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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Tag: roman

Silo Générations – Hugh Howey

11 mardi Nov 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, roman, Silo, Silo Générations

Hugh Howey - Silo GénérationsLes premières phrases

«  – Il y a quelqu’un ?

– Allô ? Oui. Je suis là. 

– Ah, Lucas. Vous ne parliez pas. L’espace d’une seconde, j’ai cru que… que vous étiez quelqu’un d’autre.

– Non, c’est bien moi. Je viens de mettre mon casque. La matinée a été bien remplie.

– Ah oui ?

– Oui. Rien de palpitant. Réunions de conseils. On est un peu juste au niveau effectifs. Il y a beaucoup de réaffectations.

– Mais les choses s’arrangent ? Pas de soulèvement à signaler ?

– Non, non. La situation revient à la normale. Les gens se lèvent et vont travailler le matin. Ils s’effondrent dans leur lit le soir. On a eu une grande loterie cette semaine, ce qui a fait plus d’un heureux.

– Bien. Très bien, même. Le travail sur le serveur n°6 avance ?

– Oui, ça avance, merci. Tous les mots de passe que vous avez fournis fonctionnent. Pour l’instant, on continue à collecter des données du même genre. J’avoue que je ne comprends pas bien en quoi c’est important.

– Continuez à y jeter un œil. Tout est important. Si c’est là, c’est pour une raison.

– C’est ce que vous avez dit à propos de tous ces articles dans les grands livres. Mais il y en a tant que je trouve absurdes. Au point que je me demande s’il y a la moindre vérité dans tout ça.

– Pourquoi ? Qu’est-ce que vous êtes en train de lire ?

– J’en suis à la lettre C… Ce matin, il s’agissait de ce… champignon. Attendez une seconde. Je vais le retrouver. Ah, le voilà. Le cordyceps.

– C’est un champignon ? Jamais entendu parler.

– Ils disent que ça agit sur le cerveau des fourmis, que ça le reprogramme, comme une machine, que ça les fait grimper au sommet d’une plante et puis elles meurent et…

– Une machine invisible qui reprogramme les cerveaux ? Je suis sûr et certain que ce n’est pas là par hasard.

– Ah oui ? Alors qu’est-ce que ça veut dire ?

– Ça signifie que… que nous ne sommes pas libres. Qu’aucun de nous ne l’est. »

Circonstances de lecture

Troisième et dernier tome de Silo.

Impressions

Hugh Howey a su écrire une trilogie qui tient en haleine du premier au dernier tome. Silo Générations constitue la fin de cette histoire mystérieuse ayant entraîné les hommes à vivre sous terre. Après la révolution du silo 18, Juliette entend bien découvrir ce que les dirigeants du silo 1 leur cachent. Mais la quête de la vérité est aussi source de dangers…

Je n’en dirai pas plus afin de ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette trilogie futuriste très bien écrite. Un beau cadeau pour Noël !

Un passage parmi d’autres

 – Alors pourquoi vous nous aidez ? Pourquoi prendre des risques ? Parce que c’est l’impression que j’ai.

– Mon boulot, c’est de faire en sorte que vous restiez en vie.

Lukas contempla l’intérieur du serveur, les voyants, les câbles, les circuits.

– D’accord, mais ces conversations, cette lecture à deux, ces appels tous les jours à la même heure, pourquoi vous faites tout ça ? Je veux dire… Qu’est-ce que vous, vous retirez de tout ça ?

Il y eut un silence à l’autre bout de la ligne, un rare manque d’assurance dans la voix d’habitude si ferme de leur soi-disant protecteur.

– Je le fais parce que… parce que je peux vous aider à vous souvenir.

– Et c’est important ?

– Oui. Très important à mes yeux. Je sais ce que ça fait d’oublier.

– Et c’est pour ça que ces livres sont là ?

Un nouveau silence. Lukas eut l’impression de tomber sur une vérité par hasard. Il faudrait qu’il se souvienne bien de ce moment pour tout raconter à Juliette en détail.

– Les livres sont là pour que ceux qui héritent de la terre… ceux qui seront choisis… sachent…

– Sachent quoi ? le pressa Lukas.

Il avait peur de le perdre. Donald s’était aventuré dans ces eaux-là au fil de conversations précédentes, mais il avait toujours reculé au dernier moment.

– Pour qu’ils sachent comment rattraper le coup, dit Donald. Bon, c’est fini pour aujourd’hui. Il faut que j’y aille.

– Qu’est-ce que ça veut dire, « hériter de la terre » ?

– La prochaine fois. Il faut que j’y aille. Prenez garde à vous.

– Oui, dit Lukas. Vous aussi…

Mais le petit clic avait déjà retenti dans son casque. L’homme qui, étonnamment, en savait autant sur l’ancien monde s’était déconnecté.

