne de l’histoire, parce qu’elle aurait voulu que sa petite fille devienne pareille en grandissant, forte et drôle et futée, tout ce qu’elle, Jeannette, n’avait jamais réussi à être. Mais Scout était un nom de garçon, et elle ne voulait pas que sa fille passe sa vie à s’expliquer là-dessus. »

Circonstances de lecture

Lu pendant les vacances d’été. Enfin, plutôt dévoré…

Impressions

Quand une expérience scientifique dérape, l’espèce humaine se retrouve en danger. Dans « Le Passage », Justin Cronin nous plonge dans une Amérique post-apocalyptique où les derniers êtres humains tentent de survivre jour après jour, sans grand espoir. Leur avenir pourrait bien résider dans une petite fille, Amy. Si l’histoire a du mal à démarrer, une fois le sujet posé, il est bien difficile de reposer ce roman de plus de mille pages avant d’en lire la fin ! Les personnages, nombreux, sont vite attachants. Et l’on n’a qu’un hâte : savoir comment leur aventure se termine. Ce roman de science-fiction, prenant et très bien écrit, nous fait voyager sur plusieurs époques. A lire d’une traite, avant d’entamer le Tome 2.

Un passage parmi d’autres

 A la fin des temps, quand le monde aurait perdu la mémoire, quand l’homme qu’il avait été aurait disparu comme un vaisseau qui s’éloigne, s’enfonce sous l’horizon, sa vielle vie à fond de cale ; quand le regard glacé des étoiles n’aurait plus rien à voir, quand la lune sur son orbite aurait oublié son nom et que seul demeurerait le vaste océan de faim sur lequel il flotterait à jamais – en lui, tout au fond de lui, il y aurait pourtant eu cela : une année. La montagne, le passage des saisons, et Amy. Amy, et l’an zéro.

Le Passage – Justin Cronin – 2011 (Pocket)

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Le Nom du Vent – Patrick Rothfuss

29 samedi Juin 2013

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans étrangers

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Bragelonne, Critique de livre, Fantasy, Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss, roman

Les premières phrases

Patrick Rothfuss - Le Nom du Vent«  C’était de nouveau la nuit. L’auberge de la Pierre levée était envahie par le silence, un silence en trois parts.

Le premier était un calme en creux, l’écho de choses absentes. S’il y avait eu du vent, il aurait soupiré en passant entre les arbres, fait grincer la chaîne de l’enseigne et chassé le silence sur la route comme un tas de feuilles mortes. S’il y avait eu une foule de clients, même une poignée seulement, attablés dans la salle de l’auberge, ils auraient rempli le silence de leurs conversations et de leurs rires, du vacarme et des clameurs que l’on s’attend à trouver dans un débit de boissons à une heure avancée de la nuit. En fait, il n’y avait rien de tout cela et seul le silence demeurait.

A l’intérieur de l’auberge, deux hommes étaient installés à un bout du comptoir. Ils buvaient avec une tranquille détermination, évitant de discuter de nouvelles inquiétantes. Ainsi, ils ajoutaient un petit silence maussade au premier, celui qui était plus vaste, celui qui était creux, combinant avec une lui une sorte d’alliage, un genre d’harmonie.

Le troisième silence n’était pas facile à remarquer. Si vous aviez tendu l’oreille pendant une heure, vous auriez pu commencer à déceler sa présence dans les lattes du plancher sous vos pieds, dans le bois rugueux des barils disposés derrière le comptoir. Il était dans le poids des pierres noircies du foyer, qui retenaient encore la chaleur d’un feu depuis longtemps éteint. Il était dans le va-et-vient du chiffon de lin blanc qui passait et repassait sur le bois du comptoir. Et il était entre les mains de l’homme qui se tenait là, astiquant la planche d’acajou qui luisait déjà sous la lampe.

L’homme avait des cheveux d’un roux violent, d’un rouge de flamme. Le regard sombre et lointain, il se déplaçait avec l’assurance tranquille de celui qui sait beaucoup de choses. « 

Circonstances de lecture

J’en avais lu beaucoup de bien, et je n’ai pas été déçue.

Impressions

Il est souvent difficile de trouver un roman de fantasy bien écrit. Le Nom du Vent fait partie de ceux-là. Patrick Rothfuss écrit avec justesse, comme un conteur que l’on écouterait au coin du feu. Son héros, Kvothe, un aubergiste à l’apparence tranquille, nous raconte son histoire, celle d’un jeune prodige au destin peu ordinaire, animé par un esprit de vengeance qui le conduira sur les pas des Chandrians, ces êtres maléfiques dont quasiment personne n’ose évoquer le nom de peur de disparaître… A peine le 1er Tome terminé, on ne peut s’empêcher de se plonger aussitôt dans le second volume !

Un passage parmi d’autres

 – D’une certaine manière, tout a commencé lorsque je l’ai entendue chanter. Sa voix se mêlait à la mienne, en harmonie. Sa voix semblait le portrait de son âme : farouche comme le feu, tranchante comme des éclats de verre, fraîche et suave comme le trèfle.

Kvothe secoua la tête.

– Non. Tout a commencé à l’Université. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. La magie de Taborlin le Grand. Je voulais apprendre le nom du vent. Je voulais le feu et les éclairs. Je voulais les réponses à des milliers de questions et aussi avoir accès à leurs archives. Mais ce que j’ai trouvé à l’Université fut loin de répondre à mes attentes et j’en ai été consterné.

