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~ Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un livre pour s'évader…

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Archives de Catégorie: Romans français

La tête sous l’eau – Olivier Adam

24 vendredi Août 2018

Posted by Aurélie in Jeunesse, Romans français

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Critique de livre, idées de lecture, La tête sous l'eau, lecture, Livre, Olivier Adam, quoi lire, rentrée littéraire, rentrée littéraire 2018, Robert Laffont, roman

Les premières phrases

«  Voilà. Je suis dans ma nouvelle chambre. Ma nouvelle maison. Loin de toi. Dehors il fait beau. La plage est bondée. Tout le monde a l’air heureux. La mer est belle. Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? 

Je suis désolée. Je sais que j’ai foiré nos adieux (« nos au revoir », me corrigeras-tu). Que je me suis comportée comme une merde. Que ce n’est pas à toi que je devais m’en prendre. Mais à mes parents et à eux seuls. Je leur en veux tu sais. A mort. J’ai décidé de leur tirer la gueule jusqu’à la fin de mes jours. Ils vont s’en bouffer les doigts. Mais qu’est-ce que ça change ? Ça ne fait pas une semaine que je suis ici et tu me manques.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Olivier Adam.

Impressions

Avec « La tête sous l’eau », Olivier Adam nous replonge dans les affres de la disparition d’un être cher, thème déjà abordé dans « Je vais bien, ne t’en fais pas », que j’avais adoré. Classé en littérature jeunesse (mais pourquoi ?!), ce roman est à mettre aussi bien entre les mains des ados avertis, que des adultes. Si vous avez aimé les précédents romans de l’auteur, les livres de Nina LaCour, « Nous, les menteurs » d’E. Lockhart ou encore « Thirteen reasons why », vous devriez aimer ce nouveau roman d’Olivier Adam, arrivé en librairie le 23 août. Je l’ai lu en une après-midi. Difficile de le lâcher avant la fin ! Ce livre se dévore.

Antoine nous parle de sa famille, complètement perdue depuis la disparition il y a plusieurs mois de sa grande sœur, Léa. Cet ado asthmatique introverti noie son chagrin dans la Manche, où il s’adonne quotidiennement au surf. Et puis voilà que la police retrouve Léa, en vie mais mutique. Que lui est-il arrivé ? Comme toujours, Olivier Adam parvient avec justesse à décrire une crise familiale, et les sentiments de chacun, tout en entraînant ici son lecteur dans une enquête menée tambour battant. Addictif, stressant, bouleversant, un très bon Olivier Adam !

Un passage parmi d’autres

 Ils s’étonnent de ma nouvelle passion pour le surf, de ma résistance à l’eau gelée, moi qui l’été, lorsque nous venions ici pour les vacances, grelottais de froid à la moindre baignade, rechignais toujours à plonger dans les vagues, me plaignais du vent permanent et des nuages qui même au 15 août venaient par instants masquer le soleil. Ils s’en inquiètent aussi. Trouvent que je me renferme sur moi-même, plus qu’avant encore si c’est seulement possible, que je suis trop solitaire, mutique. Selon eux ces longues heures que je passe au milieu de l’eau ne sont pas pour arranger les choses. Plus qu’un traitement, ils y voient un symptôme. Une fuite. Une façon très littérale de noyer mon chagrin. De me laver le cerveau à l’eau de mer. Ils n’ont peut-être pas tort. Mais pour ma part, je ne me livre pas à ce genre d’analyse. Les choses se sont produites malgré moi, sans que j’y réfléchisse vraiment.  L’été dernier, après la disparition de Léa, ils m’ont inscrit à un stage. Ils pensaient que ça me ferait du bien, que ça m’offrirait quelques heures de répit et d’apaisement au milieu de ces journées hallucinées, traversées de douleur et d’effroi. Dans la foulée, je me suis acheté une planche et c’est devenu une drogue. Chaque matin je me lève en pensant au moment où, sorti du lycée, je pourrai enfiler ma combinaison et me faire malmener par la Manche.