Hugh Howey – Silo Générations – 2014 (Actes Sud)

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Cloud Atlas – David Mitchell

24 vendredi Oct 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Cartographie des nuages, Cloud Atlas, Critique de livre, David Mitchell, Editions de l'Olivier, Points, roman

Les premières phrasesDavid Mitchell - Cloud Atlas

«  Derrière le hameau indien, sur un rivage délaissé, je découvris une piste d’empreintes encore fraîches. Passé le varech en décomposition, les noix de coco de mer et les bambous, ces traces me conduisirent à leur auteur, un Blanc, pantalon et queue-de-pie retroussés, chapka démesurée et barbe bien taillée, tant affairé à creuser et fouiller le sable cendreux à la petite cuillère qu’il remarqua ma présence seulement lorsque, arrivé à vingt pas de lui, je l’eus hélé. Ainsi fis-je la connaissance du Dr Henry Goose, chirurgien de l’aristocratie londonienne. Sa nationalité ne me surprit guère. S’il est un nid d’aigle à l’abandon ou un îlot lointain exempt d’Anglais, il ne figure sur aucune carte qu’il m’ait été permis de consulter. »

Circonstances de lecture

J’avais très envie de lire ce livre après avoir vu son adaptation au cinéma en 2013.

Impressions

Sommes-nous tous liés à travers les siècles ? C’est à cette question complexe que David Mitchell tente de répondre dans son roman « Cloud Atlas ». Chaque chapitre nous plonge dans le quotidien de personnes aussi différentes qu’un notaire découvrant les aborigènes au 19ème siècle, un jeune compositeur déshérité, une journaliste essayant de révéler un complot nucléaire, un vieil éditeur enfermé malgré lui dans une maison de retraite, ou encore un clone révolutionnaire dans un futur imprécis. Leurs points communs : une tache de naissance en forme de comète et un morceau de musique résonnant à travers le temps. Chaque chapitre possède un style propre à chaque personnage. Pas facile de lire ceux sur Zachry, vivant dans un futur où une grande partie du langage, des connaissances et de la culture a été perdue ! Bluffant.

Pour une fois, je ne suis pas déçue par l’adaptation qui en a été faite au cinéma par les Wachowski. Le livre à peine refermé, je n’ai plus qu’une envie : regarder de nouveau le film.

Un passage parmi d’autres

 Trois ou quatre fois seulement dans ma jeunesse, j’ai entrevu les îles de la Joie avant que les brouillards, dépressions, fronts froids, vents mauvais et courants contraires ne les emportent… Croyant qu’il s’agissait des terres de l’âge adulte, je pensais les revoir au cours de mon périple ; aussi ne pris-je la peine d’en enregistrer ni la latitude, ni la longitude, ni la voie d’approche. Jeune et fieffé crétin. Que ne donnerais-je aujourd’hui pour obtenir une carte définitive d’un immuable ineffable ? Posséder, si pareille chose existait, une cartographie des nuages.

David Mitchell – Cloud Atlas – 2007 (Points)

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L’amour et les forêts – Eric Reinhardt

03 vendredi Oct 2014

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, Eric Reinhardt, Gallimard, L'amour et les forêts, roman

Eric Reinhardt - L'amour et les forêtsLes premières phrases

«  J’ai eu envie de connaître Bénédicte Ombredanne en découvrant sa première lettre : c’était une lettre dont la ferveur se nuançait de traits d’humour, ces deux pages m’ont ému et fait sourire, elles étaient aussi très bien écrites, c’est un alliage suffisamment rare pour qu’il m’ait immédiatement accroché.

D’abord un peu précautionneuse, cette lettre était, à mesure qu’elle progressait, de plus en plus féroce et mécontente. De l’ironie, une réjouissante indiscipline, des clameurs de cour de récréation résonnaient dans ses phrases – leur graphie inclinée vers l’avenir suggérait bien l’audace consciente d’elle-même avec laquelle cette inconnue s’était précipitée vers moi par la pensée, comme si sa lettre avait été écrite d’une traite sans être relue avant de disparaître irrémédiablement dans la fente d’une boîte postale, hop, ça y est, trop tard, au terme d’une course irréfléchie, fougueuse, qui sans doute avait démarré à la seconde où la jeune femme avait posé la plume de son stylo sur le papier, déterminée, en se refusant la possibilité de tout retour en arrière. »

Circonstances de lecture

J’avais lu et entendu beaucoup de bien de ce livre.

Impressions

Je ne savais pas à quoi m’attendre en commençant « L’amour et les forêts ». Je connaissais juste le point de départ : une lectrice écrit à un écrivain pour lui dire tout le bien qu’elle pense de son dernier roman. Et, de fil en aiguille, elle se confie petit à petit sur sa vie. Je m’attendais à un livre léger, sur les bienfaits de la lecture, et ce lien qui unit secrètement lecteurs et écrivains. Pourtant, ce livre – s’il parle aussi de cela – est surtout un témoignage dur et cruel sur une femme harcelée par son mari, une femme qui un jour – un seul – se révolte…

A lire si vous avez le moral et le cœur bien accroché. Cette histoire fait sourire, rire (au début), puis secoue, choque, énerve… Heureusement, Eric Reinhardt nous délivre de superbes passages, de très belles phrases. A l’instar de celle-ci:  « Accepter sa propre bizarrerie pour en faire sa joie, n’est-ce pas ce qu’on devrait tous faire dans nos vies ? ». A méditer.