Mais j’imagine que le vrai commencement découle de ce qui m’a conduit à l’Université. Des feux inexplicables au crépuscule. Un homme aux yeux de glace au fond d’un puits. L’odeur du sang et de cheveux brûlés. Le Chandrian. Oui, je crois que c’est à partir de là que tout commence. A bien des égards, c’est l’histoire du Chandrian.

Kvothe secoua la tête, comme pour se libérer de sombres pensées.

– Je suppose cependant que je dois remonter encore plus loin. Si cela doit être une relation de mes faits et gestes, je peux bien y consacrer un peu de temps. Cela vaudrait la peine que les souvenirs que l’on garde de moi comportent quelque vérité, à défaut de flatteries.

Mais qu’aurait dit mon père, s’il m’avait entendu raconter une histoire de cette façon ? « Commence par le commencement ! » Fort bien. Puisque nous sommes censés raconter une histoire, faisons-le dans les règles.

Kvothe se pencha en avant dans son fauteuil.

– Au commencement, pour autant que je sache, le monde fut créé à partir du vide sans nom par Aleph, celui qui donna un nom à toute chose. Ou bien, selon les versions, celui qui découvrit les noms qu’avaient déjà les choses.

Le Nom du Vent – Patrick Rothfuss – avril 2009 (Bragelonne)

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Deadlocked – Charlaine Harris

18 samedi Mai 2013

Posted by Aurélie in En VO, Fantasy, Romans étrangers

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Ace, Charlaine Harris, critique de livres, Deadlocked, roman, Sookie Stackhouse, True Blood

Les premières phrases

Charlaine Harris - Deadlocked«  It was hot as the six shades of Hell even this late in the evening, and I’d had a busy day at work. The last thing I wanted to do was to sit in a crowded bar to watch my cousin get naked. But it was Ladies Only night at Hooligans, we’d planned this excursion for days, and the bar was full of hooting and hollering women determined to have a good time.

My very pregnant friend Tara sat to my right, and Holly, who worked at Sam Merlotte’s bar like me and Kennedy Keyes, sat on my left. Kennedy and Michele, my brother’s girlfriend sat on the other side of the table.

« The Sook-ee », Kennedy called, and grinned at me. Kennedy had been first runner-up to Miss Louisiana a few years ago, and despite her stint in prison she’d retained her spectacular looks and grooming, including teeth that could blind an oncoming bus.

« I’m glad you decided to come, Kennedy », I said. « Danny doesn’t mind? » She’d been waffling the very afternoon before. I’d been sure she’d stay at home.

« Hey, I want to see some cute guys, don’t you? » Kennedy said.

I glanced around at the other women. « Unless I missed a page, we all get to see guys naked, on a regular basis, » I said. Though I hadn’t been trying to be funny, my friends shrieked with laughter. They were just that giddy.

I’d only spoken the truth: I’d been dating Eric Northman for a while; Kennedy and Danny Prideaux had gotten pretty intense; Michele and Jason were practically living together; Tara was married and pregnant, for gosh sakes; and Holly was engaged with Hoyt Fortenberry, who barely stopped in at his own appartment any longer. »

Circonstances de lecture

J’ai déjà lu les 11 premiers tomes de cette saga. Alors, pourquoi ne pas continuer ?

Impressions

La saga de Charlaine Harris constitue une pause bienvenue dans mes lectures. J’ai dévoré le 12ème tome (en anglais bien sûr) en quelques jours. C’est toujours avec plaisir que je retourne dans la petite ville de Bon Temps où Sookie côtoie  vampires, loups-garous, fées… et humains. Beaucoup de suspens et d’humour font de cette lecture une sorte de petit plaisir coupable. Difficile de reposer le livre une fois commencé tant on a envie d’en connaître la fin.

Un passage parmi d’autres

 The cluviel door was a rare and ancient fairy love gift. I guess it was the fae equivalent of a Fabergé Easter egg, but magical. My grandfather – not my human one, but my half-human, half-fairy grandfather, Fintan, Dermot’s twin – had given it to my grandmother Adele, who had hidden it away. She had never told me she had it, and I had only just discovered it during the attic clean-out. It had taken me longer to identify it and to learn more about its properties. Only the part-demon lawyer Desmond Cataliades knew I had it… though perharps my friend Amelia suspected, since I’d asked her to teach me about what it could do.

Up until now, I’d hidden it just like my grandmother had. You can’t go through life carrying a gun in your hand just in case someone wants to attack you, right? Though the cluviel dor was a love gift, not a weapon, its use might have results just as dramatic. Possession of the cluviel dor granted the possessor a wish. That wish had to be a personal one, to benefit the possessor or someone the possessor loved. But there were some awful scenarios I’d imagined: What if I wished an oncoming car wouldn’t hit me, and instead it hit another car killing a whole family? What if I wished that my gran were alive again, and instead of my living grandmother, her corpse appeared?

So I understood why Gran had hidden it away from casual discovery. I understood that it had frightened her with its potential, and maybe she hadn’t believed that a Christian should use magic to change her own history.

On the other hand, the cluviel dor could have saved Gran’s life if she’d had it at the moment she was attacked; but it had been in a secret drawer in an old desk up in the attic, and she had died. It was like paying for a Life Alert and then leaving it up in the kitchen cabinet out of reach. No one could take it, and it couldn’t be used for ill; but then again, it couldn’t be used for good, either.

If making one’s whish might lead to catastrophic results, it was almost as perilous to simply possess the cluviel dor. If anyone – any supernatural – learned I had this amazing object, I would be in even more danger than my normal allotment.

Deadlocked – Charlaine Harris – 2012 (Ace)

 

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