Olivier Adam – La tête sous l’eau – août 2018 (Robert Laffont)

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L’enfant de poussière – Patrick K. Dewdney

03 vendredi Août 2018

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Au diable vauvert, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, L'enfant de poussière, lecture, Livre, Patrick K. Dewdney, quoi lire, roman

Les premières phrases

«  Nous étions couchés dans les herbes folles qui poussent sur la colline du verger et, de là, nous voyions tout. L’air était pesant, presque immobile, rempli du bourdon estival des insectes. Autour, il y avait le parfum mêlé des graminées et l’odeur douceâtre des pommes qui mûrissent. Suspendus aux branches chargées de fruits, des charmes d’osselets gravés tintaient mélodieusement pour éloigner les oiseaux et la grêle. Face à nous se dressaient Corne-Colline et les murailles sombres de la cité de Corne-Brune, grassement engoncées dans la poussière que soulevaient les charrettes de la route des quais. Enfin, au bout du chemin sale que nous surplombions, derrière le petit port fluvial, la Brune coulait paresseusement. A mes côtés, Cardou croquait à pleines dents dans une pomme encore trop verte, tandis que Merle jouait un air badin sur son pipeau. Et Brindille, dont nous étions tous les trois amoureux, Brindille souriait. Nous avions le ventre plein.

Je devais avoir un peu moins de huit ans. C’est mon premier véritable souvenir.  »

Circonstances de lecture

Attirée par cette superbe couverture.

Impressions

Voici un nouveau cycle de fantasy à suivre ! Avec « L’enfant de poussière », Patrick K. Dewdney signe son premier roman de fantasy. Et ce premier tome (il y en aurait 7 au total) est une véritable réussite. On y suit Syffe, petit garçon de huit ans, orphelin aux origines mystérieuses, obligé de quitter un peu trop vite l’innocence de son enfance passée à la ferme. Amateurs de récits moyenâgeux, vous serez comblés. Ici, l’auteur nous plonge dans un monde médiéval riche, empli de clans, coutumes, luttes de classes et guerres cruelles. Racisme, intolérance, injustices sociales, croyances sont au cœur du récit. De Corne-Brune, ville plutôt paisible où Syffe a vécu ses premières années, au champs de bataille d’Aigue-Passe, en passant par la forêt où il vit son apprentissage martial avec le guerrier Uldrick, tous les lieux par lesquels passe notre petit héros sont magnifiquement décrits par Patrick K. Dewdney, tant et si bien que ce monde imaginé semble tout à fait plausible et réel. Ici, l’univers de la magie n’est que peu évoqué (peut-être le sera-il davantage dans le prochain tome ?). L’auteur préfère aux magiciens et aux dragons, les chevaux de guerre, le mystère de la nature, et le monde des songes, où Syffe côtoie malgré lui des forces surnaturelles. Les pages défilent à toute allure, et on a de la peine à quitter « L’enfant de poussière ». Preuve que l’on tient là une nouvelle pépite.

Un passage parmi d’autres

 Durant cette période de fin d’année, les rêves allaient et venaient, leur intensité croissant à tel point qu’il me fallait parfois un temps d’ajustement au réveil pour faire sens de la réalité. J’avais l’impression de plus en plus tenace de mener deux vies distinctes. Je passais le jour dans un corps, à déneiger les allées du domaine Misolle où à assister Nahir à l’infirmerie, et mes mains se couvraient de gerçures, des tâches du fumier et des teintures médicinales. Lorsque arrivait la nuit, je quittais mon enveloppe, cals et usure se dissolvaient dans un tourbillon d’étrangeté au sein duquel le monde concret n’avait pas de prise, et guère davantage de sens. Une présence extérieure à tout ce que je pouvais envisager m’enserrait de sa démesure et érigeait dans mon esprit son univers fragmenté. Cela m’emportait, cela me possédait parfois pour me laisser ensuite, pantelant, secoué par les chuintements étrangers et l’ondulation d’une chose mouvante qui ressemblait autant à l’ombre qu’à la lumière.

J’avais fini par me faire à l’idée que j’étais seul face à ce phénomène, seul et incompris, et pour cette raison j’avais cessé d’essayer d’en faire sens.