Un passage parmi d’autres

 J’ai retrouvé cette intensité du sentiment d’exister déjà perçue dans son premier envoi. Non parce que ma lectrice y témoignait d’un insolent bonheur : c’était en creux, par défaut, en suggérant qu’elle était confrontée à des vides, à des obstacles, à des entraves, qu’elle exprimait l’intensité de sa présence au monde – un jour, à force de le vouloir, elle parviendrait à être heureuse, semblait-elle vouloir dire. Elle ne donnait aucune indication sur la nature des contrariétés rencontrées, j’ignorais si ce qui l’empêchait d’être heureuse prospérait en elle-même ou dans son entourage (qu’il soit professionnel ou familial), mais en revanche sa volonté d’y résister, de les combattre, peut-être un jour d’en triompher circulait dans les profondeurs de sa lettre avec incandescence. Ce qui accentuait cette intuition que Bénédicte Ombredanne n’allait pas très bien, c’était aussi l’importance qu’elle accordait aux livres qu’elle adorait, une importance que je sentais démesurée : comparable à un naufragé qui dérive en haute mer accroché à une bouée, elle les voyait comme détourner leur route et s’orienter lentement vers sa personne de toute la hauteur de leur coque, c’était bien eux qui allaient vers elle et non l’inverse, comme s’ils avaient été écrits pour l’extraire des eaux sépulcrales où elle s’était résignée à attendre une mort lente. En cela je dois admettre que les lecteurs de cette catégorie n’ont pas une attitude ni des attentes fort différentes des miennes : moi aussi j’attends des livres que j’entreprends d’écrire qu’ils me secourent, qu’ils m’embarquent dans leur chaloupe, qu’ils me conduisent vers le rivage d’un ailleurs idéal. Elle me voyait comme un capitaine au long cours qui l’aurait distinguée dans les flots depuis le pont de son navire – et qui serait venu la sauver.

Eric Reinhardt – L’amour et les forêts – 2014 (Gallimard)

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Nymphéas Noirs – Michel Bussi

27 samedi Sep 2014

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Critique de livre, Michel Bussi, Nymphéas noirs, Pocket, Presses de la Cité, roman

Michel Bussi - Nymphéas NoirsLes premières phrases

«  Trois femmes vivaient dans un village.

La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste.

Leur village portait un joli nom de jardin. Giverny.

La première habitait dans un grand moulin au bord d’un ruisseau, sur le chemin du Roy ; la deuxième occupait un appartement mansardé au-dessus de l’école, rue Blanche-Hoschedé-Monet ; la troisième vivait chez sa mère, une petite maison dont la peinture aux murs se décollait, rue du Château-d’Eau.

Elles n’avaient pas non plus le même âge. Pas du tout. La première avait plus de quatre-vingts ans et était veuve. Ou presque. La deuxième avait trente-six ans et n’avait jamais trompé son mari. Pour l’instant. La troisième avait onze ans bientôt et tous les garçons de son école voulaient d’elle pour amoureuse. La première s’habillait toujours de noir, la deuxième se maquillait pour son amant, la troisième tressait ses cheveux pour qu’ils volent au vent.

Vous avez compris. Toutes les trois étaient assez différentes. Elles possédaient pourtant un point commun, un secret, en quelque sorte : toutes les trois rêvaient de partir. Oui, de quitter Giverny, ce si fameux village dont le seul nom donne envie à une foule de gens de traverser le monde entier juste pour s’y promener quelques heures. 

Vous savez bien pourquoi. A cause des peintres impressionnistes.

La première, la plus vieille, possédait un joli tableau, la deuxième s’intéressait beaucoup aux artistes, la troisième, la plus jeune, savait bien peindre. Très bien, même.

C’est étrange, vouloir quitter Giverny. Vous ne trouvez pas ? Toutes les trois pensaient que le village était une prison, un grand et beau jardin, mais grillagé. Comme le parc d’un asile. Un trompe-l’œil. Un tableau dont il serait impossible de déborder du cadre. En réalité, la troisième, la plus jeune, cherchait un père. Ailleurs. La deuxième cherchait l’amour. La première, la plus vieille, savait des choses sur les deux autres. « 

Circonstances de lecture

Une jolie découverte. Roman choisi sur les conseils d’une lectrice de ce blog, et parce que l’histoire se déroule à Giverny.

Impressions

Cela faisait longtemps qu’un policier ne m’avait pas surprise à ce point. Si souvent je suis déçue par la chute des romans policiers, ici c’est loin d’être le cas. Le suspens dure jusqu’aux dernières pages, et la fin se dévoile de bien jolie manière, comme si un magicien nous laissait soudain voir l’envers du décor et tous les rouages de son tour ! Une belle surprise.