Patrick K. Dewdney – L’enfant de poussière – mai 2018 (Au Diable Vauvert)

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Espérer le soleil – Nelly Chadour

02 jeudi Août 2018

Posted by Aurélie in Fantastique, Romans français, SF

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Critique de livre, Espérer le soleil, Fantastique, idées de lecture, lecture, Les moutons électriques, Livre, Melchior Ascaride, Nelly Chadour, quoi lire, roman, SF, Vampires

Les premières phrases

«  Comme bon nombre de récits, celui-ci prend racine au plus profond des ténèbres d’une époque incertaine. A cette vertigineuse évocation de temps révolus s’ajoutent les frissons d’effroi, car il s’agit d’un conte horrible et gorgé de sang.

Comme toutes les bonnes histoires, celle-ci comporte une héroïne : Vassilissa, du village de Bilibine. Par dérision, elle avait hérité du surnom de la Très Belle. L’ironie de ce sobriquet ne venait pas de ses yeux aussi étincelants que les saphirs ornant la couronne des tsars, ni de sa chevelure châtaine, scintillante de fils dorés et si abondante que ses neveux aimaient y enfouir leurs petites mains.

C’était là ses seuls attraits.

Car la Très Belle n’était pas gracieuse, ne savait tenir ni un foyer ni sa langue prompte aux jurons et à la franchise. Aucun homme ne souhaitait épouser une femme capable de le flanquer par terre d’un coup de poing. Ses dons s’exerçaient dans des arts masculins : la chasse où elle avait hérité sur la pommette droite d’une balafre creusée par les crocs d’une louve, et la peinture d’icônes saintes.

Voilà pourquoi, à presque trente ans, elle vivait seule dans sa cabane. Mais elle ne regrettait rien et se contentait de jouer avec les marmots de ses sœurs plutôt que de rêver à ses propres enfants.

Jusqu’à la dernière fête de la Nativité, elle se moquait du mariage, des commérages qu’elle faisait taire d’un seul regard de son œil trop bleu.

Puis Vladimir arriva avec son escorte.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’étais très attirée par cette belle couverture.

Impressions

Entre uchronie, fantastique, et SF, « Espérer le soleil » de Nelly Chadour ravira tous les fans d’histoires vampiriques et de mondes post-apocalyptiques. A la suite d’une guerre nucléaire, le soleil a disparu sous d’épais nuages de cendre, l’occasion pour les créatures de l’ombre de refaire leur apparition ! A moins que le soleil daigne refaire surface…

J’ai beaucoup aimé ce roman de Nelly Chadour mêlant légendes anciennes, enquêtes autour de la disparition d’enfants, et créatures horrifiques, le tout dans un Londres post-apocalyptique. Je vous le recommande chaudement ! D’autant que la couverture, signée Melchior Ascaride, est superbe.

Un passage parmi d’autres

 Vassilissa se laissait séquestrer dans son sarcophage gelé comme elle se glissait entre ses draps à l’époque où le sang circulant dans ses veines ne provenait pas de celles de ses proies. Contrairement à la léthargie de son ancienne vie, elle pouvait désormais choisir ses rêves. Elle savait rejouer le film d’une journée lointaine, film mental dont elle était l’unique spectatrice. Le moindre détail réapparaissait dans son esprit avec la précision d’une plaque photographique. A l’insu des sacs de sang, les souvenirs des Rôdeurs ne s’estompaient jamais : chaque événement se gravait dans les circonvolutions de leur cervelle, sans doute parce que le siège des émotions s’était sclérosé laissant davantage de place à la mémoire. Et Vassilissa elle-même admettait que l’expérience découlant de sa prodigieuse hypermnésie lui tenait lieu d’intelligence. Pourtant, les savants russes qui l’avaient étudiée, découpée, examinée, testée sous les ordres du camarade atomiseur Staline, avaient décelé des facultés cognitives peu éloignées de celles des mortels. Selon toute vraisemblance, son goût intact pour la peinture avait préservé cette infime part d’humanité. .

 

 

Nelly Chadour – Espérer le soleil – septembre 2017 (Les moutons électriques)

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Shâhra – Les Masques d’Azr’Khila – Charlotte Bousquet

20 mercredi Juin 2018

Posted by Aurélie in Fantasy, Romans français

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Charlotte Bousquet, Critique de livre, Fantasy, idées de lecture, lecture, Les Masques d'Azr'Khila, Livre, Mnémos, quoi lire, roman, Shâhra

Les premières phrases

«  Père,

A chaque inspiration, je transpire. Mon haleine est de feu ; ma bouche sèche, plissée et ridée crisse comme le sable. Des rigoles salées suintent le long de mon corps décharné. J’ai beau m’étourdir de parfum, des relents de sel et de vinaigre s’élèvent en volutes invisibles autour de moi ; lorsque je touche par mégarde ma peau, je sens cette colle tiède, imperceptible, et je frémis à l’idée d’en être couvert. Odeurs, chairs visqueuses, souffle court : tout cela (cette vieillesse, cette faiblesse) m’écœure.

Mon humanité me dégoûte.

Je la traîne depuis trop longtemps sur cette terre craquelée, cette carcasse stérile comme une aïeule.

Elle ne m’est d’aucune utilité.  »

Circonstances de lecture

Parce que qui peut résister à cette couverture ?

Impressions

Une histoire de fantasy parfaite pour coller à la chaleur de l’été. Shâhra est un monde fait de déserts, de dunes, d’oasis, de terres craquelées et de sable. L’air est chaud et charrie des odeurs de thé parfumé, de dattes, de miel, de sueur et de sang. Charlotte Bousquet sait nous entraîner dans ce monde où la magie des esprits chamaniques rôde. Elle nous fait suivre le destin de quatre femmes, toutes dotées d’un pouvoir particulier. Djiane, la danseuse, Arkhane, l’apprentie chamane, Tiyyi, une esclave aux pouvoirs mystérieux, et Aya Sin, une kenzi assujettie à un homme recherchant la jeunesse éternelle. Au-dessus d’elles, plane l’ombre d’Azr’Khila, la déesse de la vie et de la mort.

Un cycle de fantasy en deux tomes, dont le premier m’a enchanté.

Un passage parmi d’autres

 Arkhane roule sur elle-même, s’appuie sur ses coudes, et ses yeux plongent dans ceux de son double, réfléchi par une flaque d’eau étrangement huileuse. Elle découvre avec surprise qu’une poussière d’ocre rouge recouvre sa peau. Instinctivement, elle frotte ses paumes contre ses joues, ses paupières, ne laissant qu’une mince ligne pourpre au milieu de sa figure, une ligne qui la coupe en deux, deux parties distinctes, l’une blanche comme la mort, l’autre noire comme la vie. Elle reconnaît la marque d’Azr’Khila, la Déesse aux deux visages.

Le reflet s’estompe, lentement, remplacé par un horizon nébuleux, voilé de blanc. Arkhane se redresse, tant bien que mal. A genoux, d’abord. Puis elle tente de se lever. Vertige. Chute, brutale. Au-dessus d’elle, l’azur. Contre son corps meurtri, un sol rugueux, crevassé. Et, très haut, l’ombre d’un vautour…

Charlotte Bousquet – Shâhra – Les Masques d’Azr’Khila – mai 2018 (Mnémos)

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La Disparition de Stephanie Mailer – Joël Dicker

29 jeudi Mar 2018

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Critique de livre, Editions de Fallois, idées de lecture, Joël Dicker, La Disparition de Stephanie Mailer, lecture, Livre, quoi lire, roman, Thriller

Les premières phrases

«  Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’État de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan. 

Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important. Dès la fin de l’après-midi, les touristes et la population locale avaient  commencé à se masser sur la rue principale pour assister aux nombreuses festivités organisées par la mairie. Les quartiers résidentiels s’étaient vidés de leurs habitants, au point de prendre des allures de ville fantôme : plus de promeneurs sur les trottoirs, plus de couples sous les porches, plus d’enfants en patins à roulettes dans la rue, personne dans les jardins. Tout le monde était dans la rue principale. 

Vers 20 heures, dans le quartier totalement déserté de Penfield, la seule trace de vie était une voiture qui sillonnait lentement les rues abandonnées. Au volant, un homme scrutait les trottoirs, avec des lueurs de panique dans le regard. Il ne s’était jamais senti aussi seul au monde. Personne pour l’aider. Il ne savait plus quoi faire. Il cherchait désespérément sa femme : elle était partie courir et n’était jamais revenue.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Joël Dicker.