Dans « Nymphéas noirs », Michel Bussi nous transporte à Giverny, au cœur du village où Claude Monet passa une grande partie de sa vie à peindre ses célèbres Nymphéas. Si vous avez déjà visité ce village, vous serez heureux d’y retrouver les lieux que vous connaissez, du célèbre jardin, à la maison du peintre en passant par le Moulin des Chennevières. C’est un policier, mais pas seulement… C’est aussi une belle promenade sur les pas du peintre impressionniste.

Un passage parmi d’autres

 L’eau claire de la rivière se colore de rose, par petits filets, comme l’éphémère teinte pastel d’un jet d’eau dans lequel on rince un pinceau.

– Non, Neptune !

Au fil du courant, la couleur se dilue, s’accroche au vert des herbes folles qui pendent des berges, à l’ocre des racines des peupliers, des saules. Un subtil dégradé délavé…

J’aime assez.

Sauf que le rouge ne vient pas d’une palette qu’un peintre aurait nettoyée dans la rivière, mais du crâne défoncé de Jérôme Morval. Salement défoncé, même. Le sang s’échappe d’une profonde entaille dans le haut de son crâne, nette, bien propre, lavée par le ru de l’Epte dans lequel sa tête est plongée.

Mon berger allemand s’approche, renifle. Je crie à nouveau, plus fermement cette fois :

– Non, Neptune ! Recule !

Je me doute qu’ils ne vont pas tarder à trouver le cadavre. Même s’il n’est que 6 heures du matin, un promeneur va sans doute passer, ou bien un peintre, un type qui fait son jogging, un ramasseur d’escargots… un passant, qui va tomber sur ce corps.

Michel Bussi – Nymphéas noirs – 2010 (Pocket)

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L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami

20 samedi Sep 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Belfond, Critique de livre, Haruki Murakami, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, roman

Haruki Murakami - L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinageLes premières phrases

«  Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. Son vingtième anniversaire survint durant cette période mais cette date n’eut pour lui aucune signification particulière. Pendant tout ce temps, il estima que le plus naturel et le plus logique était qu’il mette un terme à son existence. Pourquoi donc, dans ce cas, n’accomplit-il pas le dernier pas ? Encore aujourd’hui il n’en connaissait pas très bien la raison. A cette époque, il lui paraissait pourtant plus aisé de franchir le seuil qui sépare la vie de la mort que de gober un œuf cru.

Il est possible que le motif réel pour lequel Tsukuru ne se suicida pas fut que ses pensées de la mort étaient si pures et si puissantes qu’il ne parvenait pas à se représenter concrètement une manière de mourir en adéquation avec ses sentiments. Mais l’aspect concret des choses n’était qu’une question secondaire. Si, durant ces mois, une porte ouvrant sur la mort lui était apparue, là, tout près de lui, il l’aurait sans doute poussée sans la moindre hésitation. Il n’aurait eu nul besoin de réfléchir intensément. Cela n’aurait été qu’en enchaînement des choses simple et ordinaire. Pourtant, par bonheur ou par malheur, il n’avait pas été capable de découvrir ce genre de porte à proximité immédiate. »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Haruki Murakami…

Impressions

J’adore l’écriture et les histoires de Haruki Murakami, toujours à la frontière du réel et de l’imaginaire. « L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage » ne déroge pas à la règle.

On apprend dès le départ que Tsukuru a vécu plusieurs mois de sa vie universitaire avec des idées suicidaires en tête. La raison ? Il a été rejeté du jour au lendemain, sans aucune explication, par son groupe d’amis. Des amis avec lesquels il était inséparable durant ses années de lycée à Nagoya. Seize ans plus tard, une jeune femme, Sara, le pousse à rechercher la raison de ce rejet, voyant en lui une blessure qui ne s’est pas refermée. Recherche de la vérité, exploration du thème de l’amitié, mal-être, différence, solitude… Autant de sujets que Murakami aborde dans ce roman avec une grande justesse, toujours à la lisière de la réalité et de l’imaginaire. De très beaux passages me resteront en tête. Un des meilleurs romans de Haruki Murakami. Mon coup de cœur de la rentrée !

Un passage parmi d’autres

 A considérer l’ensemble de leur vie, on pouvait affirmer que ces cinq amis avaient bien plus de points communs que de différences.

Pourtant, le hasard avait voulu que Tsukuru Tazaki se distingue légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s’appelaient Akamatsu – Pin rouge -, Ômi – Mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane – Racine blanche – et Kurono – Champ noir. Mais le nom « Tazaki » n’avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé à cet égard une curieuse sensation de mise à l’index. Bien entendu, que le nom d’une personne contienne une couleur ou non ne disait rien de son caractère. Tsukuru le savait bien. Néanmoins, il regrettait qu’il en soit ainsi pour lui. Et, à son propre étonnement, il en était plutôt blessé. D’autant que les autres, naturellement, s’étaient mis à s’appeler par leur couleur. Rouge. Bleu. Blanche. Noire. Lui seul demeurait simplement « Tsukuru ». Combien de fois avait-il sérieusement pensé qu’il aurait été préférable que son patronyme ait eu une couleur ! Alors, tout aurait été parfait.