Impressions

J’avais adoré « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert », et également beaucoup aimé « Le Livre des Baltimore ». C’est dire que j’attendais avec une certaine impatience ce nouveau roman de Joël Dicker. Je l’ai dévoré en une semaine, pendant mes vacances. Ce thriller est efficace, les pages se tournent à toute vitesse, et la lecture est plaisante. Donc, oui, c’est un bon roman policier… Reste que je ne retrouve pas ce qui m’avait emporté dans les précédents romans de Joël Dicker. L’histoire est prenante, mais les indices trop évidents parfois et une clé du thriller m’a sauté très rapidement aux yeux… bien avant que le policier émérite du livre ne la découvre à son tour… C’est vraiment dommage. J’espère que le prochain livre de l’auteur aura un peu plus de profondeur.

Un passage parmi d’autres

 – La réponse était juste sous vos yeux, capitaine Rosenberg. Vous ne l’avez simplement pas vue.

J’étais à la fois intrigué et agacé.

– Je ne suis pas sûr de vous suivre Stephanie.

Elle leva alors sa main et la plaça à hauteur de mes yeux.

– Que voyez-vous, capitaine ?

– Votre main.

– Je vous montrais mes doigts, corrigea-t-elle.

– Mais moi je vois votre main, rétorquai-je sans comprendre.

– C’est bien le problème, me dit-elle. Vous avez vu ce que vous vouliez voir, et non pas ce que l’on vous montrait. C’est ce que vous avez raté il y a vingt ans.

Ce furent ses dernières paroles. Elle s’en alla, me laissant avec son énigme, sa carte de visite et la photocopie de l’article.

Avisant au buffet Derek Scott, mon ancien coéquipier qui végétait aujourd’hui au sein de la brigade administrative, je m’empressai de le rejoindre et lui montrai la coupure de presse.

– T’as toujours la même tête, Jesse, me dit-il en souriant, s’amusant de retrouver cette vieille archive. Que te voulait cette fille ?

– C’est une journaliste. Selon elle, on s’est planté en 1994. Elle affirme qu’on est passé à côté de l’enquête et qu’on s’est trompé de coupable.

– Quoi ? s’étrangla Derek, mais c’est insensé.

– Je sais.

– Qu’a-t-elle dit exactement ?

– Que la réponse se trouvait sous nos yeux et qu’on ne l’a pas vue.

Derek resta perplexe. Il semblait troublé lui aussi, mais il décida de chasser cette idée de son esprit.

– J’y crois pas un instant, finit-il par maugréer. C’est juste une journaliste de seconde zone qui veut se faire de la pub à bon compte.

– Peut-être, répondis-je, songeur. Peut-être pas.

Balayant le parking du regard, j’aperçus Stephanie qui montait dans sa voiture. Elle me fit signe et me cria : « A bientôt, capitaine Rosenberg. »

Mais il n’y eut pas de « bientôt ».

Parce que ce jour-là fut le jour de sa disparition.

 

 

Joël Dicker – La Disparition de Stephanie Mailer – mars 2018 (Éditions de Fallois)

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Juste après la vague – Sandrine Collette

08 jeudi Fév 2018

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français, SF

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Critique de livre, Denoël, idées de lecture, Juste après la vague, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sandrine Collette

Les premières phrases

«  Louie se pencha pour ramasser la petite chose mouillée que la mer avait poussée jusqu’à la rive et qui se tenait là, inerte, à peine agitée par l’eau, se heurtant à la terre. C’était une mésange, une bleue, de celles qu’ils essayaient de préserver, avant, parce qu’elles se faisaient rares. Il la prit entre ses mains et la tendit à son père. 

– Tiens, Pata. Encore une.

Le père hocha la tête et la garda contre lui. Les autres regardaient en silence. Ils iraient l’enterrer plus tard, là où ils avaient mis les oiseaux morts. Ce serait le cent trente-quatrième – Louie connaissait le chiffre par cœur.

Et comme les autres, il se remit à contempler l’océan en rage. »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais depuis longtemps envie de découvrir l’univers de Sandrine Collette.