Haruki Murakami – L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – 2014 (Belfond)

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A la grâce des hommes – Hannah Kent

16 mardi Sep 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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A la grâce des hommes, Critique de livre, Hannah Kent, Presses de la Cité, roman

Hannah Kent - A la grâce des hommesLes premières phrases

«  Ils disent que je dois mourir. Ils disent que j’ai volé à ces hommes leur dernier souffle et qu’ils doivent voler le mien. Comme si nous étions des bougies – je vois palpiter leurs flammes graisseuses dans l’obscurité et le mugissement du vent. Et je crois entendre des pas déchirer le silence. D’horribles pas qui viennent à moi, qui viennent pour éteindre et emporter ma pauvre vie dans un ruban de fumée grise. Je me disperserai dans l’air nocturne. Ils nous éteindront tous, un à un, jusqu’à ce qu’ils ne s’éclairent plus qu’à la lueur de leurs propres bougies. Où serai-je alors?

Parfois, je crois revoir la ferme brûler dans la nuit. L’étau de l’hiver meurtrit mes poumons. Au loin, le feu se reflète dans la mer. L’eau ondule et semble vaciller sous les flammes. Je me suis retournée cette nuit-là. Un instant seulement, pour voir l’incendie. Quand je passe ma langue sur ma peau, je sens encore le goût du sel. Et l’odeur de roussi. 

Il n’a pas toujours fait aussi froid.

J’entends des pas venir à moi. « 

Circonstances de lecture

Coup de cœur de mon libraire.

Impressions

Un livre noir, envoûtant et glaçant sur la peine de mort au XIXème siècle en Islande. Hannah Kent raconte l’histoire – inspirée de faits réels – d’Agnes Magnusdottir, une servante islandaise condamnée à mort pour le meurtre de deux hommes. Avant d’être exécutée, elle est confiée à la garde d’une famille de fermiers, réticente à l’idée de recueillir sous son toit une criminelle. Petit à petit, Agnes se confie au révérend chargé de l’accompagner vers la mort…

Magnifiquement écrit, ce roman décrit la vie dans le grand Nord, une nature à la fois sublime et dangereuse en hiver. Un grand livre sur la vérité et la peine de mort. A lire !

Un passage parmi d’autres

 Ils ne savent pas qui je suis.

Je ne dis rien. Je suis résolue à me fermer au monde. Je veux endurcir mon cœur et m’accrocher à ce qui ne m’a pas encore été volé. Je ne me laisserai pas glisser vers le néant. Je me retiendrai à ce que je suis, je le garderai contre moi, je fermerai mes poings sur tout ce que j’ai vu, senti et entendu – les poèmes que j’ai composés en lessivant, en fauchant ou en cuisinant jusqu’à en avoir les paumes à vif, les sagas que je connais pas cœur. Tout cela, je l’emporterai sous l’eau avec moi. Mes mots ne seront plus que des bulles d’air. Nul ne pourra les retenir. Ceux qui me regarderont verront une putain, une folle, une meurtrière, une créature qui rougit l’herbe de sang et rit à gorge déployée, la bouche pleine de terre. Ils prononceront le mot « Agnes » et verront une sorcière, une araignée prise dans sa propre toile. Ou un agneau encerclé par des corbeaux, bêlant pour appeler sa mère. Mais ils ne me verront pas, moi. Je ne serai pas là.

Hannah Kent – A la grâce des hommes – 2014 (Presses de la Cité)

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Peine perdue – Olivier Adam

11 jeudi Sep 2014

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, Flammarion, Olivier Adam, Peine perdue, roman

Olivier Adam - Peine perdueLes premières phrases

«  Il sent son cœur battre dans sa tête. Ça et son souffle, ça prend toute la place. Les voitures sur le bitume humide, les moteurs les pneus, tout s’agrège en bouillie sourde à l’arrière plan. Les lumières comme des traînées orange et rouges, les palmiers les guirlandes, les néons les lampadaires, les cafés les boutiques, ça passe. Des masses plus ou moins claires, imprécises. L’hôtel où bosse Marion, ménage des chambres et petits déjeuners, son enseigne façon Los Angeles Hotel California, le mal de chien que ça lui fait de l’imaginer coucher avec l’autre connard à chemisette de VRP, le garage où il puait l’huile de moteur il y a encore un an, avant que le patron le vire parce qu’il se défonçait pendant les pauses, la clinique où le petit est né et la morsure de ne plus le voir tous les jours, ça passe. Il accélère et ça passe. La douleur dans les jambes et les poumons, les muscles qui éclatent et le souffle qui manque, l’impression d’être au bord et de tomber dans les pommes, ça fait tout passer.