Impressions

Un roman qui prend aux tripes… Sandrine Collette nous tient en haleine tout au long de ce livre aux allures de fin du monde. Un raz-de-marée a eu lieu, recouvrant toutes les terres à perte de vue. Seule une maison résiste, en haut d’une colline. En son sein, une famille : le père, la mère, leurs neuf enfants. Mais voilà, l’océan continue de monter, le niveau de l’eau va bientôt atteindre la maison… Il faut fuir, sur une barque… qui ne peut contenir que huit personnes. Le père le sait : il va falloir faire un choix. Quels enfants les parents doivent-ils emporter avec eux sur la barque, quels enfants doivent-ils laisser derrière eux ? Bouleversant et terriblement stressant, ce roman se dévore, le souffle coupé.

Un passage parmi d’autres

 Et puis il sait.

La réponse à la question résignée de la mère la veille : Pourquoi on ne voit pas encore de terres ?

Oui, il sait. L’a pas dit, bien sûr. Lui aussi pensait qu’avec un peu de chance, dès le dixième jour, ils commenceraient à trouver des îles. Rien vu – ou presque. Parce que les eaux ont continué à monter. La voilà, la réponse : la mer a recouvert de nouvelles terres et les niveaux sont toujours plus hauts. Alors, revenir ? Le père a la gorge nouée. Il ignore ce qu’il reste de leur monticule. Presse ses mains sur son visage pour ne pas penser aux trois petiots abandonnés là-bas et qui sont peut-être déjà noyés. Depuis des jours, le mot flotte dans sa tête, revient quand il ne l’attend pas. Assassin. Mais ce n’est pas lui qui y a pensé tout seul : c’est le mot qu’il a vu dans les yeux de Madie lorsqu’ils ont embarqué leurs six gamins en laissant les autres sur l’île, il y a onze jours – et cela pourrait être mille que ça serait pareil, depuis cette aube-là, il est devenu un assassin. La question est – de combien d’entre eux ? Un, deux. Quatre. Tous. Il le saura en arrivant.

 

Sandrine Collette – Juste après la vague – janvier 2018 (Denoël)

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Songe à la douceur – Clémentine Beauvais

19 mardi Déc 2017

Posted by Aurélie in Jeunesse, Romans français

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Clémentine Beauvais, Critique de livre, Editions Sarbacane, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Sarbacane, Songe à la douceur

Les premières phrases

«  Parce que leur histoire ne s’était pas achevée au bon endroit, au bon moment,

parce qu’ils avaient contrarié leurs sentiments

il était écrit, me semble-t-il, qu’Eugène et Tatiana se retrouvent dix ans plus tard,

sous terre,

dans le Meteor, ligne 14 (violet clair), un matin d’hiver.  »

Circonstances de lecture

Parce que ce livre m’a été offert en cadeau d’anniversaire.

Impressions

Que dire sur « Songe à la douceur » ? Comment le résumer ? Commencé un soir, terminé le jour suivant… c’est un véritable coup de cœur… Écrite en vers libres, cette libre adaptation du roman « Eugène Onéguine » d’Alexandre Pouchkine m’a littéralement transportée aux côtés d’Eugène et Tatiana. Clémentine Beauvais sait trouver les mots pour faire sourire, rire et frissonner tout au long de cette histoire d’amour, à la fois si ordinaire et si belle. J’ai du mal à trouver les mots pour décrire ce roman et ce que j’ai éprouvé en le lisant… On a tous envie après ça de s’ennuyer ensemble, avec la personne qu’on aime… Et aussi de lire la version originale d’Alexandre Pouchkine.

Un passage parmi d’autres

 La porte du jardin pirouette,

et te voilà avec Lensky.

En attendant que ça arrive, je suis distraite.

J’ai du mal à me concentrer.

Je patiente,

mais quand on patiente, on ne fait que frôler la réalité.

Ça fait plusieurs semaines que je la frôle sans la toucher,

attendant que la porte du jardin m’y projette.

C’est bête

mais c’est seulement quand tu es là que j’ai l’impression

d’être là où je dois être.

Le reste du temps, je suis comme quelqu’un à la fenêtre

qui se regarderait vivre dehors

et qui aurait l’impression que ça arrive

à quelqu’un d’autre.