Antoine vire à droite et au bout de la rue la mer est lisse : une plaque d’aluminium bordée de grains quasi marron. Entre les nuages le soleil tombe en rideau comme si le ciel avait quelque chose à nous dire. « 

Circonstances de lecture

Parce que c’est Olivier Adam…

Impressions

Encore un très bon livre d’Olivier Adam. Dans Peine perdue, il nous plonge dans la vie d’une station balnéaire de la Côte d’Azur. Chaque chapitre donne la parole à l’une des 22 personnes touchées, de près ou de loin, par l’agression d’Antoine et une tempête brutale. Une jeune fille mutique, un couple de retraités, des mafieux locaux, une équipe de foot, une assistante sociale… Un roman sombre, comme toujours, mais qui décrit avec justesse les petits et grands malheurs de la vie.

Un passage parmi d’autres

 Ils se relèvent et vont poursuivre leur promenade. Bien sûr c’est absurde. Le vent forcit et jamais ils ne pourront rebrousser chemin. La pluie commence à tomber et les transperce instantanément. La mer vient déjà lécher le ciment et s’aventure jusqu’à leurs pieds, alors qu’ils se tiennent prudemment en retrait, longent les grillages des villas côtières. Elle le regarde et dans ses yeux passe une question. Est-il certain de vouloir encore avancer ? De lui tenir la main et de marcher dans la pluie et la mer démontée vers la presqu’île inatteignable ? De progresser sur le chemin qui s’étrécit, jusqu’à disparaître sous la mer électrique ? De s’enfoncer dans cette nuit de plein jour, ce ciel anthracite qui a déjà tout avalé, ce rideau de pluie compacte qui les lacère désormais ? Il hoche la tête doucement. Elle lui sourit. Vers où marchent-ils ? Dans quelle nuit s’enfoncent-ils ? Quel déluge va les emporter, les dissoudre ? Les effacer. Les engloutir. Quel vent les pousse vers quel néant ?

Olivier Adam – Peine perdue – août 2014 (Flammarion)

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Confiteor – Jaume Cabré

05 vendredi Sep 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers

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Actes Sud, Confiteor, Critique de livre, Jaume Cabré, roman

Jaume Cabré - ConfiteorLes premières phrases

«  Ce n’est qu’hier soir, alors que je marchais dans les rues trempées de Vallcarca, que j’ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable. Tout à coup, j’ai vu clairement que j’avais toujours été seul, que je n’avais jamais pu compter sur mes parents ni sur un Dieu à qui confier la recherche de solutions, même si, au fur et à mesure que je grandissais, j’avais pris l’habitude de faire assumer par des croyances imprécises et des lectures très variées le poids de ma pensée et la responsabilité de mes actes. Hier, mardi soir, en revenant de chez Dalmau, tout en recevant l’averse, je suis arrivé à la conclusion que cette charge m’incombe à moi seul. Et que mes succès et mes erreurs sont de ma responsabilité, de ma seule responsabilité. Il m’a fallu soixante ans pour voir ça. J’espère que tu me comprendras et que tu sauras voir que je me sens désemparé, seul, et que tu me manques absolument. Malgré la distance qui nous sépare, tu me sers d’exemple. Malgré la panique, je n’accepte plus de planche pour me maintenir à flot. Malgré certaines insinuations, je demeure sans croyances, sans prêtres, sans codes consensuels pour m’aplanir le terrain vers je ne sais où. Je me sens vieux et la dame à la faux m’invite à la suivre. Je vois qu’elle a bougé le fou noir et qu’elle m’invite, d’un geste courtois, à poursuivre la partie. Elle sait que je n’ai plus beaucoup de pions. Malgré tout, ce n’est pas encore le lendemain et je regarde quelle pièce je peux jouer. Je suis seul devant le papier, ma dernière chance.

Ne me fais pas trop confiance. Dans ce genre tellement propice au mensonge que sont les Mémoires écrits pour un seul lecteur, je sais que je tendrai à toujours retomber sur mes quatre pattes, comme les chats ; mais je ferai un effort pour ne pas trop inventer. Tout s’est passé de cette façon, et pis encore. Je sais bien que je t’en avais parlé il y a longtemps ; mais c’est difficile et maintenant je ne sais pas comment m’y prendre. « 

Circonstances de lecture

Attirée par la couverture.

Impressions

Confiteor est un grand livre. Un livre exigeant aussi. J’ai dû m’accrocher pendant 100 pages avant de comprendre où l’auteur voulait en venir, et surtout pourquoi il avait choisi ce mode de narration assez déconcertant au début. Jaume Cabré passe ainsi du « je » au « il » dans la même phrase, mais aussi d’un siècle à un autre ! Car le narrateur raconte son histoire et celle de sa famille, alors que sa mémoire commence à défaillir.