 

Clémentine Beauvais – Songe à la douceur – août 2016 (Sarbacane)

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Neverland – Timothée de Fombelle

06 mercredi Sep 2017

Posted by Aurélie in Romans français

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Critique de livre, idées de lecture, L'iconoclaste, lecture, Livre, Neverland, quoi lire, rentrée littéraire, rentrée littéraire 2017, roman, Timothée de Fombelle

Les premières phrases

«  Il y a dans les hauts territoires de l’enfance, derrière les torrents, les ronces, les forêts, après les granges brûlantes et les longs couloirs de parquet, certains chemins qui s’aventurent plus loin vers le bord du royaume, longent les falaises ou le grillage et laissent voir une plaine tout en bas, c’est le pays des lendemains : le pays adulte.

Les enfants qui vont près de cette lisière, au milieu des herbes plus hautes que leurs épaules, surprennent parfois en-dessous d’eux, dans le fond de la plaine, la mort ou des amoureux, par accident. Ces apparitions ressemblent à des éclats de verre au soleil. Elles éblouissent et disparaissent aussitôt, cachées par des nuages bas.

En retournant vers la forêt profonde avec leurs arcs et leurs flèches, les enfants croient oublier cette vision. Mais elle a semé en eux un noyau de cerise qui grandit déjà à l’intérieur.  »

Circonstances de lecture

Parce que j’avais adoré « Le Livre de Perle » du même auteur.

Impressions

« Neverland » est le premier roman dit « adulte » de Timothée de Fombelle (mais à vrai dire, ses livres jeunesse conviennent également très bien aux adultes !). « Neverland » est un véritable enchantement. Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire plutôt rébarbative. Timothée de Fombelle nous entraîne ici dans un voyage plein de poésie sur les traces de son enfance perdue. Il nous donne à lire un texte onirique, tout simplement magnifique. A lire d’une traite (il ne fait qu’une centaine de pages), comme un poème ! Magique.

Un passage parmi d’autres

 Il me semble seulement qu’un matin on se réveille adulte dans le regard des autres. On hésite un instant. On ne se sent ni préparé ni volontaire pour le voyage. Mais il y a ce regard, en face, qui nous considère, et puis cette aspiration lointaine, le vent de la plaine que l’on sent pour la première fois sous sa chemise et un petit tas de noyaux de cerises au fond de nous, qui fait un peu mal.

Ce qui nous attend est déjà là, en pièces détachées. Alors on fait semblant. Cela commence toujours ainsi. On fait semblant d’être grand. Et, dans le meilleur des cas, je crois, on fera semblant toute sa vie.

Timothée de Fombelle – Neverland – août 2017 (L’iconoclaste)

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Quand sort la recluse – Fred Vargas

22 jeudi Juin 2017

Posted by Aurélie in Policiers / Thrillers, Romans français

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Étiquettes

conseils de lecture, Critique de livre, Flammarion, Fred Vargas, idées de lecture, Livres, Quand sort la recluse, quoi lire, Temps glaciaires

Les premières phrases

«  Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur de déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13e arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d’une brebis et la bête l’y avait enfoncé d’un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l’avait appréciée à sa juste valeur.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est Fred Vargas.

Impressions

Après « Temps glaciaires » que j’avais beaucoup aimé, revoici Fred Vargas avec son dernier polar. Si « Quand sort la recluse » ne m’a pas autant emballée que le précédent, je l’ai tout de même lu avec plaisir. Lorsque des vieillards meurent après avoir été mordus par des araignées recluses, Adamsberg a des doutes… et commence à enquêter, en dépit du désaccord de Danglard. Un polar bien prenant, parfait pour les vacances d’été. J’ai particulièrement apprécié les relations entre Adamsberg et tous ses collègues du commissariat. C’est à chaque fois comme si on retrouvait une petite famille.

Un passage parmi d’autres

– Trois morts, c’est exact. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.

– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. Ce pourquoi j’ai rendez-vous dès demain avec un spécialiste des araignées, je ne sais plus comment cela s’appelle, un araignologue, un arachonologue, peu importe, au Muséum d’histoire naturelle.