Adria nous parle de son enfance, tiraillé entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le rêve en violoniste. Il nous raconte l’histoire familiale, mais aussi celle d’objets emblématiques : un violon, une médaille et un vieux torchon souillé. Il rédige ainsi sa confession. Une confession qui nous entraîne de l’Espagne de Franco à l’Inquisition en passant par le nazisme, à la poursuite de l’origine du Mal.

Si les modes narratifs déconcertent au début, tenez bon. Une fois tous les morceaux du puzzle reconstitués, ce roman en vaut vraiment la peine !

Un passage parmi d’autres

 Tu as remarqué que la vie est un hasard insondable ? Des millions de spermatozoïdes du père, un seul féconde l’ovule qu’il faut. Que tu sois née ; que je sois né, ce sont des hasards immenses. Nous aurions pu naître des millions d’êtres différents qui n’auraient été ni toi ni moi. Que nous aimions Brahms l’un et l’autre est aussi un hasard. Que dans ta famille il y ait eu tant de morts et tellement peu de survivants. Tout est un hasard. Si l’itinéraire de nos gènes et nos vies ensuite avaient bifurqué à l’un des millions de carrefours possibles, on n’aurait même pas pu écrire tout ceci, qui sera lu par je ne sais qui. Vertigineux.

Jaume Cabré – Confiteor – 2013 (Actes Sud)

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Divergent – Veronica Roth

19 samedi Juil 2014

Posted by Aurélie in En VO, Romans étrangers, SF

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Critique de livre, Divergent, lecture, loveinbooks, roman, Veronica Roth

Les premières phrases

Veronica Roth - Divergent«  There is one mirror in my house. It is behind a sliding panel in the hallway upstairs. Our faction allows me to stand in front of it on the second day of every third month, the day my mother cuts my hair.

I sit on the stool and my mother stands behind me with the scissors, trimming. The strands fall on the floor in a dull, blond ring.

When she finishes, she pulls my hair away from my face and twists it into a knot. I note how calm she looks and how focused she is. She is well-practiced in the art of losing herself. I can’t say the same of myself.

I sneak a look at my reflection when she isn’t paying attention – not for the sake of vanity, but out of curiosity. A lot can happen to a person’s appearance in three months. In my reflection, I see a narrow face, wide, round eyes, and a long, thin nose – I still look like a little girl, though sometime in the last few months I turned sixteen. The other factions celebrate birthdays, but we don’t. It would be self-indulgent.

« There, » she says when she pins the knot in place. Her eyes catch mine in the mirror. It is too late to look away, but instead of scolding me, she smiles at our reflection. I frown a little. Why doesn’t she reprimand me for staring at myself?

« So today is the day, » she says.

« Yes », I reply.

« Are you nervous? »

I stare into my own eyes for a moment. Today is the day of the aptitude test that will show me which of the five factions I belong in. And tomorrow, at the Choosing Ceremony, I will decide on a faction; I will decide the rest of my life; I will decide to stay with my family or abandon them. « 

Circonstances de lecture

Par curiosité devant ce phénomène… et conseillée par ma libraire.

Impressions

Pourquoi classer les livres par genre ? Pourquoi « Divergent » ne devrait être qu’un roman pour adolescents ? Après avoir refermé le premier tome de la série de Veronica Roth, je ne peux qu’affirmer ceci : l’adolescence est loin derrière moi et pourtant j’ai adoré « Divergent ». Lu en moins d’une semaine, c’est un véritable « page turner ». Difficile de s’arrêter une fois lancée ! Oui, c’est vrai, cela fait penser au début à « Harry Potter », notamment la cérémonie où les initiés doivent choisir la faction dans laquelle ils passeront le reste de leur vie. Mais qu’importe ! J’ai adoré Harry Potter ! Alors, s’il y est aussi question d’initiations et d’amitié, c’est bien les seuls points ressemblants.

Dans un monde futuriste, les hommes sont classés par faction : les Altruistes, les Audacieux, les Érudits, les Fraternels, et les Sincères. Élevée dans une famille d’Altruistes, Béatrice a 16 ans, l’âge de décider dans quelle faction elle mènera sa vie. Que dévoilera son test d’aptitudes ? Un roman haletant, proposant une vision intéressante des qualités humaines, de la vie en société, de la façon de maintenir la paix entre les hommes. Allez, hop, j’ouvre le deuxième tome…

Un passage parmi d’autres

 My family might be able to help me choose, if I could talk about my results. But I can’t. Tori’s warning whispers in my memory every time my resolve to keep my mouth shut falters.

Caleb and I climb the stairs and, at the top, when we divide to go to our seperate bedrooms, he stops me with a hand on my shoulder.

« Beatrice, » he says, looking sternly into my eyes. « We should think of our family. » There is an edge to his voice. « But. But we must also think of ourselves. »

For a moment I stare at him. I have never seen him think of himself, never heard him insist on anything but selflessness.