– Je ne veux pas y croire, dit Danglard, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous donc perdu la vue ?

– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. J’y vois même mieux qu’ailleurs. Je vais donc être net, Danglard. Je ne crois pas à une multiplication des recluses. Je ne crois pas à une mutation de leur venin, si grande et si subite. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.

Il y eut un silence avant que Danglard, stupéfait, ne reprenne. Les grandes mains d’Adamsberg n’avaient pas bougé, fermement appliquées sur le bois de la table.

– Assassinés, répéta Danglard. Par des recluses ?

Adamsberg prit un temps avant de répondre. Ses mains quittèrent la table et dansèrent un peu dans l’air.

– En quelque sorte, oui.

Fred Vargas – Quand sort la recluse – mai 2017 (Flammarion)

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Trois saisons d’orage – Cécile Coulon

26 jeudi Jan 2017

Posted by Aurélie in Romans français

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Cécile Coulon, Critique de livre, idées de lecture, lecture, Livre, quoi lire, roman, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy

Trois saisons d'orage - Cécile CoulonLes premières phrases

«  La maison, ou ce qu’il en reste, surplombe la vallée ; ses fenêtres, quatre grands yeux vides, veillent, à l’est du massif des Trois-Gueules.

Les Fontaines, ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au cœur d’une mer végétale et calcaire. La forêt crache les hommes comme des pépins, les bois bruissent, des traînées de brume couronnent leurs faîtes au lever du soleil, la lumière les habille. A l’automne, des vents furieux secouent les arbres. Les racines émergent alors du sol, les cimes retournent à la poussière, le sable, les branches et la boue séchée  s’enlacent en tourbillons au-dessus des toits. Les fourmis s’abritent dans le ventre des collines, les renards trouent le sol, les cerfs s’enfuient ; les corbeaux, eux, résistent toujours à la violence des éléments.

Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s’y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d’orgueil, qu’elle était là avant eux, qu’elle ne leur appartient pas, mais qu’ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n’a qu’à frémir pour qu’ils disparaissent.  »

Circonstances de lecture

Parce que c’est le dernier Cécile Coulon, et que j’avais beaucoup aimé « Le Cœur du Pélican ».

Impressions

Cécile Coulon fait partie de ces écrivains dont j’achète dorénavant les romans les yeux fermés. Parce que j’aime sa plume, son style, la puissance des mots qu’elle couche sur le papier. Ici, Cécile Coulon nous entraîne dans un petit village coincé au milieu des falaises, à la découverte de deux familles : une famille du coin, des paysans, et une famille venue de la ville, une famille de médecins. On va suivre leur destin sur plusieurs générations, un destin rythmé par le travail de la terre, la puissance de la nature, la Force qui régit les lieux, les progrès de la médecine, l’opposition de la ville et de la campagne. Un roman puissant sur ce qui pousse chacun à décider du chemin à suivre, malgré les conventions et les désirs contraires. Une très belle histoire d’amour, aussi.

Un passage parmi d’autres

 Benedict et son père étaient des hommes fabuleux, des gens doux et honnêtes qui protégeaient leur famille, ils ne leur venaient pas à l’idée de sortir d’ici ; descendre dans les Trois-Gueules, passer de l’autre côté, et rouler loin, longtemps. Ils ne voulaient pas voyager. Mais elle, avec ces livres qu’elle recevait, ces histoires, ces découvertes, ces paysages qu’elle décrivait, elle faisait trois fois le tour de la terre, assise sur sa chaise, devant sa grande table de bois, elle bourlinguait à toute vitesse, son esprit affûté formait des souvenirs de lieux où elle n’irait jamais, et parfois, la nuit, quand le sommeil ne venait pas, Agnès était prise d’une nostalgie terrible des lieux qu’elle n’avait pas connus. Quand elle abordait le sujet, Benedict ne lui laissait pas le temps de finir sa phrase :

– Cet endroit, c’est le paradis.

Agnès se repliait un peu plus en elle-même, et, d’une voix moins douce qu’avant, répondait :

– Oui, mais on s’ennuie vite, au paradis.

 

Cécile Coulon – Trois saisons d’orage – janvier 2017 (Viviane Hamy)

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