I am so startled by his comment that I just say what I am supposed to say: « The tests don’t have to change our choices. »

He smiles a little. « Don’t they, though? »

Veronica Roth – Divergent – 2011 (Katherine Tegen Books)

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Silo Origines – Hugh Howey

16 mercredi Juil 2014

Posted by Aurélie in Romans étrangers, SF

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Actes Sud, Critique de livre, Hugh Howey, roman, Silo, Silo Origines

Hugh Howey - Silo OriginesLes premières phrases

«  2110

Sous les collines du comté de Fulton, dans l’État de Géorgie

A son retour parmi les vivants, Troy était dans une tombe. Il se réveilla dans un espace confiné, le visage tout près d’une vitre givrée.

De l’autre côté de cette couche de glace, des silhouettes s’affairaient. Il essaya de lever les bras, de frapper à la vitre, mais il n’avait pas assez de force. Il tenta un cri, mais ne réussit qu’à tousser. Il avait un goût atroce dans la bouche. A ses oreilles retentirent le bruit métallique de gros verrous qu’on ouvrait, un chuintement d’air, le grincement de gonds restés longtemps en sommeil.

La lumière était vive ; les mains sur sa peau, chaudes. Ils l’aidèrent à s’asseoir tandis qu’il toussait encore et que son souffle se condensait en petits nuages. On lui tendit de l’eau. Des pilules. L’eau était fraîche et les pilules, amères. Il parvint à avaler quelques gorgées. Il était incapable de tenir son verre seul. Ses mains tremblaient tandis qu’une déferlante de scènes cauchemardesques lui revenait en mémoire. Le passé lointain se mêlait aux souvenirs récents. Il frissonna.

Une blouse en papier. Le picotement du sparadrap qu’on arrache, à son bras. Un tuyau qu’on retire de son entrejambe. Deux hommes en blanc l’aidèrent à sortir du cercueil. De la vapeur s’éleva tout autour de son corps avant de se dissiper.

Assis, ébloui, Troy regardait, à travers le clignement de ses paupières restées longtemps fermées, les rangées de cercueils pleins de vie qui s’étendaient à perte de vue le long des murs incurvés. Le plafond lui semblait bas, impression renforcée par toute la terre qui s’amoncelait au-dessus d’eux. Et par les années. Tant d’années avaient passé. Tous ceux qu’ils chérissaient auraient disparu à présent.

Tout avait disparu. « 

Circonstances de lecture

Suite du premier tome de cette trilogie de Hugh Howey.

Impressions

Comme son nom l’indique, « Silo Origines » revient aux origines de l’histoire du silo. Ce second volet de la trilogie de Hugh Howey parle donc de ce qui a poussé les hommes à s’enterrer dans les profondeurs de la terre. Un roman de SF intelligent, très bien écrit, qui se lit en quelques jours. Je ne dirai rien de plus de peur de spoiler ceux qui n’ont pas encore lu le premier volet, « Silo ». Pour ménager le suspens, lisez bien « Silo » avant « Silo Origines »! Vivement le troisième tome !

Un passage parmi d’autres

 Troy marchait le long de la rangée de cryopodes comme s’il savait où il allait. C’était ce même instinct qui lui avait fait choisir cet étage précédemment dans l’ascenseur. Chaque écran affichait un nom inventé. Il le savait. Il se rappelait avoir inventé le sien. Ça avait un rapport avec sa femme, c’était une façon de lui rendre hommage, mais aussi un moyen secret qu’il avait trouvé pour se souvenir un jour.

Tout cela était un rêve oublié, enfoui dans les brumes du passé. Avant qu’il prenne son poste, il y avait eu une formation. Des livres à lire et à relire. C’est à cette époque qu’il avait choisi son nom.

Une explosion d’amertume sur ses papilles l’obligea à s’arrêter. C’était le goût d’une pilule en train de se dissoudre. Il tira la langue, la frotta du bout des doigts, mais il n’y avait rien. Il sentait les ulcères qu’il avait sur les gencives mais ne se rappelait pas comment ils avaient pu se former.

Il continua à avancer. Quelque chose clochait. Ces souvenirs n’étaient pas censés lui revenir. Il se vit sur un chariot en train de crier, de se faire attacher, piquer le bras. Mais non, ce n’était pas lui. Lui, il tenait les bottes de l’autre homme.

Il s’arrêta devant l’un des podes et lut le nom d’Helen. Il eut un haut-le-cœur. Il ne voulait pas se rappeler. Tel était l’ingrédient secret : ne pas vouloir se rappeler. Ces souvenirs étaient censés lui échapper, devaient se prendre dans les tentacules des médicaments pour disparaître sous la surface. Mais à présent, une infime partie de lui mourait d’envie de tout savoir à nouveau. Un doute le rongeait, l’impression d’avoir laissé derrière lui une part cruciale de lui-même. Et cette infime partie de lui était prête à le noyer tout entier pour avoir des réponses.

Hugh Howey – Silo Origines – 2014 (Actes Sud)

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